Voyage au travers de la ville

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Longeant Chesterfield Avenue, je regardais les passants toujours pressés en ce début de journée. Une femme avait un grand chapeau au style un peu trop Hollywoodien à mon goût. Je préférais la petite casquette d’un vieux monsieur faite de tweed et qui, ma foi, avait l’air très confortable. Quelques enfants couraient ici et là par peur d’être en retard à l’école.

Continuant mon chemin jusqu’au Phoenix Park et empruntant The North Road, je me rendais au Zoo. Les rugissements des lions me conduisaient rapidement vers eux. J’adorais regarder ces créatures si élégantes se balader sur la terre. Je revenais sur mes pas et je reprenais Chesterfield Avenue pour me diriger vers The Criminal Courts of Justice. De ma position, je pouvais très bien apercevoir les futurs détenus attachés les uns derrière les autres à l’extérieur du bâtiment vitré, en direction la prison de Kilmainham. Je passais mon chemin pour emprunter le magnifique Ha’penny Bridge en fer blanc qui surplombe la rivière Liffey. C’était simplement pour mon plaisir puisque je rejoignais rapidement la berge que j’avais quittée, car maman m’interdisais de traverser la rivière.

J’allais ensuite admirer la sculpture d’Anna Livia au Croppies Memorial Park. J’ai toujours cru qu’elle flottait sur l’eau grâce à son allure distinguée. Tournant la tête, je devins très jalouse à l’idée qu’une vieille dame donnait des grains aux pigeons… Si seulement j’étais l’un d’eux. Mais je retrouvais le sourire en me dirigeant vers le Musée National qui se situait quelques pas plus loin. C’était un immense bâtiment qui possédait une cour intérieure et qui ressemblait à un énorme château ou à une ancienne forteresse.

À ma grande surprise, en longeant la rivière Liffey pour aller chercher Chesterfield Avenue, je m’arrêtais devant la vitrine d’un magasin. On y voyait des grandes affiches composées d’autobus à deux étages et de cabines téléphoniques rouge vif. La plus impressionnante était celle d’une grande tour avec une horloge tout en haut. Le tout à gauche, était composé d’un magnifique château, je dirais, encore plus gros que le Musée National. Je me demandais bien où pouvait se situer cet endroit dans le monde.

Je continuais alors ma route et rebroussais le chemin que j’avais emprunté ce matin. Je repassais à côté de plusieurs bâtiments historiques énormes que je trouvais toujours aussi impressionnants à regarder après tant de fois. Certains avaient de grandes colonnes et me faisant penser à la ville de Rome. Les églises restaient quand même les plus jolies avec leurs grands piquets qui surplombaient les toits très penchés. Passant ensuite par des étendues vertes qui me semblaient illimitées, j’arrivais alors au perchoir que j’avais rapidement quitté ce matin, au milieu de Chesterfield Avenue.

J’avais déjà hâte de recommencer ma promenade le lendemain matin. Mais pour le moment, je devais me laver les plumes…

Andréanne Larocque

 

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Lorsque l’histoire dérange

 

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Le 13 mai dernier dans le quotidiens Le Devoir, nous pouvions lire que le ministre de l’éducation, M. Sébastien Blais nous annonçait que l’implantation du nouveau programme d’histoire nationale destiné aux élèves de troisième et quatrième secondaire étaient reportée. Cependant, les projets-pilotes qui sont en cours vont se poursuivre dans une trentaine d’école à travers la province[1]. Une décision qui fait jaser, car selon M. Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d’histoire du Québec ce programme faisait une « certaine unanimité »[2] au sein du comité qui a permis de valider le programme. Le ministre de l’éducation a dit pour justifier sa décision de reporter l’implantation du programme d’histoire que des modifications dans le contenu du cours devait être apportées.

