BLx
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Créer, c’est vivre deux fois[1].
Albert Camus
Raconter.
Raconter, c’est échapper à la mort. C’est réactiver la mémoire de la communauté et donc permettre à cette dernière d’échapper à l’oubli de soi. Raconter, c’est précisément « vivre deux fois », comme l’affirmait Camus dans Le Mythe de Sisyphe.
C’est pourquoi certaines civilisations ont trouvé ou trouvent un réconfort dans les histoires du passé qui assurent une fonction expiatoire et commémorative. C’est notamment le cas du peuple juif qui, depuis son apparition, a accordé et accorde toujours une importance particulière aux textes religieux, mais aussi aux légendes, histoires ou contes pour enfants qui alimentent leur imaginaire collectif.
De ce fait, l’un des grands représentants de la tradition littéraire juive du 20e siècle, Isaac Bashevis Singer, incarne précisément cette nécessité de la littérature en tant que moyen de survivance dans une ère de grands bouleversements politiques, sociaux et culturels. Ayant fui la Pologne antisémite qui se trouvait, dans les années 1930, sous la domination de l’Allemagne nazie, Singer est ainsi un exemple flagrant du devoir de mémoire, de cette obligation de se raconter le passé à une époque où la civilisation hébraïque est menacée par l’annihilation.
Né en 1902 à Leoncin, en Pologne, Singer est initié très tôt aux textes religieux juifs et entreprend des études rabbiniques. Toutefois, passionné par la littérature dont il a fait très tôt la découverte, il décide jeune de se consacrer entièrement à la rédaction de nouvelles et de romans qu’il écrira en yiddish, langue orale qui situe ainsi Singer dans la tradition presque disparue des conteurs hébraïques. Parmi ses influences importantes, on retrouve, évidemment, les textes religieux, mais également les récits légendaires et folkloriques juifs[2]. Ayant immigré aux États-Unis en 1935 avec son frère afin de fuir l’antisémitisme montant en Pologne, Singer s’intéressera très tôt à cette civilisation nord-américaine différente, industrielle, consumériste. Se sentant en marge de cette société, Singer incarnera donc volontiers ce sentiment d’étrangeté, cette angoisse, cette solitude habitant la population juive américaine[3]. Parmi les thèmes récurrents de ce Prix Nobel de Littérature (1978), on retrouve notamment la foi, la spiritualité, l’individu, l’identité, la sexualité et la souffrance (que cette dernière soit humaine ou animale). En effet, devenu ouvertement végétarien dans les années 1960, Singer se situe ainsi à contre-courant de la pensée religieuse juive et incarne donc cette angoisse de cette communauté écartelée entre tradition et modernité[4]. De ce fait, cette considération du végétarisme dans l’œuvre de Singer fera ici l’objet d’une analyse plus approfondie.
Isaac Bashevis Singer ou le paradoxe du penseur juif végétarien
Ainsi, tel que mentionné précédemment, Singer, dans son choix d’une alimentation végétarienne, rompt avec les textes religieux juifs caractérisés par une considération de l’animal presque inexistante. En effet, l’homme judéo-chrétien, selon Bataille, se trouve « à l’opposé de l’homme archaïque en ce qu’il n’est plus d’intimité entre lui et le monde[5]. » De surcroît, l’homme de Lascaux respecte, admire, mystifie (non sans nostalgie et jalousie) la bête, contrairement à l’homme judéo-chrétien qui s’emploie à affirmer sa supériorité rationnelle sur l’animal.
De ce fait, un mépris de la bête est exprimé très clairement dès les premières lignes du mythe fondateur du judaïsme et du christianisme, celui de la Genèse. Dans ce récit édificateur de la pensée judéo-chrétienne, l’impératif de la subordination de l’animal à l’homme est légitimée par Dieu au cinquième jour de la création originelle du monde, alors qu’il ordonne à l’humanité : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maîtres, et dominez les poissons des mers, les oiseaux du ciel et tous les reptiles et les insectes. » (Genèse I, 28) Cette soumission de l’animal au genre humain sera d’ailleurs justifiée par le Tout-Puissant à de nombreuses autres reprises dans l’Ancien Testament. Par exemple, après le sacrifice à Dieu effectué par Abel (fis d’Adam et Ève et frère de Caïn), le Seigneur autorisera clairement la consommation de viande à l’homme, confirmant, de ce fait, la subordination toujours plus profonde de la bête à l’humanité (Genèse IX, 3)[6].
Toutefois, l’Ancien Testament contient quelques lueurs d’espoir pour les créatures non-humaines comme « Le juste prend soin de la vie des bêtes. » (Proverbes, XII, 10). De plus, aussi paradoxal cela peut sembler, l’importance du sacrifice animal dans la religion juive exprime une forme de respect de la puissance spirituelle de la bête. En effet, le sacrifice constitue, en réalité, un retour au monde sacré et à l’immanence souillés par le monde profane de la transcendance et de l’outil depuis Lascaux. De ce fait, dans ce rituel, l’être sacrifié est toujours un animal domestique (tel le bœuf ou la vache) ayant perdu son immanence à la nature pour être réduit par l’outil au profane[7]. Immoler la bête qui a été préalablement « séparé[e] de sa propre intimité, comme [elle] l’est dans la subordination du travail[8] », c’est ainsi précisément rompre ces liens d’assujettissement de l’animal apprivoisé à l’humanité. C’est donc lui rendre sa pleine immanence sacrée et, par conséquent, sa dignité originelle[9].
Cependant, si subsiste une certaine considération spirituelle de la bête dans le judaïsme via le sacrifice, la pensée juive subordonne également la bête à l’humanité et s’emploie à mépriser la part d’animalité en l’homme (on songe ici aux pulsions sexuelles qui constituent l’instinct naturel).
Il va donc sans dire que se positionner contre cette exploitation de la nature par l’homme en se déclarant ouvertement végétarien (comme le fait Singer), c’est précisément refuser d’obéir à des commandements divins et donc, s’exposer audacieusement aux foudres du Tout-Puissant.
