Le film Ambiancé du cinéaste suédois Anders Weberg est le plus long film jamais réalisé: il dure 720 heures, 30 jours. Voici la bande annonce, un vrai teaser de 72 heures…
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Le film Ambiancé du cinéaste suédois Anders Weberg est le plus long film jamais réalisé: il dure 720 heures, 30 jours. Voici la bande annonce, un vrai teaser de 72 heures…
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Un témoignage qui peut faire penser à La Nuit Transfigurée (Verklärte Nacht, 1899) d’Arnold Schoenberg, une oeuvre musicale inspirée du poème Roman in Romanzen de Richard Dehmel, poème qui «décrit une promenade nocturne d’un couple amoureux dont la femme avoue qu’elle attend un enfant d’un autre. Son amant insiste sur l’importance de sa maternité et lui assure qu’il est disposé à faire sien cet enfant. Ils marchent heureux, sous la lune, dans cette nuit transfigurée.»
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«La lecture du journal au petit matin est une sorte de prière matinale réaliste. On oriente son attitude à l’égard du monde par rapport à Dieu ou à ce que le monde est. Lecture qui donne la même certitude que la prière pour savoir où l’on est»
Hegel, Aphorismes 1803-1806, Philosophie n. 13, 1986
Un immense projet! La numérisation et la mise en ligne de 10 millions de pages provenant des journaux européens du passé.
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À la fin du XVIIè siècle, un artiste hollandais du nom de A. Boogert, a fabriqué à la main un livre de plus de 700 pages dans lequel il s’applique à montrer comment mélanger les couleurs et comment obtenir pour chacune d’elle différentes tonalités. Ce faisant il a, ni plus ni moins, procédé à la quasi recension de toutes les couleurs connues… Ce Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau de 1692 est une pure merveille!
Déposé à la Bibliothèque Méjanes d’Aix en Provence, on peut ici le consulter dans son entièreté. C’est à l’historien hollandais Erik Kwakkel que l’on doit la redécouverte de cette extraordinaire document.
Sources: Open Culture
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Teinosuke Kinugasa, 1926
Le sujet du film et le scénario sont fruit de la collaboration de Kinugasa avec le célèbre écrivain Y. Kawabata. Pendant longtemps, les critiques de cinéma mentionnaient ce film sans l’avoir vu, la copie étant perdue. Ce n’est qu’en 1971 que Kinugasa retrouva la copie que l’on croyait détruite pendant la guerre. Quarante-cinq ans après la réalisation du film, Kinugasa a choisi lui-même le sonore et a fait tirer une copie sonorisée deUne page folle.
Ce film raconte l’histoire d’un marin qui s’engage comme infirmier dans un hôpital psychiatrique où sa femme est internée. Une partie des épisodes est traitée en caméra subjective.
Kinugasa avait, à l’époque, tenté de monter sa propre maison de production. Il était presque en faillite quand il réalisa Une page folle avec des moyens de fortune. Le tournage dura un mois. Le montage impressionniste rappelle celui de l’avant-garde russe et française de l’époque. Mais il faut rappeler que ce fil fut réalisé avant que les films d’avant-garde occidentaux ne soient introduits au Japon. Il est donc intéressant de voir que les mêmes tentatives spontanées se sont développées presque en même temps au Japon et dans les pays occidentaux.
