Lincoln
No Vietnamese ever called me Nigger (contre la guerre du Vietnam)
Le titanic
et son iceberg
Plus de photos: http://news.distractify.com/mark-pygas/views-of-famous-events/?v=1
BLx via Christine Dakhil
Lincoln
No Vietnamese ever called me Nigger (contre la guerre du Vietnam)
Le titanic
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Alain Gagnon, Le Devoir, 22/09/14
L’indépendance, que ce soit celle du Québec, de l’Écosse ou, peut-être bientôt, de la Catalogne, n’est pas affaire de survivance, de défense de sa différence, mais bien un passage d’un état de minorité à un état de majorité des peuples et des individus qui les composent, au sens légal et moral et donc politique (non démographique) où le philosophe Emmanuel Kant l’entendait dans son court texte paru en 1784, Qu’est-ce que les Lumières ? Rappelons-en deux passages.
D’abord : « Les Lumières sont l’émancipation de l’homme de son immaturité dont il est lui-même responsable. L’immaturité est l’incapacité d’employer son entendement sans être guidé par autrui. […] Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! voilà donc la devise des Lumières. »
Ensuite : « La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc., je n’ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront pour moi de cette besogne fastidieuse. Que la plupart des hommes finissent par considérer le pas qui conduit vers sa majorité, et qui est en soi pénible, également comme très dangereux, c’est ce à quoi ne manquent pas de s’employer ces tuteurs qui, par bonté, ont assumé la tâche de veiller sur eux. »
Kant n’était pas devin, mais il a vu juste dans le jeu des tuteurs — et des pupilles. Partout, toujours, un même scénario : menaces et promesses de dernière minute des tuteurs, si vagues qu’elles seront faciles à renier une fois le danger passé, et capitulation des pupilles, effarouchés par les obligations de la majorité, au premier chef la « dévolution » de la responsabilité. Comme par hasard, même si ce n’en est pas un du tout, la déresponsabilisation et le phénomène qu’on a appelé « adulescence » sont des traits marquants des sociétés avancées contemporaines.
Est probablement venu aussi le temps de dissocier les campagnes en faveur de l’indépendance des peuples d’un « projet de société » fouillé, détaillé et mirifique. Le véritable projet de société qu’implique un référendum sur l’indépendance est précisément celui d’amener une société à la responsabilité, à sa majorité, noble mais exigeante. C’est dans un deuxième temps seulement que les citoyens, libres, autonomes, pourront véritablement se donner un projet de société concret, à leur pleine mesure, y employant l’entendement, le jugement et les moyens que procure l’indépendance. Il n’est pas vrai qu’il n’y aura que des gains, sans coût et sans sacrifice, au pire un coût nul, pas plus qu’il n’est vrai que le passage de l’adolescence à l’âge adulte ne s’accompagne que de gains.
Au chapitre du projet de société et de la transparence, le SNP d’Écosse a certainement été exemplaire, publiant un document-programme de 670 pages, illustrant avec minutie l’opportunité et la faisabilité de l’indépendance. Sauf que ce n’est pas du tout là que se décide l’adhésion ou non du citoyen, on vient encore de le voir. Il faudra bien un jour réhabiliter en politique, et dans le destin des nations, les mots courage, responsabilité, rêve et passion.
…
BLx

JOUR 9 : Écosse, JOUR DU RÉFÉRENDUM
Aujourd’hui est le grand jour ! Les Écossais décideront bientôt de leur avenir politique. L’excitation est à son comble dans les rues brumeuses et froides d’Édimbourg !
Tout d’abord, nous nous sommes dirigés, en début d’après-midi, dans un pub afin d’y tâter le pouls de la population et d’y attendre des nouvelles de la personne qui devait nous faire visiter les coulisses du référendum. Toutefois, ne recevant aucune information et ce, après plusieurs appels et messages vocaux laissés à cette personne, nous avons rapidement dû laisser tomber le plan selon lequel nous devions assister au dépouillement du vote. Nous nous sommes alors dirigés vers l’hôtel des médias où se trouvaient toutes les grandes chaînes de télévision internationale. La place, qui grouillait d’activités, était belle à voir. Une excitation grandissante s’en dégageait à la venue des résultats référendaires. Par la suite, nous avons marché vers le Parlement écossais où se tenait un rassemblement de plusieurs centaines d’indépendantistes. Nous nous sommes ainsi retrouvés en pleine rue bondée où déambulaient bon nombre d’Écossais exprimant fièrement et bruyamment leurs convictions politiques. Portes et fenêtres d’appartements et automobiles affichaient également sans complexe leur allégeance à l’Écosse ou au Royaume-Uni. Le climat, très tendu et animé, était beau à voir ! Sur notre route vers le Parlement, nous avons d’ailleurs croisé des manifestants basques et catalans venus en grand nombre apporter leur soutien à la cause écossaise. Assemblés devant une église, les militants basques chantaient gaiement un hymne de leur nation, tandis que leurs confrères catalans avaient allumé plusieurs cierges aux couleurs des drapeaux catalan et écossais sur le parvis de la cathédrale. Fraternelle et chaleureuse, l’ambiance était belle à voir. Après êtres restés quelques minutes sur place afin d’observer ces deux manifestations conviviales, nous sommes arrivés au Parlement où se trouvait un magnifique rassemblement indépendantiste. Au son de la cornemuse et de chants écossais, nous avons pris part à cette manifestation solennelle des plus émouvantes. Un grand espoir se faisait ressentir chez les militants présents en grand nombre.