De ce fait, Singer se positionne d’emblée contre cette dépréciation de la nature par l’homme, position qui s’exprime profondément dans son œuvre. En effet, Singer expose la souffrance animale via la figure récurrente de l’enfant qui, dans sa naïveté, s’interrogera sur la nécessité de la souffrance de la bête subordonnée à l’homme, souffrance que l’auteur osera même comparer à celle qu’ont vécu les Juifs victimes de la Shoah. Cette analogie provocatrice a ainsi été énoncée pour la première fois par Singer dans son roman Ennemies, une histoire d’amour (1972), alors que le personnage principale, Herman, constate avec désarroi la détresse de la bête : « Bien que Herman ait souvent assisté à l’abattage d’animaux et de poissons, il avait toujours la même pensée : dans leur comportement envers les autres créatures, tous les hommes sont des nazis[10]. » Ainsi, un végétarisme militant caractérise l’œuvre de Singer qui, tel que mentionné précédemment, s’interroge sur la souffrance humaine qu’il rapproche volontiers de celle de la bête dont la vie est « un éternel Treblinka[11]. » S’opposant ainsi à la culture traditionnelle juive, Singer ouvre donc la voie à une œuvre littéraire hébraïque écartelée entre conservatisme et modernisation.
Le christianisme ou la honte de l’animalité
Ainsi, entre passé et modernité, l’œuvre de Singer perpétue cette tradition du conteur juif, mais soulève également de nombreux questionnements qui touchent, notamment à l’identité du peuple juif et à son rapport à l’animal. Toutefois, si subsistent des lueurs d’espoir pour les bêtes dans la spiritualité juive, le christianisme, en revanche, s’avère beaucoup plus dépréciateur de la bête. En effet, cette honte généralisée de l’animal s’exprime explicitement dans le Nouveau Testament qui porte principalement sur la figure du Christ et ses actes on ne peut plus révélateurs sur les intentions de Dieu non favorables à l’animal. En effet, selon saint Augustin, qui se réfère ici à un épisode précis de la vie de Jésus, « [l]e Christ lui-même montre que s’abstenir de tuer les animaux ou de détruire les plantes est le comble de la superstition, car, jugeant qu’il n’existe pas de droit commun entre nous et les bêtes ou les arbres, il envoie les démons dans un troupeau de pourceaux et en le maudissant dessèche l’arbre sur lequel il n’a pas trouvé de fruit[12]. » Cette analogie entre la bête et l’élément démoniaque est ainsi posée de manière on ne peut plus flagrante dans cette opposition nette à l’homme qui possède l’immortalité de l’âme et donc, la possibilité du salut divin éternel. Ainsi, malgré quelques penseurs chrétiens favorables à l’animal (on songe à saint Basile, à Jean Chrysostome, à saint Isaac le Syrien[13] et à saint François d’Assise[14]) la plus importante pensée chrétienne qu’est celle de saint Augustin soutient que si « l’Éternel est juste dans toutes ses voies, Et miséricordieux dans toutes ses œuvres » (Psaumes, CXLV, 17), il ne l’est qu’à l’égard d’une humanité davantage près du divin, car faite « à l’image de Dieu. » (Genèse I, 27)
Ainsi, la honte de l’animalité en nous et hors de nous que nous laisse comme héritage le judéo-christianisme et dont notre Modernité cartésienne s’est abreuvée.
L’existence de la bête, ou « un éternel Treblinka. »
Virginie Simoneau-Gilbert
BIBLIOGRAPHIE
Livres en ligne
CAMUS, Albert. Le Mythe de Sisyphe, Chicoutimi, Les classiques des sciences sociales, 2010, 125 p., http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/mythe_de_sisyphe/mythe_de_sisyphe.pdf (Page consultée le 5 mai 2015)
Articles d’un ouvrage de référence en ligne
ROSENZWEIG, Luc. « Isaac Bashevis Singer » , dans Encyclopédie Universalis, Paris, Encyclopédie Universalis, s.d., http://www.universalis.fr/encyclopedie/isaac-bashevis-singer/ (Page consultée le 5 mai 2015)
Livres
BATAILLE, Georges. Théorie de la religion, Paris, Gallimard, 1973, 149 p.
DE FONTENAY, Élisabeth. Le silence des bêtes : La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Paris, Fayard, 1998, 1078 p.
SINGER, Peter. La libération animale, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2012, 477 p.
Sites internet
ANONYME. « Isaac Bashevis Singer », s.d., dans Vegmundo, http://www.vegmundo.com/divers/portraits/isaac-bashevis-singer.html, (Page consultée le 5 mai 2015)
[1] Albert CAMUS. Le Mythe de Sisyphe, Chicoutimi, Les classiques des sciences sociales, 2010, p. 88, http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/mythe_de_sisyphe/mythe_de_sisyphe.pdf (Page consultée le 5 mai 2015)
[2] Luc ROSENZWEIG. “ Isaac Bashevis Singer « , dans Encyclopédie Universalis, Paris, Encyclopédie Universalis, s.d., http://www.universalis.fr/encyclopedie/isaac-bashevis-singer/ (Page consultée le 5 mai 2015)
[3] Ibid.
[4] Ibid.
[5] Georges BATAILLE. Théorie de la religion, Paris, Gallimard, 1973, p. 98
[6] Élisabeth DE FONTENAY. Le silence des bêtes : La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Paris, Fayard, 1998, p. 320
[7] Georges BATAILLE. Théorie de la religion, Paris, Gallimard, 1973, p. 59
[8] Ibid.
[9] Ibid.
[10] ANONYME. « Isaac Bashevis Singer », s.d., dans Vegmundo, http://www.vegmundo.com/divers/portraits/isaac-bashevis-singer.html, (Page consultée le 5 mai 2015)
[11] Ibid.
[12] Cité par Élisabeth DE FONTENAY in Le silence des bêtes : La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Paris, Fayard, 1998, p. 337
[13] Peter SINGER. La libération animale, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2012, p. 348
[14] Ibid., p. 354
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Mélangeant étrangeté et fascination, les cabinets de curiosités qui apparurent aux 16ième et 17ième siècles peu après la Renaissance, pourraient être désignés comme étant l’ancêtre du musée d’histoire naturelle. Ce lieu avait comme principe d’entreposer et d’exposer plusieurs articles en tous genres, souvent de nature rare et étrange. Ces objets de collection pouvaient être » naturel « , c’est-à-dire qu’ils provenaient du monde animal, végétal ou minéral, mais on pouvait aussi y trouver des objets issus du travail de l’homme comme des œuvres d’art, armes, instruments scientifiques, etc. Ainsi dans les cabinets de curiosités, les collections s’aménageaient très souvent en quatre genres qui sont nommés en latin.
