Archives de Catégorie: Philosophie

Batman VS Superman

La bande dessinée longtemps, considéré comme un média enfantin, est maintenant devenue l’une des productions culturelles les plus populaires des dernières années. Les films mettant en scène les héros tout droit sortis des pages de Marvel et de DC Comics font maintenant partie de ceux les plus attendus de l’année. Ainsi, le film Batman VS Superman Dawn of Justice présente l’un des plus vieux combats entre deux super héros à être discuté parmi les amateurs de bande dessinée. Comment Batman peut-il vaincre Superman s’il n’est qu’un être humain sans pouvoir? La réponse la plus simple est qu’il est Batman et il peut donc tout simplement vaincre n’importe quel adversaire. Cette réponse bien que comique a une par de vérité. Batman et Superman ne sont pas seulement les deux super héros les plus populaires, ils représentent aussi deux idéologies très différentes.

Superman par sa force, ses pouvoirs incroyables et sa perfection peu nous faire penser à un un demi-dieu à la Hercule ou même encore tout simplement à un dieu. Superman représente une figure divine qui nous regarde des cieux et vole à notre rescousse lorsque de vils personnages attaquent la ville. Il est un protecteur toujours prêt à nous sauver et à inspirer son prochain à faire le bien autour de lui. Il est de l’ordre du magique et du merveilleux. Il est une représentation des idoles du passé et de notre désir de nous en remettre à un être supérieur. Batman est tout à fait le contraire, plus proche du héros de l’épopée, il est un homme qui par sa volonté et sa détermination décide de changer les choses. Il n’a pas besoin de pouvoir surnaturel pour prendre sa destinée en main et changer le monde autour de lui. Il vit dans la pire ville du monde où il y a un nombre incalculable de crimes chaque jour et pourtant il continue de combattre pour un jour meilleur. Par ses actions, Batman tente de nous faire comprendre que nous n’avons pas besoin d’un héros comme Superman, car nous sommes capables de nous sauver nous-mêmes. L’être humain doit arrêter de regarder le ciel et attendre d’être sauvé par un Dieu. Il est capable s’il se donne les moyens nécessaires de changer le monde sans l’aide d’un être surpuissant.

Batman doit gagner le combat puisqu’il nous représente. C’est par sa détermination, sa force et son ingéniosité qu’il réussit à vaincre un être aussi puissant que Superman. Il prouve que nous n’avons pas besoin de pouvoir surnaturel pour changer les choses et qu’avec notre volonté nous pouvons créer un monde meilleur.

Florent Dubé

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«The N-Word»

Dans la culture contemporaine, nous l’entendons fréquemment, c’est un salut entre plusieurs, il est utilisé dans les chansons rap, mais il cause parfois quelques désaccords concernant son utilisation. Lorsque deux personnes noires se disent « what’s up my nigga », il ne semble pas y avoir de problème, mais quand c’est dit entre des caucasiens, il y a un tollé. Les gens veulent que la discussion sur cet enjeu reste courte et simple : si tu n’es pas noir, ne le dis pas. Cependant, ça ne sera jamais aussi facile. Tout le monde le dit alors, pourquoi interdire ou juger quelqu’un qui n’est pas noir ?

Le mot, tel que nous le connaissons aujourd’hui, avait autrefois une signification différente. « Niger » en latin veut simplement dire noir, mais avec l’esclavage en Amérique il devient « negar », un autre terme pour les esclaves africains[1]. Avec le temps, le mot a été transformé par ceux qui haïssaient encore les Afro-Américains, ainsi « nigger » est utilisé pour insulter, une manière de réduire quelqu’un. Cela peut expliquer en partie l’inconfort que certains peuvent ressentir quand une personne qui n’est pas d’origine africaine le dit, même si c’est de la manière la plus nocive. En fait, plusieurs croient qu’à cause de son origine négative « nigga » ne doit jamais être prononcé sous aucun prétexte.

