Chez DHC-ART, The Enclave de Richard Mosse ou la guerre civile au Congo en «infrarouge Kodak Aerochrome».
BLx
Chez DHC-ART, The Enclave de Richard Mosse ou la guerre civile au Congo en «infrarouge Kodak Aerochrome».
BLx
Classé dans Art, Cinema, Histoire, Histoire et civilisation, Philosophie, Photos, Politique
« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge ! »
– Joachim Du Bellay
FIN
Virginie Simoneau-Gilbert
[1] Albert CAMUS. L’homme révolté, Bibliothèque des classiques, http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/homme_revolte/camus_homme_revolte.pdf, (Page consultée le 16 octobre 2014)
C’est un tout petit « Dragon », un point à peine visible sur la carte de la Chine. Hormis son cinéma, l’un des plus brillants d’Asie, que connaissons-nous de Hong Kong ?
Depuis sa rétrocession par les Britanniques en 1997 et sa réunion (sous un statut spécial) au géant chinois, Hong Kong est pourtant le cadre d’une expérience politique hors du commun : un bras de fer quotidien de David contre Goliath. Et d’une expérience culturelle singulière : l’invention d’une identité. Soumis par la Chine à de multiples pressions politiques, financières, idéologiques, linguistiques et démographiques, Hong Kong n’en semble que plus résolue à « prendre le large ». Aussi l’avenir de Hong Kong ne concerne-t-il pas les seuls Hongkongais – tant s’en faut.
Ce numéro a été conçu et dirigé par Sebastian Veg, chercheur, traducteur, directeur de la revue Perspectives chinoises et fin connaisseur d’une ville où il vit depuis plusieurs années. Il donne la parole à quelques-uns des meilleurs spécialistes français et étrangers de cette étrange Cité-nation – et avant tout aux Hongkongais eux-mêmes.
Sommaire
Présentation
« BORROWED SPACE, BORROWED TIME »
Kai-cheung DUNG : Atlas. Archéologie d’une ville imaginaire
Extraits de Atlas. Archéologie d’une ville imaginaire (Taipei, Lianjing, 2011) traduits du chinois (Hong Kong) par Sebastian Veg
Jean-Philippe BÉJA : Hong Kong 1997-2014. Consolidation d’une identité politique
Judith PERNIN : Le Hong Kong de Wong Kar-wai. Espace, nostalgie et sentimentalité
Wong Kar-wai, The Grandmaster [Yi dai zongshi]
Wing-sang LAW : La nostalgie coloniale depuis la rétrocession
Evans CHAN : Le cinéma indépendant de Hong Kong. Pratique locale et mémoire nationale
L’ESPRIT DU ROCHER AU LION. TENSIONS ET RESILIENCE
Ho-fung HUNG : Trois visions de la conscience autochtone à Hong Kong
Chan Koon-chung, Zhongguo tianchao zhuyi yu Xianggang [La Doctrine céleste chinoise et Hong Kong]
Chin Wan, Xianggang Chengbang lun [De Hong Kong comme ville-État]
Jiang Shigong, Zhongguo Xianggang : Wenhua yu zhengzhi de shiye [Hong Kong, Chine : perspectives culturelles et politiques]
Edmund W. CHENG : Les vicissitudes de la politique contestataire dans le Hong Kong postcolonial
Francis L. F. Lee et Joseph M. Chan, Media, Social Mobilization and Mass Protests in Post-colonial Hong Kong. The Power of a Critical Event
Peifeng Huang et Yu Xu (éd.), Pre/Post80s. Beyond the Imagination of Social Movement, Discourse and Generation
Chloé FROISSART et Yi XU : Hong Kong et le delta de la rivière des Perles. Liens économiques et activisme social
Karita KAN : Un espace public sinophone sous pression. Les médias hongkongais depuis la rétrocession
Robert BAUER : Le cantonais de Hong Kong. État des lieux et perspectives
Classé dans Art, Cinema, Culture et société, Histoire, Lettres, Philosophie, Politique

Jean-Benoît Nadeau, Le Devoir 29/09/14
Depuis dix ans que je fréquente les francophones américains, une question revient sans cesse : pourquoi les Québécois tiennent-ils si peu compte de la francophonie américaine dans leurs stratégies d’information, de communication, de distribution ou de recrutement ?
J’avoue ne pas avoir de réponse. Serait-ce qu’on se méprend sur le sens du mot francophone ? Par ignorance ? Ou parce que, pour citer l’anthropologue Serge Bouchard, les Québécois ont rejeté cet espace de leur imaginaire collectif ? Ou parce qu’on imagine les États-Unis comme un monolithe linguistique ?
« Et pourtant, pourtant », comme le chantait Aznavour.
Prenez cette statistique parue récemment dans la revue French District, de Miami. Parmi les 168 millions d’abonnés américains de Facebook, 1,3 million déclarent le français comme première langue ! Et les principaux centres sont la Californie (213 000 abonnés Facebook), New York (180 000), la Floride (123 000) et l’Illinois (50 000).
Combien d’Américains parlent français, au juste ? Il existe des statistiques. Selon le Bureau américain de la statistique (U.S. Census Bureau), 1,3 million d’Américains âgés de plus de cinq ans déclaraient « parler le français à la maison » en 2011 (ce ne sont pas les mêmes que Facebook). Outre 621 000 pour le créole haïtien (dont un bon nombre sont de facto francophones).
En mai dernier, la revue Slate a transposé cette statistique sur carte. Le français est la deuxième langue à la maison dans quatre États (Maine, New Hampshire, Vermont et Louisiane) et troisième langue après l’espagnol dans sept autres : Connecticut, Delaware, Maryland, Virginie-Occidentale, Mississippi et les deux Carolines ! Voire un huitième, la Floride, où la troisième langue est le créole haïtien.
Autre statistique officielle : 11 millions d’Américains affirment une origine « française » (québécoise, acadienne, canadienne-française, française ou haïtienne). Ce qui en exclut encore quelques millions issus des autres pays francophones.
Autre statistique significative : 1,5 million d’Américains étudient le français chaque année de la maternelle à l’université. C’est moins que l’espagnol (six millions d’apprenants), mais davantage que toutes les autres langues réunies.
Des millions de réels francophones américains passent donc sous le radar. Parce qu’ils n’ont pas de compte Facebook. Ou parce qu’ils ne parlent pas le français à la maison. Ou parce que le français est leur troisième langue. Ils s’appellent John Kerry (secrétaire d’État), John R. MacArthur (président et éditeur de Harper’s et chroniqueur au Devoir), Indra Nooyi (p.-d.g. de PepsiCo) ou Jodie Foster (actrice). Combien ? Peut-être cinq ou six millions, selon le Centre de la francophonie des Amériques, en se basant sur une étude d’Étienne Rivard de l’Université Laval.