« Je devais me plier aux exigences de la compagnie Nikkatsu dont la conception était comme toutes les autres de faire des films de divertissement. Il en est résulté une profonde frustration que j’ai décidé un jour de résoudre. Pour cela, j’ai dû devenir indépendant. Mais afin de ne pas revenir dans l’ornière habituelle, il me fallait innover totalement. À l’époque, le cinéma était encore muet, ce qui était pour moi un manque par rapport aux autres moyens d’expression. Innover voulait donc dire faire sentir par un moyen autre, la sensibilité sonore, autrement dit utiliser au maximum toutes les ressources visuelles. Il ne faut pas attacher trop d’importance au scénario: le cinéma n’est pas quelque chose d’écrit transposé. Ce que l’on filme n’est qu’une matière servant à la création d’un film, laquelle aura lieu au montage. Quand j’ai fait Une page de folie, cette conception n’était alors qu’inconsciente, juste une réaction à ce que j’avais fait précédemment. En 1928, quand je suis allé en URSS, j’ai pu me rendre compte à quel point mes recherches coïncidaient avec celles d’Eisenstein et de Poudovkine. »
Teinosuke Kinugasa (juillet 1972)
Sources: Université de Genève , Open Culture
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Pauline Gravel, Le Devoir 4/07/14
À East Angus en Estrie, des archéologues viennent d’exhumer sur les rives de la rivière Saint-François unmillier d’artefacts datant vraisemblablement de 8500 à 9500 ans, qui auraient été fabriqués par des descendants des premiers humains à avoir peuplé l’Amérique.
Éric Graillon, aujourd’hui archéologue au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, avait repéré le site en 1998 lors de sondages de prospection. Il y avait alors découvert des artefacts à une profondeur de 40 à 65 cm, alors que la plupart des vestiges retrouvés ailleurs en Estrie se situaient dans les 30 premiers centimètres de sol. De plus, les objets découverts avaient été sculptés dans une pierre absente dans la région, une rhyolite provenant du nord du New Hampshire et du Maine. Ces deux observations ont alors convaincu les archéologues que ces artefacts étaient fort probablement très anciens.
« On sait que des objets qui ont été abandonnés par des groupes humains ont pu s’enfoncer encore plus profondément sous l’action du gel et dégel ainsi que des animaux fouisseurs et des racines des arbres », explique le professeur Claude Chapdelaine, du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, qui a dirigé les fouilles à East Angus. « Dans 98 % des sites québécois, les objets se sont enfoncés ainsi de 30 cm. Mais il n’y a qu’un seul moment où les objets ont bougé de 60 à 80 cm, c’est à la fin de l’âge glaciaire. »
L’archaïque ancien
Aucune pointe à cannelures n’a été trouvée à East Angus à ce jour. Les objets qu’on y a recueillis sont surtout des grattoirs pour travailler les peaux et d’autres matériaux, dont plusieurs sont en rhyolite provenant du nord du Maine et du New Hampshire. Avec le quartz local, les hommes de l’époque ont fait des grattoirs, des racloirs et des couteaux spontanés servant à gratter, couper, scier. On a aussi exhumé « des éclats utilisés et des nucléus » (ces noyaux de roche dure dont on extrayait des éclats, des lames). « Pour avoir une réponse claire et nette [de l’âge de ce site], il nous manque toujours des pointes de projectile à cannelures. Mais il reste encore une bonne partie du site à fouiller », dit avec espoir M. Chapdelaine.
L’équipe de cinq archéologues qui a fouillé sur le site d’East Angus pendant deux semaines a sorti du sol plus de 1000 fragments issus de ce travail de taille. « Ce genre de découverte est assez caractéristique des sites anciens des chasseurs, pêcheurs, cueilleurs », souligne le chercheur.
Au milieu de ces fragments, les archéologues ont également retrouvé des charbons de bois et des pierres chauffées ayant été rougies et éclatées par le feu, qui proviennent vraisemblablement d’un ancien foyer. M. Chapdelaine prévoit d’envoyer certains de ces charbons de bois en Floride pour qu’ils soient datés au carbone 14, ce qui permettrait de confirmer ou d’infirmer son hypothèse. Et au laboratoire du géologue Michel Lamothe de l’UQAM, on déterminera depuis combien de temps les pierres chauffées n’avaient pas été exposées au soleil par la technique de luminescence optique.
Claude Chapdelaine estime que les traces d’activité humaine découvertes sur le terrain de la papeterie Cascades à East Angus remontent à l’archaïque ancien, la période ayant succédé au paléoindien. « Il s’agirait du premier site de l’archaïque ancien en Estrie », dit-il.
