Archives de Catégorie: Histoire et civilisation

Justin Trudeau en Alcibiade

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Justin Trudeau ou le petit Alcibiade canadien

Marc Chevrier

Il est jeune, il est beau; il a fière allure; par sa prestance fougueuse, où qu’il entre, il ne passe pas inaperçu. Conscient de son pouvoir de séduction, il est l’ami, le gendre, l’amant, le fils idéal des femmes, et le fils, le neveu, le confrère rêvé des hommes, petits et vieux. Il sait se faire remarquer et impressionner le tout-venant par ses extravagances. Il vient d’une noble famille au nom prestigieux, d’où qu’il ait déjà frayé avec les puissants de la cité. Sa bravoure, qui frise l’inconscience, paraît un gage de réussite pour toute nouvelle entreprise. Il ne dédaigne pas les plaisirs de la vie et tendre l’image de l’éternelle jeunesse, à l’ardente spontanéité. Malgré les défauts de son élocution et ses maladresses de langage, il parvient par ses discours et gestes à enthousiasmer les foules. Et surtout, il nourrit de grandes ambitions. Fort de sa parenté avec le plus fameux législateur et stratège de la cité, il compte sur l’aura de son ascendance pour conquérir le pouvoir. Quel est son but ?: convaincre le peuple de lui remettre la suprême magistrature pour remédier aux maux de son temps. La suite ici

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BLx

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À quoi pouvait bien ressembler un chant homérique?

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Un passage sur les amours d’Arès et d’Aphrodite (Odyssée, Chant VIII, 267-366)

BLx

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Chiffres Arabes et pourtant Indiens

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Pourquoi les chiffres arabes sont-ils arabes ?

Nous ne nous posons même plus de questions en utilisant ces chiffres, ils ont intégré notre langage. Pourtant, ce système n’a pas toujours été utilisé, c’est une invention… indienne. Pourquoi les appelle-t-on « chiffres arabes » dans ce cas ?

Vers le IIIe siècle avant Jésus-Christ, les Indiens inventent non seulement les chiffres de 1 à 9, mais aussi le système décimal, les méthodes de calcul et, surtout, le zéro — défini au Ve siècle par le mathématicien Brahmagupta. C’est au IXe siècle qu’Al-Khuwazimir, l’un des fondateurs des mathématiques arabes, rapporte ce système de notation et le perfectionne. Nous devons notamment la graphie des chiffres aux Arabes occidentaux ; les chiffres indiens ne ressemblent en rien à ceux que nous connaissons actuellement. L’efficacité du système est telle qu’il se diffuse dans tout le monde arabo-musulman, de l’Afrique du Nord jusqu’en Espagne. De même, les nombreux échanges commerciaux, notamment avec l’Italie, font des Arabes les réels propagateurs du système de chiffres indiens.

Source: Le Devoir, 22/08/16

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Un « aperçu » des 50 derniers siècles…

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An Impressive List of Female Authors from Antiquity

I received a link to the following in an email from my undergraduate poetry teacher the amazing poet and translator Olga Broumas. The post is on tumblr on a page by DiasporaChic, bit the original a…

Source : An Impressive List of Female Authors from Antiquity

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Mouvement étudiant en Inde

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Génération Caryotype XY Aujourd’hui, Z Demain?

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Commençons par une remarque visant à balayer toute idée préconçue. Bien que le contraire ne m’eût posé aucun problème, je suis à l’aise avec mon identité sexuelle. Je suis biologiquement une fille et me sent comme telle. Il ne sera donc pas question ici d’expériences vécues lorsque j’aborderai la lutte contre la nécessité absolue des frontières de genres, mais plutôt d’une réflexion générale sur la société et les observations que j’en ai faites. Il est cependant vrai qu’en tant que personne affiliée à un genre, je suis confrontée au quotidien à une série de considérations, de critères, de règles de conduite que je contribue moi-même à nourrir et à perpétuer. Les filles sont comme ci, les garçons comme ça, ils ont tel et tel goûts, habitudes, façons de penser, réflexes, devoirs, «rôles», etc. Par exemple, je me suis déjà fait reprocher d’avoir sifflé un air parce que ce n’était pas convenable pour une fille. Les garçons aussi ont leur lot de règles, dont la plus évidente : pas le droit de pleurer ou de montrer ses sentiments.