Bref, la francophonie américaine est peut-être aussi nombreuse que les Québécois. Diffuse certes, mais réelle, instruite et en moyens. Elle orbite autour des Alliances françaises, des lycées et collèges français, des communautés religieuses, des services culturels des consulats et délégations ou diverses associations. Comme la remarquable Association américaine des professeurs de français, qui fédère 10 000 membres très militants, dont un bon nombre de fins connaisseurs du Québec.
Au Québec, je n’ai rencontré personne, dans la faune des décideurs associatifs, entrepreneurs, cadres et autres « entreprenants », qui prenne cette réalité en compte ou qui en saisisse le potentiel. Hormis la diplomatie culturelle québécoise, qui fait un travail remarquable de débroussaillage, c’est la jachère la plus complète.
A-t-on les moyens de ne pas informer, cibler, recruter les John Kerry de demain ? La réponse est évidemment non. Le fait-on ? Ce sont les Français qui, aux États-Unis, font cet effort — et qui, évidemment, en profitent.
Prenez le guide French District, fondé en 2008 par trois Français, Laure et Romain Angeletti, et Ben Borie. Son nom, qui signifie « quartier français », résume le programme : recréer un quartier virtuel pour une communauté qui ne s’est jamais regroupée en quartier. Et ça marche : French District compte 200 000 abonnés, une clientèle jeune, principalement les 20 à 45 ans.
Lancé en Floride, French District s’est implanté à New York et à Atlanta en 2011. Il y a maintenant dix éditions francophones, dont deux en Californie, au Texas, à Washington, à Las Vegas, à Boston, plus trois éditions en langue anglaise à New York, en Floride et en Californie. Et il y a même une troisième édition floridienne appeléeQuébec District. De quoi embaucher 20 personnes. « Surtout des Français, quelques Américains et des Indiens », m’a dit Romain Angeletti, le p.-d.g.
— Pas de Québécois ?
— C’est difficile. Ils sont là six mois et ils repartent après l’hiver.
Cherchez l’erreur.
…
BLx
Nic Ulmi, Le Devoir 29/09/14
Le Pew Research Center a demandé à 2000 experts de se projeter en 2025 et de prédire de quoi sera fait l’avenir quand les machines intelligentes auront investi tous les secteurs de l’économie. Chômage pour tous ? Oisiveté généralisée ? Voyons un peu.
« Mon fils, qui a 10 ans, pense qu’il n’aura pas besoin d’apprendre à conduire et à faire ses courses. Il lui suffira de cliquer, et les choses qu’il désire arriveront d’elles-mêmes. »
C’est ainsi que la Californienne Nilofer Merchant, entrepreneuse en série et essayiste futuriste, décrit la vie quotidienne après l’avènement généralisé de la robotique, prévu pour 2025. Vision naïve, que nous avons tous (non ?) caressée dans notre enfance : un monde où il suffirait d’appuyer sur un bouton.
La différence, c’est qu’aujourd’hui les adultes disent la même chose, et qu’ils ne rêvent pas à voix haute, ils énoncent ce qui adviendra. Dans dix ans, l’intelligence artificielle et les robots seront partout. « Ce sera comparable à la pénétration des téléphones portables aujourd’hui », annonce le futurologue et pédagogue Marc Prensky, directeur de la fondation Global Future Education.
Au secours ? À ce titre, dans son rapport publié en août, le vaste think tank issu de l’ONG états-unienne Pew Charitable Trusts, pose un diagnostic fortement polarisé sur la question centrale de l’avenir de l’emploi.
I Robot ou robot invisible ?
De quoi parle-t-on ? D’un monde qui aurait basculé dans un film de science-fiction à laI Robot ? « La culture populaire a un penchant pour les robots anthropomorphes musclés (Transformers, Terminator) et pour les superordinateurs dotés d’une intelligence de type humain (HAL 9000 dans 2001, l’Odyssée de l’espace) », relève le rapport.
Or, dans la vraie vie, la technologie évolue « dans la direction opposée, avec une intelligence profondément enfouie dans la mécanique complexe d’appareils et d’interactions digitales en apparence simples, voire invisibles. Les ordinateurs disparaîtront et les objets ordinaires deviendront magiques », avance en sens John Markoff, journaliste scientifique au New York Times. Invisibilité, disparition, magie : mots récurrents dans ce document, où la technologie apparaît fondue « dans le paysage ordinaire ». « Un instantané d’une scène de rue urbaine en 2014 n’a pas l’air si différent d’une photo prise il y a 50 ans… », remarque Seth Finkelstein, programmeur et activiste de la libre expression numérique.
Effacés, engagés avec nous dans des interactions surtout vocales, les robots seront partout. Ils auront semé et récolté nos blés, préfabriqué nos maisons, construit nos voitures — lesquelles seront, elles aussi, des robots. Le sociologue Howard Rheingold balaie, à ce propos, la méfiance que suscite le véhicule sans conducteur : « Comment pourrait-il faire un moins bon travail que les humains égoïstes, ivres, drogués ou distraits qui transforment nos routes en bains de sang ? »
Plus troublant, plus inattendu, on nous annonce que les machines intelligentes auront fait irruption dans les domaines de l’enseignement, des soins personnels et de la santé.« Vos radiographies seront examinées par une batterie d’intelligences artificielles du niveau Watson [le programme d’IBM qui a battu deux champions du jeu téléviséJeopardy ! en 2011] et les humains ne seront appelés à la rescousse que si les machines sont en désaccord entre elles », assure Stowe Boyd, chercheur en chef du site d’information technologique GigaOM. Et ce n’est pas tout : « Dans les cabinets d’avocats, les employés qui préparaient la communication des pièces ont été remplacés par des logiciels » [des algorithmes d’analyse prédictive, précisément], signale Robert Cannon, spécialiste du droit numérique. C’est le noeud de la question : quels effets sur l’emploi, et par là, sur le bien-être général ?
L’avenir des travailleurs évincés
Entre les optimistes (52 %) qui pensent, à l’image du « co-inventeur d’Internet », Vint Cerf, qu’« historiquement la technologie a créé davantage d’emplois qu’elle n’en a détruit », et les pessimistes (48 %) qui craignent le contraire, le match est presque nul. « Les robots seront les nouveaux travailleurs immigrés », note, dans le rang optimiste, J. P. Rangaswami, scientifique en chef de l’éditeur de logiciels Salesforce.com : les automates feront, à bas coût, les travaux dont les humains ne veulent pas, permettant à tout le monde de se consacrer à des tâches plus gratifiantes, dont créer et programmer les robots, justement. On verra aussi « une demande croissante pour des produits artisanaux faits par des humains » et une tendance « vers la relocalisation et la réhumanisation de l’économie », s’enthousiasme, dans une contribution anonyme, un chercheur de la firme high-tech BBN Technologies.
Les meilleurs emplois, nous dit-on, échapperont toujours aux machines. « Les gens vont être surpris de constater à quel point l’intelligence artificielle est limitée », anticipe Michael Glassman, chercheur en sciences de l’éducation à l’Université de l’Ohio. « La semaine de travail a chuté de 70 heures à environ 37, et je m’attends à ce qu’elle continue à baisser. Il y aura donc le même nombre d’emplois », pronostique de son côté Hal Varian, économiste en chef chez Google. Le même bien-être pour moins de travail. Qui dit mieux ?
