Archives de Tag: Hegel

Trump: Une ruse de la raison?

UNSPECIFIED - CIRCA 2002: Portrait of Georg Wilhelm Friedrich Hegel (Stuttgart, 1770-Berlin, 1831), German philosopher. Berlino, Dahlem, Staatliche Museen Zu Berlin, Museum Europaischer Kulturen (Photo by DeAgostini/Getty Images)

UNSPECIFIED – CIRCA 2002: Portrait of Georg Wilhelm Friedrich Hegel (Stuttgart, 1770-Berlin, 1831), German philosopher. Berlino, Dahlem, Staatliche Museen Zu Berlin, Museum Europaischer Kulturen (Photo by DeAgostini/Getty Images)

Trump présente son élection comme la victoire d’un mouvement «sans précédent», mais se pourrait-il, comme Hegel pourrait nous inviter à le penser, que cet événement sombre et porteur de négation pour les libertés civiles ne soit pas la fin du monde, mais seulement un moment dans le devenir de la liberté et, ainsi, qu’il fournisse, en fait, les conditions nécessaires à la naissance d’un contre mouvement (négation de la négation) dont la marches des femmes à Washington donne un premier aperçu? Se pourrait-il donc que l’élection de Trump soit une «ruse de la Raison» qui vienne donner une vigueur nouvelle à la lutte pour la liberté?

«Ce qui constitue la différence entre la raison comme esprit conscient de soi et la raison comme réalité présente, ce qui sépare la première de la seconde et l’empêche d’y trouver sa satisfaction, c’est l’entrave d’une abstraction qui n’a pas pu se libérer ni se transformer en concept. Reconnaître la raison comme la rose dans la croix du présent et se réjouir d’elle, c’est là la vision rationnelle qui constitue la réconciliation avec la réalité, réconciliation que procure la philosophie à ceux à qui est apparue un jour l’exigence intérieure d’obtenir et de maintenir la liberté subjective au sein de ce qui est substantiel et de placer cette liberté non dans ce qui est particulier et contingent, mais dans ce qui est en soi et pour soi.»

Hegel, Philosophie du droit, Préface, traduction de Gibelin, Vrin.

BLx

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Martin Luther King et l’homme blanc Hegel

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Plus que Gandhi, c’est l’étude de la dialectique de Hegel qui aurait inspiré Martin Luther King dans sa marche pour la liberté!

Although the course was mainly a study of Hegel’s monumental work, Phenomenology of Mind, I spent my spare time reading his Philosophy of History and Philosophy of Right. There were points in Hegel’s philosophy that I strongly disagreed with. For instance, his absolute idealism was rationally unsound to me because it tended to swallow up the many in the one. But there were other aspects of his thinking that I found stimulating. His contention that “truth is the whole” led me to a philosophical method of rational coherence. His analysis of the dialectical process, in spite of its shortcomings, helped me to see that growth comes through struggle.

Ainsi, selon Nolan Gertz «Dr. King not only fought White America, but he did so by turning the ideas of dead white men against the oppressive practices of living white men.»

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Le système de Hegel schématisé par Martin Luther King

Sources:

How Martin Luther King, Jr. Used Hegel, Kant & Nietzsche to Overturn Segregation in America

Martin Luther King and Continental Philosophy

BLx

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La fête nationale du Canada: Célébrons la dialectique!

