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«La mission de la SÉAQ, depuis sa création, est de promouvoir l’humanisme classique et d’en montrer la pertinence dans le monde contemporain, ce qui est d’ailleurs reflété par sa devise, empruntée au poète latin Térence : » Humani nihil a me alienum « , c’est-à-dire, « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » (Heautontimorou-menos, 77). Concrètement, la SÉAQ encourage la recherche, l’innovation pédagogique et la publication dans les divers domaines de l’Antiquité grecque et romaine. Elle met aussi à la disposition de tous ses membres, selon ses possibilités, les ressources nécessaires à l’étude, à la promotion et à la défense des études anciennes.»
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Martha Nussbaum
Pierre Després – Pour le groupe Philosophie, éducation et société, Le Devoir 14/11/15
La philosophe américaine Martha Nussbaum souligne l’importance des humanités, tout en considérant l’éducation scientifique comme une alliée
Les 2 et 3 novembre derniers se déroulait à Boucherville un colloque international sur la main-d’oeuvre qualifiée. À cette occasion, M. Éric Tétrault, porte-parole de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, déclarait : « Il faut que notre système d’éducation au complet se mette au service de l’économie. » Si les entreprises veulent profiter des récentes ententes commerciales tels le Partenariat transpacifique et l’accord de libre-échange avec l’Europe, elles doivent être plus concurrentielles et la formation de la main-d’oeuvre est au coeur de l’équation, résumait Le Devoir du 3 novembre.
Le cri d’alarme de M. Tétrault rappelle celui des gens d’affaires des années 1960 qui se plaignaient de la formation déficiente de la main-d’oeuvre québécoise. Le gouvernement libéral de Jean Lesage avait répondu à cette demande en créant notamment une commission d’enquête sur l’éducation, qui aboutit au rapport Parent. Les commissaires y soutenaient qu’il fallait donner aux futurs techniciens et aux futurs étudiants universitaires la même formation générale humaniste, c’est-à-dire orientée vers le développement intégral de la personne et accordant une large place aux humanités, soit entre autres à la littérature et à la philosophie. Dans leur esprit, cette formation générale permettrait de former à la fois des citoyens éclairés et des travailleurs compétents ; elle fournirait notamment aux travailleurs l’autonomie et la polyvalence qui les rendraient aptes à s’adapter au monde du travail. S’ensuivit alors la création des cégeps, une institution d’enseignement propre au Québec.
Aujourd’hui, les cégeps dispensent chaque année à plus de 175 000 jeunes une formation générale (français, anglais, philosophie, éducation physique et deux cours complémentaires) qui représente environ 40 % de leur formation. Mais malgré le succès de la formule collégiale, cette formation générale apparaît dépassée aux yeux de certains. Les rapports du Conseil supérieur de l’éducation entonnent ce refrain depuis des années. Récemment, un rapport ministériel, le rapport Demers (2014), recommandait une meilleure adaptation de la formation générale des cégépiens aux exigences actuelles de l’économie.
Dans le contexte d’une mondialisation accélérée de l’économie et d’économies nationales qui éprouvent parfois de sérieuses difficultés, les inquiétudes du représentant des Manufacturiers et Exportateurs du Québec et de diverses instances ne sont probablement pas dénuées de fondement, mais que faut-il au juste adapter ? De quelle forme d’éducation nos jeunes ont-ils besoin ? Faut-il ou non maintenir une formation générale commune à tous les cégépiens ? Cette formation doit-elle demeurer de type humaniste ?
La réflexion de Martha Nussbaum
Une philosophe américaine, Martha Nussbaum, a longuement réfléchi à ces questions. Une vaste enquête effectuée dans plus de 100 collèges américains (Cultivating Humanity, a Classical Defense of Reform in Liberal Education, Harvard University Press, 1997) l’a amenée à conclure qu’une formation humaniste de la jeunesse était indispensable au développement même de la démocratie américaine.
Elle a par la suite exposé sa position dans un ouvrage qui plaide pour le maintien des humanités (arts, philosophie et littérature) dans la formation des citoyens : Not for Profit : Why Democracy Needs the Humanities, Princeton University Press, 2010 (Les émotions démocratiques, comment former le citoyen du XXIe siècle ?, Climats, 2011).
