Archives de Catégorie: Histoire et civilisation

Querelle archéologique

Aux temps d’Auguste, cadran solaire ou calendrier?

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Do not go gentle into that good night

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Dylan Thomas, White Horse Tavern, NYC 1952

Voici le magnifique poème de Dylan Thomas (1914-1953) que l’on entend comme un leitmotiv tout au long de l’époustouflant film de Christopher Nolan Interstellar. En passant comme ça, après l’avoir nié avec véhémence en 1965, Bob Zimmerman, alias Bob Dylan, a reconnu en 2004 que c’était pour rendre hommage à Dylan Thomas qu’il avait changé son nom.

Do not go gentle into that good night

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless, me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.

 

Traduction française par Lionel-Édouard Martin

N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit

N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit,
Les vieux devraient tonner, gronder quand le jour tombe ;
Rage, mais rage encor lorsque meurt la lumière.

Si le sage à la fin sait que l’ombre est la norme,
Comme aucun de ses mots n’a fourché en foudre il
N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit.

Le bon, près de la vague ultime, qui déplore
Que sa vie frêle eût pu danser en verte baie,
Il rage, il rage encor lorsque meurt la lumière.

Le fou qui prit, chanta, le soleil en plein vol,
Et conscient, trop tard, d’avoir bridé sa course,
N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit.

Le juste, agonisant, qui voit d’un œil aveugle
Qu’un œil aveugle peut briller, gai, météore,
Il crie, il crie encor lorsque meurt la lumière.

Et toi, mon père, là, sur ces tristes hauteurs,
Maudis-moi, bénis-moi de pleurs durs, je le veux !
N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit.
Mais rage, rage encor lorsque meurt la lumière.

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14-18 La Der des Ders

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La première Guerre Mondiale. L’histoire d’un conflit international

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«Murs aveugles» devenus muets

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La projection extérieure du film  Murs aveugles d’Isabelle Hayeur, prévue dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Montréal, a été annulée, pas tant pour des raisons de censure que pour motifs de superstitions de la part de la propriétaire dudit mur aveugle… Voir Le Devoir, 31/10/14

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Une jeunesse unie pour «un avenir engagé, un avenir dégagé»

Virginie Simoneau-Gilbert et Raphaëlle Élément, Le Huffington Post, 29/10/14

Il y a de cela déjà quatre mois, un sondage réalisé par la firme CROP révélait que, parmi les 500 répondants, 69% auraient voté non à un référendum sur l’indépendance du Québec. 65% des jeunes ayant participé au questionnaire vont même jusqu’à affirmer que le projet nationaliste est désormais dépassé. S’il est vrai que les concepts de liberté et d’indépendance ne datent pas d’hier, il faut reconnaître que la tendance de certains à vouloir les jeter aux poubelles a à peu près le même âge.

Également, au retour de Catalogne et d’Écosse d’un bon nombre de jeunes souverainistes qui s’y trouvaient à titre d’observateurs, nous pouvons affirmer qu’une relève forte, énergique et déterminée est prête à prendre le flambeau de l’émancipation nationale, contrairement à ce que prétendait récemment le sondage de la firme CROP. À cet effet, plusieurs exemples de la forte présence de cette jeunesse méritent d’être soulignés.

Tout d’abord, Me Maxime Laporte, un avocat de 26 ans, devint en juin dernier le 80e président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Celui-ci souhaite d’ailleurs «porter l’idéal républicain des Patriotes qui ont fondé la SSJB en démontrant que la cause indépendantiste constitue une cause démocratique, humaniste, unificatrice et surtout, intergénérationnelle.» Rappelons que la SSJBM, créée en 1834, est la plus grande et la plus vieille organisation citoyenne indépendantiste du Québec et constitue ainsi le noyau militant du mouvement nationaliste. Au cœur de cet organisme de grande envergure s’impliquent également de nombreux jeunes en provenance du CÉGEP du Vieux-Montréal (notamment de l’Action indépendantiste culturelle québécoise). Certains d’entre eux militent même au sein de l’Opération Bélier, campagne de porte-à-porte visant à faire la promotion continue de la souveraineté dans une optique citoyenne, qui a été lancée à l’échelle nationale le 26 octobre.

Par ailleurs, un autre événement important des derniers mois au sein du mouvement nationaliste ne peut passer inaperçu: l’élection de Mario Beaulieu à la tête du Bloc québécois le 14 juin dernier. Nombreux furent les jeunes bénévoles qui donnèrent leur appui à l’ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Le Forum Jeunesse du Bloc Québécois, entre autres, soutint de manière très affirmée le nouveau chef de la formation indépendantiste.

De plus, le parti Option nationale a su rassembler en ses rangs plusieurs jeunes ayant la ferme intention de réaliser la souveraineté du Québec. Aux élections générales de 2012, les candidats d’ON affichaient une moyenne d’âge de 32 ans comparativement à 44 ans pour l’ensemble des candidats, 50 ans pour le PLQ, 49 ans pour le PQ et 46 ans pour la CAQ. Bien que le parti ait indéniablement perdu des plumes aujourd’hui, ce qu’il s’y est accompli demeure significatif : l’espoir et l’engagement ont tous deux mis la main à la pâte. L’analyste politique Marie Grégoire a dit : «[Les] militants d’Option nationale sont des militants avec un M majuscule […] Je les ai regardés aller, c’était des gens de convictions, engagés.» Ayant été du nombre pendant deux ans, l’une de nous le sait très bien. Mme Grégoire ajoute que «le Parti québécois ne peut pas faire l’économie de gens comme ça dans sa base militante, surtout une base militante plus jeune, qui donne une énergie nouvelle». Par ailleurs, Catherine Dorion, dans sa lettre intitulée Les jeunes d’Option nationale et le PQ, publiée dans Le Devoir en date du 19 avril 2014, affirmait que «[…] ce que les jeunes trouvent dépassé, désuet et vétuste, ce n’est pas l’idée de souveraineté. C’est la manière de faire du Parti québécois, auquel ils associent, depuis le début de leur intérêt à la chose politique, l’indépendance du Québec. »

