Archives de Catégorie: Histoire et civilisation

Hikkomori et Otaku

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La culture ludique japonaise a été énormément popularisée dans les années 80. La jeunesse occidentale est éprise d’un nouvel univers. Il s’agit du manga/anime, les adeptes se souviennent encore du premier épisode de la série très connu, Pokémon, qui a propulsé ce monde sur les écrans de télévision. À présent l’industrie du manga est un pilier de la culture et de l’économie japonaise. Les produits sont multiples, de la littérature manga, à l’adaptation télévisée, à la mise en production d’un jeu-vidéo, pour enfin être transformé en jeu de carte. L’inspiration des artistes est vaste, ils puisent dans; l’histoire du japon féodal, la philosophie occidentale, la culture punk et steampunk[1], les religions, l’univers arthurien, le schoolife japonais, bref, les sources sont infinies. Un univers ludique aussi riche en concepts ne peut que créer une nouvelle classe de consommateur.

Un terme très spécifique a été inventé pour définir ce phénomène : Otaku. Il décrit toutes personnes ayant liée leur mode de vie à la consommation de ce hobby. Otaku veut initialement dire : votre maison. Le mot est composé de la préposition honorifique « o » et du substantif « taku » signifiant « chez-soi ». À présent, le terme Otaku a pris une toute nouvelle ampleur. Au Japon, on désigne comme Otaku tous ceux qui se cloisonnent dans leur demeure pour vivre leur passion. En Occident, ce serait l’équivalent du « nerd ». Mais il y a, pour autant, différents degrés d’Otaku, en Amérique et en Europe, le terme est employé pour désigner des amateurs du genre. Or, au Japon, le degré est plus élevé et lorsqu’il prend un niveau disproportionné, on emploie l’expression Hikkomori qui est une pathologie psychosociale et familiale. Ce trouble psychologique touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Ces personnes vivent coupées du monde extérieur et ne se sentent à l’aise que dans une pièce. Ils définissent le monde en deux concepts, le 3D qui est la vie réelle et le 2D qui est l’univers du manga/anime, du jeu-vidéo et de l’internet. À leurs yeux, l’univers du 2D prime. Ces personnes ne sont ni autistes, ni grabataires où arriérées, elles ne se sentent juste pas à l’aise pour socialiser et voient dans le 2D un idéal où ils se sentent maître de leur monde.

Les sociologues révèlent que ce phénomène est la pression sociale du pays où les jeunes sont constamment en compétition académique et où le moindre échec scolaire est synonyme d’un échec de vie. En 2011, on comptait au Japon près de 230 000 Hikkomoris. Ce chiffre est à la hausse puisqu’en 2013 les statistiques démontrent que plus de 260 000 jeunes se considèrent comme tel, plus de 70% sont des mâles.

NeetL’anime Welcome to NHK représente fidèlement l’environnement d’un Hikkomori

Certains mangakas[2] ont même exploité ce phénomène dans leurs scénarios, Welcome to NHK est considéré comme la meilleure œuvre traitant du sujet. L’histoire raconte la vie d’un étudiant studieux pouvant être accepté dans les meilleures universités du Japon, mais la perte de son amoureuse l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sa petite amie étant son seul contact social, le protagoniste ne sait plus comment terminer son parcours scolaire. Il abandonne l’école et se réfugie dans un logement. L’auteur ironise avec brio sur la situation du déchu de la société, le personnage prend plaisir à jouer à des Dating Sims ce qui consiste à forger des liens amoureux avec des filles virtuelles.

Ce problème est très tabou au Japon, où les parents des enfants touchés par ce trouble, cachent avec honte ce genre de situation familiale. Ce n’est que très récemment que les psychologues et psychanalystes se sont attardés à ce fléau social. Quelques traitements ont été mis de l’avant pour offrir un soutien psychologique aux jeunes, mais aussi aux parents. La première action des thérapeutes est, avant tout, de sensibiliser les parents et de les rassurer puisque l’attitude des parents envers l’enfant a un impact direct sur sa psychologie. Des traitements médicamenteux sont aussi disponibles, très souvent à effet placebo. Malgré tout, les Hikkomoris et les parents déplorent le manque d’aide et de soutien qui sont très souvent laissés à eux-mêmes.

Mohamed Redha Meddad

 

[1] Dérivée de la culture punk, le steampunk s’inspire de la Révolution industrielle. Il emploie la technologie de la vapeur et les croquis de Leonardo De Vinci pour présenter un univers futuriste à la sauce rétro.

[2] Auteur de manga/anime

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Le Wargame

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Le wargame, ou «jeu de guerre» trouve son origine dans les premiers jeux de stratégies abstraits que l’humain inventa. Les échecs en sont l’exemple le plus primitif. Dans la pratique, le «jeu de guerre» fut un complément aux manœuvres réelles des différentes armées du monde. Si au Moyen Âge et dans l’Antiquité on utilisait des blocs de bois ou des sculptures représentant des soldats sur des cartes ou à même le sol, il fallut attendre jusqu’en 1824 pour voir une véritable théorisation de la guerre au travers d’un « jeu » appelé « Kriegsspiel ». Ce jeu fut créé par un officier prussien du nom de Georg von Reisswitz afin d’être utilisé par l’état-major de son pays comme simulateur de guerre. C’est un jeu très complexe qui nécessite la participation de trois joueurs au minimum. L’un prend le commandement de l’armée rouge, l’autre le commandement de l’armée bleu et la troisième personne sert d’intermédiaire entre les deux joueurs et gère tous les aspects relatifs au combat et au bon fonctionnement du jeu. La troisième personne est normalement, du moins au 19e siècle, un officier qui avait vu et vécu les combats et donc, qui pouvait représenter de façon juste et précise la réalité de la guerre (réaction des régiments à certains événements, le moral de l’armée, l’ambiance, etc.) sur les cartes déployées autour des différents joueurs. Les joueurs sont normalement des élèves officiers ou des officiers. L’empereur d’Allemagne fit d’ailleurs distribuer ce jeu à tous les quartiers généraux de son armée pour qu’ils l’utilisent pour simuler d’éventuels conflits dans leur région.[1] C’est avec ce jeu que furent planifiées les premières offensives de la première guerre mondiales. Une deuxième version du jeu fut créée pour y inclure les nouveaux aspects de la guerre tels que le train ou le canon à âme raillé. Le wargame fut donc, inventé et utilisé en premier lieu chez les militaires.