Il y a donc une claire définition de chacun des sexes, qui plus est une forte opposition. En fait, c’est une véritable vision radicale, presque manichéenne qui existe entre les sexes féminin et masculin. Autrement, chaque caractéristique «divergente», chaque comportement qui ne correspond pas à l’archétype, s’accumule pour donner le diagnostic non-officiel, mais oh combien lourd de jugement, de «garçon manqué» ou «fille manquée», comme si on parlait là d’une erreur de la nature. Il y a quelque chose de profondément sécurisant et de rassurant dans le fait de dresser des frontières. On fait de même pour le Bien et le Mal, le sacrée et le profane, l’innocent et le coupable, l’opposant et l’adjuvant, le malade mental et le sain d’esprit, etc. Les zones grises ne plaisent pas, elles exigent une réflexion plus profonde et la possibilité d’être dans l’erreur. En psychologie, c’est l’attitude que l’on appelle l’influence des schémas cognitifs. Il y a d’abord la première pensée qui nous vient en tête, et qui est nécessaire à la survie. Il faut pouvoir agir presque instinctivement dans des situations qui nécessitent une réaction rapide, déterminer si une chose représente une menace ou non et l’attitude à adopter. Cependant, il est néfaste de s’en tenir à cette première réaction. Qu’y a-t-il dans les genres qui menace la vie de toute façon? Peut-on mourir car une personne ne se considère pas uniquement comme un homme ou une femme? Car oui, cela existe, et de plus en plus, car les barrières se perméabilisent, deviennent plus souples et disparaissent au fil des générations. Il n’y a qu’à voir l’émergence de personnalités comme Miley Cyrus pour s’en apercevoir. Cependant, on peut se demander si c’est vraiment par une plus grande acceptation, ou simplement par peur de se voir accuser de discrimination. Évidemment, au grand public, les tabous disparaissent, mais dans les foyers et d’autant plus sur les réseaux sociaux, les personnes qui ne s’identifient pas à un genre, tout comme le cas plus général des androgynes demeurent les victimes d’une répulsion et d’une peur acquises.

Malgré tout, on parle ici principalement de l’Occident, et encore en particulier de la période correspondant au règne du christianisme. Il y a dans l’idée de cette religion non seulement la nécessité de séparer les sexes pour pouvoir proclamer la supériorité de l’homme sur la femme, mais aussi de garantir la procréation permettant de multiplier le nombre de fidèles ainsi que l’éducation des enfants suivant un schéma défini, où les rôles sont précis. Ailleurs dans le monde et à d’autres époques, la distinction n’est pas encore faite ou ne revêt pas la même importance. Par exemple, il existe dans la culture samoane, selon une recherche menée par Douglas VanderLaan, professeur et spécialiste en anthropologie et en psychologie, quatre genres reconnus. En plus des catégories habituelles de femme et d’homme, on retrouve également les «fa’afafine[s]» et les «fa’atama[s]», dont la nomination tient compte du sexe d’origine comme de l’identité de la personne[1]. De plus, c’est un atout chez les chamans de réunir dans leur personne les deux entités, car cela leur permet de connecter avec tout le monde, et ils sont donc reconnus pour cela bien que classés dans le domaine de la spiritualité à la fois fascinante et inquiétante.

La disparition des barrières de genres pose néanmoins la question de l’éducation des enfants, auxquels il faut dorénavant inculquer de nouvelles idées. Il est d’ailleurs à mentionner que l’émergence du mouvement de revendication des droits des gens de genre fluide est en corrélation avec l’affirmation grandissante des communautés homosexuelles, bisexuelles et transsexuelles, qui elles aussi remettent en question des valeurs héritées de la religion et de la tradition. L’éducation n’est pas la seule préoccupation qui naît de la dissolution des genres. En effet, la langue française comme la langue anglaise impliquent systématiquement une discrimination de genre. C’est donc de nouveaux pronoms, des pronoms neutres qu’il faut inventer pour rendre compte de cette nouvelle réalité à l’âge contemporain, par exemple le «ze» qui se place comme intermédiaire entre «he» et «she».[2] La solution semble donc se trouver dans une uniformisation, une unification de ce qui a été séparé, pour convenir à tout le monde. Il n’y aurait plus qu’un sexe, ce qui reviendrait à dire aucun puisque la mention deviendrait désuète. On peut voir cette tentative notamment dans les normes vestimentaires, où le vêtement unisexe est à la mode et où il y a une transgression des interdictions sociales, par exemple celle de faire porter une jupe à un homme. Cette idée de faire disparaître définitivement les genres au lieu d’en créer des nouveaux démontre un souci d’égalité et de conformisme nouveau plutôt que vraiment l’acceptation d’une marginalité qui revendique un statut particulier. C’est un peu ici comme le mouvement féministe, toutes proportions gardées, qui présente un point de vue ambigu, c’est-à-dire à la fois que la femme est égale à l’homme et qu’elle conserve un statut particulier. Faut-il alors féminiser les mots et expressions hérités de siècles de domination masculine, ou profiter de l’effondrement des traditions pour tout remettre à zéro et supprimer définitivement la différence des genres dans un nouveau langage?

