Lieu commun: Hegel ne procure aucun plaisir

Pour le philosophe italien Paolo Virno, 3 bonnes pages de Hegel provoquent un rush d’adrénaline plus fort qu’un « Techno rave ».

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Nécessaire clarification

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Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage

Une carte interactive de l’Odyssée

The Odyssey Map

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Mon sosie a 2000 ans : la découverte du jumeau intemporel

 Du 24 octobre 2018 au 12 mai 2019, Mon sosie à 2000 ans fut présenté au Musée de la civilisation à Québec. Six mois avant le début de l’exposition, l’équipe de production, dirigée par Polycor, recherchait des candidats pour faire partie des visages choisis afin de participer à l’expérience digitale. Il fut possible de s’inscrire par le biais du site Internet créé pour l’exposition, où le simple envoi d’un portrait a pu donner la chance à 25 personnes de faire partie de l’expérience : au départ, il faut dire que c’était 108 000 personnes à travers le monde qui ont répondu à l’appel.  L’idée derrière cette exposition fut de présenter un portrait datant d’il y a au moins deux millénaires en comparaison avec un portrait identique appartenant au présent. Le tout était ensuite présenté en photographies et un moule des deux portraits fut créé. Afin d’ajouter une certaine touche d’humour et de personnification, les candidats avaient aussi la possibilité de s’identifier et de présenter quelques informations sur eux. Aux côtés de ces faits cocasses se trouvaient aussi des descriptions des portraits anciens, ce qui nous permettait de nous apparenter aux personnages historiques.

À travers ce parcourt, nous étions invités à rencontrer le double de Dionysos, d’Antinoüs, de Jules César et bien d’autres. Aux côtés de ces figures notables se trouvent aussi des personnages ayant été contemporains de ces derniers, rendus célèbres par leur sculpture au travers des siècles. Il était surtout question dans l’exposition d’observer les maintes ressemblances que pouvaient avoir ces gens avec des individus de notre époque ; c’est une expérience immersive à la fois pour ces derniers et pour nous, puisque nous sommes tous deux invités à percevoir et vivre la marque du temps chez l’humain en posant un regard sur une figure du passé tout comme celle du présent.

Mon sosie a 2000 ans traite aussi de l’ère du selfie, étant devenue une pratique courante à notre époque depuis la progression technologique qui innove constamment ces dernières années. Le fait de pouvoir se photographier à n’importe quel moment et ainsi avoir un médium accessible pour pouvoir nous capturer en image est bien une chose particulière et vient changer notre perception du portrait. Nous sommes en mesure de nous illustrer et ainsi de posséder étroitement ce rendement pictural qui a toujours été, dans la tradition occidentale, une pratique courante et une nécessité identitaire. Depuis les époques anciennes, il faut dire que ce type d’art a toujours connu une popularité croissante. L’humain a toujours cherché à laisser une trace dans ce qui l’entoure. Le portrait était donc un moyen effectif et durable pour préserver cette humanité et la notion d’individualité qui l’accompagne. Ainsi, le fait de transposer cette tradition artistique à un mouvement culturel contemporain apporte un propos universel quant à la représentation que se fait l’être de soi-même.

Ce qui est le plus fascinant dans cette expérience, c’est surtout la ressemblance choquante que possèdent ces individus avec leurs sosies historiques. Il faut savoir que les participants furent choisis par un système informatique de reconnaissance faciale qui est en mesure d’examiner avec une grande minutie les traits des visages ; ce sont par des configurations précises et des facteurs de probabilité avancés que le choix des individus pour l’exposition fut déterminé. Cela donne alors lieu à un résultat des plus épatants : seulement en regardant ces deux personnes côte à côte, il est possible de déceler tous les moindres éléments qui font qu’ils se ressemblent. Cela devient nettement plus frappant lorsqu’on considère que les chances de rencontrer un jour une personne ayant les mêmes traits que nous au cours de notre vie sont très minces selon des statistiques scientifiques présentées à l’exposition. L’ironie de la chose est que ces participants font exception à la règle et ont pu rencontrer ces individus …  sous un écart de 2000 ans !

Pour ceux d’entre nous qui n’ont pas eu la chance de connaître l’empereur ou le héros légendaire qui nous ressemblerait le plus, ne nous désolons pas si vite !  Il est toujours possible de se rendre sur le site consacré à l’exposition (https://monsosie.mcq.org/) pour envoyer une photographie, ou dirais-je même un selfie,  qui sera ensuite analysé par le programme Betaface pour tenter de reconnaître certains traits familiers à des œuvres antiques.

Mon sosie à 2000 ansprésente ainsi, sous une perspective technologique et scientifique, la rencontre du passé sous le visage du présent. On transpose l’identité d’un individu, ce dernier appartenant aux temps anciens, dans un cadre spatiotemporel complètement éloigné pour démontrer la présence encore notable du lien humain. Notre rapport au passé est ancré en nous ; nous sommes encore et toujours reliés à ceux qui nous ont précédés par le fait qu’ils illustrent une marque, celle de leur identité, qui nous est transmise par le regard.

