Archives de Catégorie: Féminisme

« I want to change humanity »

Agnes Denes: Art et environnement

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Antigone

 

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Lilith

lilith

John Collier, « Lilith with a Snake », 1886.

Ève n’a pas été la première femme d’Adam. Dans la tradition juive, le premier couple d’humains fut créé simultanément: Lilith et Adam. Voici l’histoire de Lilith, la première femme qu’on a trahie… Lilith est présentée pour la première fois dans la tradition mésopotamienne en tant que démone créée par Enlil, dieu du vent, en même temps que Lilu, un démon qui séduit les femmes dans leur sommeil[1]. Lilith, alors nommée Lilitu, est une démone, une bête proche du loup, qui tue les mères en couche et les bébés, qu’elle dévore[2]. Dans la tradition juive, Lilith est reprise et présentée comme la première femme d’Adam, créée elle aussi à partir de la terre, des mains de Dieu. A l’origine, la provenance divine de sa création lui conférait un statut égal à celui d’Adam:

Lorsque le Saint béni soit-il créa le premier homme unique, il lui dit: il est pas bon que l’homme soit seul, il lui créa une femme de la terre comme lui et l’appela Lilith. Ils en vinrent immédiatement à se quereller. Elle dit je ne me couche pas au-dessous, il lui dit, je ne me couche pas au-dessous mais au-dessus, car tu es destinée toi, à être en-dessous et moi au-dessus[3].

C’est donc à propos de la place de la femme, notamment lors des relations sexuelles, qu’Adam et Lilith se disputeront. En effet, ils ne s’entendaient pas concernant qui serait en position de supériorité, puisque tous deux étaient égaux au sens de la création.  Lilith s’enfuira donc du jardin d’Éden pour aller errer sur la Terre. En guise de punition, on la condamnera à voir tous les enfants qu’elle engendrera mourir. Désespérée, elle tentera de mettre fin à ses jours. Alors pour tenter de l’en empêcher, on lui permettra d’assassiner les bébés naissants des autres femmes également[4]. Elle représenta donc très longtemps une ombre rancunière sur les familles à une époque où la mortalité lors des accouchements est atrocement courante. Cette dernière deviendra éventuellement, selon les mythes, la partenaire de Samaël, qu’on associe à Satan[5]. On associe donc Lilith à ce qu’il y a de plus obscène: exhibitionnisme, cannibalisme, jalousie, troubles sexuels, satanisme, prostitution, etc. On lui reproche même d’avoir été celle qui incita Caïn à tuer son frère Abel afin de se venger d’Adam et Ève[6]. Or, Lilith a été accueillie par les mouvements féministes modernes comme un véritable emblème de la résistance à l’oppression masculine. On va même jusqu’à faire la réécriture de son mythe, en lui rendant justice pour la nature divine qu’on lui a donnée et les torts que le patriarcat lui a fait subir: « Sous impulsion de thèses gratifiantes, des auteurs féministes ont construit un mythe du mythe de Lilith[7]. »

Rose Charbonneau

Bibliographie

BITTON, Michèle. « Lilith ou la Première Eve : un mythe juif tardif », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 71, no1 (1990), p. 113‑136.

DESCAMPS, Marc-Alain. « Lilith ou la permanence d’un mythe », Imaginaire Inconscient, vol. no 7, no3 (2002), p. 77‑86.

ROUSSEAU, Vanessa. « Ève et Lilith », Diogène, vol. n° 208, no4 (2004), p. 108‑113. 

[1]Marc-Alain DESCAMPS, « Lilith ou la permanence d’un mythe », Imaginaire Inconscient, vol. no 7. no3 (2002), p. 79.

[2]Ibid.

[3]Michèle BITTON, « Lilith ou la Première Eve : un mythe juif tardif », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 71. no1 (1990), p. 119.

[4]M. DESCAMPS, Op. cit. p. 80.

[5]M. BITTON,Op. cit p. 122.

[6]M. DESCAMPS, Op. cit. p. 80

[7]M. BITTON,Op. cit. p. 126.

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Kim Kardashian et le Kimono

Kim Kardashian accusée d’appropriation culturelle!


 

The Gardian 26/06/18

La Presse 27/06/19

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Promise, Insoumise et Conquise

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Parmi les nombreux ouvrages dystopiques existant aujourd’hui, on retrouve une panoplie d’histoires. Certaines sont presque des essais politiques, d’autres des fantasmes technologiques et d’autres enfin s’apparentent au classique roman léger. C’est le cas de la série Promise, Insoumise et Conquise, par Ally Condie – version française de Matched, Crossed, Reached.