Les humains qui l’ont habité provenaient probablement du sud, croit M. Chapdelaine. « Il s’agissait de montagnards venant du nord du Maine, du Vermont et du New Hampshire, et qui continuaient d’entretenir des relations avec des groupes de ces régions du sud, comme le montrent les objets en rhyolite provenant du nord du Maine et du nord du New Hampshire qui ont été découverts à East Angus, mais aussi à Cliche-Rancourt. »
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Nikolaos Gysis, Allégorie de l’histoire (1892)
Pour faire apparaître le sous-titrage français, cliquer sur le bouton « cc » en haut à droite de la vidéo, une fois celle-ci lancée:
Le questionnaire auquel Proust, encore adolescent, répondit en 1890 et qui finit par être nommé d’après lui.
Source: Open Culture
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La culture ludique japonaise a été énormément popularisée dans les années 80. La jeunesse occidentale est éprise d’un nouvel univers. Il s’agit du manga/anime, les adeptes se souviennent encore du premier épisode de la série très connu, Pokémon, qui a propulsé ce monde sur les écrans de télévision. À présent l’industrie du manga est un pilier de la culture et de l’économie japonaise. Les produits sont multiples, de la littérature manga, à l’adaptation télévisée, à la mise en production d’un jeu-vidéo, pour enfin être transformé en jeu de carte. L’inspiration des artistes est vaste, ils puisent dans; l’histoire du japon féodal, la philosophie occidentale, la culture punk et steampunk[1], les religions, l’univers arthurien, le schoolife japonais, bref, les sources sont infinies. Un univers ludique aussi riche en concepts ne peut que créer une nouvelle classe de consommateur.
Un terme très spécifique a été inventé pour définir ce phénomène : Otaku. Il décrit toutes personnes ayant liée leur mode de vie à la consommation de ce hobby. Otaku veut initialement dire : votre maison. Le mot est composé de la préposition honorifique « o » et du substantif « taku » signifiant « chez-soi ». À présent, le terme Otaku a pris une toute nouvelle ampleur. Au Japon, on désigne comme Otaku tous ceux qui se cloisonnent dans leur demeure pour vivre leur passion. En Occident, ce serait l’équivalent du « nerd ». Mais il y a, pour autant, différents degrés d’Otaku, en Amérique et en Europe, le terme est employé pour désigner des amateurs du genre. Or, au Japon, le degré est plus élevé et lorsqu’il prend un niveau disproportionné, on emploie l’expression Hikkomori qui est une pathologie psychosociale et familiale. Ce trouble psychologique touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Ces personnes vivent coupées du monde extérieur et ne se sentent à l’aise que dans une pièce. Ils définissent le monde en deux concepts, le 3D qui est la vie réelle et le 2D qui est l’univers du manga/anime, du jeu-vidéo et de l’internet. À leurs yeux, l’univers du 2D prime. Ces personnes ne sont ni autistes, ni grabataires où arriérées, elles ne se sentent juste pas à l’aise pour socialiser et voient dans le 2D un idéal où ils se sentent maître de leur monde.
Les sociologues révèlent que ce phénomène est la pression sociale du pays où les jeunes sont constamment en compétition académique et où le moindre échec scolaire est synonyme d’un échec de vie. En 2011, on comptait au Japon près de 230 000 Hikkomoris. Ce chiffre est à la hausse puisqu’en 2013 les statistiques démontrent que plus de 260 000 jeunes se considèrent comme tel, plus de 70% sont des mâles.
L’anime Welcome to NHK représente fidèlement l’environnement d’un Hikkomori
Certains mangakas[2] ont même exploité ce phénomène dans leurs scénarios, Welcome to NHK est considéré comme la meilleure œuvre traitant du sujet. L’histoire raconte la vie d’un étudiant studieux pouvant être accepté dans les meilleures universités du Japon, mais la perte de son amoureuse l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sa petite amie étant son seul contact social, le protagoniste ne sait plus comment terminer son parcours scolaire. Il abandonne l’école et se réfugie dans un logement. L’auteur ironise avec brio sur la situation du déchu de la société, le personnage prend plaisir à jouer à des Dating Sims ce qui consiste à forger des liens amoureux avec des filles virtuelles.
