Archives de Tag: Berlin

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Musique Sacha Ring, aka Apparat. Vidéo, Matilda Finn: «This video is about humanity’s search for enlightenment and meaning.»

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« Hier ist die Rose, hier tanze »

« Detroit switch back to city »

Detroit in Brooklyn

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 7

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VIRGINIE SIMONEAU-GILBERT, ÉTUDIANTE EN HISTOIRE ET CIVILISATION, SUR LA ROUTE DE L’AUTODÉTERMINATION DES PEUPLES.

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JOUR 7 : Berlin

Aujourd’hui, notre seul moment de tout le voyage sans rencontres diplomatiques et événements politiques, était une journée entièrement dédiée au tourisme. Quelle belle ville qu’est la ville de Berlin !

berl1Tout d’abord, vers 13h, nous sommes arrivés à la station Alexanderplatz, immense station commune à quatre lignes de métro, véritable fourmilière de la capitale. Nous avons donc profité du soleil et de la chaude température de Berlin pour explorer le centre ville où se trouvent de nombreux musées et bâtiments historiques impressionnants. Sur notre chemin vers le Deutsches Historisches Museum, nous en avons d’ailleurs croisé plusieurs d’entre eux. Premièrement, après avoir quitté l’Alexanderplatz, nous nous sommes arrêtés à la St. Marienkirche, église bâtie autour de 1270 qui devint une église protestante en 1539, dans l’effervescence de la réforme de Martin Luther. Une statue à l’effigie de ce théologien allemand, érigée en 1893, se dresse d’ailleurs sur l’un des côtés de cette jolie église. Deuxièmement, nous avons continué tranquillement notre marche vers l’Île des Musées où nous avons pu apercevoir le Rotes Rathaus, c’est-à-dire le siège du Sénat de Berlin qui constitue l’administration municipale de la ville. Cet impressionnant édifice, qui fut bâti de 1861 à 1869, a été considérablement endommagé par les bombardements alliés durant la Seconde Guerre mondiale. ll s’agit d’un magnifique parlement chargé d’histoire qui trône d’ailleurs fièrement derrière la Neptunbrunnen, grandiose fontaine d’inspiration classique représentant le dieu romain de la mer, Neptune, qui fut bâtie en 1891. C’est en contemplant de si épiques monuments que l’on prend conscience de l’énorme influence de l’architecture gréco-romaine sur l’Allemagne au cours des derniers siècles. La Berliner Dom, la plus grande cathédrale de Berlin, le Schlossbrücke, un pont traversant la rivière de la Sprée, ainsi que le Altes museum, un musée dédié aux arts de l’Antiquité gréco-romaine, que l’on peut tous les trois contempler sur l’Île des Musées, ne font pas exception à la règle. Toutefois, certains détonnent dans cette architecture classique. En effet, c’est notamment le cas du Fernsehturm Berlin, une tour de télévision et d’observation inaugurée en 1969, dont l’architecture futuriste rappelle le contexte historique de la Guerre Froide. C’est également le cas du Marx-Engels Forum, parc dans lequel se trouvent, près des rives de la Sprée, deux statues érigées en l’honneur de Karl Marx et Friedrich Engels, célèbres auteurs du Manifeste du Parti communiste. La richesse de tous ces monuments est très impressionnante à voir. C’est donc ébahis par la diversité architecturale de l’Île des Musées que nous nous sommes dirigés au Deutsches Historisches museum pour 14h. Pour seulement quatre euros (prix étudiant), nous avons pu visiter une exposition GIGANTESQUE sur l’histoire de l’Allemagne du Moyen Âge jusqu’à la Guerre Froide. Nous avons pu y admirer, notamment, des Bibles du Moyen Âge, des écrits originaux de Martin Luther, de grandes oeuvres philosophiques du 18e siècle, de l’équipement militaire datant de la première moitié du 20e siècle ainsi que le Traité de Versailles (1919) en édition originale. L’exposition était tellement riche et immense que, de 14h à 18h, nous n’avons malheureusement pas eu le temps de la visiter au complet. Nous avons, en effet, manqué la partie sur la Guerre Froide, segment pourtant important de l’histoire de l’Allemagne.

