Archives de Catégorie: Culture et société

Le musicien militaire en Nouvelle-France

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À l’époque de la Nouvelle-France, allant de 1534 à 1763, l’armée de la colonie, s’appelant alors les Compagnies franche de la Marine, sous la responsabilité du Ministère de la Marine, en France, était dirigée par le commandant des troupes. Chaque compagnie était sous la responsabilité d’un capitaine qui était lui-même nommé par le roi. À l’époque, l’armée jouait un rôle très important tant au niveau militaire que politique mais également au niveau social et symbolique. En effet, elle était non seulement défenseur de la colonie et de la société, mais elle était également présente dans la vie quotidienne des gens que ce soit pour faire des défilés ou veiller au bon ordre de la ville ou encore pour communiquer à la population des ordres ou des annonces. Lorsqu’on pense au soldat militaire du 16e et 17e siècle, le son venant à l’esprit est souvent celui du tambour, de la trompette, du hautbois ou encore du fifre.[1] Ces instruments étaient joués par les soldats musiciens de l’armée au même titre que l’église utilisait l’orgue ou les cloches, c’est-à-dire pour annoncer quelque chose, pour affirmer leur pouvoir auprès des citoyens ou pour donner différents commandements aux soldats ou aux citoyens. Dans tous les cas, ces différents sons se faisaient entendre pour attirer l’attention des gens. Le son est beaucoup utilisé dans les villes à cette époque puisque l’oreille humaine est un élément essentiel dans la reconnaissance spatio-temporelle.[2] Il était donc, facile de communiquer une information simplement en reconnaissant un son particulier.

La première importance du musicien militaire est justement de sonner les différents ordres pour les soldats. Lorsqu’il s’agit d’une générale, d’un exercice ou d’une bataille, il est nécessaire que le tambour sonne afin que chacun se mette en position rapidement. Le tambour ayant un son qui projette et qui résonne partout, même en plein milieu d’une bataille, tous les soldats sont en mesure de l’entendre et d’agir rapidement. De plus, le musicien militaire, recevant ses ordres directement de l’autorité la plus haute située sur les lieux, en général du roi lui-même, les ordres sont transmis rapidement et efficacement pour tout le monde.

Le tambour est également présent dans le quotidien des gens. Par exemple, lorsqu’il s’agit de faire des annonces à la population ou de leur transmettre quelque information que ce soit, le tambour joue alors le rôle de ce qu’on appelle la criée ce qui permet d’attirer l’attention des gens malgré le bruit souvent fort à la place publique.[3] Ainsi, le roi, ou le gouverneur, rejoint les gens facilement et tout le monde peut s’adapter rapidement. L’importance du tambour est notable aussi dans le domaine politique.

Nous avons vu que lorsqu’il s’agit de transmettre efficacement un ordre ou une information générale, le tambour est tout désigné pour assurer cette tâche. Or, le fifre, la trompette et le hautbois jouent aussi un rôle important au moment d’affirmer l’autorité du roi et, par le fait même, l’autorité politique. À cette époque, l’État et l’Église étaient encore unis en ce qui concerne l’autorité. Les deux administrations se disputaient donc, beaucoup le pouvoir et l’écoute des citoyens. Du côté de l’église, on utilisait les cloches et les grandes orgues non seulement pour affirmer son autorité mais également pour que les gens reconnaissent le son et l’associe à la religion et son pouvoir. Pour l’armée, c’était le tambour, le fifre, la trompette et le hautbois. Lorsqu’il y avait des défilés ou des cérémonies militaire ou politique, les instruments militaires jouaient et personnifiaient ainsi l’autorité politique et militaire à la population qui savait reconnaître ces sons de façon exacte et comprenaient parfaitement ce qu’ils voulaient dire.[4] Ce jeu de pouvoir fut donc très présent sous le régime de la Nouvelle-France et chacune des autorités voulait s’affirmer pour attirer l’attention du citoyen. Un dernier aspect qui fait du musicien militaire une figure importante de l’armée est le symbole qu’il est. En effet, le musicien, par sa personne, est un symbole fort puisque recevant ses ordres directement du roi, il représente l’autorité royale. De plus, contrairement aux soldats normaux qui portaient des habits bleu-gris et blanc, le musicien militaire portait des habits très colorés allant du rouge au bleu foncé en passant par le jaune doré. Cet habit faisait de lui une figure facilement reconnaissable partout où il allait et, ainsi, amenait à la confiance et au respect face à sa personne. De plus, c’est le tambour qui résonne lorsqu’il s’agit de transmettre une information aux citoyens ou de donner des ordres aux soldats. Son rôle s’élève donc en importance puisqu’il n’est pas un simple soldat ni même un officier, mais il entre plutôt dans une catégorie à part qui reste très importante.

En conclusion, le musicien militaire est une figure d’importance dans l’armée au niveau politique, militaire, social et symbolique. Il fait office de messager et d’informateur pour les soldats et la population, il est un élément important pour le prestige du roi et de l’armée et de l’affirmation de son pouvoir et il apporte une symbolique par sa personne et son rôle dans la société et l’armée. Aujourd’hui, les musiciens militaires sont encore présents dans les armées du monde mais ils sont bien plus présents lors de cérémonies ou de défilés que sur le champ de la bataille.