En toute honnêteté, personne ne se soucie vraiment de ce que nous disons à huis clos, quand nous sommes devant d’autres, il est préférable d’être plus prudent. Mais, comment est-ce possible lorsque l’une des cultures les plus populaires l’utilise constamment ? Presque toutes les chansons de rap jusqu’à présent le mentionnent au moins une fois, ceci dit, cela génère un sens d’unité. Par exemple, My Nigga, l’artiste YG l’utilise pour parler de l’amitié et de ses liens. D’autres l’utilisent pour surmonter le sentiment d’oppression que la communauté afro-américaine peut ressentir. Donc, certains voient ce mot comme un dénominateur commun entre personnes ayant la même descendance. Pour certains noirs, identifier quelqu’un comme son «  nigga » c’est dire que cette personne est mon ami, ils n’utilisent pas nécessairement le terme avec quelqu’un qui ne l’est pas. Mais, quand c’est le cas, cela peut causer de la confusion. La personne en question peut penser que c’est correct de l’utiliser autour d’autres Afro-Américains et c’est là que cela devient compliqué. Si c’est dans chaque chanson que j’entends, si les gens autour de moi le disent de manière positive, pourquoi c’est incorrect si je l’emploie ? Bien sûr, tout dépend de la personne à qui on demande, la réponse est variée. Si nous le comparons au mot « bitch », peut-être ça peut être plus compréhensible. Dire à une personne qu’elle est votre bitch préférée c’est lui dire qu’elle est comme votre meilleure amie. Bien que cela ne soit pas trop nuisible pour certains, tout le monde n’applique pas le terme parce que cela pourrait déranger[2]. Donc, même si quelqu’un ne comprend pas complètement l’ambiguïté de « nigga », la bonne chose à faire c’est d’être prudent.

Élizabeth Guillaume

[1] CNN. Where did the N-word come from? , juillet 2013, 2:50, dans Youtube, https://www.youtube.com/watch?v=OFnF1c2Tbfw (Page consultée le 28 mai 2017)

[2] MUSONI, Malcom-Aime. « Stop Saying N***a If You’re Not Black », 26 septembre 2016, dans The Blog, Huffpost, http://www.huffingtonpost.com/malcolmaime-musoni/stop-saying-nigga-if-your_b_8190836.html (Page 28 mai 2017)

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AJAX

Au retour de la guerre, ces soldats perdus et esseulés, au bord du suicide, s’approprient les mots de Sophocle et disent le nom d’Ajax:

My name is a sad song

Source: NYT, Theater of War: A Warrior’s Last Words

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Réalisme Socialiste Chinois

«La littérature et l’art prolétarien font partie de l’ensemble de la cause révolutionnaire du prolétariat ; ils sont, comme disait Lénine, « une petite roue et une petite vis du mécanisme général de la révolution ».

Aussi le travail littéraire et artistique occupe-t-il dans l’ensemble de l’activité révolutionnaire du Parti une position fixée et bien définie ; il est subordonné à la tâche révolutionnaire assignée par le Parti pour une période donnée de la révolution.»

Mao Zedong

Sources:

HYPERALLERGIC

lesmaterialistes.com

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« Fontaine »

Il y a 100 ans aujourd’hui l’oeuvre ready-made « Fontaine » signée R. Mutt 1917 de Marcel Duchamp était refusée par la Society of Independent Artists.

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Donnez-moi refuge!

Gimme Shelter

Oh, a storm is threat’ning
My very life today
If I don’t get some shelter
Oh yeah, I’m gonna fade away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away
Ooh, see the fire is sweepin’
Our very street today
Burns like a red coal carpet
Mad bull lost its way
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away
Rape, murder!
It’s just a shot away
It’s just a shot away
Rape, murder yeah!
It’s just a shot away
It’s just a shot away
Rape, murder!
It’s just a shot away
It’s just a shot away yea
The floods is threat’ning
My very life today
Gimme, gimme shelter
Or I’m gonna fade away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away
It’s just a shot away
It’s just a shot away
It’s just a shot away
I tell you love, sister, it’s just a kiss away
It’s just a kiss away
It’s just a kiss away
It’s just a kiss away
It’s just a kiss away
Kiss away, kiss away
Paroliers : Keith Richards / Mick Jagger
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À la défense des animaux non humains