Or, nous nous sommes repris, en soirée, en allant visiter une portion du Mur de Berlin situé près de la station de métro Bernauer Straße. Cette fraction, qui fait plus de 1,4 kilomètre de longueur et 3,60 m de hauteur, est restée en grande partie presque intacte et est régulièrement entretenue par les autorités de la ville. De plus, un nombre important de plaques informatives et commémoratives sont présentes sur le site du mémorial en l’honneur des victimes qui ont trouvé la mort en tentant désespérément de passer du côté est (sous l’URSS) au côté ouest (sous les États-Unis, la France et le Royaume-Uni) par divers moyens : escalade du Mur, création de passages souterrains, adoption d’une fausse identité, etc. Ce site, bien construit, permet ainsi aux touristes de comprendre en profondeur les difficultés économique, politique et sociale vécues par l’Allemagne au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Très émouvant, ce musée à ciel ouvert nous a saisi de par une impression de gravité, de terreur, de souffrance et de mort qui s’en dégage.

C’est donc bouleversés que nous avons regagné notre hôtel en soirée, à la fois charmés et décontenancés par cette singulière ville qu’est Berlin.

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Les 95 Thèses de Luther

Plan du JOUR 8 :
Le huitième jour du périple, nous prendrons l’avion à 7h pour nous envoler pour Édimbourg, après un transfert à Londres. L’arrivée dans la capitale de l’Écosse est prévue pour 14h. Une fois installés là-bas, nous effectuerons probablement des rencontres diplomatiques, en plus de nous familiariser avec les lieux en vue du référendum du 18 septembre. Le jour tant attendu arrive à grands pas !

Plus de photos ici

Virginie Simoneau-Gilbert

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 6

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

JOUR 6 : Berlin

Aujourd’hui fut une journée particulièrement excitante, à la fois politique et touristique.

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Tout d’abord, de 12h à 14h, nous avons assisté au colloque international organisé par le groupe MOSECON (Modern Security Consulting Group),  » Yes or no ? The consequences and sociopolitical implications of a referendum on independence  ». De grands médias internationaux tels que CCN, le Los Angeles Times et La Razon ont couvert cet événement dans lequel des représentants des peuples catalan, écossais, québécois et kurde ont livré une allocution d’environ 10 à 12 minutes chacun en compagnie de Yan St-Pierre, organisateur de l’événement et fondateur du MOSECON.
– Jan Eichhorn (représentant écossais) : Directeur de recherche, Université d’Édimbourg
– Birgit Ammann (représentante kurde) : Professeure en sciences politiques, FH Postdam
– Maxime Laporte (représentant québécois) : Avocat et Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
– Marti Estruch Axmacher (représentant catalan) : Officier international de presse au consul de la diplomatie publique de Catalogne
– John MacInnes (représentant écossais) : Expert en identité écossaise et catalane, Université d’Édimbourg

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Cette conférence, particulièrement enrichissante, m’a permis d’en apprendre davantage sur la situation politique, économique et sociale des peuples catalan, écossais et kurde. Très pertinent à la veille du référendum écossais, ce colloque m’a également permis d’effectuer plusieurs liens entre ces quatre nations aspirant à leur autodétermination. De plus, après la conférence, nous avons pris le temps de manger et de discuter avec les différents représentants pour en apprendre davantage sur leur combat anticolonialiste. J’ai d’ailleurs été très surprise d’apprendre que ces communautés voient le Québec comme une grande source d’inspiration et ce, malgré nos deux défaites référendaires. Pour eux, la nation québécoise a utilisé, au cours de son histoire, une démarche politique tout à fait légitime, démocratique et pacifique qu’est le référendum, véritable modèle international pour les peuples aspirant à leur autodétermination. Ce fut, bref, une expérience très agréable, surprenante et enrichissante pour nous tous !

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Par la suite, nous avons profité de la présence de Yan St-Pierre, organisateur du colloque et fondateur du groupe MOSECON, pour découvrir un peu Berlin. En effet, Yan est un Québécois établi en Europe depuis de nombreuses années qui parle couramment allemand.

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Il nous a donc guidé dans le métro jusqu’à la station à proximité de la Porte de Brandebourg et du palais du Reichstag. Après avoir savouré une succulente crème glacée Häagen-Dazs, nous nous sommes dirigés vers ces deux monuments chargés d’histoire.