Ce problème est très tabou au Japon, où les parents des enfants touchés par ce trouble, cachent avec honte ce genre de situation familiale. Ce n’est que très récemment que les psychologues et psychanalystes se sont attardés à ce fléau social. Quelques traitements ont été mis de l’avant pour offrir un soutien psychologique aux jeunes, mais aussi aux parents. La première action des thérapeutes est, avant tout, de sensibiliser les parents et de les rassurer puisque l’attitude des parents envers l’enfant a un impact direct sur sa psychologie. Des traitements médicamenteux sont aussi disponibles, très souvent à effet placebo. Malgré tout, les Hikkomoris et les parents déplorent le manque d’aide et de soutien qui sont très souvent laissés à eux-mêmes.
Mohamed Redha Meddad
[1] Dérivée de la culture punk, le steampunk s’inspire de la Révolution industrielle. Il emploie la technologie de la vapeur et les croquis de Leonardo De Vinci pour présenter un univers futuriste à la sauce rétro.
[2] Auteur de manga/anime
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Le wargame, ou «jeu de guerre» trouve son origine dans les premiers jeux de stratégies abstraits que l’humain inventa. Les échecs en sont l’exemple le plus primitif. Dans la pratique, le «jeu de guerre» fut un complément aux manœuvres réelles des différentes armées du monde. Si au Moyen Âge et dans l’Antiquité on utilisait des blocs de bois ou des sculptures représentant des soldats sur des cartes ou à même le sol, il fallut attendre jusqu’en 1824 pour voir une véritable théorisation de la guerre au travers d’un « jeu » appelé « Kriegsspiel ». Ce jeu fut créé par un officier prussien du nom de Georg von Reisswitz afin d’être utilisé par l’état-major de son pays comme simulateur de guerre. C’est un jeu très complexe qui nécessite la participation de trois joueurs au minimum. L’un prend le commandement de l’armée rouge, l’autre le commandement de l’armée bleu et la troisième personne sert d’intermédiaire entre les deux joueurs et gère tous les aspects relatifs au combat et au bon fonctionnement du jeu. La troisième personne est normalement, du moins au 19e siècle, un officier qui avait vu et vécu les combats et donc, qui pouvait représenter de façon juste et précise la réalité de la guerre (réaction des régiments à certains événements, le moral de l’armée, l’ambiance, etc.) sur les cartes déployées autour des différents joueurs. Les joueurs sont normalement des élèves officiers ou des officiers. L’empereur d’Allemagne fit d’ailleurs distribuer ce jeu à tous les quartiers généraux de son armée pour qu’ils l’utilisent pour simuler d’éventuels conflits dans leur région.[1] C’est avec ce jeu que furent planifiées les premières offensives de la première guerre mondiales. Une deuxième version du jeu fut créée pour y inclure les nouveaux aspects de la guerre tels que le train ou le canon à âme raillé. Le wargame fut donc, inventé et utilisé en premier lieu chez les militaires.