Par la suite, plusieurs pays après l’Allemagne créèrent leur propre « Kriegsspiel ». Il fallut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir apparaître les premiers jeux de guerre commerciaux. L’Angleterre et les États-Unis furent le berceau de ce commerce. Les premiers grands wargames aux États-Unis, ceux qui sont le plus connu du grand public, viennent d’une compagnie nommé « Avalon Hill ». En Angleterre, le genre fut appliqué à l’Histoire mais aussi à la fantaisie et à la science-fiction. Avec la commercialisation, le wargame ne fut plus seulement l’apanage des militaires, car de nombreux civils commencèrent à y jouer. Le jeu de guerre n’était plus seulement une simulation de guerres à venir ou présentes, mais donnait au public l’opportunité de revivre les batailles du passé. Toutes les périodes de l’histoire peuvent être représentées dans un wargame malgré que certaines soient plus difficiles à représenter et à modéliser ou encore du fait du manque de popularité de certaines périodes. Les périodes les plus jouées sont celles des guerres napoléoniennes et de la deuxième guerre mondiale. Aux États-Unis, les périodes de la guerre d’indépendance et de la guerre de Sécession sont aussi très populaires. Le Moyen Âge, l’Antiquité et le début de l’époque moderne (avant Napoléon) sont des thèmes peu exploités par les éditeurs de jeu, quoiqu’un intérêt grandissant se fasse de plus en plus sentir.[2]

Le wargame, à ses débuts et jusqu’à la fin des années 80 fut assez populaire. Il existe deux façons de jouer aux wargames, la première étant manuelle avec les bonnes vieilles cartes, les dés, les tableaux et les pions et l’autre de façon automatisée par ordinateur. Avec le développement des ordinateurs personnels, les wargames dit manuels connurent un âge d’or entre 1970 et 1980 mais déclinèrent de plus en plus, surtout du côté des wargames historiques. Le thème le plus populaire par la suite de cet âge d’or fut la fantaisie et la science-fiction. Dans les années 70 et 80, le jeu de rôle fit aussi son apparition, avec le premier Donjon et Dragon. Les jeux de guerres historiques n’étaient plus les seuls sur le marché, en fait, ils ne retrouvèrent jamais la prédominance qu’ils avaient lors de la commercialisation du genre, après le deuxième conflit mondial.

Le Wargame s’est diversifié depuis ses premières utilisations en tant que simulateur de conflit. Le terme belliludiste désigne, du moins en France, ceux qui s’adonnent aux Wargames les plus divers. Le Wargame avec figurines est une déclinaison du genre qui se veut bien plus ludique que le Wargame classique.

Quant est-il au niveau académique? Qu’en disent les professeurs? En fait le Wargame peut servir et sert d’outil éducationnel à tous les niveaux scolaires, civils comme militaires. Il peut servir comme moyen d’introduction à une période de l’Histoire ou simplement comme supplément éducatif à un cours d’histoire, un moyen d’apprendre en s’amusant, de joindre l’utile à l’agréable. Il suffit de trouver la période qui plait le plus à tous les participants. Le site internet juniorgeneral.com est une référence du milieu en ce qui attrait à l’utilisation du wargame comme outil éducatif chez les jeunes. Le wargame, pour plusieurs experts facilite l’apprentissage de notions historiques (dans le cas des élèves de niveau primaire et secondaire) et de notions de stratégies, de tactiques, d’organisation et de gestion aux étudiants à l’éducation supérieure. Le Wargame en général est connu et joué par des étudiants(tes) et des enseignants(tes) de niveau collégial et universitaire ainsi que des adultes de professions dites libérales ou par les militaires. L’intérêt pour l’Histoire mène souvent les jeunes à, un jour, connaitre ce genre de jeux. La pratique du Wargame est si sérieuse, utile et même parfois renommée qu’à Londres, le King’s College, dans son programme universitaire de War Studies (études de la Guerre), donne un cours, et donc une session entière sur la conception d’un wargame par les étudiants eux-mêmes et l’analyse du genre. Des programmes du genre existent au Canada mais ils sont généralement réservés aux futurs militaires, à moins d’avoir une autorisation spéciale ou un partenariat universitaire qui amènerait l’étudiant sur cette route.

Julian Nouche Laurin 

Documentation utile

Vae Victis

Decision Games

Jours de gloire

James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, 292 p.

Philip Sabin, The continuing merits of manual wargaming, London, King’s college, 41 p.

[1]Georg VON REISSWITZ, The von Reisswitz Kriegsspiel, The prussian army wargame, Freiburg, Militargeschichtliches Forschungsamptes, 1824, p. 4

[2]James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, P. 92 à 106

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Highline: L’urbanisme à son meilleur

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Reconvertir les vieilles infrastructures en milieu urbain peut être un véritable calvaire. Voilà une raison de plus pour célébrer les réussites d’urbanisme lorsqu’elles se présentent. C’est le cas du High Line de New York qui aujourd’hui est une attraction très fréquentée tant par les New-Yorkais que les touristes. En effet, la piste de train surélevé construite vers 1930 était une grande initiative pour promouvoir la sécurité dans les rues. Toutefois dans les années 80, elle a du cesser ses activités et bien rapidement est devenu un fardeau. Après une lutte au début des années 2000, elle a eu une nouvelle vie.

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De nos jours, le High Line est une formidable piste piétonnière en hauteur qui fait un tour de la ville. Elle permet de contempler le panorama de la ville en donnant un nouveau point de vue tout simplement magnifique et incomparable. Dans les dernières années, elle a même été reverdie. Je peux dire, l’ayant vécue, qu’il s’agit d’une expérience particulièrement plaisante.