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Construite de 1788 à 1791, la porte de Brandebourg, faisant partie du Mur de Berlin, symbolisa, pendant longtemps, la séparation de la ville entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Le palais du Reichstag, pour sa part, fut construit en 1884 et abrita l’Assemblée du Reich de 1894 à 1933 (date à laquelle il fut incendié sous la montée du nazisme), puis de 1999 à aujourd’hui. Sur notre route du métro S+U Potsdamer Platz (Bln) jusqu’à ces deux édifices, nous avons croisé quelques pans du Mur de Berlin qui ont été, depuis le 9 novembre 1989 (date de la chute du célèbre mur), décorés de nombreux graffitis … et chewing-gums.

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De plus, quelle ne fut pas notre surprise en y apercevant un manifestant soviétique qui se faisait un plaisir de prendre photos et vidéos avec les curieux de la place ! Arborant uniforme militaire et drapeau de l’URSS, celui-ci nous a rendu, de toute évidence, très mal à l’aise … En tout cas …

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Après avoir pris nombreuses photos avec ces quelques morceaux du mur, nous avons également croisé trois monuments en l’honneur de deux communautés persécutées durant la Seconde Guerre mondiale : un en l’honneur des homosexuels, situé au coeur du Großer Tiergarten, immense espace vert de la capitale allemande, et deux en l’honneur des Juifs, l’un situé également dans le Großer Tiergarten et l’autre, sur le boulevard Ebertstraße.

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Oeuvres commémoratives puissantes et émouvantes, il en émane un profond sentiment de honte et de culpabilité face aux atrocités subies par ces deux groupes minoritaires lors du régime nazi. Saisis par la tristesse se dégageant de ces monuments, nous avons continué notre chemin vers la porte de Brandebourg

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et le palais du Reichstag où nous avons été particulièrement impressionnés par la grandeur et la finesse de l’architecture néoclassique de ces deux édifices magnifiques.

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Projetant une élégance et une splendeur indéniables, ces deux symboles forts de Berlin nous ont tout simplement charmés.

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Finalement, nous avons terminé la soirée au restaurant traditionnel Max und Moritz, en compagnie de Yan St-Pierre et de plusieurs sympathiques Allemands ayant précédemment assisté au colloque international, afin d’y déguster bières et mets typiques. J’ai d’ailleurs pu goûter à l’originale Berliner Kindl, une excellente bière blonde berlinoise. J’avais, de ce fait, goûté à un dérivé de la Berliner Kindl la veille, la Berliner Kindl Weisse, une bière très légère aux fruits se buvant à l’aide d’une paille. L’originale est tout aussi succulente.

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C’est donc la panse satisfaite que nous avons regagné notre hôtel en fin de soirée pour y trouver du repos, la tête remplie d’agréables souvenirs.

Plan du JOUR 7 :
Demain, nous avons l’intention d’effectuer la visite de plusieurs musées d’histoire, situés à l’Île des Musées, ainsi que le célèbre musée à ciel ouvert du Mur de Berlin où nous pouvons admirer un pan considérable du fameux mur. Nous nous promènerons également dans Berlin afin de déguster cafés européens, dont la qualité surpasse largement celle des cafés américains. Peut-être, pour clore notre séjour à Berlin, irons-nous reprendre une bière en soirée en compagnie de Yan.

Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3

Virginie Simoneau-Gilbert

 

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 5

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

JOUR 5 : Berlin

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Après avoir passé trois jours dans une ville magnifique, dynamique et chaleureuse, nous nous sommes envolés à 9h50 pour Berlin où nous sommes arrivés vers midi. Après avoir récupéré bagages et passes de transport en commun pour trois jours, nous avons pris l’autobus et le métro jusqu’à notre hôtel, l’Hotel Moa, situé dans le nord de la ville, près de la station de métro Birkenstraße (Berlin U-Bahn). Dès nos premiers pas en dehors de l’aéroport, nous avons été très saisis par le choc culturel. En effet, ne possédant que très peu de connaissances de l’allemand, nous avons ressenti, pour la première fois depuis notre départ, un profond sentiment de dépaysement devant l’affichage unilingue des transports en commun.

