Archives de Catégorie: Féminisme

REFUS GLOBAL

«Alors que notre destin sembla durement fixé», paraissait le 9 août 1948 Refus Global. Grand fracas, point de rupture d’où est sorti le Québec moderne. «Au diable le goupillon et la tuque!»

«Rompre définitivement avec toutes les habitudes de la société, se désolidariser de son esprit utilitaire. Refus d’être sciemment au- dessous de nos possibilités psychiques et physiques. Refus de fermer les yeux sur les vices, les duperies perpétrées sous le couvert du savoir, du service rendu, de la reconnaissance due. Refus d’un cantonnement dans la seule bourgade plastique, place fortifiée mais trop facile d’évitement. Refus de se taire – faites de nous ce qu’il vous plaira mais vous devez nous entendre – refus de la gloire, des honneurs (le premier consenti) : stigmates de la nuisance, de l’inconscience, de la servilité. Refus de servir, d’être utilisables pour de telles fins. Refus de toute INTENTION, arme néfaste de la RAISON. À bas toutes deux, au second rang !

Place à la magie !

Place aux mystères objectifs !

Place à l’amour !

Place aux nécessités !

Au refus global nous opposons la responsabilité entière.»

Refus Global

Quelles leçons retenir de Refus global en 2018?

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Angela Davis: The gal in danger

Angela Davis, militante des droits civiques, militante communiste, membre des Black Panthers, recherchée par le F.B.I., emprisonnée, professeur de philosophie…

Angela Davis

Cinq choses à savoir sur Angela Davis

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Les femmes libres de Shillong

Imaginez un endroit sur Terre où les femmes seraient totalement libres. Même plus libres que les hommes. Un lieu où elles seraient le sexe fort, avec davantage de pouvoirs. Eh bien cet endroit existe, en Inde. Nous l’avons visité.

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Pendant ce temps à Barcelone

Barcelone à l’approche du référendum interdit par Madrid, Jour 3

Demain, le jour J : visite des bureaux de vote à Gérone avec d’autres observateur.trices de l’étranger. L’activité est organisée par l’Association des Maires pour l’Indépendance (AMI)

Aujourd’hui, 29 septembre, fut sans aucun doute une journée dédiée aux femmes politiques catalanes, dont la force est une source d’inspiration pour toutes ces jeunes femmes souhaitant s’impliquer politiquement.

En effet, nous avons débuté notre journée, à 9h, par une rencontre avec l’Union Générale des Travailleurs (UGT), filiale Catalogne, qui est le plus important et vieil organisme syndical d’Espagne. Ce syndicat regroupe plusieurs millions de travailleurs et est d’origine socialiste. Plus précisément, nous avons pu rencontrer, à leur centre de Barcelone, Laura Pelay i Bargalló, vice-présidente générale aux affaires externes et porte-parole, ainsi que Núria Solé i Domingo, secrétaire d’organisation. Nous avons également eu l’immense chance, durant cette rencontre, d’avoir une traductrice au français impeccable. Il faut savoir qu’en Catalogne, la plupart des grands syndicats se sont prononcés pour la tenue du référendum du 1er octobre, qui constitue un exercice démocratique légitime que tente d’empêcher Madrid. Les conférencières nous ont également parlé de divers sujets, dont les liens des syndicats à la préservation de la langue catalane, notamment dans des campagnes de préservation du système éducatif catalan, et au rôle que ces derniers jouent dans la tenue du référendum du 1er octobre. Enfin, la possibilité d’une grève générale des travailleurs et travailleuses comme moyen de pression à l’endroit du gouvernement de Madrid n’est pas à exclure.

Par la suite, nous nous sommes rendus, à midi, au Parlement de Catalogne, qui est situé dans le Parc de la Ciutadella. Bordé par de magnifiques jardins, ce dernier date de plusieurs siècles et est, en réalité, un ancien palais royal que les Catalan.es ont voulu comme lieu pour leur institution démocratique fondamentale.


Plus précisément, nous avons fait une visite guidée du Parlement, qui nous a permis d’en apprendre davantage sur l’histoire et le fonctionnement de cette institution.