Le sociologue Jacques Beauchemin, aidé par l’historienne Nadia Fahmy-Eid, avaient jeté les bases de cette réforme en 2014 dans un rapport qui s’intitulait « Le sens de l’histoire » qui avait été approuvé par le ministre de l’époque, Yves Bolduc[3]. M. Beauchemin a déclaré que : «Notre intention n’a jamais été de faire une histoire nationaliste, mais de retrouver un fil d’intelligibilité au parcours historique québécois. […] Le Québec peut se poser comme fait de culture particulière et toute société doit être capable de se nommer de manière décomplexée. La redécouverte de ce « nous » national ne suppose pas du tout la marginalisation d’autres groupes »[4]. M. Beauchemin répond au critique qu’il aurait eu de la part de Mme Sylvia Martin-Laforge, qui est présidente du Quebec Community Groups Network (QCGN), qui expliquait au journaliste que certains enseignants dans les communautés anglophones considéraient le programme comme une «version plutôt nationaliste dans sa vision des choses, qui ne mettait pas en valeur la contribution des communautés »[5]. Elle ajoute même que le programme d’histoire nationale présentait les anglophones comme étant « des conquérants, des patrons et des possédants »[6] .

Le nouveau programme d’histoire aurait aussi causé un certain malaise chez les communautés autochtones. En effet, Michael Rice, détenteur d’une majeur en étude autochtone, explique que les Premières Nations ne faisaient pas bonne figure dans le nouveau programme. « Ils ont massacré plusieurs enjeux. Les Premières Nations y sont présentées, mais toujours dans le contexte du colonialisme, avec une perspective occidentale seulement. On nous dit : « Vous avez été colonisés, évangélisés, adoptés, vous avez oublié vos coutumes ». On réclamait déjà nos droits au XVIIIe siècle, mais il n’y en a aucune mention »[7]. Suite à ses paroles, M. Rice nous informe qu’aucun spécialiste sur la question autochtone n’a été invité au nouveau panel.

Bien entendu, je préconise la bonne entente dans ce dossier, mais je crois qu’il est important qu’un cours d’histoire nationale tente de promulguer une certaine fierté de qui nous sommes, en tant que peuple québécois. Je crois aussi que nous devons nous conscientiser par rapport aux Premières Nations qui n’ont pas toujours eu la visibilité qu’elles méritaient, et suivre les recommandations de M. Rice et inviter des spécialistes au nouveau panel qui va se pencher sur le nouveau programme d’histoire nationale. Pour conclure, la meilleure chose à faire serait de créer un programme d’histoire nationale qui va donner le goût aux jeunes de s’intéresser d’avantage à cet éventail de connaissances qu’est l’histoire, tout en prenant compte de toutes les communautés qui font partie du Québec pour leur communiquer la fierté d’être québécois.

Charles Bourgault

 

[1] Robert DUTRISAC et Sarah R. CHAMPAGNE. «Les libéraux reportent le nouveau cours d’histoire

Le ministre Proulx a modifié le contenu pour satisfaire entre autres la communauté       anglophone », Le Devoir, 13 mai 2016, p.1 [ Microforme], Montréal,             http://www.ledevoir.com/societe/education/470848/les-liberaux-reportent-le-nouveau-cours-       d-histoire (page consultée 19 mai 2016)

[2]Ibid.,

[3]Ibid.,

[4]Ibid.,

[5] Robert DUTRISAC et Sarah R. CHAMPAGNE. «Les libéraux reportent le nouveau cours d’histoire

Le ministre Proulx a modifié le contenu pour satisfaire entre autres la communauté       anglophone », Le Devoir, 13 mai 2016, p.1 [ Microforme], Montréal,             http://www.ledevoir.com/societe/education/470848/les-liberaux-reportent-le-nouveau-cours-       d-histoire (page consultée 19 mai 2016)

[6]Ibid.,

[7]Ibid.,

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L’appropriation culturelle pour les nuls

