Archives de Catégorie: Histoire et civilisation

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I would be interested to hear, Davi Det Hompson, 1978, by Davi Det Hompson

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 7

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VIRGINIE SIMONEAU-GILBERT, ÉTUDIANTE EN HISTOIRE ET CIVILISATION, SUR LA ROUTE DE L’AUTODÉTERMINATION DES PEUPLES.

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JOUR 7 : Berlin

Aujourd’hui, notre seul moment de tout le voyage sans rencontres diplomatiques et événements politiques, était une journée entièrement dédiée au tourisme. Quelle belle ville qu’est la ville de Berlin !

berl1Tout d’abord, vers 13h, nous sommes arrivés à la station Alexanderplatz, immense station commune à quatre lignes de métro, véritable fourmilière de la capitale. Nous avons donc profité du soleil et de la chaude température de Berlin pour explorer le centre ville où se trouvent de nombreux musées et bâtiments historiques impressionnants. Sur notre chemin vers le Deutsches Historisches Museum, nous en avons d’ailleurs croisé plusieurs d’entre eux. Premièrement, après avoir quitté l’Alexanderplatz, nous nous sommes arrêtés à la St. Marienkirche, église bâtie autour de 1270 qui devint une église protestante en 1539, dans l’effervescence de la réforme de Martin Luther. Une statue à l’effigie de ce théologien allemand, érigée en 1893, se dresse d’ailleurs sur l’un des côtés de cette jolie église. Deuxièmement, nous avons continué tranquillement notre marche vers l’Île des Musées où nous avons pu apercevoir le Rotes Rathaus, c’est-à-dire le siège du Sénat de Berlin qui constitue l’administration municipale de la ville. Cet impressionnant édifice, qui fut bâti de 1861 à 1869, a été considérablement endommagé par les bombardements alliés durant la Seconde Guerre mondiale. ll s’agit d’un magnifique parlement chargé d’histoire qui trône d’ailleurs fièrement derrière la Neptunbrunnen, grandiose fontaine d’inspiration classique représentant le dieu romain de la mer, Neptune, qui fut bâtie en 1891. C’est en contemplant de si épiques monuments que l’on prend conscience de l’énorme influence de l’architecture gréco-romaine sur l’Allemagne au cours des derniers siècles. La Berliner Dom, la plus grande cathédrale de Berlin, le Schlossbrücke, un pont traversant la rivière de la Sprée, ainsi que le Altes museum, un musée dédié aux arts de l’Antiquité gréco-romaine, que l’on peut tous les trois contempler sur l’Île des Musées, ne font pas exception à la règle. Toutefois, certains détonnent dans cette architecture classique. En effet, c’est notamment le cas du Fernsehturm Berlin, une tour de télévision et d’observation inaugurée en 1969, dont l’architecture futuriste rappelle le contexte historique de la Guerre Froide. C’est également le cas du Marx-Engels Forum, parc dans lequel se trouvent, près des rives de la Sprée, deux statues érigées en l’honneur de Karl Marx et Friedrich Engels, célèbres auteurs du Manifeste du Parti communiste. La richesse de tous ces monuments est très impressionnante à voir. C’est donc ébahis par la diversité architecturale de l’Île des Musées que nous nous sommes dirigés au Deutsches Historisches museum pour 14h. Pour seulement quatre euros (prix étudiant), nous avons pu visiter une exposition GIGANTESQUE sur l’histoire de l’Allemagne du Moyen Âge jusqu’à la Guerre Froide. Nous avons pu y admirer, notamment, des Bibles du Moyen Âge, des écrits originaux de Martin Luther, de grandes oeuvres philosophiques du 18e siècle, de l’équipement militaire datant de la première moitié du 20e siècle ainsi que le Traité de Versailles (1919) en édition originale. L’exposition était tellement riche et immense que, de 14h à 18h, nous n’avons malheureusement pas eu le temps de la visiter au complet. Nous avons, en effet, manqué la partie sur la Guerre Froide, segment pourtant important de l’histoire de l’Allemagne.

Or, nous nous sommes repris, en soirée, en allant visiter une portion du Mur de Berlin situé près de la station de métro Bernauer Straße. Cette fraction, qui fait plus de 1,4 kilomètre de longueur et 3,60 m de hauteur, est restée en grande partie presque intacte et est régulièrement entretenue par les autorités de la ville. De plus, un nombre important de plaques informatives et commémoratives sont présentes sur le site du mémorial en l’honneur des victimes qui ont trouvé la mort en tentant désespérément de passer du côté est (sous l’URSS) au côté ouest (sous les États-Unis, la France et le Royaume-Uni) par divers moyens : escalade du Mur, création de passages souterrains, adoption d’une fausse identité, etc. Ce site, bien construit, permet ainsi aux touristes de comprendre en profondeur les difficultés économique, politique et sociale vécues par l’Allemagne au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Très émouvant, ce musée à ciel ouvert nous a saisi de par une impression de gravité, de terreur, de souffrance et de mort qui s’en dégage.

C’est donc bouleversés que nous avons regagné notre hôtel en soirée, à la fois charmés et décontenancés par cette singulière ville qu’est Berlin.

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Les 95 Thèses de Luther

Plan du JOUR 8 :
Le huitième jour du périple, nous prendrons l’avion à 7h pour nous envoler pour Édimbourg, après un transfert à Londres. L’arrivée dans la capitale de l’Écosse est prévue pour 14h. Une fois installés là-bas, nous effectuerons probablement des rencontres diplomatiques, en plus de nous familiariser avec les lieux en vue du référendum du 18 septembre. Le jour tant attendu arrive à grands pas !

Plus de photos ici

Virginie Simoneau-Gilbert

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Québec / USA

BAnQ, Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Panneaux de signalisation routière Québec et USA.
Conférence et entretien
Série Québec-USA

LA CULTURE QUÉBÉCOISE AMÉRICANISÉE?

LE MARDI
23 SEPTEMBRE À 19 H

À l’Auditorium de la
Grande Bibliothèque

CONFÉRENCIÈRE

Karine Prémont

ANIMATRICE

Manon Globensky

INVITÉS

Claude Corbo et Yvan Lamonde

banq.qc.ca     Facebook.     Tweeter.
INFORMATION ET RÉSERVATION
En collaboration avec UQÀM, diffusé à Canal Savoir, présenté par La Capitale Assurance et services financiers grand partenaire de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 6

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

JOUR 6 : Berlin

Aujourd’hui fut une journée particulièrement excitante, à la fois politique et touristique.

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Tout d’abord, de 12h à 14h, nous avons assisté au colloque international organisé par le groupe MOSECON (Modern Security Consulting Group),  » Yes or no ? The consequences and sociopolitical implications of a referendum on independence  ». De grands médias internationaux tels que CCN, le Los Angeles Times et La Razon ont couvert cet événement dans lequel des représentants des peuples catalan, écossais, québécois et kurde ont livré une allocution d’environ 10 à 12 minutes chacun en compagnie de Yan St-Pierre, organisateur de l’événement et fondateur du MOSECON.
– Jan Eichhorn (représentant écossais) : Directeur de recherche, Université d’Édimbourg
– Birgit Ammann (représentante kurde) : Professeure en sciences politiques, FH Postdam
– Maxime Laporte (représentant québécois) : Avocat et Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
– Marti Estruch Axmacher (représentant catalan) : Officier international de presse au consul de la diplomatie publique de Catalogne
– John MacInnes (représentant écossais) : Expert en identité écossaise et catalane, Université d’Édimbourg

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Cette conférence, particulièrement enrichissante, m’a permis d’en apprendre davantage sur la situation politique, économique et sociale des peuples catalan, écossais et kurde. Très pertinent à la veille du référendum écossais, ce colloque m’a également permis d’effectuer plusieurs liens entre ces quatre nations aspirant à leur autodétermination. De plus, après la conférence, nous avons pris le temps de manger et de discuter avec les différents représentants pour en apprendre davantage sur leur combat anticolonialiste. J’ai d’ailleurs été très surprise d’apprendre que ces communautés voient le Québec comme une grande source d’inspiration et ce, malgré nos deux défaites référendaires. Pour eux, la nation québécoise a utilisé, au cours de son histoire, une démarche politique tout à fait légitime, démocratique et pacifique qu’est le référendum, véritable modèle international pour les peuples aspirant à leur autodétermination. Ce fut, bref, une expérience très agréable, surprenante et enrichissante pour nous tous !