La philosophe n’y oppose pas les humanités aux sciences et aux sciences sociales ; elle considère au contraire ces dernières comme essentielles. Lorsqu’elles sont pratiquées sous leur meilleur jour, dit-elle, ces disciplines sont imprégnées de « l’esprit des humanités », ce qui comprend « la pensée critique, une imagination audacieuse, une compréhension empathique des expériences humaines dans toute leur diversité, et une compréhension de la complexité du monde dans lequel nous vivons ».
L’éducation scientifique, insiste-t-elle, est une alliée des humanités, car elle se concentre sur le développement de la pensée critique, de l’analyse logique et de l’imagination. Les sciences et les sciences sociales, même si elles perdent parfois du terrain, dit-elle, ne sont généralement pas remises en question dans les démocraties. Par contre, la philosophie, la littérature et les arts, eux, font partout l’objet d’amputations sévères, du primaire à l’université. Ce faisant, considère Nussbaum, les États se privent d’atouts indispensables à la survie des démocraties. Nous traversons actuellement, soutient-elle, « une crise mondiale de l’éducation ».
Nous vivons, évalue la philosophe, dans une époque d’angoisse : angoisse religieuse, angoisse économique, angoisse environnementale. Des enjeux complexes traversent nos sociétés contemporaines et les défis qui se posent nous paraissent parfois insurmontables ; un pluralisme d’opinions et de visions du monde, religieuses ou séculières, prévaut dorénavant. Dans un tel contexte, comment répondre aux défis de façon créative ? Comment garantir les droits de tous, y compris des minorités ? Comment créer les conditions — économiques et sociales — pour que ces droits puissent s’exercer réellement et que chacun puisse s’accomplir librement ? Comment favoriser une stabilité démocratique et une croissance économique qui seraient profitables à tous ?
Pour Martha Nussbaum, les capacités que permet de développer l’enseignement des humanités font partie de la solution : nommons entre autres les capacités de raisonner adéquatement, de porter un jugement critique sur les décideurs politiques, de penser au bien du pays, de voir son propre pays comme une fraction d’un ordre mondial complexe. Tout aussi importante : la capacité d’être sensible à la situation des autres, c’est-à-dire « la capacité à imaginer l’effet que cela fait d’être à la place d’un autre, à interpréter intelligemment l’histoire de cette personne, à comprendre les émotions, les souhaits et les désirs qu’elle peut avoir ». Cette dernière capacité, Nussbaum l’appelle« l’imagination narrative ». La danse, la musique, la poésie, la littérature, les arts, le jeu sont tous des pratiques qui permettent de cultiver cette disposition capitale. Mais ce sont de telles disciplines, tout comme la philosophie, que plusieurs dirigeants considèrent comme futiles et qu’il faudrait, selon eux, abolir (ou qu’ils ont déjà abolies !).
Et au Québec ?
Les capacités mises de l’avant par la philosophe américaine rappellent en partie celles inscrites dans la formation collégiale des jeunes au Québec. La première visée du profil de la formation générale insiste par exemple sur l’importance de former la personne à vivre en société de façon responsable. À la fin de ses études collégiales, le cégépien devrait faire preuve d’autonomie et de créativité, d’une pensée rationnelle, critique et éthique et il devrait être en mesure d’assumer ses responsabilités sociales.
Dans un ouvrage paru en mai dernier, L’enseignement de la philosophie au cégep. Histoire et débats (PUL, 2015), nous avons soutenu la nécessité de sauvegarder l’héritage humaniste de la formation générale collégiale mise en place dans la foulée du rapport Parent. Un humanisme renouvelé qui doit toutefois prendre acte de l’évolution qu’a connue notre société depuis la Révolution tranquille. La philosophie et la littérature demeurent des outils éducatifs de premier plan pour former les futurs citoyens, mais pour ce faire, elles doivent s’enraciner dans une culture publique commune et manifester constamment leur pertinence.