Mathilde Hallynck

 

[1] Sarah HAMPSON, «Their story: ‘I want to be somewhere between two fixed points of gender’», The Globe and Mail, http://www.theglobeandmail.com/news/national/their-story-i-want-to-be-somewhere-between-two-fixed-points-ofgender/article28456135 (Page consultée le 23 mai 2016)

[2] Sarah HAMPSON, «Their story: ‘I want to be somewhere between two fixed points of gender’», The Globe and Mail, http://www.theglobeandmail.com/news/national/their-story-i-want-to-be-somewhere-between-two-fixed-points-ofgender/article28456135 (Page consultée le 23 mai 2016)

 

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Perpétuer un combat de titans

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Paul Delaroche, Napoléon abdiquant à Fontainebleau, 1845

Waterloo, 18 juin 1815. La bataille qui aura lieu cette journée bouleversera à jamais l’Europe, mettant fin à plus de 20 ans de guerres incessantes depuis la révolution française. La bataille de Waterloo est la tristement célèbre bataille qui a mis fin au règne de Napoléon Bonaparte en tant qu’empereur des Français qui, pendant un peu plus d’une décennie, a dominé l’Europe de Lisbonne jusqu’à Moscou. Une mauvaise manœuvre, le mauvais temps précédent la bataille, le refus de poursuivre immédiatement les Prussiens en déroute quelques jours plus tôt, nombreuses sont les théories qui tentent de révéler le point tournant qui a entraîné la chute de l’empereur. Encore aujourd’hui, certains s’imaginent ce qui aurait pu arriver si Napoléon avait remporté cette bataille fatale. Or, le 200ème anniversaire de cette bataille fut célébré en Belgique en juin 2015, une belle manière de perpétuer le souvenir d’un combat qui s’est hissé au rang de légende tant son importance fut grande pour tout un continent.

Deux cents ans plus tard, après des films, des documentaires, des livres et des bandes-dessinées ramenant à la vie d’une certaine manière les belligérants de cet affrontement, la plaine de Waterloo accueille à nouveau les armées françaises, britanniques et prussiennes sur son sol pour reconstituer la bataille. En effet, plus de 6000 «reconstitueurs» provenant de 52 pays[1] se sont préparés pour faire revivre ce moment historique. De plus, comme il était fréquent à l’époque, des spectateurs pourront assister en direct à la bataille. Cependant, ils seront plus nombreux qu’en 1815, car 120 000[2] billets ont été vendus pour assister à cet événement.

Puisqu’il s’agit d’une reconstitution historique, nous savons déjà comment la bataille va se finir; la malheureuse défaite de l’armée française. Cependant, il est plaisant de faire revivre une époque où la manière de concevoir et de faire la guerre peut nous sembler complètement étrangère, ainsi que se plonger dans le passé et s’imaginer comment l’histoire aurait pu être différente si Waterloo, au lieu d’être la célèbre défaite de Napoléon, n’avait été qu’une autre victoire s’ajoutant à la liste déjà longue de tous ses succès militaires au courant de sa carrière.

Philippe Nerron-Paquette

[1] Agence France-Presse, «À Waterloo, les armes parlent à nouveau», dans Actualités culturelles, http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/443309/a-waterloo-les-armes-parlent-a-nouveau (Page consultée le 25 mai 2016)

[2] Ibid.

