L’antichambre du sublime
BLx
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Andres Serrano est un artiste américain. Il utilise comme médium pour son art la photographie. Serrano aime entre autres beaucoup jouer avec le rapport entre fond et forme (pour utiliser le langage d’Hegel), ainsi qu’avec la notion de beau et de laid dans l’art. De façon plus concrète, il réussit à prendre de très belles photos, presque parfaites d’un point de vue esthétique, mais dont le sujet l’est beaucoup moins, disons d’un point de vue moral. En d’autres mots, Serrano confronte l’idée d’une forme belle avec un fond laid. Pour donner un exemple, on peut prendre sa série de photos nommée The klan. Dans ces photos, on retrouve des clichés d’une très grande beauté, mais dont les sujets sont des membres du Klu Klux Klan (un groupe radical raciste, actif dans le sud et l’ouest des États-Unis à la fin de la guerre de Sécession, et lors du XXe siècle). On peut donc voir la dichotomie qui se crée ici entre les deux éléments de l’œuvre. Ceci vient troubler le spectateur, car il ne sait plus quoi penser. Doit-il trouver cela beau ou non ? A-t-il seulement le droit de trouver cela beau, sachant l’histoire qui se cache derrière ces tuniques? Ceci confronte la morale de l’homme à son sens du goût, ce qui crée donc un choc.
D’autres œuvres de Serrano sont aussi très choquantes. On peut prendre comme autre exemple une de ses photos les plus connues et les plus controversées : Piss Christ. On retrouve sur cette photo Jésus crucifié, baigné (c’est le cas de le dire) dans un halo de lumière doré. Or, il se trouve que cet effet de lumière est créé par l’urine dans laquelle l’artiste a plongé l’effigie du christ. Bien sûr, cette image a fait un tollé chez les chrétiens. Par contre, il faut savoir que Serrano est lui-même un chrétien et donc il n’a pas fait cela par pure provocation. Il avait une idée derrière cette œuvre. Il voulait mettre en relation la couleur de l’urine, considéré comme une chose basse et dans une certaine mesure tabou, avec la couleur dorée qui, selon la tradition, est la couleur des nobles, des princes, etc.
Au final, on peut donc voir qu’Andres Serrano vient mettre en relation la notion de beau et de laid pour créer un contraste et ainsi faire réfléchir le public.
Sébastien Lefebvre
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L’environnement est un domaine dont l’importance a grandi depuis le siècle dernier. Plusieurs nouveaux domaines scientifiques ont développé une spécialisation pour l’environnement comme la géochimie environnementale, la chimie environnementale, la météorologie, etc. De plus, la société encourage la population à devenir plus écologique en utilisant les bacs de recyclage, le compost, les énergies renouvelables, etc. Cette question environnementale touche aussi la compréhension des principaux cycles naturels sur Terre par exemple celui de l’eau. Le cycle de l’eau représente les différents transferts s’effectuant entre ces principaux réservoirs. Un réservoir c’est une zone de la planète qui constitue une importante concentration, c’est-à-dire une quantité de matière par unité de volume de la substance en question. Dans l’exemple du cycle de l’eau, ces quatre principaux réservoirs sont : 1) l’atmosphère dans laquelle l’eau se trouve sous forme gazeuse; 2) l’hydrosphère dans laquelle l’eau se retrouve sous forme liquide et comprend les cours d’eau, les lacs, les rivières et les océans; 3) la biosphère qui est le réservoir impliquant les organisme vivants comme l’homme; 4) les glaciers où l’eau se retrouve sous forme solide. Une analyse de ce cycle montre un système d’échange entre ces différents réservoirs comme l’eau qui s’évapore de l’hydrosphère ou la transpiration. Ce type d’analyse est important pour évaluer les impacts de l’activité humaine sur de tels cycles comme, pour le cycle de l’eau, l’augmentation de la température par le réchauffement climatique qui entraîne un plus grand transfert du réservoir glacier vers celui de l’hydrosphère. Cependant, qu’en est-il pour des cycles que l’intérêt de la population n’a pas encore considérés, comme le cycle du silicium qui représente un élément clé de l’environnement à plusieurs niveaux? Pour mieux comprendre son rôle clé dans l’environnement, il sera question en premier lieu d’une explication de ce qu’est le silicium suivi de la description de son importance pour l’environnement et finalement un aperçu des impacts de l’homme sur ce cycle et ses conséquences.
Avant de commencer l’analyse du cycle du silicium, il faut au départ savoir que le silicium est un des éléments du tableau de Mendeleïev (périodique). Cet élément constitue le second élément le plus abondant sur Terre après l’oxygène. Son cycle se divise en quatre réservoirs dont l’un représente quasiment la totalité du silicium. Ces quatre réservoirs sont en ordre décroissant : la lithosphère c’est-à-dire la croute terrestre principalement, l’hydrosphère, la biosphère et l’atmosphère. Le transfert du silicium dans ce cycle s’effectue principalement par le biais d’une molécule nommée la silice (SiO2) dont la partie la plus importante pour la question de l’impact de l’homme sur ce cycle est la forme dissoute. Son cycle, si l’on prend comme point de départ du réservoir la lithosphère, débute avec la libération de la silice des roches silicatées c’est-à-dire composées majoritairement de silice comme le quartz, l’olivine, etc. qui composent la majeure partie de la croûte terrestre. Cette libération se produit à cause d’une réaction chimique dans laquelle la concentration en gaz carbonique dans l’atmosphère forme des pluies acides. Lors de cette libération, la silice se retrouve sous forme dissoute et voyage entre les différents réservoirs jusqu’à l’océan où finalement elle est précipitée pour retourner dans la lithosphère et ainsi clore la boucle. Donc, le silicium qui dans le cas de cette partie du cycle se retrouve sous la forme de silice est un élément majeur sur la planète et principalement contenu dans le réservoir de la lithosphère. Le silicium doit subir des réactions chimiques résultant de la pluie pour se libérer de la roche et ainsi voyager dans les différents réservoirs.