Les travailleurs supplantés par des machines pourront-ils se requalifier ? Les pessimistes craignent que non. « Il y aura un marché du travail dans le secteur des services pour des tâches non routinières, donc non automatisables, mais qui peuvent être exécutées de façon interchangeable par à peu près n’importe qui, et ces emplois ne rapporteront pas un salaire suffisant pour vivre », prophétise Justin Reich, du Center for Internet Society à l’Université Harvard. « L’écart de revenu entre les travailleurs qualifiés, dont le travail ne peut être automatisé, et tous les autres s’élargira. C’est une recette pour l’instabilité », prévient de son côté Tom Standage, rédacteur en chef de l’édition numérique de The Economist. Érosion des couches moyennes, création d’une « sous-classe » vouée au chômage permanent : « À quoi servent les gens dans un monde qui n’a pas besoin de leur force de travail, et où seule une minorité est nécessaire pour guider une économie fondée sur les robots ? », se demande Stowe Boyd.
Que faire ? Le Pew Research Center ne suggère rien. Les intervenants du rapport dessinent, eux, trois pistes. La première fait froid dans le dos : militarisés, les robots serviront, aussi, à « réprimer les dissensions ou les actions politiques qui viseraient à mieux distribuer les gains dus à l’avancée technologique », met en garde Frank Pasquale, juriste spécialisée dans les nouvelles technologies à l’Université du Maryland. La deuxième voie fait appel à une rationalité économique bien rodée, renvoyant à« Henry Ford, qui avait compris qu’il ne ferait pas de bonnes affaires si ses propres employés ne pouvaient pas se permettre d’acheter une voiture », rappelle Nilofer Merchant. La dernière piste ? Évoquée sur la pointe des pieds, car « idéologiquement risquée » selon les mots du rédacteur en chef de la MIT Technology Review, Jason Pontin, elle réside dans la déconnexion du travail et du revenu, envisageable dans une société où les biens et les services se produisent pour ainsi dire tout seuls. Il s’agit alors d’envisager « un moyen de distribution des richesses », suggère l’entrepreneur Bob Frankston, du secteur numérique.
…
BLx
Alain Gagnon, Le Devoir, 22/09/14
L’indépendance, que ce soit celle du Québec, de l’Écosse ou, peut-être bientôt, de la Catalogne, n’est pas affaire de survivance, de défense de sa différence, mais bien un passage d’un état de minorité à un état de majorité des peuples et des individus qui les composent, au sens légal et moral et donc politique (non démographique) où le philosophe Emmanuel Kant l’entendait dans son court texte paru en 1784, Qu’est-ce que les Lumières ? Rappelons-en deux passages.
D’abord : « Les Lumières sont l’émancipation de l’homme de son immaturité dont il est lui-même responsable. L’immaturité est l’incapacité d’employer son entendement sans être guidé par autrui. […] Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! voilà donc la devise des Lumières. »
Ensuite : « La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc., je n’ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront pour moi de cette besogne fastidieuse. Que la plupart des hommes finissent par considérer le pas qui conduit vers sa majorité, et qui est en soi pénible, également comme très dangereux, c’est ce à quoi ne manquent pas de s’employer ces tuteurs qui, par bonté, ont assumé la tâche de veiller sur eux. »
Kant n’était pas devin, mais il a vu juste dans le jeu des tuteurs — et des pupilles. Partout, toujours, un même scénario : menaces et promesses de dernière minute des tuteurs, si vagues qu’elles seront faciles à renier une fois le danger passé, et capitulation des pupilles, effarouchés par les obligations de la majorité, au premier chef la « dévolution » de la responsabilité. Comme par hasard, même si ce n’en est pas un du tout, la déresponsabilisation et le phénomène qu’on a appelé « adulescence » sont des traits marquants des sociétés avancées contemporaines.
Est probablement venu aussi le temps de dissocier les campagnes en faveur de l’indépendance des peuples d’un « projet de société » fouillé, détaillé et mirifique. Le véritable projet de société qu’implique un référendum sur l’indépendance est précisément celui d’amener une société à la responsabilité, à sa majorité, noble mais exigeante. C’est dans un deuxième temps seulement que les citoyens, libres, autonomes, pourront véritablement se donner un projet de société concret, à leur pleine mesure, y employant l’entendement, le jugement et les moyens que procure l’indépendance. Il n’est pas vrai qu’il n’y aura que des gains, sans coût et sans sacrifice, au pire un coût nul, pas plus qu’il n’est vrai que le passage de l’adolescence à l’âge adulte ne s’accompagne que de gains.
Au chapitre du projet de société et de la transparence, le SNP d’Écosse a certainement été exemplaire, publiant un document-programme de 670 pages, illustrant avec minutie l’opportunité et la faisabilité de l’indépendance. Sauf que ce n’est pas du tout là que se décide l’adhésion ou non du citoyen, on vient encore de le voir. Il faudra bien un jour réhabiliter en politique, et dans le destin des nations, les mots courage, responsabilité, rêve et passion.
…
BLx

JOUR 9 : Écosse, JOUR DU RÉFÉRENDUM
Aujourd’hui est le grand jour ! Les Écossais décideront bientôt de leur avenir politique. L’excitation est à son comble dans les rues brumeuses et froides d’Édimbourg !
Tout d’abord, nous nous sommes dirigés, en début d’après-midi, dans un pub afin d’y tâter le pouls de la population et d’y attendre des nouvelles de la personne qui devait nous faire visiter les coulisses du référendum. Toutefois, ne recevant aucune information et ce, après plusieurs appels et messages vocaux laissés à cette personne, nous avons rapidement dû laisser tomber le plan selon lequel nous devions assister au dépouillement du vote. Nous nous sommes alors dirigés vers l’hôtel des médias où se trouvaient toutes les grandes chaînes de télévision internationale. La place, qui grouillait d’activités, était belle à voir. Une excitation grandissante s’en dégageait à la venue des résultats référendaires. Par la suite, nous avons marché vers le Parlement écossais où se tenait un rassemblement de plusieurs centaines d’indépendantistes. Nous nous sommes ainsi retrouvés en pleine rue bondée où déambulaient bon nombre d’Écossais exprimant fièrement et bruyamment leurs convictions politiques. Portes et fenêtres d’appartements et automobiles affichaient également sans complexe leur allégeance à l’Écosse ou au Royaume-Uni. Le climat, très tendu et animé, était beau à voir ! Sur notre route vers le Parlement, nous avons d’ailleurs croisé des manifestants basques et catalans venus en grand nombre apporter leur soutien à la cause écossaise. Assemblés devant une église, les militants basques chantaient gaiement un hymne de leur nation, tandis que leurs confrères catalans avaient allumé plusieurs cierges aux couleurs des drapeaux catalan et écossais sur le parvis de la cathédrale. Fraternelle et chaleureuse, l’ambiance était belle à voir. Après êtres restés quelques minutes sur place afin d’observer ces deux manifestations conviviales, nous sommes arrivés au Parlement où se trouvait un magnifique rassemblement indépendantiste. Au son de la cornemuse et de chants écossais, nous avons pris part à cette manifestation solennelle des plus émouvantes. Un grand espoir se faisait ressentir chez les militants présents en grand nombre.