En outre, il est important de mentionner le fait que 20 ans se sont écoulés depuis le référendum de 1995. Toute une génération de jeunes Québécois a vu le jour depuis, en plus de tous ceux qui se sont trouvés dans l’impossibilité de voter, puisque mineurs. Tous ceux qui, aujourd’hui, s’empresseraient de le faire. Cette génération, née dans le sillage du deuxième référendum, a grandi et continue de le faire. Peut-on, comme société, garder les jeunes à l’écart de cette question fondamentale et fondatrice que constitue l’indépendance nationale, sachant qu’elle en portera toutes les conséquences? Peut-on tenir le débat pour clos sans qu’il n’ait eu lieu pour notre génération?

Par ailleurs, mentionnons le fait que ce pan important de l’histoire québécoise qu’est le combat indépendantiste brille par son absence dans l’enseignement au secondaire. En effet, de grands événements historiques tels que la Révolution tranquille, la Crise d’octobre, le référendum de 1980, l’Accord de Charlottetown, l’Accord du lac Meech et le référendum de 1995 sont souvent peu ou pas enseignés. De plus, on évoque l’indépendantisme en traitant des Rébellions de 1837-1838 avec le gouvernement responsable, obtenu en 1848, comme revendication centrale. Or, les patriotes voulaient l’indépendance, la république. Pas une demi-mesure.

Étant nées en 1996, nous sommes de cette génération montante. Et nous sommes là, participons au mouvement indépendantiste, parce que nous y croyons, parce que nous avons le sentiment fondamental de faire du mieux que nous pouvons. Nous nous battons quotidiennement – ou, du moins, tentons de le faire – contre l’ignorance. Souvenons-nous que celle-ci enfante d’ailleurs le désengagement collectif qui laisse libre cours à tous les abus de pouvoir. C’est donc parce que nous croyons au futur de nos compatriotes dans un Québec libre et démocratique que nous nous engageons pour l’indépendance nationale. Comme le soulignait le philosophe algérien Albert Camus dans sa brillante œuvre L’homme révolté, «[la] vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.»

Ainsi, si la jeunesse semble, selon les sondages, désintéressée par le projet d’indépendance, une relève déterminée est pourtant très présente au sein du mouvement souverainiste québécois. Les jeunes se sentent toujours concernés par cette cause humaniste et universelle qu’est la liberté des peuples, et ce même en cette période supposément postmoderne. Ce concept, celui de la postmodernité, fut développé principalement par Jean-François Lyotard et se caractérise, notamment, par l’effondrement des grands idéaux sociaux du 20e siècle portés par le rêve socialiste et des récits des Lumières, textes fondateurs de la civilisation occidentale moderne. Or, en cette ère que plusieurs qualifient de «postmoderne» qui laisse libre cours au désengagement politique collectif, il est révélateur de constater la présence d’une relève aussi forte et prête à défendre une idée jugée archaïque et désuète par certains. Ainsi, comme l’a récemment affirmé le talentueux cinéaste Xavier Dolan, la jeunesse «ne s’est pas détournée du projet d’indépendance».

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en histoire et civilisation au CÉGEP Marie-Victorin. Raphaëlle Élément est étudiante en sciences de la nature au CÉGEP régional de Lanaudière à L’Assomption.

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La guerre en rose?

Chez DHC-ART, The Enclave de Richard Mosse ou la guerre civile au Congo en «infrarouge Kodak Aerochrome».

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Pensées – Retour de Paris, Barcelone, Berlin et Édimbourg

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge ! »

 – Joachim Du Bellay

 

  1. En dégustant un café-crème au Café de Flore de Paris après une courte nuit, je ne peux m’empêcher d’avoir une petite pensée pour le célèbre chanteur Charles Aznavour et le passage suivant de sa chanson La Bohème : « Et ce n’est qu’au matin / Qu’on s’asseyait enfin / Devant un café-crème / Épuisés mais ravis / Fallait-il que l’on s’aime / Et qu’on aime la vie ».
  1. Voir 1,8 million de catalans qui s’embrassent, qui s’embrasent ensemble pour leur indépendance, fait croire à nouveau en un grand rêve collectif.
  1. Petite pensée pour le philosophe algérien Albert Camus à la vue des 1,8 million de Catalans qui étaient présents à la grande manifestation « Ara és l’hora » : Ces gens de cœur rassemblés en grand nombre correspondent parfaitement, je crois, à la définition de l’indigné selon Camus : « Qu’est-ce qu’un homme révolté ? C’est d’abord un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement[1]. »
  1. La terra d’escudella, un petit restaurant indépendantiste situé dans un coin sombre d’une rue de Barcelone, est comme le pont Champlain : avant d’y accéder, tout le monde s’en méfie mais après, tout le monde le fréquente jusqu’à créer un achalandage monstre.
  1. Petite pensée irrationnelle après avoir dégusté une crème glacée Häagen-Dazs dans un magasin du même nom à Berlin : Si la crème glacée était l’objet d’un culte, je me convertirais à cette nouvelle religion sur-le-champ. « Le corps du cornet. Amen. »
  1. Après avoir croisé des militants du camp du non aux Meadows à Édimbourg qui nous tendaient des pamphlets avec empressement dans l’espoir de nous transformer en unionistes, j’éprouve de grands regrets. J’aurais dû leur répondre : ‘’ No thanks ! ‘’.
  1. Au lendemain de la défaite référendaire, je constate tristement que la promesse de bonbons, en politique britannique, fonctionne toujours et ce, malgré l’oppression depuis des siècles et des siècles du peuple écossais. Cependant, j’attends toujours le jour où l’Écosse prendra conscience que « un non, c’est un oui au change-ment ».
  1. Après la défaite référendaire écossaise, une mince lueur d’espoir m’envahit encore. Je souhaite éperdument que les Écossais, dans un avenir rapproché, sauront reprendre le flambeau de leur émancipation nationale. Or, s’il en va autrement, j’ai bien peur que leur histoire ne se résumera qu’au triste mot