Mais en quoi le cycle du silicium est-il important pour l’environnement ? Il est principalement important pour l’environnement à cause de ces liens avec un des cycles auquel la population est sensibilisée, à savoir celui du carbone avec les gaz carboniques et le méthane. L’un de ces liens résulte du procédé de libération de la silice puisque comme mentionné plus haut, elle dépend de la concentration en gaz carbonique dans l’atmosphère, c’est-à-dire que plus la concentration en gaz carbonique est élevée et plus il y aura de la silice libérée de la roche. Un autre lien entre ces deux cycles se situe dans le réservoir de la biosphère du cycle du silicium puisque certaines formes de vie microscopiques utilisent la silice comme matière première pour la fabrication de leurs coquilles. Ces formes de vie, dont la principale est la famille des diatomées, sont des organismes unicellulaires aquatiques effectuant de la photosynthèse. Le processus de la photosynthèse est une réaction chimique dans laquelle le gaz carbonique, l’eau et l’énergie solaire donnent un produit organique et du dioxygène (O2). Donc, ce processus résultant de l’absorption du gaz carbonique et de la libération de l’oxygène est appelé la pompe biologique du carbone. En plus, d’être l’un des groupes responsable de cette pompe, il représente aussi les éléments à la base de plusieurs chaînes alimentaires dont une grande partie de celles dont l’homme se trouve au sommet. Donc, le silicium, malgré le peu d’intérêt que l’ensemble de la population lui accorde, joue un rôle majeur dans l’environnement : il est influencé et influence le cycle du carbone et produit un impact sur la pompe biologique du carbone par le biais des diatomées. De plus, il joue un rôle direct sur plusieurs chaînes alimentaires dont l’homme se nourrit.
Diatomées
Maintenant, en quoi l’homme peut-il perturber ce cycle et quelles en sont les conséquences ? L’homme le perturbe de plusieurs manières qui interfèrent sur les échanges entre les réservoirs, sur leur quantité et leur vitesse. La première perturbation de l’homme est le réchauffement climatique puisque, comme le réchauffement climatique augmente la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère, il en résulte une augmentation du silicium libéré de la roche. C’est augmentation de silice dissoute entraîne en finale une plus grande quantité de silice disponible pour les diatomées favorisant leurs reproduction au détriment des autres familles composant le phytoplancton c’est-à-dire la partie du plancton qui utilise la photosynthèse. Une autre perturbation est la construction des barrages puisqu’elles créent un obstacle à la circulation des cours d’eau et des rivières vers l’océan. En conséquence, la vitesse du transport de la silice est diminuée, ralentissant l’ajout de silice dans l’océan. Ce ralentissement provoque en même temps une réduction dans la reproduction des diatomées en favorisant leurs concurrents. Or certaines familles de ces concurrents ont une efficacité moins grande pour le pompage du gaz carbonique diminuant la quantité de gaz carbonique retirée du réservoir de l’hydrosphère et du coup de l’atmosphère. Et, en plus d’être moins efficace dans le pompage du gaz carbonique, il forme des représentants de chaînes alimentaires non comestibles pour l’homme dont certaines sont même toxiques pour plusieurs autres espèces animales. Néanmoins, cette perturbation favorise elle aussi les diatomées dans les rivières et les lacs puisque la silice, à cause de la construction de ces barrages, possède un plus grand temps de résidence dans le milieu. Le temps de résidence représente le temps moyen qu’une petite quantité de l’élément en question prend avant de sortir de ce milieu. Un exemple de temps de résidence est celui d’une gouttelette d’eau dans l’atmosphère pour laquelle le temps moyen de résidence est de quelques jours. Par contre, un temps de résidence engendre lui aussi des perturbations sur le cycle puisque l’eau comme tout corps liquide possède un taux maximum de particules dissoutes qui est appelé saturation. Lorsqu’un liquide devient saturé à certaines particules, il ne peut plus transporter entre ces molécules d’autres particules. Les particules en excès vont par la suite précipitée vers le fond comme lorsque l’on met du sel dans l’eau au-delà du niveau de saturation. Cependant, comme l’eau avec le sel, la température peut affecter la quantité de particules dissoutes que peut contenir ce liquide. Une autre perturbation que l’homme crée sur le cycle du silicium est lié à l’agriculture puisque les plantes prennent et utilisent le silicium dans les cours d’eau. Ils utilisent ce silicium dans plusieurs parties de leurs structures pour des raisons biologiques allant du soulagement du stress dû à la présence de certains minéraux dans l’eau, au renforcement de leurs structures. Cependant, l’homme en récoltant retient temporairement le silicium piégé par les plantes du cycle diminuant la quantité de silicium parvenu jusqu’à l’océan et diminuant sa concentration dans les cours d’eau. Donc, l’action de l’homme occasionne des impacts sur le cycle du silicium en intervenant sur la concentration et la vitesse de transferts des différents milieux, provoquant des conséquences sur l’environnement, notamment sur la pompe biologique du gaz carbonique, la biodiversité ainsi que sur les chaînes alimentaires.
Silicium brut
En conclusion, malgré le fait que les quantités en jeu entre les différents réservoirs est minime comparé à celui du cycle du carbone ou de l’eau, les impacts d’une variation dans le cycle du silicium sont à prendre au sérieux. Ce cycle a de fortes répercussions dans l’environnement puisqu’il peut changer l’efficacité de la pompe biologique du carbone, la population du phytoplancton et du coup affecter les chaînes trophiques. Les impacts anthropogéniques sur ce cycle sont nombreux comme les barrages et l’agriculture qui ont sur le cycle des effets négatifs sur le flux entre les différents réservoirs et le réchauffement climatique qui a lui un impact inverse sur ce flux. Et de fait, lorsque l’on regarde les archives géologiques comme le dernier maximum glaciaire, on remarque à quel point le cycle du silicium peut jouer un important rôle sur l’environnement. Lors du dernier maximum glaciaire, un important apport en silice a permis à la population de diatomées dans le phytoplancton de représenter 74% du phytoplancton alors qu’il n’est que de 54% aujourd’hui.