Dernièrement, un collègue m’a montrer cette vidéo sur la plateforme Youtube  ayant pour thème l’appropriation culturelle qui, d’une manière générale, se comprend comme la prise de possession de quelque chose, notamment, par l’achat, l’occupation, la saisie, l’expropriation, la nationalisation ou la violence d’un ensemble des structures sociales et de manifestations intellectuelles, artistiques, religieuses qui définissent une civilisation ou une société par rapport à une autres. La jeune femme, dans cette vidéo, adopte sur ce sujet un point de vue purement libertarien, c’est-à-dire qui encourage la liberté individuelle dans les échanges économiques et dans les rapports sociaux et politiques. Cette vision m’a rappelée un concept hégélien étudié durant mon parcours collégial. La pensée abstraite! La personne qui pense abstraitement fait, justement, abstraction de certains éléments lorsqu’elle construit sa pensée et c’est précisément ce que j’ai pu constater dans l’argumentaire de cette individu. Son argumentation repose sur l’idée que l’appropriation culturelle n’est pas raciste, mais plutôt une façon d’apprécier une autre culture puisqu’à l’inverse, les autres cultures peuvent emprunter aux différentes cultures caucasiennes sans que cela ne soit vu comme une appropriation culturelle ou un acte raciste. Ce dont elle fait abstraction dans son raisonnement c’est de l’idée d’une culture dominante s’attaquant à la culture dominée. Évidemment, lorsqu’une culture dominante prend les coutumes et rituels des cultures minoritaires en leurs retirant leurs aspects sacrées, ce n’est pas un acte délibéré de racisme, mais la culture dominée n’en est pas moins affectée puisqu’il lui est demandé, «en échange», d’adopter à son tour la culture de masse. Ce procédé est littéralement une assimilation cachée lorsqu’on considère que la culture dominée cesse alors d’utiliser ses propres coutumes qui ne signifient plus rien et adopte la culture de masse. Ainsi, à l’occasion de l’Halloween en Amérique, il n’est pas immoral de se déguiser en Vikings ou en Français stéréotypé (avec une chandail rayé et une baguette de pain), tandis que se déguiser en Amérindien c’est faire abstraction d’un fait que l’on oublie assez souvent, à savoir le génocide des peuples amérindiens; peuples multiples dont les différences culturelles ont été par la suite abolies pour ne conserver que l’image d’un peuple unique à la peau basané portant casque à plumes. Ainsi l’appropriation culturelle est inconsciemment un ethnocide déguisé.

Simon Béland

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Ghost in the Shell, un classique

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Ghost in the Shell est un film d’animation cyberpunk japonais réalisé par Mamoru Oshii inspiré du le manga du même nom de Masamune Shirow. Mêlant science-fiction et philosophie, il reçut plusieurs prix à sa sortie et influença plusieurs films du même genre, l’exemple le plus notable étant la trilogie Matrix des frères Wachowski. Avec l’annonce de l’adaptation américaine en prise de vue réelle prévue pour 2017 et mettant en vedette Scarlett Johansson, il semble pertinent de faire une critique de ce classique de science-fiction.

         L’histoire se déroule en 2029 dans une ville utopique à une époque où la majorité des citoyens ont remplacé leur enveloppe corporelle par un corps cybernétique. Dans cette société trans humaniste ils peuvent alors faire voyager leur ghost, ou âme, à travers un immense réseau informatique et même changer de corps. On suit le major Motoko Kusanagi, un cyborg de sexe féminin appartenant à la section 9 de la police, unité spéciale se consacrant à la lutte contre le cyber terrorisme. Le film se concentre sur la poursuite d’un dangereux pirate informatique nommé le Puppet Master, qui manipule des gens en piratant leur cerveau et en modifiant leurs souvenirs. Ce que Kusanagi découvrira au cours de l’enquête la fera cependant remettre en question sa propre humanité…

Le film est assez complexe et intelligent. Il aborde plusieurs questions philosophiques, traitant principalement des notions d’identité, d’humanité et d’existence. Ces idées transparaissent particulièrement à travers les interrogations de Motoko, le personnage le plus développé. Puisqu’elle possède un corps entièrement cybernétique, elle en vient à envisager la possibilité que sa mémoire et sa perception du réel soient fausses et qu’elle soit manipulée par quiconque lui aurait implanté ces souvenirs. On peut ainsi faire un lien avec les Méditations métaphysiques de René Descartes. Le film aborde aussi la question de la définition de l’humanité. Après tout, qu’est-ce qui nous définit en tant qu’être humain? Est-ce la nature de notre corps ou bien notre capacité à ressentir des émotions?