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Je travaille dans un abattoir

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Il est 7 h 10, je viens tout juste de débuter mon premier quart de travail de la semaine. À date, j’ai arraché seulement deux cœurs depuis que nous sommes arrivés, pas si mal comme début de journée. Oui, oui, avec mes mains, de sang-froid, et ce sans aucun remords, je suis un bourreau du 21e siècle! Un contremaitre vient de m’avertir de changer de poste en raison des différentes tailles de volailles qui passe sur la chaine; me voilà maintenant à un endroit où tous les employés aiment aller, une table de découpe. Simple comme titre, il s’agit d’un poste où tout ce que vous avez à faire c’est d’insérer un couteau entre deux os, comme le coude, le genou ou l’épaule, pour ensuite laisser la lame déchirer, il est aussi possible d’employer le terme démembrer, la viande; tâche barbare, pour séparer chacune des pièces de l’animal. Pièces, OH MON DIEU!!! Eh oui, la plupart des employés, tout comme moi d’ailleurs, ont le même sentiment de détachement envers ces bêtes, c’est-à-dire que nous sommes complètement désensibilisés face à la quantité presque incommensurable de volailles qui nous passe sous les yeux. Notre rapport avec l’animal est le même rapport qu’un employé de Ford peut avoir en assemblant des véhicules, puisque sans le vouloir, nous considérons ces bêtes comme des objets bien plus que des êtres vivants. N’allez pas croire ensuite que nous nous foutons totalement de ce qui passe devant nos yeux chaque jour de la semaine! Nous sommes conscients de ce que nous avons à faire. Pour les chanceux qui n’en auraient pas assez de travailler 8 heures par jour, la majorité des samedis est aussi disponible pour les mordus de viande! Après 10 heures ce matin-là, je suis redirigé à nouveau pour ne pas que mes muscles ne se fatiguent trop à déchiqueter ce qui a déjà été avant sa transformation, une belle patte de dindon. Cette fois-ci, j’aboutis à l’effalage, poste où l’employé doit arracher le jabot du dindon. Ce travail est bien simple; insérez votre main dans la fente préalablement coupée du cou de ce dindon, tâtez les alentours avec vos doigts et dirigez vous vers le haut toujours en grattant, vous devriez ensuite sentir une forme dans vos mains, cela ressemble tout particulièrement à un estomac. Si vous la tenez bien, ne vous reste plus qu’à tirer de toutes vos forces pour l’arracher avec le tuyau de l’œsophage entre vos doigts bien sûr…

Ce travail peut paraitre simple, barbare, mais c’est le moyen que la société dans laquelle on vit a adopté pour produire des biens alimentaires de qualité et surtout en grande quantité. Je vous rappelle qu’il ne vous est probablement jamais arrivé de recevoir des morceaux de gras de dindon derrière la tête, ou qu’une aorte de mâle de reproduction, soit un gros tas de 40 kg, vous explose en pleine figure, vous laissant ainsi couvert de sang. Je crois qu’il est important de se rappeler qu’autrefois, plusieurs de vos ancêtres devaient simplement préparer un souper pour leur famille de 12 enfants et que le poulet était saigné à froid dans la grange derrière la maison. La relation aujourd’hui que nous avons avec la viande est fortement dénaturée, possiblement parce que nous n’avons plus à le faire nous-mêmes et que des compagnies s’en charge, mais combien d’entre vous sont en train de lire cet article et de manger en même temps un sandwich au poulet classique, ou qui pour souper auront la chance de manger une magnifique pièce de viande concoctée par leurs parents. Je ne me suis même pas rendu au diner dans le paragraphe précédent et je suis pratiquement sûr que plusieurs sont extrêmement dégoutés par les mots, mais les chiffres en disent long aussi. En une journée, il est possible d’abattre plus de 25 000 dindons entre 7 heures le matin et 4 heures de l’après-midi. Donc rapidement c’est plus de 100 000 bêtes chaque semaine qui sont tuées, donc des millions seulement à cette usine chaque année et il y a un très grand nombre d’usines de ce type au Québec. Banal pour un petit nombre d’employés québécois qui ne font qu’apporter du bonheur à votre assiette!

Je travaille dans un abattoir, je suis couvert de sang, j’ai des excréments d’animaux sur mes bottes, j’ai un morceau de gras de la taille d’un raisin collé sur mon avant-bras, sans parler de l’odeur qui empeste à l’intérieur de ces murs. Je dois me lever demain matin à 6h30 pour être prêt à 7h au travail, les poulets m’y attendent déjà.