 

FIN

Virginie Simoneau-Gilbert

[1] Albert CAMUS. L’homme révolté, Bibliothèque des classiques, http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/homme_revolte/camus_homme_revolte.pdf, (Page consultée le 16 octobre 2014)

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Le français in the USA

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Les États-Unis en jachère

Jean-Benoît Nadeau, Le Devoir 29/09/14

Depuis dix ans que je fréquente les francophones américains, une question revient sans cesse : pourquoi les Québécois tiennent-ils si peu compte de la francophonie américaine dans leurs stratégies d’information, de communication, de distribution ou de recrutement ?

J’avoue ne pas avoir de réponse. Serait-ce qu’on se méprend sur le sens du mot francophone ? Par ignorance ? Ou parce que, pour citer l’anthropologue Serge Bouchard, les Québécois ont rejeté cet espace de leur imaginaire collectif ? Ou parce qu’on imagine les États-Unis comme un monolithe linguistique ?

« Et pourtant, pourtant », comme le chantait Aznavour.

Prenez cette statistique parue récemment dans la revue French District, de Miami. Parmi les 168 millions d’abonnés américains de Facebook, 1,3 million déclarent le français comme première langue ! Et les principaux centres sont la Californie (213 000 abonnés Facebook), New York (180 000), la Floride (123 000) et l’Illinois (50 000).

Combien d’Américains parlent français, au juste ? Il existe des statistiques. Selon le Bureau américain de la statistique (U.S. Census Bureau), 1,3 million d’Américains âgés de plus de cinq ans déclaraient « parler le français à la maison » en 2011 (ce ne sont pas les mêmes que Facebook). Outre 621 000 pour le créole haïtien (dont un bon nombre sont de facto francophones).

En mai dernier, la revue Slate a transposé cette statistique sur carte. Le français est la deuxième langue à la maison dans quatre États (Maine, New Hampshire, Vermont et Louisiane) et troisième langue après l’espagnol dans sept autres : Connecticut, Delaware, Maryland, Virginie-Occidentale, Mississippi et les deux Carolines ! Voire un huitième, la Floride, où la troisième langue est le créole haïtien.

Autre statistique officielle : 11 millions d’Américains affirment une origine « française » (québécoise, acadienne, canadienne-française, française ou haïtienne). Ce qui en exclut encore quelques millions issus des autres pays francophones.

Autre statistique significative : 1,5 million d’Américains étudient le français chaque année de la maternelle à l’université. C’est moins que l’espagnol (six millions d’apprenants), mais davantage que toutes les autres langues réunies.

Des millions de réels francophones américains passent donc sous le radar. Parce qu’ils n’ont pas de compte Facebook. Ou parce qu’ils ne parlent pas le français à la maison. Ou parce que le français est leur troisième langue. Ils s’appellent John Kerry (secrétaire d’État), John R. MacArthur (président et éditeur de Harper’s et chroniqueur au Devoir), Indra Nooyi (p.-d.g. de PepsiCo) ou Jodie Foster (actrice). Combien ? Peut-être cinq ou six millions, selon le Centre de la francophonie des Amériques, en se basant sur une étude d’Étienne Rivard de l’Université Laval.

Bref, la francophonie américaine est peut-être aussi nombreuse que les Québécois. Diffuse certes, mais réelle, instruite et en moyens. Elle orbite autour des Alliances françaises, des lycées et collèges français, des communautés religieuses, des services culturels des consulats et délégations ou diverses associations. Comme la remarquable Association américaine des professeurs de français, qui fédère 10 000 membres très militants, dont un bon nombre de fins connaisseurs du Québec.

Au Québec, je n’ai rencontré personne, dans la faune des décideurs associatifs, entrepreneurs, cadres et autres « entreprenants », qui prenne cette réalité en compte ou qui en saisisse le potentiel. Hormis la diplomatie culturelle québécoise, qui fait un travail remarquable de débroussaillage, c’est la jachère la plus complète.

A-t-on les moyens de ne pas informer, cibler, recruter les John Kerry de demain ? La réponse est évidemment non. Le fait-on ? Ce sont les Français qui, aux États-Unis, font cet effort — et qui, évidemment, en profitent.