Geneviève Denis

Bibliographie

Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, 294 p.

Jean-Marie FRITZ, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, Honoré Champion, 2000

[1] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 48

[2] Jean-Marie FRITZ, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, Honoré Champion, 2000

[3] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 12

[4] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 80-81

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Martyrs de Bill Viola

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Retour sur Martyrs de Bill Viola : l’art absolu de Hegel existe-t-il toujours?

On apprenait que Bill Viola et sa conjointe Kira Perov avaient mis en place une installation dans une prestigieuse cathédrale à Londres : la cathédrale Saint-Paul. Deux concepts se voient donc jumelés : l’art et la religion

Hegel affirmait bien que : « Dans de telles circonstances, l’art avec sa haute destination est quelque chose de passé; il a perdu pour nous sa vérité et sa vie.[1]» Il disait ainsi, car avec le temps, l’art n’avait plus une signification digne de l’absolu. C’est-à-dire que l’art ne représentait plus le domaine spirituel, celui de la religion. Pourtant, il doit faire face à une forte réfutation. En effet, l’oeuvre Martyrs est présentée de la façon suivante par l’artiste :

« As the work opens, four individuals are shown in stasis, a pause from their suffering. Gradually there is movement in each scene as an element of nature begins to disturb their stillness. Flames rain down, winds begin to lash, water cascades, and earth flies up. As the elements rage, each martyr’s resolve remains unchanged. In their most violent assault, the elements represent the darkest hour of the martyr’s passage through death into the light.[2]»

Nous pouvons bien constater le monde spirituel qui émane de cette oeuvre. Le simple fait de traiter du concept du martyr en lien, notamment, avec le martyr chez les chrétiens, c’est-à-dire Jésus Christ, témoigne d’un monde religieux révélé dans l’œuvre d’art. De plus, la signification de l’œuvre, du point de vue de l’artiste, est complètement fondamentale. L’artiste dit bien :

« The Greek word for martyr originally meant « witness.” In today’s world, the mass media turns us all into witnesses to the suffering of others. The martyrs’ past lives of action can help illuminate our modern lives of inaction. They also exemplify the human capacity to bear pain, hardship, and even death in order to remain faithful to their values, beliefs, and principles. This piece represents ideas of action, fortitude, perseverance, endurance, and sacrifice.[3]»

Ainsi, j’arrive à la conclusion suivante : l’art absolu de Hegel est toujours bel et bien présent. Il n’est pas chose du passé comme il dit, car après tout ce monde spirituel qu’il nous est possible d’entrevoir par l’œuvre d’art présente le monde spirituel, en nous. En d’autres termes, le monde sacré qui nous fonde.

Pour en savoir plus sur l’installation et l’artiste : http://www.youtube.com/watch?v=EsCx5FU9GnQ

Il s’agit d’une entrevue avec les artistes.

Marc-André Bédard

 

[1] GEORG WILHELM FRIEDRICH Hegel, Esthétique, Tome premier, Classique.uqac.ca, http://classiques.uqac.ca/classiques/hegel/esthetique_1/esthetique_1.html%5BEn ligne] (Consulté le 4juin 2014) p. 20

[2] http://www.stpauls.co.uk/Bill-Viola-Martyrs/Martyrs

[3] Ibidem

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Quoi de l’anglais en Inde?

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Déclin de l’anglais en Inde?

«A decade or more ago, the publishers of English newspapers scorned Indian language readers, assuming that, as hundreds of millions more Indians became literate, they would turn automatically into consumers of English papers. But the steady rise in literacy rates—from 64.8 percent of the population in 2001 to 73 percent in 2011—has had unexpected consequences. The new middle class is increasingly found in smaller towns, and prefers to read in its own regional language, rather than English.» La suite ici

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Les licornes et les dragons existent!

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Les scientifiques disent que l’univers est en continuelle expansion, ou en d’autres mots, infini. Cela est, bien sûr, purement théorique, mais si on considère cela comme un fait, on peut déduire que tout existe, même Dieu.

En effet, si je vous pose la question suivante : Quelles sont les probabilités qu’il y ait une autre planète comme la nôtre avec des humains qui vivent la même histoire que nous ? Vous me diriez tous que les chances sont minuscules ou quasiment inexistantes, mais vous ne pourriez jamais dire que c’est impossible. Pour quelle raison notre monde ne pourrait pas avoir un jumeau? Absolument aucune. Cependant, c’est comme lancer 5 milliards de 25 cents dans les airs et espérer qu’ils tombent tous du côté face, c’est théoriquement possible, mais les chances sont minces, mais c’est POSSIBLE.