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Un des concepts fondamentaux de la philosophie de l’histoire hégélienne est la dialectique du maître et de l’esclave. Imaginons que deux hommes s’affrontent lors d’un duel dans le but d’acquérir la reconnaissance de l’autre. Il faut absolument que les deux adversaires survivent et qu’un des deux adversaires abdique. Si un des deux pugilistes meurt, l’autre ne pourra pas être reconnu. Il faut donc qu’il y en ait un qui devienne maître et que l’autre devienne esclave. Le maître est celui qui priorise son désir non biologique qu’est la reconnaissance. Il accepterait de mourir pour cette cause. À l’opposé, l’esclave est celui qui a peur de la mort et qui donc priorise sa vie biologique plutôt que la reconnaissance. L’esclave est donc condamné à travailler pour le maître. Le travail permet à l’esclave de posséder et de transformer la nature. Pendant ce temps, le maître mène une vie de plaisir, une vie de jouissance obtenue sans effort et est coincé dans une impasse existentielle. C’est que le maître est reconnu par quelqu’un qu’il ne reconnaît pas. Donc, il doit être reconnu par un autre maître, ce qui est impossible puisque les maîtres sont prêts à mourir pour la reconnaissance. Alexandre Kojève, professeur ayant enseigné à plusieurs grands intellectuels français dont Bataille, Camus et plusieurs autres, mentionne que «le maître n’est là que pour engendrer l’esclave qui le supprime en tant que maître en se supprimant par là soi-même en tant qu’esclave.[1]» Cette suppression dialectique, de la classe du maître et de l’esclave conduit à la fin de l’histoire, ce que Hegel nomme l’avènement de la classe du citoyen.

Cette lutte pour la reconnaissance se manifeste également dans l’histoire du Québec. Une des meilleures manifestations de celle-ci survint lors des accords du lac Meech de 1987. Une des demandes du Québec étaient que la province soit reconnue comme société distincte. Cela a provoqué de vives réactions chez les anglophones puisque ceux-ci ont « désémantisé » le mot «distincte». En effet, les canadiens-anglais ont vu dans ce terme la signification distinction, un terme qui  amène à croire que le Québec a des prétentions de supériorité sur les autres provinces canadiennes. Le Québec ne voulait pas être considéré comme supérieur, mais bien comme une province reconnue à part entière. Ce souhait n’est pas sans rappeler la fin de l’histoire selon Hegel. Selon lui, l’histoire se terminerait une fois que la dialectique du maître et de l’esclave serait supprimée et remplacée par une nouvelle classe que Hegel nomme le citoyen. Hegel pense également que l’histoire s’est déjà achevée, à peu de choses près, avec le personnage de Napoléon Bonaparte, qui universalise par ses conquêtes les acquis de la révolution française, c’est-à-dire la liberté pour tous. Au Québec, la suppression de cette dialectique que nous pourrions nommer la dialectique Canadiens-Français/Canadiens-Anglais se réaliserait avec la souveraineté. Les deux anciennes identités seraient supprimées, pour ne laisser que l’identité canadienne, qui ne serait composée que d’anglophones, ainsi que la création d’une nouvelle identité résultant d’un nouvel État créé par l’indépendance. Quant à cette dialectique du Canadien-Français/ Canadiens-Anglais, il y a quelques liens à faire avec la théorie de Hegel. D’une part, Kojève mentionne que «c’est  parce que l’esclave n’est pas réellement libre qu’il a une idée de la liberté, une idée non-réalisée, mais qui peut être réalisée par la transformation consciente et volontaire de l’existence donnée, par l’abolition de la servitude.[2]» On peut en dire autant des Canadiens-Français. C’est parce que nous n’avons pas d’État souverain représentant notre peuple, c’est-à-dire un État français, que nous avons l’idée d’indépendance. Le Québécois peut ainsi transformer sa réalité donnée en réalisant l’indépendance, c’est-à-dire en se dotant d’un État souverain. D’autre part, Kojève explique que le maître n’est là que pour engendrer l’esclave qui réalisera la fin de l’histoire. Cette citation n’est pas sans rappeler une phrase d’Hubert Aquin dans son texte L’existence politique. Aquin écrit : « Sans vouloir verser dans le paradoxe, je dirais qu’il faut rendre hommage à la confédération de ce qu’elle ait enfanté, malgré elle, les mouvements séparatistes[3]…»  Cette idée rejoint quelque peu l’idée précédente en ce sens que s’il n’y avait pas de confédération, de dialectique Canadiens-Français/Canadiens-anglais, l’indépendantisme n’existerait tout simplement pas. Pour qu’il y ait une telle idée, il faut absolument que les Québécois fassent l’expérience d’un système où ils ne sont pas indépendants, où ils font partie d’un système unioniste qui a la volonté d’homogénéité, d’assimilation et dont le but est un tout culturel  anglo-saxon. Cette volonté d’unification se remarque aisément dans l’histoire du Québec notamment avec la conquête de 1760, l’acte d’union de 1840 ainsi qu’avec le rapport Durham de 1839 qui recommande clairement l’assimilation des Canadiens-Français. Il ne faut donc pas, comme le dirait Hegel, voir notre position au sein de la confédération d’une manière abstraite, c’est-à-dire unilatérale en ne considérant que notre statut de minorité francophone au sein d’un ensemble anglo-saxon. Au contraire, il faut, voir la rose de la raison dans la croix du présent.