Par la suite, plusieurs pays après l’Allemagne créèrent leur propre « Kriegsspiel ». Il fallut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir apparaître les premiers jeux de guerre commerciaux. L’Angleterre et les États-Unis furent le berceau de ce commerce. Les premiers grands wargames aux États-Unis, ceux qui sont le plus connu du grand public, viennent d’une compagnie nommé « Avalon Hill ». En Angleterre, le genre fut appliqué à l’Histoire mais aussi à la fantaisie et à la science-fiction. Avec la commercialisation, le wargame ne fut plus seulement l’apanage des militaires, car de nombreux civils commencèrent à y jouer. Le jeu de guerre n’était plus seulement une simulation de guerres à venir ou présentes, mais donnait au public l’opportunité de revivre les batailles du passé. Toutes les périodes de l’histoire peuvent être représentées dans un wargame malgré que certaines soient plus difficiles à représenter et à modéliser ou encore du fait du manque de popularité de certaines périodes. Les périodes les plus jouées sont celles des guerres napoléoniennes et de la deuxième guerre mondiale. Aux États-Unis, les périodes de la guerre d’indépendance et de la guerre de Sécession sont aussi très populaires. Le Moyen Âge, l’Antiquité et le début de l’époque moderne (avant Napoléon) sont des thèmes peu exploités par les éditeurs de jeu, quoiqu’un intérêt grandissant se fasse de plus en plus sentir.[2]
Le wargame, à ses débuts et jusqu’à la fin des années 80 fut assez populaire. Il existe deux façons de jouer aux wargames, la première étant manuelle avec les bonnes vieilles cartes, les dés, les tableaux et les pions et l’autre de façon automatisée par ordinateur. Avec le développement des ordinateurs personnels, les wargames dit manuels connurent un âge d’or entre 1970 et 1980 mais déclinèrent de plus en plus, surtout du côté des wargames historiques. Le thème le plus populaire par la suite de cet âge d’or fut la fantaisie et la science-fiction. Dans les années 70 et 80, le jeu de rôle fit aussi son apparition, avec le premier Donjon et Dragon. Les jeux de guerres historiques n’étaient plus les seuls sur le marché, en fait, ils ne retrouvèrent jamais la prédominance qu’ils avaient lors de la commercialisation du genre, après le deuxième conflit mondial.
Le Wargame s’est diversifié depuis ses premières utilisations en tant que simulateur de conflit. Le terme belliludiste désigne, du moins en France, ceux qui s’adonnent aux Wargames les plus divers. Le Wargame avec figurines est une déclinaison du genre qui se veut bien plus ludique que le Wargame classique.
Quant est-il au niveau académique? Qu’en disent les professeurs? En fait le Wargame peut servir et sert d’outil éducationnel à tous les niveaux scolaires, civils comme militaires. Il peut servir comme moyen d’introduction à une période de l’Histoire ou simplement comme supplément éducatif à un cours d’histoire, un moyen d’apprendre en s’amusant, de joindre l’utile à l’agréable. Il suffit de trouver la période qui plait le plus à tous les participants. Le site internet juniorgeneral.com est une référence du milieu en ce qui attrait à l’utilisation du wargame comme outil éducatif chez les jeunes. Le wargame, pour plusieurs experts facilite l’apprentissage de notions historiques (dans le cas des élèves de niveau primaire et secondaire) et de notions de stratégies, de tactiques, d’organisation et de gestion aux étudiants à l’éducation supérieure. Le Wargame en général est connu et joué par des étudiants(tes) et des enseignants(tes) de niveau collégial et universitaire ainsi que des adultes de professions dites libérales ou par les militaires. L’intérêt pour l’Histoire mène souvent les jeunes à, un jour, connaitre ce genre de jeux. La pratique du Wargame est si sérieuse, utile et même parfois renommée qu’à Londres, le King’s College, dans son programme universitaire de War Studies (études de la Guerre), donne un cours, et donc une session entière sur la conception d’un wargame par les étudiants eux-mêmes et l’analyse du genre. Des programmes du genre existent au Canada mais ils sont généralement réservés aux futurs militaires, à moins d’avoir une autorisation spéciale ou un partenariat universitaire qui amènerait l’étudiant sur cette route.
Julian Nouche Laurin
Documentation utile
James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, 292 p.
Philip Sabin, The continuing merits of manual wargaming, London, King’s college, 41 p.