Nussbaum, rappelons-le, prône l’enseignement des humanités du primaire à l’université. Au Québec, l’enseignement de la philosophie pourrait favoriser une meilleure cohérence entre certains programmes de l’enseignement primaire et secondaire, d’une part, et la formation générale collégiale, d’autre part. Le développement de la réflexion éthique et politique, de même que la pratique du dialogue (comme promus par exemple dans le programme Éthique et culture religieuse enseigné au primaire et au secondaire) nous apparaissent essentiels dans ce contexte. La philosophie peut ainsi contribuer à développer l’une des libertés essentielles que met de l’avant Martha Nussbaum dans un autre de ses ouvrages (paru en français sous le titre Capabilités. Comment créer les conditions d’un monde plus juste, Climats, 2012), libertés indispensables au développement d’un monde plus juste : être capable d’utiliser ses sens, d’imaginer, de penser, de raisonner et de faire tout cela d’une manière « vraiment humaine », une manière informée et cultivée par une éducation adéquate (y compris, mais pas seulement, une éducation de base en humanités, mathématiques et sciences).
Pour certains dirigeants, ce sont d’abord et avant tout, sur le plan de l’éducation, des qualifications technologiques poussées qui permettront aux sociétés d’accroître leur productivité et leur compétitivité. Nussbaum démontre qu’une telle orientation de l’éducation, une vision utilitariste axée uniquement sur la recherche du profit, ne peut avoir que des effets néfastes sur tous les plans. Certes, au Québec, des changements peuvent être nécessaires dans le système d’éducation, que ce soit dans la formation professionnelle donnée au secondaire ou dans les secteurs professionnels ou préuniversitaire du collégial. Mais sabrer les humanités ne ferait qu’appauvrir — dans tous les sens — la société. Car la pensée critique, l’imagination et la créativité sont indispensables à des démocraties vivantes et dynamiques.
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D’après le roman graphique de Frans Masereel L’idée (1920), ce film d’animation de Berthold Bartosch daté de 1932 propose une réflexion sur l’idéalisme comme puissance de transformation du réel.
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« L’animal ouvre devant moi une profondeur qui m’attire et m’est familière. Cette profondeur, en un sens, je la connais ; c’est la mienne. Elle est aussi ce qui m’est le plus lointainement dérobé. (…) Je ne sais quoi de doux, de secret, de douloureux, prolonge dans ces ténèbres animales, l’intimité de la lueur qui veille en nous. »
Georges Bataille, Théorie de la religion, Paris 1973, Gallimard, coll. Tel, pp. 30-31
Source: resourcemagonline.com
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« Nous ne sommes pas des comptables »
– Saint-Denys Garneau
Nous ne sommes pas des comptables, nous comptons autrement, nous croyons que ce qui ne se compte pas est ce qui compte le plus.
Nous croyons qu’il vaut mieux investir dans l’éducation que dans les jeux, dans une génération d’élèves plutôt que dans une équipe de hockey professionnel, dans la formation générale d’êtres humains responsables d’eux-mêmes et de la communauté plutôt que dans la formation d’une main-d’oeuvre soumise aux caprices du marché, car la seule dette que nous ne pourrons rembourser est un déficit de pensée et de conscience.
Nous croyons que l’école, du primaire à l’université, n’appartient ni à l’État, ni à l’industrie, ni aux administrateurs, ni aux parents, que c’est avant tout un lieu d’échanges entre professeurs et élèves, les professeurs enseignant aux élèves ce qu’ils ont appris des siècles précédents, les élèves obligeant les professeurs à se tourner vers l’avenir, et non un laboratoire où les professeurs feraient de la recherche en oubliant d’enseigner, ou un atelier où les élèves acquerraient des compétences en oubliant d’apprendre.
Appartenir à la terre
Nous croyons qu’on ne peut liquider le passé sans en payer le prix, que l’avenir et ce pays, que l’avenir de ce pays, passent par la reconnaissance des cultures autochtone et paysanne dont nous sommes issus et que nous avons voulu éliminer, car elles détiennent les secrets de notre survie, à savoir que la terre ne nous appartient pas mais que nous appartenons à la terre, que nul ne peut se sauver seul, le tout n’étant jamais la somme des parties mais la relation vivante et harmonieuse entre celles-ci.
Nous croyons qu’une ressource qui n’est pas exploitée n’est pas perdue, qu’une rivière qui n’est pas détournée d’elle-même coulera plus librement dans notre regard, qu’un sol qui n’est pas miné nous portera plus sûrement, qu’une forêt qui n’est pas pillée nous fournira plus longtemps en bois et en rêves.
Nous croyons que le travail productif, quantifiable, monnayable sera de plus en plus rare, qu’il faudra donc reconnaître et développer toute autre forme de travail qui consiste à créer de la vie et à en prendre soin.