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Par la suite, après s’être reposés un peu au cours de l’après-midi, nous sommes sortis, en soirée, autour de notre hôtel pour explorer les environs. Nous avons, entre autres, mangé à un restaurant turc (puisque Berlin possède une population turque assez importante) et pris une bière allemande à un petit bistro nommé l’Arema Cafe und Restaurant, endroit sympathique situé à deux pas de notre hôtel. Attablée à la terrasse du bistro, j’ai pu y déguster une Berliner Kindl Weisse à la lime, bière très légère de couleur verte se buvant à la paille dont l’originale ressemble davantage à une bière blonde au goût plus fort (voir photo : https://histoireetcivilisation.files.wordpress.com/2014/09/9c7ba-berlinerkindlweisse.jpg).
Finalement, après cette courte immersion dans le nord de Berlin, nous avons regagné notre hôtel, très étonnés devant cette découverte culturelle.

Plan du JOUR 6 :
Demain, nous assisterons, de midi à 14h, à l’Hotel Moa (où nous sommes), à la conférence  » YES or NO ? The Consequences and Sociopolitical Implications of a Referendum on Independence  » organisée par le MOSECON, Modern Security Consulting Group, où Maxime Laporte livrera une allocution en tant que représentant du Québec. De nombreux médias internationaux, ministres et ambassadeurs y seront présents. Nous irons également souper avec Yan St-Pierre, un Québécois travaillant pour le MOSECON qui, nous l’espérons, nous fera découvrir davantage la gastronomie allemande.

Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84

Virginie Simoneau-Gilbert

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Haus der statistik

Petite intrusion chez la Stasi

Exploration de la maison des statistiques de Berlin Est

Bjarni et moi nous sommes vite trouvés une affinité qu’est l’exploration de lieux désaffectés. Bjarni, c’est la personne qui m’a hébergée à Berlin pour quelques nuits par l’intermédiaire de couchsurfing. 1Un Islandais établi là depuis peu mais qui ayant une âme d’explorateur connait déjà très bien la ville. Nous nous sommes armés d’une caméra permettant de filmer et de prendre des photos, de la flashlight de mon téléphone cellulaire, de vêtements chauds et d’un thermos plein de thé chaud. Notre première aventure fut la visite d’un parc d’attractions fantôme. Ensuite, nous avons balayé une vieille salle de danse. Puis nous nous sommes hasardés dans un vieil hôpital délabré. Parmi toutes ces aventures, celle qui nous aura le plus secoués est bien l’exploration de la maison des statistiques de Berlin est.

C’est un bâtiment imposant qu’à première vue on ne croirait pas vide. La preuve, j’ai passé mes deux premières nuits à Berlin dans une auberge de jeunesse située juste en face de celui-ci. La fenêtre de ma chambre donnait sur la façade de cet immeuble ! Je n’aurais jamais pensé qu’il était question d’un des établissements de la Stasi laissé à l’abandon. Contrairement aux autres lieux visités, il est situé dans un quartier très populaire de la ville qu’est le Mitte. Il est aussi juste à côté d’Alexanderplatz qui est l’un des principaux lieux d’activité de Berlin.

En ce mardi soir, nous étions devant nos ordinateurs et hésitions entre retourner à l’hôpital (très imposant) ou visiter une station de métro désaffectée. Puis, tout d’un coup Bjarni m’envoie le lien d’un article très intéressant sur un endroit moins délabré que ceux visités auparavant. 2Selon l’auteur, la difficulté d’intrusion de l’endroit serait très élevée. Un défi ! Rien de plus attirant ! Mais une des choses qui me réjouit, c’est surtout le fait qu’on ait moins de chance de crever de froid vu qu’il est question d’un endroit clos. Nous lisons tous les commentaires liés à l’article qui date de 2011. Un commentaire récent de l’auteur nous apprend que celui-ci a essayé d’investir à nouveau l’endroit mais sans succès. C’est décidé, c’est là que nous irons ce soir.

Sur place, nous faisons le tour du bâtiment qui est encerclé d’une barrière métallique. Nous décidons de commencer à trouver une issue à l’arrière du bâtiment sachant qu’il y a moins d’activité humaine par là. Il fait très sombre, nous essayons plusieurs portes qui bien évidemment sont scellées. Nous trouvons un escalier qui donne sur le sous-sol. Nous ouvrons une porte métallique sans difficulté. Celle-ci donne directement sur un ascenseur hors d’usage. Trop beau pour être vrai. Nous rebroussons chemin. Nous continuons notre inspection des lieux et tombons sur une barrière flétrie qui donne encore sur le sous-sol. Cette fois, il n’y a pas d’escalier, il faudra passer la barrière et descendre prudemment les  trois mètres et demi qui nous séparent du sol. À l’aide d’une branche d’arbre, nous arrivons à l’endroit voulu tout en nous demandant comment nous allons remonter.