L’animation a été produite par le studio I.G. et est en général d’une très bonne qualité. Elle a été produite en ayant très rarement recours à des images de synthèse, étant principalement constituée de séquences d’animation en celluloïd, ce qui permet de faire en sorte que chaque plan peint à la main soit très détaillé et réaliste. Le style n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui du film Blade Runner, sorti en 1982. De plus, bien que la composition des mouvements des personnages soit parfois assez rudimentaire, en particulier durant les conversations, elle est très fluide durant certaines scènes, notamment à la fin. Quant à la bande-son, elle a été réalisée par Kenji Kawai et est principalement composé de pièces de musique d’ambiance qui permettent d’établir une atmosphère unique. Making of a Cyborg, Nightstalker et Floating Museum sont parmi les plus marquantes.

         En conclusion, Ghost in the Shell est et restera un classique de science-fiction et une référence du genre cyberpunk qui vaut la peine d’être vue.

Philippe Antoine Tremblay

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Poème

LA ROSE INTEMPORELLE

 

L’étoile éternelle de ta présence éphémère

Illumine sitôt notre chemin de loin,

Permettant de chasser les pleurs et le chagrin

Hors de nos âmes désemparées en prières.

 

Triste fatalité, mélancolie refoulée;

Les voiles dans le vent, s’éloignant par malheur

Ton essence intérieure vers un monde meilleur,

Laissant de passage des mémoires affalées.

 

Le soleil écarlate a pleuré sur ton âme:

Le souffle s’en est allé, exilé, s’est perdu.

Mais immortelle, pour toujours, tu es devenue

Dans nos esprits éveillés par la flamme.

 

Vivant ta vie, emporté par son courant;

Jouissance exhalée, exaltée, évaporée!

Immanence de ton être avec l’état premier,

Espérant l’ataraxie dans ton sommeil rassurant.

 

Ne jamais oublier ta présence rayonnante,

Les moments partagés, tous les rires échangés,

Trimbalant désormais ton esprit libéré

Dans nos pensées vivaces effervescentes.

 

Bien que la tempête perturbe la rose,

De ses éclairs et son tonnerre grandiose

Il faut revivre de cette nécrose:

Il faut vivre et délaisser nos pensées moroses.

 

David Auger Millette

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La Révolution par les Livres

jane_austen_writing_tableLa table de travail de Jane Austen

De la critique sociale dans l’oeuvre de Jane Austen

Mr. Darcy, Elizabeth Bennett, Marianne Dashwood, Colonel Brandon… si ces noms ne vous disent rien, celui de Jane Austen ne manquera pas de le faire. Cette écrivaine du début du XIXe concentrait ses romans sur des familles bourgeoises de la campagne anglaise, et parmi ces familles, sur les filles en âge d’entrer en société. Si, en surface, son oeuvre traite d’attachements romantiques et de troubles de cette nature, quelque esprit éclairé peut y déceler un réalisme frappant, qui s’accompagne sans l’ombre d’un doute d’une critique sociale et même féministe. En effet, Austen présente la réalité sociale et économique des femmes de l’époque, c’est-à-dire pour elle la nécessité de se marier afin d’acquérir une place en société et une sécurité financière.

Raison et Sentiments (Sense and Sensibility) s’ouvre alors que Mr. Dashwood meurt. Celui-ci, ayant un fils d’un premier mariage et trois filles d’un deuxième, se voit dans l’obligation de léguer sa maison et son domaine à son fils. N’ayant plus rien à donner à ses filles, même pour leurs dots, il fait promettre à son fils d’assurer leur sécurité économique. La suite du roman illustre ensuite comment la situation fiancière des deux ainées influence leurs opportunités de mariage: on se marie « bien » lorsque l’homme est riche, et on se marie « mal » lorsqu’il ne l’est pas. Socialement, la première option est beaucoup plus viable que la deuxième. Il apparait donc qu’il est impossible de parler du mariage sans parler de l’aspect économique de la chose et vice versa. Pour les femmes, l’indépendance est conférée par les hommes, que ce soit leur mari ou leur père. Dans le cas du père, sa fortune est nécessaire pour assurer un mariage favorable. Austen présente aussi ses personnages avares comme tel, sans les excuser: ils sont victimes de son sarcasme subtil. Écrire, donc, à propos des femmes et de leurs tentatives de mariage peut sembler un endossement de ces pratiques et l’intention d’Austen reste aujourd’hui encore controversé quant à sa nature féministe. Pourtant, une lecture attentive de ses romans révèle une utilisation de l’ironie qui ne peut que nous informer sur son but. Étant elle-même orpheline de père, elle a dû se débrouiller, avec sa mère et sa soeur, pour maintenir un certain niveau de vie. Ses frères les ont aidées du mieux qu’ils ont pu mais ils n’étaient pas riches eux-mêmes. Austen était donc bien placée pour comprendre la dépendance des femmes sur la fortune masculine. Qui de mieux, alors, pour la dénoncer?

