Archives de Catégorie: Histoire

Le paléoindien et l’archaïque ancien

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Découverte archéologique surprenante en Estrie

Pauline Gravel, Le Devoir 4/07/14

À East Angus en Estrie, des archéologues viennent d’exhumer sur les rives de la rivière Saint-François unmillier d’artefacts datant vraisemblablement de 8500 à 9500 ans, qui auraient été fabriqués par des descendants des premiers humains à avoir peuplé l’Amérique.

Éric Graillon, aujourd’hui archéologue au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, avait repéré le site en 1998 lors de sondages de prospection. Il y avait alors découvert des artefacts à une profondeur de 40 à 65 cm, alors que la plupart des vestiges retrouvés ailleurs en Estrie se situaient dans les 30 premiers centimètres de sol. De plus, les objets découverts avaient été sculptés dans une pierre absente dans la région, une rhyolite provenant du nord du New Hampshire et du Maine. Ces deux observations ont alors convaincu les archéologues que ces artefacts étaient fort probablement très anciens.

« On sait que des objets qui ont été abandonnés par des groupes humains ont pu s’enfoncer encore plus profondément sous l’action du gel et dégel ainsi que des animaux fouisseurs et des racines des arbres », explique le professeur Claude Chapdelaine, du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, qui a dirigé les fouilles à East Angus. « Dans 98 % des sites québécois, les objets se sont enfoncés ainsi de 30 cm. Mais il n’y a qu’un seul moment où les objets ont bougé de 60 à 80 cm, c’est à la fin de l’âge glaciaire. »

De 2002 à 2012, Claude Chapdelaine a fait des fouilles dans la région de Mégantic sur le site Cliche-Rancourt vieux de 12 500 ans qui est le seul site au Québec de la période du paléoindien ancien et qui renferme les traces des premiers humains à occuper le Québec.
Les Paléoindiens sont arrivés en Amérique en traversant le détroit de Béring, il y a 13 500 ans. Ils se sont d’abord installés dans les grandes plaines de l’Ouest américain, où ils ont inventé la pointe de projectile à cannelures, propre à la culture Clovis. Puis, de là, ils ont propagé cette culture à travers toute l’Amérique en migrant vers l’est.
« Les groupes paléoindiens anciens sont arrivés au sud de notre région il y a 12 800 ans. À cette époque, ils ne pouvaient pas pénétrer au Québec car celui-ci était couvert par la mer de Champlain et le glacier au nord. Mais il y a 12 600 ans, ils ont remonté la rivière Kennebec et l’un de ses petits affluents, la rivière Dead, qui les a menés sur le col de montagne le plus bas de la région. Et c’est ainsi qu’ils ont atteint le site Cliche-Rancourt près de Mégantic », raconte M. Chapdelaine.

L’archaïque ancien

 Aucune pointe à cannelures n’a été trouvée à East Angus à ce jour. Les objets qu’on y a recueillis sont surtout des grattoirs pour travailler les peaux et d’autres matériaux, dont plusieurs sont en rhyolite provenant du nord du Maine et du New Hampshire. Avec le quartz local, les hommes de l’époque ont fait des grattoirs, des racloirs et des couteaux spontanés servant à gratter, couper, scier. On a aussi exhumé « des éclats utilisés et des nucléus » (ces noyaux de roche dure dont on extrayait des éclats, des lames). « Pour avoir une réponse claire et nette [de l’âge de ce site], il nous manque toujours des pointes de projectile à cannelures. Mais il reste encore une bonne partie du site à fouiller », dit avec espoir M. Chapdelaine.

L’équipe de cinq archéologues qui a fouillé sur le site d’East Angus pendant deux semaines a sorti du sol plus de 1000 fragments issus de ce travail de taille. « Ce genre de découverte est assez caractéristique des sites anciens des chasseurs, pêcheurs, cueilleurs », souligne le chercheur.

Au milieu de ces fragments, les archéologues ont également retrouvé des charbons de bois et des pierres chauffées ayant été rougies et éclatées par le feu, qui proviennent vraisemblablement d’un ancien foyer. M. Chapdelaine prévoit d’envoyer certains de ces charbons de bois en Floride pour qu’ils soient datés au carbone 14, ce qui permettrait de confirmer ou d’infirmer son hypothèse. Et au laboratoire du géologue Michel Lamothe de l’UQAM, on déterminera depuis combien de temps les pierres chauffées n’avaient pas été exposées au soleil par la technique de luminescence optique.