Éric Laflèche
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Selon Hegel, l’humanité est, au départ, divisée en deux catégories, maitre et esclave. Pour mieux comprendre le concept, Alexandre Kojève l’explique en imaginant les deux premiers hommes qui se rencontrent pour la première fois. Les deux ont faim et veulent mangés leurs adversaires. Ils s’engagent alors dans une lutte pour la reconnaissance. Chacun voudra la reconnaissance de l’autre, qui lui confirmera qu’il est un être pensant. L’issue du combat divisera les hommes en deux, Maitre ou esclave. Ce modèle s’applique bien au Québec. Le Québec a passé bien près d’être souverain. Nous sommes la minorité francophone de l’Amérique du nord. Chaque fois, nous avons lutté contre nos maitres, pour être nous-même maitres de nos affaires.
Le maitre est prêt à sacrifier sa vie biologique au nom de quelque chose qui lui est extérieur, qui est plus grand que lui, l’honneur, la reconnaissance, etc. Il est un être essentiellement guerrier, il lutte, mais ne travaille pas. Il montre sa supériorité face à la nature, en risquant sa vie biologique. Comme le FLQ posait des gestes concrets dans le but de la libération. Tout comme Paul Rose a accepté un crime qu’il n’avait même pas commis, dans le but de nous débarrasser de cette étiquette de perdant et de lutter jusqu’à la fin pour la reconnaissance. Les patriotes étaient des maitres, pas tous, mais quelques-uns du moins : « Chevalier de Lorimier n’était pas un patriote à demi-conscient»[1] . Il savait ce qu’amènerait une défaite et l’a assumé, il est mort pendu. Il a « parié » sa vie dans cette guerre et l’a perdue, voilà ce qu’est un maitre. Contrairement à un certain Papineau qui s’est retiré la veille d’un combat à Paris, en véritable esclave.
L’esclave lui, est celui qui préfère sa vie biologique à l’honneur, il se rendra pour conserver sa vie. Il travaille, mais ne lutte pas. Il va travailler et développer des techniques qui vont éventuellement le rendre, «comme maitre et possesseur de la nature». Les esclaves s’interposent entre les maitres et la nature ce qui fait que les maitres sont maitres des esclaves, mais aucunement maitres de la nature, alors que les esclaves le deviennent peu à peu par leur travail. Le concept de Karl Marx sur le pouvoir du prolétariat est directement issu de ce contexte. Si tous les esclaves vont en grève générale, les maitres ne sauraient se débrouiller, car toute leur vie a été construite par les esclaves. Cette dualité maitre/ esclave amène un autre tableau intéressant. La dualité qui existe entre Canada/ Québec. Cette dualité a toujours été! Or aujourd’hui elle prend un aspect intéressant. Car non seulement le pays du Canada est divisé en deux, mais la province du Québec aussi est divisée. Le Québec est divisé entre ceux qui veulent la vraie indépendance et de l’autre côté ceux qui veulent rester dans la confédération.
Voilà le problème du séparatisme moderne québécois : « Le séparatisme réveille en plusieurs cette histoire décevante et la crainte qu’elle s’allonge d’un autre chapitre encore plus décevant»[2] Nous agissons en vaincu, en esclave. Nous ne voulons pas être un maitre, car nous avons peur de risquer nos acquis, alors que certains se battent au prix de leur vie. La confiance des Québécois est très faible et le statu quo donne un effet rassurant et reposant. Pourquoi devrions-nous risquer de nous épuiser à continuer un combat si épuisant et possiblement décevant? Alors le peuple préfère rester dans la confédération. Malgré tout, ceci reste un couteau à double tranchant. Il faudra quand même protéger les acquis et les défendre, tout en s’épuisant encore. Alors, à quoi bon arrêter? L’histoire universelle ne peut s’écrire pour nous lorsque nous sommes devant la télévision. Je crois qu’il faut remplacer le sentiment de défaite et de trahison, par un sentiment plus flamboyant comme l’injustice par exemple. Hubert Aquin avoue qu’il accorde de l’importance à ses sentiments « négatifs » à l’endroit des Anglais. Sans être déplacé il explique que ses sentiments : « (…) sont à l’origine même de mes convictions séparatistes. »[3] Kojève l’explique par le désir de reconnaissance. Pour Kant, l’histoire s’écrit par le mal, par l’antagonisme. Le Québec veut la reconnaissance, mais il agit toujours en bon perdant. Je ne dis pas ici d’entretenir la haine des Anglophones, mais peut-être d’entretenir un esprit de compétition. Aquin l’explique bien dans son texte l’existence politique : « Le séparatisme (…) ne peut naître que d’une relation entre deux individus, deux groupes, deux populations. (…) cette opposition émotive est fondamentale sur le plan historique »[4]
Félix Savard
[1] AQUIN, Hubert, L’art de la défaite : considération stylistique, http://id.erudit.org/iderudit/30019ac, p.41, (consulté 18 avril 2013) [En ligne].
[2] AQUIN, Hubert, De l’existence politique, http://id.erudit.org/iderudit/59875ac, p.67 (consulté le 19 avril 2013) [En ligne].
[3] AQUIN, Hubert, De l’existence politique, http://id.erudit.org/iderudit/59875ac (consulté le 19 avril 2013) [En ligne].
[4] AQUIN, Hubert, De l’existence politique, http://id.erudit.org/iderudit/59875ac, p.69 (consulté le 19 avril 2013) [En ligne].
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Kepler-62-f
Le 18 avril dernier, Justin Crepp, un astrophysicien, publie ses recherches sur la découverte de deux nouvelles exoplanètes qui pourraient être susceptibles d’héberger la vie. C’est grâce au télescope spatial américain Kepler que ces découvertes furent faites. De plus, Crepp affirme qu’avec ces deux nouvelles découvertes « la vie pourrait d’ailleurs potentiellement y exister ». Ce nouveau système fut baptisé Kepler 62. Les deux planètes se nomment Kepler-62f et Kepler-62e. Les deux nouvelles planètes parmi les cinq découvertes sont situées à 1200 années-lumière de la Terre. Avec les estimations transmises à l’aide du télescope spatial Kepler, les deux planètes seraient un peu moins chaudes que la nôtre, car les rayonnements qu’elles reçoivent sont presque identiques à ceux de Vénus et Mars. Avec l’estimation des températures sur les planètes, les astronomes ont pu émettre l’hypothèse que les planètes pourraient permettre à l’eau d’y être présente à l’état liquide. L’eau pourrait y être présent parce que la température de la planète n’est ni trop chaude et ni trop froide. La seule chose que les astronomes ne sont pas capables de pouvoir détecter c’est la composition de l’atmosphère parce que les planètes naines sont trop éloignées et leurs corps massifs sont trop faibles.