Si l’intérêt pour cette trilogie peut s’éteindre alors même que l’on en lit les titres et que l’on voit les couvertures qui crient « roman pour adolescente », il faut se souvenir de se méfier des apparences. Ally Condie présente ici une société futuriste où les choix individuels sont réduits – pour ceux ayant lu The Giver, par Lois Lowry, cela s’y apparente beaucoup. On ne choisit pas notre emploi, on ne choisit pas nos chefs, on ne choisit pas quand on meurt, on ne choisit pas notre compagnon de vie – quoique l’on puisse choisir, à seize ans, si l’on sera célibataire ou avec une personne pour le restant de nos jours. Lorsque l’on est promis à une personne, on reçoit une cassette décrivant notre « âme‑sœur ».

Mais certains individus ne sont pas éligibles au programme de Mariage. La raison de cela est soit qu’ils ont été dangereux pour le système – des terroristes, en somme – ou alors ils sont des enfants de terroristes ou des malades de corps ou d’esprit. Chaque individu porte en permanence sur lui ou elle trois pilules : une verte pour les problèmes « bénins », mal de tête, dépressions, etc., une bleue pour agir comme coupe-faim et une rouge à la fonction inconnue. Les gens ne savent pas écrire en écriture manuscrite et ne savent au fond rien créer.  Le métier le plus utile, et de ce fait prestigieux, est celui de classeur. Un classeur est employé par le gouvernement pour régler des situations de gestion. Un classeur ne fait que classer des chiffres, ces chiffres peuvent représenter des marchandises, des coûts… ou des individus, le classeur ne le saura jamais.

Le monde ici décrit en est un avec pour modèle l’efficacité la plus totale, mathématique, réaliste, carré et plutôt manichéen – ce qui aide le système est bon, ce qui met à mal le système est mal. Le choix humain n‘y est pas néfaste en soi, il est seulement encombrant et doit de ce fait ne pas être considéré. Dans cet univers qui ne se permet aucune erreur, la protagoniste, Cassia, est victime d’un léger accroc dans le système. Rien de grave, on s’est trompé de cassette d’individu lors de son Couplage. Or, aussi insignifiant que puisse être cet incident en lui-même, il permet à Cassia de voir son monde de façon tout à fait différente, de voir les lacunes et les abus de sa société.

La trilogie ainsi, si elle commence de façon si légère et presqu’insignifiante, vient développer avant qu’on s’en rende compte un intéressant et plutôt inusité dialogue sur l’humanité, la gestion et l’art. Si l’on cherche un roman divertissant et léger, mais pas pour autant sans profondeur, cette série est un très bon choix.

Raïssah Kunzle

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Un devoir de mémoire

Le roman Charlotte, écrit par David Foenkinos, est inspiré de la vie de Charlotte Salomon, artiste allemande et juive ayant vécu lors de la Seconde Guerre mondiale. On pourrait s’attendre à une autre histoire dramatique sur les camps nazis, mais loin de là. Non pas qu’il ne faut pas donner d’attention à cette dure réalité des camps nazis, mais Foenkinos a su raconter l’histoire de cette femme opprimée, constamment en fuite et en danger, d’une façon tout à fait unique. En effet, l’auteur raconte ce qu’il considère, avait été la vie de cette artiste, s’inspirant grandement des œuvres de l’expressionnisme qui mettaient en scène des moments clefs de sa vie et des émotions qu’elle avait ressenties à ces moments précis, ainsi que du livre qu’elle avait écrit : Charlotte Salomon, vie? Ou théâtre? Je conseille d’ailleurs vivement la lecture du roman Charlotte, puisqu’au-delà de la réalité historique, le livre est, malgré la profondeur des thèmes abordés, assez léger dans sa lecture, étant écrit en simple vers. Par ailleurs, ce n’est pas que l’histoire de la vie de Charlotte, mais aussi l’histoire en parallèle du processus d’écriture et de recherche de Foenkinos. Comment celui-ci en retraçant à son tour les lieux que son personnage avait fréquentés a su révéler une histoire vraie restée trop longtemps enfoui. Au nom de toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale, je considère que son histoire mérite d’être lue.

Roxanne Gagnon

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La pratique sociale de l’indignation

Une excellente série sur l’indignation, la prise de parole et la censure

https://ici.tou.tv/corde-sensible/S01E01

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