Prenez le guide French District, fondé en 2008 par trois Français, Laure et Romain Angeletti, et Ben Borie. Son nom, qui signifie « quartier français », résume le programme : recréer un quartier virtuel pour une communauté qui ne s’est jamais regroupée en quartier. Et ça marche : French District compte 200 000 abonnés, une clientèle jeune, principalement les 20 à 45 ans.

french-district-new-york-375Lancé en Floride, French District s’est implanté à New York et à Atlanta en 2011. Il y a maintenant dix éditions francophones, dont deux en Californie, au Texas, à Washington, à Las Vegas, à Boston, plus trois éditions en langue anglaise à New York, en Floride et en Californie. Et il y a même une troisième édition floridienne appeléeQuébec District. De quoi embaucher 20 personnes. « Surtout des Français, quelques Américains et des Indiens », m’a dit Romain Angeletti, le p.-d.g.

Pas de Québécois ?

— C’est difficile. Ils sont là six mois et ils repartent après l’hiver.

Cherchez l’erreur.

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Robotisation du travail

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Vers une révolution dans le monde du travail?

Nic Ulmi, Le Devoir 29/09/14

Le Pew Research Center a demandé à 2000 experts de se projeter en 2025 et de prédire de quoi sera fait l’avenir quand les machines intelligentes auront investi tous les secteurs de l’économie. Chômage pour tous ? Oisiveté généralisée ? Voyons un peu.
« Mon fils, qui a 10 ans, pense qu’il n’aura pas besoin d’apprendre à conduire et à faire ses courses. Il lui suffira de cliquer, et les choses qu’il désire arriveront d’elles-mêmes. »

C’est ainsi que la Californienne Nilofer Merchant, entrepreneuse en série et essayiste futuriste, décrit la vie quotidienne après l’avènement généralisé de la robotique, prévu pour 2025. Vision naïve, que nous avons tous (non ?) caressée dans notre enfance : un monde où il suffirait d’appuyer sur un bouton.

La différence, c’est qu’aujourd’hui les adultes disent la même chose, et qu’ils ne rêvent pas à voix haute, ils énoncent ce qui adviendra. Dans dix ans, l’intelligence artificielle et les robots seront partout. « Ce sera comparable à la pénétration des téléphones portables aujourd’hui », annonce le futurologue et pédagogue Marc Prensky, directeur de la fondation Global Future Education.

Au secours ? À ce titre, dans son rapport publié en août, le vaste think tank issu de l’ONG états-unienne Pew Charitable Trusts, pose un diagnostic fortement polarisé sur la question centrale de l’avenir de l’emploi.

I Robot ou robot invisible ?

De quoi parle-t-on ? D’un monde qui aurait basculé dans un film de science-fiction à laI Robot ? « La culture populaire a un penchant pour les robots anthropomorphes musclés (Transformers, Terminator) et pour les superordinateurs dotés d’une intelligence de type humain (HAL 9000 dans 2001, l’Odyssée de l’espace) », relève le rapport.

Or, dans la vraie vie, la technologie évolue « dans la direction opposée, avec une intelligence profondément enfouie dans la mécanique complexe d’appareils et d’interactions digitales en apparence simples, voire invisibles. Les ordinateurs disparaîtront et les objets ordinaires deviendront magiques », avance en sens John Markoff, journaliste scientifique au New York Times. Invisibilité, disparition, magie : mots récurrents dans ce document, où la technologie apparaît fondue « dans le paysage ordinaire ». « Un instantané d’une scène de rue urbaine en 2014 n’a pas l’air si différent d’une photo prise il y a 50 ans… », remarque Seth Finkelstein, programmeur et activiste de la libre expression numérique.

Effacés, engagés avec nous dans des interactions surtout vocales, les robots seront partout. Ils auront semé et récolté nos blés, préfabriqué nos maisons, construit nos voitures — lesquelles seront, elles aussi, des robots. Le sociologue Howard Rheingold balaie, à ce propos, la méfiance que suscite le véhicule sans conducteur : « Comment pourrait-il faire un moins bon travail que les humains égoïstes, ivres, drogués ou distraits qui transforment nos routes en bains de sang ? »

Plus troublant, plus inattendu, on nous annonce que les machines intelligentes auront fait irruption dans les domaines de l’enseignement, des soins personnels et de la santé.« Vos radiographies seront examinées par une batterie d’intelligences artificielles du niveau Watson [le programme d’IBM qui a battu deux champions du jeu téléviséJeopardy ! en 2011] et les humains ne seront appelés à la rescousse que si les machines sont en désaccord entre elles », assure Stowe Boyd, chercheur en chef du site d’information technologique GigaOM. Et ce n’est pas tout : « Dans les cabinets d’avocats, les employés qui préparaient la communication des pièces ont été remplacés par des logiciels » [des algorithmes d’analyse prédictive, précisément], signale Robert Cannon, spécialiste du droit numérique. C’est le noeud de la question : quels effets sur l’emploi, et par là, sur le bien-être général ?

L’avenir des travailleurs évincés

Entre les optimistes (52 %) qui pensent, à l’image du « co-inventeur d’Internet », Vint Cerf, qu’« historiquement la technologie a créé davantage d’emplois qu’elle n’en a détruit », et les pessimistes (48 %) qui craignent le contraire, le match est presque nul. « Les robots seront les nouveaux travailleurs immigrés », note, dans le rang optimiste, J. P. Rangaswami, scientifique en chef de l’éditeur de logiciels Salesforce.com : les automates feront, à bas coût, les travaux dont les humains ne veulent pas, permettant à tout le monde de se consacrer à des tâches plus gratifiantes, dont créer et programmer les robots, justement. On verra aussi « une demande croissante pour des produits artisanaux faits par des humains » et une tendance « vers la relocalisation et la réhumanisation de l’économie », s’enthousiasme, dans une contribution anonyme, un chercheur de la firme high-tech BBN Technologies.