Nous ouvrons une porte métallique, celle-ci donne encore sur un cul de sac. Nous essayons une autre porte et nous voilà à l’intérieur du bâtiment ! Nous ne nous réjouissons pas trop vite sachant qu’il y a de grandes chances que notre exploration s’arrête à la prochaine porte. Pourtant tout s’ouvre ! 3Nous longeons un couloir et découvrons des toilettes et certaines pièces avec quelques tableaux  encore aux murs. Il faut trouver un escalier afin d’accéder aux autres sections de l’immeuble. Nous ouvrons des portes mais ne faisons pas vraiment attention à les garder ouvertes parce que nous sommes impatients de savoir les limites de l’accès que nous avons trouvé. Grave erreur. Nous trouvons finalement un escalier mais les portes qui donnent accès aux étages suivants sont verrouillées. On peut observer une petite lumière verte dans le haut de chacune de ces portes, un peu comme s’il y avait un système de sécurité enclenché. Nous rebroussons chemin. Nous essayons d’ouvrir l’une des portes par laquelle nous sommes passés, elle est verrouillée !

Bjarni me jette un regard de stupéfaction, je fais de même. Nous ouvrons des fenêtres dans l’espoir de sortir de là mais elles donnent toutes sur un grillage solide. Nous retournons à la porte et apercevons une autre porte un peu plus loin à sa gauche. Elle est verrouillée aussi mais semble beaucoup moins solide. Notre cœur fait un bond lorsque nous nous apercevons que de l’autres côté de cette porte, il y a un couloir illuminé. Nous sommes pris au piège et nous nous demandons si ce n’est pas un piège qu’on nous a tendu !

4Non loin de là, nous trouvons une sorte de barre de métal. Le seul moyen de nous en sortir, c’est de forcer la porte branlante. Cela nous a pris au moins une bonne demi-heure de travail. Nous ressentons un tel soulagement lorsque la porte s’ouvre !

Il y a un long couloir illuminé. L’atmosphère est lugubre. Nous trouvons une salle de bain et à notre grande surprise, elle est toujours fonctionnelle. Un bâtiment abandonné, supposément inutilisé depuis un moment, où l’on trouve de l’électricité et de l’eau courante, c’est tout de même un peu louche. 5Nous prenons notre matériel et nous aventurons dans le couloir. L’ambiance est très tendue, c’est bizarre, on se sent comme à une autre époque. C’est comme si on faisait un voyage quelques décennies en arrière. On se sent mal ici probablement parce qu’il n’y a aucune manifestation humaine de notre époque. 6Sur les autres lieux visités, on dénote beaucoup d’activités récentes, telles que la présence de graffitis et de détritus, bouteilles de bières ou restants de nourriture. Ici, rien. Ceci peut être expliqué par la méconnaissance de l’endroit mais aussi par sa difficulté d’accès. C’est resté hermétique. Cette découverte, c’est comme un pot Mason qui protège le temps du temps.

7Très vite, nous tombons sur quelque chose de très intéressant.Une pièce qui semble être une salle d’archives. Les étagères sont vides. Dans la salle, nous trouvons une porte qui donne sur un nouvel endroit. Sur celle-ci, nous apercevons trois textes allemands.Nous les prenons en photo afin de les traduire plus tard. Un ami Suisse m’explique qu’il est question d’instructions. Les comportements à adopter dans la « chambre de protection ».  Intriguant…

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Nous entrons dans cette chambre et tombons sur une autre porte. Par contre, celle-ci est verrouillée et un petit papier y est accroché. Sur ce papier usé sont dactylographiées quelques lignes et à la fin, en petits caractères, signé «Aristoteles». Qui signifie Aristote en allemand. Je vous laisse le plaisir de le traduire via Google Translate ou autre moyen à votre disposition : « Spiele damit du ernst sein kannst. Der Spiel ist ein Ausruhen. Die Menschen bedürfen des Ausruhens, denn sie können nicht immer tätig sein.»