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Claude Chapdelaine estime que les traces d’activité humaine découvertes sur le terrain de la papeterie Cascades à East Angus remontent à l’archaïque ancien, la période ayant succédé au paléoindien. « Il s’agirait du premier site de l’archaïque ancien en Estrie », dit-il.

Les humains qui l’ont habité provenaient probablement du sud, croit M. Chapdelaine. « Il s’agissait de montagnards venant du nord du Maine, du Vermont et du New Hampshire, et qui continuaient d’entretenir des relations avec des groupes de ces régions du sud, comme le montrent les objets en rhyolite provenant du nord du Maine et du nord du New Hampshire qui ont été découverts à East Angus, mais aussi à Cliche-Rancourt. »

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Les historiens ont-ils les idées courtes ?

Nikolaos Gysis, Allégorie de l'histoire (1892)

Nikolaos Gysis, Allégorie de l’histoire (1892)

Entretien avec David Armitage

par Nicolas Delalande & traduit par Kate McNaughton
L’hyperspécialisation des études historiques n’est pas une fatalité. Pour David Armitage, professeur à Harvard, il est urgent que l’histoire intellectuelle retrouve le sens et le goût de la longue durée. Sous peine de voir les approches naturalistes dominer ce que l’on nomme maintenant la big history.
David Armitage, né en 1965, est un historien britannique, spécialiste d’histoire intellectuelle, internationale et impériale. Professeur à Harvard depuis 2004, il y occupe la chaire Lloyd C. Blankfein. Son premier livre, paru en 2000, portait sur l’histoire intellectuelle de l’impérialisme britannique à l’époque moderne (The Ideological Origins of British Empire, Cambridge University Press). Depuis 2007 et la publication d’un livre consacré à l’histoire globale de la déclaration d’Indépendance américaine (The Declaration of Independence : a Global History, Harvard University Press), il s’efforce, seul ou en collaboration, de promouvoir un élargissement spatio-temporel des cadres habituels de l’histoire intellectuelle. Il a ainsi codirigé, chez Palgrave MacMillan, deux volumes portant sur l’histoire globale des révolutions de la fin du XVIIIe siècle (The Age of Revolutions in Global Context, 2010, en codirection avec Sanjay Subrahmanyam) et sur l’histoire pacifique (Pacific Histories. Ocean, Land, People, en codirection avec Alison Bashford, 2014). Il a également exploré la dimension internationale de la pensée politique d’auteurs classiques comme Locke, Hobbes ou Bentham (Foundations of Modern Intellectual Thought, Cambridge University Press, 2012).Plus récemment, David Armitage plaide en faveur d’une prise en compte renouvelée de la longue durée dans les travaux historiques, en particulier en histoire intellectuelle. Sa réflexion part du constat que si l’on dispose de plus en plus de recherches spécialisées sur des régions ou des périodes circonscrites, l’histoire peine à apporter des réponses aux grandes questions de notre temps. À l’heure où se multiplient, aux États-Unis, les appels à promouvoir la big ou la deep history, Armitage s’inquiète du possible déphasage entre une histoire environnementale, biologique ou génétique, à même de couvrir plusieurs siècles ou millénaires d’histoire, et les approches beaucoup plus micro et réduites dans le temps de l’histoire politique, sociale ou intellectuelle. Ouvrir les horizons chronologiques serait aussi une condition pour resserrer les liens, distendus, entre les historiens et leur lectorat.Ces idées, qu’Armitage a exposées dans un article publié dans la revue History of European Ideas et dans un article à paraître en français dans les Annales. Histoire, Sciences Sociales, sont discutées dans ce bref entretien réalisé à Paris en mai 2014. L’historien répond notamment aux interrogations que son projet soulève sur la possibilité de conjuguer longue durée et prise en compte des expériences, des émotions et des représentations portées par les acteurs historiques, ou bien encore sur les écueils à éviter pour ne pas ressusciter une histoire des idées fortement décontextualisée.

Pour faire apparaître le sous-titrage français, cliquer sur le bouton « cc » en haut à droite de la vidéo, une fois celle-ci lancée:

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Proust répond au « Questionnaire de Proust »

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Le questionnaire auquel Proust, encore adolescent, répondit en 1890 et qui finit par être nommé d’après lui.