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Nous y sommes aller le dimanche après-midi, nous étions là sur ce chemin ,de métal et de béton parsemé d’arbustes et de fleurs, ayant une vue imprenable d’un côté sur toute la grandeur du paysage urbain et de l’autre les abords de la ville avec la vue sur l’eau le tout baigné par la chaleureuse clarté du soleil couchant qui passait à travers les hauts bâtiments. Le passage sur cette voie ferrée réaffecté restera toujours dans mes souvenirs doux et illuminés du voyage d’études collégial en Histoire à New York!

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VOIR LE SITE OFFICIEL DU HIGH LINE ET DES AMIS DU HIGH LINE

Rachel Castonguay

 

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Mon premier orignal

paysage

Le mois d’octobre est synonyme d’Halloween pour la majorité des enfants du Québec. Ce fut mon cas jusqu’à l’âge de douze ans. Effectivement, le mois d’octobre a une tout autre signification pour la majorité de la population de l’Abitibi-Témiscaminque, car à l’âge de douze ans moi, comme beaucoup d’autres enfants, avons passé notre « cours de chasse ». Ce cour consiste à apprendre les maniements des armes, à bien connaitre la faune, ainsi qu’à prouver que nous sommes capables de chasser. Une fois l’examen terminé, je suis plongé dans l’attente et ce n’est que deux semaines plus tard que j’ai reçu par la poste le résultat qui fût positif, ainsi que ma carte me donnant le droit de chasser avec un adulte, car ce n’est qu’à l’âge de dix-huit ans qu’il est possible de chasser seul. Maintenant que j’ai ma carte de chasse, j’ai évidemment besoin d’une arme, mais comme la loi sur l’âge limite pour chasser, il y en a une, qui est la même pour l’acquisition et la possession d’une arme, il faut dix-huit ans pour avoir une arme à notre nom, alors moi et mon père sommes allés m’en acheter deux à son nom. Bref, j’ai maintenant ma.270 pour chasser l’orignal, et une.22 pour la perdrix. Tous ces événements se déroulent l’été, je dois donc attendre à l’automne, en octobre, pour l’ouverture de la chasse.

Une fois la date arrivée, c’est plusieurs rituels qui s’installent pour la population de Témiscamingue. La chasse commence habituellement le premier samedi d’octobre, alors le vendredi matin il y a la messe du chasseur pour les croyants, je n’y suis jamais allé, mais mes tantes oui. Ils m’ont dit que le curé parle de chasse quelque peu, puis s’entretient avec chacun d’eux pour leur souhaiter bonne chance, puis le reste du temps c’est une messe traditionnelle. Il y a aussi le déjeuner du chasseur où beaucoup de chasseurs se réunissent pour parler de chasse, des traces d’orignaux qu’ils ont vu sur leur territoire de chasse, etc.

camp

Après, les gens se dirigent vers leurs camps, avec des provisions pour être capable de survivre deux semaines dans le bois, ainsi que plusieurs boissons alcoolisées, car la chasse sans alcool ce n’est pas pareil! Le vendredi soir l’ambiance au camp est à la fête, un bon repas en bonne compagnie et un gros dodo pour le lendemain.

tour

Le samedi matin à 6 heures c’est l’heure de se lever, un gros café, un très léger déjeuner et une petite marche vers nos tours, dont certaines sont à 45 minutes à pieds, car on doit marcher très lentement pour ne pas faire de bruit. Pour ma part le premier matin de ma première chasse à vie, je suis mon père à la tour du pin, à 15 minutes du camp. Je m’installe et j’attends, rien. Vers 11 h on est de retour au camp pour dîner et écouter le rendez-vous du chasseur, qui est une émission dans laquelle des gens appellent pour féliciter ou encourager des chasseurs.

Maintenant, je passe 5-6 années, je n’ai toujours pas tué d’orignaux, mon oncle oui, ainsi que mon père quand je n’étais pas avec lui. J’ai donc dix-huit ans, c’est la troisième ou quatrième journée de chasse. Les deux premières journées ont été très tranquilles, mes partenaires de chasse sont dans des tours, je suis seul sur la galerie du camp où il y a une très belle vue pour chasser.

galerie

Il est environ 9-10 heures du matin, je me suis endormi sur ma chaise berçante qui est sur la galerie. Je me réveille il est environ 10 h 30, je décide donc d’aller couper du bois à côté du camp pour faire un feu, car il fait froid. Je coupe une dizaine de bûches et je m’en vais au camp pour faire le feu, mais à ce moment qu’est-ce que je vois à 850-900 pieds, une très grosse femelle orignal qui s’apprête à traverser l’étang, je suis chanceux, car je peux seulement tuer les femelles une année sur deux, c’est la loi pour préserver l’espèce. Elle est à environ 100 pieds de mon frère dans sa tour, mais il ne peut pas la voir, car elle est cachée par une pointe de forêt. Je dépose les morceaux de bois par terre, ils peuvent attendre. Je cours prendre ma carabine et je vise l’orignal, je tire une première balle, elle ne bouge pas, alors je lui en tire une autre et une autre, j’ai compris par la suite que je l’avais atteint toutes les fois, mais pour l’instant je ne le sais pas. La femelle se tourne de dos, et regarde vers moi, je ne peux donc plus lui tirer dans le cœur, et je ne peux pas non plus lui tirer dans les fesses, car beaucoup de viande s’y trouve, alors je décide de lui viser la tête à 850 pieds, je tire et je vois qu’elle se met à trembler, mais elle ne tombe toujours pas. Je recharge une balle et tire une dernière balle vers la tête, elle se met à courir et fait environ 20 pieds et tombe dans le bois, je lui ai troué l’oreille avec la première balle, et cassé la mâchoire avec la seconde. Je prends quelques bières dans le frigidaire, et je pars à la rencontre de mon orignal. Je rencontre mon père qui était avec mon frère de 15 ans et qui me dit qu’ils ont vu mes deux dernières balles frapper dans l’eau devant eux. Il me demande si j’ai touché l’orignal si c’est un mâle ou une femelle, je lui dis que je ne sais pas si je l’ai touché, car elle ne bougeait pas alors nous allons voir et elle est là couché par terre, morte.