L’intérêt de cette critique vient notamment du fait qu’Austen écrivait pour le public même à qui elle reprochait ces torts. La bourgeoisie, ses hommes et ses femmes, lisait les romans d’Austen: c’est pourtant ceux-ci qu’elle représente dans son oeuvre comme des gens obsédés par l’argent et le statut social qu’il confère. Il était donc très astucieux de sa part de magnifier l’aspect romantique de ses récits, afin que sa critique soit, en quelque sorte, insidieuse. Elle présente aussi ses personnages féminins comme de grandes lectrices assez bien éduquées, à son image. La majorité de ses personnages principaux étant des femmes, celles-ci sont très diversifiées et complexes, la fiction réflétant la réalité. Il semble que, pour Austen, la meilleure manière de faire valoir l’importance des femmes soit, tout simplement, en racontant leurs histoires, même romancées. D’un autre côté, il est intéressant de noter que ses personnages masculins sont explorés, la majorité du temps, en surface seulement. Alors qu’elle développe la psyché des femmes en détail, ce que l’on sait des hommes est, principalement, leur état financier et quelques éléments de l’histoire de leur vie. Il semble donc qu’elle réduise les hommes dans ses romans à ce qu’ils peuvent apporter aux femmes… L’inversion des rôles constitue un élément de la critique féministe d’Austen, en refusant aux hommes, dans la littérature, la place qu’ils exigent en société. De plus, il faut rappeler que son oeuvre, écrite entre 1793 et 1811, suit presque immédiatement la révolution française. Étant née en 1775, elle a en quelque sorte grandit dans son sillage et ne peut qu’en être influencée. On dit même que « […] when she [Austen] satirized male privileges and female disenfranchisements, her purposes were as insurrectionary as those of Mary Wollstonecraft and Wollstonecraft’s feminist colleagues of the 1790s and later[1]. » Ainsi, même si Austen n’était pas explicite dans sa défense des femmes comme l’était Wollstonecraft, son approche, par la littérature, permit de toucher une classe sociale, la bourgeoisie, qui était peut être craintive des idées révolutionnaires. Pourtant, ce qu’ils lisaient était bel et bien une révolution par les livres.

Ariane Chasle

[1] Hui Yu, C. (1994) Covert revolution: Jane Austen’s novels as social commentary (Emporia State University, États-Unis) https://esirc.emporia.edu/bitstream/handle/123456789/1650/Chong%201994.pdf?sequence=1

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Spin bowling, all-rounder et autres leg spin à Parc-Ex

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En langue atikamekhw

«Le long métrage de fiction, presque entièrement composé d’acteurs non professionnels, a été sélectionné à la 66e Berlinale en janvier dernier, où il était présenté en première mondiale.

L’histoire relatée est celle de Shawnouk, un jeune autochtone qui tue un homme lors d’un vol à main armée puis s’évade en forêt. Le protagoniste revient ensuite dans sa communauté et entame un processus de guérison, un acte de purification, qui va l’amener à reprendre le contrôle sur sa vie. » ici.radio-canada.ca

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Les Métis sont des «Indiens»

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«Riel, notre frère, est mort»

La lutte des Métis a une résonance toute particulière chez les francophones

Jean-François Nadeau, Le Devoir 15/04/16
Louis Riel (ci-dessus en 1875) a mené l’insurrection métisse.
Photo: Bibliothèque et Archives CanadaLouis Riel (ci-dessus en 1875) a mené l’insurrection métisse.

Louis Riel « sera pendu, même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur ». Cette phrase, attribuée au premier ministre John A. Macdonald, synthétise la tragédie politique des Métis. Les conséquences de leur défaite militaire et de l’exécution de leur principal chef au XIXe siècle se sont fait sentir durement jusqu’à ce jour.