Donc, retournant au sujet, on disait que les chances qu’un monde jumeau existe sont minuscules, mais existantes, et en considérant que l’univers soit infini, on peut donc considérer que ce monde existe assurément puisqu’il y a une infinité d’essais et de conditions dans l’univers. En essayant autant de fois qu’on veut, il serait, en théorie, assuré à 100 % qu’un jour, ce monde jumeau puisse exister. Comment ? Simplement de façon purement mathématique. Sans faire tous les calculs, on peut comprendre le principe par un exemple très simple ; imaginons qu’il y ait 1000 morceaux de papier dans un sac et qu’un seul est de couleur, les chances de piger ce morceau est de 1/1000. Mais si on donne un deuxième essai, les chances augmentent, elles sont rendues à 2/1000. Alors, si on donne un nombre infini d’essais, alors les chances sont infini/1000, donc, c’est assuré qu’un jour, on va piger le morceau recherché. Bref, la théorie des probabilités dit que tout est possible avec un nombre infini d’essais.

Mais mélangeons cette théorie a celle de l’infinité de l’univers, on se rend compte alors que tout est possible. Peu importe les probabilités que quelques choses existent, il est assuré par la rencontre de ces deux théories que cette chose existe. Aussi, étant donné que nous sommes dans l’incapacité de prouver qu’une chose ne peut absolument pas exister, tout ce que nous sommes capables d’imaginer a, va ou existe présentement quelque part dans l’univers. Quelles sont les probabilités que sur une autre planète, il y ait des licornes ? 1/vingt milliards de trillions ? Peu importe, elles existent quelque part dans l’univers à un certain moment. Il en va de même pour tout ce qu’on peut imaginer, même les dragons.

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De plus, avec cette théorie qui est tout à fait légitime et sérieuse, on peut même prouver l’existence de Dieu. Bien évidemment, pas le Dieu chrétien, mais bien celui de sa définition première, c’est-à-dire un être parfait. Génétiquement, on pourrait obtenir la combinaison nous rendant parfaits à tous les points-de-vue, on pourrait avoir un talent exceptionnel dans tous les domaines, mais comme tout le reste, il faudrait beaucoup de chance pour obtenir cette combinaison. Mais comme les licornes et les dragons, la probabilité de l’existence d’un être parfait existe et donc, théoriquement, un être parfait doit exister. À vrai dire, une société d’être parfait existe puisque c’est possible. SI on peut avoir un monde jumeau, pouvons-nous avoir un troisième semblable ? OUI, les chances sont plus minces, mais multipliées par l’infini, il y a 100 % de chance d’existence. Je confirme par cette théorie que quelque part dans cet univers, il y a un être surpuissant qui possède un marteau et qui contrôle la foudre et en prime, il se nomme Thor. Aussi, dans un autre monde proche du nôtre, je suis marié à Emma Watson et dans un autre, Harper est amant avec George W. Bush. Tout ce qui est possible existe, toutes les histoires, les aventures et les romans sont véridiques, mais la seule différence, c’est qu’ils ne se passent pas tous sur notre planète.

Ainsi, cette théorie qui un mélange deux autres permet donc d’affirmer avec raison que tout existe, tout ce qu’on peut imaginer est quelque part dans l’univers et s’il n’existe pas, il va un jour exister ou il a existé par la passé. Mais en fait, ne nous limitions pas à notre imagination, étant donné que tout peut exister, même les choses inimaginables font partie de ce lot. Mais, qu’est-ce qu’une chose inimaginable?

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Alexis Gitto

 

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Highline: L’urbanisme à son meilleur

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Reconvertir les vieilles infrastructures en milieu urbain peut être un véritable calvaire. Voilà une raison de plus pour célébrer les réussites d’urbanisme lorsqu’elles se présentent. C’est le cas du High Line de New York qui aujourd’hui est une attraction très fréquentée tant par les New-Yorkais que les touristes. En effet, la piste de train surélevé construite vers 1930 était une grande initiative pour promouvoir la sécurité dans les rues. Toutefois dans les années 80, elle a du cesser ses activités et bien rapidement est devenu un fardeau. Après une lutte au début des années 2000, elle a eu une nouvelle vie.

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De nos jours, le High Line est une formidable piste piétonnière en hauteur qui fait un tour de la ville. Elle permet de contempler le panorama de la ville en donnant un nouveau point de vue tout simplement magnifique et incomparable. Dans les dernières années, elle a même été reverdie. Je peux dire, l’ayant vécue, qu’il s’agit d’une expérience particulièrement plaisante.

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Nous y sommes aller le dimanche après-midi, nous étions là sur ce chemin ,de métal et de béton parsemé d’arbustes et de fleurs, ayant une vue imprenable d’un côté sur toute la grandeur du paysage urbain et de l’autre les abords de la ville avec la vue sur l’eau le tout baigné par la chaleureuse clarté du soleil couchant qui passait à travers les hauts bâtiments. Le passage sur cette voie ferrée réaffecté restera toujours dans mes souvenirs doux et illuminés du voyage d’études collégial en Histoire à New York!