orignal

Les chasseurs ne sont pas des sauvages sans émotion, nous avons un grand respect pour les animaux, c’est pour cela que nous nous dépêchons à aller voir si l’orignal est mort, car on ne veut pas que la bête souffre inutilement. Par contre, il y a aussi une autre raison pour trouver l’orignal rapidement, car il faut lui couper la gorge pour le vider de son sang, car sinon l’orignal gonfle et la viande se gaspille. Nous coupons donc l’orignal en quatre quartiers, que nous pendons pendant 24-48 heures à l’extérieur avant de l’amener dans le garage pour enlever le poil, et nous l’amenons finalement chez le boucher. Mais avant, une fois l’orignal accroché à côté du camp, tout le monde me félicite, on boit quelques bières puis on dîne, les autres chasseurs retournent à la chasse, en fait que deux des quatre chasseurs du camp, car l’un d’eux doit mettre son permis sur mon orignal, car c’est un orignal pour deux permis. Voici donc ce qu’est la chasse, il faut aimer la nature, et être patient, car je n’ai toujours pas tué d’orignal depuis ce temps.

Jean-François Demers

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Livres d’art gratuits en ligne!

Le Metropolitan Museum of Art et le musée Guggenheim offrent gratuitement l’accès en ligne à des centaines de livres d’art et catalogues d’exposition.

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Ancient Egyptian Calligraphy

Source: Open Culture

BLx

 

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«Ben voyons donc, c’est juste une joke!»

La réplique› Les limites de l’humour

L’humoriste ne peut se soustraire à la critique

Il n’a pas le monopole pour «départager ce qui mérit[e]» d’être sacré de ce qui ne le «mérit[e] pas»

Audrey Simard, Le Devoir, 15/05/14
Le déclencheur « Il serait bien prétentieux, voire dangereux, de croire que nous pouvons faire l’économie du rôle précieux du bouffon. Notre société n’est pas l’aboutissement d’une perfection divine. Elle doit être remise en question comme celles du passé l’ont déjà été. L’espace du bouffon mérite d’être protégé par le citoyen plutôt que cloisonné par les présumées victimes de cette bouffonnerie. Car je peux vous garantir que si chacun appose sa propre petite barrière personnelle dans le but de restreindre le terrain de jeu du clown, il ne restera, en bout de course, qu’assez d’espace pour faire du surplace. »

Guillaume Wagner, « La moquerie ne doit pas être censurée », Le Devoir, 10 mai 2014

Dans son texte, l’humoriste Guillaume Wagner insiste sur le « rôle précieux du bouffon » et de l’« espace du bouffon [qui] mérite d’être protégé ». Bien que l’humour puisse servir de « soupape aux tensions » ainsi qu’à « apaiser les frustrations associées aux bornes sociales », je ne crois pas qu’il doive être protégé à tout prix, c’est-à-dire au détriment des « présumées victimes de cette bouffonnerie », comme les qualifie M. Wagner. L’humour devenant dans la majorité des cas un prétexte pour intimider ou véhiculer/renforcer des stéréotypes sexistes, homophobes, racistes, âgistes, etc., cette égalité « sous le poids du ridicule » dont parle Wagner n’est malheureusement pas réelle puisque ce sont le plus souvent les femmes, les personnes homosexuelles, racisées, handicapées ou dont le corps ne correspond pas aux normes qui sont le plus souvent la cible des humoristes.

Si l’humoriste « est celui qui respecte assez son public pour lui dire la vérité », il s’avère que ses propos ne sont pas que des vérités, mais bien souvent des préjugés, des stéréotypes et des insultes. Un exemple, tiré directement du répertoire de 2012 de M. Wagner, le démontre d’ailleurs : son attaque sur la sexualité et le corps de la chanteuse Marie-Élaine Thibert. Il arrive aussi que « l’humour sexuel, scatologique et violent » dont parle M. Wagner passe de la blague aux actes, comme l’a démontré un certain humoriste nommé Gab Roy, qui a maintes fois mis en pratique ses blagues haineuses envers les femmes. Malheureusement, les paroles de ces clowns de « l’industrie de la blague », prononcées haut et fort sur la place publique, sont trop souvent banalisées à coups de « ben voyons dont, c’est juste une joke », alors qu’elles ont un impact concret sur les mentalités et donc sur le quotidien de personnes, qui, en plus des violences ordinaires qu’elles subissent, se voient confrontées à cette humiliation publique.

Alors que M. Wagner voit un danger dans la censure de la moquerie, le risque me semble davantage résider dans cette volonté de l’humoriste d’être un individu intouchable, revendiquant que sa parole soit à l’abri de toute critique. Tout le pouvoir que la société lui accorde déjà, en lui offrant une tribune rejoignant des milliers de personnes, en fait selon moi un citoyen redevable de ses blagues. Alors oui, certains humoristes devraient se censurer en réfléchissant à l’impact de leurs blagues sur les personnes qui les reçoivent, puisque l’humour contribue à modeler les mentalités. Si la moquerie peut servir à refléter nos travers et à en rire, ce n’est certainement pas sans esprit critique, en récupérant simplement les préjugés ambiants et en les martelant en boucle. Selon moi, tout banaliser sous couvert de l’humour peut devenir un excellent moyen pour se déresponsabiliser de ses paroles. Si, comme le mentionne Wagner, le clown a « le devoir de tout remettre en question », alors son public a certainement le devoir de remettre en question l’humour de ce dernier, sans quoi nous ferons face à un déséquilibre des pouvoirs érigeant le clown en être tout puissant ayant la possibilité de tout dire, en toute impunité. Accorder tout l’espace à l’humoriste sans lui offrir de résistance, comme le souhaite M. Wagner, ne ferait que nourrir cette toute-puissance qui n’a pas lieu d’être.

Alors, à qui revient donc le pouvoir de « départager ce qui mérit[e] » d’être sacré de ce qui ne le « mérit[e] pas » ? L’humoriste ne doit certainement pas avoir le monopole en ce domaine. Et en ce sens, vivement davantage d’humoristes femmes, handicapés, racisés, homosexuels afin de réellement favoriser une diversité de points de vue et une véritable critique sociale par l’humour.