Avec cette découverte, serait-il maintenant possible, dans un avenir improbable, que l’homme soit capable se s’installer sur des nouvelles planètes?
Francis Ricard-Hamon
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Après seulement trois saisons, la sitcom américaine Arrested Development avait été discontinuée par Fox en 2006. Au grand plaisir des fans de la série, Netflix a acheté les droits pour produire une quatrième saison exclusive aux abonnés de Netflix. La saison a finalement été disponible le mois dernier avec quinze épisodes disponibles en même temps. Après avoir regardé treize épisodes de 33 minutes un à la suite de l’autre, j’ai pu me faire une petite idée de quoi la saison aurait l’air. Je n’ai pas été déçu. Je crois que tous les fans d’une série, qui a été cancellée six ans plus tôt, auraient peur que leur série soit massacrée par un changement drastique. Il y a une expression populaire dans la culture américaine qui va comme suit ; «jumping the shark». Il s’agit du moment où une série dépasse les bornes. Par exemple, la déception qu’avait causé Indiana Jones 4 après tant d’années d’absence. Je n’ai pas envie de dévoiler des passages du film à ceux qui ne l’aurait pas vu, mais sachez qu’on développe un cancer quand on comprend le «punch».
Donc, le lendemain de la sortie sur Netflix de Arrested Development, les critiques sortaient déjà dans des journaux québécois. La plupart des critiques qu’on peut retrouver sur la saison 4 montre leur dépréciation pour cette quatrième saison. Le journal 24h a écrit un article de deux pages sur leur déception alors que l’auteur de l’article n’avait écouté que six épisodes. C’est trop peu pour se fixer une opinion face à cette quatrième saison. Il est vrai que la saison présente un modèle assez spécial où on présente dans chaque épisode un personnage différent ayant vécu lors des six dernières années d’absence que la série a connues; c’est une raison de plus pour ne pas baser son opinion sur six épisodes. En effet, chaque épisode est un morceau du casse-tête de cette saison et on peut mieux comprendre le récit seulement en arrivant vers la fin. L’auteur de l’article se plaignait que le premier épisode était nullement drôle et que le premier rire arrivait seulement dans le milieu du deuxième épisode. Ce premier rire que l’auteur a eu a été déclenché par une blague grosse comme la terre. Un véritable fan de la série sait que l’humour de cette série est intelligent.
Pour ma part, la saison me rappelle très bien les jeux de mots non intentionnels de Tobias, qui font tellement rire, et elle arrive avec de nouveaux running gags. Les acteurs jouent encore très bien leur rôle. J’avais juste un peu peur de voir trop de fans de service. On voit énormément d’éléments des anciennes saisons revenir uniquement pour contenter les fans, mais après avoir écouté de nouveaux les anciennes saisons, je vois bien que le phénomène était déjà présent. Donc, pour tous les fans de cette série qui n’auraient pas pu voir la quatrième saison encore, n’attendez pas.
Francis Patry
Classé dans Culture et société
Friedrich Hölderlin
L’art, plus précisément la littérature, est notre relation avec la mort. Qui dispose de l’extrême dispose de soi-même. La tâche du poète, exprimé par Hölderlin, a pour finalité d’exposer à la puissance de l’indéterminé et à la pure et fondamentale violence de l’être une retenue et d’accomplir sa forme. Le temps de la détresse, in dürftiger Zeit, est ce temps dédié à l’art, à la littérature, à la poésie, c’est un moment de manque, d’amaigrissement, de dépérissement intellectuel, où la vérité vacille et c’est de ce temps qu’émerge les œuvres qui la rendent présente et visible.[1] Le poète est l’intimité de la détresse. Le poète raconte les origines, la première fois que l’on ressent un sentiment, une émotion, la première fois que l’on voit quelque chose. L’historien n’a quant à lui qu’un rapport au passé, contrairement à l’écrivain. Tout comme a tenté de le faire Hölderlin, l’aspiration du poète est de s’unir à la nature, de se délier de ses chaînes, de ses limites, de sa forme, de faire un retour à la vie éternelle, sans mesure et sans réserve, mouvement rapporté au désir de mort. Le poète veut se séparer de tout pour vivre plus étroitement avec toutes choses, avec soi-même. Le jeune Hölderlin, celui d’Hypérion, aspire à faire le retour à la vie unique, à cette vie ardente. Représentant la volonté de faire irruption par la mort, Empédocle, qui est issu de la première maturité d’Hölderlin, cherche à s’unir à l’élément du feu, signe et présence d’inspiration. Se tenant debout devant la puissance la plus haute, Dieu, le poète s’expose au plus grand danger, la brûlure du feu, symbole d’inspiration. Sa tâche a pour but d’apaiser ses douleurs en l’accueillant en lui-même, en son intimité, en son âme, pour pouvoir la transmettre aux autres hommes qui pourront alors entendre les paroles divines sans péril. Le poète, Hölderlin dans ce cas-ci, agit en médiateur entre le divin et le commun des mortels.