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VOIR LE SITE OFFICIEL DU HIGH LINE ET DES AMIS DU HIGH LINE

Rachel Castonguay

 

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Mon premier orignal

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Le mois d’octobre est synonyme d’Halloween pour la majorité des enfants du Québec. Ce fut mon cas jusqu’à l’âge de douze ans. Effectivement, le mois d’octobre a une tout autre signification pour la majorité de la population de l’Abitibi-Témiscaminque, car à l’âge de douze ans moi, comme beaucoup d’autres enfants, avons passé notre « cours de chasse ». Ce cour consiste à apprendre les maniements des armes, à bien connaitre la faune, ainsi qu’à prouver que nous sommes capables de chasser. Une fois l’examen terminé, je suis plongé dans l’attente et ce n’est que deux semaines plus tard que j’ai reçu par la poste le résultat qui fût positif, ainsi que ma carte me donnant le droit de chasser avec un adulte, car ce n’est qu’à l’âge de dix-huit ans qu’il est possible de chasser seul. Maintenant que j’ai ma carte de chasse, j’ai évidemment besoin d’une arme, mais comme la loi sur l’âge limite pour chasser, il y en a une, qui est la même pour l’acquisition et la possession d’une arme, il faut dix-huit ans pour avoir une arme à notre nom, alors moi et mon père sommes allés m’en acheter deux à son nom. Bref, j’ai maintenant ma.270 pour chasser l’orignal, et une.22 pour la perdrix. Tous ces événements se déroulent l’été, je dois donc attendre à l’automne, en octobre, pour l’ouverture de la chasse.

Une fois la date arrivée, c’est plusieurs rituels qui s’installent pour la population de Témiscamingue. La chasse commence habituellement le premier samedi d’octobre, alors le vendredi matin il y a la messe du chasseur pour les croyants, je n’y suis jamais allé, mais mes tantes oui. Ils m’ont dit que le curé parle de chasse quelque peu, puis s’entretient avec chacun d’eux pour leur souhaiter bonne chance, puis le reste du temps c’est une messe traditionnelle. Il y a aussi le déjeuner du chasseur où beaucoup de chasseurs se réunissent pour parler de chasse, des traces d’orignaux qu’ils ont vu sur leur territoire de chasse, etc.

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Après, les gens se dirigent vers leurs camps, avec des provisions pour être capable de survivre deux semaines dans le bois, ainsi que plusieurs boissons alcoolisées, car la chasse sans alcool ce n’est pas pareil! Le vendredi soir l’ambiance au camp est à la fête, un bon repas en bonne compagnie et un gros dodo pour le lendemain.

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Le samedi matin à 6 heures c’est l’heure de se lever, un gros café, un très léger déjeuner et une petite marche vers nos tours, dont certaines sont à 45 minutes à pieds, car on doit marcher très lentement pour ne pas faire de bruit. Pour ma part le premier matin de ma première chasse à vie, je suis mon père à la tour du pin, à 15 minutes du camp. Je m’installe et j’attends, rien. Vers 11 h on est de retour au camp pour dîner et écouter le rendez-vous du chasseur, qui est une émission dans laquelle des gens appellent pour féliciter ou encourager des chasseurs.

Maintenant, je passe 5-6 années, je n’ai toujours pas tué d’orignaux, mon oncle oui, ainsi que mon père quand je n’étais pas avec lui. J’ai donc dix-huit ans, c’est la troisième ou quatrième journée de chasse. Les deux premières journées ont été très tranquilles, mes partenaires de chasse sont dans des tours, je suis seul sur la galerie du camp où il y a une très belle vue pour chasser.

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Il est environ 9-10 heures du matin, je me suis endormi sur ma chaise berçante qui est sur la galerie. Je me réveille il est environ 10 h 30, je décide donc d’aller couper du bois à côté du camp pour faire un feu, car il fait froid. Je coupe une dizaine de bûches et je m’en vais au camp pour faire le feu, mais à ce moment qu’est-ce que je vois à 850-900 pieds, une très grosse femelle orignal qui s’apprête à traverser l’étang, je suis chanceux, car je peux seulement tuer les femelles une année sur deux, c’est la loi pour préserver l’espèce. Elle est à environ 100 pieds de mon frère dans sa tour, mais il ne peut pas la voir, car elle est cachée par une pointe de forêt. Je dépose les morceaux de bois par terre, ils peuvent attendre. Je cours prendre ma carabine et je vise l’orignal, je tire une première balle, elle ne bouge pas, alors je lui en tire une autre et une autre, j’ai compris par la suite que je l’avais atteint toutes les fois, mais pour l’instant je ne le sais pas. La femelle se tourne de dos, et regarde vers moi, je ne peux donc plus lui tirer dans le cœur, et je ne peux pas non plus lui tirer dans les fesses, car beaucoup de viande s’y trouve, alors je décide de lui viser la tête à 850 pieds, je tire et je vois qu’elle se met à trembler, mais elle ne tombe toujours pas. Je recharge une balle et tire une dernière balle vers la tête, elle se met à courir et fait environ 20 pieds et tombe dans le bois, je lui ai troué l’oreille avec la première balle, et cassé la mâchoire avec la seconde. Je prends quelques bières dans le frigidaire, et je pars à la rencontre de mon orignal. Je rencontre mon père qui était avec mon frère de 15 ans et qui me dit qu’ils ont vu mes deux dernières balles frapper dans l’eau devant eux. Il me demande si j’ai touché l’orignal si c’est un mâle ou une femelle, je lui dis que je ne sais pas si je l’ai touché, car elle ne bougeait pas alors nous allons voir et elle est là couché par terre, morte.