Les meilleurs emplois, nous dit-on, échapperont toujours aux machines. « Les gens vont être surpris de constater à quel point l’intelligence artificielle est limitée », anticipe Michael Glassman, chercheur en sciences de l’éducation à l’Université de l’Ohio. « La semaine de travail a chuté de 70 heures à environ 37, et je m’attends à ce qu’elle continue à baisser. Il y aura donc le même nombre d’emplois », pronostique de son côté Hal Varian, économiste en chef chez Google. Le même bien-être pour moins de travail. Qui dit mieux ?

Les travailleurs supplantés par des machines pourront-ils se requalifier ? Les pessimistes craignent que non. « Il y aura un marché du travail dans le secteur des services pour des tâches non routinières, donc non automatisables, mais qui peuvent être exécutées de façon interchangeable par à peu près n’importe qui, et ces emplois ne rapporteront pas un salaire suffisant pour vivre », prophétise Justin Reich, du Center for Internet Society à l’Université Harvard. « L’écart de revenu entre les travailleurs qualifiés, dont le travail ne peut être automatisé, et tous les autres s’élargira. C’est une recette pour l’instabilité », prévient de son côté Tom Standage, rédacteur en chef de l’édition numérique de The Economist. Érosion des couches moyennes, création d’une « sous-classe » vouée au chômage permanent : « À quoi servent les gens dans un monde qui n’a pas besoin de leur force de travail, et où seule une minorité est nécessaire pour guider une économie fondée sur les robots ? », se demande Stowe Boyd.

Que faire ? Le Pew Research Center ne suggère rien. Les intervenants du rapport dessinent, eux, trois pistes. La première fait froid dans le dos : militarisés, les robots serviront, aussi, à « réprimer les dissensions ou les actions politiques qui viseraient à mieux distribuer les gains dus à l’avancée technologique », met en garde Frank Pasquale, juriste spécialisée dans les nouvelles technologies à l’Université du Maryland. La deuxième voie fait appel à une rationalité économique bien rodée, renvoyant à« Henry Ford, qui avait compris qu’il ne ferait pas de bonnes affaires si ses propres employés ne pouvaient pas se permettre d’acheter une voiture », rappelle Nilofer Merchant. La dernière piste ? Évoquée sur la pointe des pieds, car « idéologiquement risquée » selon les mots du rédacteur en chef de la MIT Technology Review, Jason Pontin, elle réside dans la déconnexion du travail et du revenu, envisageable dans une société où les biens et les services se produisent pour ainsi dire tout seuls. Il s’agit alors d’envisager « un moyen de distribution des richesses », suggère l’entrepreneur Bob Frankston, du secteur numérique.

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Socrate

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Mon cher ami,

Mon voyage à Athènes se déroule très bien, je visite, je découvre la cité et sa population. J’y ai fait plusieurs rencontres dont une qui ne me laisse pas indifférente. Ce nouvel ami est un homme très surprenant du nom de Socrate. Je l’ai rencontré en assistant à une de ses conversations avec d’autres habitants de la cité. Son comportement m’a intrigué et m’a fait réfléchir. Je pense que cet homme est un sage. Ou plutôt qu’il recherche la sagesse. J’ai écouté toute leur conversation sans dire un mot, et en essayant de voir le point de vue de chacun. Socrate est celui qui m’a le plus laissé perplexe. Il écoutait les autres parler et expliquer leur point de vue avec tant de certitude dans leur propos, puis il tentait de comprendre leur raisonnement en posant des questions et en émettant des théories sur les définitions qui remettaient en cause tout ce qui venait de se dire. Ses interlocuteurs étaient d’abord déstabilisés, puis après réflexion, ils doutaient et enfin ils prenaient conscience de leur ignorance. Certains avaient plus de mal que d’autres à se rendre compte qu’ils avaient tort mais finalement, tous finissaient par l’avouer, et ils cherchaient même à trouver une autre solution. Socrate, lui restait calme et écoutait ce que chacun avait à dire. A la fin de la conversation, la réponse à leur question restait introuvable. Néanmoins,  grâce à lui, ils avaient pris conscience de ne pas réellement savoir ce qu’ils pensaient savoir, ce qui me semble déjà être un bon début. Pourtant, la réponse à la question qu’ils se donnaient tant de mal à trouver me parait encore très lointaine, si lointaine que je ne saurais dire si quelqu’un un jour pourrait y répondre. Mon ami, j’aurais tant aimé que tu sois là pour découvrir tout cela avec moi.

Très affectueusement, ton amie de toujours.

Mélodie Prak

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En photos, une extraordinaire collection de moments historiques

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Lincoln

no vietnamese

No Vietnamese ever called me Nigger (contre la guerre du Vietnam)

titanic

Le titanic

et son iceberg

et son iceberg

Plus de photos: http://news.distractify.com/mark-pygas/views-of-famous-events/?v=1

BLx via Christine Dakhil

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Kant et l’Écosse

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Alain Gagnon, Le Devoir, 22/09/14

L’indépendance, que ce soit celle du Québec, de l’Écosse ou, peut-être bientôt, de la Catalogne, n’est pas affaire de survivance, de défense de sa différence, mais bien un passage d’un état de minorité à un état de majorité des peuples et des individus qui les composent, au sens légal et moral et donc politique (non démographique) où le philosophe Emmanuel Kant l’entendait dans son court texte paru en 1784, Qu’est-ce que les Lumières ? Rappelons-en deux passages.

