Plus de gros dodo?

Depuis quelques mois, le réveil aux aurores des maîtres du monde est présenté comme la recette de leur réussite. Devancer le chant du coq serait même le secret d’une productivité hors norme.

La dictature de l’insomnie

Le nouveau mantra des dévots de l’aube contamine le milieu du travail

Julie Rambal – Le Temps, Le Devoir 19/09/16

Dormir comme un loir, traîner au lit, s’amouracher de son matelas à mémoire de forme… c’est fini. Dans une société qui produit, consomme et tweete 24 heures sur 24, le sommeil est devenu une tare qui nuit à l’accomplissement de soi…

Tim Cook, le patron d’Apple, se lève à 3 h 45 du matin pour répondre à ses courriels, Jack Dorsey, fondateur de Twitter, à 5 h 30, et Anna Wintour, la grande patronne de Vogue, n’arrive jamais au bureau après 6 h. À cette heure-là, le politique Pierre Maudet est déjà levé depuis deux heures, et Robert Iger, p.-d.g. de Disney, a couru 10 kilomètres et lu 10 scripts. Des feignants comparés à Jean-Claude Biver, président de Hublot et p.-d.g. de TAG Heuer, qui affirme être sur le pont dès 2 h 30 du matin. « Ils disent que dormir est un cadeau de Dieu, je ne l’ai jamais reçu », fanfaronne également Indra Nooyi, patronne de PepsiCo, qui a déjà accompli une journée entière avant le lever du soleil.

Depuis quelques mois, le réveil aux aurores des maîtres du monde est présenté comme la recette de leur réussite. Devancer le chant du coq serait même le secret d’une productivité hors norme. Cette méthode a un nom : « Early morning ». L’Américain Hal Elrod, nouveau gourou de la tendance, prétend dans son best-seller Miracle Morning (First) qu’en se levant à 5 h 30 pour « dédier un moment à la personne que nous souhaitons devenir », le succès tombera du ciel. Ce n’est visiblement pas une science très exacte puisque l’entrepreneur Filipe Castro Matos fait la même chose avec une heure de décalage horaire. Dans sa conférence TEDx déjà vue 300 000 fois, il clame : « Comment se lever tous les jours à 4 h 30 peut changer votre vie. »

Dévots de l’aube

Dans les villes, des matines consacrées aux dévots de l’aube se développent aussi. Descreative mornings, conférences mensuelles censées stimuler la productivité, aux before works, qui invitent le salarié à venir ingérer un power breakfast à base de müesli au lait d’amande, et a s’adonner à une séance de Pilates orchestrée par un DJ, avant de rejoindre son ordinateur, prêt à dévorer le monde… Et pour ceux qui ont encore du mal à sauter triomphalement hors de leur couette, l’application maso « Better Me » les menace d’envoyer un message à tous leurs amis Facebook pour leur dire qu’ils ont osé laisser sonner plusieurs fois le réveil. Après avoir ratissé la méthode Coué (du genre, « en me fixant des objectifs ambitieux, ils se réaliseront »), le développement personnel s’empare du vieil adage : le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Le problème, c’est qu’il appartient aussi à ceux qui se couchent de plus en plus tard. Entre e-shopping disponible 24 heures sur 24, flux d’actualité continu, réseaux 2.0 à alimenter pour « exister » socialement et milliers de séries télé chronophages à voir sous peine de passer pour un Néandertalien à la cantine du travail, le sommeil apparaît comme un frein à une existence sous stimuli constants. En un siècle, les Américains sont d’ailleurs passés de 10 heures de sommeil quotidien à 6 heures. Les Européens, guère plus… Une biodérégulation organisée par les marchés dérégulés, selon Jonathan Crary qui, dans 24/7. Le capitalisme à l’assaut du sommeil (Zones), dénonce une « inscription généralisée de la vie humaine dans une durée sans pause ».

Car si « la plupart des nécessités apparemment irréductibles de la vie humaine — la faim, la soif, le désir sexuel et, récemment, le besoin d’amitié — ont été converties en formes marchandes et financières, le sommeil impose l’idée d’un besoin humain et d’un intervalle de temps qui ne peuvent être ni colonisés ni soumis à une opération de profitabilité massive », écrit l’universitaire new-yorkais. Aussi le déprécie-t-on « au profit d’une prééminence accordée à la conscience et à la volonté : dans le paradigme néolibéral mondialisé, le sommeil est fondamentalement un truc de losers ».

Inutile rêverie

Ce message porte d’autant plus que nous sommes aujourd’hui mis en concurrence avec des machines et des algorithmes qui, eux, ne dorment jamais. Pour ne pas devenir obsolète, il faut bien suivre… « Les moins de 40 ans dorment 6 heures par nuit, voire 5 heures, ce qui est très insuffisant, explique Sylvie Royant-Parola, psychiatre spécialiste du sommeil et présidente du réseau Morphée. Avec l’industrialisation et l’électricité, le fantasme de toute-puissance de l’homme sur la nature s’accompagne d’une volonté de maîtriser le temps, alors que chacun doit s’abandonner à son rythme de sommeil, dont le déficit favorise hypertension, obésité, perte de mémoire, etc. L’hyperstimulation lumineuse, sociale et intellectuelle de nos écrans atténue également la différence jour-nuit, provoquant un endormissement toujours plus tardif. Cette société numérique impose un rythme 24/24, à l’opposé de ceux de l’être vivant, qui sont cycliques. »

Mais nos yeux de hiboux rivés sur nos téléphones intelligents et tablettes rapportant de l’or aux magnats de la Silicon Valley (ceux qui affirment ne plus dormir), toujours plus de hochets numériques sont brandis pour faire ressembler la rêverie à une activité mortellement ennuyeuse.

