Kennardphillipps, des artistes engagés dans la lutte contre l’implantation de Shell dans les paysages de l’Arctique
Kennardphilipps est une équipe d’artistes formé de Peter Kennard et Cat Philipps, collaborant depuis 2002, dans une protestation commune contre l’invasion de l’Iraq par les États-Unis. Rapidement, leurs œuvres ont évoluées vers des considérations plus générales sur les conflits et les manifestations du pouvoir à travers le monde. Leurs œuvres sont des liens directs avec la promotion des mouvements sociaux et politiques vers un changement social en profondeur. Leur art devient un moyen direct de protester contre un certain ordre du monde, une manifestation visuelle d’une contestation sociale.
Récemment, leur travail s’est orienté vers l’exploitation de l’Arctique par les pétrolières, dont Shell. Cette exploitation détruit la faune et la flore du milieu. Le risque d’un déversement de pétrole dans l’Arctique serait fatal pour les espèces animales vivant dans cette partie du monde. Le réchauffement climatique accélère déjà la fonte des glaces en est à un niveau jamais enregistré auparavant ce qui facilite la tâche des compagnies pétrolières quant à l’extraction du pétrole puisqu’il est plus facile d’accès.
Les deux artistes ont repris des tableaux célèbres de l’histoire de l’art américaine, en collaboration avec Greenpeance dans leur campagne contre Shell, comme Christina’s World d’Andrew Wyeth de 1948 ou An arctic summer : Boring through the pack in Melville Bay de William Bardford peint en 1871. Dans le premier tableau, on peut voir un paysage rural, dépourvu de toute activité industrielle qui réfère à la vie dans les champs. La femme semble au désespoir, elle rampe vers la maison. Ces idées sont reprises dans la version que kennardphilips font de cette toile. On y voit la même femme presqu’anéantie, couchée au sol contemplant cette fois-ci le paysage dévasté par le déversement de pétrole. Tout le champ est submergé de même que la femme. La maison est remplacée par une pétrolière ornée d’un drapeau des États-Unis. On peut penser à la maison du point de vue d’un lieu rassurant et personnel alors que la pétrolière est impersonnelle et joue plutôt le rôle d’envahisseur en plus du drapeau qui met ancre encore plus cet idée, comme le signe ultime de l’occupation des multinationales.
Dans le tableau original de Bradford, qui est en fait la représentation en peinture des images prises par l’artiste pendant ses voyages de découverte de l’Arctique. Le tableau réfère donc aux premiers pas des hommes dans cet endroit du monde, qui n’est alors pas contaminé par la civilisation humaine. On y voit un endroit complètement désert, excepté la présence du bateau qui entre dans l’Arctique. Le tableau repris par kennardphilipps reprend les mêmes éléments, notamment le bateau, mais celui-ci est en feu ainsi qu’une bonne partie du reste du paysage dû au bateau de pétrole qui s’est échoué dans les glaciers. De plus, ces glaciers sont presqu’entièrement fondus, on voit même le sol que recouvrait cette épaisse couche de glace montrant ainsi l’état avancé de la fonte des glaciers de l’Arctique.
Ils ont aussi repris une œuvre de David Hockney, Pearblossom Highway de 1986 qui représente une autoroute qui semble infinie. Le décor est dépourvu de toute activité humaine hormis le point de vue qui rappelle celui du conducteur d’une voiture ainsi que les panneaux de signalisation. La route est l’exemple classique de l’individu en quête de liberté, que rien de ne peut arrêter qui monte dans sa voiture vers une destination incertaine. La reprise de kennardphillipps détruit cette idée. La route est alors bloquée par une clôture barbelée, on voit au loin une explosion, les panneaux de signalisation sont recouverts de pétrole, des déchets jonchent le sol et on voit sur les bords de l’autoroute des longs tuyaux industriels qui semblent reliés à la centrale en train d’exploser. La route qui était autrefois infinie est devenue limitée, envahie par les industries rappelant ainsi un avenir écourté si nous laissons les industries pétrolières s’installer et pervertir les paysages.
Le travail de ces deux artistes montre que l’art a toujours un sens, qu’il peut s’engager politiquement socialement dans des causes concrètes. Le duo détruit l’idée que l’art contemporain est inutile, dépourvu de but. L’engagement de kennardphillips montre que l’art et les artistes sont soucieux de la réalité actuelle, que ce ne sont pas que des frasques d’intellectuels, coupés du monde dans leur tour d’ivoire. Ils deviennent des symboles de la lutte contre certaines aberrations sociales, des points de repères artistiques pour illustrer certaines situations qui auraient pu passer inaperçues sans l’intervention de certaines acteurs sociaux, dont les artistes font partie.