Xavier Deslauriers

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Jules Verne et la Science-Fiction utopique

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L’utopie et la science-fiction se ressemblent en plusieurs points, elles sont très similaires pour tout dire. La science-fiction est juste plus « vraie » que l’utopie, car, comme le dit son nom, la science-fiction se base justement sur la science et nous prouve, ainsi, que ça pourrait se passer, que ce soit dans un futur rapproché ou lointain. La science-fiction est beaucoup plus proche du réel que ce que nous pouvons croire. Elle nous avertit sur les possibles changements de notre société si nous ne faisons pas attention à la quête que nous entreprenons vers le savoir dans l’occident contemporain. La science-fiction reflète, à travers ses récits, nos angoisses, nos interrogations et nos craintes face au futur, selon l’époque d’où nous venons. Au fond, nous nous interrogeons sur les enjeux sociaux et moraux du monde dans lequel nous vivons, elle est « témoin de son temps ».[1]

L’un des précurseurs de la science-fiction est Jules Verne, un auteur que j’admire énormément. Jules Verne se servait de l’idéologie de la science et du progrès des Lumières pour faire ses livres. Par contre, il utilisait la science en arrière-fond pour ses idées de romans, mais prenait comme modèle des mythes grecs et romains, comme l’ingénieur Dédale, l’inventeur du labyrinthe où était enfermé le Minotaure ou le gardien mécanique d’une île, le géant Talos.[2] Jules Verne était en désaccord avec le rapprochement fait entre son roman De la Terre à la Lune et celui de H. G. Wells, First Men in The Moon. Jules Verne disait qu’il n’y avait aucun rapport car Wells ne s’appuyait sur aucun fait, il a inventé tout son livre, alors que lui s’est basé sur des faits réels, il utilise la physique pour mettre ses théories de l’avant dans ses livres [3] ; ce que nous pouvons voir avec des livres tels que Autour de la lune, suite de De la Terre à la Lune, Voyage au Centre de la Terre ou bien Vingt Milles lieux sous les Mers.

Justine Goupil-Barsetti

[1] Stéphane MANFRÉDO, La Science-fiction, Paris, Le Cavalier Bleu, 2005, pages 61-62.

[2] Francis BERTHELOT et Philippe CLERMONT, « Science-Fiction et Imaginaires Contemporains », dans Roger BOZZETTO, Colloque de Cerisy, Science-fiction et imaginaires contemporains, Château de Cerisy-la-Salle du 21 au 31 juillet 2006, Paris, Bragelonne, 2007, page 191.

[3] Peter FITTING, « Utopie/Dystopie/Science-Fiction : l’interaction de la fiction et du réel », juin 2007, dans Alliage, revel.unice.fr, http://revel.unice.fr/alliage/index.html?id=3494 (Page consultée le 19 avril 2016).

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Voyage au travers de la ville

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Longeant Chesterfield Avenue, je regardais les passants toujours pressés en ce début de journée. Une femme avait un grand chapeau au style un peu trop Hollywoodien à mon goût. Je préférais la petite casquette d’un vieux monsieur faite de tweed et qui, ma foi, avait l’air très confortable. Quelques enfants couraient ici et là par peur d’être en retard à l’école.

Continuant mon chemin jusqu’au Phoenix Park et empruntant The North Road, je me rendais au Zoo. Les rugissements des lions me conduisaient rapidement vers eux. J’adorais regarder ces créatures si élégantes se balader sur la terre. Je revenais sur mes pas et je reprenais Chesterfield Avenue pour me diriger vers The Criminal Courts of Justice. De ma position, je pouvais très bien apercevoir les futurs détenus attachés les uns derrière les autres à l’extérieur du bâtiment vitré, en direction la prison de Kilmainham. Je passais mon chemin pour emprunter le magnifique Ha’penny Bridge en fer blanc qui surplombe la rivière Liffey. C’était simplement pour mon plaisir puisque je rejoignais rapidement la berge que j’avais quittée, car maman m’interdisais de traverser la rivière.

J’allais ensuite admirer la sculpture d’Anna Livia au Croppies Memorial Park. J’ai toujours cru qu’elle flottait sur l’eau grâce à son allure distinguée. Tournant la tête, je devins très jalouse à l’idée qu’une vieille dame donnait des grains aux pigeons… Si seulement j’étais l’un d’eux. Mais je retrouvais le sourire en me dirigeant vers le Musée National qui se situait quelques pas plus loin. C’était un immense bâtiment qui possédait une cour intérieure et qui ressemblait à un énorme château ou à une ancienne forteresse.