Humeur exécrable

Tristan Harris, ancien « philosophe produit » chez Google, dénonce aujourd’hui le système qui l’a fait vivre, mettant notamment en garde contre les notifications des applis, qui « nous manipulent pour nous faire perdre le plus de temps possible dans leurs interfaces. Ce qui est mauvais, c’est que nos écrans menacent notre liberté fondamentale de dépenser notre temps comme on le veut ». Car non seulement les nuits, mais aussi l’attention sont désormais colonisées, selon Yves Citton, qui a dirigé l’ouvrage L’économie de l’attention. Nouvel horizon du capitalisme ? (La Découverte). « Le néolibéralisme prône des phénomènes d’accélération extrêmes. Même quand vous lisez un poème, il s’agit d’aller le plus vite possible, au nom de l’hypercompétitivité, remarque-t-il. Cette dictature d’une attention standardisée est suicidaire, car elle étouffe l’attention créative, celle qui produit l’art, le design… »

La dictature de l’insomnie ne semble pas faire bon ménage non plus avec le couple. Justine vit avec un ingénieur et « morningophile » acharné, qui se lève à 3 h 45 pour nager plusieurs kilomètres, entre 5 et 6 h — afin de faire les meilleurs temps aux compétitions de triathlon Iron Man, dont il raffole — avant d’enchaîner avec des journées de bureau de 14 heures. Justine ne le voit plus de la semaine. « C’est mieux parce que, dès qu’il rentre tôt, il est d’humeur exécrable. Sa discipline le met à fleur de peau. Il n’y a qu’en vacances, lorsqu’il s’octroie des grasses matinées jusqu’à 7 h, qu’il est drôle et détendu. » La tendance early morning fait seulement miroiter un plus gros salaire. Personne n’a dit qu’elle rendait heureux…

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La vidéo dans l’enceinte du sacré

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Londres, St Paul’s Cathedral, une nouvelle installation vidéo de Bill Viola

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Source: Blouin Art Info

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Au sujet d’un certain jour de septembre

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Que signifie le 11 Septembre ?

«L’attentat qui a détruit les tours jumelles de New York, en 2001, a tout de suite été vécu comme une entrée spectaculaire dans le XXIe siècle. C’est donc logiquement un événement que les plus grands philosophes ont commenté, dans les jours et l’année qui suivirent. Voici onze interprétations du 11 Septembre, représentatives d’un vaste spectre idéologique, allant de l’extrême gauche aux néoconservateurs.»

À lire dans Philosophie Magazine les réponses de Chomsky, Habermas, Derrida, Nussnaum, Agamben, Fukuyama, etc.

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Les «Montréalistes»

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La Fondation de Montréal

«L’historienne québécoise Dominique Deslandres compare la fondation de Montréal à l’expédition Mars One qui projette d’installer une colonie humaine sur Mars dès 2024.« Montréal est alors l’endroit le plus dangereux au monde, dit-elle. On a très peu de chances d’en revenir. »»

La grande aventure mystique, Christian Rioux, Le Devoir, 23/08/16

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Chiffres Arabes et pourtant Indiens

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Pourquoi les chiffres arabes sont-ils arabes ?

Nous ne nous posons même plus de questions en utilisant ces chiffres, ils ont intégré notre langage. Pourtant, ce système n’a pas toujours été utilisé, c’est une invention… indienne. Pourquoi les appelle-t-on « chiffres arabes » dans ce cas ?

Vers le IIIe siècle avant Jésus-Christ, les Indiens inventent non seulement les chiffres de 1 à 9, mais aussi le système décimal, les méthodes de calcul et, surtout, le zéro — défini au Ve siècle par le mathématicien Brahmagupta. C’est au IXe siècle qu’Al-Khuwazimir, l’un des fondateurs des mathématiques arabes, rapporte ce système de notation et le perfectionne. Nous devons notamment la graphie des chiffres aux Arabes occidentaux ; les chiffres indiens ne ressemblent en rien à ceux que nous connaissons actuellement. L’efficacité du système est telle qu’il se diffuse dans tout le monde arabo-musulman, de l’Afrique du Nord jusqu’en Espagne. De même, les nombreux échanges commerciaux, notamment avec l’Italie, font des Arabes les réels propagateurs du système de chiffres indiens.

Source: Le Devoir, 22/08/16

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Un « aperçu » des 50 derniers siècles…

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An Impressive List of Female Authors from Antiquity

I received a link to the following in an email from my undergraduate poetry teacher the amazing poet and translator Olga Broumas. The post is on tumblr on a page by DiasporaChic, bit the original a…

Source : An Impressive List of Female Authors from Antiquity

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