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Le Massacre de Newton

Chronique d’un massacre annoncé

Anne Sinclair

Après la tuerie d’Aurora au Colorado, en juillet dernier, (avant celle du temple sikh d’Oak Creek dans le Wisconsin en août, et qui ne représentent que deux des treize mass shootings qui ont eu lieu dans la seule année 2012), Barack Obama avait dit avoir « le cœur brisé » et déclaré qu’un « examen de conscience » était nécessaire sur la manière de réduire la violence dans son pays. Une de nos blogueuses, spécialiste des Etats-Unis, Célia Belin, avait dénoncé alors les « larmes de crocodile » que versait l’Amérique à chacune de ces tragédies.

Après l’épouvantable massacre de Newtown dans le Connecticut ce vendredi, l’un des plus atroces commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis, les larmes essuyées par Obama au coin des yeux, loin de m’émouvoir, m’ont indignée, comme la marque de la plus grande hypocrisie qui soit. On savait en effet qu’une tuerie semblable ou pire se reproduirait sur le sol américain.

Ce Président, qui a tout pour être un grand chef d’Etat, s’honorerait de ne pas se contenter de déplorer ce carnage, ou d’appeler à des « mesures significatives« , alors qu’il n’a pas osé prononcer le mot « armes à feu« , pas plus qu’il n’avait évoqué le sujet lors de sa campagne électorale, en dehors de propos généraux sur le gun control, c’est-à-dire la régulation des ventes d’armes selon les antécédents de l’acquéreur.

Que risque-t-il, lui, homme désormais libre de toute contrainte électorale, à prendre la tête d’une croisade contre le lobbying meurtrier de la NRA, de se battre pour faire voter par le Congrès une loi fédérale interdisant ces armes à feu, bref à modifier ce sacro-saint 2nd Amendement que la Cour Suprême n’a d’ailleurs jamais renoncé à transformer, mais la plupart du temps en le durcissant ?

Cet amendement, incompréhensible pour nous, avait un sens lors de l’indépendance Etats-Unis. En effet, « le droit du peuple [américain] de détenir et de porter des armes » est inscrit dans le second amendement de 1787, qui fait partie du Bill of Rights ratifiés en 1791, appelant à la constitution de milices pour s’opposer à toute tentative des Britanniques pour entraver la Révolution toute neuve : A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed. Traduisez, « une Milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne peut être transgressé. »

Cette interprétation historique avait d’ailleurs été celle de la Cour Suprême en 1939, qui n’a malheureusement pas cessé, depuis, de transformer l’esprit de ce Second Amendement, en en faisant un droit imprescriptible et individuel au port d’arme. On attend avec impatience qu’Obama, alors que la possibilité lui est donnée de nommer deux juges à la Cour Suprême, permette de renverser cette toute puissante juridiction aujourd’hui à majorité conservatrice.

Mais elle n’est pas la seule responsable. Derrière la question des armes à feu se cache en effet un véritable marché, un commerce rentable. Au premier rang, bien sûr la sur-puissante NRA – National Rifle Association qui, à coups de millions de dollars (c’est, aux USA, le lobby le plus puissant – 4,3 millions de membres – et le plus riche – 202 millions de dollars de dons), a fini par imprégner les mentalités. Le Washington Post estimait il y a deux ans que la NRA, qui distribue, à chaque campagne, des soutiens financiers considérables, avait réussi en moyenne à faire élire 4 candidats sur 5 parmi ceux qu’elle avait soutenus lors des élections pour la Chambre des Représentants ! 

Plus profondément, la culture américaine est devenue de plus en plus individualiste; la révolution ultra-conservatrice a gagné du terrain ; la croyance dans le self-reliance – ne compter que sur soi et surtout pas sur l’Etat – est désormais un mantra incontournable dans une société qui cultive le fantasme exacerbé d’une liberté sans limites.

Comment dans la série Desperate housewives peut-on montrer une des héroïnes trouvant un moment de détente en tirant sur des boîtes de conserve au fond de son jardin, entre une tarte aux noix de pecan et une partie de poker avec ses voisines ?

Comment surtout – et cet exemple est authentique – un professeur d’université peut-il raconter sans frémir à ses étudiants qu’il dégomme les lapins qui gambadent à la lisière de son terrain dans une banlieue résidentielle chic de Virginie?

Les assassins ne sont pas pour autant plus nombreux aux USA qu’ailleurs – même si on peut regretter que tous ceux qui auraient besoin de soins psychiatriques très lourds soient moins bien dépistés et suivis – mais ils ont la possibilité de s’équiper facilement de revolvers, de fusils de chasse et même de fusils d’assaut, en vente libre aux comptoirs de la chaine de supermarchés de Walmart !

Pire : après chaque bain de sang, les ventes d’armes augmentent, y compris dans l’Etat même où a été commis l’hécatombe. Ce fut le cas dans l’Arizona après la tuerie de Tucson qui a failli coûter la vie à la Représentante démocrate Gabrielle Giffords. Au nom d’une logique folle : si les gentils Américains avaient des armes, ils pourraient les retourner contre les méchants qui en font usage ! C’est ainsi que des voix osent dire depuis trois jours que si les armes étaient permises dans les écoles, elles auraient permis de se défendre face à Adam Lanza, auteur de l’horreur de Newtown. Autrement dit, encourageons la folie pour répondre à la folie !