Alexandre Martin


[1] Alexandre KOJÈVE, Introduction à la lecture de Hegel, Menil sur l’Estrée, gallimard, 2011.P.175

[2] Ibid P.177

[3] Hubert AQUIN, L’existence politique, Liberté, vol.4, n 21, 1962 P.71

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Hegel et le coût réel d’un iPhone

Qui pense abstraitement? C’est la question que Hegel pose dans une petit texte qu’il a écrit vers 1807, un texte qui était, semble-t-il, destiné à être publié dans un journal, ce qui explique son allure de «lettre aux lecteurs», son côté «billet d’humeur» un tantinet sarcastique. À la question posée, la réponse est directe: «Qui pense abstraitement ? L’homme inculte, non l’homme cultivé.» Le but de Hegel est de montrer que la pensée abstraite n’a aucune valeur, justement parce qu’elle est déconnectée de la réalité. Or il faut être parvenu à un certain niveau de culture pour comprendre que la réalité effective et concrète est une totalité dont les parties sont organiquement reliées et, par conséquent, on ne peut prétendre connaître une chose que si on est capable de se représenter les conditions d’engendrement qui l’ont rendue possible.

Ainsi, pour reprendre l’exemple de Hegel, l’homme inculte ne verra dans le meurtrier ou le criminel récidiviste qu’un bon à rien qui mérite la plus grande peine, tandis que la personne cultivée comprend que l’individu ne surgit pas comme ça de nulle part et qu’on ne peut pas tout simplement l’abstraire de son milieu et de l’environnement dont il est le produit: «il est important de suivre la formation de la mentalité du criminel ; son passé, son éducation, la mésentente entre son père et sa mère, la répression impitoyable d’une faute minime expliquent l’amertume de cet être humain envers l’ordre social. Sa première réaction contre cet ordre l’en a exclu, et, dès lors, ne lui a plus permis de subsister que par le crime.»

Selon cette manière de voir, toute chose prise individuellement est une abstraction et la tâche de la culture est d’abolir cette abstraction en rendant la conscience de soi capable de connecter toute chose à la totalité dont elle est issue et dont elle fait partie. Pour Hegel le point de vue de la philosophie nous amène à voir que «le vrai est le tout». Mais selon cette manière de voir on comprendra aussi que la culture ne se limite pas à la connaissance, car on peut être très savant tout en étant parfaitement inculte! C’est-à-dire que la connaissance approfondie d’une chose ne sera possible que si je mobilise toute mon attention sur cet aspect de la réalité. Que ce soit pour la chimie, la littérature baroque ou l’histoire de la boxe, il faudra que je me spécialise, or plus je me spécialiserai, plus je m’enfoncerai dans un domaine de la réalité et plus je ferai abstraction du reste de la réalité; quand on est le spécialiste d’une partie du tout on risque donc de se déconnecter du tout.

Mais justement, pour se connecter au tout il n’y a rien de tel qu’un iPhone Ou plutôt, rien de tel qu’un iPhone pour illustrer le propos de Hegel: pris isolément cet objet que je tiens dans ma main est une abstraction,  pour le connecter au tout dont il est issu ce lien:

The true cost of an iPhone

BLx

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