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Les chasseurs ne sont pas des sauvages sans émotion, nous avons un grand respect pour les animaux, c’est pour cela que nous nous dépêchons à aller voir si l’orignal est mort, car on ne veut pas que la bête souffre inutilement. Par contre, il y a aussi une autre raison pour trouver l’orignal rapidement, car il faut lui couper la gorge pour le vider de son sang, car sinon l’orignal gonfle et la viande se gaspille. Nous coupons donc l’orignal en quatre quartiers, que nous pendons pendant 24-48 heures à l’extérieur avant de l’amener dans le garage pour enlever le poil, et nous l’amenons finalement chez le boucher. Mais avant, une fois l’orignal accroché à côté du camp, tout le monde me félicite, on boit quelques bières puis on dîne, les autres chasseurs retournent à la chasse, en fait que deux des quatre chasseurs du camp, car l’un d’eux doit mettre son permis sur mon orignal, car c’est un orignal pour deux permis. Voici donc ce qu’est la chasse, il faut aimer la nature, et être patient, car je n’ai toujours pas tué d’orignal depuis ce temps.

Jean-François Demers

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Japanime: les débuts

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Oira no Yaku, 1931

 Kobu-tori, 1929

Ugokie Kori no Tatehiki, (1931)

Evil Mickey attacks Japan, 1936

Sources: Open Culture, Anime

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Montreal, P.Q.

Anglo-Quebec

Le Canadien de Montréal, les Blue Jays de Toronto et Denis Coderre sont des monuments exemplaires d’unité et de paix montréalaise, suivant la grève étudiante, la corruption et les élections provinciales, selon un article du Montreal Gazette[1]. C’est juste ça qu’il nous faut à Montréal. Une game de baseball au Stade olympique pour ranger les casseroles, calmer les Hells Angels et mettre le débat politique au repos. Surtout lorsque le débat est axé sur la possibilité de discuter d’indépendance.

Nous avons eu la chance de faire l’expérience d’une campagne électorale antinationale de la part du parti libéral, sans que la question nationale de l’indépendance soit réellement soulevée. Le tout est accentué par les médias anglophones qui nous font don d’une analyse éclairée de la politique québécoise, où des Charles Adler nous éduquent sur les similitudes entre la loi 101 et le fascisme de l’Office québécois de la langue française[2]. Il ne faut surtout pas oublier le grand projet de faire l’indépendance de Montréal dans l’éventualité où le Québec deviendrait souverain[3]. Tout ce désordre politique est traduit par le visage vaincu des Franco-québécois au lendemain des élections, comme s’ils avaient perdu un troisième référendum.

La tranquillité est donc revenue s’installer dans les rues de Montréal. Effectivement, le danger de l’indépendance est maintenant perdu de vue. Certes, il y a de cela deux semaines, on a eu La journée nationale des patriotes. Quelques indépendantistes se sont présentés pour une marche commémorative. Mais rien de trop menaçant pour nos chevaliers fédéralistes qui ont remis ces rêveurs à leur place[4]. Il faut rappeler à ces indépendantistes que le Québec est bel et bien une province.

Par ailleurs, les résultats définitifs des élections européennes en France ont été rendus publics il y a quelques jours avec la confirmation de la victoire du Front National[5]. Il est un peu inquiétant de voir le progrès de l’extrême droite en Europe depuis ces dernières années: la English Defence League, l’Aube dorée, etc. En même temps, il en est rassurant de voir que le populisme d’extrême droite n’a jamais réussi à se solidifier dans la politique québécoise.

En effet, La charte des valeurs québécoises nous rappelle qu’il est encore possible de discuter de citoyenneté et d’identité au Québec sans avoir recours à une rhétorique populiste. Cependant, il existe une tendance à peindre le républicanisme québécois comme s’il s’agissait de fascisme ou de xénophobie. Ces accusations se font lourdes sur la conscience du Québécois qui tente de faire valoir sa langue et sa culture.

Donc, sa culture est vue comme réactionnaire vis-à-vis cet « internationalisme angloplanétaire[6] » qui représente la grande culture globale. Ainsi, il faut juste qu’un joueur des Canadiens maîtrise le « bonjour » et l’« au revoir » pour faire jaillir des papillons dans le ventre des Franco-québécois. Moi, ça me donne mal au cœur. C’est un rappel qui nous montre l’abus historique contre le français qu’on voudrait réduire à une « petite » langue parlée dans une « petite » communauté folklorique. C’est peut-être bien le sport qu’il nous faut pour se réveiller. Un Martin St-Louis face au « symbole national » du Québec porté par un Brian Gionta qui ne score pas.

