Génération Caryotype XY Aujourd’hui, Z Demain?

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Commençons par une remarque visant à balayer toute idée préconçue. Bien que le contraire ne m’eût posé aucun problème, je suis à l’aise avec mon identité sexuelle. Je suis biologiquement une fille et me sent comme telle. Il ne sera donc pas question ici d’expériences vécues lorsque j’aborderai la lutte contre la nécessité absolue des frontières de genres, mais plutôt d’une réflexion générale sur la société et les observations que j’en ai faites. Il est cependant vrai qu’en tant que personne affiliée à un genre, je suis confrontée au quotidien à une série de considérations, de critères, de règles de conduite que je contribue moi-même à nourrir et à perpétuer. Les filles sont comme ci, les garçons comme ça, ils ont tel et tel goûts, habitudes, façons de penser, réflexes, devoirs, «rôles», etc. Par exemple, je me suis déjà fait reprocher d’avoir sifflé un air parce que ce n’était pas convenable pour une fille. Les garçons aussi ont leur lot de règles, dont la plus évidente : pas le droit de pleurer ou de montrer ses sentiments.

Il y a donc une claire définition de chacun des sexes, qui plus est une forte opposition. En fait, c’est une véritable vision radicale, presque manichéenne qui existe entre les sexes féminin et masculin. Autrement, chaque caractéristique «divergente», chaque comportement qui ne correspond pas à l’archétype, s’accumule pour donner le diagnostic non-officiel, mais oh combien lourd de jugement, de «garçon manqué» ou «fille manquée», comme si on parlait là d’une erreur de la nature. Il y a quelque chose de profondément sécurisant et de rassurant dans le fait de dresser des frontières. On fait de même pour le Bien et le Mal, le sacrée et le profane, l’innocent et le coupable, l’opposant et l’adjuvant, le malade mental et le sain d’esprit, etc. Les zones grises ne plaisent pas, elles exigent une réflexion plus profonde et la possibilité d’être dans l’erreur. En psychologie, c’est l’attitude que l’on appelle l’influence des schémas cognitifs. Il y a d’abord la première pensée qui nous vient en tête, et qui est nécessaire à la survie. Il faut pouvoir agir presque instinctivement dans des situations qui nécessitent une réaction rapide, déterminer si une chose représente une menace ou non et l’attitude à adopter. Cependant, il est néfaste de s’en tenir à cette première réaction. Qu’y a-t-il dans les genres qui menace la vie de toute façon? Peut-on mourir car une personne ne se considère pas uniquement comme un homme ou une femme? Car oui, cela existe, et de plus en plus, car les barrières se perméabilisent, deviennent plus souples et disparaissent au fil des générations. Il n’y a qu’à voir l’émergence de personnalités comme Miley Cyrus pour s’en apercevoir. Cependant, on peut se demander si c’est vraiment par une plus grande acceptation, ou simplement par peur de se voir accuser de discrimination. Évidemment, au grand public, les tabous disparaissent, mais dans les foyers et d’autant plus sur les réseaux sociaux, les personnes qui ne s’identifient pas à un genre, tout comme le cas plus général des androgynes demeurent les victimes d’une répulsion et d’une peur acquises.

Malgré tout, on parle ici principalement de l’Occident, et encore en particulier de la période correspondant au règne du christianisme. Il y a dans l’idée de cette religion non seulement la nécessité de séparer les sexes pour pouvoir proclamer la supériorité de l’homme sur la femme, mais aussi de garantir la procréation permettant de multiplier le nombre de fidèles ainsi que l’éducation des enfants suivant un schéma défini, où les rôles sont précis. Ailleurs dans le monde et à d’autres époques, la distinction n’est pas encore faite ou ne revêt pas la même importance. Par exemple, il existe dans la culture samoane, selon une recherche menée par Douglas VanderLaan, professeur et spécialiste en anthropologie et en psychologie, quatre genres reconnus. En plus des catégories habituelles de femme et d’homme, on retrouve également les «fa’afafine[s]» et les «fa’atama[s]», dont la nomination tient compte du sexe d’origine comme de l’identité de la personne[1]. De plus, c’est un atout chez les chamans de réunir dans leur personne les deux entités, car cela leur permet de connecter avec tout le monde, et ils sont donc reconnus pour cela bien que classés dans le domaine de la spiritualité à la fois fascinante et inquiétante.