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BLx

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Trois petites notes de musique venues de l’antiquité grecque

 

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L’utilité de l’inutile

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De la nécessité d’enseigner l’inutile

Réflexions de Nuccio Ordine sur l’importance des humanités

Renaud Lussier, Le Devoir, 26/04/14
Dans son dernier essai, Nuccio Ordine, professeur de littérature à l’Université de la Calabre, partage ses réflexions sur l’importance des humanités dans le contexte actuel, qu’il décrit comme un temps de crise, d’obsession à l’égard de l’utilité et de la rentabilité du savoir. L’utilité de l’inutile prend la forme d’une défense du savoir et de la culture dans une perspective humaniste en revenant sur une question fondamentale : comment peut-on rendre l’humanité plus humaine ?

Ordine encourage avec conviction la lecture des classiques de la philosophie et de la littérature, plaide pour la valorisation de ces disciplines que l’on juge trop souvent inutiles et qui sont pourtant si riches en enseignement. «[…] la prétendue inutilité des classiques peut en réalité se révéler un instrument des plus utiles pour nous rappeler […] que la possession et le profit sont mortels, alors que la recherche déliée de toute obligation utilitariste peut rendre l’humanité plus libre, plus tolérante et plus humaine ». L’auteur propose une sélection d’extraits de philosophes, parmi lesquels on trouve Platon, Aristote, Montaigne, Kant, ou d’écrivains, tels Ovide, Dante, Dickens, Calvino, Ionesco, extraits qui permettent de réfléchir sur cette notion d’« utilité », sur les raisons d’être de ces savoirs ou de ces pratiques artistiques, dont les objectifs vont au-delà de l’atteinte d’un profit monnayable.

Force du futile

Dans ses Quelques pensées sur l’éducation (1693), John Locke reprochait aux parents de cultiver le talent poétique de leurs enfants ; l’air du Parnasse était certes agréable, mais le sol de la montagne mythique, infertile, et il valait mieux chercher ailleurs pour trouver l’or et l’argent. L’image n’est pas sans lien avec la situation actuelle et Ordine pose clairement le problème de l’avenir des humanités, celui de la vocation des établissements scolaires, des universités en particulier, qui se voient de plus en plus contraintes à des exigences de rentabilité, de professionnalisation, au détriment de l’enseignement des savoirs fondamentaux et de la recherche, qui se soustrait à la logique du marché. Par ailleurs, la revendication de la gratuité du savoir devrait pouvoir rallier humanistes et scientifiques si l’on se rappelle que « les découvertes fondamentales qui ont révolutionné l’histoire de l’humanité sont en grande partie le fruit de recherches éloignées de tout objectif utilitaire ».

L’auteur présente dans son « manifeste » un court texte d’Abraham Flexner (1866-1959), penseur de l’éducation, qui, à la fin des années 30, citait en exemple quelques découvertes scientifiques majeures dans les domaines des télécommunications, de l’électricité ou de la bactériologie, rendues possibles grâce à des recherches qui n’avaient a priori aucune finalité pratique : « Flexner nous montre de manière remarquable que la science a beaucoup à nous apprendre sur l’utilité de l’inutile et que, aux côtés des humanistes, les scientifiques ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la bataille qu’il faut mener contre la dictature du profit, pour défendre laliberté et la gratuité de la connaissance et de la recherche. » Soulignons l’heureux succès de cet essai qui a été l’un des livres les plus vendus dans les librairies italiennes en 2013 et qui n’aura certainement pas été inutile.

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La grotte lumineuse

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La grotte de Lascaux, l’expo

Les chefs-d’oeuvre de la préhistoire sont reproduits au Centre des sciences de Montréal

Jérôme Delgado, Le Devoir 18/04/14

Henri Breuil, le premier scientifique à l’avoir étudiée, a qualifié la grotte de Lascaux de « Chapelle Sixtine de la préhistoire ». D’autres ont considéré cet ensemble de peintures comme « un film qui a perdu le son ». La voilà de passage à Montréal, l’exposition itinérante.

On ne déplace peut-être pas des montagnes, mais la grotte de Lascaux, si. Ce trésor de l’humanité, patrimoine légué par les Cro-Magnon il y a 20 000 ans et enfoui sous terre dans le Périgord (sud-ouest de la France), vient d’atterrir à Montréal et sera accessible jusqu’en septembre, au Centre des sciences.

Accessible en partie : l’exposition La grotte de Lascaux. Chefs-d’oeuvre de la préhistoire permet de zieuter les peintures pariétales de deux sections (sur les six connues), reproduites de la manière la plus réaliste, au millimètre près, reliefs compris, et grandeur nature.

Vous l’aurez compris : le Lascaux qui a traversé l’Atlantique n’est pas l’original, fermé au public depuis un demi-siècle pour des raisons de préservation. Si Lascaux 2 reproduit des fac-similés de deux salles, cette expo, dite Lascaux 3, montée d’abord à Bordeaux puis transformée en structure mobile pour parcourir le globe, en reproduit deux autres, la Nef et le Puits. Ensemble, Lascaux 2 et 3 mèneront à Lascaux 4, musée attendu pour 2016.« En France, deux plus trois font quatre », résume d’un humour bien senti Olivier Retout, directeur du projet Lascaux, exposition internationale. Ce docteur en sciences ne mâche pas ses mots : Montréal verra Lascaux comme jamais vu après Chicago et Houston, avant Bruxelles, Tokyo et combien d’autres villes du monde — l’expo circulera jusqu’en 2017 et fera « autant d’arrêts que possible », selon son instigateur.

Une cueillette au laser

Les peintures reproduites pour la première fois incluent notamment la Frise des cinq cerfs, la Frise de la Vache noire et la seule figure humaine de toute la grotte. Le travail est basé sur une cueillette au laser hyperprécise.

« On a rassemblé une collection iconographique jamais réunie. On a ressorti le film des années 1970 de Mario Ruspoli [documentariste italien, proche de Chris Marker]. On a numérisé 35 calques de l’abbé André Glory jamais montrés, dit un intarissable Olivier Retout. Le Puits, qui est à six mètres de profondeur, il n’y a que très, très, très peu de gens qui l’ont vu. Quand Lascaux était ouvert, on ne pouvait le visiter. Ici, on l’a en face des yeux, à un mètre 50. »

L’exposition se déploie en plusieurs zones, autant instructives qu’étonnantes. Le parcours s’appuie sur des modules interactifs, des maquettes de tout Lascaux, des reproductions d’objets trouvés dans la grotte ainsi que des portraits des principaux artisans de cette possible découverte. Le tout aboutit en l’expérience ultime de la grotte.