On sait qu’aucun président ne sera élu en faisant campagne pour l’interdiction des armes à feu. Aucun gouverneur non plus. Et il est vain de croire, comme le voudrait la presse du monde entier que « le débat va enfin s’ouvrir sur le port d’armes aux Etats-Unis« . Il ne se passera rien… jusqu’au prochain massacre qu’on déplorera avec autant de chagrin que celui-ci, qui a visé principalement des enfants de 6 ans, et a rendu humides les yeux du président américain. Il doit s’exprimer cette nuit. Si c’est pour réclamer un renforcement de plus du gun control si peu efficace, ce sera décevant. On attendrait de lui un courage historique pour aller jusqu’au bout et souhaiter l’interdiction des armes à feu en vente libre sur le territoire américain. Peut-être l’aura-t-il ce soir ?

PS, Lundi matinObama est resté au bord du chemin : « Nous ne pouvons pas accepter que des tels événements deviennent la routine. Sommes-nous prêts à dire que nous sommes impuissants face à de tels carnages? Que la situation politique est trop difficile? ». Allusion plus que prudente au sujet brûlant. Et pas d’annonce de mesures – fussent-elles de contrôle renforcé. Timide approche. Réelle déception.

Source: Huffington Post 16/12/12

Samuel Landry

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Oscar Niemeyer 1907-2012

Oscar Niemeyer, considéré comme l’un des pères de l’architecture moderne, est mort, mercredi 5 décembre, à l’âge de 104 ans dans un hôpital de Rio de Janeiro.

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Amoureux du béton, ennemi de la ligne droire: Oscar Niemeyer

L’architecte, qui aurait eu 105 ans le 15 décembre, était hospitalisé depuis le 2 novembre en raisons de complications rénales et d’hémorragies intestinales. L’hôpital Samaritano avait indiqué mercredi que son état s’était aggravé en raison d’une infection respiratoire.

Né le 15 décembre 1907 à Rio, dans une famille bourgeoise d’origine allemande, portugaise et arabe, Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares, a participé à la réalisation de plus de 600 œuvres en 70 ans de carrière. Une vingtaine sont encore en cours de réalisation dans divers pays.

C’est en 1940 que Niemeyer fait la connaissance du futur président Juscelino Kubitschek, qui lui donnera la « joie » de construire ex nihilo Brasilia, l’actuelle capitale du Brésil, avec l’urbaniste Lucio Costa et le paysagiste Roberto Burle Marx.« On voulait faire des immeubles qui créent une certaine stupeur parce qu’ils étaient différents », avait déclaré ce pionnier de l’utilisation du béton.

"On voulait faire des immeubles qui créent une certaine stupeur parce qu'ils étaient différents", avait déclaré ce pionnier de l'utilisation du béton.

Parmi ses réalisations les plus célèbres, où le verre et le béton blanc sont omniprésents, figurent le secrétariat des Nations unies à New York

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ou le siège du Parti communiste français, place du Colonel-Fabien, à Paris.

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Le prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l’architecture, lui a été décerné en 1988 pour la cathédrale de Brasilia, dont la célèbre coupole en « couronne d’épines » permet à la lumière d’inonder une nef pourtant souterraine. La capitale brésilienne, qui a surgi en 1960 au beau milieu du Cerrado, plateau sauvage du centre du pays, lui doit la plupart de ses édifices publics, précurseurs du style « Space Age ».

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A Rio, où il vivait, Oscar Niemeyer laisse notamment le Sambadrome, haut lieu du carnaval, et la « soucoupe volante » du musée d’art contemporain de Niteroi, qui domine la baie.

a-view-of-copan-latin-america-s-largest_9e4c63b41a363caa1734e3c1c9d1e4acL’immeuble Copan, Sao Paolo

Source pour le texte: Le Monde, 6/12/12

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Potytechnique, 6 décembre 1989

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Tuerie à l’École Polytechnique de Montréal

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Il y a 60 ans: The Great Smog

Il y a 60 ans à Londres, 5 jours durant, le nuage de pollution était si dense qu’il faisait nuit en plein jour: images du Great Smog.

Piccadilly Smog

Smog On The Thames

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Corruption et image de soi

L’examen de conscience

Il était particulièrement gênant de voir un juge de la Cour supérieure de l’Ontario ordonner la destitution du maire de Toronto pour une peccadille antérieure à son élection, alors que les magouilleurs ont prospéré impunément pendant des années, voire des décennies, au sein des administrations de Montréal, de Laval ou encore de Mascouche avant que leurs maires soient enfin chassés de l’hôtel de ville.

Dans la même semaine, l’ancien p.-d.g. de SNC-Lavalin, ce fleuron de Québec inc., était arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et devra faire face à une série d’accusations de fraude.

Si détestable que pût être le recours à la corruption pour obtenir des contrats en Libye, il était toujours possible de se donner bonne conscience en se convaincant qu’il s’agissait d’une quasi-obligation à laquelle tout soumissionnaire devait se plier, mais découvrir que c’était aussi une condition pour décrocher le contrat du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est franchement déprimant.

On s’était indigné de la page couverture du magazine Maclean’s sur laquelle le Bonhomme Carnaval portait une valise débordant de billets de banque, mais on se demande maintenant quel sera le prochain objet de fierté nationale à être éclaboussé : le Canadien, le Cirque du Soleil, Céline Dion ? De toute évidence, il y a quelque chose de pourri au royaume du Québec.