La disparition des barrières de genres pose néanmoins la question de l’éducation des enfants, auxquels il faut dorénavant inculquer de nouvelles idées. Il est d’ailleurs à mentionner que l’émergence du mouvement de revendication des droits des gens de genre fluide est en corrélation avec l’affirmation grandissante des communautés homosexuelles, bisexuelles et transsexuelles, qui elles aussi remettent en question des valeurs héritées de la religion et de la tradition. L’éducation n’est pas la seule préoccupation qui naît de la dissolution des genres. En effet, la langue française comme la langue anglaise impliquent systématiquement une discrimination de genre. C’est donc de nouveaux pronoms, des pronoms neutres qu’il faut inventer pour rendre compte de cette nouvelle réalité à l’âge contemporain, par exemple le «ze» qui se place comme intermédiaire entre «he» et «she».[2] La solution semble donc se trouver dans une uniformisation, une unification de ce qui a été séparé, pour convenir à tout le monde. Il n’y aurait plus qu’un sexe, ce qui reviendrait à dire aucun puisque la mention deviendrait désuète. On peut voir cette tentative notamment dans les normes vestimentaires, où le vêtement unisexe est à la mode et où il y a une transgression des interdictions sociales, par exemple celle de faire porter une jupe à un homme. Cette idée de faire disparaître définitivement les genres au lieu d’en créer des nouveaux démontre un souci d’égalité et de conformisme nouveau plutôt que vraiment l’acceptation d’une marginalité qui revendique un statut particulier. C’est un peu ici comme le mouvement féministe, toutes proportions gardées, qui présente un point de vue ambigu, c’est-à-dire à la fois que la femme est égale à l’homme et qu’elle conserve un statut particulier. Faut-il alors féminiser les mots et expressions hérités de siècles de domination masculine, ou profiter de l’effondrement des traditions pour tout remettre à zéro et supprimer définitivement la différence des genres dans un nouveau langage?

Mathilde Hallynck

 

[1] Sarah HAMPSON, «Their story: ‘I want to be somewhere between two fixed points of gender’», The Globe and Mail, http://www.theglobeandmail.com/news/national/their-story-i-want-to-be-somewhere-between-two-fixed-points-ofgender/article28456135 (Page consultée le 23 mai 2016)

[2] Sarah HAMPSON, «Their story: ‘I want to be somewhere between two fixed points of gender’», The Globe and Mail, http://www.theglobeandmail.com/news/national/their-story-i-want-to-be-somewhere-between-two-fixed-points-ofgender/article28456135 (Page consultée le 23 mai 2016)

 

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Perpétuer un combat de titans

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Paul Delaroche, Napoléon abdiquant à Fontainebleau, 1845

Waterloo, 18 juin 1815. La bataille qui aura lieu cette journée bouleversera à jamais l’Europe, mettant fin à plus de 20 ans de guerres incessantes depuis la révolution française. La bataille de Waterloo est la tristement célèbre bataille qui a mis fin au règne de Napoléon Bonaparte en tant qu’empereur des Français qui, pendant un peu plus d’une décennie, a dominé l’Europe de Lisbonne jusqu’à Moscou. Une mauvaise manœuvre, le mauvais temps précédent la bataille, le refus de poursuivre immédiatement les Prussiens en déroute quelques jours plus tôt, nombreuses sont les théories qui tentent de révéler le point tournant qui a entraîné la chute de l’empereur. Encore aujourd’hui, certains s’imaginent ce qui aurait pu arriver si Napoléon avait remporté cette bataille fatale. Or, le 200ème anniversaire de cette bataille fut célébré en Belgique en juin 2015, une belle manière de perpétuer le souvenir d’un combat qui s’est hissé au rang de légende tant son importance fut grande pour tout un continent.

Deux cents ans plus tard, après des films, des documentaires, des livres et des bandes-dessinées ramenant à la vie d’une certaine manière les belligérants de cet affrontement, la plaine de Waterloo accueille à nouveau les armées françaises, britanniques et prussiennes sur son sol pour reconstituer la bataille. En effet, plus de 6000 «reconstitueurs» provenant de 52 pays[1] se sont préparés pour faire revivre ce moment historique. De plus, comme il était fréquent à l’époque, des spectateurs pourront assister en direct à la bataille. Cependant, ils seront plus nombreux qu’en 1815, car 120 000[2] billets ont été vendus pour assister à cet événement.