Cependant, le temps est ponctué de périodes de jour et d’obscurité, une alternance où les dieux sont présents et de moments où ils sont absents, avant Nietzsche, Hölderlin a conçu ces bouleversements. On peut également ramener ces moments à son œuvre, Hypérion, dans laquelle la nature correspond à l’intimité du divin, et où le temps qui suit l’orage est l’heure de grâce et d’inspiration. Alors qu’il manifeste ses premières crises d’égarement, il formule ce qu’il appelle die vaterländische Umkehr, le retournement fatal, non pas un retour vers le lieu natal, mais un mouvement qui s’exécute selon l’exigence de ce lieu. Il l’exprime ainsi : « La clarté de la représentation nous est aussi naturellement originelle qu’aux Grecs le feu du ciel ».[2] Il désigne par le « nous » les Allemands, plus précisément les hommes de la modernité. « La clarté de la représentation » est la tâche du poète définie plus haut. C’est le pouvoir de définir, de saisir les choses, mais également la volonté de rester sur la terre. « Le feu du ciel » renvoie évidemment aux dieux, à l’orage. Hölderlin ajoute cependant que « [les hommes] possèdent ce qui leur est étranger, mais que ce qui leur est proche ne leur est pas proche ».[3] Sorte de cri de ralliement, de précepte limité, qui invite les poètes de son pays, et lui-même, « à ne pas s’abandonner à la volonté empédocléenne », Empédocle étant le désir d‘aller dans l‘autre monde.[4] À cet instant, il se sent dangereusement proche de l’étranger, il dit notamment qu‘« il faudra [qu’il] veille à ne pas perdre la tête en France ».[5] La France étant sa Grèce antique, son approche du feu, il subira alors l’atteinte décisive et c’est à ce moment qu’il imagine de manière beaucoup plus colossale le retournement qu’il avait déjà exprimé.
Le Zeus de nos jours, dieu plus authentique, « reploie vers la terre le cours de la nature qui se dirige vers l‘autre monde, ce cours éternellement hostile à l‘homme ».[6] De cette formule on constate qu’Hölderlin s’éloigne d’Empédocle, désir maintenant inauthentique, désir qui doit alors s’inverser vers ce monde-ci, de même que la nature puisqu’elle tente d’amener l’homme au-delà. Le poète doit également se détourner des cieux. La pensée de Hölderlin repose sur le fait que les hommes de la modernité, qui ont à accomplir se tournant décisif, doivent le faire parce que les dieux eux-mêmes achèvent le « retournement catégorique ».[7] Les dieux d’aujourd’hui s’éloignent, se détournent, sont absents, meurent, et le poète doit comprendre le sens de cette infidélité divine en la commettant à son tour. Par ce retournement s’affirme alors la séparation des deux mondes et par cette distinction, le souvenir du divin. Aujourd’hui, de cette séparation, le poète doit résister à la disparition des dieux, à leur aspiration, mais également celle de la terre, simple substance matérielle, essence qu’il ne forge pas. Il doit se tenir justement à l’intermédiaire des deux mondes, tenir la double infidélité, ce double renversement, divin et humain.
Le poète doit accomplir ce processus en se chargeant du poids de la double infidélité et en maintenant la distinction entre les deux sphères, divine et mortelle, en vivant et en étant purement la séparation. Le poète repose dans la déchirure qu’est le sacré, dans ce lieu de vide et de pureté, cette scission, c’est là le sacré. Cette pensée de retournement catégorique est ce qu’annonce plus tard Nietzsche, « la mort de Dieu », c’est ce moment que ressent Hölderlin, il le vit dans une compréhension beaucoup plus large et moins simplifiée. Il repousse en quelque sorte les simplifications qu’apporte Nietzsche et tente de ne pas faire lire ces mots dans « la tranquillité de leur sens manifeste ».[8] Le poète est l’être en qui, essentiellement, ce retournement agit, le temps se renverse et les dieux vont et viennent. Seulement, Hölderlin ne conçoit pas ce rapport, cette absence, aux dieux que d’un œil négatif, ce pourquoi elle est terrible, elle est to deinotaton. Lors du jour, les dieux éclairent l’homme, l’éduquent, entretiennent un rapport avec le sacré lui-même. Seulement, dans la nuit, ils l’égarent, le privent de leur bienveillance divine, deviennent l’esprit qui se retourne. De là, pour le poète, sa tentation qui l’entraîne vers l’irréel, ce qui n’est pas lié, la démesure. Par conséquent, le devoir de se contenir devient plus grand pour bien distinguer les deux sphères et donc maintenir le vide et pur lieu du sacré, du retournement des cieux et des mortels. Le cœur de l’homme devient donc la cible, plus précisément le cœur du poète, devant devenir ce lieu sacré où la lumière s’éprouve, une intimité où les échos des profondeurs, l’abîme étant réservée aux mortels, abîme où sont préservés les dieux, deviennent les paroles du poète.
Mais si plus abondamment que les pures sources
L’or ruisselle et quand au ciel la colère s’aggrave,
Il faut qu’entre jour et nuit
Une fois apparaisse une vérité.
Dans une triple métamorphose transcris-la,
Pourtant toujours inexprimée, telle qu’elle est,
Innocente, telle elle doit rester.
Hölderlin
Nicolas Handfield
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Alors que la réalisation de mon épreuve synthèse de programme m’a permis de me rendre compte que l’absence de laïcité et de sécularisation au Moyen-Orient représente un véritable obstacle à la liberté de plusieurs êtres humains, on se doit de constater que ce phénomène n’est pas propre au Moyen-Orient.
Banda Aceh, Indonésie.
Alors que la presque totalité de ce pays comptant plus de 240 millions d’habitants se revendique comme étant laïc, Banda Aceh persiste à être une triste exception. Cette province emploie ouvertement des lois islamistes. Nous ne parlons pas là d’une certaine forme de conservatisme religieux, mais plutôt carrément de cas d’adultère résultant en une lapidation de la femme, d’homosexuels emprisonnés ou carrément battus dans les rues en raison de leur orientation sexuelle. Le port du voile chez la femme est une obligation, évidemment.
Récemment, un phénomène désolant a eu lieu. Près d’une centaine de jeunes punk se sont faits persécutés en raison de leur style vestimentaire lors d’un concert. On leur a coupé les cheveux de force, changé leur habillement et ils furent emmenés dans un centre de détention qui pratiquait une forme de «réhabilitation» par l’entremise d’entraînements militaires et de cours intensifs de religion. [1]
De quoi étaient coupables tout ces jeunes punk? De rien qu’un système juridique rationnel puisse prouver. Or, le système juridique de Banda Aceh n’est pas rationnel, laïc, séculaire. Cette absence de sécularisation a engendré l’emprisonnement absolument déplorable et scandaleux de tous ces innocents, a brimé leur droit de se réunir et de s’exprimer librement.