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Par la suite, nous avons profité de la présence de Yan St-Pierre, organisateur du colloque et fondateur du groupe MOSECON, pour découvrir un peu Berlin. En effet, Yan est un Québécois établi en Europe depuis de nombreuses années qui parle couramment allemand.

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Il nous a donc guidé dans le métro jusqu’à la station à proximité de la Porte de Brandebourg et du palais du Reichstag. Après avoir savouré une succulente crème glacée Häagen-Dazs, nous nous sommes dirigés vers ces deux monuments chargés d’histoire.

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Construite de 1788 à 1791, la porte de Brandebourg, faisant partie du Mur de Berlin, symbolisa, pendant longtemps, la séparation de la ville entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Le palais du Reichstag, pour sa part, fut construit en 1884 et abrita l’Assemblée du Reich de 1894 à 1933 (date à laquelle il fut incendié sous la montée du nazisme), puis de 1999 à aujourd’hui. Sur notre route du métro S+U Potsdamer Platz (Bln) jusqu’à ces deux édifices, nous avons croisé quelques pans du Mur de Berlin qui ont été, depuis le 9 novembre 1989 (date de la chute du célèbre mur), décorés de nombreux graffitis … et chewing-gums.

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De plus, quelle ne fut pas notre surprise en y apercevant un manifestant soviétique qui se faisait un plaisir de prendre photos et vidéos avec les curieux de la place ! Arborant uniforme militaire et drapeau de l’URSS, celui-ci nous a rendu, de toute évidence, très mal à l’aise … En tout cas …

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Après avoir pris nombreuses photos avec ces quelques morceaux du mur, nous avons également croisé trois monuments en l’honneur de deux communautés persécutées durant la Seconde Guerre mondiale : un en l’honneur des homosexuels, situé au coeur du Großer Tiergarten, immense espace vert de la capitale allemande, et deux en l’honneur des Juifs, l’un situé également dans le Großer Tiergarten et l’autre, sur le boulevard Ebertstraße.

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Oeuvres commémoratives puissantes et émouvantes, il en émane un profond sentiment de honte et de culpabilité face aux atrocités subies par ces deux groupes minoritaires lors du régime nazi. Saisis par la tristesse se dégageant de ces monuments, nous avons continué notre chemin vers la porte de Brandebourg

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et le palais du Reichstag où nous avons été particulièrement impressionnés par la grandeur et la finesse de l’architecture néoclassique de ces deux édifices magnifiques.

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Projetant une élégance et une splendeur indéniables, ces deux symboles forts de Berlin nous ont tout simplement charmés.

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Finalement, nous avons terminé la soirée au restaurant traditionnel Max und Moritz, en compagnie de Yan St-Pierre et de plusieurs sympathiques Allemands ayant précédemment assisté au colloque international, afin d’y déguster bières et mets typiques. J’ai d’ailleurs pu goûter à l’originale Berliner Kindl, une excellente bière blonde berlinoise. J’avais, de ce fait, goûté à un dérivé de la Berliner Kindl la veille, la Berliner Kindl Weisse, une bière très légère aux fruits se buvant à l’aide d’une paille. L’originale est tout aussi succulente.

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C’est donc la panse satisfaite que nous avons regagné notre hôtel en fin de soirée pour y trouver du repos, la tête remplie d’agréables souvenirs.

Plan du JOUR 7 :
Demain, nous avons l’intention d’effectuer la visite de plusieurs musées d’histoire, situés à l’Île des Musées, ainsi que le célèbre musée à ciel ouvert du Mur de Berlin où nous pouvons admirer un pan considérable du fameux mur. Nous nous promènerons également dans Berlin afin de déguster cafés européens, dont la qualité surpasse largement celle des cafés américains. Peut-être, pour clore notre séjour à Berlin, irons-nous reprendre une bière en soirée en compagnie de Yan.

Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3

Virginie Simoneau-Gilbert

 

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La tombe monumentale d’Amphipolis

Tombe géante de Grèce : le point sur les fouilles

La tombe monumentale d’Amphipolis, qui abrite sans doute un proche d’Alexandre le Grand, est en train d’être fouillée depuis l’été. Les archéologues viennent de franchir un second mur, gardé par deux statues. Que peut-il y avoir derrière ? 

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Un dossier complet préparé par Le Monde

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 5

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

JOUR 5 : Berlin

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Après avoir passé trois jours dans une ville magnifique, dynamique et chaleureuse, nous nous sommes envolés à 9h50 pour Berlin où nous sommes arrivés vers midi. Après avoir récupéré bagages et passes de transport en commun pour trois jours, nous avons pris l’autobus et le métro jusqu’à notre hôtel, l’Hotel Moa, situé dans le nord de la ville, près de la station de métro Birkenstraße (Berlin U-Bahn). Dès nos premiers pas en dehors de l’aéroport, nous avons été très saisis par le choc culturel. En effet, ne possédant que très peu de connaissances de l’allemand, nous avons ressenti, pour la première fois depuis notre départ, un profond sentiment de dépaysement devant l’affichage unilingue des transports en commun.

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Par la suite, après s’être reposés un peu au cours de l’après-midi, nous sommes sortis, en soirée, autour de notre hôtel pour explorer les environs. Nous avons, entre autres, mangé à un restaurant turc (puisque Berlin possède une population turque assez importante) et pris une bière allemande à un petit bistro nommé l’Arema Cafe und Restaurant, endroit sympathique situé à deux pas de notre hôtel. Attablée à la terrasse du bistro, j’ai pu y déguster une Berliner Kindl Weisse à la lime, bière très légère de couleur verte se buvant à la paille dont l’originale ressemble davantage à une bière blonde au goût plus fort (voir photo : https://histoireetcivilisation.com/wp-content/uploads/2014/09/9c7ba-berlinerkindlweisse.jpg).
Finalement, après cette courte immersion dans le nord de Berlin, nous avons regagné notre hôtel, très étonnés devant cette découverte culturelle.

Plan du JOUR 6 :
Demain, nous assisterons, de midi à 14h, à l’Hotel Moa (où nous sommes), à la conférence  » YES or NO ? The Consequences and Sociopolitical Implications of a Referendum on Independence  » organisée par le MOSECON, Modern Security Consulting Group, où Maxime Laporte livrera une allocution en tant que représentant du Québec. De nombreux médias internationaux, ministres et ambassadeurs y seront présents. Nous irons également souper avec Yan St-Pierre, un Québécois travaillant pour le MOSECON qui, nous l’espérons, nous fera découvrir davantage la gastronomie allemande.

Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84

Virginie Simoneau-Gilbert

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 4

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Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

JOUR 4 : Barcelone

Aujourd’hui était, tout comme hier, une journée dédiée à la fois au tourisme et aux rencontres diplomatiques. Quelle expérience enrichissante !

Tout d’abord, nous nous sommes dirigés pour 14h à la Sagrada Familia conçue par l’architecte Antoni Gaudi, l’une des premières figures du rayonnement international de la culture catalane. Cette basilique mineure est tout simplement ÉPOUSTOUFLANTE. Amorcée en 1882, sa construction est toutefois, à ce jour, inachevée, car cette oeuvre magistrale fut considérablement endommagée au cours de la Guerre civile espagnole (1936-1939). Premièrement, nous avons pu admirer la Façade de la Nativité, représentant la naissance et l’enfance de Jésus, située du côté est de l’église, là où le soleil se lève. Extrêmement riche et détaillée, cette façade laisse les nombreux visiteurs sans voix et ce, dès leur entrée sur le site.