Puisqu’il s’agit d’une reconstitution historique, nous savons déjà comment la bataille va se finir; la malheureuse défaite de l’armée française. Cependant, il est plaisant de faire revivre une époque où la manière de concevoir et de faire la guerre peut nous sembler complètement étrangère, ainsi que se plonger dans le passé et s’imaginer comment l’histoire aurait pu être différente si Waterloo, au lieu d’être la célèbre défaite de Napoléon, n’avait été qu’une autre victoire s’ajoutant à la liste déjà longue de tous ses succès militaires au courant de sa carrière.

Philippe Nerron-Paquette

[1] Agence France-Presse, «À Waterloo, les armes parlent à nouveau», dans Actualités culturelles, http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/443309/a-waterloo-les-armes-parlent-a-nouveau (Page consultée le 25 mai 2016)

[2] Ibid.

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Je travaille dans un abattoir

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Il est 7 h 10, je viens tout juste de débuter mon premier quart de travail de la semaine. À date, j’ai arraché seulement deux cœurs depuis que nous sommes arrivés, pas si mal comme début de journée. Oui, oui, avec mes mains, de sang-froid, et ce sans aucun remords, je suis un bourreau du 21e siècle! Un contremaitre vient de m’avertir de changer de poste en raison des différentes tailles de volailles qui passe sur la chaine; me voilà maintenant à un endroit où tous les employés aiment aller, une table de découpe. Simple comme titre, il s’agit d’un poste où tout ce que vous avez à faire c’est d’insérer un couteau entre deux os, comme le coude, le genou ou l’épaule, pour ensuite laisser la lame déchirer, il est aussi possible d’employer le terme démembrer, la viande; tâche barbare, pour séparer chacune des pièces de l’animal. Pièces, OH MON DIEU!!! Eh oui, la plupart des employés, tout comme moi d’ailleurs, ont le même sentiment de détachement envers ces bêtes, c’est-à-dire que nous sommes complètement désensibilisés face à la quantité presque incommensurable de volailles qui nous passe sous les yeux. Notre rapport avec l’animal est le même rapport qu’un employé de Ford peut avoir en assemblant des véhicules, puisque sans le vouloir, nous considérons ces bêtes comme des objets bien plus que des êtres vivants. N’allez pas croire ensuite que nous nous foutons totalement de ce qui passe devant nos yeux chaque jour de la semaine! Nous sommes conscients de ce que nous avons à faire. Pour les chanceux qui n’en auraient pas assez de travailler 8 heures par jour, la majorité des samedis est aussi disponible pour les mordus de viande! Après 10 heures ce matin-là, je suis redirigé à nouveau pour ne pas que mes muscles ne se fatiguent trop à déchiqueter ce qui a déjà été avant sa transformation, une belle patte de dindon. Cette fois-ci, j’aboutis à l’effalage, poste où l’employé doit arracher le jabot du dindon. Ce travail est bien simple; insérez votre main dans la fente préalablement coupée du cou de ce dindon, tâtez les alentours avec vos doigts et dirigez vous vers le haut toujours en grattant, vous devriez ensuite sentir une forme dans vos mains, cela ressemble tout particulièrement à un estomac. Si vous la tenez bien, ne vous reste plus qu’à tirer de toutes vos forces pour l’arracher avec le tuyau de l’œsophage entre vos doigts bien sûr…

Ce travail peut paraitre simple, barbare, mais c’est le moyen que la société dans laquelle on vit a adopté pour produire des biens alimentaires de qualité et surtout en grande quantité. Je vous rappelle qu’il ne vous est probablement jamais arrivé de recevoir des morceaux de gras de dindon derrière la tête, ou qu’une aorte de mâle de reproduction, soit un gros tas de 40 kg, vous explose en pleine figure, vous laissant ainsi couvert de sang. Je crois qu’il est important de se rappeler qu’autrefois, plusieurs de vos ancêtres devaient simplement préparer un souper pour leur famille de 12 enfants et que le poulet était saigné à froid dans la grange derrière la maison. La relation aujourd’hui que nous avons avec la viande est fortement dénaturée, possiblement parce que nous n’avons plus à le faire nous-mêmes et que des compagnies s’en charge, mais combien d’entre vous sont en train de lire cet article et de manger en même temps un sandwich au poulet classique, ou qui pour souper auront la chance de manger une magnifique pièce de viande concoctée par leurs parents. Je ne me suis même pas rendu au diner dans le paragraphe précédent et je suis pratiquement sûr que plusieurs sont extrêmement dégoutés par les mots, mais les chiffres en disent long aussi. En une journée, il est possible d’abattre plus de 25 000 dindons entre 7 heures le matin et 4 heures de l’après-midi. Donc rapidement c’est plus de 100 000 bêtes chaque semaine qui sont tuées, donc des millions seulement à cette usine chaque année et il y a un très grand nombre d’usines de ce type au Québec. Banal pour un petit nombre d’employés québécois qui ne font qu’apporter du bonheur à votre assiette!