Touchés par cette magnifique mobilisation, nous nous sommes par la suite dirigés vers un pub écossais situé à proximité de notre hôtel, le Cairn Hotel. Sur notre route, nous avons croisé deux bureaux de vote où se tenaient, de part et d’autres, des militants du Yes et du » No, thanks » (dont le nom est d’ailleurs inspiré de la campagne référendaire du camp du non, « Non merci », de 1980). Les deux camps, plantés à l’entrée des bureaux, tentaient d’influencer les électeurs jusqu’à la dernière minute, se battant férocement pour chaque vote. L’animosité entre les deux partis étaient palpable et ce, en particulier aux deuxième bureau de vote que nous avons croisé. À ce bureau, un militant indépendantiste, piqué à vif par un militant du » No, thanks » qui lui avait auparavant lancé un commentaire désobligeant (que nous n’avons malheureusement pas entendu), lui a d’ailleurs furieusement crié : » You just shut your fuckin’ mouth ! » Cette expression d’une haine profonde entre les deux camps allaient d’ailleurs être très annonciatrice des événements qui se sont produits à Glasgow au lendemain du référendum dans lesquels des partisans adverses se sont violemment affrontés (http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2014/09/20140920-062322.html#.VB1-yQjKhWw.facebook). Malgré cette tension considérable, nous avons tout de même pris le temps de discuter avec les militants du camp du non qui étaient sur place. Ceux-ci nous ont fait part des raisons les motivant à voter non, qui consistent principalement en un sentiment d’appartenance envers le Royaume-Uni ainsi qu’une peur d’une crise économique en Écosse.
Par la suite, après avoir assisté à cette démonstration d’agressivité entre les deux camps, nous sommes allés manger dans un pub où régnait une grande agitation dans l’attente des résultats référendaires. De nombreux Écossais étaient rivés aux télévisions du pub où la bière coulait d’ailleurs à flots. Puis, nous sommes rentrés à notre hôtel pour y trouver un peu de sommeil en attendant les résultats qui allaient alors être connus dans seulement quelques heures.
À la suite de ce repos bien mérité, nous nous sommes dirigés vers 4h du matin au Parlement alors que les résultats, en faveur du » No, thanks », commençaient à sortir sur les ondes de la BBC. Assemblés devant l’édifice, une centaine d’indépendantistes étaient toujours présents, encore pleins d’espoir malgré le fort pourcentage du camp du non. Toutefois, certains, exprimant leur colère en brisant bouteilles de vitre et autres objets, contribuaient à augmenter considérablement la tension entre manifestants et policiers. Malgré la présence de plusieurs médias venus recueillir la mauvaise humeur des indépendantistes, nous avons décidé de quitter la place en voyant la situation s’envenimer. Nous avons alors regagné l’hôtel où nous nous sommes rivés devant une télévision afin de suivre le décompte des votes.
C’est donc avec stupeur et déception que nous avons appris, vers 6h du matin, la victoire officielle camp du non à 55%. Dépités et complètement épuisés, nous avons quitté l’Écosse à 11h10, à peine quelques heures après l’annonce des résultats.
Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84
L’avenir de l’Écosse à la suite de l’échec référendaire :
Malgré cette défaite par un mince pourcentage du camp du oui, le mouvement indépendantiste n’a toutefois pas adopté une attitude défaitiste. Déjà, deux jours après l’échec référendaire et l’annonce de la future démission du Premier Ministre Alex Salmond en novembre prochain, une nouvelle campagne indépendantiste citoyenne, » The 45 Pourcent », est lancée. De plus, dans nos discussions avec des militants du » No, thanks », nous avons appris que ceux-ci étaient quelque peu insatisfaits par la campagne de peur menée par le camp du non. La plupart des Écossais (et même les partisans du camp du non) sont d’ailleurs très ouverts à l’idée du » Devo Max » promis par le Premier Ministre du Royaume-Uni David Cameron. Il est donc certain que les Écossais exigeront davantage de pouvoir pour le Parlement écossais et veilleront à ce que les engagements promis par Londres soient respectés (comme l’a mentionné Alex Salmond dans son discours du 18 septembre dernier). Cette histoire est ainsi loin d’être finie et ce, surtout si l’Angleterre ne respecte pas ses promesses, comme ce fut d’ailleurs le cas à la suite du référendum de 1980 au Québec durant lequel Pierre Eliott Trudeau avait émis sa fameuse déclaration : « Un Non, c’est un Oui au changement. » À suivre …
– Nouvelle de la démission d’Alex Salmond : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2014/09/19/009-ecosse-alex-salmond-demission.shtml
– Nouvelle campagne indépendantiste, » The 45 Pourcent » : ttps://www.facebook.com/pages/The-45-percent/1561746757381815?fref=ts
– Discours d’Alex Salmond du 18 septembre dernier :https://www.youtube.com/watch?v=OAkZW7ofMks
Virginie Simoneau-Gilbert
Impressions de Berlin : Après le choc de l’affichage unilingue allemand, nous avons rapidement adopté Berlin. Son ambiance ne va pas sans rappeler l’atmosphère de Montréal, une ville cosmopolite, dynamique, vivante et artistique. Toutefois, il se dégage de la capitale allemande une certaine lourdeur due à son histoire contemporaine des plus macabres : Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, Mur de Berlin, etc. À la fois accueillante et austère, Berlin est donc une ville magnifique qui suscite à la fois émerveillement, fascination et perplexité.
JOUR 8 : Édimbourg.
Tout d’abord, après une courte nuit, nous avons pris l’avion à 7h du matin pour nous envoler pour Londres, où nous avons eu une escale de quelques heures. C’est dans la capitale anglaise que nous avons subi un interrogatoire douanier des plus stressants. » Why are you staying only two days in Scotland ? », » Why are you going for the referendum ? » , » Why were you in Berlin and Barcelona ? » sont seulement quelques exemples des nombreuses questions qui nous ont été posées par une douanière, ma foi, extrêmement souriante. Nous avons eu vraiment peur, c’est le cas de le dire. La sécurité nationale, au Royaume-Uni, est une priorité et cette peur des attaques terroristes s’observe aisément dans l’aéroport de Heathrow où nous étions : sévère contrôle douanier, prise d’empreintes digitales, prise de photos à la sécurité, chiens de détection, etc. Après cette expérience pénible, nous nous sommes envolés pour Édimbourg à 11h50. Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant que Pierre Karl Péladeau ainsi que Julie Snyder étaient sur e même vol que nous ! Nous en avons donc profité pour discuter et arranger une rencontre en soirée avec eux. Finalement, nous sommes arrivés à Édimbourg vers 14h de l’après-midi sous un ciel nuageux et une température avoisinant les 13 degrés Celcius.