Même si elle lui devait une fière chandelle pour avoir contribué à sauver son leadership l’hiver dernier, la première ministre Pauline Marois ne pouvait pas passer l’éponge sur les infractions à répétition de Daniel Breton, sous peine de voir tout son gouvernement s’embourber. Après sa malheureuse visite au BAPE, plusieurs commençaient d’ailleurs à voir en lui un dangereux loose cannon, qu’il aurait fallu placer sous étroite surveillance de façon permanente.

On peut toutefois comprendre la réaction de ceux qui enragent de voir écoper un homme qui, malgré de sérieux problèmes personnels, avait certainement l’Intérêt public à coeur, alors qu’une ploutocratie véreuse s’engraisse scandaleusement aux frais des contribuables.

***

Même si la juge France Charbonneau a expliqué que toutes les pièces du puzzle ne pouvaient pas être mises en place simultanément, plusieurs ont reproché à sa commission d’avoir rendu publiques sans plus d’explication les listes d’invités au club 357c et d’ajourner ensuite les audiences publiques pour une période de deux mois, sans se soucier du tort qui pourrait être fait à la réputation de gens qui n’ont rien à se reprocher.

Mme Charbonneau a cependant trop d’expérience et de sens de la justice pour avoir donné le feu vert aux procureurs de la commission simplement pour faire taire ceux qui lui reprochaient de commencer à manquer de souffle.

Ma collègue Kathleen Lévesque rapporte aujourd’hui dans Le Devoir qu’en levant le secret sur ce lieu de rendez-vous des ploutocrates qu’est devenu le 357c, on a plutôt voulu lancer l’avertissement que leurs réseaux seront mis au jour coûte que coûte et que personne ne sera à l’abri du regard de la commission.

Le mandat officiel de la commission est de mettre au jour la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats publics dans l’industrie et les liens possibles avec le financement des partis politiques, mais c’est en réalité l’éthique de la société québécoise tout entière qui a été placée sous surveillance.

Certes, la nature humaine n’est pas spontanément portée vers la vertu, mais la théorie des pommes pourries a quand même ses limites. Il ne s’agit pas seulement de comprendre comment fonctionne un système qui a gangrené nos institutions les plus fondamentales, mais aussi de faire un examen de conscience. Comment, collectivement, en est-on arrivé là ?

***

Personne ne peut être fier de l’état de déliquescence dans lequel sont tombées les administrations publiques. Entendre un fonctionnaire municipal corrompu jusqu’à l’os vanter sans la moindre gêne les manières de gentleman d’un caïd de la mafia avec lequel il a joué au golf dans le Sud est non seulement enrageant, mais honteux.

Pour n’importe quel gouvernement, les milliards que coûte la corruption constituent déjà une excellente raison de s’y attaquer avec la plus grande détermination, mais celui de Mme Marois devrait avoir un incitatif additionnel à faire diligence.

Il y a sans doute de nombreuses raisons qui peuvent expliquer la baisse de la ferveur souverainiste au cours des dernières années. Une chose est cependant certaine : la fierté et la confiance en soi sont des ingrédients indispensables. Ce que nous révèle la commission Charbonneau n’est certainement pas de nature à susciter l’une ou l’autre.

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Je me souviens des Patriotes à Saint-Denis

Il y a 175 ans, la bataille de Saint-Denis

Gilles Laporte – Porte-parole de la Maison nationale des patriotes, Le Devoir,  23 novembre 2012

La Grande-Bretagne n’a pas lésiné afin d’écraser la rébellion patriote. Dès qu’on découvre que Louis-Joseph Papineau a trouvé refuge dans le petit village de Saint-Denis-sur-Richelieu, l’armée anglaise mobilise pas moins de 300 soldats pour « accompagner » les juges de paix chargés d’arrêter le chef patriote.

Parti de Montréal le 22 novembre, le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore apprend à Sorel que des villageois s’apprêtent à lui barrer la route à Saint-Denis. Il déploie alors ses troupes et donne l’ordre de marcher toute la nuit. L’armée arrive aux portes de Saint-Denis le matin suivant, trempée et épuisée par une marche forcée sous une pluie glaciale. De leur côté, les patriotes de Saint-Denis sont sur le qui-vive ; les quelque 200 résistants mal armés reçoivent constamment des renforts, si bien que le nombre de défenseurs s’accroît tout au long de la journée. À leur tête, le grand Wolfred Nelson se veut rassurant : « Soyez tranquilles, il y en aura de tués, et vous prendrez leurs fusils. »

Retranchés dans une imposante maison en maçonnerie ainsi qu’à la distillerie appartenant au docteur Nelson, les patriotes ouvrent un feu nourri d’une grande précision. Devant ce tir plongeant, l’infanterie de Gore est impuissante. Impuissante aussi est son artillerie contre les robustes murs de la Maison Saint-Germain, transformée en forteresse par les patriotes – sauf pourtant le premier boulet, qui pénètre par une fenêtre, tuant d’une traite trois défenseurs.

Vers 13 heures, l’arrivée de renforts des villages de Saint-Antoine, Contrecoeur, Saint-Ours et Verchères galvanise le moral des défenseurs qui passent… à l’offensive ! On lance alors la « compagnie des bâtons de clôture », qui, armée de piquets semblant être des mousquets, surgissant de la forêt, sus à l’ennemi. L’audacieuse tactique provoque la panique chez les Britanniques, qui croient se trouver en face d’une troupe bien armée. Après sept heures de combat, Gore décide de se replier, abandonnant armes et bagages aux patriotes restés maîtres des lieux.