Artificialia: ce sont les objets créés ou modifiés par l’homme.
Naturalia: les objets ici sont centrés sur leur côté naturel, mais on retrouve aussi un intérêt pour les créatures (ce qui inclut les monstres dans une époque où on croyait encore beaucoup à la fantaisie).
Exotica: La catégorie qui s’occupe des plantes et des animaux exotiques.
Scientifiqua: On regroupe les instruments scientifiques.
Les personnes qui contribuaient ou qui possédaient ce genre de lieu sont très diverses, et ces lieux pouvaient être aussi bien être privés que publics: collections, institutions comme des écoles de médecine, vétérinaire ou autres. Les raisons d’entreprendre une telle mission étaient aussi bien motivées par la curiosité intellectuelle (les personnes possédant un tel lieu étaient nommées des curieux aussi) et l’esprit d’exploration, mais l’envie de montrer sa richesse ainsi que ces tendances érudites et ainsi gagner un certain prestige étaient aussi totalement plausibles. Ces lieux étaient donc très souvent consultés par diverses personnes, mais occupaient une place beaucoup plus importante chez la communauté scientifique où on diffusait et présentait souvent le contenu de ce lieu auprès des savants en Europe qui étudient parfois les objets.
Les cabinets de curiosités ont joué un rôle assez important dans le domaine du savoir, le but de ces lieux était souvent de comprendre le monde qui nous entoure, ceci incluant toute sa diversité et son étrangeté en créant un milieu social bizarre qui attire la curiosité et l’étonnement. Car les objets présents dans cet endroit sortaient totalement de l’ordinaire et leurs caractères très divergents et insolites attiraient énormément l’attention. Le côté pédagogique des cabinets de curiosités prend surtout de l’ampleur au Siècle des Lumières, les collections étant d’abord disparates, elles vont au fur et à mesure se rassembler dans des collections beaucoup plus précises ce qui va faciliter le côté » encyclopédique » de ce lieu.
Mais au fil des années et particulièrement au 19ième siècle, les cabinets de curiosités ont subi un déclin avec l’apparition des institutions officielles et privées comme les musées gérés par l’État. Mais on retrouve aujourd’hui un nouvel intérêt pour ce lieu qui avait tant fasciné dans le temps, ce lieu se réactualiste et on voit l’engouement des gens à ce sujet par exemple en France où les colloques et expositions se succèdent un peu partout.
Sereffettin Ozturk
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Le 27 Juin 2011, la cours suprême des États-Unis rendait le verdict que les jeux vidéo étaient désormais, sur le plan légal, élevés au rang d’œuvres d’art. Comme l’on fait la photographie, la vidéo et l’art de la performance avant eux, de nouveaux médiums artistiques, possibles à l’aide des progrès technologiques humains, affirment leur place dans le paradigme artistique de l’art d’aujourd’hui. Par nouveaux médiums artistiques, je parle bien sûr du développement des jeux vidéo et de l’animation japonaise.
Un tel bouleversement des conventions n’a jamais été facile. Les gens sont confortables dans le milieu auquel ils se sont habitués et le simple fait de reconnaitre la valeur d’un nouveau médium artistique, dont ils ne connaissent rien, implique que beaucoup de choses leur restent inconnues concernant la définition même de l’art à laquelle ils étaient si attachés. Confrontés à une telle réalité, il est beaucoup plus simple pour eux de tenter de rabaisser ce qui leur est inconnu tout en valorisant ce à quoi ils sont habitués. Certains groupes d’individus aiment même se convaincre de posséder la vérité artistique. Cette prétention leur apporte l’illusion d’une forme d’élitisme grâce à laquelle ils peuvent prétendre être les seuls capables de comprendre et de maitriser le concept même de l’art.
Il faut reconnaitre que, socialement, ces nouveaux médiums artistiques que sont les jeux vidéo et l’animation japonaise sont associés à la culture de masse ce qui cause encore plus de controverse de la part des traditionnalistes, prisonniers du paradigme artistique d’une autre époque. S’ils admettent le potentiel artistique de ces nouveaux médiums, ils doivent par le fait même accepter que quelque chose apprécié par la masse puisse être supérieur aux arts faisant partie de leur domaine de confort. Les gens qui aiment se considérer en position d’élite pour se croire en position de force par rapport à leur communauté ont toujours eu un dégout pour ce qui pouvait être lié au grand nombre. De très bons exemples sont les mots vulgaire et vilain, qui désignaient autrefois « ce qui était commun » a obtenu, à travers les années, une connotation particulièrement négative. Cette méthode de penser est archaïque et l’art ne doit pas se soumettre aux désirs de supériorité de l’homme. L’art sert un but bien plus grand et son potentiel n’a jamais été aussi grand qu’avec l’art d’aujourd’hui.
Les gens prisonniers de leurs propres connaissances et incapables d’ouvrir leur esprit aux nouveaux paradigmes artistiques sont semblables aux esclaves de la caverne. Ils sont obsédés par l’admiration de peinture d’argiles sur les murs de leur caverne tout en rejetant les plus grandes merveilles architecturales érigées par l’homme sous prétexte « qu’il ne s’agit que de briques empilées les unes par-dessus les autres ».
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Dans la plupart des médiums artistique, le spectateur est déconnecté émotionnellement du sujet. C’est là la grande force des œuvres de jeux vidéo. Le joueur fait l’expérience de l’œuvre à travers les yeux même du personnage. Ses décisions ont directement des répercussions sur le déroulement de l’œuvre. Le joueur n’est plus un spectateur déconnecté de l’œuvre, il en fait partie intégrante.