Assis au deuxième étage d’un » double decker bus » (un bus à impériale) faisant la navette entre l’aéroport et le centre-ville d’Édimbourg, nous avons pu observer un peu de campagne écossaise, en plus de nous familiariser avec la ville. De nombreuses pancartes telles que » Conduisez à gauche » sont d’ailleurs mises à la disposition des touristes qui peuvent se sentir quelque peu dépaysés par le singulier code de la route du Royaume-Uni. Cette promenade en autobus nous a permis de découvrir les premiers monuments de cette ville tout simplement époustouflante. La capitale de l’Écosse a de quoi en impressionner plusieurs de par ses nombreux édifices ancestraux, ses châteaux et ses rues conviviales. Dès notre arrivée à Édimbourg, nous avons ressenti une grande émotion à la vue de cette ville grouillante d’activité en ce moment historique.
Après notre arrivée au centre-ville de la capitale écossaise, nous avons un peu marché dans la ville afin d’y contempler, notamment, le Scott Monument érigé en l’honneur de l’écrivain écossais Sir Walter Scott. Nous nous sommes également familiarisés avec les traditionnels taxis noirs du Royaume-Uni, bombés, grands et confortables. C’est d’ailleurs en jasant avec le chauffeur de ce taxi que nous avons découvert toute la dureté de l’accent écossais qui nous est apparu, dès la première écoute, très difficile à comprendre. Toutefois, les habitants d’Édimbourg sont sympathiques, gentils et patients avec les touristes, heureusement pour nous.
Par la suite, après avoir déplié bagages, nous nous sommes dirigés au coin de notre rue où se trouvait un kiosque du camp du Yes. À la veille du référendum, ceux-ci vendaient de nombreux macarons, autocollants et affiches pro-indépendance. Nous en avons donc profité pour discuter avec plusieurs militants qui étaient sur place. Nous leur avons d’ailleurs offert notre soutien pour le référendum qui se déroulera le 18 septembre, c’est-à-dire dans moins de 24 heures. Une profonde activité règne dans les rues d’Édimbourg à la veille du référendum tant attendu. C’est beau à voir !
Après ces rencontres, nous nous sommes dirigés aux Meadows, immense parc situé à proximité de l’Université d’Édimbourg, où avait lieu une manifestation indépendantiste de quelques centaines de manifestants. Nous avons pris part à ce rassemblement munis de bannières et drapeaux du Québec afin d’exprimer notre soutien pour la cause écossaise et donner au Québec une visibilité internationale. Plusieurs militants indépendantistes, tels que le député Alexandre Cloutier (du Parti Québécois), la député Martine Ouellet (du Parti Québécois) ainsi que la délégation Québec-Monde, formée d’une trentaine de jeunes observateurs, y étaient présents. Plusieurs médias y étaient, tels que la Gazette, TVA Nouvelles … et même la télévision chinoise ! Tous les yeux du monde sont rivés sur l’Écosse à la veille du référendum ! L’excitation est à son comble !
À la suite de cette manifestation, nous nous sommes dirigés vers le Balmorale Hotel où nous attendait nul autre que Pierre-Karl Péladeau qui nous a invités à prendre un whisky écossais en sa compagnie. Nous avons discuté avec lui, pendant une bonne heure, du futur économique du Québec, de la descente du Parti Québécois aux dernières élections, de la relation entre les jeunes et l’indépendance, etc. Ce fut une rencontre extrêmement intéressante et éclairante qui nous a permis d’en apprendre davantage sur cet homme d’affaires québécois.
Finalement, nous nous sommes dirigés au Au Bar, un pub écossais, où se tenait une soirée pour les Québécois venus observer le référendum en Écosse. Après être restés seulement quelques minutes, nous sommes retournés à notre hôtel, épuisés. Quelle journée bien remplie !
Plan du JOUR 9 :
Demain est le GRAND JOUR ! Nous aurons la chance d’assister au processus démocratique (déroulement et dépouillement du vote) dans les coulisses du référendum en compagnie d’un observateur international. Puis, nous participerons au grand rassemblement du Scottish National Party à l’occasion de la soirée référendaire. Nous sommes très, très fébriles !
Vidéo au kiosque du camp du Yes : https://www.facebook.com/video.php?v=10154511282795478&set=vb.770670477&type=2&theater
Photos de la manifestation pro-indépendance aux Meadows :https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1531038657108363.1073741840.1523700971175465&type=1
Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3
Virginie Simoneau-Gilbert
Discussion avec un militant indépendantiste qui m’a passé son chapeau traditionnel écossais pour la photo, kiosque du camp du oui, Édimbourg, 17 septembre 2014.
Virginie Simoneau-Gilbert
Le Oui est surtout l’affaire des jeunes et des hommes
Il aura suffi qu’une petite nation de cinq millions d’habitants et vieille de sept siècles décide de se prononcer sur son indépendance pour provoquer un vent de fébrilité dans toute l’Europe. De Madrid à Bruxelles en passant par Dublin et Moscou, le spectre d’un redécoupage des frontières du continent, même démocratiquement, semble hanter les dirigeants européens plus que l’annexion violente de la Crimée. Faut-il craindre un effet domino ? demandent les plus européistes qui, comme l’éditorialiste du Figaro Pierre Rousselin, craignent qu’un « Oui » vienne « galvaniser les indépendantistes » et mener à « une balkanisation de l’Europe ». La Catalogne en première ligne C’est évidemment à Madrid que les signaux clignotent le plus. Si le scrutin écossais inspire les Catalans — le quotidien El Periodico y voit « une leçon de démocratie » —, il embarrasse au plus haut point Madrid qui ne veut rien entendre du référendum prévu en Catalogne le 9 novembre prochain. Madrid devrait d’ailleurs saisir le tribunal constitutionnel dès que le président de la generalitat, Artur Mas, fera adopter la loi référendaire. Madrid serait même prêt à suspendre l’autonomie de la Catalogne pour empêcher les Catalans de suivre l’exemple écossais, a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel García-Margallo. L’Espagne est d’autant plus à fleur de peau que le Pays basque suit lui aussi de près l’exemple écossais. En 2008, Madrid avait annulé la décision du Parlement basque de tenir une consultation sur son avenir. Mardi, le porte-parole du Parti nationaliste basque (PNV) au Congrès espagnol, Aitor Esteban, a fait la une de toute la presse espagnole en demandant à José Manuel García-Margallo s’il irait jusqu’à « à envoyer les tanks ». L’onde de choc fait aussi des remous en Belgique où les autonomistes flamands de la N-VA sont en pleine consultation pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.