[1]Georg VON REISSWITZ, The von Reisswitz Kriegsspiel, The prussian army wargame, Freiburg, Militargeschichtliches Forschungsamptes, 1824, p. 4
[2]James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, P. 92 à 106
Depuis que je suis jeune lorsque je vais à un endroit, soit en voyage ou chez un ami, une pièce qui me fascine est la salle de bain, c’est tout de même la pièce ou tu montres le plus de toi-même en si peu de temps. On retrouve alors toutes sortes de toilettes dépendant du pays ou l’on te trouve. Les plus étranges que j’ai rencontrées au long de ma jeune vie ont été d’abord celles d’un train, où j’ai compris pourquoi il fallait avoir quitté la gare avant de pouvoir aller aux toilettes à bord du train. En effet, celle-ci ne comprenait que le siège de toilette dans lequel on voyait le chemin de fer passer en-dessous et notre petit présent se rendait directement sur le sol nous laissant entendre le bruit que cela laisse. Il faut dire que ce train et ces toilettes n’étaient pas à la fine pointe de la technologie. Elles doivent avoir évolué, je l’espère.
Il y a aussi en France les fameuses toilettes payantes au milieu du trottoir. Pratiques, sauf quand on n’a pas assez d’argent. Lorsque je suis allée en France avec ma famille, c’est ce qui est arrivé. Ma sœur, ma mère et moi n’avions pas assez d’argent pour aller toutes les trois séparément alors on a fait un trois pour un en y allant en même temps. Sauf que le problème était qu’on ne peut pas sortir quand on a fini il faut attendre après tout le monde et l’horreur qu’on a vécue quand on s’est rendu compte que notre mère décidait de lâcher une bombe dans la toilette qui bien évidemment était loin de sentir la rose. On est finalement passé à travers ce traumatisme.
Ensuite lors d’un voyage au Costa Rica, avec mon école secondaire, nous sommes allées dans une école secondaire, puis comme à mon habitude je suis allée aux toilettes de l’école pour me rendre compte qu’il n’y avait aucun rouleau de papier de toilette à la disposition des usagers. J’étais bien heureuse d’avoir des mouchoirs en ma possession pour ainsi me dépanner. Je ne sais pas comment j’aurais pu m’essuyer sinon c’est un mystère qui reste non résolu à ce jour.
Plus récemment, lors d’un voyage à New York j’ai découvert ce qu’étaient les toilettes japonaises! Il s’agit d’une merveille pour le postérieur. Le siège de toilette était d’abord chauffant, ce qui provoque un choc au début, mais une fois assis confortablement, on se rend compte du confort que cela procure. Il y avait à côté de moi une série de boutons sur lesquels nous pouvions choisir le moyen de se nettoyer hors du traditionnel papier. Il y avait le séchoir, on se laisse alors sécher les fesses avec un agréable vent chaud. Ensuite, il y avait la méthode du bidet. C’est-à-dire un jet d’eau qui étonnamment est assez puissant et surprenant. Il y avait un jet pour l’arrière et un spécialement pour les filles qui nettoyaient l’avant.
Il est possible aujourd’hui d’avoir toutes sortes de toilettes ainsi que les sortes de sièges qui les accompagnent. Par exemple, il y a le siège rembourré comme un coussin ou encore celui muni d’un tapis. Récemment, ma grand-mère s’est acheté un siège transparent rempli de coquillage et d’étoiles de mer à l’intérieur du siège. C’est peu dire que cela fait « style exotique ».
Bref, il est certain que mon postérieur ne cessera pas d’être surpris, amusé ou encore dégouté par les toilettes qu’il rencontrera dans le futur. J’aurai surement un jour, un face à fesses avec les fameuses toilettes turques. Cela reste à suivre.