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Si nous prenons par exemple Dark Souls, JRPG japonais du studio From Software, aucun aspect de l’histoire n’est révélé au joueur. Celui-ci doit chercher par lui-même des parcelles d’histoire à propos d’un monde en ruine et réfléchir par lui-même à ce qui est arrivé dans ce monde. Cette réflexion profonde s’étalant sur plus de 100 heures amène le joueur par lui-même à se questionner sur sa perception du monde et sur la nature humaine elle-même.
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Le potentiel artistique de ces médiums, surtout en ce qui concerne l’animation japonaise, dépasse l’admiration « utile » que certains hommes portent envers la culture populaire, je parle ici de prendre les personnages des récits en exemple pour guider de façon pratique leur vie de tous les jours. Il s’agit ici d’un art spirituel qui met l’homme en lien avec l’absolu. Un art qui lui fait vivre l’expérience du sublime. L’art dont est capable ces médiums contemporains est un art qui a le potentiel de dépasser de loin les limites de l’art de l’époque.
Il ne s’agit plus d’une saga de personnages suivant un fil narratif, mais bien d’une expérience artistique en elle-même où le contexte de l’œuvre n’est plus un petit carton à côté de la sculpture expliquant l’intention de création, mais des heures de mise en contexte préparant à l’aboutissement final d’une expérience indescriptible du sublime. Tout ce qui est présent dans l’œuvre est partie intégrante de l’expérience.
L’animation japonaise n’est pas limité à une dimension d’art populaire, c’est un médium combinant les plus grands médiums artistiques développés et ayant fait leur épreuve au cours de l’histoire humaine. L’écriture, la musique, l’art graphique et une immersion plus puissante qu’aucune pièce de théâtre ne peut espérer égaler, les animations japonaises sont la combinaison de ces formes d’art et sait combiner ces formes d’expression artistique pour créer une nouvelle œuvre en elle-même. Mais elle ne se contente pas d’additionner le potentiel de ces médiums, elle sait augmenter leur potentiel de façon exponentielle de sorte que chaque médium renforce l’expérience offerte par l’autre. Une œuvre dont chaque moment n’est pas la suite d’une histoire mais les fondements d’une expérience dont chaque aspect fonctionne en harmonie parfaite les uns avec les autres. L’expérience du sublime.
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Le potentiel de ces nouvelles œuvres reste encore inexploité. La combinaison des plus grands médiums artistiques de l’époque qui donnèrent naissance aux médiums tels les jeux vidéo et l’animation japonaise ont su surpasser les limites imposées par les médiums du vieil art. Ces nouveaux médiums artistiques n’ont vu que le début du développement de leur potentiel et il est certain, qu’ils joueront un rôle prédominant dans le futur de l’art et de la philosophie contemporaine.
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Épopée[1] – non pas essai, fragment, aphorisme, article, étude, évaluation, considération ou observation – reposant sur un regard interne de l’esprit d’un étudiant moyen au collégial sous l’influence d’un groupe social déterminé, mais changeant, polymorphe; duquel les membres vont et viennent, duquel la dynamique évolue et duquel une image fixée, et ceci à tort, est projetée;
épopée singulière, personnelle, introspective et réflexive qui pourrait faire écho à vos propres angoisses estudiantines, sociales, intellectuelles ou existentielles;
épopée chaotique, confuse, tourmentée, incohérente, déambulatrice;
épopée évolutive par laquelle la chaise de la confortabilité sensorielle de la personne en rapport aux normes sociales dans l’espace temps où elle peut être influencée se trouve tant ébranlée, chamboulée, dérangée, secouée, remuée et dénaturée que la matière (qui n’est pas si palpable) s’en trouve indubitablement anéantie;
épopée non pas porteuse d’une tentative pédantesque de classer de manière exhaustive les qualités intellectuelles, émotives ou sociales de l’étudiant moyen, mais d’une aventure à l’intérieur même de la psyché d’un individu dans lequel vous pourriez vous reconnaître;
épopée qui vous invite, lecteurs, à plonger dans la conscience d’un inconnu tout ce qui a de plus banal dans un quotidien des plus prosaïque, mais dont cette épopée déterminera l’existence jusqu’à sa toute fin;
épopée aux vertus universelles – pas universelles comme l’entendrait Kant dans sa Métaphysique des mœurs, mais universelles, car pouvant rejoindre l’ensemble des étudiants, puisque chaque étudiant, à un moment ou un autre, s’y perdra immanquablement en recherchant la perfection jusqu’à l’apogée de son intellect, mais pour qui cette mission tient du reclus social, de la solitude, de l’isolement, de l’ermitage et de la marginalisation par les pairs;
épopée dont l’issue imprévisible, nébuleuse, titubante, pourrait mener à la plus grande des déceptions que le sujet eut jamais vécu;
épopée rampant vers l’espoir, la reconnaissance, l’accomplissement, la performance, le bienêtre et visant l’atteinte d’une béatitude absolue;
épopée dont l’aboutissement incertain pourrait causer des troubles dermique, pulmonaire, cognitif, neurologique et/ou psychologique tels que l’eczéma, l’amnésie, l’apnée involontaire (ou volontaire), l’amnésie, la démence et le trouble anxieux;
épopée qui, n’ayant aucune prétention littéraire, lyrique, poétique ou stylistique, se veut l’humble messagère d’un réseau dormant de névrosés en puissance, car sa finalité entrainera une rupture névralgique pouvant mener soit à un délire mégalomane, soit à une modestie démesurée, car la déchéance du tiroir de la pensée est vite arrivée;
épopée pesant sur l’ensemble du réseau humain rattaché au regroupement des cégeps – dont l’institution est propre au Québec qui, malheureusement, n’est toujours pas arrivé à s’émanciper – mais, qui dans ce cas, concerne précisément la pluie sociale ardente du cégep Marie-Victorin se trouvant dans le quartier de Rivière-des-prairies, qui se trouve sur l’île de Montréal, qui se trouve dans le Québec, qui se trouve dans le Canada, qui se trouve lui-même en Amérique du nord, continent de la planète Terre (ainsi nommée par ses habitants), qui se trouve dans le système solaire de l’étoile maintenant notre existence possible, qui pour sa part est composant de la voie lactée, et donc, de l’univers;
épopée dont le titre, par sa substantielle substance, s’en trouve plus épique que son contenu; or celui-ci prendra bientôt fin pour laisser place à l’épopée susmentionnée à outrance, de manière intempestive, aléatoire, déplacée; tout comme la forme de cette même épopée qui se veut révélatrice de l’esprit désordonné de son auteur qui
La toile, une adresse: omnivox… [nouvelle note d’évaluation] (cliquez).