La victoire de Saint-Denis est d’une ampleur historique. Tout au plus, les patriotes avaient cherché, par leur défense héroïque, à protéger leur vie et à couvrir le départ de Papineau. Ce succès inouï leur impose cependant d’aller jusqu’au bout de leur engagement, face à une armée anglaise désormais déterminée à écraser toute résistance.

Le « loup rouge » Wolfred Nelson

Anglophone originaire de Sorel, Wolfred Nelson écrit lui-même […] : « Dans ma jeunesse, j’étais un ardent tory et j’étais porté à détester tout ce qui était catholique et canadien-français, mais une connaissance plus intime de ces gens changea mes vues. » Nelson devient alors à Saint-Denis le « loup rouge » : un chef inspirant, enraciné dans la communauté francophone de Saint-Denis, où il est médecin et entrepreneur. À 29 ans, il épouse Charlotte-Josephte Noyelle de Fleurimont, qui est issue d’une famille seigneuriale et catholique. Nelson est alors mêlé à une foule d’activités dans sa communauté, où il jouit d’un grand respect. Nelson se lance en politique en 1827 pour dénoncer l’attitude du gouvernement anglais. La mort de son ami Louis Marcoux, impunément assassiné à Sorel en novembre 1834, sonne le signal de son engagement total derrière la cause patriote. Il préside ensuite l’assemblée patriote des Six Comtés, où il lance un appel aux armes. Après la défaite à Saint-Charles, Nelson compte se réfugier aux États-Unis, mais il est capturé près du mont Orford, emprisonné à Montréal puis exilé aux Bermudes avec sept de ses compagnons. Revenu en 1842, il mène encore une grande carrière politique, élu deux fois maire de Montréal, puis nommé… inspecteur aux prisons ! Mort en 1871, le corps de Wolfred Nelson est inhumé au cimetière anglican de Sorel. Sur sa tombe, on peut encore lire : « Ici repose la plus noble réalisation de Dieu, un honnête homme. »

Extrait de Légendes d’un peuple, tome I de Alexandre Belliard et Gilles Laporte (éditions Gavroche, Ulverton). Lancement public des tomes I et II, ce soir 19 h à la Maison Ludger-Duvernay.

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Défense de la culture générale contre l’éducation marchandise

revueargument.ca

Il faut réhabiliter la «culture générale» et en débattre

Celle-ci nous permet de nous affranchir d’un «nombrilisme contemporain», plaident les artisans de la revue Argument

Patrick Moreau – Rédacteur en chef de la revue Argument et Marie-Andrée Lamontagne – Membre du comité de rédaction, Le Devoir,  27 novembre 2012
En octobre dernier, la revue Argument faisait paraître son numéro 15.1, numéro anniversaire destiné à marquer avec éclat les quinze années d’existence d’une revue d’idées qui entend faire de l’essai, au sens fort, libre et littéraire du terme, le fer de lance de sa réflexion sur la société. Quinze ans : tout un exploit pour une publication comme Argument, qui ne reçoit aucune aide de l’État, même si elle peut compter aujourd’hui sur le soutien des Éditions Liber.
Ce numéro, aux airs de manifeste, a pour titre : « Sous peine d’être ignorant. La culture générale en vingt-cinq essentiels ». Il s’agit de réunir, en vingt-cinq entrées – notions, personnages, événements, lieux, oeuvres ou objets -, le bagage culturel minimal que devrait posséder en 2012 tout jeune homme ou toute jeune femme, « sous peine d’être ignorant ». Chaque entrée, choisie par la rédaction d’Argument, a fait l’objet d’un essai bien senti, commandé à un auteur informé, qui explique de quoi il en retourne et en quoi ce savoir est indispensable aujourd’hui. Il faut croire que ce numéro a touché une corde sensible au Québec, puisque le premier tirage s’est écoulé quasi sur-le-champ et que l’éditeur, aussi enchanté que le comité de rédaction, a dû bientôt commander une réimpression – du jamais-vu dans l’histoire de la revue, voire de la plupart des revues.On entend d’ici les protestations sceptiques, aux accents wikipédiens : l’expression « culture générale » a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? À cette question, et forte de son engagement humaniste, la revue répond par l’affirmative, sans hésitation. Quelle forme doit prendre cette culture générale, comment la définir, comment la transmettre – c’est alors que les interrogations fusent ; certains diront : que les problèmes commencent.C’est que des pans entiers de ce qui apparaissait autrefois comme un bagage culturel minimal sombrent aujourd’hui dans l’oubli, quand ce n’est pas dans une trouble indifférence qui fait en sorte que le présent lui-même, élevé au rang d’idole, devient indéterminé, intemporel, ou – pire encore – ne sont plus connus qu’à travers une disneyisation culturelle qui transforme la guerre de Troie en heroic fantasy sur grand écran, le président Lincoln en chasseur de vampires et la période médiévale en décor pour contes de fées.Il est possible en 2012, nul ne s’en émeut, qu’un jeune homme ou une jeune femme dans la vingtaine, disons âgé de 25 ans (et qui aura passé près de vingt ans sur les bancs de l’école) ignore tout ou presque des époques qui ont précédé celle, bénie, où il est né ; que les noms de Bach ou de Freud n’évoquent rien (ou à peu près rien) à ses yeux ; qu’il ne sache pas trop à quoi renvoie le syntagme « Grande Guerre » ou quelle est l’origine des droits de l’homme qui jouent un rôle si central dans la politique actuelle ; qu’il n’ait pas, enfin, une idée un tant soit peu précise de ce que représente la Conquête dans l’histoire du Canada, pour s’en tenir à ces exemples.Pourquoi ces connaissances (à une époque où l’école elle-même s’en méfie et leur préfère l’acquisition de « compétences » ou une approche permettant, comme on dit, d’« apprendre à apprendre ») paraissent-elles si essentielles ? Autrement dit, quelle est la valeur de la culture dite générale ? À l’appui de ces savoirs partagés, on peut alléguer brièvement au moins trois arguments. Tout d’abord, la culture générale est le socle commun sur lequel se fonde, dans toute société, un dialogue social fécond, socle commun particulièrement important dans une démocratie où la discussion et les débats d’idées, et non l’autorité, sont censés permettre de trancher la plupart des questions ; et cela, faut-il le rappeler, à un moment où les modes et les engouements médiatiques ne sont pas moins déterminants que les diktats de l’Église ou la loi du père d’antan.

