Archives de Catégorie: Histoire et civilisation

DAS KAPITAL

Il y a 150 ans aujourd’hui, le 14 septembre 1867, paraissait le premier volume de l’ouvrage de Karl Marx Le Capital, Critique de l’économie politique.

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Le Philosophe

Paul Cézanne, Le Philosophe (1894-1896)

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L’Histoire et ses styles

Me semble que dans cet article, fort intéressant au demeurant, le professeur de Laval barbouille quand même un peu Nietzsche avec ces trois « postures ». Il identifie celles « du prophète, du laborantin et du serviteur public », tandis que l’auteur de De l’inconvénient et de l’utilité des études historiques pour la vie parle avec pas mal plus de superbe de l’Histoire monumentale, antiquaire et critique.

Pourquoi faire aujourd’hui de l’histoire?

Martin Pâquet – Université Laval, Le Devoir, 02/09/17
Depuis plusieurs années, j’ai l’immense privilège d’enseigner à de jeunes adultes de tous horizons et de toutes convictions les rudiments de la discipline historique. Discipline historique plutôt que métier d’historien : plusieurs ne pratiqueront pas ce métier par la suite, puisqu’ils bifurqueront vers l’enseignement, le journalisme, la fonction publique, les musées, les archives, l’organisation syndicale ou communautaire, les entreprises culturelles, le droit, l’armée ou d’autres emplois.
En songeant à leur avenir, ces jeunes adultes me posent régulièrement une question : « Pourquoi faire aujourd’hui de l’histoire ? » Ma réponse simplifiée est celle de Spinoza : ni rire, ni pleurer, ni haïr, mais comprendre.Comprendre, en histoire, ce n’est pas donner simplement des dates et des faits. Il importe d’abord de les mettre en relation, de se donner une perspective, de saisir le contexte. Comprendre — « prendre avec » — implique aussi la fidélité à des principes éthiques relevant de la responsabilité à l’endroit d’autrui.
Notre objet d’étude est le temps, et particulièrement le temps passé, dans ses continuités et ses ruptures avec le présent. Pour saisir cet objet évanescent, il nous faut procéder avec méthode : les historiens rassemblent des corpus documentaires avec les traces issues du passé, puis les étudient selon les ressources de l’analyse critique, pour reconstituer enfin ce qui fut avec le plus de certitude possible pour les fins de la compréhension. L’historien raconte, certes, mais son récit s’adresse à la raison de son public plutôt que de susciter son émotion.
Notre démarche repose donc sur une double exigence éthique : celle de l’idéal de la vérité factuelle, celle du respect de la dignité humaine. Les deux exigences sont indissociables. Peu importe le motif, le mensonge et la falsification en histoire portent atteinte à la dignité humaine passée, présente et à venir, puisqu’ils pervertissent l’authenticité des témoignages des devanciers et leurrent ainsi les contemporains sur la compréhension des événements. Nous pouvons nous tromper de bonne foi, par omission, surinterprétation ou ignorance, mais nous ne pouvons pas accepter de le faire délibérément.
PosturesEnsuite, trois postures en matière de compréhension orientent l’exercice de la discipline historique : celles du prophète, du laborantin et du serviteur public. Comme autant de modèles idéaux, ces postures se sont développées avec le raffinement de la discipline ; elles se manifestent sous diverses formes aujourd’hui, elles possèdent des attraits pour tout historien en relation avec ses concitoyens.La première se fait prophétique pour mieux interpréter la condition historique. L’historien comme prophète conçoit le passé comme un arsenal d’arguments, qu’il use aux fins de sa cause, quelle qu’elle soit, dont il souhaite la réalisation. Dans ses relations avec ses concitoyens, il choisit ainsi une posture de surplomb. Il assimile ces derniers à des individus dont il déplore l’ignorance, dont il est possible de modeler les attitudes et les comportements pour mieux façonner leur mémoire collective.Selon cette posture, il s’agit moins du passé qu’il faut comprendre que du futur qu’il faut réaliser et du présent qu’il faut infléchir, toujours en fonction de ses propres desseins. Dès lors, dans sa narration du passé, l’historien-prophète glisse du jugement de fait à celui de valeur, et son propos perd de sa pertinence par inadéquation avec les atteintes de ses concitoyens.

La deuxième posture est celle du laborantin. Le passé se présente à notre regard sous des formes complexes, labiles et fragmentaires, et sa compréhension demeure incomplète et insatisfaisante. Il est donc tentant de se réfugier entre les murs du laboratoire, où il est possible de limiter les variables sujettes à observation et d’opérer en vase clos sur des échantillons tirés du passé.

Cette posture est celle du retrait du fracas du monde, une posture garantissant une certaine neutralité à l’analyste, une posture n’assumant pas la pertinence sociale de ses connaissances, puisque ce n’est pas sa visée. S’il répond parfois aux attentes citoyennes, c’est grâce à la médiation d’un tiers — souvent le vulgarisateur — ou par les aléas de la conjoncture. Ce faisant, la pratique de l’histoire-laboratoire relève ultimement du hobby réservé à quelques aficionados : si elle peut éventuellement contribuer à la recherche fondamentale, elle se renferme généralement sur elle-même, énonçant des jugements de fait sur un objet mort devant un public absent.