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Tous sont sur le parvis, têtes levées, à contempler avec admiration ce chef-d’oeuvre d’architecture qui ne laisse personne indifférent. Deuxièmement, nous sommes entrés, déjà impressionnés, à l’intérieur de la basilique, où nous avons été profondément saisis d’une violente émotion.

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Que l’on soit croyant ou athée, la Sagrada Familia ne laisse personne indifférent de par sa magnificence et sa finesse dans le détail. Il en émane une grande sérénité, une sorte de force tranquille. Chaque élément architectural est chargé d’une symbolique chrétienne : La Façade de la Nativité, située à l’est (où le soleil se lève) dont la richesse et le dynamisme rappelle la naissance du Christ, les quatre colonnes centrales à l’effigie des évangélistes (Matthieu, Marc, Luc et Jean) en forme d’arbres symbolisant la vie et la Création, la Façade de la Passion, située à l’ouest (où le soleil se couche) dont l’utilisation des matériaux rappelle des ossements symbolisant la souffrance et la mort du Christ, etc.

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On sent, dans ce lieu de prière grandiose, la grande foi chrétienne et l’immense amour de la nature de l’architecte Antoni Gaudi, dont la tombe repose d’ailleurs au sous-sol de la Sagrada Familia, qui l’ont inspiré tout au long de la conception de cette église magnifique. Après avoir contemplé également la Façade de la Passion, nous sommes montés, à 16h45, dans les tours du même nom, qui offrent une vue d’ensemble fabuleuse de la ville de Barcelone et de la Sagrada Familia.

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Avis aux gens ayant le vertige : ne pas visiter ces tours, car elles font respectivement 112 et 107 mètres de hauteur ! Finalement, complètement ébahis par cet incroyable panorama de Barcelone, nous sommes descendus par un long et vertigineux escalier en colimaçon pour nous diriger vers le Museo Picasso.

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Par la suite, nous sommes arrivés, vers 17h30, au Museo Picasso, près du métro Jaume 1, pour y contempler la collection permanente des oeuvres du peintre espagnol cubiste Pablo Picasso, qui a d’ailleurs effectué une partie de ses études dans la ville de Barcelone où il fréquentait le café Els Quatre Gats.

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Ce musée en l’honneur de cet artiste majeur du 20e siècle ayant grandement été influencé par le modernisme catalan possède un nombre important de toiles réalisées par celui-ci. Des tableaux des différentes époques de son oeuvre y sont présents : ses sages débuts, sa période bleue, sa période rose, son plongeon dans le cubisme, puis dans le surréalisme ainsi que son étude du tableau « La Méninas » de Vélasquez que nous avons d’ailleurs analysé dans le cours de Bruno « De la modernité à l’hypermodernité ».

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Cette visite fut une expérience unique où se mêle à la fois incompréhension, fascination et admiration à la vue des toiles de Picasso. Cette oeuvre singulière, étonnante, provocatrice et audacieuse a de quoi capter les visiteurs qui affluent en grand nombre au musée chaque jour. Heureusement, malgré l’interdiction de prendre des photos, cette immersion dans l’univers artistique de Pablo Picasso restera longtemps gravée dans ma mémoire de par son caractère unique avant-gardiste.

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Puis, à 19h15, nous nous sommes assis à une table du Café Sabor où nous devions rencontrer Enric Stern Taulats, militant du parti politique Candidature d’Unité Populaire (CUP) et, à nouveau, Miquel Villa, représentant du Sindicat d’Estudiants dels Països Catalans. De 19h15 à 21h, assis autour d’une sangria (encore!) et d’une gaspacho (un mets typique de l’Espagne qui consiste en une soupe froide servie très souvent avec de l’huile d’olive et de petits craquelins), nous nous sommes entretenus avec ces deux militants sur la situation politique du Québec et de la Catalogne en mettant en lumière les liens historique, politique et social de nos deux nations en lutte. Afin de bâtir des relations internationales fortes, nous les avons d’ailleurs invités à venir rencontrer le mouvement indépendantiste québécois à Montréal.

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Malheureusement, nous n’avons pas pu rencontrer de représentants de l’Assemblée nationale catalane, car ceux-ci étaient particulièrement occupés ces derniers jours avec l’organisation de la grande manifestation du 11 septembre ainsi que la réponse aux médias internationaux à effectuer à la suite de ce rassemblement sensationnel. Toutefois, nous sommes très satisfaits des rencontres politiques que nous avons effectuées au cours des derniers jours. En effet, nous avons fait la connaissance de gens aimables, cultivés, intelligents et ouverts sur le monde avec lesquels nous resterons en contact. Ces diverses rencontres sont une expérience particulièrement enrichissante !

Finalement, après le souper avec ces militants catalans, nous sommes allés faire un tour à la Playa Barceloneta, où nous avons fait une baignade dans l’eau chaude de la Méditerranée. La plage, assez calme à cette heure, nous a permis de nous détendre un brin après cette journée chargée. Le doux son des vagues et le sable fin entre nos orteils nous a fait le plus grand bien !

Puis, nous avons regagné notre hôtel avec, encore une fois, un profond sentiment, à la fois, de satisfaction et de fatigue après ce séjour à Barcelone, ville magnifique, dynamique, cosmopolite, animée et chaleureuse.

Impressions de Barcelone : Barcelone est une ville où il fait bon vivre, magnifique, accueillante, chaleureuse, dynamique, animée, aux gens adorables et à la température chaude et ensoleillée. Nous avons particulièrement apprécié notre court séjour de trois jours dans cette ville chargée d’histoire, riche, vivante, étonnante. Notre seul regret est de ne pas avoir pu y rester plus longtemps afin d’explorer plus en profondeur cette merveilleuse métropole. Chose certaine, nous voulons y retourner encore et encore !

Vous trouverez, en cliquant sur les liens ci-dessous (dont un vidéo), davantage d’informations concernant la mission diplomatique de la délégation québécoise dans le cadre de la gigantesque manifestation en V du 11 septembre dernier :

– http://ssjb.com/manifestation-historique-a-barcelone-pour-lindependance-de-la-catalogne-maxime-laporte-et-des-militants-quebecois-au-coeur-de-laction/
– http://ssjb.com/mission-citoyenne-en-ecosse-et-en-catalogne-lever-le-vent-une-vague-despoir-pour-la-liberte-des-peuples-annexes/
– https://www.youtube.com/watch?v=Im86uCQQFL0

Demain : direction Berlin !

Plan du JOUR 5 :
Demain, nous nous envolerons à 9h50 vers Berlin où nous arriverons sur l’heure du dîner. Nous prendrons, bien entendu, un peu de repos en vue du colloque international du 15 septembre sur les nations aspirant à leur autodétermination où les peuples québécois, catalan, écossais et kurde seront représentés. Peut-être effectuerons-nous des rencontres diplomatiques et quelques visites de la capitale de l’Allemagne.

Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3

Virginie Simoneau-Gilbert

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Qui ne risque rien n’a rien

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L’Écosse et le principe de précaution: avantage aux forces du Non

«La solidarité nous avait presque rendus risquophiles; nous voilà redevenus risquophobes», écrit François Ewald

Simon Couillard – Enseignant en philosophie au cégep de Victoriaville et doctorant en études québécoises, UQTR Le Devoir de philo, Le Devoir, 13/09/14

Le 18 septembre, les Écossais se prononceront sur l’indépendance de leur pays. La campagne référendaire aura duré presque quatre mois, durant lesquels les appuis au Oui auront augmenté de manière constante jusqu’à la quasi-égalité avec le Non, qui, au moment d’écrire ces lignes, domine légèrement dans les sondages. Un scénario qui, sur une durée plus longue, ressemble beaucoup à la campagne référendaire québécoise de 1995. Selon nous, les forces du Non disposent d’un avantage, de manière générale, depuis la fin du XXe siècle, lors de telles consultations. Pour mieux l’illustrer, nous suggérons de revenir à l’analyse du philosophe François Ewald, né en 1946, qui fut jadis l’assistant de Michel Foucault, au sujet du principe de précaution.