Touchés par cette magnifique mobilisation, nous nous sommes par la suite dirigés vers un pub écossais situé à proximité de notre hôtel, le Cairn Hotel. Sur notre route, nous avons croisé deux bureaux de vote où se tenaient, de part et d’autres, des militants du Yes et du » No, thanks » (dont le nom est d’ailleurs inspiré de la campagne référendaire du camp du non, « Non merci », de 1980). Les deux camps, plantés à l’entrée des bureaux, tentaient d’influencer les électeurs jusqu’à la dernière minute, se battant férocement pour chaque vote. L’animosité entre les deux partis étaient palpable et ce, en particulier aux deuxième bureau de vote que nous avons croisé. À ce bureau, un militant indépendantiste, piqué à vif par un militant du » No, thanks » qui lui avait auparavant lancé un commentaire désobligeant (que nous n’avons malheureusement pas entendu), lui a d’ailleurs furieusement crié : » You just shut your fuckin’ mouth ! » Cette expression d’une haine profonde entre les deux camps allaient d’ailleurs être très annonciatrice des événements qui se sont produits à Glasgow au lendemain du référendum dans lesquels des partisans adverses se sont violemment affrontés (http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2014/09/20140920-062322.html#.VB1-yQjKhWw.facebook). Malgré cette tension considérable, nous avons tout de même pris le temps de discuter avec les militants du camp du non qui étaient sur place. Ceux-ci nous ont fait part des raisons les motivant à voter non, qui consistent principalement en un sentiment d’appartenance envers le Royaume-Uni ainsi qu’une peur d’une crise économique en Écosse.
Par la suite, après avoir assisté à cette démonstration d’agressivité entre les deux camps, nous sommes allés manger dans un pub où régnait une grande agitation dans l’attente des résultats référendaires. De nombreux Écossais étaient rivés aux télévisions du pub où la bière coulait d’ailleurs à flots. Puis, nous sommes rentrés à notre hôtel pour y trouver un peu de sommeil en attendant les résultats qui allaient alors être connus dans seulement quelques heures.
À la suite de ce repos bien mérité, nous nous sommes dirigés vers 4h du matin au Parlement alors que les résultats, en faveur du » No, thanks », commençaient à sortir sur les ondes de la BBC. Assemblés devant l’édifice, une centaine d’indépendantistes étaient toujours présents, encore pleins d’espoir malgré le fort pourcentage du camp du non. Toutefois, certains, exprimant leur colère en brisant bouteilles de vitre et autres objets, contribuaient à augmenter considérablement la tension entre manifestants et policiers. Malgré la présence de plusieurs médias venus recueillir la mauvaise humeur des indépendantistes, nous avons décidé de quitter la place en voyant la situation s’envenimer. Nous avons alors regagné l’hôtel où nous nous sommes rivés devant une télévision afin de suivre le décompte des votes.
C’est donc avec stupeur et déception que nous avons appris, vers 6h du matin, la victoire officielle camp du non à 55%. Dépités et complètement épuisés, nous avons quitté l’Écosse à 11h10, à peine quelques heures après l’annonce des résultats.
Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84
L’avenir de l’Écosse à la suite de l’échec référendaire :
Malgré cette défaite par un mince pourcentage du camp du oui, le mouvement indépendantiste n’a toutefois pas adopté une attitude défaitiste. Déjà, deux jours après l’échec référendaire et l’annonce de la future démission du Premier Ministre Alex Salmond en novembre prochain, une nouvelle campagne indépendantiste citoyenne, » The 45 Pourcent », est lancée. De plus, dans nos discussions avec des militants du » No, thanks », nous avons appris que ceux-ci étaient quelque peu insatisfaits par la campagne de peur menée par le camp du non. La plupart des Écossais (et même les partisans du camp du non) sont d’ailleurs très ouverts à l’idée du » Devo Max » promis par le Premier Ministre du Royaume-Uni David Cameron. Il est donc certain que les Écossais exigeront davantage de pouvoir pour le Parlement écossais et veilleront à ce que les engagements promis par Londres soient respectés (comme l’a mentionné Alex Salmond dans son discours du 18 septembre dernier). Cette histoire est ainsi loin d’être finie et ce, surtout si l’Angleterre ne respecte pas ses promesses, comme ce fut d’ailleurs le cas à la suite du référendum de 1980 au Québec durant lequel Pierre Eliott Trudeau avait émis sa fameuse déclaration : « Un Non, c’est un Oui au changement. » À suivre …
– Nouvelle de la démission d’Alex Salmond : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2014/09/19/009-ecosse-alex-salmond-demission.shtml
– Nouvelle campagne indépendantiste, » The 45 Pourcent » : ttps://www.facebook.com/pages/The-45-percent/1561746757381815?fref=ts
– Discours d’Alex Salmond du 18 septembre dernier :https://www.youtube.com/watch?v=OAkZW7ofMks
Virginie Simoneau-Gilbert
Impressions de Berlin : Après le choc de l’affichage unilingue allemand, nous avons rapidement adopté Berlin. Son ambiance ne va pas sans rappeler l’atmosphère de Montréal, une ville cosmopolite, dynamique, vivante et artistique. Toutefois, il se dégage de la capitale allemande une certaine lourdeur due à son histoire contemporaine des plus macabres : Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, Mur de Berlin, etc. À la fois accueillante et austère, Berlin est donc une ville magnifique qui suscite à la fois émerveillement, fascination et perplexité.
JOUR 8 : Édimbourg.
Tout d’abord, après une courte nuit, nous avons pris l’avion à 7h du matin pour nous envoler pour Londres, où nous avons eu une escale de quelques heures. C’est dans la capitale anglaise que nous avons subi un interrogatoire douanier des plus stressants. » Why are you staying only two days in Scotland ? », » Why are you going for the referendum ? » , » Why were you in Berlin and Barcelona ? » sont seulement quelques exemples des nombreuses questions qui nous ont été posées par une douanière, ma foi, extrêmement souriante. Nous avons eu vraiment peur, c’est le cas de le dire. La sécurité nationale, au Royaume-Uni, est une priorité et cette peur des attaques terroristes s’observe aisément dans l’aéroport de Heathrow où nous étions : sévère contrôle douanier, prise d’empreintes digitales, prise de photos à la sécurité, chiens de détection, etc. Après cette expérience pénible, nous nous sommes envolés pour Édimbourg à 11h50. Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant que Pierre Karl Péladeau ainsi que Julie Snyder étaient sur e même vol que nous ! Nous en avons donc profité pour discuter et arranger une rencontre en soirée avec eux. Finalement, nous sommes arrivés à Édimbourg vers 14h de l’après-midi sous un ciel nuageux et une température avoisinant les 13 degrés Celcius.
Assis au deuxième étage d’un » double decker bus » (un bus à impériale) faisant la navette entre l’aéroport et le centre-ville d’Édimbourg, nous avons pu observer un peu de campagne écossaise, en plus de nous familiariser avec la ville. De nombreuses pancartes telles que » Conduisez à gauche » sont d’ailleurs mises à la disposition des touristes qui peuvent se sentir quelque peu dépaysés par le singulier code de la route du Royaume-Uni. Cette promenade en autobus nous a permis de découvrir les premiers monuments de cette ville tout simplement époustouflante. La capitale de l’Écosse a de quoi en impressionner plusieurs de par ses nombreux édifices ancestraux, ses châteaux et ses rues conviviales. Dès notre arrivée à Édimbourg, nous avons ressenti une grande émotion à la vue de cette ville grouillante d’activité en ce moment historique.
Après notre arrivée au centre-ville de la capitale écossaise, nous avons un peu marché dans la ville afin d’y contempler, notamment, le Scott Monument érigé en l’honneur de l’écrivain écossais Sir Walter Scott. Nous nous sommes également familiarisés avec les traditionnels taxis noirs du Royaume-Uni, bombés, grands et confortables. C’est d’ailleurs en jasant avec le chauffeur de ce taxi que nous avons découvert toute la dureté de l’accent écossais qui nous est apparu, dès la première écoute, très difficile à comprendre. Toutefois, les habitants d’Édimbourg sont sympathiques, gentils et patients avec les touristes, heureusement pour nous.