Cet incident –qui n’est malheureusement qu’un parmi tant d’autres- vient renforcer l’idée selon laquelle une société ne peut sincèrement prétendre que ses citoyens sont réellement libres et affranchis tant qu’elle n’est pas séculaire. Sans la sécularisation, il n’y a place que pour un cadre normatif auquel tous se doivent d’obéir- un cadre qui ne laisse pas place à la singularité, comme le démontre parfaitement le cas de ces jeunes punks qui n’ont pas commis le moindre mal, mais qui se sont retrouvés dans une situation injuste, ces jeunes dont la liberté fut brimée.
Le but de l’histoire est la liberté pour tous, a un jour dit Hégel, et il ne faut pas oublier que la sécularisation est une étape fondamentale pour la libéralisation de tous.
Christine Dakhil
[1] Ap News, Hard-line Indonesian police shave punkers’ mowhaks, ASIAN CORRESPONDENT [En ligne] http://asiancorrespondent.com/71977/hard-line-indonesian-police-shave-punkers-mohawks/ (page consultée le 10 juin 2013).
Classé dans Culture et société, Philosophie, Politique, Religion
La littérature est une façon d’illustrer la société contemporaine. Ainsi, ce sont les individus et les peuples qui, dans leurs aspirations, font la littérature. Les idéologies et les courants sont immortalisés par la littérature, ce qui suggère un lien entre cette dernière et l’Histoire. Le XIXe siècle est une époque où la politique est amenée en premier plan dans la société, alors la littérature qui compose avec la culture populaire de l’époque n’a d’autre choix que de transcrire ces évènements. Voici un exemple classique de la littérature française du XIXe siècle qui met la lumière sur cette époque mouvementée, Les Misérables. Ce livre terminé en 1862 est déjà perçu comme un classique lors de sa parution. Son auteur, Victor Hugo, voulait manifestement faire entrer Les Misérables dans une critique politique, morale et sociale de la société dans laquelle il vivait et il va même jusqu’à qualifier son œuvre d’utilitaire, aux fins bénéfiques pour toutes sociétés où règne l’injustice.
Victor Hugo présente donc une caricature de la société de son époque, grossissant les traits afin qu’ils soient mieux perçus. Il montre la misère dans laquelle les gens vivent entre les années 1815 et 1833, c’est-à-dire lors de la Restauration. Le roman se situe donc dans un siècle mouvementé par les régimes politiques en pleins changements. L’œuvre de Victor Hugo se concentre autour d’un acte politique et historique, l’insurrection républicaine à Paris du 5 et 6 juin 1832. Le soulèvement commence lors des funérailles d’un député de l’opposition et se termine par un massacre des insurgés. L’évènement a par la suite été « immortalisé par Hugo dans les misérables »[1]. En effet, l’écrivain s’est inspiré d’événements et du contexte socio-économique dans lequel il a vécu pour intégrer son livre à son époque et pour le rendre contemporain à sa société. Il a accumulé les évènements historiques afin de mettre ses personnages dans un univers relativement réel.
En effet, les personnages dépeints par Victor Hugo dans Les Misérables sont caractériels de la société du XIXe siècle, puisqu’ils représentent toutes les couches de la société. Victor Hugo met en lumière la pauvreté, la misère, les luttes sociales pour l’obtention de droits et les difficultés reliées à cette période historique à travers ses personnages. Par exemple, avec les Thénardier l’auteur fait référence à la bataille de Waterloo, car le père Thénardier est un ancien soldat de l’armée de Napoléon qui fut décoré lors de cette bataille. De plus, les Thénardier représentent les bas fonds de la société et les arnaqueurs qui la peuplent.[2] Aussi, ce qui oppose les personnages de M. Gillenormand et le Colonel George Pontmercy des Misérables est en fait la représentation de la rivalité qui oppose les deux opinions publiques les plus populaires de la société française du XIXe siècle, c’est-à-dire le bonapartisme et le royalisme.
Ainsi, Victor Hugo nous présente une multitude de couches de classes sociales dans son roman, ce qui démontre le réalisme de son œuvre. Il fait allusion à la bourgeoisie, au prolétariat, au forçat, à la classe ouvrière telle que la police, à la classe religieuse, etc. Il étale ces différentes classes avec par exemple, Jean Valjean qui est la figure du forçat, Javert qui représente parfaitement le policier acharné à son travail, et Marius qui représente la jeunesse et la bourgeoisie.[3] Victor Hugo réussit, à transfigurer un particulier historique en une universalité qui peut faire sens pour tout homme. Ainsi, toutes les couches de la société sont représentées à travers les personnages de Victor Hugo, créant donc le général sur lequel Aristote mettait l’accent lorsqu’il comparait dans La Poétique la littérature avec l’histoire. Bref, Victor Hugo présente la révolte de juin 1832 afin d’entrer l’Histoire dans son histoire et son histoire dans l’Histoire, en mettant en scène les moments mémorables de son siècle.
Alex Nadeau-Lessard
[1]LEPELTIER, Thomas. «Le roi et les barricades. Une histoire des 5 et 6 juin 1832», 15 juin 2011, Science Humaine, [En ligne] http://www.scienceshumaines.com/le-roi-et-les-barricades-une-histoire-des-5-et-6-juin-1832_fr_2099.html (Page consultée le 4 juin 2013)
[2]Les Thénardier, vils profiteurs, [En ligne] http://www.linternaute.com/livre/magazine/les-pires-mechants-de-la-litterature/les-thenardier-les-miserables.shtml (Page consultée le 4 juin 2013)
[3]Victor Hugo, [En ligne] http://le-double-a.weebly.com/5/post/2013/01/le-contexte-historique.html (Page consultée le 4 juin 2013)
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L’Apocalypse de Jean est le récit le plus puissant concernant la fin du monde. Avant de l’aborder, il faut se familiariser avec ce vocabulaire. « Apocalypse » est un mot d’origine grecque qui signifie « ce qui est découvert ». Ce mot vient du verbe apokalutein qui veut dire « dévoiler »[1]. De nos jours, ce mot signifie une grande catastrophe qui mène à la fin du monde. Maintenant qu’on est familiarisé avec la signification du mot « Apocalypse » nous pouvons plonger dans les mythes bibliques de la fin du monde plus précisément, l’Apocalypse de Jean.