De plus, la culture générale, sans cesser bien sûr de se transformer, traverse les siècles et les générations ; elle offre un moyen d’appréhender le monde, non pas comme un espace neutre, géométrique, sans relief et débarrassé de toute dimension historique, mais comme un lieu signifiant, apte à être habité véritablement.

D’un point de vue plus strictement individuel, enfin, la culture dite générale, ou « humaniste », permet de former son jugement. C’est grâce à elle que l’individu peut se repérer dans la réalité complexe et prendre du recul par rapport au présent. La culture générale offre donc un antidote au nombrilisme contemporain. Elle décentre l’individu de lui-même, donnant ainsi un sens plus profond à l’expérience humaine. À l’encontre de tous les conformismes, elle ouvre la question des fins de l’existence.

Il n’empêche qu’au jeu qui consiste à établir une sorte de minimum culturel garanti en 25 entrées, chacun ira de ses préférences, convictions et oublis à corriger. Et la belle assurance affichée par le palmarès de ce numéro ne doit pas faire oublier sa part de doute, même si l’assurance et l’autorité, au sens latin du terme, sont inhérents à l’acte de transmettre, quoi qu’en dise la pédagogie nouvelle. Du coup, la formation des maîtres qui oeuvrent dans nos écoles ne laisse pas d’inquiéter. Comment ceux-là mêmes censés transmettre le savoir peuvent-ils le faire s’ils sont trop souvent en butte à leurs propres lacunes, héritage pervers d’une société paresseuse, insoucieuse, oublieuse, prompte à faire de l’éducation un moyen plutôt qu’une fin ? Et si enseignants, élèves, parents, enfants, professeurs et étudiants ne sont souvent que trop heureux de se noyer dans la cohorte indistincte des « cerveaux disponibles », consommateurs dociles, éternellement insatisfaits – tout en affichant la posture de rébellion et de subversion de mise à notre époque ? On le voit : la question de la culture générale n’engage pas seulement l’école et la famille, mais toute la société.

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Féminisme ou Anti-sexisme?

Hermaphrodite endormi, IIè siècle après J.-C., Musée du Louvre

En guise de réponse à l’article de Jacynthe Fournier-Rémy «Les féministes à marde»

Ce que je vais dire va peut-être apparaitre aux gens comme un peu «sorcier» mais tout ce que j’écris, chaque mot que je pose ici a été choisi avec soin après avoir été réfléchi. Par contre il ne faut pas penser que ce qui est écrit ici se présente à moi comme des dogmes. En fait j’écris ce que j’ai pu me faire comme opinion sans être omniscient et c’est pour cette raison que je crois que mon opinion, comme toute chose, peut changer.

Ce que le féminisme dit est pour moi difficile à comprendre. Il est certain qu’avec un effort je peux conceptualiser le féminisme, mais je ne comprends pas pourquoi je devrais faire cet effort, je ne comprends pas en quoi cela peut aider la cause. En fait ce que je comprends du féminisme c’est que dans notre société, et ce sans s’en rendre compte, il y a un mécanisme qui fait en sorte que la femme soit plus vue comme une objet que comme une femme et, de ce fait, elle se trouve diminuée par rapport au statut réservé à l’homme. Ce mécanisme est possible à cause de différents engrenages qui se sont mis en place au cours de l’existence humaine. Ces engrenages son les stéréotypes, les préjugés et la langue.

C’est là que je commence à trouver difficile à conceptualiser puisque les stéréotypes et les préjugés sont en fait le résultat d’une généralisation hâtive qui nous pousse vers de fausses conclusions. Ainsi, lorsque quelqu’un me parlait de féminisme je pensais à: «… à marde», en fait ma réaction est conditionnée par le fait que lorsque je suis entré pour la première fois en contact avec le féminisme il était porté par des femmes qui semblaient vouloir se venger de tous les hommes pour la situation que la femme occupait dans l’histoire. Ce qui est bien, malgré tout, c’est que le contact avec les autres, le fait d’être confronté à autre chose, permet sinon de le faire disparaître, mais au moins de les atténuer. C’est pourquoi aujourd’hui lorsqu’on me parle de féminisme je ne me metsplus sur la défensive, même si je ne comprends pas plus le concept.