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Tom Regan : ce grand théoricien des droits des animaux

Tom Regan, philosophe américain décédé 17 février dernier, a livré tout au long de sa carrière, un vif plaidoyer en faveur de la reconnaissance des droits des animaux non humains. Auteur de l’ouvrage The Case for Animal Rights, publié en 1983, et théoricien des droits des animaux, Regan a livré une œuvre dont l’influence sur les débats en éthique animale contemporaine est immense. Dans cet article, en guise d’hommage à l’apport important de Regan aux discussions contemporaines sur la condition des animaux non humains dans nos sociétés, nous effectuerons un bref retour sur les idées proposées par Regan.

Les animaux sujets d’une vie comme fins en soi

Tout d’abord, Tom Regan a proposé une thèse de la valeur inhérente des animaux, qu’il entend « comme un genre de valeur possédée par certains individus, sur le mode […] des individus existant comme fins en soi » (Les droits des animaux, traduit de l’américain par Enrique Utria. Paris, France : L’avocat du diable, p. 476). Un individu doté d’une valeur inhérente possède cette valeur en lui-même et cette valeur n’est pas dépendante d’une fin extérieure ou d’une utilité que ce dernier peut servir. Plus précisément, selon Regan, les êtres qui possèdent cette valeur inhérente sont les « sujets d’une vie », qu’il définit ainsi :

[L]es individus sont sujets d’une vie s’ils ont des croyances et des désirs ; une perception, de la mémoire, et un sens du futur, y compris de leur propre futur ; une vie émotionnelle ainsi que des sensations de plaisir et de douleur ; des intérêts en rapport aux préférences et au bien-être ; la capacité d’initier une action en vue de leurs désirs et de leurs buts ; une identité psychophysique au cours du temps ; et un bien-être individuel […] (Les droits des animaux, p. 479)

Toutefois, Regan soutient que même pour les animaux qui ne sont pas actuellement considérés comme sujets d’une vie (tels les poissons ou certains oiseaux), les êtres humains doivent tout de même leur accorder un certain bénéfice, car les différences entre les animaux sujets d’une vie et ceux qui ne le seraient pas demeurent ambigües. Par prudence morale, il incombe donc aux êtres humains d’accorder ce statut de sujet d’une vie aux animaux non humains dont l’appartenance à ce statut n’est pas encore entièrement et assurément déterminée par les récentes recherches en éthologie.

Par ailleurs, tous ces animaux sujets d’une vie (que l’on peut associer généralement aux mammifères âgés d’au moins un an, selon Regan) ont une valeur inhérente égale. Regan s’oppose donc aux thèses gradualistes de la valeur qui pourraient accorder une valeur inhérente moindre aux êtres humains déficients ou aux animaux non humains. Au contraire, malgré leurs différences cognitives notables, les sujets d’une vie possèdent tous la même valeur inhérente en tant que fins en soi.

Les droits des sujets d’une vie

Dans un même ordre d’idées, selon Regan, parce que les sujets d’une vie possèdent tous une valeur inhérente égale, il incombe aux êtres humains de respecter cette valeur inhérente, conformément au principe de respect hérité du philosophe Emmanuel Kant qui postule que les êtres possédant une valeur inhérente ne doivent jamais être traités comme de simples moyens qui garantissent les meilleures conséquences, mais toujours en même temps comme fins en soi. (Les droits des animaux, p. 421) Ainsi, selon Regan, parce que les animaux non humains doivent être traités de manière à ce que cette valeur inhérente soit respectée, ils possèdent également deux droits fondamentaux : (1) le droit au respect, qui est absolu et (2) le droit de ne pas subir de dommage, qui découle du premier droit et qui est prima facie. (Les droits des animaux, p. 533) Plus précisément, ces dommages pouvant être infligés aux animaux non humains se distinguent en deux types : (1) le dommage par infliction, qui implique la douleur et (2) le dommage par privation, qui implique une perte d’avantages qui élargissent les sources de satisfaction d’un individu. (Les droits des animaux, p. 549)

Selon Regan, parce que l’exploitation animale viole les droits des animaux considérés comme fins en soi dotées d’une valeur inhérente, cette dernière est immorale et doit être fermement condamnée.