Selon Ewald, notre époque verrait le retour du « malin génie », celui-là même que la modernité avait cru conjurer. Le doute se serait réintroduit dans la pensée occidentale. La science, sur laquelle reposaient nos espoirs de progrès et de liberté, n’obtiendrait plus, de façon nécessaire, l’adhésion raisonnée des citoyens en général et des gestionnaires qui élaborent les politiques sociales, économiques, environnementales, etc. Dans les mots du philosophe, ce sont « les conditions ontologiques et épistémologiques » qui ont présidé à la façon moderne d’envisager les choses qui ont changé : depuis la fin du XXe siècle, la logique scientifique de la prévention aurait cédé le pas à une logique de la précaution.

Le principe de précaution, en tant que principe politique, a été formulé une première fois en 1992 dans le cadre de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement : « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. » Depuis le Sommet de la Terre, on trouve cette règle au fondement de plusieurs textes de loi. Pour Ewald, qui a eu maille à partir avec certains environnementalistes, une mise en garde s’impose à son sujet : « Le champ de sa juridiction se limite en principe au domaine de l’environnement. Mais, il ne faut pas s’y tromper, dans la mesure où il s’agit d’un principe visant à instruire un certain type de prise de décision en situation d’incertitude, sa validité ne manquera pas de s’exporter hors de sa région d’origine. » Quelles sont les conséquences de cette logique nouvelle de l’action pour le domaine politique et comment en sommes-nous arrivés là ? Quel est le lien avec le référendum écossais ? Pour répondre à ces questions, il est utile dans un premier temps de reprendre l’enquête d’Ewald, qui analyse l’évolution de notre rapport au risque depuis le XIXe siècle.

Notion de responsabilité

À partir du milieu du XIXe siècle, les bourgeoisies nationales triomphent en Occident. Leur credo est celui du libéralisme politique et philosophique : chacun est responsable de lui-même. Pour Adolphe Thiers, futur président de la République française (1871-1873), que cite Ewald, « le principe fondamental de toute société […] est que chaque homme est chargé de pourvoir lui-même à ses besoins et à ceux de sa famille, par ses ressources acquises ou transmises ». Dans la société du XIXe siècle, selon Ewald, la prévoyance et la prudence sont des vertus cardinales : le malheur peut se produire, on doit en être conscient, mais il faut faire face de sa propre initiative. L’homme est sans excuse. L’action collective et la concertation ne sont pas exclues et relèvent en définitive de l’initiative individuelle, conformément à une certaine sagesse des affaires humaines. Ewald souligne que, dans le monde de la prévoyance, la notion de responsabilité est limitée, si on y compare son usage actuel en droit et en politique : « Comme en témoigne la jurisprudence de l’article 1382 du Code civil, la référence à la diligence du bon père de famille ou à certains standards de conduite professionnelle, on ne peut être tenu pour responsable qu’en fonction d’un certain savoir disponible, variable selon les activités. » Cette conception de la responsabilité changera radicalement au cours du siècle suivant.

Pour Ewald, le dispositif de responsabilité a été remplacé par un dispositif de solidarité au XXe siècle : « La grande question, dans l’ensemble des sociétés industrielles, fut celle des accidents du travail et des retraites. » La notion de « risque », nous rappelle le philosophe, fait son entrée dans le droit français avec la loi du 9 avril 1898 sur les accidents de travail : « Tout travail a ses risques ; les accidents sont la triste mais inévitable conséquence du travail même. » La faute devient un facteur de risque ; l’accident, une probabilité et une statistique. C’est le regard sur le monde qui s’est modifié : l’action n’est plus considérée dans ses dimensions morale et cosmologique. On l’envisage désormais dans le cadre d’une réalité sociale préjudiciable. Ainsi, la société est conçue « non pas comme agrégation d’individus qui se seraient liés entre eux en fonction de leur intérêt personnel, mais comme totalité, le bien et le mal de chacun dépendant de ceux de chaque autre ». Les dommages, les risques et les indemnités sont socialisés. On recourt aux experts pour en rationaliser la gestion, pour se prémunir et prévoir : assurance maladie, assurance automobile, assurance-emploi, pensions de vieillesse et d’invalidité, etc.

La catastrophe

La notion de précaution serait apparue plus récemment, dans un contexte bouleversé, indique Ewald : « Les XIXe et XXe siècles avaient été obsédés par le problème des accidents, on redécouvre la présence de la catastrophe, mais avec ceci que ces catastrophes ne renvoient plus, comme auparavant, à Dieu et à sa Providence, mais à des responsabilités humaines. » La catastrophe, un risque qu’on ne saurait prévoir, impose l’hypothèse d’une incertitude fondamentale dans la relation de causalité entre une action et ses effets. Un geste peut avoir des conséquences irréversibles et imprévues sur l’environnement, la faune, la société humaine, etc., des conséquences qui sont irréductibles à toute perspective d’indemnisation. Il importe dès lors d’appliquer un principe de précaution, de pratiquer un développement durable qui permet d’éviter l’irréparable. Ewald souligne ainsi le caractère « contre-révolutionnaire » du principe de précaution, comme « il a prétention à limiter l’innovation dans un cadre de progrès sans rupture ». Le principe exigerait de plus l’exercice du doute, sur le mode cartésien : « Je dois, par précaution, imaginer le pire possible, la conséquence qu’un malin génie infiniment trompeur aurait pu glisser dans les plis d’une entreprise en apparence innocente. » Cet impératif d’imaginer le pire par-delà la probabilité et la statistique permet de revenir à notre propos initial sur l’avantage des forces du Non dans le débat actuel sur l’indépendance de l’Écosse.

Le Québec, le confort et l’indifférence

Appliqué au contexte d’un référendum sur l’indépendance, on trouve sans doute une première formulation du principe de précaution dans l’excellent documentaire de Denys Arcand, Le confort et l’indifférence, datant du début des années 1980. Devant la caméra, Michelle Tisseyre, l’ancienne journaliste et animatrice à Radio-Canada, soutenait ce qu’on pourrait qualifier de pari pascalien inversé : « Moi, je peux me tromper. Bien sûr, je peux me tromper. Eux, en pensant que l’indépendance est la réponse pour le Québec, peuvent se tromper. Ça peut s’avérer un désastre […]. Par exemple, je ne suis pas du tout persuadée que le Canada laisserait un Québec étranger profiter de la valeur de sa monnaie […]. Donc on pourrait très bien avoir une monnaie québécoise […]. Si eux se trompent, il faudrait se serrer la ceinture, il y aurait beaucoup de pots cassés et ce serait, comme toujours, la masse de la population qui souffrirait. Si, moi, je me trompe, le pire qui puisse arriver, c’est que nous restions dans le statu quo. Or, moi, je trouve que le Québec n’a jamais aussi bien vécu. »

La campagne de Better Together, pour le Non en Écosse, s’appuie largement sur l’idée du désastre potentiel : qu’arrivera-t-il à nos emplois ? Qu’arrivera-t-il au sujet de l’accès aux universités britanniques ? Qu’arrivera-t-il des pensions militaires qui sont payées par le gouvernement britannique aux anciens soldats écossais ? Alistair Darling, chef de la campagne du Non, revient de façon constante sur l’idée d’une union monétaire éventuelle entre l’Écosse et le reste du Royaume-Uni, une idée défendue par les indépendantistes. À l’émission Scotland Tonight en janvier dernier, face à une animatrice coriace qui évoquait l’intérêt commun des entreprises écossaises et britanniques et un récent sondage dans lequel 71 % des Britanniques affirmaient soutenir une telle union dans le cas d’une victoire du Oui, il affirmait la chose suivante : « Vous ne pouvez pas présumer que le reste du Royaume-Uni suivrait la ligne tracée par Alex Salmond. On ne peut pas garantir cela, pas plus qu’on pourrait garantir que les Britanniques accepteraient un arrangement similaire avec la zone euro […]. Mais vous pouvez présumer que les choses ne vont pas toujours dans la direction où vous le pensez. »