Laurence Gwilliam
Classé dans Culture et société
À l’époque de la Nouvelle-France, allant de 1534 à 1763, l’armée de la colonie, s’appelant alors les Compagnies franche de la Marine, sous la responsabilité du Ministère de la Marine, en France, était dirigée par le commandant des troupes. Chaque compagnie était sous la responsabilité d’un capitaine qui était lui-même nommé par le roi. À l’époque, l’armée jouait un rôle très important tant au niveau militaire que politique mais également au niveau social et symbolique. En effet, elle était non seulement défenseur de la colonie et de la société, mais elle était également présente dans la vie quotidienne des gens que ce soit pour faire des défilés ou veiller au bon ordre de la ville ou encore pour communiquer à la population des ordres ou des annonces. Lorsqu’on pense au soldat militaire du 16e et 17e siècle, le son venant à l’esprit est souvent celui du tambour, de la trompette, du hautbois ou encore du fifre.[1] Ces instruments étaient joués par les soldats musiciens de l’armée au même titre que l’église utilisait l’orgue ou les cloches, c’est-à-dire pour annoncer quelque chose, pour affirmer leur pouvoir auprès des citoyens ou pour donner différents commandements aux soldats ou aux citoyens. Dans tous les cas, ces différents sons se faisaient entendre pour attirer l’attention des gens. Le son est beaucoup utilisé dans les villes à cette époque puisque l’oreille humaine est un élément essentiel dans la reconnaissance spatio-temporelle.[2] Il était donc, facile de communiquer une information simplement en reconnaissant un son particulier.
La première importance du musicien militaire est justement de sonner les différents ordres pour les soldats. Lorsqu’il s’agit d’une générale, d’un exercice ou d’une bataille, il est nécessaire que le tambour sonne afin que chacun se mette en position rapidement. Le tambour ayant un son qui projette et qui résonne partout, même en plein milieu d’une bataille, tous les soldats sont en mesure de l’entendre et d’agir rapidement. De plus, le musicien militaire, recevant ses ordres directement de l’autorité la plus haute située sur les lieux, en général du roi lui-même, les ordres sont transmis rapidement et efficacement pour tout le monde.
Le tambour est également présent dans le quotidien des gens. Par exemple, lorsqu’il s’agit de faire des annonces à la population ou de leur transmettre quelque information que ce soit, le tambour joue alors le rôle de ce qu’on appelle la criée ce qui permet d’attirer l’attention des gens malgré le bruit souvent fort à la place publique.[3] Ainsi, le roi, ou le gouverneur, rejoint les gens facilement et tout le monde peut s’adapter rapidement. L’importance du tambour est notable aussi dans le domaine politique.
Nous avons vu que lorsqu’il s’agit de transmettre efficacement un ordre ou une information générale, le tambour est tout désigné pour assurer cette tâche. Or, le fifre, la trompette et le hautbois jouent aussi un rôle important au moment d’affirmer l’autorité du roi et, par le fait même, l’autorité politique. À cette époque, l’État et l’Église étaient encore unis en ce qui concerne l’autorité. Les deux administrations se disputaient donc, beaucoup le pouvoir et l’écoute des citoyens. Du côté de l’église, on utilisait les cloches et les grandes orgues non seulement pour affirmer son autorité mais également pour que les gens reconnaissent le son et l’associe à la religion et son pouvoir. Pour l’armée, c’était le tambour, le fifre, la trompette et le hautbois. Lorsqu’il y avait des défilés ou des cérémonies militaire ou politique, les instruments militaires jouaient et personnifiaient ainsi l’autorité politique et militaire à la population qui savait reconnaître ces sons de façon exacte et comprenaient parfaitement ce qu’ils voulaient dire.[4] Ce jeu de pouvoir fut donc très présent sous le régime de la Nouvelle-France et chacune des autorités voulait s’affirmer pour attirer l’attention du citoyen. Un dernier aspect qui fait du musicien militaire une figure importante de l’armée est le symbole qu’il est. En effet, le musicien, par sa personne, est un symbole fort puisque recevant ses ordres directement du roi, il représente l’autorité royale. De plus, contrairement aux soldats normaux qui portaient des habits bleu-gris et blanc, le musicien militaire portait des habits très colorés allant du rouge au bleu foncé en passant par le jaune doré. Cet habit faisait de lui une figure facilement reconnaissable partout où il allait et, ainsi, amenait à la confiance et au respect face à sa personne. De plus, c’est le tambour qui résonne lorsqu’il s’agit de transmettre une information aux citoyens ou de donner des ordres aux soldats. Son rôle s’élève donc en importance puisqu’il n’est pas un simple soldat ni même un officier, mais il entre plutôt dans une catégorie à part qui reste très importante.