Je travaille dans un abattoir, je suis couvert de sang, j’ai des excréments d’animaux sur mes bottes, j’ai un morceau de gras de la taille d’un raisin collé sur mon avant-bras, sans parler de l’odeur qui empeste à l’intérieur de ces murs. Je dois me lever demain matin à 6h30 pour être prêt à 7h au travail, les poulets m’y attendent déjà.

Xavier Deslauriers

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EPCOT ou l’échec du projet de la ville parfaite

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Le complexe de loisirs Walt Disney World Resort en Floride est bien connu pour ses nombreux parcs à thèmes, ses parcs aquatiques, ses terrains de golfs et ses nombreux hôtels. Comment un seul terrain privé peut être aussi grand pour contenir toutes ces attractions ? En effet, le terrain est immense, il fait près de 11 000 hectares. Pour être plus précis, il s’agit du double de la superficie de l’île de Manhattan.[1] Pourquoi une entreprise privée aurait besoin à la base d’un aussi grand terrain uniquement pour y construire des zones de loisirs ? Au départ, le projet du Walt Disney World Resort était tout autre, Walt Disney lui-même avait l’idée de construire une ville parfaite.

Le succès du parc d’attractions Disneyland en Californie a poussé plusieurs commerçants à s’établir près du parc. Ainsi, ils attiraient les nombreux visiteurs du parc californien dans leurs commerces. Walt Disney trouvait la situation dérangeante et ne voulait pas qu’elle se reproduise dans les environs du complexe floridien. Pour cette raison, il a décidé d’acheter un énorme terrain dans le but de pouvoir contrôler tout ce qu’il y avait aux alentours.[2] La grande capacité du complexe a donné l’idée à Walt Disney de créer une ville parfaite appelée EPCOT. Les plans ont été dévoilés dans un documentaire filmé en 1966, soit peu de temps avant la mort du célèbre créateur de dessins animés.[3]

EPCOT est l’acronyme de Experimental Prototype Community Of Tomorrow, que l’on peut traduire par le prototype expérimental de la communauté du futur. Lors des premiers concepts, EPCOT était censé être une ville parfaite qui allait trouver des solutions pour régler tous les problèmes des grandes villes de l’époque. Un système de transports sophistiqués était planifié tout comme une zone d’habitations pouvant accueillir de nombreuses familles. C’est aussi à cet endroit où il aurait été possible de créer les plus grandes innovations scientifiques.[4] Malheureusement, le projet est tombé à l’eau après la mort de Walt Disney.

En 1975, le PDG de la compagnie annonce la décision de relancer le projet d’EPCOT. Cependant, il ne s’agit plus d’une ville futuriste, mais plutôt un parc à thèmes traditionnel. Ce changement vient du fait que la compagnie ne voulait pas avoir la tâche d’administrer une ville.[5] Pour respecter les idées originales de Walt Disney, les concepteurs ont décidé que le but du parc était d’instruire les visiteurs sur le progrès scientifique et technologique. De plus, EPCOT allait être séparé en deux sections : l’une qui représente le futur et l’autre qui représente les diverses cultures à travers le monde. Ainsi, plusieurs pavillons ont été construits pour former une exposition universelle permanente.[6]

En somme, ce qui rend unique EPCOT est son côté éducatif. Contrairement aux autres parcs à thèmes, où les visiteurs vont s’amuser dans des montagnes russes et des manèges de foire, les attractions d’EPCOT visent l’éducation des visiteurs. Est-ce qu’il y a vraiment une place pour un côté éducatif dans les parcs de loisirs ? Il semble bien que oui, puisque EPCOT est le troisième parc d’attractions le plus visité en 2015 sur tout le territoire nord-américain.[7] Bien que le projet d’une ville parfaite ait échoué, le succès du parc à thèmes prouve qu’un intérêt pour la science, la technologie et les diverses cultures peut être appliqué même dans un endroit où le principal objectif est le divertissement. Quelques années après l’ouverture d’EPCOT, l’entreprise a décidé de ressusciter l’idée d’une ville située au beau milieu du complexe. C’est en 1996 que la ville Celebration est inaugurée, suivant l’exemple de la ville parfaite.[8] Cependant, on reproche à Celebration de n’être qu’une banlieue banale comme les autres.[9] Est-ce que le projet d’une ville idéale pourrait un jour être réalisé ?