À ma grande surprise, en longeant la rivière Liffey pour aller chercher Chesterfield Avenue, je m’arrêtais devant la vitrine d’un magasin. On y voyait des grandes affiches composées d’autobus à deux étages et de cabines téléphoniques rouge vif. La plus impressionnante était celle d’une grande tour avec une horloge tout en haut. Le tout à gauche, était composé d’un magnifique château, je dirais, encore plus gros que le Musée National. Je me demandais bien où pouvait se situer cet endroit dans le monde.

Je continuais alors ma route et rebroussais le chemin que j’avais emprunté ce matin. Je repassais à côté de plusieurs bâtiments historiques énormes que je trouvais toujours aussi impressionnants à regarder après tant de fois. Certains avaient de grandes colonnes et me faisant penser à la ville de Rome. Les églises restaient quand même les plus jolies avec leurs grands piquets qui surplombaient les toits très penchés. Passant ensuite par des étendues vertes qui me semblaient illimitées, j’arrivais alors au perchoir que j’avais rapidement quitté ce matin, au milieu de Chesterfield Avenue.

J’avais déjà hâte de recommencer ma promenade le lendemain matin. Mais pour le moment, je devais me laver les plumes…

Andréanne Larocque

 

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Lorsque l’histoire dérange

 

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Le 13 mai dernier dans le quotidiens Le Devoir, nous pouvions lire que le ministre de l’éducation, M. Sébastien Blais nous annonçait que l’implantation du nouveau programme d’histoire nationale destiné aux élèves de troisième et quatrième secondaire étaient reportée. Cependant, les projets-pilotes qui sont en cours vont se poursuivre dans une trentaine d’école à travers la province[1]. Une décision qui fait jaser, car selon M. Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d’histoire du Québec ce programme faisait une « certaine unanimité »[2] au sein du comité qui a permis de valider le programme. Le ministre de l’éducation a dit pour justifier sa décision de reporter l’implantation du programme d’histoire que des modifications dans le contenu du cours devait être apportées.

Le sociologue Jacques Beauchemin, aidé par l’historienne Nadia Fahmy-Eid, avaient jeté les bases de cette réforme en 2014 dans un rapport qui s’intitulait « Le sens de l’histoire » qui avait été approuvé par le ministre de l’époque, Yves Bolduc[3]. M. Beauchemin a déclaré que : «Notre intention n’a jamais été de faire une histoire nationaliste, mais de retrouver un fil d’intelligibilité au parcours historique québécois. […] Le Québec peut se poser comme fait de culture particulière et toute société doit être capable de se nommer de manière décomplexée. La redécouverte de ce « nous » national ne suppose pas du tout la marginalisation d’autres groupes »[4]. M. Beauchemin répond au critique qu’il aurait eu de la part de Mme Sylvia Martin-Laforge, qui est présidente du Quebec Community Groups Network (QCGN), qui expliquait au journaliste que certains enseignants dans les communautés anglophones considéraient le programme comme une «version plutôt nationaliste dans sa vision des choses, qui ne mettait pas en valeur la contribution des communautés »[5]. Elle ajoute même que le programme d’histoire nationale présentait les anglophones comme étant « des conquérants, des patrons et des possédants »[6] .

Le nouveau programme d’histoire aurait aussi causé un certain malaise chez les communautés autochtones. En effet, Michael Rice, détenteur d’une majeur en étude autochtone, explique que les Premières Nations ne faisaient pas bonne figure dans le nouveau programme. « Ils ont massacré plusieurs enjeux. Les Premières Nations y sont présentées, mais toujours dans le contexte du colonialisme, avec une perspective occidentale seulement. On nous dit : « Vous avez été colonisés, évangélisés, adoptés, vous avez oublié vos coutumes ». On réclamait déjà nos droits au XVIIIe siècle, mais il n’y en a aucune mention »[7]. Suite à ses paroles, M. Rice nous informe qu’aucun spécialiste sur la question autochtone n’a été invité au nouveau panel.