Source: Open Culture

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Hikkomori et Otaku

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La culture ludique japonaise a été énormément popularisée dans les années 80. La jeunesse occidentale est éprise d’un nouvel univers. Il s’agit du manga/anime, les adeptes se souviennent encore du premier épisode de la série très connu, Pokémon, qui a propulsé ce monde sur les écrans de télévision. À présent l’industrie du manga est un pilier de la culture et de l’économie japonaise. Les produits sont multiples, de la littérature manga, à l’adaptation télévisée, à la mise en production d’un jeu-vidéo, pour enfin être transformé en jeu de carte. L’inspiration des artistes est vaste, ils puisent dans; l’histoire du japon féodal, la philosophie occidentale, la culture punk et steampunk[1], les religions, l’univers arthurien, le schoolife japonais, bref, les sources sont infinies. Un univers ludique aussi riche en concepts ne peut que créer une nouvelle classe de consommateur.

Un terme très spécifique a été inventé pour définir ce phénomène : Otaku. Il décrit toutes personnes ayant liée leur mode de vie à la consommation de ce hobby. Otaku veut initialement dire : votre maison. Le mot est composé de la préposition honorifique « o » et du substantif « taku » signifiant « chez-soi ». À présent, le terme Otaku a pris une toute nouvelle ampleur. Au Japon, on désigne comme Otaku tous ceux qui se cloisonnent dans leur demeure pour vivre leur passion. En Occident, ce serait l’équivalent du « nerd ». Mais il y a, pour autant, différents degrés d’Otaku, en Amérique et en Europe, le terme est employé pour désigner des amateurs du genre. Or, au Japon, le degré est plus élevé et lorsqu’il prend un niveau disproportionné, on emploie l’expression Hikkomori qui est une pathologie psychosociale et familiale. Ce trouble psychologique touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Ces personnes vivent coupées du monde extérieur et ne se sentent à l’aise que dans une pièce. Ils définissent le monde en deux concepts, le 3D qui est la vie réelle et le 2D qui est l’univers du manga/anime, du jeu-vidéo et de l’internet. À leurs yeux, l’univers du 2D prime. Ces personnes ne sont ni autistes, ni grabataires où arriérées, elles ne se sentent juste pas à l’aise pour socialiser et voient dans le 2D un idéal où ils se sentent maître de leur monde.

Les sociologues révèlent que ce phénomène est la pression sociale du pays où les jeunes sont constamment en compétition académique et où le moindre échec scolaire est synonyme d’un échec de vie. En 2011, on comptait au Japon près de 230 000 Hikkomoris. Ce chiffre est à la hausse puisqu’en 2013 les statistiques démontrent que plus de 260 000 jeunes se considèrent comme tel, plus de 70% sont des mâles.

NeetL’anime Welcome to NHK représente fidèlement l’environnement d’un Hikkomori

Certains mangakas[2] ont même exploité ce phénomène dans leurs scénarios, Welcome to NHK est considéré comme la meilleure œuvre traitant du sujet. L’histoire raconte la vie d’un étudiant studieux pouvant être accepté dans les meilleures universités du Japon, mais la perte de son amoureuse l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sa petite amie étant son seul contact social, le protagoniste ne sait plus comment terminer son parcours scolaire. Il abandonne l’école et se réfugie dans un logement. L’auteur ironise avec brio sur la situation du déchu de la société, le personnage prend plaisir à jouer à des Dating Sims ce qui consiste à forger des liens amoureux avec des filles virtuelles.

Ce problème est très tabou au Japon, où les parents des enfants touchés par ce trouble, cachent avec honte ce genre de situation familiale. Ce n’est que très récemment que les psychologues et psychanalystes se sont attardés à ce fléau social. Quelques traitements ont été mis de l’avant pour offrir un soutien psychologique aux jeunes, mais aussi aux parents. La première action des thérapeutes est, avant tout, de sensibiliser les parents et de les rassurer puisque l’attitude des parents envers l’enfant a un impact direct sur sa psychologie. Des traitements médicamenteux sont aussi disponibles, très souvent à effet placebo. Malgré tout, les Hikkomoris et les parents déplorent le manque d’aide et de soutien qui sont très souvent laissés à eux-mêmes.