Or la Cour suprême du Canada, dans un jugement déclaratoire, a affirmé jeudi que les Métis sont des « Indiens » au sens où la Constitution de 1867 l’entend à l’article 91. Ce qui veut dire que la Reine a des obligations fiduciaires envers les Métis et les Indiens non inscrits même si elle le nie. Le plus haut tribunal du Canada montre que le pouvoir politique canadien a d’ailleurs déjà légiféré à plusieurs occasions en traitant les Métis comme des « Indiens », notamment pour envoyer leurs enfants dans des pensionnats. Ces vaincus de l’histoire auront-ils une heureuse revanche à retardement ?

En 1869, le Canada acquiert un immense territoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Des colons venus d’Ontario s’y établissent de plus en plus. Des parcelles y sont tracées par des arpenteurs, comme si personne n’y vivait déjà. Le territoire est pourtant déjà habité par des Métis, dont une majorité a le français pour langue commune.

Les Métis ne reconnaissent pas l’autorité du gouvernement canadien. Ils résistent. Et puis ils attaquent et surprennent. Le fort Garry tombe entre leurs mains. Un gouvernement provisoire, dirigé par Louis Riel, négocie l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne. Riel est pourtant pourchassé par ceux qui voient en lui un traître à l’idéal impérial. On veut le tuer, à la suite de l’exécution d’un orangiste par les Métis. Riel fuit un temps aux États-Unis.Nouveau soulèvement

Le 18 mars 1885, les Métis se soulèvent pour une deuxième fois contre le régime imposé par Sa Majesté britannique. Riel forme un nouveau gouvernement provisoire. Des troupes impériales sont vite envoyées pour le combattre. Le 26 mars, un premier affrontement armé donne la victoire aux miliciens de Riel. Les Métis mènent « la petite guerre ». Ils se livrent à des escarmouches, suite d’actions rapides où la mobilité et la connaissance du terrain leur confèrent un avantage certain. Mais sous la force de feu des habits rouges, ils vont bientôt capituler.

À Montréal, le 65e Bataillon est mobilisé. À Québec, on voit les soldats du 9e Bataillon se mettre eux aussi en route pour les vastes plaines de l’Ouest. On part affronter Riel et son lieutenant Gabriel Dumont.

Le nouveau maire de Montréal, Honoré Beaugrand, un ancien militaire de campagnes au Mexique et aux États-Unis, appuie les troupes. Il les félicitera officiellement à leur retour. La population anglaise de Montréal appuiera chaleureusement les soldats à leur retour en juillet. Mais l’appui des francophones va majoritairement à Riel et aux siens. Riel est vu comme un frère.

Le 12 mai 1885, les Métis sont vaincus à Batoche, un village qui leur tient lieu de capitale provisoire. Batoche est pilonnée par les soldats de Sa Majesté. Environ 800 soldats entraînés affrontent 250 miliciens jeunes et vieux. L’artillerie et la mitrailleuse sont utilisées contre les Métis sur les rives de la rivière Saskatchewan. Sous ce feu nourri, une attaque décisive a lieu. C’est la fin.

Riel est pendu le 16 novembre, à la suite d’un procès expéditif qui tient plus qu’autre chose d’un rituel devant conduire à la tombe. Refaire le procès de Riel pour le disculper a occupé beaucoup d’esprits depuis la fin du XIXe siècle. Pour plusieurs Métis toutefois, innocenter Riel ne pourrait se faire qu’à condition d’oser par ailleurs tenir un procès qui condamnerait John A. Macdonald.

La tombe de Riel, située près de l’ancienne cathédrale de Saint-Boniface, constitue encore à ce jour un des lieux de visite incontournables de la ville. Non loin de là, on trouve d’ailleurs une immense représentation moderne d’un Riel écorché qui suscite l’attention.

Manifestation monstre

Louis Riel, esprit à la fois fragile et déterminé, fait forte impression au Québec. Difficile à cerner, près de l’Église, ce dévot a étudié au Collège de Montréal. Au moment de la crise en 1885, son portrait, reproduit en série, est mis en évidence aux fenêtres de nombre de commerces et de maisons de Montréal.