Bien entendu, je préconise la bonne entente dans ce dossier, mais je crois qu’il est important qu’un cours d’histoire nationale tente de promulguer une certaine fierté de qui nous sommes, en tant que peuple québécois. Je crois aussi que nous devons nous conscientiser par rapport aux Premières Nations qui n’ont pas toujours eu la visibilité qu’elles méritaient, et suivre les recommandations de M. Rice et inviter des spécialistes au nouveau panel qui va se pencher sur le nouveau programme d’histoire nationale. Pour conclure, la meilleure chose à faire serait de créer un programme d’histoire nationale qui va donner le goût aux jeunes de s’intéresser d’avantage à cet éventail de connaissances qu’est l’histoire, tout en prenant compte de toutes les communautés qui font partie du Québec pour leur communiquer la fierté d’être québécois.

Charles Bourgault

 

[1] Robert DUTRISAC et Sarah R. CHAMPAGNE. «Les libéraux reportent le nouveau cours d’histoire

Le ministre Proulx a modifié le contenu pour satisfaire entre autres la communauté       anglophone », Le Devoir, 13 mai 2016, p.1 [ Microforme], Montréal,             http://www.ledevoir.com/societe/education/470848/les-liberaux-reportent-le-nouveau-cours-       d-histoire (page consultée 19 mai 2016)

[2]Ibid.,

[3]Ibid.,

[4]Ibid.,

[5] Robert DUTRISAC et Sarah R. CHAMPAGNE. «Les libéraux reportent le nouveau cours d’histoire

Le ministre Proulx a modifié le contenu pour satisfaire entre autres la communauté       anglophone », Le Devoir, 13 mai 2016, p.1 [ Microforme], Montréal,             http://www.ledevoir.com/societe/education/470848/les-liberaux-reportent-le-nouveau-cours-       d-histoire (page consultée 19 mai 2016)

[6]Ibid.,

[7]Ibid.,

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L’appropriation culturelle pour les nuls

Dernièrement, un collègue m’a montrer cette vidéo sur la plateforme Youtube  ayant pour thème l’appropriation culturelle qui, d’une manière générale, se comprend comme la prise de possession de quelque chose, notamment, par l’achat, l’occupation, la saisie, l’expropriation, la nationalisation ou la violence d’un ensemble des structures sociales et de manifestations intellectuelles, artistiques, religieuses qui définissent une civilisation ou une société par rapport à une autres. La jeune femme, dans cette vidéo, adopte sur ce sujet un point de vue purement libertarien, c’est-à-dire qui encourage la liberté individuelle dans les échanges économiques et dans les rapports sociaux et politiques. Cette vision m’a rappelée un concept hégélien étudié durant mon parcours collégial. La pensée abstraite! La personne qui pense abstraitement fait, justement, abstraction de certains éléments lorsqu’elle construit sa pensée et c’est précisément ce que j’ai pu constater dans l’argumentaire de cette individu. Son argumentation repose sur l’idée que l’appropriation culturelle n’est pas raciste, mais plutôt une façon d’apprécier une autre culture puisqu’à l’inverse, les autres cultures peuvent emprunter aux différentes cultures caucasiennes sans que cela ne soit vu comme une appropriation culturelle ou un acte raciste. Ce dont elle fait abstraction dans son raisonnement c’est de l’idée d’une culture dominante s’attaquant à la culture dominée. Évidemment, lorsqu’une culture dominante prend les coutumes et rituels des cultures minoritaires en leurs retirant leurs aspects sacrées, ce n’est pas un acte délibéré de racisme, mais la culture dominée n’en est pas moins affectée puisqu’il lui est demandé, «en échange», d’adopter à son tour la culture de masse. Ce procédé est littéralement une assimilation cachée lorsqu’on considère que la culture dominée cesse alors d’utiliser ses propres coutumes qui ne signifient plus rien et adopte la culture de masse. Ainsi, à l’occasion de l’Halloween en Amérique, il n’est pas immoral de se déguiser en Vikings ou en Français stéréotypé (avec une chandail rayé et une baguette de pain), tandis que se déguiser en Amérindien c’est faire abstraction d’un fait que l’on oublie assez souvent, à savoir le génocide des peuples amérindiens; peuples multiples dont les différences culturelles ont été par la suite abolies pour ne conserver que l’image d’un peuple unique à la peau basané portant casque à plumes. Ainsi l’appropriation culturelle est inconsciemment un ethnocide déguisé.