Joé Blanchard

 

[1] Jack TODD, « Jack Todd: Budding optimism drives Montreal’s resurgence », Montreal Gazette, 22 mai 2014, [En ligne], http://www.montrealgazette.com/sports/Jack+Todd+Budding+optimism+drives+Montreal+resurgence/9867750/story.html (page consultée le 27 mai 2013).

[2] Charles ADLER, « Pastagate goes global », Sun News¸ s,d, https://www.youtube.com/watch?v=Ud_A48zcQd8 (page consultée le 27 mai 2013).

[3] Jonathan KAY, « If Quebec seperates, we keep Montreal », National Post, 5 mars 2014, http://ww2.nationalpost.com/m/wp/blog.html?b=fullcomment.nationalpost.com%2F2014%2F03%2F05%2Fjonathan-kay-if-quebec-separates-we-keep-montreal (page consultée le 27 mai 2013).

[4] Laura PELLETIER, « Ferveur souverainiste et accrochages lors de la marche des patriotes », Le Devoir, 20 mai 2014, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/408667/ferveur-souverainiste-et-accrochages-lors-de-la-marche-des-patriotes (page consultée le 27 mai 2013).

[5] Andy DAVID, « Résultat européennes : les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur [OFFICIEL] », Linternaute, 26 mai 2014, [En ligne], http://www.linternaute.com/actualite/politique/resultat-europeennes-les-resultats-definitifs-du-ministere-de-l-interieur-officiel-0514.shtml (page consultée le 27 mai 2013).

[6] Jean LAROSE, La souveraineté rampante, Québec, Boréal, 1994,p. 101.

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Journée Nationale des Patriotes

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Dessin d’Henri Julien (1852-1908)
Le 15 février 1839, à 9h00 du matin, cinq Patriotes montent sur l’échafaud afin d’y être pendus. Il s’agit de Chevalier DeLorimer, notaire, Charles Hindenlang, militaire français, Pierre-Rémi Narbonne, huissier, Amable Daunais, cultivateur et finalement, de François Nicolas, instituteur. Les Patriotes de 1837@1838

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La ‘Pataphysique

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La ‘Pataphysique

La pataphysique, dont l’orthographe réelle est ‘Pataphysique, précédé d’une apostrophe pour éviter les mauvais calembours, est la science de ce qui se surajoute àla métaphysique, soit en elle-même, soit hors d’elle-même, s’étendant aussi loin au-delàde celle-ci que celle-ci au-delàde la physique. L’épiphénomène (qui se surajoute àun phénomène) étant souvent l’accident, la ‘Pataphysique sera surtout la science du particulier, quoiqu’on dise qu’il n’y a de science que du général. Elle étudiera les lois qui régissent les exceptions et expliquera l’univers supplémentaire à celui-ci; ou moins ambitieusement décrira un univers que l’on peut voir et que peut-être l’on doit voir àla place du traditionnel, les lois que l’on a cru découvrir de l’univers traditionnel étant des corrélations d’exceptions aussi, quoique plus fréquentes, en tout cas de faits accidentels qui, se réduisant àdes exceptions peu exceptionnelles, n’ont même pas l’attrait de la singularité.[1]

Définition (un brin plus succincte): La ‘Pataphysique est la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité.[2]

La ‘Pataphysique réconcilie les regards sur le monde: elle réconcilie physique et métaphysique. Ses recherches donnent des solutions imaginaires trouvées pour résoudre des problèmes, tout aussi imaginaires, que donne la compréhension de l’univers.

Mais une question se pose: qui est pataphysicien?

Le vrai pataphysicien, àun moment ou un autre de sa vie, de manière consciente ou pas, sera confrontédans le plus intime de son être aux deux propositions suivantes:

1)    Le vrai pataphysicien ne prend rien au sérieux, sans la ‘Patapysique…qui consiste àne rien prendre au sérieux.

2)    La ‘Pataphysique consistant àne rien prendre au sérieux, le vrai pataphysicien ne peut rien prendre au sérieux, même pas la ‘Pataphysique.[3]

Se pose une autre question: est-ce que la ‘Pataphysique est institutionnalisée?

Bien sûr, au Collège de ‘Pataphysique.

Cahiers_du_Collège_de_’Pataphysique

Pour comprendre cette Grande et Magnifique Institution, nous allons nous pencher sur l’Harangue inaugurale de Sa Magnifience le Vice-Curateur-fondateur du Collège de ’Pataphysique, le 1er décervelage LXXVI de l’ère ’Pataphysique (vulg. 29 décembre 1948[4]).[5]

Cette journée, les auditeurs au Collège de ‘Pataphysique, une assemblée très dense, se sont rassemblés. Après une longue gestation, le Collège est venu au Monde comme le Monde est venu àlui-même. L’existence du Collège pourrait être considérée comme un mal àpeine nécessaire. Il en est tout autre. Comme la ‘Pataphysique transcende les frontières de l’être, autant que l’être, l’existence d’un Collège ne peut aucunement être injustifiée, puisque la ‘Pataphysique est illimitation.