Service public

La dernière posture est celle du service public. Faisant face à des défis complexes et fondamentaux, nos sociétés contemporaines sont sollicitées par de multiples demandes de sens de la part des citoyens. Ces demandes reposent souvent sur une quête de perspective : nous tous et toutes cherchons à saisir d’où provient telle situation et quelles seront ses conséquences ultérieures.

Les enjeux de la mémoire et du patrimoine participent de ces quêtes de perspective : comment voulons-nous être reconnus ? pourquoi voulons-nous transmettre ? Ces demandes de sens interpellent l’historien comme serviteur public, ce dernier adoptant une posture de solidarité avec ses concitoyens, une posture comprenant néanmoins des risques d’incompréhension réciproque.

La pratique de l’histoire comme service public peut être simple, l’historien se contentant de valider des connaissances factuelles. Elle peut être plus exigeante grâce à l’établissement d’une double compréhension : comprendre les attentes de ses concitoyens, faire comprendre le passé dans toute sa complexité.

Soumise à la double exigence éthique de la démarche historique, l’histoire comme service public agit alors sur plusieurs échelles : des enjeux locaux comme la cathédrale de Rimouski, l’arrondissement historique de Sillery ou le site de Sault-aux-Récollets sont aussi pertinents que ceux de l’environnement, des migrations transnationales ou des rapports interconfessionnels. Elle relève du « scholarship with commitment ». Selon le sociologue Pierre Bourdieu, « il faut, pour être un vrai savant engagé, légitimement engagé, engager un savoir. Et ce savoir ne s’acquiert que dans le travail savant, soumis aux règles de la communauté savante ».

Pourquoi faire aujourd’hui de l’histoire ? Peu importe son titre et son emploi, faire de l’histoire relève fondamentalement d’une disposition à l’endroit de soi et des autres. Cette disposition peut prendre la forme d’une posture, avec les aléas que celle-ci comporte. Dans cette période de tweets et d’opinions, de bruits et de fureurs, cette disposition reste celle de la compréhension, sans jugements moraux, mais avec une empathie constante à l’égard de la condition humaine à travers le temps. D’hier à demain, la finalité de l’histoire repose dans cette commune condition qu’il importe de comprendre.

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Saint Blaise?

Le pape se dit favorable à la béatification de Blaise Pascal

Rome — Le pape François s’est déclaré samedi favorable à une béatification de Blaise Pascal, philosophe, mathématicien, polémiste et théologien français du XVIIe siècle qui s’était vivement opposé aux jésuites à son époque.

« Je pense moi aussi qu’il mérite la béatification. J’envisage de demander la procédure nécessaire et l’avis des organes du Vatican chargés de ces questions, en faisant part de ma conviction personnelle positive », a déclaré le pape.

Jorge Bergoglio répondait à une question en forme de plaidoyer d’Eugenio Scalfari, le fondateur de La Repubblica, dans un entretien publié samedi par le quotidien italien.

Autodidacte surdoué né en Auvergne en 1623, rivalisant dès l’adolescence avec les plus grands mathématiciens, polémiste efficace, Blaise Pascal est devenu un catholique tourmenté après une expérience mystique à l’âge de 31 ans.

Malade et sujet à de violentes migraines, il est mort en 1662, à 39 ans, sans avoir eu le temps de finir son apologie de la pensée chrétienne, dont l’ébauche a été publiée après sa mort sous le titre Pensées.

Dans cet ouvrage, il a exposé son « pari », expliquant qu’il n’y avait rien à perdre et tout à gagner à croire en Dieu. De manière moins connue, ce raisonnement s’accompagnait aussi d’un appel à une conversion du coeur et un choix de la pauvreté susceptible d’avoir touché le pape argentin.

Outre une jeunesse plutôt prétentieuse et mondaine, les féroces Provinciales de Pascal, lettres en faveur des jansénistes dans leur lutte théologique et politique contre les jésuites, pourraient cependant faire obstacle à une éventuelle béatification.

Mais l’élection en mars 2013 de François, le premier pape jésuite, pourrait avoir modifié la donne.

« Trop de contentieux traînaient entre l’auteur des Provinciales [et les jésuites] pour qu’un pape tiers à l’affaire puisse se sentir légitime à mettre sur les autels […] le vibrionnant adepte de l’apostrophe ironique », écrivait Xavier Patier, auteur d’un livre sur l’expérience mystique de Pascal, dans le magazine Famille chrétienne en mai 2013.

«Nous avons ce pape, et de surcroît un pape ami de la pauvreté, cette pauvreté que Blaise disait avoir décidé d’aimer», ajoutait-il.

Source: Le Devoir 10/07/17

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Prix Nobel: Le discours de Dylan

Le discours d’acceptation de Bob Dylan, transmis le 4 juin 2017

« Quand j’ai reçu le prix Nobel de littérature, je me suis demandé quel était précisément le lien entre mes chansons et la littérature. Je voulais y réfléchir et découvrir la connexion. Je vais tenter ici d’exposer ces pensées »

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AJAX

Au retour de la guerre, ces soldats perdus et esseulés, au bord du suicide, s’approprient les mots de Sophocle et disent le nom d’Ajax:

My name is a sad song

Source: NYT, Theater of War: A Warrior’s Last Words

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« Porter au moins deux jupons »

Source: destinenseignante.ca

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