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Bref, nous sommes retournés sur nos pas et avant de continuer dans le couloir, quelque chose a attiré notre attention. Une grande armoire bloque un passage.  Quelqu’un a arraché une partie de cette grande armoire auparavant. Nous éclairons le trou dans l’armoire et à notre grande surprise, nous apercevons un autre long couloir et plusieurs autres portes !

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Cette découverte nous glace le sang. Pourquoi avoir bloqué le passage vers cette section ? Vu l’ambiance déjà très glauque de l’endroit, nous décidons de ne pas nous y aventurer tout de suite et de revenir sur nos pas. Surtout que nous n’avions pas encore trouvé de moyen de sortir.

Nous arrivons au bout du long couloir trouvé plus tôt. Nous empruntons un escalier. À chaque étage, les portes sont verrouillées. Sauf au troisième. La porte que nous réussissons à ouvrir indique « Bibliothek ».

Il est bien question d’une vieille bibliothèque. Nous trouvons les portes vitrées y donnant accès et trouvons une salle vide. Sur le sol, il y a encore les traces des étagères. Dans une autre salle faisant partie de la bibliothèque, nous trouvons une carte de la vieille Europe. Celle-ci date de l’époque où l’Allemagne était séparée en deux.

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Nous restons un moment afin de prendre quelques photos puisque l’éclairage est plutôt intéressant.

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Nous continuons notre exploration et trouvons un escalier étroit et très raide qui mène vers le toit. À la fin de cet escalier il y a une lourde porte. Nous découvrons une petite salle où se trouve une machine dont nous ignorons l’utilité. Il y a de vieilles traces humaines. Une petite étagère sur laquelle sont éparpillés un téléphone, un journal, un dossier, des outils et une tasse pleine de mégots.

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Je feuillette le dossier et l’on y trouve des plans de la machine. Je jette un coup d’œil au journal, s’y trouvent dates et heures, qui se rendent jusqu’à 2010, accompagnées de ce qui semble être des notes d’observation liées à la machine. En fait l’étagère servait de bureau à quelqu’un…

Nous quittons cette salle et retournons sur nos pas dans l’espoir de trouver enfin une sortie. L’atmosphère de cet endroit est très pesante ; nous espérons le quitter au plus vite. Nous retournons au grand escalier où plusieurs portes étaient verrouillées. Au bas de l’escalier, niveau rez-de-chaussée, il y a une porte qui donne sur un jardin intérieur. Nous sommes très heureux de sentir l’air frais extérieur lorsque je réussis à l’ouvrir. Nous tentons aussitôt de trouver un moyen de sortir de l’enceinte du bâtiment mais ne trouvons pas grand-chose. Nous découvrons qu’aux fenêtres du côté qui nous était impossible d’accès, il y a quelques bureaux et que dans ces bureaux on peut encore observer la présence d’objets personnels. On trouve même une salle où il y a des appareils électroniques, servant à la régulation de l’endroit, qui clignotent encore.

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Par contre, il ne semble pas y avoir d’issue, mis à part une fenêtre grillagée qui pourrait nous permettre d’accéder au toit. Nous décidons de rebrousser chemin. Dans notre euphorie du moment où nous avions enfin de l’air frais, nous avons fait une grave erreur. Nous avons omis encore une fois de retenir la porte et nous voilà à nouveau coincés ! Impossible de retourner à l’intérieur, la porte s’est verrouillée derrière nous ! Pas le choix, nous allons devoir grimper pour nous sortir de ce pétrin.

21Comme si nous n’étions pas suffisamment en mauvaise posture, il n’y a plus de mémoire dans notre caméra alors à partir de ce moment nous n’étions plus en mesure de prendre des photos ou des vidéos. Donc je vous illustre la situation. Bjarni et moi devions grimper ce grillage de fenêtre afin d’atteindre cette petite partie de toit. Arrivés sur le toit, il n’y a aucun moyen de descendre. Tout est protégé par des barbelés.

22Nous décidons de nous aventurer plus loin et trouvons une vitre cassée ! Elle est assez haute mais par chance il y a un autre grillage qui nous permet d’y accéder. Nous arrivons tant bien que de mal à nous introduire dans un bureau. Nous quittons se bureau et trouvons un escalier qui descend. À la fin de cet escalier, Bjarni ouvre une porte et celle-ci donne directement sur… la rue !