Par la suite, après avoir déplié bagages, nous nous sommes dirigés au coin de notre rue où se trouvait un kiosque du camp du Yes. À la veille du référendum, ceux-ci vendaient de nombreux macarons, autocollants et affiches pro-indépendance. Nous en avons donc profité pour discuter avec plusieurs militants qui étaient sur place. Nous leur avons d’ailleurs offert notre soutien pour le référendum qui se déroulera le 18 septembre, c’est-à-dire dans moins de 24 heures. Une profonde activité règne dans les rues d’Édimbourg à la veille du référendum tant attendu. C’est beau à voir !
Après ces rencontres, nous nous sommes dirigés aux Meadows, immense parc situé à proximité de l’Université d’Édimbourg, où avait lieu une manifestation indépendantiste de quelques centaines de manifestants. Nous avons pris part à ce rassemblement munis de bannières et drapeaux du Québec afin d’exprimer notre soutien pour la cause écossaise et donner au Québec une visibilité internationale. Plusieurs militants indépendantistes, tels que le député Alexandre Cloutier (du Parti Québécois), la député Martine Ouellet (du Parti Québécois) ainsi que la délégation Québec-Monde, formée d’une trentaine de jeunes observateurs, y étaient présents. Plusieurs médias y étaient, tels que la Gazette, TVA Nouvelles … et même la télévision chinoise ! Tous les yeux du monde sont rivés sur l’Écosse à la veille du référendum ! L’excitation est à son comble !
À la suite de cette manifestation, nous nous sommes dirigés vers le Balmorale Hotel où nous attendait nul autre que Pierre-Karl Péladeau qui nous a invités à prendre un whisky écossais en sa compagnie. Nous avons discuté avec lui, pendant une bonne heure, du futur économique du Québec, de la descente du Parti Québécois aux dernières élections, de la relation entre les jeunes et l’indépendance, etc. Ce fut une rencontre extrêmement intéressante et éclairante qui nous a permis d’en apprendre davantage sur cet homme d’affaires québécois.
Finalement, nous nous sommes dirigés au Au Bar, un pub écossais, où se tenait une soirée pour les Québécois venus observer le référendum en Écosse. Après être restés seulement quelques minutes, nous sommes retournés à notre hôtel, épuisés. Quelle journée bien remplie !
Plan du JOUR 9 :
Demain est le GRAND JOUR ! Nous aurons la chance d’assister au processus démocratique (déroulement et dépouillement du vote) dans les coulisses du référendum en compagnie d’un observateur international. Puis, nous participerons au grand rassemblement du Scottish National Party à l’occasion de la soirée référendaire. Nous sommes très, très fébriles !
Vidéo au kiosque du camp du Yes : https://www.facebook.com/video.php?v=10154511282795478&set=vb.770670477&type=2&theater
Photos de la manifestation pro-indépendance aux Meadows :https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1531038657108363.1073741840.1523700971175465&type=1
Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3
Virginie Simoneau-Gilbert
Discussion avec un militant indépendantiste qui m’a passé son chapeau traditionnel écossais pour la photo, kiosque du camp du oui, Édimbourg, 17 septembre 2014.
Virginie Simoneau-Gilbert
Classé dans Art, Culture et société, Histoire et civilisation, Photos
JOUR 7 : Berlin
Aujourd’hui, notre seul moment de tout le voyage sans rencontres diplomatiques et événements politiques, était une journée entièrement dédiée au tourisme. Quelle belle ville qu’est la ville de Berlin !