D’abord : « Les Lumières sont l’émancipation de l’homme de son immaturité dont il est lui-même responsable. L’immaturité est l’incapacité d’employer son entendement sans être guidé par autrui. […] Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! voilà donc la devise des Lumières. »

Ensuite : « La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc., je n’ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront pour moi de cette besogne fastidieuse. Que la plupart des hommes finissent par considérer le pas qui conduit vers sa majorité, et qui est en soi pénible, également comme très dangereux, c’est ce à quoi ne manquent pas de s’employer ces tuteurs qui, par bonté, ont assumé la tâche de veiller sur eux. »

Kant n’était pas devin, mais il a vu juste dans le jeu des tuteurs — et des pupilles. Partout, toujours, un même scénario : menaces et promesses de dernière minute des tuteurs, si vagues qu’elles seront faciles à renier une fois le danger passé, et capitulation des pupilles, effarouchés par les obligations de la majorité, au premier chef la « dévolution » de la responsabilité. Comme par hasard, même si ce n’en est pas un du tout, la déresponsabilisation et le phénomène qu’on a appelé « adulescence » sont des traits marquants des sociétés avancées contemporaines.

Est probablement venu aussi le temps de dissocier les campagnes en faveur de l’indépendance des peuples d’un « projet de société » fouillé, détaillé et mirifique. Le véritable projet de société qu’implique un référendum sur l’indépendance est précisément celui d’amener une société à la responsabilité, à sa majorité, noble mais exigeante. C’est dans un deuxième temps seulement que les citoyens, libres, autonomes, pourront véritablement se donner un projet de société concret, à leur pleine mesure, y employant l’entendement, le jugement et les moyens que procure l’indépendance. Il n’est pas vrai qu’il n’y aura que des gains, sans coût et sans sacrifice, au pire un coût nul, pas plus qu’il n’est vrai que le passage de l’adolescence à l’âge adulte ne s’accompagne que de gains.

Au chapitre du projet de société et de la transparence, le SNP d’Écosse a certainement été exemplaire, publiant un document-programme de 670 pages, illustrant avec minutie l’opportunité et la faisabilité de l’indépendance. Sauf que ce n’est pas du tout là que se décide l’adhésion ou non du citoyen, on vient encore de le voir. Il faudra bien un jour réhabiliter en politique, et dans le destin des nations, les mots courage, responsabilité, rêve et passion.

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« Un Non, c’est un Oui au changement »?

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Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

JOUR 9 : Écosse, JOUR DU RÉFÉRENDUM

Aujourd’hui est le grand jour ! Les Écossais décideront bientôt de leur avenir politique. L’excitation est à son comble dans les rues brumeuses et froides d’Édimbourg !

Tout d’abord, nous nous sommes dirigés, en début d’après-midi, dans un pub afin d’y tâter le pouls de la population et d’y attendre des nouvelles de la personne qui devait nous faire visiter les coulisses du référendum. Toutefois, ne recevant aucune information et ce, après plusieurs appels et messages vocaux laissés à cette personne, nous avons rapidement dû laisser tomber le plan selon lequel nous devions assister au dépouillement du vote. Nous nous sommes alors dirigés vers l’hôtel des médias où se trouvaient toutes les grandes chaînes de télévision internationale. La place, qui grouillait d’activités, était belle à voir. Une excitation grandissante s’en dégageait à la venue des résultats référendaires. Par la suite, nous avons marché vers le Parlement écossais où se tenait un rassemblement de plusieurs centaines d’indépendantistes. Nous nous sommes ainsi retrouvés en pleine rue bondée où déambulaient bon nombre d’Écossais exprimant fièrement et bruyamment leurs convictions politiques. Portes et fenêtres d’appartements et automobiles affichaient également sans complexe leur allégeance à l’Écosse ou au Royaume-Uni. Le climat, très tendu et animé, était beau à voir ! Sur notre route vers le Parlement, nous avons d’ailleurs croisé des manifestants basques et catalans venus en grand nombre apporter leur soutien à la cause écossaise. Assemblés devant une église, les militants basques chantaient gaiement un hymne de leur nation, tandis que leurs confrères catalans avaient allumé plusieurs cierges aux couleurs des drapeaux catalan et écossais sur le parvis de la cathédrale. Fraternelle et chaleureuse, l’ambiance était belle à voir. Après êtres restés quelques minutes sur place afin d’observer ces deux manifestations conviviales, nous sommes arrivés au Parlement où se trouvait un magnifique rassemblement indépendantiste. Au son de la cornemuse et de chants écossais, nous avons pris part à cette manifestation solennelle des plus émouvantes. Un grand espoir se faisait ressentir chez les militants présents en grand nombre.

Touchés par cette magnifique mobilisation, nous nous sommes par la suite dirigés vers un pub écossais situé à proximité de notre hôtel, le Cairn Hotel. Sur notre route, nous avons croisé deux bureaux de vote où se tenaient, de part et d’autres, des militants du Yes et du  » No, thanks  » (dont le nom est d’ailleurs inspiré de la campagne référendaire du camp du non, « Non merci », de 1980). Les deux camps, plantés à l’entrée des bureaux, tentaient d’influencer les électeurs jusqu’à la dernière minute, se battant férocement pour chaque vote. L’animosité entre les deux partis étaient palpable et ce, en particulier aux deuxième bureau de vote que nous avons croisé. À ce bureau, un militant indépendantiste, piqué à vif par un militant du  » No, thanks  » qui lui avait auparavant lancé un commentaire désobligeant (que nous n’avons malheureusement pas entendu), lui a d’ailleurs furieusement crié :  » You just shut your fuckin’ mouth !  » Cette expression d’une haine profonde entre les deux camps allaient d’ailleurs être très annonciatrice des événements qui se sont produits à Glasgow au lendemain du référendum dans lesquels des partisans adverses se sont violemment affrontés (http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2014/09/20140920-062322.html#.VB1-yQjKhWw.facebook). Malgré cette tension considérable, nous avons tout de même pris le temps de discuter avec les militants du camp du non qui étaient sur place. Ceux-ci nous ont fait part des raisons les motivant à voter non, qui consistent principalement en un sentiment d’appartenance envers le Royaume-Uni ainsi qu’une peur d’une crise économique en Écosse.