Plus encore, durant cette visite, nous avons pu rencontrer Carme Forcadell, présidente du Parlement, députée pour Esquerra Republicana (« Gauche Républicaine » en catalan) et la coalition des Junts Pel Si, ancienne présidente de l’Assemblée nationale catalane de 2012 à 2015 et co-fondatrice de l’Assemblée nationale catalane, plus importante organisation indépendantiste civile. Professeure de littérature et langue catalanes, il s’agit d’une figure qui a joué – et joue encore- , un rôle fondamental dans le développement du mouvement indépendantiste catalan des dernières années. Carme Forcadell est une de ces femmes dont on doit saluer la détermination et l’audace de ses convictions, et qui m’influencera grandement dans mon implication politique.

Par la suite, à 15h, nous avions rendez-vous avec un représentant de l’Assemblée nationale catalane, fondée en 2012, au bureau de cette organisation civile majeure. Plus précisément, nous avons pu faire connaissance avec Francesc Bellavista i Solà, secrétaire national, qui nous a entre autres parlé de l’histoire de l’ANC et de son rôle crucial dans la tenue du référendum du 1er octobre. Au siège de l’ANC, nous avons pu admirer des articles de promotion (tels des t-shirts, affiches, autocollants, etc.) des précédentes importantes manifestations organisées par l’ANC depuis 2012, ainsi que le matériel référendaire de la présente campagne du Oui, en vente au siège. Il est impressionnant de voir à quel point, contrairement au mouvement indépendantiste québécois, le mouvement indépendantiste catalan fait preuve de ténacité, de sérieux, d’organisation, mais aussi de créativité et de joie de vivre. Baptisé « la révolution des sourires », en référence à son esprit joyeux et pacifique, le mouvement indépendantiste catalan constitue un exemple inspirant d’une lutte de libération nationale ayant choisi la voie de la non-violence.

Enfin, nous avons terminé notre journée, épuisés, en allant assister au grand rassemblement de fin de campagne référendaire, qui se tenait à l’Avinguda de la Reina Maria Cristina, tout près de la place de la Catalogne. Des milliers de personnes étaient présentes, de toutes les origines et de toutes les générations, des Catalan.es ayant vécu le franquisme aux plus jeunes. Discours politiques et chansons étaient au rendez-vous, dans une ambiance joyeuse, festive et familiale. Il était beau et émouvant de voir toutes ces personnes rassemblées chanter et applaudir au son des chansons et discours. Un vent d’espoir souffle sur la Catalogne, qui est prête à bâtir son État-nation et ce, tout en étant inclusive et chaleureuse à l’endroit des nouveaux arrivants.

Il va sans dire qu’un sentiment de jalousie nous habite depuis le début de notre séjour en Catalogne. Bien que nous soyons enthousiastes devant ce vent de libération qui souffle sur la Catalogne, nous sommes également découragés de constater l’état navrant du mouvement indépendantiste québécois, qui peine à faire le quart de ce que font les Catalan.es dans l’accession vers leur indépendance nationale. Près de 25 ans après la tenue du dernier référendum, la question de l’indépendance du Québec est peu mise en lumière dans le débat public et les partis peinent à former une véritable convergence indépendantiste. En ce sens, le mouvement catalan ne peut que nous inspirer.

Virginie Simoneau Gilbert

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«The N-Word»

Dans la culture contemporaine, nous l’entendons fréquemment, c’est un salut entre plusieurs, il est utilisé dans les chansons rap, mais il cause parfois quelques désaccords concernant son utilisation. Lorsque deux personnes noires se disent « what’s up my nigga », il ne semble pas y avoir de problème, mais quand c’est dit entre des caucasiens, il y a un tollé. Les gens veulent que la discussion sur cet enjeu reste courte et simple : si tu n’es pas noir, ne le dis pas. Cependant, ça ne sera jamais aussi facile. Tout le monde le dit alors, pourquoi interdire ou juger quelqu’un qui n’est pas noir ?

Le mot, tel que nous le connaissons aujourd’hui, avait autrefois une signification différente. « Niger » en latin veut simplement dire noir, mais avec l’esclavage en Amérique il devient « negar », un autre terme pour les esclaves africains[1]. Avec le temps, le mot a été transformé par ceux qui haïssaient encore les Afro-Américains, ainsi « nigger » est utilisé pour insulter, une manière de réduire quelqu’un. Cela peut expliquer en partie l’inconfort que certains peuvent ressentir quand une personne qui n’est pas d’origine africaine le dit, même si c’est de la manière la plus nocive. En fait, plusieurs croient qu’à cause de son origine négative « nigga » ne doit jamais être prononcé sous aucun prétexte.