En conclusion, le musicien militaire est une figure d’importance dans l’armée au niveau politique, militaire, social et symbolique. Il fait office de messager et d’informateur pour les soldats et la population, il est un élément important pour le prestige du roi et de l’armée et de l’affirmation de son pouvoir et il apporte une symbolique par sa personne et son rôle dans la société et l’armée. Aujourd’hui, les musiciens militaires sont encore présents dans les armées du monde mais ils sont bien plus présents lors de cérémonies ou de défilés que sur le champ de la bataille.
Geneviève Denis
Bibliographie
Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, 294 p.
Jean-Marie FRITZ, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, Honoré Champion, 2000
[1] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 48
[2] Jean-Marie FRITZ, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, Honoré Champion, 2000
[3] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 12
[4] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 80-81
Classé dans Culture et société, Histoire, Musique
Retour sur Martyrs de Bill Viola : l’art absolu de Hegel existe-t-il toujours?
On apprenait que Bill Viola et sa conjointe Kira Perov avaient mis en place une installation dans une prestigieuse cathédrale à Londres : la cathédrale Saint-Paul. Deux concepts se voient donc jumelés : l’art et la religion
Hegel affirmait bien que : « Dans de telles circonstances, l’art avec sa haute destination est quelque chose de passé; il a perdu pour nous sa vérité et sa vie.[1]» Il disait ainsi, car avec le temps, l’art n’avait plus une signification digne de l’absolu. C’est-à-dire que l’art ne représentait plus le domaine spirituel, celui de la religion. Pourtant, il doit faire face à une forte réfutation. En effet, l’oeuvre Martyrs est présentée de la façon suivante par l’artiste :
« As the work opens, four individuals are shown in stasis, a pause from their suffering. Gradually there is movement in each scene as an element of nature begins to disturb their stillness. Flames rain down, winds begin to lash, water cascades, and earth flies up. As the elements rage, each martyr’s resolve remains unchanged. In their most violent assault, the elements represent the darkest hour of the martyr’s passage through death into the light.[2]»
Nous pouvons bien constater le monde spirituel qui émane de cette oeuvre. Le simple fait de traiter du concept du martyr en lien, notamment, avec le martyr chez les chrétiens, c’est-à-dire Jésus Christ, témoigne d’un monde religieux révélé dans l’œuvre d’art. De plus, la signification de l’œuvre, du point de vue de l’artiste, est complètement fondamentale. L’artiste dit bien :
« The Greek word for martyr originally meant « witness.” In today’s world, the mass media turns us all into witnesses to the suffering of others. The martyrs’ past lives of action can help illuminate our modern lives of inaction. They also exemplify the human capacity to bear pain, hardship, and even death in order to remain faithful to their values, beliefs, and principles. This piece represents ideas of action, fortitude, perseverance, endurance, and sacrifice.[3]»
Ainsi, j’arrive à la conclusion suivante : l’art absolu de Hegel est toujours bel et bien présent. Il n’est pas chose du passé comme il dit, car après tout ce monde spirituel qu’il nous est possible d’entrevoir par l’œuvre d’art présente le monde spirituel, en nous. En d’autres termes, le monde sacré qui nous fonde.
Pour en savoir plus sur l’installation et l’artiste : http://www.youtube.com/watch?v=EsCx5FU9GnQ
Il s’agit d’une entrevue avec les artistes.
Marc-André Bédard
[1] GEORG WILHELM FRIEDRICH Hegel, Esthétique, Tome premier, Classique.uqac.ca, http://classiques.uqac.ca/classiques/hegel/esthetique_1/esthetique_1.html%5BEn ligne] (Consulté le 4juin 2014) p. 20
[2] http://www.stpauls.co.uk/Bill-Viola-Martyrs/Martyrs
[3] Ibidem
Classé dans Art, Culture et société, Histoire, Philosophie, Religion