Tout d’abord, vers 13h, nous sommes arrivés à la station Alexanderplatz, immense station commune à quatre lignes de métro, véritable fourmilière de la capitale. Nous avons donc profité du soleil et de la chaude température de Berlin pour explorer le centre ville où se trouvent de nombreux musées et bâtiments historiques impressionnants. Sur notre chemin vers le Deutsches Historisches Museum, nous en avons d’ailleurs croisé plusieurs d’entre eux. Premièrement, après avoir quitté l’Alexanderplatz, nous nous sommes arrêtés à la St. Marienkirche, église bâtie autour de 1270 qui devint une église protestante en 1539, dans l’effervescence de la réforme de Martin Luther. Une statue à l’effigie de ce théologien allemand, érigée en 1893, se dresse d’ailleurs sur l’un des côtés de cette jolie église. Deuxièmement, nous avons continué tranquillement notre marche vers l’Île des Musées où nous avons pu apercevoir le Rotes Rathaus, c’est-à-dire le siège du Sénat de Berlin qui constitue l’administration municipale de la ville. Cet impressionnant édifice, qui fut bâti de 1861 à 1869, a été considérablement endommagé par les bombardements alliés durant la Seconde Guerre mondiale. ll s’agit d’un magnifique parlement chargé d’histoire qui trône d’ailleurs fièrement derrière la Neptunbrunnen, grandiose fontaine d’inspiration classique représentant le dieu romain de la mer, Neptune, qui fut bâtie en 1891. C’est en contemplant de si épiques monuments que l’on prend conscience de l’énorme influence de l’architecture gréco-romaine sur l’Allemagne au cours des derniers siècles. La Berliner Dom, la plus grande cathédrale de Berlin, le Schlossbrücke, un pont traversant la rivière de la Sprée, ainsi que le Altes museum, un musée dédié aux arts de l’Antiquité gréco-romaine, que l’on peut tous les trois contempler sur l’Île des Musées, ne font pas exception à la règle. Toutefois, certains détonnent dans cette architecture classique. En effet, c’est notamment le cas du Fernsehturm Berlin, une tour de télévision et d’observation inaugurée en 1969, dont l’architecture futuriste rappelle le contexte historique de la Guerre Froide. C’est également le cas du Marx-Engels Forum, parc dans lequel se trouvent, près des rives de la Sprée, deux statues érigées en l’honneur de Karl Marx et Friedrich Engels, célèbres auteurs du Manifeste du Parti communiste. La richesse de tous ces monuments est très impressionnante à voir. C’est donc ébahis par la diversité architecturale de l’Île des Musées que nous nous sommes dirigés au Deutsches Historisches museum pour 14h. Pour seulement quatre euros (prix étudiant), nous avons pu visiter une exposition GIGANTESQUE sur l’histoire de l’Allemagne du Moyen Âge jusqu’à la Guerre Froide. Nous avons pu y admirer, notamment, des Bibles du Moyen Âge, des écrits originaux de Martin Luther, de grandes oeuvres philosophiques du 18e siècle, de l’équipement militaire datant de la première moitié du 20e siècle ainsi que le Traité de Versailles (1919) en édition originale. L’exposition était tellement riche et immense que, de 14h à 18h, nous n’avons malheureusement pas eu le temps de la visiter au complet. Nous avons, en effet, manqué la partie sur la Guerre Froide, segment pourtant important de l’histoire de l’Allemagne.
Or, nous nous sommes repris, en soirée, en allant visiter une portion du Mur de Berlin situé près de la station de métro Bernauer Straße. Cette fraction, qui fait plus de 1,4 kilomètre de longueur et 3,60 m de hauteur, est restée en grande partie presque intacte et est régulièrement entretenue par les autorités de la ville. De plus, un nombre important de plaques informatives et commémoratives sont présentes sur le site du mémorial en l’honneur des victimes qui ont trouvé la mort en tentant désespérément de passer du côté est (sous l’URSS) au côté ouest (sous les États-Unis, la France et le Royaume-Uni) par divers moyens : escalade du Mur, création de passages souterrains, adoption d’une fausse identité, etc. Ce site, bien construit, permet ainsi aux touristes de comprendre en profondeur les difficultés économique, politique et sociale vécues par l’Allemagne au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Très émouvant, ce musée à ciel ouvert nous a saisi de par une impression de gravité, de terreur, de souffrance et de mort qui s’en dégage.
C’est donc bouleversés que nous avons regagné notre hôtel en soirée, à la fois charmés et décontenancés par cette singulière ville qu’est Berlin.
Les 95 Thèses de Luther
Plan du JOUR 8 :
Le huitième jour du périple, nous prendrons l’avion à 7h pour nous envoler pour Édimbourg, après un transfert à Londres. L’arrivée dans la capitale de l’Écosse est prévue pour 14h. Une fois installés là-bas, nous effectuerons probablement des rencontres diplomatiques, en plus de nous familiariser avec les lieux en vue du référendum du 18 septembre. Le jour tant attendu arrive à grands pas !