« Les événements écossais sont un véritable laboratoire pour notre pays », écrit l’éditorialiste du quotidien Le Soir. Deux députés de la N-VA sont déjà à Édimbourg, même si c’est « à titre privé », disent-ils. « L’Écosse crée un précédent important à l’intérieur de l’Union européenne, un cas très intéressant », a déclaré l’un d’eux, Piet De Bruyn. Élu de la N-VA, Mark Demesmaeker a qualifié de « courageux » le geste du premier ministre britannique David Cameron. « C’est lui qui a signé avec Alex Salmond, le leader des indépendantistes écossais, l’accord d’Édimbourg prévoyant un référendum et s’engageant formellement à en respecter les conséquences, quel qu’en soit le résultat. » Mais, pour les analystes, ce n’est pas le Royaume-Uni qui va résoudre le dilemme flamand. Majoritaires en Belgique, les Flamands savent en effet qu’ils devraient, pour se séparer, faire leur deuil de Bruxelles, majoritairement francophone. Ce n’est ni le cas des Écossais ni celui des Catalans. Et l’Irlande Le son des cornemuses s’est même fait entendre jusqu’à l’extrémité orientale de l’Europe. En Crimée, les représentants russes n’ont pas craint de dire que si le résultat du référendum écossais était reconnu, celui qui s’est tenu en catastrophe il y a six mois pour annexer la Crimée à la Russie devrait l’être lui aussi. Même les Serbes de Bosnie, qui rêvent de rejoindre la Serbie, se sont dits inspirés par ce qui se passe en Écosse. Après la Catalogne, c’est peut-être plutôt en Irlande du Nord que le référendum écossais pourrait avoir le plus de conséquences. La consigne du silence a été imposée aux membres du gouvernement de l’Ulster, mais on sait que le Sinn Féin rêve toujours d’une réunification avec la République d’Irlande. Le parti nationaliste a d’ailleurs proposé la tenue d’un référendum à cet effet en 2016, à l’occasion du centenaire du soulèvement de Pâques qui mena à l’indépendance irlandaise. Puisque, en cas de victoire du « Non », le gouvernement britannique s’est engagé à déléguer de nouvelles compétences à l’Écosse, on s’attend à ce que l’Irlande du Nord et le pays de Galles réclament eux aussi une plus grande part du gâteau. Même s’ils ne veulent pas être accusés d’ingérence, les leaders de l’Union européenne n’ont pas craint d’adopter la ligne dure à l’égard de l’Écosse et de la Catalogne de crainte d’un effritement de l’Europe, disent-ils. Pourtant, soulignent certains observateurs, la véritable menace ne vient-elle pas d’un mouvement souverainiste comme le Front national en France plutôt que des indépendantistes écossais qui ont toujours voué un véritable culte à l’Union européenne ? Cette « peur » semble bien « artificielle », écrit Romaric Godin dans le journal économique La Tribune. « En dehors du cas espagnol, les autres régions d’Europe ne semblent pas, pour le moment, réellement concernées : la N-VA flamande se prépare à entrer dans le gouvernement fédéral belge et la Ligue du nord italienne reporte l’indépendance de la “ Padanie ” à bien plus tard. » Bref, n’est pas Écossais qui veut. … BLx
Classé dans Culture et société, Histoire, Politique
![]() |
|||
|
|||
![]() |
|||
JOUR 6 : Berlin
Aujourd’hui fut une journée particulièrement excitante, à la fois politique et touristique.
Tout d’abord, de 12h à 14h, nous avons assisté au colloque international organisé par le groupe MOSECON (Modern Security Consulting Group), » Yes or no ? The consequences and sociopolitical implications of a referendum on independence ». De grands médias internationaux tels que CCN, le Los Angeles Times et La Razon ont couvert cet événement dans lequel des représentants des peuples catalan, écossais, québécois et kurde ont livré une allocution d’environ 10 à 12 minutes chacun en compagnie de Yan St-Pierre, organisateur de l’événement et fondateur du MOSECON.
– Jan Eichhorn (représentant écossais) : Directeur de recherche, Université d’Édimbourg
– Birgit Ammann (représentante kurde) : Professeure en sciences politiques, FH Postdam
– Maxime Laporte (représentant québécois) : Avocat et Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
– Marti Estruch Axmacher (représentant catalan) : Officier international de presse au consul de la diplomatie publique de Catalogne
– John MacInnes (représentant écossais) : Expert en identité écossaise et catalane, Université d’Édimbourg

Cette conférence, particulièrement enrichissante, m’a permis d’en apprendre davantage sur la situation politique, économique et sociale des peuples catalan, écossais et kurde. Très pertinent à la veille du référendum écossais, ce colloque m’a également permis d’effectuer plusieurs liens entre ces quatre nations aspirant à leur autodétermination. De plus, après la conférence, nous avons pris le temps de manger et de discuter avec les différents représentants pour en apprendre davantage sur leur combat anticolonialiste. J’ai d’ailleurs été très surprise d’apprendre que ces communautés voient le Québec comme une grande source d’inspiration et ce, malgré nos deux défaites référendaires. Pour eux, la nation québécoise a utilisé, au cours de son histoire, une démarche politique tout à fait légitime, démocratique et pacifique qu’est le référendum, véritable modèle international pour les peuples aspirant à leur autodétermination. Ce fut, bref, une expérience très agréable, surprenante et enrichissante pour nous tous !
Par la suite, nous avons profité de la présence de Yan St-Pierre, organisateur du colloque et fondateur du groupe MOSECON, pour découvrir un peu Berlin. En effet, Yan est un Québécois établi en Europe depuis de nombreuses années qui parle couramment allemand.
Il nous a donc guidé dans le métro jusqu’à la station à proximité de la Porte de Brandebourg et du palais du Reichstag. Après avoir savouré une succulente crème glacée Häagen-Dazs, nous nous sommes dirigés vers ces deux monuments chargés d’histoire.
Construite de 1788 à 1791, la porte de Brandebourg, faisant partie du Mur de Berlin, symbolisa, pendant longtemps, la séparation de la ville entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Le palais du Reichstag, pour sa part, fut construit en 1884 et abrita l’Assemblée du Reich de 1894 à 1933 (date à laquelle il fut incendié sous la montée du nazisme), puis de 1999 à aujourd’hui. Sur notre route du métro S+U Potsdamer Platz (Bln) jusqu’à ces deux édifices, nous avons croisé quelques pans du Mur de Berlin qui ont été, depuis le 9 novembre 1989 (date de la chute du célèbre mur), décorés de nombreux graffitis … et chewing-gums.
De plus, quelle ne fut pas notre surprise en y apercevant un manifestant soviétique qui se faisait un plaisir de prendre photos et vidéos avec les curieux de la place ! Arborant uniforme militaire et drapeau de l’URSS, celui-ci nous a rendu, de toute évidence, très mal à l’aise … En tout cas …
Après avoir pris nombreuses photos avec ces quelques morceaux du mur, nous avons également croisé trois monuments en l’honneur de deux communautés persécutées durant la Seconde Guerre mondiale : un en l’honneur des homosexuels, situé au coeur du Großer Tiergarten, immense espace vert de la capitale allemande, et deux en l’honneur des Juifs, l’un situé également dans le Großer Tiergarten et l’autre, sur le boulevard Ebertstraße.