Par la suite, après avoir assisté à cette démonstration d’agressivité entre les deux camps, nous sommes allés manger dans un pub où régnait une grande agitation dans l’attente des résultats référendaires. De nombreux Écossais étaient rivés aux télévisions du pub où la bière coulait d’ailleurs à flots. Puis, nous sommes rentrés à notre hôtel pour y trouver un peu de sommeil en attendant les résultats qui allaient alors être connus dans seulement quelques heures.

À la suite de ce repos bien mérité, nous nous sommes dirigés vers 4h du matin au Parlement alors que les résultats, en faveur du  » No, thanks  », commençaient à sortir sur les ondes de la BBC. Assemblés devant l’édifice, une centaine d’indépendantistes étaient toujours présents, encore pleins d’espoir malgré le fort pourcentage du camp du non. Toutefois, certains, exprimant leur colère en brisant bouteilles de vitre et autres objets, contribuaient à augmenter considérablement la tension entre manifestants et policiers. Malgré la présence de plusieurs médias venus recueillir la mauvaise humeur des indépendantistes, nous avons décidé de quitter la place en voyant la situation s’envenimer. Nous avons alors regagné l’hôtel où nous nous sommes rivés devant une télévision afin de suivre le décompte des votes.

C’est donc avec stupeur et déception que nous avons appris, vers 6h du matin, la victoire officielle camp du non à 55%. Dépités et complètement épuisés, nous avons quitté l’Écosse à 11h10, à peine quelques heures après l’annonce des résultats.

Lien vers l’album photo : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=1&l=3ecbb3cc84

L’avenir de l’Écosse à la suite de l’échec référendaire :

Malgré cette défaite par un mince pourcentage du camp du oui, le mouvement indépendantiste n’a toutefois pas adopté une attitude défaitiste. Déjà, deux jours après l’échec référendaire et l’annonce de la future démission du Premier Ministre Alex Salmond en novembre prochain, une nouvelle campagne indépendantiste citoyenne,  » The 45 Pourcent  », est lancée. De plus, dans nos discussions avec des militants du  » No, thanks  », nous avons appris que ceux-ci étaient quelque peu insatisfaits par la campagne de peur menée par le camp du non. La plupart des Écossais (et même les partisans du camp du non) sont d’ailleurs très ouverts à l’idée du  » Devo Max  » promis par le Premier Ministre du Royaume-Uni David Cameron. Il est donc certain que les Écossais exigeront davantage de pouvoir pour le Parlement écossais et veilleront à ce que les engagements promis par Londres soient respectés (comme l’a mentionné Alex Salmond dans son discours du 18 septembre dernier). Cette histoire est ainsi loin d’être finie et ce, surtout si l’Angleterre ne respecte pas ses promesses, comme ce fut d’ailleurs le cas à la suite du référendum de 1980 au Québec durant lequel Pierre Eliott Trudeau avait émis sa fameuse déclaration : « Un Non, c’est un Oui au changement. » À suivre …

– Nouvelle de la démission d’Alex Salmond : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2014/09/19/009-ecosse-alex-salmond-demission.shtml
– Nouvelle campagne indépendantiste,  » The 45 Pourcent  » : ttps://www.facebook.com/pages/The-45-percent/1561746757381815?fref=ts
– Discours d’Alex Salmond du 18 septembre dernier :https://www.youtube.com/watch?v=OAkZW7ofMks

Virginie Simoneau-Gilbert

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 9

VIRGINIE SIMONEAU-GILBERT, ÉTUDIANTE EN HISTOIRE ET CIVILISATION, SUR LA ROUTE DE L’AUTODÉTERMINATION DES PEUPLES.

Édimbourg

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Impressions de Berlin : Après le choc de l’affichage unilingue allemand, nous avons rapidement adopté Berlin. Son ambiance ne va pas sans rappeler l’atmosphère de Montréal, une ville cosmopolite, dynamique, vivante et artistique. Toutefois, il se dégage de la capitale allemande une certaine lourdeur due à son histoire contemporaine des plus macabres : Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, Mur de Berlin, etc. À la fois accueillante et austère, Berlin est donc une ville magnifique qui suscite à la fois émerveillement, fascination et perplexité.

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JOUR 8 : Édimbourg.

Tout d’abord, après une courte nuit, nous avons pris l’avion à 7h du matin pour nous envoler pour Londres, où nous avons eu une escale de quelques heures. C’est dans la capitale anglaise que nous avons subi un interrogatoire douanier des plus stressants.  » Why are you staying only two days in Scotland ?  »,  » Why are you going for the referendum ?  » , » Why were you in Berlin and Barcelona ?  » sont seulement quelques exemples des nombreuses questions qui nous ont été posées par une douanière, ma foi, extrêmement souriante. Nous avons eu vraiment peur, c’est le cas de le dire. La sécurité nationale, au Royaume-Uni, est une priorité et cette peur des attaques terroristes s’observe aisément dans l’aéroport de Heathrow où nous étions : sévère contrôle douanier, prise d’empreintes digitales, prise de photos à la sécurité, chiens de détection, etc. Après cette expérience pénible, nous nous sommes envolés pour Édimbourg à 11h50. Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant que Pierre Karl Péladeau ainsi que Julie Snyder étaient sur e même vol que nous ! Nous en avons donc profité pour discuter et arranger une rencontre en soirée avec eux. Finalement, nous sommes arrivés à Édimbourg vers 14h de l’après-midi sous un ciel nuageux et une température avoisinant les 13 degrés Celcius.