Le 22 novembre 1885, Montréal connaît une des plus grandes manifestations de toute son histoire. La population est indignée par le sort réservé au chef métis. Plus de cinquante mille personnes hurlent leur rage contre les bourreaux politiques de Riel. La ville compte alors 140 000 habitants. Pratiquement tout ce que la ville compte de francophones descend dans la rue.

Au nombre des orateurs qui affirment leur dégoût devant cette politique coloniale, on trouve Honoré Mercier, futur premier ministre du Québec, déjà un orateur très populaire. Il dit : « Riel, notre frère, est mort, victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime du fanatisme et de la trahison ; du fanatisme de Sir John et de quelques-uns de ses amis ; de la trahison de trois des nôtres qui, pour garder leur portefeuille, ont vendu leur frère. »

Des morceaux de la corde de l’illustre pendu seront offerts en souvenir à quelques membres du pouvoir qui se met en place sur les ruines du gouvernement métis. Un bout de cette corde funeste se retrouvera en possession d’un premier ministre du Manitoba, le conservateur Dufferin Roblin. Après sa mort, le Musée de Saint-Boniface s’est vu offrir le macabre objet.

Durant plusieurs décennies, Louis Riel sera assez souvent invoqué dans les discours politiques au Québec. On trouve sa trace régulièrement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, et un peu au-delà. Au Canada français hors Québec, en revanche, la persistance de la figure de Riel demeure étonnamment vive. Des t-shirts autant que des livres et des simulations de procès disent et redisent l’importance tragique de ce personnage qui en appelait à un pays bien différent.

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Echololia

Une performance musicale composée par Mark Applebaum: Echololia, 22 Amplified and Signal Processed Dadaist Rituals.

BLx via Kevin Berger Soucy

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Robot Love

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Sublimes bibliothèques

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Trinity College, Dublin

bibliothèque nationale

Bibliothèque Nationale, Paris

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George Peabody Library, Baltimore

The Beinecke Rare Book & Manuscript Library, New Haven, USA

The Beinecke Rare Book & Manuscript Library, New Haven, USA

20 de plus ici: http://brightside.me/article/24-libraries-of-the-world-so-magnificent-theyll-take-your-breath-away-24105/

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Vénus à l’espadrille

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Escaliers en fer forgé*

StClement

Pourquoi les escaliers sont-ils extérieurs à Montréal ?

* Entre la jeunesse et la sagesse

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Le Lai d’Aristote

Le Lai d’Aristote, domination féminine et humiliation

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Avez-vous déjà rencontré cette représentation iconographique d’une sémillante jouvencelle juchée sur un vieillard ? Il rapporte l’épisode du chevauchement d’Aristote, humilié par une belle courtisane.

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Oui, ce personnage avili représente bel et bien l’un des penseurs majeurs de l’Antiquité, surnommé par ses contemporains Aristote le Stagirite (384-322 av. J.-C.), du nom de sa ville de naissance.  C’est ce même Aristote qui a “démontré” que le terre était immobile au centre l’univers… Vous pouvez consulter ici une démonstration enluminée du géocentrisme d’Aristote datant du XIVe siècle. Bon, il arrive à tout le monde de se tromper, pauvre homme !

Ainsi Aristote a été daubé, tourné en ridicule, mais bien avant que n’éclosent à la Renaissance les théories sur l’héliocentrisme de Copernic ou de Galilée. Les premières humiliations commencent dès le XIIIe siècle, dans le cadre des controverses universitaires entre l’Église et la Science. Au Moyen Âge, la Métaphysique d’Aristote commence à peine à être divulguée en Occident au sein des universités naissantes et autres écoles cathédrales, et sa pensée ne fait pas du tout l’unanimité. Ses travaux scientifiques, bouleversant certaines conceptions du dogme chrétien, sont au cœur des débats et subissent des condamnations de la part des autorités cléricales. C’est alors qu’apparaît le thème caricatural du philosophe chevauché, dans un lai qu’on attribue à un trouvère normand dénommé Henri d’Andeli. Un lai est une sorte de fabliau médiéval censé célébrer l’amour courtois, mais le Lai d’Aristote (vers 1330), comme nous l’allons voir, est davantage une farce qu’une ode à l’amour !

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Source: Savoirs d’Histoire

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