Marc-André Robinson-Ruel

 

[1] http://lemondededisney.com/superficie-de-walt-disney-world-en-floride/ (page consultée le 25 Mai 2016)

[2] FOGLESON, Richard E., Married to the Mouse, New Haven, Yale University Press, 2003, p. 274

[3] http://www.smithsonianmag.com/history/revisiting-epcot-center-on-its-30th-birthday-59799078/?no-ist (page consultée le 25 Mai 2016)

[4] http://www.smithsonianmag.com/history/revisiting-epcot-center-on-its-30th-birthday-59799078/?no-ist (page consultée le 23 Mai 2016)

[5] Dave SMITH, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, Disney Editions, 1998, p. 187.

[6] Op. Cit.

[7] http://www.teaconnect.org/images/files/TEA_160_611852_160525.pdf (page consultée le 23 Mai 2016)

[8] http://gizmodo.com/celebration-florida-the-utopian-town-that-america-jus-1564479405 (page consultée le 23 Mai 2016).

[9] Ibid.

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Jules Verne et la Science-Fiction utopique

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L’utopie et la science-fiction se ressemblent en plusieurs points, elles sont très similaires pour tout dire. La science-fiction est juste plus « vraie » que l’utopie, car, comme le dit son nom, la science-fiction se base justement sur la science et nous prouve, ainsi, que ça pourrait se passer, que ce soit dans un futur rapproché ou lointain. La science-fiction est beaucoup plus proche du réel que ce que nous pouvons croire. Elle nous avertit sur les possibles changements de notre société si nous ne faisons pas attention à la quête que nous entreprenons vers le savoir dans l’occident contemporain. La science-fiction reflète, à travers ses récits, nos angoisses, nos interrogations et nos craintes face au futur, selon l’époque d’où nous venons. Au fond, nous nous interrogeons sur les enjeux sociaux et moraux du monde dans lequel nous vivons, elle est « témoin de son temps ».[1]

L’un des précurseurs de la science-fiction est Jules Verne, un auteur que j’admire énormément. Jules Verne se servait de l’idéologie de la science et du progrès des Lumières pour faire ses livres. Par contre, il utilisait la science en arrière-fond pour ses idées de romans, mais prenait comme modèle des mythes grecs et romains, comme l’ingénieur Dédale, l’inventeur du labyrinthe où était enfermé le Minotaure ou le gardien mécanique d’une île, le géant Talos.[2] Jules Verne était en désaccord avec le rapprochement fait entre son roman De la Terre à la Lune et celui de H. G. Wells, First Men in The Moon. Jules Verne disait qu’il n’y avait aucun rapport car Wells ne s’appuyait sur aucun fait, il a inventé tout son livre, alors que lui s’est basé sur des faits réels, il utilise la physique pour mettre ses théories de l’avant dans ses livres [3] ; ce que nous pouvons voir avec des livres tels que Autour de la lune, suite de De la Terre à la Lune, Voyage au Centre de la Terre ou bien Vingt Milles lieux sous les Mers.

Justine Goupil-Barsetti

[1] Stéphane MANFRÉDO, La Science-fiction, Paris, Le Cavalier Bleu, 2005, pages 61-62.

[2] Francis BERTHELOT et Philippe CLERMONT, « Science-Fiction et Imaginaires Contemporains », dans Roger BOZZETTO, Colloque de Cerisy, Science-fiction et imaginaires contemporains, Château de Cerisy-la-Salle du 21 au 31 juillet 2006, Paris, Bragelonne, 2007, page 191.

[3] Peter FITTING, « Utopie/Dystopie/Science-Fiction : l’interaction de la fiction et du réel », juin 2007, dans Alliage, revel.unice.fr, http://revel.unice.fr/alliage/index.html?id=3494 (Page consultée le 19 avril 2016).