Oeuvres commémoratives puissantes et émouvantes, il en émane un profond sentiment de honte et de culpabilité face aux atrocités subies par ces deux groupes minoritaires lors du régime nazi. Saisis par la tristesse se dégageant de ces monuments, nous avons continué notre chemin vers la porte de Brandebourg
et le palais du Reichstag où nous avons été particulièrement impressionnés par la grandeur et la finesse de l’architecture néoclassique de ces deux édifices magnifiques.
Projetant une élégance et une splendeur indéniables, ces deux symboles forts de Berlin nous ont tout simplement charmés.
Finalement, nous avons terminé la soirée au restaurant traditionnel Max und Moritz, en compagnie de Yan St-Pierre et de plusieurs sympathiques Allemands ayant précédemment assisté au colloque international, afin d’y déguster bières et mets typiques. J’ai d’ailleurs pu goûter à l’originale Berliner Kindl, une excellente bière blonde berlinoise. J’avais, de ce fait, goûté à un dérivé de la Berliner Kindl la veille, la Berliner Kindl Weisse, une bière très légère aux fruits se buvant à l’aide d’une paille. L’originale est tout aussi succulente.
C’est donc la panse satisfaite que nous avons regagné notre hôtel en fin de soirée pour y trouver du repos, la tête remplie d’agréables souvenirs.
Plan du JOUR 7 :
Demain, nous avons l’intention d’effectuer la visite de plusieurs musées d’histoire, situés à l’Île des Musées, ainsi que le célèbre musée à ciel ouvert du Mur de Berlin où nous pouvons admirer un pan considérable du fameux mur. Nous nous promènerons également dans Berlin afin de déguster cafés européens, dont la qualité surpasse largement celle des cafés américains. Peut-être, pour clore notre séjour à Berlin, irons-nous reprendre une bière en soirée en compagnie de Yan.
Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3
Virginie Simoneau-Gilbert
JOUR 5 : Berlin
Après avoir passé trois jours dans une ville magnifique, dynamique et chaleureuse, nous nous sommes envolés à 9h50 pour Berlin où nous sommes arrivés vers midi. Après avoir récupéré bagages et passes de transport en commun pour trois jours, nous avons pris l’autobus et le métro jusqu’à notre hôtel, l’Hotel Moa, situé dans le nord de la ville, près de la station de métro Birkenstraße (Berlin U-Bahn). Dès nos premiers pas en dehors de l’aéroport, nous avons été très saisis par le choc culturel. En effet, ne possédant que très peu de connaissances de l’allemand, nous avons ressenti, pour la première fois depuis notre départ, un profond sentiment de dépaysement devant l’affichage unilingue des transports en commun.
Par la suite, après s’être reposés un peu au cours de l’après-midi, nous sommes sortis, en soirée, autour de notre hôtel pour explorer les environs. Nous avons, entre autres, mangé à un restaurant turc (puisque Berlin possède une population turque assez importante) et pris une bière allemande à un petit bistro nommé l’Arema Cafe und Restaurant, endroit sympathique situé à deux pas de notre hôtel. Attablée à la terrasse du bistro, j’ai pu y déguster une Berliner Kindl Weisse à la lime, bière très légère de couleur verte se buvant à la paille dont l’originale ressemble davantage à une bière blonde au goût plus fort (voir photo : https://histoireetcivilisation.com/wp-content/uploads/2014/09/9c7ba-berlinerkindlweisse.jpg).
Finalement, après cette courte immersion dans le nord de Berlin, nous avons regagné notre hôtel, très étonnés devant cette découverte culturelle.
Plan du JOUR 6 :
Demain, nous assisterons, de midi à 14h, à l’Hotel Moa (où nous sommes), à la conférence » YES or NO ? The Consequences and Sociopolitical Implications of a Referendum on Independence » organisée par le MOSECON, Modern Security Consulting Group, où Maxime Laporte livrera une allocution en tant que représentant du Québec. De nombreux médias internationaux, ministres et ambassadeurs y seront présents. Nous irons également souper avec Yan St-Pierre, un Québécois travaillant pour le MOSECON qui, nous l’espérons, nous fera découvrir davantage la gastronomie allemande.
Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84

«La solidarité nous avait presque rendus risquophiles; nous voilà redevenus risquophobes», écrit François Ewald
Le 18 septembre, les Écossais se prononceront sur l’indépendance de leur pays. La campagne référendaire aura duré presque quatre mois, durant lesquels les appuis au Oui auront augmenté de manière constante jusqu’à la quasi-égalité avec le Non, qui, au moment d’écrire ces lignes, domine légèrement dans les sondages. Un scénario qui, sur une durée plus longue, ressemble beaucoup à la campagne référendaire québécoise de 1995. Selon nous, les forces du Non disposent d’un avantage, de manière générale, depuis la fin du XXe siècle, lors de telles consultations. Pour mieux l’illustrer, nous suggérons de revenir à l’analyse du philosophe François Ewald, né en 1946, qui fut jadis l’assistant de Michel Foucault, au sujet du principe de précaution.
Selon Ewald, notre époque verrait le retour du « malin génie », celui-là même que la modernité avait cru conjurer. Le doute se serait réintroduit dans la pensée occidentale. La science, sur laquelle reposaient nos espoirs de progrès et de liberté, n’obtiendrait plus, de façon nécessaire, l’adhésion raisonnée des citoyens en général et des gestionnaires qui élaborent les politiques sociales, économiques, environnementales, etc. Dans les mots du philosophe, ce sont « les conditions ontologiques et épistémologiques » qui ont présidé à la façon moderne d’envisager les choses qui ont changé : depuis la fin du XXe siècle, la logique scientifique de la prévention aurait cédé le pas à une logique de la précaution.
Le principe de précaution, en tant que principe politique, a été formulé une première fois en 1992 dans le cadre de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement : « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. » Depuis le Sommet de la Terre, on trouve cette règle au fondement de plusieurs textes de loi. Pour Ewald, qui a eu maille à partir avec certains environnementalistes, une mise en garde s’impose à son sujet : « Le champ de sa juridiction se limite en principe au domaine de l’environnement. Mais, il ne faut pas s’y tromper, dans la mesure où il s’agit d’un principe visant à instruire un certain type de prise de décision en situation d’incertitude, sa validité ne manquera pas de s’exporter hors de sa région d’origine. » Quelles sont les conséquences de cette logique nouvelle de l’action pour le domaine politique et comment en sommes-nous arrivés là ? Quel est le lien avec le référendum écossais ? Pour répondre à ces questions, il est utile dans un premier temps de reprendre l’enquête d’Ewald, qui analyse l’évolution de notre rapport au risque depuis le XIXe siècle.