Ainsi formulé, le principe de précaution semble d’une grande solidité sur le plan logique. Ewald dirait qu’il tire surtout son efficacité du sentiment de peur qui s’est emparé de nos sociétés modernes. « La solidarité nous avait presque rendus risquophiles ; nous voilà redevenus risquophobes », écrit-il. L’avantage est donc du côté de l’abstention, du « non, merci ». Cependant, si la précaution et son corollaire, la sûreté, sont des attitudes responsables devant le risque, le danger pour Ewald est qu’elles nous conduisent à l’inaction, anéantissant la disposition à innover et à entreprendre. Il n’y a donc pas de réponse simple au problème de la décision dans un contexte d’incertitude. Mais si les Québécois peuvent témoigner d’une chose, à l’usage des Écossais, c’est qu’une fois engagé dans le processus référendaire, le choix du statu quo est une illusion.

BLx

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 3

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

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JOUR 3 : Barcelone

Aujourd’hui était une journée particulièrement chargée ! En effet, plongés, à la fois, dans le tourisme et les rencontres diplomatiques, nous avons regagné notre hôtel, au soir, dans une grande satisfaction … et fatigue, bien entendu.

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Tout d’abord, en début d’après-midi, nous nous sommes dirigés vers le Park Güell, célèbre espace vert conçu par Antoni Gaudi, architecte ayant également dessiné la célèbre Sagrada Familia, fameuse cathédrale qui trône fièrement au coeur de Barcelone. Ce parc, situé en hauteur par rapport au reste de la ville, offre une magnifique vue panoramique de Barcelone.

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Ses nombreux palmiers et petits sentiers rendent à cet espace vert un charme incontestable. Familles, groupes de musique espagnole et vendeurs de souvenirs participent d’ailleurs à une ambiance chaleureuse et dynamique. Ayant toutefois peu de temps et voulant voir le plus d’attraits touristiques possible de Barcelone, nous avons quitté le parc peu de temps après notre arrivée pour nous diriger vers la Place de la Catalogne.

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Une fois arrivés près de la Place de la Catalogne, nous avons pu prendre un dîner constitué de churros, languettes de pâte sucrées salées, trempées dans du chocolat. Il s’agit d’une spécialité culinaire de l’Espagne particulièrement populaire dans ce pays … et c’est compréhensible, car c’est effectivement très bon. Les papilles gustatives satisfaites, nous avons poursuivi notre route vers la Place de la Catalogne où trônent fièrement fontaines et statues. Il s’agit d’un espace magnifique facilement accessible par transports en commun (via le métro Catalunya) dont émane une impression de grandeur.

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Par la suite, nous avons déambulé dans les rues à proximité de la Plaça de Ramon Berenguer el Gran, ancien comte de Barcelone dès 1082, car nous avions, à proximité, une rencontre prévue pour 17h.

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En effet, à la terrasse d’un café, nous avons rencontré Jordi Solé, député du parti politique Esquerra Republicana, maire de la municipalité d’Alcalde de Caldes de Montbui et vice-secrétaire général des relations institutionnelles et internationales de l’ERC (http://www.jordi-sole.cat/). Nous avons discuté, en français (car Jordi Solé possède une excellente maîtrise de cette langue), pendant une heure, des situations politiques du Québec et de la Catalogne en cherchant, notamment, des parallèles entre nos nations respectives.

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Cette expérience enrichissante nous a permis d’en apprendre davantage sur l’oppression que vit la Catalogne depuis 1714 dans son état d’assujettissement à Madrid. La tête bouillonnant d’idées, nous avons ainsi dit au revoir à M. Solé à 18h pour nous diriger vers la place de l’Espagne.

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La place de l’Espagne, située près du métro Espanya, est un espace particulièrement impressionnant. En effet, deux gigantesques tours et une immense fontaine y trônent, exemples puissants de l’agressivité colonialiste de Madrid face à la Catalogne. Dernièrement, Madrid a d’ailleurs déclaré illégal le référendum (un exercice politique pourtant légitime) catalan, refusant ainsi toute ouverture envers la Catalogne et allant à l’encontre de la démocratie en Occident. Bref, très impressionnés par cette démonstration de force, nous nous sommes dirigés, pour 20h, à la Terra d’escudella, pour de nouvelles rencontres diplomatiques.

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La Terra d’escudella, un restaurant-bar indépendantiste typiquement catalan, est une place tout simplement géniale ! Fréquenté par certains leaders nationalistes catalans, l’endroit contient bon nombre d’affiches indépendantistes, communistes et écologistes, qui donnent à l’emplacement un charme certain. Bondé de monde et ce, même à 11h du soir, le restaurant donne lieu à de nombreuses discutions enflammées au sujet de la Catalogne aspirant à son autodétermination. Une vraie baraque de révolutionnaires ! C’est d’ailleurs à la Terra d’escudella que nous avons rencontré Anna Arqué, coordonnatrice du réseau Xarxa Referèndum 9N et son ami Joan, un historien catalan.

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De 20h à 23h, nous avons discuté non seulement des situations socio-politiques actuelles du Québec et la Catalogne, mais également de nos histoires et cultures respectives dans une ambiance particulièrement amicale. Nos camarades indépendantistes nous ont d’ailleurs aidés à lire le menu, écrit en catalan, et nous ont fait goûter à une liqueur typiquement catalane, dont le goût très puissant s’apparente à celui du sirop extra fort contre la toux (et ce n’est pas une blague). Ce souper avec ces gens extrêmement gentils, intelligents et cultivés, restera longtemps gravée dans notre mémoire. Nous les avons d’ailleurs invités à venir au Québec afin d’y observer le mouvement indépendantiste québécois. Il s’agissait de la rencontre politique la plus dynamique que nous avons jusqu’à présent effectuée. Deux personnes incroyables !

C’est donc épuisés mais satisfaits que nous avons regagné notre hôtel en fin de soirée, enrichis par ce souper merveilleux.

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Plan du JOUR 4 :
Au cours du jour 4, nous comptons visiter la Sagrada Familia, célèbre cathédrale conçue par l’architecte Antoni Gaudi, ainsi que le Musée Picasso, qui contient bon nombre de toiles du fameux peintre Pablo Picasso. Puis, nous irons, en fin de soirée, se promener sur la plage, attrait touristique important de Barcelone.

Virginie Simoneau-Gilbert

 

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 2

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

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JOUR 2 : Barcelone

Wow … Que dire de ce jour grandiose … Aujourd’hui était une journée tout simplement SENSATIONNELLE. Encore imprégnée de l’immense ferveur nationaliste de la grande manifestation « Ara és l’hora », je peine à ressembler mes pensées qui se succèdent à un rythme effréné.

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Tout d’abord, après un peu de repos, nous nous sommes dirigés, vers 13h, à l’Arc de Triomf où se balance fièrement au vent le drapeau catalan en ce moment historique de grands rêves et projets pour la Catalogne. Des milliers de personnes avaient déjà envahi la place et ce, près de quatre heures avant la grande manifestation, afin de se procurer, aux nombreux kiosques, macarons, t-shirts, colliers, bracelets et autres souvenirs à l’effigie du drapeau catalan. Sous le soleil radieux de Barcelone et une température avoisinant les 30 degrés, nous avons ainsi acheté nos t-shirts officiels, de couleur rouge, de la manifestation ainsi que plusieurs macarons du « SiSi ».