Ce fut aussi simple que ça… des heures et des heures de tension qui furent relâchées par l’ouverture d’une porte. Nous étions réconfortés d’entendre à nouveau les bruits de voitures et toute l’agitation berlinoise.

Cette exploration est inachevée comme la plupart de celles que nous avons menées. Par contre, la curiosité liée à cet endroit est très forte, plus que les autres. Cette nuit-là, je n’ai pas pu m’arrêter de penser à l’armoire, celle qui bloquait le passage vers une autre section du bâtiment. Cette curiosité nous attirait à nouveau là-bas mais quelque chose en nous, nous en éloignait. Quand tu vas là-bas, tu absorbes de l’information mais le bâtiment t’empoisonne de ses ondes négatives, alors tu ne veux plus y retourner… du moins, pour quelques heures. Le lendemain matin, j’étais prête à y retourner mais malheureusement je devais quitter Berlin quelques heures plus tard. Bjarni m’a promis d’y retourner un jour, j’attends de ses nouvelles…

Caroline Douville

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La chute du mur de Berlin

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Ensemble, se souvenir de quelque chose, c’est-à-dire «commémorer». Mais à quel type de prescription obéit-on lorsqu’on adhère à une maxime du genre «Je me souviens», comme on le fait cet automne, partout dans le monde, en commémorant la chute du mur de Berlin? De quoi s’agit-il lorsque, devant l’histoire, on convoque la mémoire? En quoi est-il nécessaire que le souvenir de cet évènement, la chute du mur, fasse irruption dans le vif du présent? De quelle utilité nous est donc la connaissance du passé? À cette dernière interrogation Walter Benjamin répond ainsi : « Faire œuvre d’historien ne signifie pas savoir « comment les choses se sont réellement passées ». Cela signifie s’emparer d’un souvenir, tel qu’il surgit à l’instant du danger.»[1] Dans un écrit sur l’histoire Nietzsche s’exprime de semblable manière : « Certes, nous avons besoin de l’histoire, mais autrement qu’en a besoin l’oisif promeneur dans le jardin de la science. Cela signifie que nous avons besoin de l’histoire pour vivre et pour agir (…) Nous voulons servir l’histoire seulement en tant qu’elle sert la vie.»[2] Ces deux considérations sur l’histoire sont porteuses d’une exigence quant à l’utilité de la culture pour la vie, elles nous signifient que la culture doit être autre chose qu’un simple divertissement, «autre chose encore que la décoration de la vie»[3]. Selon cette manière de voir, l’utilité de la culture en général, et de l’histoire en particulier, tient à sa capacité de stimuler et fortifier la vie, aussi nous n’avons pas plus besoin de «l’art pour l’art» que nous avons besoin de «l’histoire pour l’histoire». Il ne nous faut donc pas l’histoire parce que nous avons besoin de nous instruire, il nous la faut parce que nous avons besoin d’agir. Notre rapport à l’histoire devrait par conséquent s’inscrire sous une certaine idée de la culture dont l’image ne serait pas un jardin où l’on se promène, mais une scène où l’on est pris à partie comme acteurs dans le temps. C’est là le but que peuvent avoir les connaissances historiques, celui de nous faire agir dans le temps, sur la scène du monde, le but «d’agir, écrit Nietzsche, d’une façon inactuelle, c’est-à-dire contre le temps, et par là même, sur le temps, en faveur, je l’espère, d’un temps à venir.»[4]

La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, est un événement majeur où culmine et se condense la mémoire du XXè siècle; peut-être s’agit-il même de l’événement qui l’a clôturé, onze ans avant l’heure convenue. Le  siècle dernier se serait donc achevé un peu comme il avait commencé, par une affaire allemande. La chute du mur est une fête, fête de la liberté qui triomphe du totalitarisme, fête aussi et surtout de la réunification de l’Allemagne. Mais en Allemagne la commémoration de l’unité retrouvée ne peut manquer de faire revenir dans la mémoire le souvenir d’un temps de catastrophe et de désastre : le régime hitlérien (pour mémoire,  la Nuit de cristal en 1938, c’était aussi un 9 novembre), la guerre, l’innommable, l’Holocauste. Ce dont l’Allemagne hérite avec son unité retrouvée c’est la hantise d’un temps disloqué et hors-la-loi, d’un temps out of joint comme dit Hamlet.