Notion de responsabilité
À partir du milieu du XIXe siècle, les bourgeoisies nationales triomphent en Occident. Leur credo est celui du libéralisme politique et philosophique : chacun est responsable de lui-même. Pour Adolphe Thiers, futur président de la République française (1871-1873), que cite Ewald, « le principe fondamental de toute société […] est que chaque homme est chargé de pourvoir lui-même à ses besoins et à ceux de sa famille, par ses ressources acquises ou transmises ». Dans la société du XIXe siècle, selon Ewald, la prévoyance et la prudence sont des vertus cardinales : le malheur peut se produire, on doit en être conscient, mais il faut faire face de sa propre initiative. L’homme est sans excuse. L’action collective et la concertation ne sont pas exclues et relèvent en définitive de l’initiative individuelle, conformément à une certaine sagesse des affaires humaines. Ewald souligne que, dans le monde de la prévoyance, la notion de responsabilité est limitée, si on y compare son usage actuel en droit et en politique : « Comme en témoigne la jurisprudence de l’article 1382 du Code civil, la référence à la diligence du bon père de famille ou à certains standards de conduite professionnelle, on ne peut être tenu pour responsable qu’en fonction d’un certain savoir disponible, variable selon les activités. » Cette conception de la responsabilité changera radicalement au cours du siècle suivant.
Pour Ewald, le dispositif de responsabilité a été remplacé par un dispositif de solidarité au XXe siècle : « La grande question, dans l’ensemble des sociétés industrielles, fut celle des accidents du travail et des retraites. » La notion de « risque », nous rappelle le philosophe, fait son entrée dans le droit français avec la loi du 9 avril 1898 sur les accidents de travail : « Tout travail a ses risques ; les accidents sont la triste mais inévitable conséquence du travail même. » La faute devient un facteur de risque ; l’accident, une probabilité et une statistique. C’est le regard sur le monde qui s’est modifié : l’action n’est plus considérée dans ses dimensions morale et cosmologique. On l’envisage désormais dans le cadre d’une réalité sociale préjudiciable. Ainsi, la société est conçue « non pas comme agrégation d’individus qui se seraient liés entre eux en fonction de leur intérêt personnel, mais comme totalité, le bien et le mal de chacun dépendant de ceux de chaque autre ». Les dommages, les risques et les indemnités sont socialisés. On recourt aux experts pour en rationaliser la gestion, pour se prémunir et prévoir : assurance maladie, assurance automobile, assurance-emploi, pensions de vieillesse et d’invalidité, etc.
La catastrophe
La notion de précaution serait apparue plus récemment, dans un contexte bouleversé, indique Ewald : « Les XIXe et XXe siècles avaient été obsédés par le problème des accidents, on redécouvre la présence de la catastrophe, mais avec ceci que ces catastrophes ne renvoient plus, comme auparavant, à Dieu et à sa Providence, mais à des responsabilités humaines. » La catastrophe, un risque qu’on ne saurait prévoir, impose l’hypothèse d’une incertitude fondamentale dans la relation de causalité entre une action et ses effets. Un geste peut avoir des conséquences irréversibles et imprévues sur l’environnement, la faune, la société humaine, etc., des conséquences qui sont irréductibles à toute perspective d’indemnisation. Il importe dès lors d’appliquer un principe de précaution, de pratiquer un développement durable qui permet d’éviter l’irréparable. Ewald souligne ainsi le caractère « contre-révolutionnaire » du principe de précaution, comme « il a prétention à limiter l’innovation dans un cadre de progrès sans rupture ». Le principe exigerait de plus l’exercice du doute, sur le mode cartésien : « Je dois, par précaution, imaginer le pire possible, la conséquence qu’un malin génie infiniment trompeur aurait pu glisser dans les plis d’une entreprise en apparence innocente. » Cet impératif d’imaginer le pire par-delà la probabilité et la statistique permet de revenir à notre propos initial sur l’avantage des forces du Non dans le débat actuel sur l’indépendance de l’Écosse.
Le Québec, le confort et l’indifférence
Appliqué au contexte d’un référendum sur l’indépendance, on trouve sans doute une première formulation du principe de précaution dans l’excellent documentaire de Denys Arcand, Le confort et l’indifférence, datant du début des années 1980. Devant la caméra, Michelle Tisseyre, l’ancienne journaliste et animatrice à Radio-Canada, soutenait ce qu’on pourrait qualifier de pari pascalien inversé : « Moi, je peux me tromper. Bien sûr, je peux me tromper. Eux, en pensant que l’indépendance est la réponse pour le Québec, peuvent se tromper. Ça peut s’avérer un désastre […]. Par exemple, je ne suis pas du tout persuadée que le Canada laisserait un Québec étranger profiter de la valeur de sa monnaie […]. Donc on pourrait très bien avoir une monnaie québécoise […]. Si eux se trompent, il faudrait se serrer la ceinture, il y aurait beaucoup de pots cassés et ce serait, comme toujours, la masse de la population qui souffrirait. Si, moi, je me trompe, le pire qui puisse arriver, c’est que nous restions dans le statu quo. Or, moi, je trouve que le Québec n’a jamais aussi bien vécu. »
La campagne de Better Together, pour le Non en Écosse, s’appuie largement sur l’idée du désastre potentiel : qu’arrivera-t-il à nos emplois ? Qu’arrivera-t-il au sujet de l’accès aux universités britanniques ? Qu’arrivera-t-il des pensions militaires qui sont payées par le gouvernement britannique aux anciens soldats écossais ? Alistair Darling, chef de la campagne du Non, revient de façon constante sur l’idée d’une union monétaire éventuelle entre l’Écosse et le reste du Royaume-Uni, une idée défendue par les indépendantistes. À l’émission Scotland Tonight en janvier dernier, face à une animatrice coriace qui évoquait l’intérêt commun des entreprises écossaises et britanniques et un récent sondage dans lequel 71 % des Britanniques affirmaient soutenir une telle union dans le cas d’une victoire du Oui, il affirmait la chose suivante : « Vous ne pouvez pas présumer que le reste du Royaume-Uni suivrait la ligne tracée par Alex Salmond. On ne peut pas garantir cela, pas plus qu’on pourrait garantir que les Britanniques accepteraient un arrangement similaire avec la zone euro […]. Mais vous pouvez présumer que les choses ne vont pas toujours dans la direction où vous le pensez. »
Ainsi formulé, le principe de précaution semble d’une grande solidité sur le plan logique. Ewald dirait qu’il tire surtout son efficacité du sentiment de peur qui s’est emparé de nos sociétés modernes. « La solidarité nous avait presque rendus risquophiles ; nous voilà redevenus risquophobes », écrit-il. L’avantage est donc du côté de l’abstention, du « non, merci ». Cependant, si la précaution et son corollaire, la sûreté, sont des attitudes responsables devant le risque, le danger pour Ewald est qu’elles nous conduisent à l’inaction, anéantissant la disposition à innover et à entreprendre. Il n’y a donc pas de réponse simple au problème de la décision dans un contexte d’incertitude. Mais si les Québécois peuvent témoigner d’une chose, à l’usage des Écossais, c’est qu’une fois engagé dans le processus référendaire, le choix du statu quo est une illusion.
…
BLx
Classé dans Culture et société, Histoire, Histoire et civilisation, Philosophie, Politique