Nous croyons que tous les laissés-pour-compte, tous ceux et celles que les lois du marché, l’histoire des peuples ou l’héritage familial ont relégués dans la marge, ont droit au respect et à des conditions de vie qui leur permettent de contribuer à l’oeuvre commune, ne serait-ce qu’en prenant soin d’eux-mêmes et de leurs semblables.
Nous croyons que la santé est un bien public, que dans une société malade nul ne peut se croire à l’abri de l’isolement qui, tôt ou tard, affecte le corps et l’esprit.
Nous croyons que la culture de consommation et du profit est l’asservissement (volontaire) du plus grand nombre au profit d’une minorité, le plus sûr chemin vers l’appauvrissement matériel et spirituel, et qu’il faut apprendre à compter autrement : moins de biens et plus de contraintes égalent plus de liberté.
Nous croyons que si l’argent est le nerf de la guerre, l’autorité morale est le sang de la démocratie, que seuls des citoyens moraux pourront se donner des dirigeants moraux, c’est-à-dire des êtres qui placent le bien commun, le souci des autres au-dessus de leurs propres intérêts ; nous croyons que dès qu’un parti politique fait de l’économie son cheval de bataille, il y a de fortes chances que ce parti ait déjà remplacé l’autorité morale par l’argent, ait confondu la guerre et la démocratie.
Nous croyons que le Québec peut devenir un pays juste, différent et solidaire s’il résiste aux slogans, aux mots creux derrière lesquels se cachent tous les comptables qui prétendent nous sortir de la crise économique et sociale qu’ils ont créée et qui les sert bien ; nous croyons que chaque fois que nous entendons les mots « excellence », « compétitivité » « croissance continue », « état de droit », « mondialisation », « équilibre budgétaire », « majorité silencieuse », il faut se boucher les oreilles ou, mieux, se demander : qui parle ainsi et pour qui ? Qui nous invite à sabrer les programmes sociaux, à travailler plus, à fournir notre « juste part » ? Pour qui travaillent tous ceux qui affirment que l’État doit se soumettre aux cotes de crédit, aux lois du marché, à la rationalisation de la production ?
Cultiver sa différence
Nous croyons que la chance du Québec, qu’on accuse toujours d’être endetté ou en retard sur ceci ou sur cela pour mieux le vendre en lui imposant des politiques économiques et culturelles de rattrapage (cours intensifs d’anglais au primaire, cours d’entrepreneuriat au secondaire, forages aveugles ici et là, ports pétroliers, etc.), c’est d’assumer et de cultiver sa différence ; nous croyons, comme l’écrivait Pierre Vadeboncoeur, « que si ce peuple vient à réussir, il restera d’abord un témoin de l’inassimilation et persistera à ne pas faire les choses comme les autres, à les faire plus mal ou mieux que d’autres », que « l’avenir lui apparaît encore, singulière et naïve originalité, originalité féconde, comme le champ des possibles ».
Nous croyons que le Québec peut exister et croître s’il continue de défendre la langue française et de se nourrir des autres cultures, s’il fait de son territoire, de sa langue et de son héritage une terre d’accueil pour tous les gens, y compris les gens simples et humiliés, épris de liberté et de justice ; nous croyons que le Québec peut devenir un pays pour tous ceux et celles qui n’ont plus de pays ou qui étouffent dans le leur, pour ceux et celles qui croient qu’un monde nouveau est possible, ici, entre gens de bonne volonté.
Nous ne sommes pas des comptables, nous comptons autrement. Nous sommes riches de ce que nous partageons et de ce qui nous manque, nous croyons à une éducation qui institue le libre-échange du temps et de la parole, du temps qui devient parole lorsqu’il n’est plus de l’argent, de la parole qui devient du temps lorsqu’elle se met à écouter.