«Il n’avait pas besoin de naître pour que la ‘Pataphysique fût. Ontologiquement, si je puis me servir d’un adverbe aussi grossier, la ‘Pataphysique précède l’Etre. A priori, c’est évident puisque l’Être n’a pas plus de raison d’être que la raison n’a d’être. A posteriori, ce l’est tout autant puisque les manifestations de l’être sont aberrantes et leur nécessitétoute contingente.»[6]

Alfred_Jarry

Alfred Jarry

Font partis du Collège de Pataphysique: Raymond Queneau, François Le Lionnais (tout deux fondateur de lOuLiPo, une sous-commission du Collège), Max Ernest, Juan Miró, Jacques Prévert, Boris Vian, Eugène Ionesco, Marcel Duchamp, Umberto Eco, etc.[7]

 

[1]Alfred JARRY. Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Saint-Amand, Gallimard, 2005, p.31-32.

[2]Ibid.

[3]Luc ÉTIENNE (régent de contrepet), Faut-t-il prendre la Pataphysique au sérieux, Oleyres, Publications du Centre de Recherches Périphériscopiques, 1984.

[4]Le calendrier ‘pataphysique, http://www.college-de-pataphysique.org/college/accueil_files/calenpat.pdf (consultée le 18 mai 2014).

[5]http://www.college-de-pataphysique.org/college/harangue.html (consultée le 18 mai 2014).

[6]Ibid.

[7]http://www.fatrazie.com/satrapes.htm (consultée le 18 mai 2014).

Kevin Berger-Soucie

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«Ben voyons donc, c’est juste une joke!»

La réplique› Les limites de l’humour

L’humoriste ne peut se soustraire à la critique

Il n’a pas le monopole pour «départager ce qui mérit[e]» d’être sacré de ce qui ne le «mérit[e] pas»

Audrey Simard, Le Devoir, 15/05/14
Le déclencheur « Il serait bien prétentieux, voire dangereux, de croire que nous pouvons faire l’économie du rôle précieux du bouffon. Notre société n’est pas l’aboutissement d’une perfection divine. Elle doit être remise en question comme celles du passé l’ont déjà été. L’espace du bouffon mérite d’être protégé par le citoyen plutôt que cloisonné par les présumées victimes de cette bouffonnerie. Car je peux vous garantir que si chacun appose sa propre petite barrière personnelle dans le but de restreindre le terrain de jeu du clown, il ne restera, en bout de course, qu’assez d’espace pour faire du surplace. »

Guillaume Wagner, « La moquerie ne doit pas être censurée », Le Devoir, 10 mai 2014

Dans son texte, l’humoriste Guillaume Wagner insiste sur le « rôle précieux du bouffon » et de l’« espace du bouffon [qui] mérite d’être protégé ». Bien que l’humour puisse servir de « soupape aux tensions » ainsi qu’à « apaiser les frustrations associées aux bornes sociales », je ne crois pas qu’il doive être protégé à tout prix, c’est-à-dire au détriment des « présumées victimes de cette bouffonnerie », comme les qualifie M. Wagner. L’humour devenant dans la majorité des cas un prétexte pour intimider ou véhiculer/renforcer des stéréotypes sexistes, homophobes, racistes, âgistes, etc., cette égalité « sous le poids du ridicule » dont parle Wagner n’est malheureusement pas réelle puisque ce sont le plus souvent les femmes, les personnes homosexuelles, racisées, handicapées ou dont le corps ne correspond pas aux normes qui sont le plus souvent la cible des humoristes.

Si l’humoriste « est celui qui respecte assez son public pour lui dire la vérité », il s’avère que ses propos ne sont pas que des vérités, mais bien souvent des préjugés, des stéréotypes et des insultes. Un exemple, tiré directement du répertoire de 2012 de M. Wagner, le démontre d’ailleurs : son attaque sur la sexualité et le corps de la chanteuse Marie-Élaine Thibert. Il arrive aussi que « l’humour sexuel, scatologique et violent » dont parle M. Wagner passe de la blague aux actes, comme l’a démontré un certain humoriste nommé Gab Roy, qui a maintes fois mis en pratique ses blagues haineuses envers les femmes. Malheureusement, les paroles de ces clowns de « l’industrie de la blague », prononcées haut et fort sur la place publique, sont trop souvent banalisées à coups de « ben voyons dont, c’est juste une joke », alors qu’elles ont un impact concret sur les mentalités et donc sur le quotidien de personnes, qui, en plus des violences ordinaires qu’elles subissent, se voient confrontées à cette humiliation publique.