Grandeur nature

« On n’a pas voulu recréer l’atmosphère de grotteavec sa température, son humidité, ses vibrations, explique le directeur du projet. Mais on est dans la grandeur nature, dans les proportions. L’idée n’est pas de revivre la descente dans une grotte mais de revivre l’admiration, le spectacle de ce que les Cro-Magnon ont voulu faire. »

Pour Bernard Cazeau, président du Conseil général de la Dordogne et quelque part grand manitou de Lascaux, l’idée derrière cette expo de 60 millions d’euros était d’apporter la grotte à ceux qui n’iraient jamais à elle. « Ce n’est pas quelque chose d’idéalisé. On ne fait pas un Disneyland de la préhistoire », assure le sénateur. Autrement dit, Lascaux 3 sert davantage à la transmission des connaissances qu’à la diversion.

« On challenge les scientifiques, clame même Olivier Retout. Si les préhistoriens viennent à l’expo, ils en apprendront. Ils peuvent voir des choses qu’ils ne peuvent voir dans la vraie grotte parce qu’il leur est impossible de rester longtemps. »

Élisabeth Daynès, sculpteure mondialement connue pour ses personnages hyperréalistes, est convaincue qu’il faut réhabiliter les Cro-Magnon. Celle qui travaille les corps selon les principes de la médecine légale en a créé quatre pour l’expo. « C’est nous, dit-elle à propos de ceux qui ont vécu l’ère du Magdalénien-Solutréen. Ils nous ressemblent physiquement et intellectuellement. Être qualifié de Cro-Magnon devrait être un compliment, pas une insulte. »

Olivier Retout abonde dans le même sens : l’expo a une âme philosophique. « Elle montre que cet autre, lointain dans le passé, est comme nous. Et s’il est comme nous, ça laisse croire que l’autre lointain dans le présent, dans la géographie, il est aussi proche de nous. Lascaux est porteur d’humanisme. »

Un comité scientifique

Le réalisme et le sérieux de l’entreprise ont été validés par un comité scientifique. Retout et ses collaborateurs au scénario, Nathalie Grenet et Nicolas Saint-Cyr, un Québécois, ne pouvaient tomber dans la fantaisie.

On n’a pas fini d’apprendre de et sur Lascaux, véritable écosystème où cohabitent une multitude d’organismes vivants. La grotte permet certes d’affirmer que l’humanité naît à l’époque de ces peintures. Ces artistes, qui travaillaient déjà le mouvement et la perspective, avaient un langage très avancé. « Ils racontent quelque chose ; le problème, c’est qu’on ne sait pas ce qu’ils racontent », dit un Olivier Retout encore émerveillé.

…

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Agamemnon et Alexandre le Grand à Montréal

En décembre prochain, Montréal accueille la plus grande exposition nord-américaine sur la Grèce antique.

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« Les Grecs, d’Agamemnon à Alexandre le Grand ».

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Traces et Collages

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Exposition de Lise Boisseau Traces et Collages, du 8 février  au 6 mars 2014 à la Galerie Arp

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Haus der statistik

Petite intrusion chez la Stasi

Exploration de la maison des statistiques de Berlin Est

Bjarni et moi nous sommes vite trouvés une affinité qu’est l’exploration de lieux désaffectés. Bjarni, c’est la personne qui m’a hébergée à Berlin pour quelques nuits par l’intermédiaire de couchsurfing. 1Un Islandais établi là depuis peu mais qui ayant une âme d’explorateur connait déjà très bien la ville. Nous nous sommes armés d’une caméra permettant de filmer et de prendre des photos, de la flashlight de mon téléphone cellulaire, de vêtements chauds et d’un thermos plein de thé chaud. Notre première aventure fut la visite d’un parc d’attractions fantôme. Ensuite, nous avons balayé une vieille salle de danse. Puis nous nous sommes hasardés dans un vieil hôpital délabré. Parmi toutes ces aventures, celle qui nous aura le plus secoués est bien l’exploration de la maison des statistiques de Berlin est.

C’est un bâtiment imposant qu’à première vue on ne croirait pas vide. La preuve, j’ai passé mes deux premières nuits à Berlin dans une auberge de jeunesse située juste en face de celui-ci. La fenêtre de ma chambre donnait sur la façade de cet immeuble ! Je n’aurais jamais pensé qu’il était question d’un des établissements de la Stasi laissé à l’abandon. Contrairement aux autres lieux visités, il est situé dans un quartier très populaire de la ville qu’est le Mitte. Il est aussi juste à côté d’Alexanderplatz qui est l’un des principaux lieux d’activité de Berlin.

En ce mardi soir, nous étions devant nos ordinateurs et hésitions entre retourner à l’hôpital (très imposant) ou visiter une station de métro désaffectée. Puis, tout d’un coup Bjarni m’envoie le lien d’un article très intéressant sur un endroit moins délabré que ceux visités auparavant. 2Selon l’auteur, la difficulté d’intrusion de l’endroit serait très élevée. Un défi ! Rien de plus attirant ! Mais une des choses qui me réjouit, c’est surtout le fait qu’on ait moins de chance de crever de froid vu qu’il est question d’un endroit clos. Nous lisons tous les commentaires liés à l’article qui date de 2011. Un commentaire récent de l’auteur nous apprend que celui-ci a essayé d’investir à nouveau l’endroit mais sans succès. C’est décidé, c’est là que nous irons ce soir.