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Par la suite, à l’intersection des rues Passeig de Lluis Compagnys et Carrer de Tralfagar, nous avons assisté, dès 14h, au défilé des motos. Ces assourdissants bolides, affichant drapeaux catalans et exprimant bruyamment leur sentiment nationaliste avec bon nombre de klaxonnements et vrombissements, ont paradé pendant plusieurs minutes autour de l’Arc de Triomf en guise de préambule au grand rassemblement de 17h14. Fier, ce cortège tonitruant était tout simplement magnifique à voir. Une excitation grandissante régnait dans la foule qui attendait la grande manifestation avec impatience. Tous, jeunes et moins jeunes, étaient présents pour assister à cette assourdissante parade dans la joie et la fête. C’était vivant, animé, réjouissant, chaleureux.

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Finalement, le moment tant attendu est arrivé. Vers 16h, nous avons pris place au sein de la « tram 64 » de la grande manifestation en forme de « V » symbolisant la victoire espérée du camp du oui et incitant les électeurs à aller voter le 9 novembre prochain. Dans cette section du rassemblement, nous avons déployé un géant du drapeau du Québec dont les dimensions sont de 8 X 12 pieds. Nous avons également affiché une banderole sur laquelle est inscrite « Le Québec està amb volsatres » (« Le Québec est avec vous » en catalan) afin de donner un maximum de visibilité au Québec dans cet événement à grand déploiement.

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Peu de temps avant 17h14, les indépendantistes, venus en grand nombre, ont formé des rangées de quatre personnes par couleur de t-shirt (c’est-à-dire jaune et rouge) afin de représenter, dans une vue d’ensemble de la manifestation, les franges du drapeau catalan. Des bénévoles sur place et des panneaux indiquant les numéros des rangées aidaient d’ailleurs à placer les gens dans cette organisation importante et complexe. Une ambiance particulièrement festive était omniprésente. Ballons, pyramides humaines, musique et confettis participaient, de ce fait, à cette atmosphère de réjouissance. Aînés, familles et enfants, tous étaient de la partie afin d’exprimer leur amour incommensurable pour leur pays en devenir, la Catalogne. L’assemblée nationale catalane, devant cette masse colossale, a d’ailleurs estimé la foule à 1,8 MILLION DE PERSONNES ! Une profonde impression de grandeur et de splendeur émanait de cette foule grandiose aspirant à sa liberté et son indépendance. C’est avec admiration envers la Catalogne que j’ai ainsi participé à ce magnifique rassemblement. Ce gigantesque événement est ainsi un excellent modèle de maifestation pacifique et démocratique pour le mouvement indépendantiste québécois qui peine présentement à mobiliser la population. Devant ce fort sentiment nationaliste affiché et assumé, le Québec ne peut que s’inspirer positivement de cette puissante vague de liberté qui balaie présentement la Catalogne. C’est d’ailleurs en aspirant à un mouvement indépendantiste aussi éclatant que celui des Catalans que les rêves des leaders nationalistes du Québec, tels que le Chevalier de Lorimier, leader important de la Rébellion des Patriotes (1837-1838), seront réalisés : « Malgré tant d’infortune, mon cœur entretient encore du courage et des espérances pour l’avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l’assurent. », écrivait-il dans son testament en 1839.

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Bref, cette manifestation était tout simplement SENSATIONNELLE. Jamais de ma vie je n’ai pris part à un rassemblement aussi impressionnant. C’était festif, réjouissant, chaleureux, familial, rassembleur, grandiose, sublime, extraordinaire, incomparable. C’était beau.
C’est donc la tête remplie de magnifiques souvenirs que nous avons regagné notre hôtel en fin d’après-midi.

Déroulement du JOUR 3 :
Durant la troisième journée, le 12 septembre, nous allons effectuer d’autres rencontres politiques avec des représentants du Sindicat d’Estudiants dels Països Catalans (SEPC) à 12h ainsi qu’avec Anna Arque du réseau référendum 9N à 18h. Nous travaillons également présentement à obtenir une rencontre avec l’Assemblée nationale catalane dans les prochains jours.

Aperçu vidéo de l’ambiance de la grande manifestation :
https://www.facebook.com/video.php?v=10205225368379568

Lien vers l’album photo :
https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3

Articles et photos à propos de la mission à Barcelone :
http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/09/11/manifestation-a-barcelone-des-quebecois-parmi-la-foret-de-drapeaux-catalans_n_5807404.html
http://ssjb.com/la-societe-saint-jean-baptiste-a-barcelone/
http://ssjb.com/selon-lanc-le-troisieme-referendum-quebecois-sera-gagnant/

Virginie Simoneau-Gilbert

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 1

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

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JOUR 1 : Paris et Barcelone

– Paris :

Après un départ de Montréal dans une grande fébrilité, nous sommes arrivés pour une escale de presque sept heures à Paris à 8h21 du matin, heure de l’Europe. Puisque nous embarquions pour le vol vers Barcelone seulement à 14h55, nous avons donc décidé de prendre un bain, très court, certes, de la ville lumière et ce, malgré le manque de sommeil important dont nous souffrions.
Tout d’abord, après avoir passé les douanes, nous nous sommes dirigés, avec le train RER, dont une ligne assure le transport entre l’aéroport Charles-de-Gaulle et l’île de la Cité, vers les Champs-de-Mars, devant lesquels trône fièrement la Tour Eiffel. Les Champs-de-Mars, lieu important de la Révolution française où se tinrent de nombreux rassemblements républicains (dont celui, tristement célèbre, du 17 juillet 1791, dans lequel 50 personnes trouvèrent la mort), sont aujourd’hui un immense espace vert de Paris où se déroulent, chaque année, bon nombre d’activités.
Par la suite, après cette courte promenade au pied de la Tour Eiffel, nous nous sommes dirigés vers le Café de Flore, sur le boulevard Saint-Germain, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, pour y dîner. Célèbre pour y avoir été fréquenté par de grands intellectuels du 20e siècle, le Café de Flore a notamment servi café et viennoiseries à Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, André Breton, Eugène Ionesco, Boris Vian, Emil Cioran, et tant d’autres. Certains d’entre eux, tels que Camus et Sartre, se sont d’ailleurs intéressés à la question des peuples aspirant à leur autodétermination (et, en particulier, à l’époque, le peuple algérien, qui se trouvait alors en pleine guerre d’indépendance).

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Finalement, après avoir savouré de succulentes pâtisseries et siroté un bon café, nous nous sommes dirigés vers la cathédrale Notre-Dame de Paris, située sur l’Île de la Cité. Lieu mythique de la ville lumière, la grandiose Notre-Dame a su inspirer, au fil des époques, de nombreux auteurs, dont nul autre que le père du romantisme, Victor Hugo, avec son célèbre roman du même nom publié en 1831.

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Toutefois, malgré le peu de temps passé à Paris, ces quelques heures ont été particulièrement marquantes. En effet, marcher dans ces lieux remplis d’histoire et empreints d’une profonde tradition républicaine fut, certes, un moment très émouvant qui restera, le plus longtemps possible (nous l’espérons), gravé dans notre mémoire. Assurément, Paris la magnifique saura nous inspirer pour la suite de notre voyage à Barcelone, Berlin et Édimbourg.