Alors que M. Wagner voit un danger dans la censure de la moquerie, le risque me semble davantage résider dans cette volonté de l’humoriste d’être un individu intouchable, revendiquant que sa parole soit à l’abri de toute critique. Tout le pouvoir que la société lui accorde déjà, en lui offrant une tribune rejoignant des milliers de personnes, en fait selon moi un citoyen redevable de ses blagues. Alors oui, certains humoristes devraient se censurer en réfléchissant à l’impact de leurs blagues sur les personnes qui les reçoivent, puisque l’humour contribue à modeler les mentalités. Si la moquerie peut servir à refléter nos travers et à en rire, ce n’est certainement pas sans esprit critique, en récupérant simplement les préjugés ambiants et en les martelant en boucle. Selon moi, tout banaliser sous couvert de l’humour peut devenir un excellent moyen pour se déresponsabiliser de ses paroles. Si, comme le mentionne Wagner, le clown a « le devoir de tout remettre en question », alors son public a certainement le devoir de remettre en question l’humour de ce dernier, sans quoi nous ferons face à un déséquilibre des pouvoirs érigeant le clown en être tout puissant ayant la possibilité de tout dire, en toute impunité. Accorder tout l’espace à l’humoriste sans lui offrir de résistance, comme le souhaite M. Wagner, ne ferait que nourrir cette toute-puissance qui n’a pas lieu d’être.

Alors, à qui revient donc le pouvoir de « départager ce qui mérit[e] » d’être sacré de ce qui ne le « mérit[e] pas » ? L’humoriste ne doit certainement pas avoir le monopole en ce domaine. Et en ce sens, vivement davantage d’humoristes femmes, handicapés, racisés, homosexuels afin de réellement favoriser une diversité de points de vue et une véritable critique sociale par l’humour.

BLx

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Le Capital au XXIè siècle

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Le Capital au XXIè siècle de Thomas Piketty expliqué par Éric Pineault et Gérald Filion.

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Mépris pour Boko Haram

 

real men

Boko Haram, une secte islamiste qui bascule dans la folie meurtrière

 

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«pour l’ultime libération des astres en nous»

Denis Vanier, Allô-police, La Nuit de la poésie 1970

BLx

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L’utilité de l’inutile

utilité

De la nécessité d’enseigner l’inutile

Réflexions de Nuccio Ordine sur l’importance des humanités

Renaud Lussier, Le Devoir, 26/04/14
Dans son dernier essai, Nuccio Ordine, professeur de littérature à l’Université de la Calabre, partage ses réflexions sur l’importance des humanités dans le contexte actuel, qu’il décrit comme un temps de crise, d’obsession à l’égard de l’utilité et de la rentabilité du savoir. L’utilité de l’inutile prend la forme d’une défense du savoir et de la culture dans une perspective humaniste en revenant sur une question fondamentale : comment peut-on rendre l’humanité plus humaine ?

Ordine encourage avec conviction la lecture des classiques de la philosophie et de la littérature, plaide pour la valorisation de ces disciplines que l’on juge trop souvent inutiles et qui sont pourtant si riches en enseignement. «[…] la prétendue inutilité des classiques peut en réalité se révéler un instrument des plus utiles pour nous rappeler […] que la possession et le profit sont mortels, alors que la recherche déliée de toute obligation utilitariste peut rendre l’humanité plus libre, plus tolérante et plus humaine ». L’auteur propose une sélection d’extraits de philosophes, parmi lesquels on trouve Platon, Aristote, Montaigne, Kant, ou d’écrivains, tels Ovide, Dante, Dickens, Calvino, Ionesco, extraits qui permettent de réfléchir sur cette notion d’« utilité », sur les raisons d’être de ces savoirs ou de ces pratiques artistiques, dont les objectifs vont au-delà de l’atteinte d’un profit monnayable.

Force du futile

Dans ses Quelques pensées sur l’éducation (1693), John Locke reprochait aux parents de cultiver le talent poétique de leurs enfants ; l’air du Parnasse était certes agréable, mais le sol de la montagne mythique, infertile, et il valait mieux chercher ailleurs pour trouver l’or et l’argent. L’image n’est pas sans lien avec la situation actuelle et Ordine pose clairement le problème de l’avenir des humanités, celui de la vocation des établissements scolaires, des universités en particulier, qui se voient de plus en plus contraintes à des exigences de rentabilité, de professionnalisation, au détriment de l’enseignement des savoirs fondamentaux et de la recherche, qui se soustrait à la logique du marché. Par ailleurs, la revendication de la gratuité du savoir devrait pouvoir rallier humanistes et scientifiques si l’on se rappelle que « les découvertes fondamentales qui ont révolutionné l’histoire de l’humanité sont en grande partie le fruit de recherches éloignées de tout objectif utilitaire ».

L’auteur présente dans son « manifeste » un court texte d’Abraham Flexner (1866-1959), penseur de l’éducation, qui, à la fin des années 30, citait en exemple quelques découvertes scientifiques majeures dans les domaines des télécommunications, de l’électricité ou de la bactériologie, rendues possibles grâce à des recherches qui n’avaient a priori aucune finalité pratique : « Flexner nous montre de manière remarquable que la science a beaucoup à nous apprendre sur l’utilité de l’inutile et que, aux côtés des humanistes, les scientifiques ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la bataille qu’il faut mener contre la dictature du profit, pour défendre laliberté et la gratuité de la connaissance et de la recherche. » Soulignons l’heureux succès de cet essai qui a été l’un des livres les plus vendus dans les librairies italiennes en 2013 et qui n’aura certainement pas été inutile.

BLx

 

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