Stéphanie Bertrand
[1] Ceci est un hommage au génie du très honorable et modeste auteur du Petit guide sobre, commode, simplement abrégé, objectivement ambitieux et révolutionnaire des titres de travaux long, volumineux et désespérément interminables; une aventure ambigüe qui mène vers le malaise du lecteur, mais surtout, et c’est l’essentiel, vers une euphorie et/ou vers une mauvaise note du même lecteur: le guide pour tout titrier qui se respecte dans le plus substantifique des titres, Yannick Roy, titrier. Hommage, certes, mais qui se veut humble, posé, inspiré. Ceci n’est donc pas une introduction, mais bien un titre visant à attirer votre attention sur un enjeu d’une importance capitale dont vous connaitrez les détails sous peu
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Les programmes jeunesses sont rendus indispensables dans la société. Nous savons tous que les jeunes sont les adultes de demain et c’est en les poussant vers un avenir meilleur qu’ils réussiront à accomplir de grandes choses dans les années futures. Les jeunes de 12 à 18 ans ont plusieurs choix qui s’offrent à eux lors de leur passage de l’enfance à l’adolescence, ils peuvent aller vers les sports, vers les arts ou vers la musique. Pour ma part, j’ai décidé de me diriger dans les cadets et j’aimerais vous expliquer les bases de ce programme aux multiples facettes.
Débutons notre exploration avec un peu d’histoire. À ses débuts, le programme des cadets n’était pas un organisme pour la formation de la jeunesse. C’était plutôt des compagnies de milices auxiliaires du Canada, qui étaient réparties à travers le pays. L’appellation « cadet » a commencé à être utilisée particulièrement aux alentours de 1861. Dans cette milice, il y avait des gens âgés de 13 à 60 ans. C’est plutôt en 1879 que la distinction entre les cadets d’école secondaire et les miliciens adultes est devenue évidente. En effet, c’est dans les écoles secondaires que s’est développé le programme jeunesse que l’on connait aujourd’hui. Les jeunes garçons de 14 ans et plus participaient à cette organisation comme élément clé de leur programmation scolaire, mais ils n’étaient pas employés pour un service actif dans les FC (Forces Canadiennes). Un dès plus vieux corps de cadets qui a commencé dans une école secondaire est le CC 2 Bishop à Lennoxville au Québec. Il a débuté en décembre 1861 et est toujours actif à ce jour. Il y avait une distinction entre les enseignants et les instructeurs de cadets, mais c’est seulement en 1908 que le gouverneur général du Canada a décidé que l’instruction aux cadets sera donnée par des officiers de l’Armée commissionnés et payés. Il ne faut pas se le cacher, lors de la Première Guerre mondiale plus de 40 000 anciens cadets des écoles se sont enrôlés dans les forces pour aider le pays à surmonter cette crise. Il est important pour moi de souligner le mot ancien, car les gens ont tendance à penser que les militaires envoyés au front lors des conflits font partie des organisations comme les cadets, mais il faut être enrôlé dans l’Armée pour aller combattre et cela n’est pas donné à tout le monde. Ce n’est pas sous le programme des cadets que les jeunes apprenaient à combattre un ennemi ou à utiliser des armes à feu de gros calibre. Il est aussi important de mentionner que 124 000 soldats canadiens étaient d’anciens cadets des milices et cadets des écoles lors de la Deuxième Guerre mondiale. C’est à cette époque que le titre «Royal» apparait dans l’appellation des Cadets Royaux de l’Armée canadienne. C’est pour leurs services rendus à la couronne britannique que le Roi George VI a conféré ce titre.
Après la Deuxième Guerre mondiale, le programme des cadets du Canada a effectué une réforme dans toutes les sphères de son organisation, pour vraiment se concentrer sur l’accomplissement des jeunes. Le programme a réduit son effectif à 75 000 membres à travers le Canada pendant cette même période et les corps de cadets sont devenus indépendants des écoles secondaires. En 1956, la Reine Elizabeth I autorise l’écusson que nous avons encore sur nos uniformes qui porte la devise «Acer Acerpori» qui signifie «Tant vaut la sève, tant vaut l’érable». C’est une devise extrêmement importante pour les membres des cadets, puisqu’elle nous rappelle l’historique de notre programme et que les efforts que nous mettons aujourd’hui porteront fruit dans les générations futures.
Un des évènements les plus marquants du XXe siècle pour l’histoire des FC a été l’unification de l’ensemble des Forces canadiennes, c’est-à-dire la réunification des différentes branches de l’Armée : «Il s’agissait du regroupement de la Marine, de l’Armée et de l’Aviation du Canada dans une structure unifiée.»[1]. Jusque là, l’organisation des cadets était un programme strictement masculin, c’est en 1975 que le parlement du Canada instaure la loi C-16, qui permettait aux femmes de rentrer dans les cadets comme membre à part entière et comme instructeur. À la fin des années 80, l’âge minimal pour rentrer dans le mouvement est baissé à 12 ans, puisque le programme devient de plus en plus indépendant des Forces Canadiennes grâce à la création de la Ligue des cadets de l’Armée. Cette ligue est un organisme à but non-lucratif qui encourage et promeut l’intérêt général envers et au soutien du programme des cadets. Ils facilitent la formation de nouveau Corps de cadets et la formation des Cadres instructeurs cadets (CIC, officiers commissionnés). Autrement dit, la Ligue est cette voix civile qui s’assure du bon partenariat entre les FC et les communautés locales.