Cela bien sûr à cause de la langue, qu’on me dit qu’il faudrait féminiser  puisqu’elle est sexiste. Mais alors, puisque les mots sont justement si importants, pourquoi parler de féminisme et non pas d’anti-sexisme . Dans tous les cas les mots sont importants pour moi. Les auteurs sont capables, grâce à de simples mots, de créer des univers entiers régis par leurs propres règles, en choisissant tel mot plutôt qu’un autre l’auteur peut donc changer l’ambiance. Je vais même jusqu’à dire que par son choix de mots l’auteur influence la vision que le lecteur a de l’univers qu’il crée. Et c’est là que la magie s’opère. Selon moi en utilisant le mot «féminisme» cela a créé ce mal qui hante les gens attachés à la cause; à cause de ce que j’appelle le pouvoir des mots. Depuis toujours le mot est chargé de magie, il ne faut pas prononcer des noms comme «Dieu» à n’importe quel moment  puisque cela fixe son attention sur nous… En fait l’image est selon moi fausse puisque si devant moi se trouve Dieu, une roche et une femme, lorsque je dit «Dieu» c’est moi qui fixe mon attention sur Dieu, où du moins je fais, et ce probablement de façon inconsciente, l’exercice de le conceptualiser. Chose que les gens autour de moi feront probablement en même temps. Je suis de la même façon persuadé que pour voir un changement de mentalité il ne faut pas féminiser tout ce que l’ont dit, puisqu’il ne s’agit pas là d’inclure les hommes et les femmes, mais plutôt de créer un discours unique pour deux groupes distincts. Il ne faudrait pas à là place un troisième genre, un genre hermaphrodite, à l’image de ce que devrait être la place de l’homme et de la femme dans la société, deux entités fusionnées dans le même corps et cela grâce aux pouvoirs qu’ont les mots ? C’est cette magie dont les mots sont remplis qui fait que j’ai de la difficulté à comprendre l’existence du féminisme, puisque en utilisant le mots féminisme nous ne faisons pas que dénoncer un état de choses, nous créons cet état des choses !

Hermaphrodite endormi, vu de l’autre côté.

C’est pour ces raisons que j’ai tant de difficulté à comprendre pourquoi les gens parlent de féminisme. Si réellement il ne s’agit pas uniquement de pointer du doit la femme-objet, alors nous devrions parler d’anti-sexisme, de refus de voir une différence entre les sexes, ce qui obligerait un changement de discours, un discours prônant une véritable égalité homme-femme, pour ne pas dire une abolition des différences homme-femme et là alors je comprendrais le bien fonder du mouvement.

En fait je le dis: je suis anti-sexiste.

Réjean Cormier

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Jean Barbe congédié du Journal de Montréal

Jean Barbe a été congédié du Journal de Montréal; la chose est confirmée sur sa page Facebook.  Son blogue est fermé. Voici le texte responsable de son renvoi:

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Journée de grève contre la marchandisation de l’éducation

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«Les féministes à marde»

Sarah Lucas, Au naturel, 1994.

Avant d’arriver au cégep, à 17 ans, j’avais peu entendu parler du féminisme. Une bande d’extrémistes qui ne veulent pas porter de soutien-gorge, ni se raser, c’était ce que j’entendais principalement. Avec mes ami(e)s, nous les appelions avec humour les « féministes à marde », chaque fois qu’on entendait des gens féminiser leur langage, en disant, mes chers étudiants et étudiantes ! Sans trop se poser de questions, jeunes que nous étions, on riait d’un groupe stigmatisé, car c’est facile. Comme rire des musulmans ou des noirs, en se basant sur les stéréotypes qui courent dans l’air de la couche sociale où nous nous trouvons.

Ce fut un homme qui m’ouvrit la première porte sur ce monde, mon (et non pas ma) prof de français 4, alors qu’on avait une discussion en classe sur les filles qui s’habillent sexy. Les étudiants, et surtout, les étudiantes, argumentaient fortement que c’était déplacé, que c’était juste pour attirer l’attention, et qu’elles s’attiraient vraiment des bibites à s’accoutrer comme ça ; qu’elles ne viennent pas se plaindre après si quelque chose leur arrive, etc, etc… Puis mon prof sort une phrase qui rassemblait à : « À la base, la fille ne devrait pas avoir à penser aux conséquences de son accoutrement, sexy ou non. Pourquoi ce ne serait pas l’homme qui ferait un travail sur lui-même, afin de ne pas faire sentir la fille comme si elle était habillée sexy ? » Nous étions pas mal tous et toutes bouche-bée. Hommes peut-être un peu plus mal à l’aise, et filles un peu blessées dans leur argumentation, mais pour nous tous, jamais cette idée ne semblait avoir traversée notre esprit. Que l’homme se contrôle ? Qu’il taise ses hormones, qui naturellement, voyant un décolleté ou une mini-jupe, chargent vers son entre-jambes et engourdit sa cervelle ? Qu’il apprenne à regarder ailleurs que vers les deux craques de la femme ? Wow…

Aujourd’hui, 21 ans, j’en apprends plus sur le féminisme, jusqu’à me considérer appartenir à ce groupe. Une de celles avec qui je rigolais des « féministes à marde » est aujourd’hui celle qui m’ouvrit la grande porte, partageant avec moi ce qu’elle apprit de ce côté pendant la grève, se liant avec un petit groupe de femmes. Je veux à mon tour partager avec vous certains éléments de ma métamorphose, car je crois qu’elle est possible, et souhaitable, chez chacun d’entre nous, homme ou femme. (N’oublions pas que le premier féministe que j’ai rencontré, eh bien, ce n’était pas une première féministe.)