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Assis au deuxième étage d’un  » double decker bus  » (un bus à impériale) faisant la navette entre l’aéroport et le centre-ville d’Édimbourg, nous avons pu observer un peu de campagne écossaise, en plus de nous familiariser avec la ville. De nombreuses pancartes telles que  » Conduisez à gauche  » sont d’ailleurs mises à la disposition des touristes qui peuvent se sentir quelque peu dépaysés par le singulier code de la route du Royaume-Uni. Cette promenade en autobus nous a permis de découvrir les premiers monuments de cette ville tout simplement époustouflante. La capitale de l’Écosse a de quoi en impressionner plusieurs de par ses nombreux édifices ancestraux, ses châteaux et ses rues conviviales. Dès notre arrivée à Édimbourg, nous avons ressenti une grande émotion à la vue de cette ville grouillante d’activité en ce moment historique.

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Après notre arrivée au centre-ville de la capitale écossaise, nous avons un peu marché dans la ville afin d’y contempler, notamment, le Scott Monument érigé en l’honneur de l’écrivain écossais Sir Walter Scott. Nous nous sommes également familiarisés avec les traditionnels taxis noirs du Royaume-Uni, bombés, grands et confortables. C’est d’ailleurs en jasant avec le chauffeur de ce taxi que nous avons découvert toute la dureté de l’accent écossais qui nous est apparu, dès la première écoute, très difficile à comprendre. Toutefois, les habitants d’Édimbourg sont sympathiques, gentils et patients avec les touristes, heureusement pour nous.

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Par la suite, après avoir déplié bagages, nous nous sommes dirigés au coin de notre rue où se trouvait un kiosque du camp du Yes. À la veille du référendum, ceux-ci vendaient de nombreux macarons, autocollants et affiches pro-indépendance. Nous en avons donc profité pour discuter avec plusieurs militants qui étaient sur place. Nous leur avons d’ailleurs offert notre soutien pour le référendum qui se déroulera le 18 septembre, c’est-à-dire dans moins de 24 heures. Une profonde activité règne dans les rues d’Édimbourg à la veille du référendum tant attendu. C’est beau à voir !

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Après ces rencontres, nous nous sommes dirigés aux Meadows, immense parc situé à proximité de l’Université d’Édimbourg, où avait lieu une manifestation indépendantiste de quelques centaines de manifestants. Nous avons pris part à ce rassemblement munis de bannières et drapeaux du Québec afin d’exprimer notre soutien pour la cause écossaise et donner au Québec une visibilité internationale. Plusieurs militants indépendantistes, tels que le député Alexandre Cloutier (du Parti Québécois), la député Martine Ouellet (du Parti Québécois) ainsi que la délégation Québec-Monde, formée d’une trentaine de jeunes observateurs, y étaient présents. Plusieurs médias y étaient, tels que la Gazette, TVA Nouvelles … et même la télévision chinoise ! Tous les yeux du monde sont rivés sur l’Écosse à la veille du référendum ! L’excitation est à son comble !

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À la suite de cette manifestation, nous nous sommes dirigés vers le Balmorale Hotel où nous attendait nul autre que Pierre-Karl Péladeau qui nous a invités à prendre un whisky écossais en sa compagnie. Nous avons discuté avec lui, pendant une bonne heure, du futur économique du Québec, de la descente du Parti Québécois aux dernières élections, de la relation entre les jeunes et l’indépendance, etc. Ce fut une rencontre extrêmement intéressante et éclairante qui nous a permis d’en apprendre davantage sur cet homme d’affaires québécois.

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Finalement, nous nous sommes dirigés au Au Bar, un pub écossais, où se tenait une soirée pour les Québécois venus observer le référendum en Écosse. Après être restés seulement quelques minutes, nous sommes retournés à notre hôtel, épuisés. Quelle journée bien remplie !

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Plan du JOUR 9 :
Demain est le GRAND JOUR ! Nous aurons la chance d’assister au processus démocratique (déroulement et dépouillement du vote) dans les coulisses du référendum en compagnie d’un observateur international. Puis, nous participerons au grand rassemblement du Scottish National Party à l’occasion de la soirée référendaire. Nous sommes très, très fébriles !

Vidéo au kiosque du camp du Yes : https://www.facebook.com/video.php?v=10154511282795478&set=vb.770670477&type=2&theater

Photos de la manifestation pro-indépendance aux Meadows :https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1531038657108363.1073741840.1523700971175465&type=1

Lien vers l’album photo :https://www.facebook.com/virginie.simoneaugilbert/media_set?set=a.10205216994570228.1073741827.1406963457&type=3

Virginie Simoneau-Gilbert

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Sur la route de l’autodétermination des peuples – 8

Virginie Simoneau-Gilbert, étudiante en Histoire et civilisation, sur la route de l’autodétermination des peuples.

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Discussion avec un militant indépendantiste qui m’a passé son chapeau traditionnel écossais pour la photo, kiosque du camp du oui, Édimbourg, 17 septembre 2014.

Virginie Simoneau-Gilbert

 

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