Le mouvement des cadets du Canada fête cette année sa 136e année d’existence. Donc, avec l’historique présentée nous sommes en mesure de comprendre l’évolution du programme des cadets. Cette évolution a permis de développer l’organisation jeunesse que nous découvrons ensemble aujourd’hui. De nos jours, les Cadets Royaux du Canada ont plusieurs objectifs pour l’avenir des jeunes canadiens, le programme veut d’abord et avant tout former de meilleurs citoyens en développant une conscience collective et un esprit civique. Malgré son attachement à l’Armée, l’organisation positionne le jeune et sa réussite au centre de ses priorités. Le but du programme n’est pas de former de nouveaux soldats, au contraire. Les officiers Cadres Instructeurs cadets veulent inculquer aux jeunes une certaine discipline personnelle et un mode de vie sain, car un des principaux buts est d’acquérir une bonne forme physique ainsi que de développer des bonnes habitudes alimentaires. Plus les années avances, plus les têtes dirigeantes du programme essaient de développer des programmes d’aides aux jeunes, par exemple il y a des cours obligatoires de secourisme et de prévention en harcèlement et en abus. Certains cadets ont un passé et une situation familiale plus difficile, l’organisation des cadets leur donne une bouée sur quoi s’accrocher en développant un leadership et une autodiscipline qui permettent une meilleure estime de soi.
Il est difficile pour moi de porter un regard objectif sur le programme puisque j’en fais partie depuis plusieurs années, le but de ce court article était surtout de vous faire comprendre l’impact que peut avoir ce genre de programme sur le quotidien des gens et la société en général. Bref, je souhaite simplement que la société réalise que le programme des cadets du Canada ne forme pas d’enfants soldats et que nos jeunes sont les adultes de demain. Il est important de se soucier de leur réussite et de leur avenir pour la santé d’une nation unis dans le respect d’un océan à l’autre.
Mélody Brunet
[1] Aide à l’instruction des Cadets Royaux du Canada, Guide pédagogique de l’étoile verte. p.7-2-6
Connaissez-vous le « nation building »? C’est une thèse en science politique qui avance que chaque société se construit autour de récits et de grands héros. Souvent, les histoires sont extrêmement romancées. C’est ce à quoi j’ai réfléchi quand j’ai découvert l’historien juif, Shlomo Sand. Sa thèse est vraiment fascinante. Avec son livre, L’invention du peuple juif, il crée une véritable révolution. En effet, selon monsieur Sand, il n’y a jamais eu d’exilés juifs dans l’Antiquité. En fait, nos connaissances sur la question juive sont héritées d’une conception moyenâgeuse. Il nous pousse aussi à nous questionner sur l’authenticité des sources religieuses, telles que la Bible ou les textes religieux juifs comme sources historiques fiables.
Mais de quel exil me parlez-vous? Il y en a eu plusieurs. Il parle de tous les exils en fait qui ont été inventés de toute pièce ou simplement enjolivés. Toutefois, je passerais rapidement sur l’exil de Moise et celui de Babylone. Il faut simplement comprendre que certaines sources historiques plus récentes discréditent l’histoire traditionnelle. Rappelons que l’esclavage en Égypte restait un phénomène marginal est que c’était les paysans entre deux crues qui construisaient les grands bâtiments égyptiens, comme en témoigne l’archéologie moderne. Ce qui viendrait discréditer l’histoire de Moise surtout que le pays de Canaan (la Palestine) appartenant à l’Égypte à l’époque. Au niveau de l’exil de Babylone, plusieurs pensent que c’est surtout l’élite de la population juive qui serait partie de force pour Babylone après la destruction du premier temple afin de soutenir l’administration de l’empire et non pas une majorité de la population. À Babylone, l’élite juive a été influencée par la religion Zoroastre qui a grandement contribué à établir le monothéisme. Quoi qu’il en soit, c’est surtout l’exil de 70 après Jésus-Christ, suite à la destruction du temple, qui n’aurait jamais existé selon lui. Le mythe se serait répandu au moyen-âge, les juifs, suite à la destruction du second temple avaient été condamnés à l’exil. Pourtant, tout porte à croire qu’il n’y aurait jamais eu de déportation romaine faute de source qui en témoigne. Qui plus est, la déportation massive de population n’était pas une pratique dans l’antiquité. Encore moins sous l’Empire romain qui préférait plutôt laisser la population locale en place, se contentant de la gouverner.
Mais si les juifs n’ont jamais quitté la Palestine d’où vient la diaspora juive? Sholom Sand nous explique, le judaïsme entre le 3e et 5e siècle, avait un caractère prosélytique (il cherchait à convertir). Ce serait donc des missionnaires juifs qui parallèlement aux chrétiens auraient répandu la foi juive un peu partout à travers le bassin méditerranéen. Par la suite, les religieux du nord de la méditerranée seraient devenus chrétiens, car la séparation n’était pas aussi claire à l’époque entre ce qu’était un chrétien et un juif. Pour les juifs restés en Palestine, ils se seraient graduellement convertis à l’Islam (ainsi les Palestiniens modernes seraient les descendants des premiers royaumes juifs). Ainsi, en Afrique du Nord et surtout au Maghreb, des tribus berbères auraient vraisemblablement adopté la foi juive et c’est ainsi qu’est née l’importante communauté juive d’Afrique du Nord. L’autre foyer important viendrait de l’empire Khazar. Les Khazars seraient une tribu vivant en Asie centrale. Suite à leur errance, ils créent ce qui s’apparente à un empire grâce à la force. Ils auraient par la suite adopté le Judaïsme comme religion d’État, en témoigne leur document écrit en Hébreux. C’est de ce peuplement que viendraient les juifs d’Europe de l’Est et toute la culture yiddish. Sinon, on peut aussi mentionner la population juive d’Éthiopie qui serait apparue de manière analogue aux berbères et aux Khazars, ce sont des convertis. Donc, la thèse qui présente la diaspora juive comme étant les descendants des habitants exilés de la province de Judée romaine serait fausse. Ce sont plutôt les descendants des convertis qui composent l’immense majorité de la diaspora d’aujourd’hui. Ce sont plutôt les Palestiniens qui seraient les descendants des premiers royaumes juifs. Ils se sont simplement convertis à l’Islam. J’espère que ce texte vous donnera matière à réflexion. Surtout, quand on sait que ce droit au retour à la terre est même inscrit dans la constitution israélienne.