En toute honnêteté, personne ne se soucie vraiment de ce que nous disons à huis clos, quand nous sommes devant d’autres, il est préférable d’être plus prudent. Mais, comment est-ce possible lorsque l’une des cultures les plus populaires l’utilise constamment ? Presque toutes les chansons de rap jusqu’à présent le mentionnent au moins une fois, ceci dit, cela génère un sens d’unité. Par exemple, My Nigga, l’artiste YG l’utilise pour parler de l’amitié et de ses liens. D’autres l’utilisent pour surmonter le sentiment d’oppression que la communauté afro-américaine peut ressentir. Donc, certains voient ce mot comme un dénominateur commun entre personnes ayant la même descendance. Pour certains noirs, identifier quelqu’un comme son «  nigga » c’est dire que cette personne est mon ami, ils n’utilisent pas nécessairement le terme avec quelqu’un qui ne l’est pas. Mais, quand c’est le cas, cela peut causer de la confusion. La personne en question peut penser que c’est correct de l’utiliser autour d’autres Afro-Américains et c’est là que cela devient compliqué. Si c’est dans chaque chanson que j’entends, si les gens autour de moi le disent de manière positive, pourquoi c’est incorrect si je l’emploie ? Bien sûr, tout dépend de la personne à qui on demande, la réponse est variée. Si nous le comparons au mot « bitch », peut-être ça peut être plus compréhensible. Dire à une personne qu’elle est votre bitch préférée c’est lui dire qu’elle est comme votre meilleure amie. Bien que cela ne soit pas trop nuisible pour certains, tout le monde n’applique pas le terme parce que cela pourrait déranger[2]. Donc, même si quelqu’un ne comprend pas complètement l’ambiguïté de « nigga », la bonne chose à faire c’est d’être prudent.

Élizabeth Guillaume

[1] CNN. Where did the N-word come from? , juillet 2013, 2:50, dans Youtube, https://www.youtube.com/watch?v=OFnF1c2Tbfw (Page consultée le 28 mai 2017)

[2] MUSONI, Malcom-Aime. « Stop Saying N***a If You’re Not Black », 26 septembre 2016, dans The Blog, Huffpost, http://www.huffingtonpost.com/malcolmaime-musoni/stop-saying-nigga-if-your_b_8190836.html (Page 28 mai 2017)

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MUNDOS

J’ai été très chanceuse d’avoir été, plus d’une fois, voir l’exposition Mundos de l’artiste Teresa Margolles, présentée au Musée d’art contemporain de Montréal du 16 février au 14 mai 2017. J’ai visité beaucoup de musées, j’ai même eu la chance de visiter The Museum of Modern Art (MoMA) à New York, mais je n’ai jamais été aussi bouleversée par une exposition d’une artiste contemporaine. C’est une exposition assez diversifiée, au sens où la critique de Margolles est grande, car elle tente de dénoncer la situation de plusieurs groupes qui se retrouvent en minorité.

L’œuvre Tela bordara est un large tissu fixé mur. Ce tissu est en fait un suaire, ce qu’on utilise pour envelopper le corps de personnes décédées. Ce tissu a été souillé par une femme retrouvée morte au Guatemala et il a été brodé par un groupe de femmes qui se rassemblent pour broder, pour offrir une voix à ces femmes que l’on retrouve assassinées. L’artiste dénonce cette idée du « féminicide », qui représente l’idée que les femmes sont victimes de violences seulement parce qu’elles sont des femmes. C’est donc une critique de la société par l’artiste, où elle dénonce ces violences que les femmes subissent seulement parce qu’elles sont considérées comme étant inférieures aux hommes. Par son art, Margolles permet à toutes ces femmes d’avoir une voix et d’ouvrir les yeux du public sur une réalité qui se passe présentement dans notre monde. C’est très bouleversant lorsqu’on se rend compte que les taches sont en fait le sang d’une femme qui a souffert. Mais cette œuvre n’est pas seulement une critique de la société, c’est aussi une critique du monde occidental où, l’on remarque en premier les jolies couleurs voyantes, les motifs, la broderie, l’aspect culturel de cette œuvre. Ce n’est qu’après avoir pris un peu plus de temps pour observer que l’on remarque les taches de sang, qui viennent souiller un beau travail d’une culture différente de la nôtre. C’est une façon de nous faire réaliser que ce genre de choses arrivent tous les jours, que c’est une réalité ailleurs dans le monde, qui n’est pas aussi loin qu’on le croit.