Donc, l’une des premières choses dont je pris conscience fut la langue, langue masculine. La langue française est sexiste. Elle a été pensée ainsi, il y a des siècles, car ce sont les hommes qui l’ont pensée, ça va de soi. Mais, aujourd’hui, alors qu’on tente d’établir l’égalité entre les hommes et les femmes, la langue est un obstacle majeur. Ça va d’abord vous sembler aberrant, de penser repenser une telle chose que la langue, ça m’a fait pareil au début. C’est un grand débat que la féminisation de la langue, des termes, de constamment dire « ils, elles », « professeurs et professeures ». Ah tiens justement, les linguistes sont justement entrés dans ce débat, critiquant le fait que tous les mots ne se féminisent apparemment pas. Aviateur, aviateure, aviatrice, chanteur, chanteuse, soldat, soldate… autant de mots qui sont fréquemment féminisés alors que les linguistiques voudraient nous taper sur les doigts avec une règle pour l’avoir fait. Néanmoins, est-ce vraiment normal de continuer d’utiliser cette langue, (ah oui, une langue, c’est sexy et féminin) qui est remplie de mots uniquement masculin, comme un vainqueur, une… vainqu…eure? Ah non, les femmes ne peuvent gagner.  Grand débat.

Feminist-Graffiti

Je pose (et je n’invente rien) que l’homme est le pôle autour duquel se forme l’identité. Mon identité, elle est pensée et réfléchie selon lui. Je suis une tomboy, ou un garçon manqué. On ne voit pas de fille manquée, non ? On a des couilles. L’homme, dit-on fréquemment qu’il a des ovaires ? Un VRAI homme, une vraie femme ? (Ouais mais, généralement péjoratif comme expression celle-là) Fais pas ta fillette, ta moumoune. (Là, rentre en compte l’identité homosexuelle, qui elle aussi est fréquemment oppressée dans le discours ambiant) Une hard : Le sexe faible. Ouuuhhh BOOM. C’est certainement pas le gars qui vous vient en tête si vous lisez cette dernière. [1]

Sinon, n’importe qui d’un peu alerte a remarqué comment la femme est utilisée dans la pub. Des totons et des fesses[2], ça vend. Des lèvres aussi. Dans les pubs de dentifrices, c’est rarement une bouche d’homme qu’on voit sourire avec des palettes photoshoppées. Ah, le sexisme dans les pubs, c’est réellement exaspérant. Vous avez vu les pubs d’American Apparel, par exemple ? http://4.bp.blogspot.com/-MHq4XGjk_HM/TZdU7cXVICI/AAAAAAAARnY/0s0vqpEHT-Q/s1600/american-apparel-02_022005.jpg

C’est ce qu’on appelle le « hipster sexism » ou « ironic  sexism »[3], qui consiste à faire des jokes sexistes, mais… EN JOKE. Genre, «HEY CHECK JFAIS MA PUTE mais stune joke, je suis pas une vraie pute». Oh, ce qui m’amènerait à parler de l’Halloween, festival du sexy pour les adultEs, et festival de la princesse pour la petite fille. Sérieux ?

Deux petites anecdotes pour finir. Avez-vous vu la pub de McDo qui passe dernièrement, où ils vendent un gros burger de GARS, et le vidéo te dis ; un gars ne devrait jamais dire certaine choses le matin, du genre, ah, je vais juste prendre un demi-burger, ou, ah, donnez moi la même chose que la dame ! Mais non, un gars, ça l’a un appétit de MÂLE. (???)

Dernière aberration ; chez Omer Desserres, dernièrement, je cherchais un cadeau pour mon neveu de 3 ans. Je me dirige vers la section des enfants. C’est une rangée de deux côtés, à gauche c’est bleu, blanc, vert, rouge, et à droite, c’est… rose. Je vous laisse deviner comment ils ont séparé leurs jouets. Donc, je regarde quand même des deux côtés, du bord des filles, il y a : « Crée tes premiers bijoux, crée tes premiers petits gâteaux, des autocollants, des poupées, des carrosses, des gugusses de princesses, de coiffure, etc… » Du bord des gars, il y a : « des outils construction en plastique, des trucs de Lego, des trucs de dinosaures (???), et…. et… des trucs de sciences.  Genre, fait ton premier volcan, premier kit de chimie, premier kit d’aviation, etc etc… » J’espère que rendu là, vous comprenez mon enragement face à ce display. Sinon, eh bien sachez que les filles peuvent autant être instruites à la science dès un jeune âge que les garçons. (Et comprenez que ces divisions, dès ce jeune âge, sont la base du sexisme ambiant qui reste imprégné et entretenu âge après âge entre les hommes et les femmes)

Peu m’importe quand est né le féminisme, pourquoi, quand, comment, du moins, pas là dans cet article. Je voulais vraiment partager un peu mon cheminement féministe, et souhaiter qu’il soit peut-être contagieux, car je ne devrais pas avoir à convaincre en disant pourquoi il faut que cesse le sexisme ambiant, ça devrait être une évidence.

Je vous invite très fortement à aller aimer cette page sur Facebook : https://www.facebook.com/jesuisfeministe?ref=ts&fref=ts Page très pertinente, qui se contente de publier des articles de partout dans le monde sur des situations et opinions tant pro-femmes, que sur des aberrations machistes. La divergence des points de vue publiés est ce qui m’incite à vous la recommander.