Lien utile: http://culture.univ-lille1.fr/fileadmin/lna/lna64/lna64p32.pdf
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205
Pierre-Olivier Barbeau
Kennardphillipps, des artistes engagés dans la lutte contre l’implantation de Shell dans les paysages de l’Arctique
Kennardphilipps est une équipe d’artistes formé de Peter Kennard et Cat Philipps, collaborant depuis 2002, dans une protestation commune contre l’invasion de l’Iraq par les États-Unis. Rapidement, leurs œuvres ont évoluées vers des considérations plus générales sur les conflits et les manifestations du pouvoir à travers le monde. Leurs œuvres sont des liens directs avec la promotion des mouvements sociaux et politiques vers un changement social en profondeur. Leur art devient un moyen direct de protester contre un certain ordre du monde, une manifestation visuelle d’une contestation sociale.
Récemment, leur travail s’est orienté vers l’exploitation de l’Arctique par les pétrolières, dont Shell. Cette exploitation détruit la faune et la flore du milieu. Le risque d’un déversement de pétrole dans l’Arctique serait fatal pour les espèces animales vivant dans cette partie du monde. Le réchauffement climatique accélère déjà la fonte des glaces en est à un niveau jamais enregistré auparavant ce qui facilite la tâche des compagnies pétrolières quant à l’extraction du pétrole puisqu’il est plus facile d’accès.
Les deux artistes ont repris des tableaux célèbres de l’histoire de l’art américaine, en collaboration avec Greenpeance dans leur campagne contre Shell, comme Christina’s World d’Andrew Wyeth de 1948 ou An arctic summer : Boring through the pack in Melville Bay de William Bardford peint en 1871. Dans le premier tableau, on peut voir un paysage rural, dépourvu de toute activité industrielle qui réfère à la vie dans les champs. La femme semble au désespoir, elle rampe vers la maison. Ces idées sont reprises dans la version que kennardphilips font de cette toile. On y voit la même femme presqu’anéantie, couchée au sol contemplant cette fois-ci le paysage dévasté par le déversement de pétrole. Tout le champ est submergé de même que la femme. La maison est remplacée par une pétrolière ornée d’un drapeau des États-Unis. On peut penser à la maison du point de vue d’un lieu rassurant et personnel alors que la pétrolière est impersonnelle et joue plutôt le rôle d’envahisseur en plus du drapeau qui met ancre encore plus cet idée, comme le signe ultime de l’occupation des multinationales.
Dans le tableau original de Bradford, qui est en fait la représentation en peinture des images prises par l’artiste pendant ses voyages de découverte de l’Arctique. Le tableau réfère donc aux premiers pas des hommes dans cet endroit du monde, qui n’est alors pas contaminé par la civilisation humaine. On y voit un endroit complètement désert, excepté la présence du bateau qui entre dans l’Arctique. Le tableau repris par kennardphilipps reprend les mêmes éléments, notamment le bateau, mais celui-ci est en feu ainsi qu’une bonne partie du reste du paysage dû au bateau de pétrole qui s’est échoué dans les glaciers. De plus, ces glaciers sont presqu’entièrement fondus, on voit même le sol que recouvrait cette épaisse couche de glace montrant ainsi l’état avancé de la fonte des glaciers de l’Arctique.
Ils ont aussi repris une œuvre de David Hockney, Pearblossom Highway de 1986 qui représente une autoroute qui semble infinie. Le décor est dépourvu de toute activité humaine hormis le point de vue qui rappelle celui du conducteur d’une voiture ainsi que les panneaux de signalisation. La route est l’exemple classique de l’individu en quête de liberté, que rien de ne peut arrêter qui monte dans sa voiture vers une destination incertaine. La reprise de kennardphillipps détruit cette idée. La route est alors bloquée par une clôture barbelée, on voit au loin une explosion, les panneaux de signalisation sont recouverts de pétrole, des déchets jonchent le sol et on voit sur les bords de l’autoroute des longs tuyaux industriels qui semblent reliés à la centrale en train d’exploser. La route qui était autrefois infinie est devenue limitée, envahie par les industries rappelant ainsi un avenir écourté si nous laissons les industries pétrolières s’installer et pervertir les paysages.
Le travail de ces deux artistes montre que l’art a toujours un sens, qu’il peut s’engager politiquement socialement dans des causes concrètes. Le duo détruit l’idée que l’art contemporain est inutile, dépourvu de but. L’engagement de kennardphillips montre que l’art et les artistes sont soucieux de la réalité actuelle, que ce ne sont pas que des frasques d’intellectuels, coupés du monde dans leur tour d’ivoire. Ils deviennent des symboles de la lutte contre certaines aberrations sociales, des points de repères artistiques pour illustrer certaines situations qui auraient pu passer inaperçues sans l’intervention de certaines acteurs sociaux, dont les artistes font partie.
Bibliographie
– THE GUARDIAN. « Artists recreate iconic painting with landscape ravaged by oil to protest Arctic exploration», dans The Guardian, http://www.theguardian.com/environment/picture/2015/may/26/artists-recreate-iconic-painting-with-landscape-ravaged-by-oil-to-protest-arctic-exploration-big-picture
– SHARPS, Cassady. «Shell burns priceless art in latest Greenpeace Arctic video», dans GreenpeaceUK, http://greenpeaceblogs.org/2015/05/27/shell-burns-priceless-art-latest-greenpeace-arctic-video/
Audrey Gosselin-Levasseur
Classé dans Art, Culture et société, Histoire et civilisation, Politique
Lilibeth Cuenca Rasmussen – ”A Void”
Depuis ses débuts, l’art contemporain a cherché à se détacher de l’art moderne. Ce dernier croyait être arrivé au bout de l’art et de ses capacités, mais les artistes contemporains ont su redéfinir l’art et ses médiums pour pouvoir étendre les limites supposément atteintes avant eux et explorer des thèmes de plus en plus profonds, provocateurs ou illuminants. L’art contemporain utilise la vidéo, la photographie, l’installation et bien d’autres médiums pour aborder des propos de manière unique. Mais l’un des médium que j’ai pu mentionner à travers mon Épreuve Synthèse de Programme est la performance. En s’interrogeant sur l’universalité des propos de l’art et de la vérité qu’il propage, j’ai abordé la performance. Cette dernière se démarque de tous les autres médiums pour plusieurs raisons.