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Virginie Simoneau-Gilbert
Le Oui est surtout l’affaire des jeunes et des hommes
Il aura suffi qu’une petite nation de cinq millions d’habitants et vieille de sept siècles décide de se prononcer sur son indépendance pour provoquer un vent de fébrilité dans toute l’Europe. De Madrid à Bruxelles en passant par Dublin et Moscou, le spectre d’un redécoupage des frontières du continent, même démocratiquement, semble hanter les dirigeants européens plus que l’annexion violente de la Crimée. Faut-il craindre un effet domino ? demandent les plus européistes qui, comme l’éditorialiste du Figaro Pierre Rousselin, craignent qu’un « Oui » vienne « galvaniser les indépendantistes » et mener à « une balkanisation de l’Europe ». La Catalogne en première ligne C’est évidemment à Madrid que les signaux clignotent le plus. Si le scrutin écossais inspire les Catalans — le quotidien El Periodico y voit « une leçon de démocratie » —, il embarrasse au plus haut point Madrid qui ne veut rien entendre du référendum prévu en Catalogne le 9 novembre prochain. Madrid devrait d’ailleurs saisir le tribunal constitutionnel dès que le président de la generalitat, Artur Mas, fera adopter la loi référendaire. Madrid serait même prêt à suspendre l’autonomie de la Catalogne pour empêcher les Catalans de suivre l’exemple écossais, a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel García-Margallo. L’Espagne est d’autant plus à fleur de peau que le Pays basque suit lui aussi de près l’exemple écossais. En 2008, Madrid avait annulé la décision du Parlement basque de tenir une consultation sur son avenir. Mardi, le porte-parole du Parti nationaliste basque (PNV) au Congrès espagnol, Aitor Esteban, a fait la une de toute la presse espagnole en demandant à José Manuel García-Margallo s’il irait jusqu’à « à envoyer les tanks ». L’onde de choc fait aussi des remous en Belgique où les autonomistes flamands de la N-VA sont en pleine consultation pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.« Les événements écossais sont un véritable laboratoire pour notre pays », écrit l’éditorialiste du quotidien Le Soir. Deux députés de la N-VA sont déjà à Édimbourg, même si c’est « à titre privé », disent-ils. « L’Écosse crée un précédent important à l’intérieur de l’Union européenne, un cas très intéressant », a déclaré l’un d’eux, Piet De Bruyn. Élu de la N-VA, Mark Demesmaeker a qualifié de « courageux » le geste du premier ministre britannique David Cameron. « C’est lui qui a signé avec Alex Salmond, le leader des indépendantistes écossais, l’accord d’Édimbourg prévoyant un référendum et s’engageant formellement à en respecter les conséquences, quel qu’en soit le résultat. » Mais, pour les analystes, ce n’est pas le Royaume-Uni qui va résoudre le dilemme flamand. Majoritaires en Belgique, les Flamands savent en effet qu’ils devraient, pour se séparer, faire leur deuil de Bruxelles, majoritairement francophone. Ce n’est ni le cas des Écossais ni celui des Catalans. Et l’Irlande Le son des cornemuses s’est même fait entendre jusqu’à l’extrémité orientale de l’Europe. En Crimée, les représentants russes n’ont pas craint de dire que si le résultat du référendum écossais était reconnu, celui qui s’est tenu en catastrophe il y a six mois pour annexer la Crimée à la Russie devrait l’être lui aussi. Même les Serbes de Bosnie, qui rêvent de rejoindre la Serbie, se sont dits inspirés par ce qui se passe en Écosse. Après la Catalogne, c’est peut-être plutôt en Irlande du Nord que le référendum écossais pourrait avoir le plus de conséquences. La consigne du silence a été imposée aux membres du gouvernement de l’Ulster, mais on sait que le Sinn Féin rêve toujours d’une réunification avec la République d’Irlande. Le parti nationaliste a d’ailleurs proposé la tenue d’un référendum à cet effet en 2016, à l’occasion du centenaire du soulèvement de Pâques qui mena à l’indépendance irlandaise. Puisque, en cas de victoire du « Non », le gouvernement britannique s’est engagé à déléguer de nouvelles compétences à l’Écosse, on s’attend à ce que l’Irlande du Nord et le pays de Galles réclament eux aussi une plus grande part du gâteau. Même s’ils ne veulent pas être accusés d’ingérence, les leaders de l’Union européenne n’ont pas craint d’adopter la ligne dure à l’égard de l’Écosse et de la Catalogne de crainte d’un effritement de l’Europe, disent-ils. Pourtant, soulignent certains observateurs, la véritable menace ne vient-elle pas d’un mouvement souverainiste comme le Front national en France plutôt que des indépendantistes écossais qui ont toujours voué un véritable culte à l’Union européenne ? Cette « peur » semble bien « artificielle », écrit Romaric Godin dans le journal économique La Tribune. « En dehors du cas espagnol, les autres régions d’Europe ne semblent pas, pour le moment, réellement concernées : la N-VA flamande se prépare à entrer dans le gouvernement fédéral belge et la Ligue du nord italienne reporte l’indépendance de la “ Padanie ” à bien plus tard. » Bref, n’est pas Écossais qui veut. … BLx
Classé dans Culture et société, Histoire, Politique
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JOUR 6 : Berlin
Aujourd’hui fut une journée particulièrement excitante, à la fois politique et touristique.