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La dopamine, la grande responsable de l’euphorie du coureur et de la passion de certains enfants pour les jeux vidéo
Autant la dépendance aux jeux vidéo que celles au sexe, aux drogues, à l’alcool, au tabac, au poker, à la course à pied, voire au travail impliquent une hyperactivité du circuit de la récompense, un réseau de fibres nerveuses situé dans le cerveau qui a pour but de générer la motivation nécessaire à la réalisation d’actions ou de comportements destinés à assurer la survie de l’individu, et plus largement de l’espèce. « La nature a mis en place un système qui fait que si vous trouvez une récompense, cela provoquera une sensation de plaisir et vous activera au niveau locomoteur pour aller la prendre. Les gens dont le système de récompense est dysfonctionnel sont très handicapés et souvent dépressifs. Nous avons tous besoin d’un système de récompense fonctionnel », souligne M. El-Mestikawy, qui donne en exemple un mammifère ou un chasseur-cueilleur qui rencontre une proie ou un champignon dans la forêt où il se promène.
« Si ces deux organismes n’étaient pas dotés d’un système de récompense qui les pousse à sauter sur la proie ou à ramasser le champignon, ils continueraient leur chemin en remettant cette démarche à plus tard. »
Le circuit de la récompense comprend plusieurs structures, dont l’aire tegmentale ventrale (ATV), qui s’active lorsqu’elle reçoit du cortex sensoriel le signal qu’une récompense a été détectée. L’ATV libère alors de la dopamine dans le noyau accumbens, qui intervient dans l’activation motrice, dans l’amygdale, qui donne une coloration affective à la récompense, et dans le cortex préfrontal, qui joue un rôle dans les processus d’attention et de motivation. « Quand nous gagnons au loto, que nous trouvons un billet de 100 $ par terre, ou que nous apercevons notre fiancé, une bonne dose de dopamine est relâchée dans notre système de récompense, et c’est ce qui nous donne cette sensation d’excitation lorsque nous recevons une récompense », explique M. Mestikawy, dont l’équipe a mis au jour un nouveau chaînon du circuit de la récompense, soit une population d’interneurones cholinergiques situés dans le noyau accumbens.
Interneurones stratégiques
« Contrairement aux autres neurones, ces interneurones utilisent deux neurotransmetteurs — messagers chimiques — au lieu d’un seul, ce sont des neurones bilingues. Ils utilisent l’acétylcholine comme un accélérateur pour activer la sensation de récompense, et le glutamate, comme frein pour l’inhiber. L’un augmente la libération de dopamine, tandis que l’autre la diminue », précise le neuroscientifique qui est également directeur de recherche au CNRS INSERM à Paris.
Les chercheurs ont d’abord confirmé le rôle stratégique de ces interneurones chez des souris ayant subi une modification génétique qui rendait leurs interneurones incapables de libérer le glutamate. En effet, lorsque ces souris avaient la possibilité de s’auto-injecter une dose de cocaïne, elles augmentaient leur consommation de cocaïne beaucoup plus que ne le faisaient les souris sauvages normales servant de contrôles, relate le neuroscientifique. Le circuit de la récompense de ces souris dépourvues du « frein glutaminergique » était beaucoup plus réactif et était inondé par une libération accrue de dopamine, explique-t-il.
À la suite de cette découverte chez la souris, le neuroscientifique a voulu savoir si les humains souffrant de dépendance étaient porteurs d’une mutation sur le gène responsable de la production de glutamate par les interneurones cholinergiques du noyau accumbens. Pour vérifier cette hypothèse, il a sollicité la collaboration de chercheurs en génétique et en psychiatrie qui ont séquencé le génome de 230 toxicomanes et de 213 personnes normales sans antécédent psychiatrique. Ce séquençage a révélé une seule mutation parmi les 213 génomes servant de contrôle — soit une fréquence de mutation d’environ 0,5 % — et une douzaine dans les génomes des 230 consommateurs de cocaïne ou de méthadone — soit une fréquence de mutation de 5 %, qui s’avère dix fois plus élevée que celle observée dans la population normale. « Cela veut donc dire que les personnes qui sont porteuses d’une mutation sur ce gène sont prédisposées à développer une dépendance, et ce, autant à la drogue, au sexe, au jeu, qu’à quelque chose de positif, comme le sport, les maths et la danse classique. En d’autres termes, cela signifie que si une telle personne goûte aux drogues, aux jeux, au sexe, ou à l’alcool, elle risque probablement de sombrer dans une dépendance catastrophique », souligne M. El-Mestikawy qui fait aussi remarquer que « comme cette mutation n’est présente que chez 5 % des personnes victimes d’une dépendance, cela signifie probablement qu’il y a plusieurs autres gènes intervenant dans le circuit de la récompense qui peuvent être altérés ».