Mais, premièrement, qu’est-ce que la performance? Comme son nom l’indique, la performance inclue un artiste qui joue un rôle. C’est précisément ce jeux qui constitue la performance, et non une vidéo ou des photos qui rapportent l’évènement. Ces derniers seraient plutôt une vidéo ou une photographie. La performance est donc le moment où elle se produit, avec l’artiste présent devant un public présent. Cette spontanéité est une des plus importantes caractéristiques de la performance et est l’une des caractéristiques qui rapproche la performance du rituel.
J’ai aussi abordé le rituel dans mon ESP, car la performance tente de le recréer. C’est ce que Michèle Fellous écrit dans son article Du rite comme œuvre: l’art contemporain. Selon elle, l’artiste est comme un chaman ou un sorcier qui permet à son public de vivre une expérience différente de sa vie ordinaire. On peut voir que la spontanéité de la performance peut ressembler à ce que Fellous décrit. Être présent au moment et au lieu de la performance la rend particulièrement unique, bien plus que le moment où on observe une œuvre d’art plus classique, comme une peinture, dans un musée. Non seulement la performance est un moment, les spectateurs sont parfois invités à participer, ce qui rend ce médium d’autant plus particulier.
Finalement, la performance est ce moment où l’artiste permet à son public de vivre une expérience unique, momentanée. En étant si spontanée, la performance permet de dépasser les support artistique classique. Plutôt que de présenter une œuvre finie, fermée, la performance permet à son public d’observer le processus de création de l’œuvre et, parfois, même d’y participer.
Étienne Denis
Classé dans Art, Culture et société, Histoire et civilisation
Qu’est-ce que l’eSport?
L’eSport aussi appelé « électronic sport » est cette nouvelle génération de sports qui ont fait leur apparition dans les dernières décennies avec l’arrivé de l’ordinateur et des consoles de jeux vidéo. Ces sports prennent forme à travers les nombreux jeux vidéo, offrant un aspect compétitif, présents dans le monde. On retrouve, parmi les grands titres des eSports, des jeux tels que League of legends, DoTA, Counterstrike, Super Smash Bros, Street fighter, etc. L’eSports permet à des joueurs de haut calibre de s’affronter sur des jeux en ligne pour se placer en haut d’un classement régional, national ou international.
Les joueurs professionnels
Tout comme une personne jouant au soccer le samedi après-midi n’est pas un joueur professionnel, une personne jouant à Super Smash Bros, même s’il est doué, n’est pas un professionnel par le simple fait de jouer à ce jeu. Pour être un joueur professionnel d’eSports, il faut non seulement prendre part aux compétitions de haut niveau, mais aussi obtenir un revenu en pratiquant ce jeu. Bien que les cybers athlètes n’ont pas à tenir leur corps en forme au même niveau que ceux des athlètes de sports traditionnels, ceux-ci doivent tout de même avoir une diète santé et doivent faire de l’exercice, car leur performance se base en grande partie sur leurs capacités physique. Dans certains jeux comme Starcraft 2, un joueur professionnel doit pouvoir atteindre un APM (action par minute) de minimum 300 en allant jusqu’à 400 ou 500 de manière constante dans une partie qui peut prendre entre 20 et 40 minutes, alors qu’un joueur moyen ne dépassera que très rarement les 80 APM et si un joueur en mauvaise condition physique atteint le de très haut niveau d’APM sur une longue période de temps, cela peut causer de graves blessures qui pourraient terminer sa carrière professionnelle.
On retrouve aussi chez les meilleurs joueurs professionnels une grande capacité intellectuelle qui vient non seulement du fait que l’aspect stratégique occupe une grande place au sein des différents jeux, mais aussi du fait que ces jeux sont en constante évolution et donc demande une grande capacité à s’adapter. Par exemple, dans le jeu League of legende, ou la compétition se fait entre deux équipes de cinq joueurs qui doivent choisir un champion avec lequel ils devront se battre, des « Patch » sont régulièrement introduites et ont pour effets de changer les statistiques de certains champions pour éviter que certains soit trop faibles ou que d’autres soit trop puissants. Ces changements font en sorte qu’un champion peut soudainement devenir l’un de ses personnages que tous doivent maitriser alors que les champions qui se situaient parmi les plus forts auparavant deviennent maintenant obsolètes. Plusieurs heures de pratiques sur ces champions qui étaient autrefois puissants peuvent soudainement perdre de leur valeur, car elles n’ont pas permis d’accomplir grand-chose, mises à part développer son habileté de jouer à ce jeu, mais qu’il aurait toutefois pu faire en s’entraînant avec n’importe quel champion. Cela n’est qu’un des nombreux aspects qui demandent aux professionnels de s’adapter pour ce jeu. Cette capacité à s’adapter passe aussi par le fait que, contrairement aux sports tels que le soccer et le baseball qui font partie de la culture populaire depuis longtemps, les différents jeux qui composent les eSports sont éphémères. Toute une industrie se base sur la création de ses jeux et donc au fil du temps certains sont délaissés, car d’autres sont mieux faits ou simplement meilleurs. Donc, très rapidement un joueur qui a passé des milliers d’heures à devenir le meilleur à un certain jeu peut voir sa carrière prendre un grand coup en voyant ce jeu perdre la faveur du public. Face à cette situation, celui-ci n’a qu’un choix : s’adapter en trouvant un nouveau jeu qu’il doit apprendre ou quitter sa carrière de joueur professionnel.
L’environnement des eSports est très rude, il demande de gros risques de la part de ceux qui souhaitent s’investir dans ce choix de carrière, mais depuis les dernières années, plusieurs organisations ont fait surface, telles que C9 et TSM, qui ont pour objectif d’encadrer et simplifier la vie de ces joueurs professionnels, en s’occupant de les loger, de leur trouver des commanditaires, de leurs offrir un équipement optimal, bref tout ce qu’il faut pour pouvoir se concentrer sur la victoire de tournois éventuels. Cela fait en sorte que ce nouvel environnement devient de plus en plus accessible à ceux qui ont le talent pour réussir dans ce milieu et donc de réduire les risques qui accompagnent ce choix de carrière.
Maxime Projean