Tout d’abord, de 12h à 14h, nous avons assisté au colloque international organisé par le groupe MOSECON (Modern Security Consulting Group), » Yes or no ? The consequences and sociopolitical implications of a referendum on independence ». De grands médias internationaux tels que CCN, le Los Angeles Times et La Razon ont couvert cet événement dans lequel des représentants des peuples catalan, écossais, québécois et kurde ont livré une allocution d’environ 10 à 12 minutes chacun en compagnie de Yan St-Pierre, organisateur de l’événement et fondateur du MOSECON.
– Jan Eichhorn (représentant écossais) : Directeur de recherche, Université d’Édimbourg
– Birgit Ammann (représentante kurde) : Professeure en sciences politiques, FH Postdam
– Maxime Laporte (représentant québécois) : Avocat et Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
– Marti Estruch Axmacher (représentant catalan) : Officier international de presse au consul de la diplomatie publique de Catalogne
– John MacInnes (représentant écossais) : Expert en identité écossaise et catalane, Université d’Édimbourg

Cette conférence, particulièrement enrichissante, m’a permis d’en apprendre davantage sur la situation politique, économique et sociale des peuples catalan, écossais et kurde. Très pertinent à la veille du référendum écossais, ce colloque m’a également permis d’effectuer plusieurs liens entre ces quatre nations aspirant à leur autodétermination. De plus, après la conférence, nous avons pris le temps de manger et de discuter avec les différents représentants pour en apprendre davantage sur leur combat anticolonialiste. J’ai d’ailleurs été très surprise d’apprendre que ces communautés voient le Québec comme une grande source d’inspiration et ce, malgré nos deux défaites référendaires. Pour eux, la nation québécoise a utilisé, au cours de son histoire, une démarche politique tout à fait légitime, démocratique et pacifique qu’est le référendum, véritable modèle international pour les peuples aspirant à leur autodétermination. Ce fut, bref, une expérience très agréable, surprenante et enrichissante pour nous tous !
Par la suite, nous avons profité de la présence de Yan St-Pierre, organisateur du colloque et fondateur du groupe MOSECON, pour découvrir un peu Berlin. En effet, Yan est un Québécois établi en Europe depuis de nombreuses années qui parle couramment allemand.
Il nous a donc guidé dans le métro jusqu’à la station à proximité de la Porte de Brandebourg et du palais du Reichstag. Après avoir savouré une succulente crème glacée Häagen-Dazs, nous nous sommes dirigés vers ces deux monuments chargés d’histoire.
Construite de 1788 à 1791, la porte de Brandebourg, faisant partie du Mur de Berlin, symbolisa, pendant longtemps, la séparation de la ville entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Le palais du Reichstag, pour sa part, fut construit en 1884 et abrita l’Assemblée du Reich de 1894 à 1933 (date à laquelle il fut incendié sous la montée du nazisme), puis de 1999 à aujourd’hui. Sur notre route du métro S+U Potsdamer Platz (Bln) jusqu’à ces deux édifices, nous avons croisé quelques pans du Mur de Berlin qui ont été, depuis le 9 novembre 1989 (date de la chute du célèbre mur), décorés de nombreux graffitis … et chewing-gums.
De plus, quelle ne fut pas notre surprise en y apercevant un manifestant soviétique qui se faisait un plaisir de prendre photos et vidéos avec les curieux de la place ! Arborant uniforme militaire et drapeau de l’URSS, celui-ci nous a rendu, de toute évidence, très mal à l’aise … En tout cas …
Après avoir pris nombreuses photos avec ces quelques morceaux du mur, nous avons également croisé trois monuments en l’honneur de deux communautés persécutées durant la Seconde Guerre mondiale : un en l’honneur des homosexuels, situé au coeur du Großer Tiergarten, immense espace vert de la capitale allemande, et deux en l’honneur des Juifs, l’un situé également dans le Großer Tiergarten et l’autre, sur le boulevard Ebertstraße.
