Archives de Tag: Kant

Poutine et Kant

Une statue à son effigie a été vandalisée dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 novembre, à Kaliningrad (ex-Königsberg). C’est que le penseur des Lumières, qui a vécu toute son existence dans cette ville appartenant désormais à la Russie, est victime des contradictions de la politique russe.

Les détails de l’affaire: Citizen Kant, Philo Mag

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L’impératif catégorique en 8 minutes

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De la perversion sexuelle dans son rapport à la téléologie

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Genre ironique

 

Il y a des grands personnages qui sont célébrés comme des héros, tandis que d’autres le sont comme des monstres. Peu importe la perception qu’on a, il est difficile de contester qu’ils ont commis des actions qui changent le cours de l’histoire. D’ailleurs, Isaac Newton capture bien cet esprit avec son expression d’après laquelle on grimpe sur les épaules des géants. Ainsi, à côté du héros de l’épopée, le berger d’Arcadie qui ne vit aucun conflit et ne souhaite qu’une vie paisible. Mais comment Rance, le protagoniste de la série de jeux vidéo nommée d’après lui, pourrait-il être considéré comme un héros de l’épopée? Malgré qu’il ne poursuive pas des buts nobles comme le héros typique, son désir le pousse à agir et il contribue à faire avancer l’histoire d’une manière positive, mais sans le vouloir.

Pour commencer, Rance est motivé principalement par ses désirs sexuels. Seulement par son existence il exprime déjà le concept d’insociable sociabilité de Kant et amorce le conflit entre l’individu et la société[1]. Presque toutes les personnes que Rance rencontre ne l’aiment pas, car la sexualité n’est pas un sujet qui va être discuté ouvertement, alors que notre héros est direct et tente de convaincre les filles d’avoir des rapports sexuels avec lui. Par exemple, il y a une religieuse qui apparaît dans Rance III où elle se fait une mission personnelle de rétablir Rance dans le droit chemin. Bien sûr, elle échoue tout le temps et il l’a toujours à sa manière tout en respectant son serment de préserver sa chasteté. Simplement par la présence de cette opposition à ses actions, il y a déjà un mouvement pour désamorcer la passivité de cet univers. En effet, dans Rance 5D et Rance VI, Rance rencontre Rizna, une guerrière qui a arrêté de faire confiance à tout le monde puisqu’elle a été abusée sexuellement par des opportunistes. À travers les aventures, Rance va lui montrer que sa méfiance absolue ne lui fait que du mal et elle n’a qu’à choisir sélectivement à qui se confier. De plus, s’il est privé de filles, il devient furieux et va tout faire pour obtenir son plaisir sexuel. Encore là, cela va le mener à prendre des risques et il va arriver où personne est arrivée avant. Dans Rance VI, il se fait enfermé dans une prison afin de divertir des mages. Il va rencontrer une personne qui lui offre la possibilité de fuir par un passage secret. Toujours aussi noble, Rance lui demande s’il y a des filles en sortant de la prison. En contraste, les autres prisonniers sont dépressifs et ils acceptent leur sort en tant que source de divertissement des mages. En somme, il est impossible pour Rance d’être un berger d’Arcadie, car son désir sexuel est toujours là pour perpétuer l’insociable sociabilité de Kant.

Puis, ses accomplissements permettent d’accomplir un dessein pour l’humanité entière sans le vouloir. Si le but suprême de l’espèce humaine est la « constitution civile parfaitement juste » selon Kan[2], alors Rance contribue indirectement à l’unification de l’humanité en préparation à l’inévitable conflit entre les humains et les monstres dans le futur Rance X. Par exemple, dans Rance I, Rance doit résoudre un cas d’enlèvement pour seul motif d’obtenir des remerciements sexuels de la victime et il finit par gagner l’amour de la reine de Leazas. Il agit comme un frein qui empêche la reine de déclarer des guerres, car elle est prête à tout faire pour garder sa faveur. Puis, dans Rance VI on le voit se joindre à une résistance dont le but est de mettre fin à la discrimination entre les mages et ceux qui n’ont pas de talent pour la magie afin de retrouver son esclave séparé de lui. Kant dit que « les guerres sont donc autant d’essais […] de mettre en place de nouvelles relations entre États »[3]. Dans le cas de Rance VI, ce n’est pas un conflit entre États, mais plutôt une guerre civile qui se transforme en un conflit entre l’armée du démon et Zeth. Cela va permettre au royaume de Zeth de mettre fin à l’inégalité après cet épisode. Et tout cela à commencer par le simple désir sexuel de Rance alors qu’il n’est pas du tout intéressé par la politique. Par exemple, le roi de Zeth, Ragnarokarc Super Gandhi, interprète les actions de Rance incorrectement comme étant réfléchies avec des raisons nobles derrière elles et il est prêt à donner la main de sa fille, Magic the Gandhi, afin qu’il dvienne roi pour devenir plus facilement le messie. En somme, par un motif égoïste, l’humanité commence à s’assembler en ignorant les problèmes du passé.