Il va sans dire que la perspective amenée par Regan est résolument abolitionniste, car elle condamne moralement toutes formes de dommage causé aux animaux non humains. Or, même si ces deux droits peuvent être outrepassés sous certaines conditions (comme nous le verrons sous peu), Regan offre une perspective s’opposant radicalement à l’exploitation animale qui implique la perpétuelle violation des droits des animaux non humains, en tant qu’elle permet le confinement, la castration à froid, la mise à mort, etc. Ainsi, selon Regan, parce que l’exploitation animale viole les droits des animaux considérés comme fins en soi dotées d’une valeur inhérente, cette dernière est immorale et doit être fermement condamnée.

Il nous apparaît toutefois important ici de mentionner que la théorie de Regan permet de rendre compte de quelques cas exceptionnels dans lequel il est moralement acceptable d’outrepasser le deuxième droit des sujets d’une vie, c’est-à-dire le droit à ne pas subir de dommage : (1) en cas de légitime défense de l’innocent (Les droits des animaux, p. 551) ; (2) pour punir un coupable, non pas pour maximiser les conséquences bonnes que pourrait produire sa punition, mais pour le punir d’un dommage qu’il a préalablement causé (Les droits des animaux, p. 555) ; (3) lorsque des sujets d’une vie innocents sont utilisés par des criminels en guise de boucliers, par exemple dans le braquage d’une banque, il est alors possible d’outrepasser le droit de ces boucliers innocents à ne pas subir de dommage, si cela permet de neutraliser ledit criminel et de sauver davantage d’innocents (Les droits des animaux, p. 556) et (4) dans le cas de menaces innocentes (par exemple, un enfant brandissant un pistolet, sans avoir conscience de son geste), il est permis d’outrepasser le droit à ne pas subir de dommage des dites menaces innocentes, sans toutefois user de force excessive (Les droits des animaux, p. 559). Il est donc permis, selon Regan, d’outrepasser l’un des deux droits inviolables des sujets d’une vie, celui du droit à ne pas subir de dommage, dans certaines circonstances. Or, le droit au respect des sujets d’une vie doit, quant à lui, doit être absolument respecté, même lorsque le droit de ne pas subir de dommage lui, est outrepassé ; nous pouvons, par exemple, punir un criminel tout en le considérant comme fin en soi et jamais simplement comme un simple moyen pouvant servir à l’atteinte d’une fin autre.

Dans un même ordre d’idées, dans certains cas extrêmes, Regan soutient que nous devons privilégier la vie humaine à la vie des animaux non humains, non pas parce que ces vies seraient inégales sur le plan objectif de la valeur, mais parce la vie humaine a généralement plus de valeur subjective, c’est-à-dire pour le sujet humain qui la possède, que l’aurait une vie animale non humaine pour l’animal en faisant l’expérience. C’est ce qui fera dire à Regan que « jeter n’importe lequel des humains par-dessus bord, ce qui le condamnerait à une mort certaine, causerait plus de tort à cet individu que n’en subirait le chien que l’on jetterait par-dessus bord. » (Les droits des animaux, p. 610) La théorie des droits des animaux ne s’oppose donc pas à plusieurs intuitions morales généralement admises par la population.

La théorie des droits des animaux de Regan : un apport majeur à l’éthique animale

En conclusion, si la théorie de Regan comporte certains défauts, comme celui de ne laisser place à aucune obligation positive que les êtres humains auraient à l’égard des animaux domestiqués et vivants dans nos villes (faiblesse à laquelle répondent d’ailleurs Will Kymlicka et Sue Donaldson dans leur récent ouvrage Zoopolis), son apport à l’éthique animale est immense. En effet, Regan, avec sa théorie des droits des animaux, a fourni un vif plaidoyer contre l’exploitation animale, pour l’instauration d’une société plus juste et plus pacifique à l’endroit des animaux non humains.

Virginie Simoneau-Gilbert

Source: Huffington Post 4/03/17

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