Les récits apocalyptiques venant de la tradition ancienne juive énoncent le fait qu’un individu pur et religieux a l’opportunité de voir ou de savoir des secrets habituellement cachés aux mortels. L’Apocalypse de Baruch est un exemple qui démontre bien les faits marquants d’un récit apocalyptique venant de la tradition juive ancienne. En effet, le récit de Baruch écrit entre 200 et 150 avant Jésus-Christ décrit comment un ange a mené Baruch visiter les cieux. Ainsi, cet ange lui fait découvrir des secrets tels que la marche du monde, le sort des âmes des gens mauvais et des gens bons, etc. D’autres récits apocalyptiques sont aussi grandement reconnus entre autres, l’Apocalypse d’Abraham et le livre des secrets d’Hénoch.[2]
Par ailleurs, le christianisme a en quelque sorte, copié l’idée d’une Apocalypse dans les différents récits déjà existants. Le récit de Jean est particulier puisqu’il est illustré dans la Bible. Sa particularité c’est le fait qu’il ne fait pas qu’énoncer les mystères du monde tels que le sort des âmes des gens mauvais et des gens bons, il révèle le futur. Le récit apocalyptique de Jean est daté entre l’an 60 et 100 après Jésus-Christ.
Le récit débute ainsi : Jean étant guidé par une voix est amené au ciel. Il fait la rencontre de Dieu qui est en compagnie de la cour céleste. Dieu ayant en sa possession un livre scellé de sept sceaux communique à un ange de demander qui peut ouvrir ce livre. Puisque personne ne répond, un agneau ayant sept cornes, sept yeux (symbole des esprits que Dieu envoie sur la Terre) apparut et prit le livre. Cela dit, l’animal brise les sept sceaux de telle sorte que chaque sceau brisé provoque une apparition. Le premier sceau brisé provoque l’apparition d’un cheval blanc monté par un archer vainqueur, le deuxième fait apparaitre un cheval roux monté par un symbole de la guerre, le troisième sceau, un cheval noir portant un symbole de la famine, le quatrième sceau un cheval ayant une couleur claire portant le symbole de la mort, la famine, la maladie et des bêtes ravageant la terre, le cinquième sceau les âmes de personnes. Lorsque le sixième sceau fut brisé, la terre se mit à trembler, le soleil prit une couleur obscure ainsi que le ciel, la lune une couleur rouge sang et les étoiles se mirent à tomber. À cet égard, la fin du monde n’est pas encore arrivée… Au bris du dernier sceau, sept anges ayant sept trompettes apparaissent. Au son de la première trompette, une série de catastrophes surgit telle que des inondations, la destruction des animaux et ainsi de suite jusqu’au son de la dernière trompette qui déclenche des catastrophes un terrible tremblement de terre ainsi qu’un grand mystère.[3]
Presque tous les mythes de la fin du monde ont tendance à grandement capter l’attention. Même si ce sujet crée une certaine inquiétude, il est inévitable de le laisser de côté. L’homme a besoin de se rappeler qu’il vit dans un monde fragile et qu’il ne peut pas tout le temps le contrôler malgré ses connaissances acquises par sa rationalité. L’humanité est fascinée par la fin du monde, car en réalité personne ne peut garantir si ce mythe deviendra un jour réalité. Ainsi, tout ce doute réalimente l’imagination des hommes et fait revivre un enchantement autrefois perdu par l’incrédulité face aux récits religieux. De ce fait, même si le récit apocalyptique de Jean a été écrit vers l’an 60 à 100 après Jésus Christ, il réussit encore à fasciner plusieurs d’entre nous. L’œuvre Apocalypse Trans Am (1993) de John Scott en est la preuve. En effet, cet artiste a gravé le texte de l’apocalypse de Jean sur une voiture complète. Notamment, cette œuvre d’art a été exposée au Musée des beaux-arts du Canada.
Bianca Segovia-Sanchez
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Depuis quelques années, on a vu l’apparition d’une nouvelle mode, le tatouage. Nouvelle mode? Pas tant que cela. Les premières traces que nous en avons datent de la préhistoire. On les a retrouver sur Otzi, un homme préhistorique retrouvé momifier dans la glace qui daterait d’environ 4 500 avant Jésus-Christ. Selon certaines études, ses marques auraient des propriétés médicinales. Dans les civilisations primitives, comme les Maoris, le tatouage était surtout une façon de rompre avec la nature, de s’affirmer en tant qu’humain. Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, le tatouage n’était pas utiliser comme décoration, mais plutôt comme châtiment. Il servait à identifier les esclaves, les criminels et, plus tard, les soldats. À partir des années 1800, le tatouage devient davantage un choix des classes marginales de la société. Ce qu’on voulait était de se distinguer, de se séparer volontairement de la société. Mais qu’elle est la place du tatouage aujourd’hui?
Le tatouage a toujours eu comme fonction de séparer la personne qui le porte face à la nature ou à la société. Aujourd’hui, le tatouage a pour fonction de se différencier de tout le monde qui nous entoure. Il ne s’agit pas d’une quête d’identité, mais plutôt de l’affirmation de celle-ci. Dans le monde Occidental dans lequel nous vivons, c’est-à-dire un monde dans lequel les religions sont presqu’inexistantes, un monde dans lequel tous et chacun porte les mêmes vêtements (ou presque), un monde dans lequel nous sommes facilement représenter par des chiffres (comme à l’école), il est normal que l’on veuille se différencier des autres, « sortir du lot ». James Clifford nous dit dans son livre Malaise dans la culture :
« Dans un monde où des voix trop nombreuses parlent en même temps, un monde où le syncrétisme et l’invention parodique deviennent la règle, non l’exception, un monde multinational et urbain de l’éphémère institutionnalisé – où des vêtements américains, fabriqués en Corée, sont portés par les jeunes en Russie, où les racines de chacun sont en quelque sorte coupées –, dans un tel monde, il devient de plus en plus difficile de rattacher l’identité et la signification humaine à une culture ou à un langage cohérent. »
En une phrase, il réussit à expliquer exactement ce pourquoi les jeunes se font tatouer. Le tatouage est une façon primitive de montrer sa différence face à l’autre et il ne reste plus qu’une question à poser ; que deviendra le tatouage dans les années à venir?