Une autre de ses œuvres nommée Pesquisas, qui signifie en français « enquêtes ». Cette œuvre est une installation, où l’on a posé sur un mur d’un petit corridor 30 photos de femmes, de très grandes dimensions, que l’on retrouve sur des affiches de femmes disparues. On remarque rapidement que les photos sont en mauvais état, signifiant que les affiches ont été posées il y a longtemps. En exposant cette œuvre dans un petit corridor, Margolles oblige le spectateur à devoir s’arrêter pour observer dans l’entièreté son œuvre et observer, une à une, les images de ces femmes qui n’ont toujours pas été retrouvées. Elle oblige le spectateur, en le choquant avec le sang de Tela bordara ou en lui imposant une œuvre par sa disposition, à réfléchir à l’importance de ces évènements. Ma famille vient de Maniwaki, qui est une petite ville au Québec, au nord de Gatineau et cela arrive très souvent de se promener et de s’arrêter au petit dépanneur du quartier pour y retrouver une affiche avec des jeunes filles amérindiennes portées disparues. C’est une réalité qui nous semble si loin, mais qui est en fait présente, même ici, au Québec. Teresa Margolles tente dénonce aussi le fait que les autorités ne font rien pour arranger la situation, en fait, le gouvernement veut, pour purifier la ville pour le tourisme, enlever ces affiches. Ce sont de nombreuses enquêtes qui auraient dû être faites il y a longtemps, mais qui ne l’ont jamais été. L’exposition Mundos est très bouleversante et choquante, car l’artiste n’essaie pas de faire comprendre au public son intention à travers une interprétation poussée des éléments plastiques ; Margolles présente des œuvres qui sont crues, brutales, qui nécessitent la lecture de la fiche d’identification seulement pour comprendre la puissance de l’œuvre.

L’œuvre En el aire est une installation où des machines à bulles sont posées au plafond et sont actionnées à tous les dix minutes. Cette installation est très jolie, des bulles qui tombent donnant un aspect féérique à l’environnement. Le public a la possibilité de se déplacer sous les bulles. Une petite quantité de l’eau utilisée pour faire les bulles provient en fait d’eau utilisée pour laver des corps à la morgue. L’œuvre semble si légère, mais est si lourde de sens. Mais pourquoi utiliser de l’eau ayant touché des corps morts ? C’est en fait un aspect de purification de la mort des victimes. L’artiste veut que l’on entre en contact avec les morts et on quitte l’exposition touché par ces gens, en leur permettant une seconde vie, ou on quitte plutôt souillé avec un sentiment de responsabilisation sur les épaules ? Cette œuvre m’a énormément perturbée, la première fois que j’ai été voir l’exposition, je n’ai jamais osé traverser et laisser les bulles tomber sur moi, non par dégout, mais plutôt par peur et par malaise, parce que je touche du peu qui reste de ces corps de femmes retrouvées après avoir été assassinées violement. Peut-être que je voulais repousser à tout prix l’idée que j’avais ma part de responsabilité. À ma seconde visite, mes amis m’ont tirée pour que je marche sous les bulles. Ces bulles de savon semblent si lourdes lorsqu’elles se sont posées sur mes épaules… J’ai été très surprise aussi de voir énormément de gens prendre des photos pour les mettre sur les réseaux sociaux et se déplacer sous les bulles, car ils trouvent cela jolie. C’est une œuvre très lourde de sens qui, oui est belle à regarder, mais qui devient assez effrayante lorsqu’on connaît son contenu et son processus de création. C’est donc très dommage de voir des gens se préoccuper peu du message, de la critique de l’artiste et se contenter de ce qu’ils voient ; c’est pourtant une des fonctions de l’art contemporain, de critiquer.

Frédérique Lyrette.

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« Porter au moins deux jupons »

Source: destinenseignante.ca

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