Finalement, Rance est un personnage intéressant et il se rapproche du héros de l’épopée, car ses motifs l’empêcheront toujours d’être passif comme le berger d’Arcadie et les risques que Rance est prêt à prendre résolvent indirectement les différences présentes dans cet univers. Kant dit que « l’homme veut la concorde, mais la nature sait mieux ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde »[4]. Ainsi, même si l’humanité réussit à vaincre les monstres comme cela se est produit dans le monde alternatif de Kichikuou Rance, la nature qui souhaite le conflit est incarnée dans cet univers par le dieu Ludo-Rathown qui a créé le monde uniquement pour se divertir et oublier l’ennuie. Lorsque l’humanité réussit à atteindre la paix totale, le dieu s’ennuie et il envoie alors les anges pour initier le conflit de nouveau.

Thomas Vo

Bibliographie

Rance I -光をもとめて, AliceSoft, 1989, PC.

Rance III -リーザス陥落, AliceSoft, 1991, PC.

Rance 5D -ひとりぼっちの女の子, AliceSoft, 2002, PC.

Rance VI ゼス崩壊, AliceSoft, 2004, PC

[1] Emmanuel KANT, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, 2002, p. 8.

[2] Ibid., p. 10.

[3] Ibid., p. 12.

[4] Ibid., p. 9.

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Excusez-la!

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Kant et l’Écosse

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Alain Gagnon, Le Devoir, 22/09/14

L’indépendance, que ce soit celle du Québec, de l’Écosse ou, peut-être bientôt, de la Catalogne, n’est pas affaire de survivance, de défense de sa différence, mais bien un passage d’un état de minorité à un état de majorité des peuples et des individus qui les composent, au sens légal et moral et donc politique (non démographique) où le philosophe Emmanuel Kant l’entendait dans son court texte paru en 1784, Qu’est-ce que les Lumières ? Rappelons-en deux passages.

D’abord : « Les Lumières sont l’émancipation de l’homme de son immaturité dont il est lui-même responsable. L’immaturité est l’incapacité d’employer son entendement sans être guidé par autrui. […] Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! voilà donc la devise des Lumières. »

Ensuite : « La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc., je n’ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront pour moi de cette besogne fastidieuse. Que la plupart des hommes finissent par considérer le pas qui conduit vers sa majorité, et qui est en soi pénible, également comme très dangereux, c’est ce à quoi ne manquent pas de s’employer ces tuteurs qui, par bonté, ont assumé la tâche de veiller sur eux. »

Kant n’était pas devin, mais il a vu juste dans le jeu des tuteurs — et des pupilles. Partout, toujours, un même scénario : menaces et promesses de dernière minute des tuteurs, si vagues qu’elles seront faciles à renier une fois le danger passé, et capitulation des pupilles, effarouchés par les obligations de la majorité, au premier chef la « dévolution » de la responsabilité. Comme par hasard, même si ce n’en est pas un du tout, la déresponsabilisation et le phénomène qu’on a appelé « adulescence » sont des traits marquants des sociétés avancées contemporaines.

Est probablement venu aussi le temps de dissocier les campagnes en faveur de l’indépendance des peuples d’un « projet de société » fouillé, détaillé et mirifique. Le véritable projet de société qu’implique un référendum sur l’indépendance est précisément celui d’amener une société à la responsabilité, à sa majorité, noble mais exigeante. C’est dans un deuxième temps seulement que les citoyens, libres, autonomes, pourront véritablement se donner un projet de société concret, à leur pleine mesure, y employant l’entendement, le jugement et les moyens que procure l’indépendance. Il n’est pas vrai qu’il n’y aura que des gains, sans coût et sans sacrifice, au pire un coût nul, pas plus qu’il n’est vrai que le passage de l’adolescence à l’âge adulte ne s’accompagne que de gains.

Au chapitre du projet de société et de la transparence, le SNP d’Écosse a certainement été exemplaire, publiant un document-programme de 670 pages, illustrant avec minutie l’opportunité et la faisabilité de l’indépendance. Sauf que ce n’est pas du tout là que se décide l’adhésion ou non du citoyen, on vient encore de le voir. Il faudra bien un jour réhabiliter en politique, et dans le destin des nations, les mots courage, responsabilité, rêve et passion.

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Kant: un danger pour les enfants!

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Ce n’est pas parce qu’il a détruit la métaphysique que Kant est dangereux, c’est parce qu’il a peut-être commis quelques propos « genrés ».

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