– Barcelone

Après un départ de Paris vers 15h40, nous sommes arrivés à Barcelone vers 17h50 sous un soleil magnifique et une température avoisinant les 28 degrés Celcius.
En premier lieu, après avoir récupéré nos bagages, nous nous sommes dirigés en direction de notre hôtel, situé à cinq minutes à pied d’une bouche de métro dans la banlieue de Barcelone, Hospitalet. Durant ce trajet, nous avons pu admirer, notamment, de nombreux drapeaux catalans accrochés aux balcons et fenêtres, symboles d’un sentiment nationaliste très fort chez la population à la veille du référendum qui se tiendra le 9 novembre prochain. On peut ainsi constater que la question nationale est une préoccupation quotidienne chez les catalans. À la vue de tous ces drapeaux, il est presque impossible de ne pas se sentir fortement impressionné par cette ferveur patriotique affichée et assumée … qui détonne, certes, avec celle que l’on retrouve chez la population québécoise. D’autres réflexions concernant le nationalisme en Catalogne suivront bientôt …

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En second lieu, nous avons fait la rencontre de Miquel Vila puis, brèvement, de Maria Corrales, représentants du Sindicat d’Estudiants dels Països Catalans (SEPC). Ces jeunes indépendantistes s’impliquent pour la libération de la Catalogne depuis de nombreuses années. De gauche, ces deux militants ne rendent toutefois pas conditionnelle la lutte indépendantiste à un projet social, contrairement à certaines autres branches du mouvement nationaliste catalan qui voient l’autodétermination de la Catalogne comme un moyen permettant de parachever la lutte des classes menée depuis le 19e siècle. Cette vision socialiste de l’indépendance est d’ailleurs également présente au Québec, notamment chez le parti Québec Solidaire (QS) ou chez le Mouvement Progressiste pour l’Indépendance du Québec (MPIQ). En ce qui a trait aux convictions politiques de jeunes militants tels que Miquel Vila et Maria Corrales, leur idée de l’indépendance se rapproche, au Québec, de celle véhiculée par le parti Option Nationale (ON), organisation qui considère l’autodétermination du Québec comme prioritaire et urgente. « Avant d’être à gauche ou à droite, il faut être. », est d’ailleurs une phrase que Jean-Martin Aussant, fondateur d’Option Nationale, a de nombreuses fois citée dans ses allocutions.

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Par la suite, après une longue discussion politique autour d’une sangria, Miquel nous a conduits à une spectaculaire marche aux flambeaux indépendantiste. Il est d’ailleurs assez surprenant de retrouver un tel rassemblement à la veille de la gigantesque manifestation en forme de « V » symbolisant la victoire espérée du camp du oui. Ce genre de démonstrations nombreuses est ainsi un exemple flagrant de l’immense sentiment nationaliste présent chez la population. À la fois fatigués et satisfaits, nous avons regagné notre hôtel, empreint d’une première forte impression du mouvement indépendantiste catalan.

Petites découvertes étonnantes de la première journée :
1- Le café crème de Paris.
2- L’air pincé et un peu désagréable de certains Parisiens …
3- Les drapeaux catalans accrochés en grand nombre aux fenêtres et balcons des appartements de Barcelone.
4- Le métro de Barcelone extrêmement bien fait qui possède l’air climatisé, le réseau ainsi qu’un système indiquant l’arrivée du prochain train à la seconde même.
5- L’activité intense qui règne à Barcelone et ce, même à 23h un mercredi soir.

Déroulement du JOUR 2 :

Durant la deuxième journée, nous prendrons part, au sein d’une délégation québécoise, à la manifestation du grand « V » de 17h14 (1714 étant la date de l’annexion de la Catalogne à l’Espagne après la Guerre de Succession d’Espagne) à 20h14 (2014 étant la date prévue du référendum du 9 novembre prochain). Nous tenterons également, durant les jours qui suivront, de rencontrer des représentants de l’Assemblée Nationale Catalane (ANC). D’autres détails et réflexions concernant le nationalisme catalan suivront …

Sur ce,

Ara és l’hora !

Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84 »

Virginie Simoneau-Gilbert

 

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Barcelone: Manif en V

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Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

11 septembre 2014 : Le drapeau québécois géant devant l’Arc de Triomf, Barcelone, et bon nombre de Catalans venus prendre photos et vidéos avec le fleurdelisé.
Vous trouverez davantage de photos en cliquant sur le lien suivant :https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1529685157243713.1073741837.1523700971175465&type=1
— à Barcelone.

Plus d’un million de Catalans sont descendus dans la rue jeudi pour réclamer la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la province espagnole. Une demande rejetée par Madrid.

 

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Pour faire réfléchir Stephen Harper

 

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Beaucoup de «tech» mais pas de «biblio»

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Une bibliothèque sans livres

Florida Poly renverse le modèle multimillénaire

Stéphane Baillargeon, Le Devoir, 2/09/14

En consultant un dictionnaire (en ligne ou en papier), on apprend qu’un paradoxe, selon l’étymologie, désigne une idée contre (para) l’opinion (doxa). C’est aussi une proposition qui semble contenir une contradiction, ou une absurdité, comme le paradoxal couteau de Lichtenberg, objet « sans lame auquel ne manque que le manche ».

La nouvelle magnifique bibliothèque de la Florida Polytechnic University, Florida Poly ou FPU, située à Lakeland, pousse le paradoxe au paroxysme. Le grand édifice blanc ne contient aucun ouvrage traditionnel, pas de gros volumes encyclopédiques, aucun manuel scolaire, aucun dictionnaire ni recueil de textes, monographies ou thèses savantes imprimés sur du bon vieux papier. En plus, dans cette bibliothèque sans livres, les usagers sont encouragés à briser le silence, à travailler en équipe et à utiliser à fond tous les bidules modernes de la communication. Bref, c’est une bibliothèque et ce n’en est plus une. C’est même plus qu’une médiathèque. C’est bel et bien un paradoxe.

Les quelque 550 étudiants ont commencé à en prendre possession du lieu la semaine dernière, avec la rentrée des classes. « C’est fascinant d’observer comment les étudiants utilisent l’espace, explique au Devoir Kathryn Miller, directrice de la nouvelle bibliothèque. Nous, du personnel, nous y sommes depuis environ un mois et nous l’apprécions beaucoup. Les étudiants apportent une énergie supplémentaire et permettent d’éprouver les choix qui ont été faits. »

La directrice Miller donne alors l’exemple du mobilier original. « Les meubles sont dessinés pour permettre aux usagers d’interagir, d’échanger entre eux. Cet équipement permet en fait de hausser le niveau de collaboration entre les étudiants et finalement le niveau d’apprentissage lui-même. »

L’entrevue téléphonique planifiée a été légèrement retardée par l’étirement d’une rencontre avec un groupe d’étudiants. « Ils étudient en mathématiques. Je leur ai expliqué comment ils peuvent utiliser les outils numériques à leur disposition, mais je les ai aussi encouragés à échanger entre eux au sein de la bibliothèque. C’est toute une nouvelle manière de concevoir et d’occuper un espace traditionnellement réservé à la lecture de livres en silence. »

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Des livres en fait, il s’en trouve là aussi, mais sous une forme dématérialisée. La collection numérique comptant environ 135 000 ouvrages peut être consultée sur place et de partout dans le monde après une connexion au portail de l’institution universitaire.

« Notre université prépare ses étudiants pour un monde du travail dominé par la technologie de pointe, dit encore Mme Miller. Nous voulons leur donner une expérience directe et approfondie de cette réalité. Cette option fondamentale de l’université devient aussi celle de sa bibliothèque. »

Le traditionnel comptoir de service a été rebaptisé « success desk ». Les usagers sont encouragés à se passer de papier à toutes les étapes de la formation, y compris quand il s’agit de présenter des travaux universitaires. Des livres imprimés, à l’ancienne, peuvent être obtenus et prêtés après une demande auprès des onze autres universités du réseau floridien.

Les informations numérisées offrent de grands avantages comparatifs. Les recherches se simplifient énormément et les découvertes accidentelles d’informations pertinentes se multiplient. En plus, les collections numériques, modulables à volonté, peuvent s’adapter quasi instantanément aux demandes des usagers. Par contre, la technologie vieillit rapidement et les abonnements aux sources numériques, contrôlés par une poignée de grandes entreprises, coûtent cher.

Le fond et la forme

Il ne s’agit pas d’une première mondiale. The BiblioTech, entièrement dédiée aux eBooks, a été inaugurée il y a un an à Santiago au Texas. Les livres dématérialisés peuvent y être empruntés (avec lectrices numériques), cinq à la fois, pour une période de deux semaines. La médiathèque de la NASA fonctionne aussi sur ce modèle sans papier.