En plus d’avoir épinglé un gène de vulnérabilité à la dépendance, Salah El-Mestikawy, qui cosigne un article relatant ces résultats dans la revue Molecular Psychiatry, croit que cette découverte pourrait aussi mener à la mise au point d’une thérapie efficace.« Une substance qui ciblerait et activerait les récepteurs sur lesquels le glutamate va agir normalement constituerait probablement un bon traitement contre la dépendance », indique-t-il.
Mais le chercheur insiste surtout sur l’importance de dépister les jeunes qui sont génétiquement à risque, et dont le circuit de la récompense est hyperréactif, le plus tôt possible afin d’intervenir avant qu’ils ne touchent aux drogues et aux jeux. « Un système de la récompense hyperréactif est un danger, mais aussi un potentiel », souligne-t-il toutefois avant de préciser que les souris génétiquement modifiées — sans glutamate — n’avaient pas que des problèmes de dépendance. « Elles étaient également extrêmement anxieuses. Mais, ce qui nous a surtout surpris, c’est qu’elles étaient plus intelligentes, elles réussissaient beaucoup mieux que les souris normales tous les tests qu’on leur faisait passer. Ce qui veut dire que quand il est muté, ce gène vient avec des inconvénients : la personne est plus anxieuse et son système de la récompense est beaucoup trop explosif, mais par contre, elle est plus perspicace. Cet ensemble donne des gens qui sont très focalisés. Il y a donc un petit message d’espoir dans tout cela : la dépendance, il faut apprendre à s’en servir et à la canaliser dans une bonne direction. » D’où l’importance d’identifier les individus à risque vers 10 à 12 ans, afin de les prévenir qu’ils « sont en danger, mais qu’en même temps, ils ont une chance », qu’ils ont « une grenade dans leur poche et qu’ils ne doivent pas la dégoupiller n’importe comment. Et que s’ils se mettent à faire de la danse, du sport, du violon ou des maths, ils seront beaucoup plus contents que leurs camarades quand ils auront de bons résultats, et leur plus grande motivation leur permettra d’exceller dans leur discipline ».
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Au nord de l’Angleterre, parmi la machinerie lourde et les déversements chimiques, de grosses vagues à surfer pendant l’hiver: « A working class hero is something to be »…
<p><a href= »https://vimeo.com/129868229″>Through Clouds and Water</a> from <a href= »https://vimeo.com/acommonfuture »>A Common Future</a> on <a href= »https://vimeo.com »>Vimeo</a>.</p>BLx

Entretien avec Philippe Sollers Pileface.com 30/06/11
« (…) Une autre actualité de Nietzsche m’intéresse. C’est quand il énonce, dans la foulée de « la mort de Dieu », que, désormais, ça va être « plèbe en haut et plèbe en bas ».
Autrement dit, nous avons perdu le sens d’une hiérarchie des valeurs, du goût, des pensées, tout ce qui définit l’ensemble d’une civilisation. Il se demande : « Qu’est-ce qui est encore noble ? » Ce qu’il appelle l’aristocratie a disparu. Bien entendu, il ne s’agit pas d’une noblesse de privilège, tombée avec la Révolution, il ne s’agit pas non plus d’admirer les mariages princiers ou d’applaudir la « peopolisation » à outrance, qui sont la vulgarité même, de gros spectacles plébéiens, voracement avalés par la foule. Voyez la grande cérémonie à Londres pour le mariage de ce prince. Plèbe en bas, dans la foule, devant les écrans, plèbe en haut, où les people se battent pour être assis près de la reine d’Angleterre. Qu’est-ce qui est noble ? Ce n’est donc pas une noblesse de privilège ou de nouveaux riches, de stars, mais la noblesse d’esprit, la nouvelle déclaration des droits de la noblesse d’esprit, des esprits libres libérés de « l’instinct de troupeau ». Et où la trouve-t-il ? Chez les Grecs bien sûr. Mais aussi dans l’esprit français, les Lumières françaises. Il admire Voltaire, à qui il dédie Humain, trop humain, Voltaire qui a pour lui la qualité du Grec antique, la vitesse d’esprit, le goût pour le style, l’intérêt pour la langue mais aussi l’humour, l’insolence française et ce refus de l’abêtissement religieux… » Toute l’entrevue ici.
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