Sinon, voici quelques liens très pertinents si vous souhaitez en apprendre d’avantage

Sur la culture du viol : http://www.madmoizelle.com/je-veux-comprendre-culture-du-viol-123377#sthash.j3mDOQZM.dpbs

Sur la banalisation des agressions sexuelles dans l’Histoire (récente) : http://cratesandribbons.com/2012/09/30/the-kissing-sailor-or-the-selective-blindness-of-rape-culture-vj-day-times-square/

Un projet de l’université McGill fait cette année, où les étudiants étaient invités à se faire prendre en photo avec un carton expliquant « pourquoi ils ont besoin du féminisme » : http://wnfmcgill.tumblr.com/

Marci !

Jacynthe Fournier-Rémy


[2] Get a life, ce sont des putains de parties anatomiques, dont certains génies on décider d’en faire des icônes afin de vendre et de revendre.

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La disparition du voile de la disparition

Cette oeuvre de l’artiste yémémite, Bushra Almutawakel, s’intitule «La Disparition». À mesure que l’emprise du voile s’étend, la femme disparaît et, à l’inverse, on peut être amené à penser que son retrait favoriserait l’apparition de la femme, à visage découvert. Mais dans la vidéo «Women in black», l’artiste n’a pas de mal à nous convaincre que les femmes du Yémen n’ont pas besoin de retirer leur voile pour s’affirmer. Alors porter le voile, ne serait-ce qu’un détail indifférent? Non, «it is a shield, it gives you freedom» dit-elle, c’est un bouclier qui donne la liberté aux femmes en les protégeant du regard irrespectueux des hommes. C’est compliqué, n’est-ce pas, le port du voile intégral, le niqab au Yémen, serait un instrument de libération pour les femmes, grâce à lui elles peuvent aller et venir tout en se soumettant à la volonté des hommes qui les considèrent indignes de se promener les cheveux flottant au vent et le visage à découvert, baigné par la lumière du soleil.

BLx

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Obama réélu!

Photo: Terry Richardson

BLx

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Hegel et le coût réel d’un iPhone

Qui pense abstraitement? C’est la question que Hegel pose dans une petit texte qu’il a écrit vers 1807, un texte qui était, semble-t-il, destiné à être publié dans un journal, ce qui explique son allure de «lettre aux lecteurs», son côté «billet d’humeur» un tantinet sarcastique. À la question posée, la réponse est directe: «Qui pense abstraitement ? L’homme inculte, non l’homme cultivé.» Le but de Hegel est de montrer que la pensée abstraite n’a aucune valeur, justement parce qu’elle est déconnectée de la réalité. Or il faut être parvenu à un certain niveau de culture pour comprendre que la réalité effective et concrète est une totalité dont les parties sont organiquement reliées et, par conséquent, on ne peut prétendre connaître une chose que si on est capable de se représenter les conditions d’engendrement qui l’ont rendue possible.

Ainsi, pour reprendre l’exemple de Hegel, l’homme inculte ne verra dans le meurtrier ou le criminel récidiviste qu’un bon à rien qui mérite la plus grande peine, tandis que la personne cultivée comprend que l’individu ne surgit pas comme ça de nulle part et qu’on ne peut pas tout simplement l’abstraire de son milieu et de l’environnement dont il est le produit: «il est important de suivre la formation de la mentalité du criminel ; son passé, son éducation, la mésentente entre son père et sa mère, la répression impitoyable d’une faute minime expliquent l’amertume de cet être humain envers l’ordre social. Sa première réaction contre cet ordre l’en a exclu, et, dès lors, ne lui a plus permis de subsister que par le crime.»

Selon cette manière de voir, toute chose prise individuellement est une abstraction et la tâche de la culture est d’abolir cette abstraction en rendant la conscience de soi capable de connecter toute chose à la totalité dont elle est issue et dont elle fait partie. Pour Hegel le point de vue de la philosophie nous amène à voir que «le vrai est le tout». Mais selon cette manière de voir on comprendra aussi que la culture ne se limite pas à la connaissance, car on peut être très savant tout en étant parfaitement inculte! C’est-à-dire que la connaissance approfondie d’une chose ne sera possible que si je mobilise toute mon attention sur cet aspect de la réalité. Que ce soit pour la chimie, la littérature baroque ou l’histoire de la boxe, il faudra que je me spécialise, or plus je me spécialiserai, plus je m’enfoncerai dans un domaine de la réalité et plus je ferai abstraction du reste de la réalité; quand on est le spécialiste d’une partie du tout on risque donc de se déconnecter du tout.

Mais justement, pour se connecter au tout il n’y a rien de tel qu’un iPhone Ou plutôt, rien de tel qu’un iPhone pour illustrer le propos de Hegel: pris isolément cet objet que je tiens dans ma main est une abstraction,  pour le connecter au tout dont il est issu ce lien:

The true cost of an iPhone

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Soutenons Gabriel Nadeau-Dubois

Comme vous l’avez sûrement appris, Gabriel Nadeau-Dubois a été reconnu coupable d’outrage du tribunal. Nous connaîtrons sa sentence le 9 novembre. Aujourd’hui, il a annoncé qu’il porterait ce jugement en appel et il ne veut pas que les frais encourus ne ruinent les assos étudiantes qui sont déjà aux prises avec  de nombreuses causes impliquant des étudiants qui ont pris part aux événements du printemps dernier. Aussi, il sollicite l’aide financière du grand public. Il affirme aussi qu’une des raisons qui motive son appel du jugement, c’est sa crainte que ce jugement ne crée un précédent et ne décourage dans l’avenir les jeunes et tous les citoyens de combattre et de s’exprimer librement à propos des enjeux politiques qui les préoccupent. Il me semble que nous devons le soutenir dans cette cause. Un site a été mis en place pour une contribution financière : www.appelatous.org

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