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Truchements et Coureurs des bois

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Qui sont les coureurs des  bois ?  Avant de parler des coureurs des bois, il faut parler des truchements  qui étaient des interprètes. Souvent c’était  des hommes français qui décidèrent d’aller vivre  chez les Amérindiens pour apprendre à parler leur langue et vivre comme eux. Le premier truchement fut un jeune explorateur amené par Samuel de Champlain, il avait pour nom  Étienne Brûler, jeune  homme qui était un paysan et qui voulait découvrir de nouveaux lieux et une nouvelle façon de vivre loin de la hiérarchie du monde français. Il fut le premier homme à vivre à la façon amérindienne, le premier coureur des bois et le premier Indien blanc d’Amérique[1]. Les truchements vivaient avec plusieurs tribus amérindiennes, apprenaient leur langue et leurs traditions  et souvent  servaient d’interprète dans le commerce de fourrures avec les Français[2]. Ils furent donc agents de liaison entre les deux peuples. Les truchements furent les premiers  coureurs des bois parce qu’ils répondaient à l’appel de la nature.

Ils apprirent à bien connaître la nature et les premiers à ouvrir les territoires grâce à leurs contacts avec les premières nations. Les coureurs des bois furent ainsi les premiers Français à vivre dans les deux mondes et avoir un contact privilégié avec le monde dit sauvage et le monde dit civilisé.

Joé Grantham-Charbonneau

 

[1] Serge Bouchard, Marie-Christine Lévesque, Ils ont couru l’Amérique de remarquables oubliés, tome 2.

[2] Georges -Hébert Germain, Les Coureurs des Bois, la saga des Indiens  blancs, page 30.

 

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Voyage au travers de la ville

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Longeant Chesterfield Avenue, je regardais les passants toujours pressés en ce début de journée. Une femme avait un grand chapeau au style un peu trop Hollywoodien à mon goût. Je préférais la petite casquette d’un vieux monsieur faite de tweed et qui, ma foi, avait l’air très confortable. Quelques enfants couraient ici et là par peur d’être en retard à l’école.

Continuant mon chemin jusqu’au Phoenix Park et empruntant The North Road, je me rendais au Zoo. Les rugissements des lions me conduisaient rapidement vers eux. J’adorais regarder ces créatures si élégantes se balader sur la terre. Je revenais sur mes pas et je reprenais Chesterfield Avenue pour me diriger vers The Criminal Courts of Justice. De ma position, je pouvais très bien apercevoir les futurs détenus attachés les uns derrière les autres à l’extérieur du bâtiment vitré, en direction la prison de Kilmainham. Je passais mon chemin pour emprunter le magnifique Ha’penny Bridge en fer blanc qui surplombe la rivière Liffey. C’était simplement pour mon plaisir puisque je rejoignais rapidement la berge que j’avais quittée, car maman m’interdisais de traverser la rivière.

J’allais ensuite admirer la sculpture d’Anna Livia au Croppies Memorial Park. J’ai toujours cru qu’elle flottait sur l’eau grâce à son allure distinguée. Tournant la tête, je devins très jalouse à l’idée qu’une vieille dame donnait des grains aux pigeons… Si seulement j’étais l’un d’eux. Mais je retrouvais le sourire en me dirigeant vers le Musée National qui se situait quelques pas plus loin. C’était un immense bâtiment qui possédait une cour intérieure et qui ressemblait à un énorme château ou à une ancienne forteresse.

À ma grande surprise, en longeant la rivière Liffey pour aller chercher Chesterfield Avenue, je m’arrêtais devant la vitrine d’un magasin. On y voyait des grandes affiches composées d’autobus à deux étages et de cabines téléphoniques rouge vif. La plus impressionnante était celle d’une grande tour avec une horloge tout en haut. Le tout à gauche, était composé d’un magnifique château, je dirais, encore plus gros que le Musée National. Je me demandais bien où pouvait se situer cet endroit dans le monde.

Je continuais alors ma route et rebroussais le chemin que j’avais emprunté ce matin. Je repassais à côté de plusieurs bâtiments historiques énormes que je trouvais toujours aussi impressionnants à regarder après tant de fois. Certains avaient de grandes colonnes et me faisant penser à la ville de Rome. Les églises restaient quand même les plus jolies avec leurs grands piquets qui surplombaient les toits très penchés. Passant ensuite par des étendues vertes qui me semblaient illimitées, j’arrivais alors au perchoir que j’avais rapidement quitté ce matin, au milieu de Chesterfield Avenue.

J’avais déjà hâte de recommencer ma promenade le lendemain matin. Mais pour le moment, je devais me laver les plumes…

Andréanne Larocque

 

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