Oeuvres commémoratives puissantes et émouvantes, il en émane un profond sentiment de honte et de culpabilité face aux atrocités subies par ces deux groupes minoritaires lors du régime nazi. Saisis par la tristesse se dégageant de ces monuments, nous avons continué notre chemin vers la porte de Brandebourg
et le palais du Reichstag où nous avons été particulièrement impressionnés par la grandeur et la finesse de l’architecture néoclassique de ces deux édifices magnifiques.
Projetant une élégance et une splendeur indéniables, ces deux symboles forts de Berlin nous ont tout simplement charmés.
Finalement, nous avons terminé la soirée au restaurant traditionnel Max und Moritz, en compagnie de Yan St-Pierre et de plusieurs sympathiques Allemands ayant précédemment assisté au colloque international, afin d’y déguster bières et mets typiques. J’ai d’ailleurs pu goûter à l’originale Berliner Kindl, une excellente bière blonde berlinoise. J’avais, de ce fait, goûté à un dérivé de la Berliner Kindl la veille, la Berliner Kindl Weisse, une bière très légère aux fruits se buvant à l’aide d’une paille. L’originale est tout aussi succulente.
C’est donc la panse satisfaite que nous avons regagné notre hôtel en fin de soirée pour y trouver du repos, la tête remplie d’agréables souvenirs.
Plan du JOUR 7 :
Demain, nous avons l’intention d’effectuer la visite de plusieurs musées d’histoire, situés à l’Île des Musées, ainsi que le célèbre musée à ciel ouvert du Mur de Berlin où nous pouvons admirer un pan considérable du fameux mur. Nous nous promènerons également dans Berlin afin de déguster cafés européens, dont la qualité surpasse largement celle des cafés américains. Peut-être, pour clore notre séjour à Berlin, irons-nous reprendre une bière en soirée en compagnie de Yan.
Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3
Virginie Simoneau-Gilbert
Le Québécois Maxime Giroux a remporté le prix du Meilleur film canadien pour son long métrage «Félix et Meira» au Festival international du film de Toronto.
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La tombe monumentale d’Amphipolis, qui abrite sans doute un proche d’Alexandre le Grand, est en train d’être fouillée depuis l’été. Les archéologues viennent de franchir un second mur, gardé par deux statues. Que peut-il y avoir derrière ?
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JOUR 5 : Berlin
Après avoir passé trois jours dans une ville magnifique, dynamique et chaleureuse, nous nous sommes envolés à 9h50 pour Berlin où nous sommes arrivés vers midi. Après avoir récupéré bagages et passes de transport en commun pour trois jours, nous avons pris l’autobus et le métro jusqu’à notre hôtel, l’Hotel Moa, situé dans le nord de la ville, près de la station de métro Birkenstraße (Berlin U-Bahn). Dès nos premiers pas en dehors de l’aéroport, nous avons été très saisis par le choc culturel. En effet, ne possédant que très peu de connaissances de l’allemand, nous avons ressenti, pour la première fois depuis notre départ, un profond sentiment de dépaysement devant l’affichage unilingue des transports en commun.
Par la suite, après s’être reposés un peu au cours de l’après-midi, nous sommes sortis, en soirée, autour de notre hôtel pour explorer les environs. Nous avons, entre autres, mangé à un restaurant turc (puisque Berlin possède une population turque assez importante) et pris une bière allemande à un petit bistro nommé l’Arema Cafe und Restaurant, endroit sympathique situé à deux pas de notre hôtel. Attablée à la terrasse du bistro, j’ai pu y déguster une Berliner Kindl Weisse à la lime, bière très légère de couleur verte se buvant à la paille dont l’originale ressemble davantage à une bière blonde au goût plus fort (voir photo : https://histoireetcivilisation.com/wp-content/uploads/2014/09/9c7ba-berlinerkindlweisse.jpg).
Finalement, après cette courte immersion dans le nord de Berlin, nous avons regagné notre hôtel, très étonnés devant cette découverte culturelle.
Plan du JOUR 6 :
Demain, nous assisterons, de midi à 14h, à l’Hotel Moa (où nous sommes), à la conférence » YES or NO ? The Consequences and Sociopolitical Implications of a Referendum on Independence » organisée par le MOSECON, Modern Security Consulting Group, où Maxime Laporte livrera une allocution en tant que représentant du Québec. De nombreux médias internationaux, ministres et ambassadeurs y seront présents. Nous irons également souper avec Yan St-Pierre, un Québécois travaillant pour le MOSECON qui, nous l’espérons, nous fera découvrir davantage la gastronomie allemande.
Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84