Joëlle Desautels
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À l’amateur d’art qui fréquente les musées d’art contemporain, il n’est pas rare qu’il soit donné d’entendre des remarques indignées, où l’on compare le talent de l’artiste exposé à celui d’un enfant de cinq ans et l’on s’offusque que de tels objets passent pour des «œuvres d’art». On reproche trop souvent à l’art contemporain d’être ennuyeux, de ne susciter aucune émotion esthétique, d’être sans contenu, de ne ressembler à rien, de ne répondre à aucun critère esthétique, qu’on n’y décèle aucun talent ou même que c’est une pure création du marché, mais surtout que l’art n’a plus de fonction spirituelle comme autrefois. Par contre, avec l’autonomisation de la pratique artistique, on voit apparaître de nouveaux buts, l’art ne sert plus la fonction spirituelle, mais bien la fonction critique. L’art contemporain n’est peut-être plus le mode d’expression de l’absolu, qu’est-ce en effet que l’absolu dans notre société moderne? Mais il fait sens dans la mesure où il a pris un virage social, les artistes contemporains ne sont plus les intermédiaires entre une vérité incontestable et les hommes, mais ils sont porteurs de messages sociaux et c’est grâce à eux et aux critiques sociales qu’ils font à travers leurs œuvres que des esprits sont conscientisés.
C’est le cas de Pedro Reyes qui, pour dénoncer le niveau alarmant d’homicides au Mexique, s’est associé à la campagne nationale de remise volontaire d’armes à feu de 2008. Il a récupéré 1527 armes, qu’il a fait fondre pour ainsi en faire des pelles. Les pelles ont servies pour planter 1527 arbres par la population mexicaine. Une action symbolique de sensibilisation baptisée Des armes pour des pelles. Cette action a marqué les esprits, puisqu’en 2012 le gouvernement mexicain lui demande s’il voudrait récupérer le métal de 6700 armes à feu. Il accepte et décide de transformer les armes en instruments de musique, on a nommé ce projet Imagine. Un groupe de 6 musiciens a transformé des mitraillettes, des révolvers, ou des fusils de chasse en banjos, en flûtes, en lyre, en guitare, en basse, en batterie et même en xylophone. Un concert a été organisé et l’orchestre ainsi créé a joué, entre autre, le titre symbolique «Bullet in the head» de Rage Against The Machine. Pour Reyes, ce projet se veut un appel à l’action pour contrer le marché des armes à feu, largement encouragé selon lui par l’industrie du divertissement. Et c’est précisément en mettant sur pied des projets comme ceux de Reyes que les mentalités changent et que peut-être un jour nous vivrons dans une société sans armes à feu.
Thereece Rosset
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L’histoire de l’art me fascine par sa richesse et j’aimerais donc partager avec vous une de ses facettes qui m’intéresse particulièrement, l’art de l’Égypte antique. Voici donc quelques (brèves) notions sur cet art antique.
À première vue, l’art égyptien s’apparente à un véritable culte de la mort. En effet, et il en va de même pour la culture égyptienne en générale, il est intrinsèquement lié à la mort, car celui-ci a la fonction de permettre la continuation de la vie dans l’au-delà. Ainsi, les égyptiens portent en eux une forte négation de la mort qui est considérée comme une seconde vie qui se poursuit dans l’empire des morts. La mort en Égypte n’est en somme qu’un rite de passage pour l’âme, qui passe du monde sensible à un monde spirituel dans lequel elle continue d’exister.[1] Ainsi, l’art égyptien a donc la délicate fonction de « maintenir en vie »[2]. Ce but assigné à l’art égyptien fait en sorte que sa manière de représenter la réalité diffère assez de la nôtre, en ce sens que, pour les Égyptiens, il n’est pas nécessaire qu’une représentation soit la plus fidèle possible pour être la plus réelle possible. La beauté n’était pas un critère de l’art égyptien. En fait, ce qui comptait c’était que les peintures soient les plus complètes possibles. L’art égyptien obéit à des règles et des codes bien précis. Chaque élément doit en effet être complet et reconnaissable. Cela ce manifeste clairement dans cette peinture présentant un jardin (figure 1) où chaque chose doit être représentée du point de vue duquel elle sera le plus facile à identifier. Ainsi, les arbres et les poissons sont peints de côté, tandis que le bassin est peint en vue de haut. En effet, la forme des arbres et des poissons n’auraient pas été aussi reconnaissables si ils avaient été présentés de haut. On comprend alors mieux pourquoi les corps humains des fresques égyptiennes nous semblent si étranges. (figure 2)
En obéissant à la même logique, chaque partie du corps doit être représentée sous son angle le plus caractéristique. Il ne s’agissait pas alors d’ignorance ou de manque de savoir faire. Simplement, ce qui importait était que chaque partie importante du corps soit bien représentée. On y voit alors des hommes présentant des têtes de profiles, plus significatives, mais dans lesquelles on insère un œil vu de face car il est plus symbolique représenté ainsi. Le haut du corps se distingue mieux de face, car on peut le voir dans sa totalité. Finalement, les bras et les jambes, si on veut les représentés en mouvement, sont plus facilement distinguables de profil.[3] Il ne faut donc pas croire que l’art égyptien souffrait d’un manque de savoir faire. C’est que l’art égyptien vise une représentation de la réalité dans sa forme la plus reconnaissable. Le but est en effet de s’assurer que le corps et les biens du défunt accompagneront son âme dans l’autre monde. Il est donc primordial qu’il n’y ait aucune ambigüité possible dans les représentations de ce qu’on l’on souhaite qui accompagne le défunt dans son autre vie.
[1] Jacques DARRIULAT. « Commentaire de Hegel », Jacques Darriulat, [En ligne], http://www.jdarriulat.net/Auteurs/Hegel/index.html (consultée le 22 mai 2013)
[2] Ernst GOMBRICH. Histoire de l’art, Phaidon, Paris, 2006, p. 53.
[3] Ernst GOMBRICH. Histoire de l’art, Phaidon, Paris, 2006, p. 53.
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