Drinalba Shérifi

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Promise, Insoumise et Conquise

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Parmi les nombreux ouvrages dystopiques existant aujourd’hui, on retrouve une panoplie d’histoires. Certaines sont presque des essais politiques, d’autres des fantasmes technologiques et d’autres enfin s’apparentent au classique roman léger. C’est le cas de la série Promise, Insoumise et Conquise, par Ally Condie – version française de Matched, Crossed, Reached.

Si l’intérêt pour cette trilogie peut s’éteindre alors même que l’on en lit les titres et que l’on voit les couvertures qui crient « roman pour adolescente », il faut se souvenir de se méfier des apparences. Ally Condie présente ici une société futuriste où les choix individuels sont réduits – pour ceux ayant lu The Giver, par Lois Lowry, cela s’y apparente beaucoup. On ne choisit pas notre emploi, on ne choisit pas nos chefs, on ne choisit pas quand on meurt, on ne choisit pas notre compagnon de vie – quoique l’on puisse choisir, à seize ans, si l’on sera célibataire ou avec une personne pour le restant de nos jours. Lorsque l’on est promis à une personne, on reçoit une cassette décrivant notre « âme‑sœur ».

Mais certains individus ne sont pas éligibles au programme de Mariage. La raison de cela est soit qu’ils ont été dangereux pour le système – des terroristes, en somme – ou alors ils sont des enfants de terroristes ou des malades de corps ou d’esprit. Chaque individu porte en permanence sur lui ou elle trois pilules : une verte pour les problèmes « bénins », mal de tête, dépressions, etc., une bleue pour agir comme coupe-faim et une rouge à la fonction inconnue. Les gens ne savent pas écrire en écriture manuscrite et ne savent au fond rien créer.  Le métier le plus utile, et de ce fait prestigieux, est celui de classeur. Un classeur est employé par le gouvernement pour régler des situations de gestion. Un classeur ne fait que classer des chiffres, ces chiffres peuvent représenter des marchandises, des coûts… ou des individus, le classeur ne le saura jamais.

Le monde ici décrit en est un avec pour modèle l’efficacité la plus totale, mathématique, réaliste, carré et plutôt manichéen – ce qui aide le système est bon, ce qui met à mal le système est mal. Le choix humain n‘y est pas néfaste en soi, il est seulement encombrant et doit de ce fait ne pas être considéré. Dans cet univers qui ne se permet aucune erreur, la protagoniste, Cassia, est victime d’un léger accroc dans le système. Rien de grave, on s’est trompé de cassette d’individu lors de son Couplage. Or, aussi insignifiant que puisse être cet incident en lui-même, il permet à Cassia de voir son monde de façon tout à fait différente, de voir les lacunes et les abus de sa société.

La trilogie ainsi, si elle commence de façon si légère et presqu’insignifiante, vient développer avant qu’on s’en rende compte un intéressant et plutôt inusité dialogue sur l’humanité, la gestion et l’art. Si l’on cherche un roman divertissant et léger, mais pas pour autant sans profondeur, cette série est un très bon choix.

Raïssah Kunzle

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Un devoir de mémoire

Le roman Charlotte, écrit par David Foenkinos, est inspiré de la vie de Charlotte Salomon, artiste allemande et juive ayant vécu lors de la Seconde Guerre mondiale. On pourrait s’attendre à une autre histoire dramatique sur les camps nazis, mais loin de là. Non pas qu’il ne faut pas donner d’attention à cette dure réalité des camps nazis, mais Foenkinos a su raconter l’histoire de cette femme opprimée, constamment en fuite et en danger, d’une façon tout à fait unique. En effet, l’auteur raconte ce qu’il considère, avait été la vie de cette artiste, s’inspirant grandement des œuvres de l’expressionnisme qui mettaient en scène des moments clefs de sa vie et des émotions qu’elle avait ressenties à ces moments précis, ainsi que du livre qu’elle avait écrit : Charlotte Salomon, vie? Ou théâtre? Je conseille d’ailleurs vivement la lecture du roman Charlotte, puisqu’au-delà de la réalité historique, le livre est, malgré la profondeur des thèmes abordés, assez léger dans sa lecture, étant écrit en simple vers. Par ailleurs, ce n’est pas que l’histoire de la vie de Charlotte, mais aussi l’histoire en parallèle du processus d’écriture et de recherche de Foenkinos. Comment celui-ci en retraçant à son tour les lieux que son personnage avait fréquentés a su révéler une histoire vraie restée trop longtemps enfoui. Au nom de toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale, je considère que son histoire mérite d’être lue.

Roxanne Gagnon

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Printemps

«La nature est le mouvement qui fait advenir à la présence la forme contenue en puissance dans une matière.» Aristote, Physique, II.

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