Simon Béland

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Ghost in the Shell, un classique

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Ghost in the Shell est un film d’animation cyberpunk japonais réalisé par Mamoru Oshii inspiré du le manga du même nom de Masamune Shirow. Mêlant science-fiction et philosophie, il reçut plusieurs prix à sa sortie et influença plusieurs films du même genre, l’exemple le plus notable étant la trilogie Matrix des frères Wachowski. Avec l’annonce de l’adaptation américaine en prise de vue réelle prévue pour 2017 et mettant en vedette Scarlett Johansson, il semble pertinent de faire une critique de ce classique de science-fiction.

         L’histoire se déroule en 2029 dans une ville utopique à une époque où la majorité des citoyens ont remplacé leur enveloppe corporelle par un corps cybernétique. Dans cette société trans humaniste ils peuvent alors faire voyager leur ghost, ou âme, à travers un immense réseau informatique et même changer de corps. On suit le major Motoko Kusanagi, un cyborg de sexe féminin appartenant à la section 9 de la police, unité spéciale se consacrant à la lutte contre le cyber terrorisme. Le film se concentre sur la poursuite d’un dangereux pirate informatique nommé le Puppet Master, qui manipule des gens en piratant leur cerveau et en modifiant leurs souvenirs. Ce que Kusanagi découvrira au cours de l’enquête la fera cependant remettre en question sa propre humanité…

Le film est assez complexe et intelligent. Il aborde plusieurs questions philosophiques, traitant principalement des notions d’identité, d’humanité et d’existence. Ces idées transparaissent particulièrement à travers les interrogations de Motoko, le personnage le plus développé. Puisqu’elle possède un corps entièrement cybernétique, elle en vient à envisager la possibilité que sa mémoire et sa perception du réel soient fausses et qu’elle soit manipulée par quiconque lui aurait implanté ces souvenirs. On peut ainsi faire un lien avec les Méditations métaphysiques de René Descartes. Le film aborde aussi la question de la définition de l’humanité. Après tout, qu’est-ce qui nous définit en tant qu’être humain? Est-ce la nature de notre corps ou bien notre capacité à ressentir des émotions?

L’animation a été produite par le studio I.G. et est en général d’une très bonne qualité. Elle a été produite en ayant très rarement recours à des images de synthèse, étant principalement constituée de séquences d’animation en celluloïd, ce qui permet de faire en sorte que chaque plan peint à la main soit très détaillé et réaliste. Le style n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui du film Blade Runner, sorti en 1982. De plus, bien que la composition des mouvements des personnages soit parfois assez rudimentaire, en particulier durant les conversations, elle est très fluide durant certaines scènes, notamment à la fin. Quant à la bande-son, elle a été réalisée par Kenji Kawai et est principalement composé de pièces de musique d’ambiance qui permettent d’établir une atmosphère unique. Making of a Cyborg, Nightstalker et Floating Museum sont parmi les plus marquantes.

         En conclusion, Ghost in the Shell est et restera un classique de science-fiction et une référence du genre cyberpunk qui vaut la peine d’être vue.

Philippe Antoine Tremblay

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Poème

LA ROSE INTEMPORELLE

 

L’étoile éternelle de ta présence éphémère

Illumine sitôt notre chemin de loin,

Permettant de chasser les pleurs et le chagrin

Hors de nos âmes désemparées en prières.

 

Triste fatalité, mélancolie refoulée;

Les voiles dans le vent, s’éloignant par malheur

Ton essence intérieure vers un monde meilleur,

Laissant de passage des mémoires affalées.

 

Le soleil écarlate a pleuré sur ton âme:

Le souffle s’en est allé, exilé, s’est perdu.

Mais immortelle, pour toujours, tu es devenue

Dans nos esprits éveillés par la flamme.

 

Vivant ta vie, emporté par son courant;

Jouissance exhalée, exaltée, évaporée!

Immanence de ton être avec l’état premier,

Espérant l’ataraxie dans ton sommeil rassurant.

 

Ne jamais oublier ta présence rayonnante,

Les moments partagés, tous les rires échangés,

Trimbalant désormais ton esprit libéré

Dans nos pensées vivaces effervescentes.

 

Bien que la tempête perturbe la rose,

De ses éclairs et son tonnerre grandiose

Il faut revivre de cette nécrose:

Il faut vivre et délaisser nos pensées moroses.

 

David Auger Millette

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