Mais ces vingt dernières années nous ont bien montrés que la chute du mur de Berlin a eu des répercussions qui allaient bien au-delà de la situation allemande et du cadre est-européen. Cet événement a en effet une dimension historico-mondiale qui marque un changement d’époque, car avec la chute du mur se sont estompées les dualités et les tensions qui, sur les plans idéologique, économique et militaire, définissaient l’organisation de la géo-politique mondiale depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Au sein de ce «nouvel ordre mondial» un paradigme unique s’est substitué à la rivalité qui opposait le capitalisme et le communisme, ce paradigme c’est celui du vainqueur qui voit dans la «mort du marxisme» la confirmation décisive de son droit total sur terre. La chute du mur marque l’avènement de la mondialisation du capitalisme qui, dès lors, ne trouve plus devant lui d’instance critique capable de lui opposer une résistance assez forte pour le contraindre à convertir son développement en plus-value sociale. En effet, dans le contexte idéologique et politique de la guerre froide, la peur du communisme exerçait une pression réelle qui obligeait les démocraties parlementaires de l’Ouest à effectivement prouver leur supériorité morale, aussi leur fallait-il réglementer l’économie de marché pour en garantir la moralité et redistribuer la plus-value qu’elle génère. De là est né l’État providence qui était parvenu, sinon à dompter, mais au moins à contenir la rapacité aveugle du capitalisme sauvage, il pouvait alors prétendre incarner la réfutation de ce que Marx alléguait contre le libéralisme économique et, en poussant un peu, mais non sans une bonne dose de forfanterie, il en arrivait même à convaincre que «l’exploitation de l’homme par l’homme» était une bonne affaire pour tous. Or depuis la chute du mur et l’effondrement des totalitarismes de l’Est, les digues de la bonne figure libérale ont cédé et c’est maintenant la cataracte néo-libérale qui submerge la terre entière. Ne rencontrant plus de rival idéologique dans le communisme effaré, le capitalisme célèbre sans retenue son triomphe, il se permet tous les excès, s’emballe et n’a plus de frein. D’où la crise actuelle. Le libéralisme économique, n’ayant plus d’ennemi politique par rapport auquel se définir et se légitimer, doit maintenant produire par lui-même sa propre justification. Et comme il refuse toujours de se laisser définir et juger par ses résultats (crise financière, appauvrissement de la classe moyenne, etc.) il lui faut invoquer un certain état de nature que les «utopies» socialistes du siècle passé auraient indûment oblitéré. Ainsi ce qu’il y aurait de nouveau dans le néo-libéralisme ce serait la redécouverte du caractère naturel, et donc inéluctable, de l’économie de marché. De ce point de vue il est bien certain que toute tentative de réglementer le marché ne peut être assimilée qu’à une perversion contre-nature dont l’échec des régimes totalitaires de l’Est nous aurait fourni l’accablante preuve. À l’idéalité des utopies, le néo-libéralisme oppose l’effectivité du marché, comme on aurait naguère opposé au désir de voler la loi de la gravité. Le laisser-faire du néo-libéralisme représente donc le degré zéro du politique, ce qui ne semble pas trop nuire à la croissance économique en Chine où le capitalisme le plus débridé prospère en l’absence d’institutions démocratiques…

Commémorer la chute du mur de Berlin? «Cela signifie, comme le dit Benjamin, s’emparer d’un souvenir, tel qu’il surgit à l’instant du danger» et le danger pour nous est manifeste lorsque des murs surgissent, comme celui en Israël, comme celui entre le Mexique et les USA, manifeste le danger lorsque l’absurde logique financière plonge l’économie mondiale dans la crise, lorsque le climat se dérègle, lorsque les citoyens humilient la démocratie en ne daignant pas l’honorer de leur vote, c’est alors qu’il faut s’emparer du souvenir pour ne pas oublier que les murs tombent aussi et qu’un autre monde est possible.

Bruno Lacroix


[1] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, thèse VI, in Œuvres III, Gallimard, Coll. Folio Essais, Paris, 2000.

 

[2] Nietzsche, Seconde considération intempestive. De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie, Gf-Flammarion, Paris 1988, p. 71.

[3] Ibid., p. 179.

[4] Ibid., p. 73.

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