Par contre la bibliothèque du XXIe siècle de la FPU perpétue en la renouvelant la tradition des lieux de savoirs sublimes. Une bibliothèque, avec ou sans livres, doit encore et toujours être bien faite et bien pleine. Au fond, le fond et la forme ne font qu’un. Au fond, on peut juger un livre à sa couverture comme on doit juger une bibliothèque à ses murs et sa toiture. C’est un autre paradoxe.

Celui-là suscite l’admiration. L’édifice ovale et blanc de la bibliothèque de la Florida Poly semble découpé dans la dentelle de marbre. On y reconnaît immédiatement la touche de l’Espagnol Santiago Calatrava, la structure ajourée, les formes harmonieuses, la pureté blanchâtre dominante.

Calatrava a imaginé tout le campus. Le résultat fait rêver avec ses constructions futuristes déposées au milieu d’un lac artificiel lui-même entouré d’une magnifique forêt. On se croirait dans un décor d’une planète idyllique d’une planète de la série de films La guerre des étoiles.

« Nous avons choisi de construire un lieu autour d’une collection dématérialisée pour apprendre à nos étudiants à travailler avec des outils numériques, comment les utiliser pour trouver de l’information, mais aussi comment la stocker et comment la lire, conclut la directrice Miller. Nous formons des alphabètes numériques. »

BLx

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La Fiction Historique, l’Histoire fictive

À lire en ayant présents à l’esprit certains passage de la Poétique d’Aristote…

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AUTOUR DU RÉCENT ESSAI DE LOUIS HAMELIN

Fabriquer l’Histoire

Jonathan Livernois, Le Devoir, 27/08/14

Faits, fictions, souvenirs, oublis : où est la vérité quand on se met à fabriquer, à récupérer l’Histoire ? L’essayiste Jonathan Livernois et Louis Hamelin en discutent autour du récent essai de ce dernier.

Quand le gouvernement fédéral décide que le Musée canadien des civilisations devient le Musée canadien de l’histoire, on se dit que la connaissance du passé est entre de bonnes mains. Tout dépend, bien sûr, de l’histoire qu’on choisit : Thérèse Casgrain en a récemment fait les frais. À une époque où les politiciens font bien ce qu’ils veulent et où les historiens ne rejoignent que rarement un large public, on souhaite que les romanciers s’y donnent à coeur joie. Pas pour camper un décor nostalgique où « il était une fois des gens heureux ». Mais bien plutôt pour que ça fasse mal. À ce titre, Louis Hamelin en connaît un bon bout, surtout après son roman La constellation du lynx (Boréal, 2010). Son essai qui paraît ces jours-ci aux Presses de l’Université de Montréal, Fabrications, lui permet d’aborder ces questions cruciales que sont notre rapport à la vérité, notre rapport à la fiction, notre rapport à toutes les récupérations officielles ou non de l’histoire, cette bête sensible.

La Crise d’octobre est, comme plusieurs événements de notre histoire nationale, un véritable panier de crabes. La mort de Pierre Laporte est-elle un accident ou un meurtre ? Les autorités policières connaissaient-elles les planques des felquistes à Saint-Hubert et à Montréal-Nord ? Ça prenait un romancier, pas gêné pour deux sous et tenace comme Hamelin, pour s’en mêler. Le roman peut-il dire vrai ? Peut-il viser plus juste que l’histoire des historiens ? Partant de deux interprétations de l’enlèvement par les Brigades rouges du président du Conseil italien, Aldo Moro, en 1978, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Pierre Laporte, l’écrivain révèle crûment l’alternative : ou bien on accepte l’idée que quelqu’un va finir par dire toute la vérité sur la Crise d’octobre ou bien on tient le pari qu’il n’y a que des vérités partielles qui se contredisent et s’entrechoquent.

Fabrications est la démonstration que, dans un contexte où personne n’offre de réponses satisfaisantes, écrire un roman est la seule façon de nettoyer, autant que faire se peut, les écuries d’Augias. L’auteur l’écrit : « J’en suis tranquillement venu à la conclusion que la fiction officielle devait être combattue par la fiction. » Plus encore, il s’agira pour lui d’écrire un roman « heuristique », publié « expressément pour heurter les conceptions bien établies des historiens patentés ». Ses idées sont claires : les autorités policières, sous le couvert d’une soi-disant inefficacité, en savaient beaucoup plus long sur les felquistes qu’elles ne voulaient le dire. Elles les laissèrent manoeuvrer pour mieux se discréditer. La conclusion de l’écrivain sur la mort de Pierre Laporte est lourde de conséquences : « La mort de Laporte fut bien, aucun doute là-dessus, le résultat d’une sorte d’accident… Le noeud de l’affaire, c’est qu’on permit à cet accident d’arriver. » Hamelin est convaincant, malheureusement.

Inventions

Cet essai est lucide, souvent drôle et particulièrement inventif. Il n’empêche qu’une question s’impose : si le roman a été le lieu de toutes ces révélations, pourquoi choisir l’essai pour boucler la boucle ? On a l’impression qu’il existe, chez Hamelin, une différence de degré entre le roman et l’essai, comme si ce dernier genre se rapprochait davantage du « réel ». On ne joue plus ? Hamelin discute avec son alter ego fictif, Samuel Nihilo, qui était au coeur de son roman La constellation du lynx. Nihilo lui rappelle que ce qu’il dit n’est pas nouveau, qu’il tenait des propos semblables dans le roman. Hamelin répond tout de go : « Ouais, mais de le répéter ici, dans un essai, ça me fait drôle. » Comme si le romancier avait tout à coup l’impression de se mettre à nu, de ne plus avoir d’abri littéraire. Mais, pourtant, l’essai n’est-il pas un autre genre tout aussi fictif que le roman ? Hamelin, en entrevue, confie son désaccord : « L’essai est “ construit ”, bien sûr, comme tout texte littéraire, c’est une fabrication, ce qui n’entraîne nullement qu’il doive être considéré comme fictif à l’instar d’un roman. »Pourtant, l’écrivain, inspiré notamment par Norman Mailer, utilise des techniques romanesques pour construire son essai : café partagé avec son alter ego Nihilo, narration à la troisième personne, faux entretien téléphonique avec Réjean Tremblay, en train d’écrire un nouvel épisode de ScoopVIII, et transformation du professeur de littérature Jacques Pelletier en « personnage d’autofiction ». Quoi qu’Hamelin en dise, l’essai est bel et bien traversé de fictions.

On retiendra notamment une scène ironique où Hamelin donne à lire un extrait du « scénario » que Réjean Tremblay est en train d’écrire. Scoop VIII – Le Bleuet fait des p’tits : on retrouve le personnage qu’interprétait jadis Roy Dupuis, le journaliste playboy Michel Gagné. Par une étonnante coïncidence, ce Gagné enquête aussi sur la Crise d’octobre. Tout à coup, le faux personnage de Tremblay devient une sorte de double d’Hamelin. Et nous voilà tous plongés dans un pastiche de série B ou un mauvais roman policier. Rien de tout cela n’était donc sérieux ? Du carton-pâte ?Fabrications serait un jeu d’écrivain, en somme.

Il n’y a pas grand-chose de réglé au sortir de Fabrications. Quand on repense à Octobre, ça fait toujours aussi mal. C’est sans doute la principale qualité de cet essai, qui n’en manque pourtant pas. D’ailleurs, il a reçu le prix Études françaises 2014. L’un des premiers lauréats de ce prix fut Gaston Miron, à qui on avait ainsi arraché L’homme rapaillé. C’était en 1970, quelques mois avant son arrestation et celle de 450 personnes, tandis que le gouvernement canadien venait de voter la loi sur les mesures de guerre…

Louis Hamelin, Fabrications: essai sur la fiction et l’histoire, Presses de l’Université de Montréal, 2014

BLx

 

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