Bibliographie
– THE GUARDIAN. « Artists recreate iconic painting with landscape ravaged by oil to protest Arctic exploration», dans The Guardian, http://www.theguardian.com/environment/picture/2015/may/26/artists-recreate-iconic-painting-with-landscape-ravaged-by-oil-to-protest-arctic-exploration-big-picture
– SHARPS, Cassady. «Shell burns priceless art in latest Greenpeace Arctic video», dans GreenpeaceUK, http://greenpeaceblogs.org/2015/05/27/shell-burns-priceless-art-latest-greenpeace-arctic-video/
Audrey Gosselin-Levasseur




































Petit guide sobre, commode, simplement abrégé, objectivement ambitieux et révolutionnaire des titres de travaux longs, volumineux et désespérément interminables; une aventure ambigüe qui mène vers le malaise du lecteur, mais surtout, et c’est l’essentiel, vers une euphorie et/ou vers une mauvaise note du même lecteur: le guide pour tout titrier qui se respecte dans le plus substantifique des titres
Les titres sont d’une importance capitale et indubitable. C’est un fait indiscutable dont on ne peut nier l’importance ni discuter plus longtemps. Nous allons donc voir comment écrire un bon titre en énumérant les quelques étapes nécessaires à leurs excellentes et parfaites élaborations, en utilisant l’exemple comme méthode pédagogique dans les quelques succincts sous-titres qui suivent.
Trouvez le sujet de rédaction de votre travail que votre enseignant, professeur, mentor, régent, seigneur, patron, préfet, despote, tyran, maitre, ou autre personne se situant au-dessus de vous hiérarchiquement dans la situation d’énonciation dans laquelle se présente votre texte, qui ne sait pas écrire, mais qui vous utilise comme scribe vous aura fort probablement et gentiment donné au préalable, et terminer le travail en question qui ne devrait normalement pas être commencé la veille de la remise de celui-ci, à moins d’un contretemps sérieux, comme une invasion-surprise de la Russie, un commentaire intelligent d’un chroniqueur du Journal de Montréal ou la génération spontanée d’animaux infernaux en direct dans son salon
Il est important de mentionner que le titre ne doit jamais être écrit ou achever avant la fin de la rédaction ou du travail, car le titre doit englober, décrire, gloser, voir diriger le lecteur dans l’herméneutique qu’il peut en faire; il est ainsi nécessaire de terminer la rédaction pour trouver le titre le plus parfait possible dans le meilleur des textes possibles.
Insérez le sujet de votre document, ainsi que tout autre mot relié et nécessaire à la finition de votre titre reliée par l’utilisation des techniques mentionnées ici-bas en intra-sous-titre
Cette technique comprend obligatoirement ce que nous allons appeler des sujets pour ce rapprocher ou s’éloigner de l’anecdote, comme cet exemple-ci tiré d’un de mes travaux;
Rapport sur le laboratoire de chimie:
Une épopée scientifique de deux élèves d’histoire et civilisation au labo de chimie;
Expérience de chimie concernant l’acide, un catalyseur et de la température doublé d’une autre expérience sur la formation de précipité et la fin tragique d’un bécher au fond d’un évier
Cette technique peut aussi servir à insérer une déception ou autre émotion;
Rapport sur le laboratoire de physique :
La seconde épopée scientifique de deux élèves d’histoire et civilisation qui commença au labo de chimie et qui se termine au labo de physique;
Expérience de physique concernant deux billes, une table, deux mètres de comptoir, du papier carbone et qui malheureusement n’a pas grand-chose à avoir avec la physique quantique et les trous noirs.
Voici quelques conseils rapides se trouvant sous un titre beaucoup trop allongé sur son propre sujet (il s’agit en effet d’un métatitre), soit le sous-titre qu’il représente dans ce guide sur les longs titres, pour achever un titre digne des phrases de Descartes ou aussi péniblement infini que la stupidité et la cruauté humaine comme en témoigne certaines œuvres (voir « Petit guide simple, simplet, simplement court et objectivement ambitieux et révolutionnaire des titres de travaux longs, volumineux et désespérément interminables, une aventure ambigüe qui mène vers le malaise du lecteur, mais au final, vers une euphorie ou vers une mauvaise note du même lecteur ou le guide pour tout titrier qui se respecte »)
Ne jamais mettre de point à la fin d’un titre; ce serait suggérer qu’il y ait une fin à vôtre titre, et tout titrier sait pertinemment que tout titre n’est jamais terminé, car, et on laissera le lecteur en proie à cette douloureuse interrogation, le titre allégorise un texte qui n’est jamais potentiellement fini, ce qui explique que cette phrase n’a pas de fin, ou pour dire autrement, la
Yannick Roy
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