Sur place, nous faisons le tour du bâtiment qui est encerclé d’une barrière métallique. Nous décidons de commencer à trouver une issue à l’arrière du bâtiment sachant qu’il y a moins d’activité humaine par là. Il fait très sombre, nous essayons plusieurs portes qui bien évidemment sont scellées. Nous trouvons un escalier qui donne sur le sous-sol. Nous ouvrons une porte métallique sans difficulté. Celle-ci donne directement sur un ascenseur hors d’usage. Trop beau pour être vrai. Nous rebroussons chemin. Nous continuons notre inspection des lieux et tombons sur une barrière flétrie qui donne encore sur le sous-sol. Cette fois, il n’y a pas d’escalier, il faudra passer la barrière et descendre prudemment les  trois mètres et demi qui nous séparent du sol. À l’aide d’une branche d’arbre, nous arrivons à l’endroit voulu tout en nous demandant comment nous allons remonter.

Nous ouvrons une porte métallique, celle-ci donne encore sur un cul de sac. Nous essayons une autre porte et nous voilà à l’intérieur du bâtiment ! Nous ne nous réjouissons pas trop vite sachant qu’il y a de grandes chances que notre exploration s’arrête à la prochaine porte. Pourtant tout s’ouvre ! 3Nous longeons un couloir et découvrons des toilettes et certaines pièces avec quelques tableaux  encore aux murs. Il faut trouver un escalier afin d’accéder aux autres sections de l’immeuble. Nous ouvrons des portes mais ne faisons pas vraiment attention à les garder ouvertes parce que nous sommes impatients de savoir les limites de l’accès que nous avons trouvé. Grave erreur. Nous trouvons finalement un escalier mais les portes qui donnent accès aux étages suivants sont verrouillées. On peut observer une petite lumière verte dans le haut de chacune de ces portes, un peu comme s’il y avait un système de sécurité enclenché. Nous rebroussons chemin. Nous essayons d’ouvrir l’une des portes par laquelle nous sommes passés, elle est verrouillée !

Bjarni me jette un regard de stupéfaction, je fais de même. Nous ouvrons des fenêtres dans l’espoir de sortir de là mais elles donnent toutes sur un grillage solide. Nous retournons à la porte et apercevons une autre porte un peu plus loin à sa gauche. Elle est verrouillée aussi mais semble beaucoup moins solide. Notre cœur fait un bond lorsque nous nous apercevons que de l’autres côté de cette porte, il y a un couloir illuminé. Nous sommes pris au piège et nous nous demandons si ce n’est pas un piège qu’on nous a tendu !

4Non loin de là, nous trouvons une sorte de barre de métal. Le seul moyen de nous en sortir, c’est de forcer la porte branlante. Cela nous a pris au moins une bonne demi-heure de travail. Nous ressentons un tel soulagement lorsque la porte s’ouvre !

Il y a un long couloir illuminé. L’atmosphère est lugubre. Nous trouvons une salle de bain et à notre grande surprise, elle est toujours fonctionnelle. Un bâtiment abandonné, supposément inutilisé depuis un moment, où l’on trouve de l’électricité et de l’eau courante, c’est tout de même un peu louche. 5Nous prenons notre matériel et nous aventurons dans le couloir. L’ambiance est très tendue, c’est bizarre, on se sent comme à une autre époque. C’est comme si on faisait un voyage quelques décennies en arrière. On se sent mal ici probablement parce qu’il n’y a aucune manifestation humaine de notre époque. 6Sur les autres lieux visités, on dénote beaucoup d’activités récentes, telles que la présence de graffitis et de détritus, bouteilles de bières ou restants de nourriture. Ici, rien. Ceci peut être expliqué par la méconnaissance de l’endroit mais aussi par sa difficulté d’accès. C’est resté hermétique. Cette découverte, c’est comme un pot Mason qui protège le temps du temps.

7Très vite, nous tombons sur quelque chose de très intéressant.Une pièce qui semble être une salle d’archives. Les étagères sont vides. Dans la salle, nous trouvons une porte qui donne sur un nouvel endroit. Sur celle-ci, nous apercevons trois textes allemands.Nous les prenons en photo afin de les traduire plus tard. Un ami Suisse m’explique qu’il est question d’instructions. Les comportements à adopter dans la « chambre de protection ».  Intriguant…

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Nous entrons dans cette chambre et tombons sur une autre porte. Par contre, celle-ci est verrouillée et un petit papier y est accroché. Sur ce papier usé sont dactylographiées quelques lignes et à la fin, en petits caractères, signé «Aristoteles». Qui signifie Aristote en allemand. Je vous laisse le plaisir de le traduire via Google Translate ou autre moyen à votre disposition : « Spiele damit du ernst sein kannst. Der Spiel ist ein Ausruhen. Die Menschen bedürfen des Ausruhens, denn sie können nicht immer tätig sein.»

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Bref, nous sommes retournés sur nos pas et avant de continuer dans le couloir, quelque chose a attiré notre attention. Une grande armoire bloque un passage.  Quelqu’un a arraché une partie de cette grande armoire auparavant. Nous éclairons le trou dans l’armoire et à notre grande surprise, nous apercevons un autre long couloir et plusieurs autres portes !

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Cette découverte nous glace le sang. Pourquoi avoir bloqué le passage vers cette section ? Vu l’ambiance déjà très glauque de l’endroit, nous décidons de ne pas nous y aventurer tout de suite et de revenir sur nos pas. Surtout que nous n’avions pas encore trouvé de moyen de sortir.

Nous arrivons au bout du long couloir trouvé plus tôt. Nous empruntons un escalier. À chaque étage, les portes sont verrouillées. Sauf au troisième. La porte que nous réussissons à ouvrir indique « Bibliothek ».

Il est bien question d’une vieille bibliothèque. Nous trouvons les portes vitrées y donnant accès et trouvons une salle vide. Sur le sol, il y a encore les traces des étagères. Dans une autre salle faisant partie de la bibliothèque, nous trouvons une carte de la vieille Europe. Celle-ci date de l’époque où l’Allemagne était séparée en deux.

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Nous restons un moment afin de prendre quelques photos puisque l’éclairage est plutôt intéressant.

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Nous continuons notre exploration et trouvons un escalier étroit et très raide qui mène vers le toit. À la fin de cet escalier il y a une lourde porte. Nous découvrons une petite salle où se trouve une machine dont nous ignorons l’utilité. Il y a de vieilles traces humaines. Une petite étagère sur laquelle sont éparpillés un téléphone, un journal, un dossier, des outils et une tasse pleine de mégots.

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Je feuillette le dossier et l’on y trouve des plans de la machine. Je jette un coup d’œil au journal, s’y trouvent dates et heures, qui se rendent jusqu’à 2010, accompagnées de ce qui semble être des notes d’observation liées à la machine. En fait l’étagère servait de bureau à quelqu’un…

Nous quittons cette salle et retournons sur nos pas dans l’espoir de trouver enfin une sortie. L’atmosphère de cet endroit est très pesante ; nous espérons le quitter au plus vite. Nous retournons au grand escalier où plusieurs portes étaient verrouillées. Au bas de l’escalier, niveau rez-de-chaussée, il y a une porte qui donne sur un jardin intérieur. Nous sommes très heureux de sentir l’air frais extérieur lorsque je réussis à l’ouvrir. Nous tentons aussitôt de trouver un moyen de sortir de l’enceinte du bâtiment mais ne trouvons pas grand-chose. Nous découvrons qu’aux fenêtres du côté qui nous était impossible d’accès, il y a quelques bureaux et que dans ces bureaux on peut encore observer la présence d’objets personnels. On trouve même une salle où il y a des appareils électroniques, servant à la régulation de l’endroit, qui clignotent encore.

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Par contre, il ne semble pas y avoir d’issue, mis à part une fenêtre grillagée qui pourrait nous permettre d’accéder au toit. Nous décidons de rebrousser chemin. Dans notre euphorie du moment où nous avions enfin de l’air frais, nous avons fait une grave erreur. Nous avons omis encore une fois de retenir la porte et nous voilà à nouveau coincés ! Impossible de retourner à l’intérieur, la porte s’est verrouillée derrière nous ! Pas le choix, nous allons devoir grimper pour nous sortir de ce pétrin.

21Comme si nous n’étions pas suffisamment en mauvaise posture, il n’y a plus de mémoire dans notre caméra alors à partir de ce moment nous n’étions plus en mesure de prendre des photos ou des vidéos. Donc je vous illustre la situation. Bjarni et moi devions grimper ce grillage de fenêtre afin d’atteindre cette petite partie de toit. Arrivés sur le toit, il n’y a aucun moyen de descendre. Tout est protégé par des barbelés.

22Nous décidons de nous aventurer plus loin et trouvons une vitre cassée ! Elle est assez haute mais par chance il y a un autre grillage qui nous permet d’y accéder. Nous arrivons tant bien que de mal à nous introduire dans un bureau. Nous quittons se bureau et trouvons un escalier qui descend. À la fin de cet escalier, Bjarni ouvre une porte et celle-ci donne directement sur… la rue !

Ce fut aussi simple que ça… des heures et des heures de tension qui furent relâchées par l’ouverture d’une porte. Nous étions réconfortés d’entendre à nouveau les bruits de voitures et toute l’agitation berlinoise.

Cette exploration est inachevée comme la plupart de celles que nous avons menées. Par contre, la curiosité liée à cet endroit est très forte, plus que les autres. Cette nuit-là, je n’ai pas pu m’arrêter de penser à l’armoire, celle qui bloquait le passage vers une autre section du bâtiment. Cette curiosité nous attirait à nouveau là-bas mais quelque chose en nous, nous en éloignait. Quand tu vas là-bas, tu absorbes de l’information mais le bâtiment t’empoisonne de ses ondes négatives, alors tu ne veux plus y retourner… du moins, pour quelques heures. Le lendemain matin, j’étais prête à y retourner mais malheureusement je devais quitter Berlin quelques heures plus tard. Bjarni m’a promis d’y retourner un jour, j’attends de ses nouvelles…

Caroline Douville

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Sanjay Subrahmanyam, un historien indien au Collège de France

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« Sanjay Subrahmanyam, pionnier de l’Histoire globale, né à New-Dehli, spécialiste de l’Inde du Sud aux XVIème et XVIIème siècles,  cosmopolite et polyglotte, il enseigna pendant 7 ans à l’EHESS en France (au Centre d’études sur l’Inde et l’Asie du Sud), avant  d’accéder à la chaire d’Histoire indienne à l’Institut d’études orientales à Oxford. Depuis 2004, il est engagé à l’Université de Californie à Los-Angeles (UCLA) au département d’Histoire, et a été nommé en juin 2013 Professeur au Collège de France à la Chaire d’Histoire globale de la première modernité. Il a prononcé sa leçon inaugurale en novembre dernier.

Il est l’auteur d’une oeuvre considérable. Plusieurs de ses livres ont été traduits en Français aux Editions du Seuil (Points Seuil – Histoire N° 481) « L’Empire portugais d’Asie 1500-1700 »  et Alma « Comment être un étranger : Goa-Ispahan-Venise – 16ème – 18ème siècles » (mars 2013).»

Sanjay Subrahmanyam Un historien indien au collège de France, entrevue sur France Culture

Leçon inaugurale au Collège de France: Histoire globale de la première modernité

être un étranger 9782362790683

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Pour la nouvelle année

P1690701 jack pierson_700_0_resizeJack Pierson, Ennui (La vie continue), 2013

« Pour la nouvelle année. – Je vis encore, je pense encore : je dois vivre encore, car je dois encore penser. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. Aujourd’hui, chacun s’autorise à exprimer son vœu et sa pensée la plus chère : eh bien, je veux dire, moi aussi, ce que je me suis aujourd’hui souhaité à moi-même et quelle pensée m’est venue à l’esprit la première cette année, – quelle pensée doit être pour moi le fondement, la garantie et la douceur de toute vie à venir ! Je veux apprendre toujours plus à voir dans la nécessité des choses le beau : je serai l’un de ceux qui embellissent les choses. Amor fati : que ce soit dorénavant mon amour ! Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Que regarder ailleurs soit mon unique négation ! Et somme toute, en grand : je veux même, en toutes circonstances, n’être plus qu’un homme qui dit oui ! »

Nietzsche, Le Gai Savoir, Livre IV, « Sanctus Januarius », § 276

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Bonne Année!

sénateur x 2

L’année qui finit salue l’année qui vient.

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