Mohamed Redha Meddad

 

[1] Dérivée de la culture punk, le steampunk s’inspire de la Révolution industrielle. Il emploie la technologie de la vapeur et les croquis de Leonardo De Vinci pour présenter un univers futuriste à la sauce rétro.

[2] Auteur de manga/anime

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Le Wargame

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Le wargame, ou «jeu de guerre» trouve son origine dans les premiers jeux de stratégies abstraits que l’humain inventa. Les échecs en sont l’exemple le plus primitif. Dans la pratique, le «jeu de guerre» fut un complément aux manœuvres réelles des différentes armées du monde. Si au Moyen Âge et dans l’Antiquité on utilisait des blocs de bois ou des sculptures représentant des soldats sur des cartes ou à même le sol, il fallut attendre jusqu’en 1824 pour voir une véritable théorisation de la guerre au travers d’un « jeu » appelé « Kriegsspiel ». Ce jeu fut créé par un officier prussien du nom de Georg von Reisswitz afin d’être utilisé par l’état-major de son pays comme simulateur de guerre. C’est un jeu très complexe qui nécessite la participation de trois joueurs au minimum. L’un prend le commandement de l’armée rouge, l’autre le commandement de l’armée bleu et la troisième personne sert d’intermédiaire entre les deux joueurs et gère tous les aspects relatifs au combat et au bon fonctionnement du jeu. La troisième personne est normalement, du moins au 19e siècle, un officier qui avait vu et vécu les combats et donc, qui pouvait représenter de façon juste et précise la réalité de la guerre (réaction des régiments à certains événements, le moral de l’armée, l’ambiance, etc.) sur les cartes déployées autour des différents joueurs. Les joueurs sont normalement des élèves officiers ou des officiers. L’empereur d’Allemagne fit d’ailleurs distribuer ce jeu à tous les quartiers généraux de son armée pour qu’ils l’utilisent pour simuler d’éventuels conflits dans leur région.[1] C’est avec ce jeu que furent planifiées les premières offensives de la première guerre mondiales. Une deuxième version du jeu fut créée pour y inclure les nouveaux aspects de la guerre tels que le train ou le canon à âme raillé. Le wargame fut donc, inventé et utilisé en premier lieu chez les militaires.

Par la suite, plusieurs pays après l’Allemagne créèrent leur propre « Kriegsspiel ». Il fallut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir apparaître les premiers jeux de guerre commerciaux. L’Angleterre et les États-Unis furent le berceau de ce commerce. Les premiers grands wargames aux États-Unis, ceux qui sont le plus connu du grand public, viennent d’une compagnie nommé « Avalon Hill ». En Angleterre, le genre fut appliqué à l’Histoire mais aussi à la fantaisie et à la science-fiction. Avec la commercialisation, le wargame ne fut plus seulement l’apanage des militaires, car de nombreux civils commencèrent à y jouer. Le jeu de guerre n’était plus seulement une simulation de guerres à venir ou présentes, mais donnait au public l’opportunité de revivre les batailles du passé. Toutes les périodes de l’histoire peuvent être représentées dans un wargame malgré que certaines soient plus difficiles à représenter et à modéliser ou encore du fait du manque de popularité de certaines périodes. Les périodes les plus jouées sont celles des guerres napoléoniennes et de la deuxième guerre mondiale. Aux États-Unis, les périodes de la guerre d’indépendance et de la guerre de Sécession sont aussi très populaires. Le Moyen Âge, l’Antiquité et le début de l’époque moderne (avant Napoléon) sont des thèmes peu exploités par les éditeurs de jeu, quoiqu’un intérêt grandissant se fasse de plus en plus sentir.[2]

Le wargame, à ses débuts et jusqu’à la fin des années 80 fut assez populaire. Il existe deux façons de jouer aux wargames, la première étant manuelle avec les bonnes vieilles cartes, les dés, les tableaux et les pions et l’autre de façon automatisée par ordinateur. Avec le développement des ordinateurs personnels, les wargames dit manuels connurent un âge d’or entre 1970 et 1980 mais déclinèrent de plus en plus, surtout du côté des wargames historiques. Le thème le plus populaire par la suite de cet âge d’or fut la fantaisie et la science-fiction. Dans les années 70 et 80, le jeu de rôle fit aussi son apparition, avec le premier Donjon et Dragon. Les jeux de guerres historiques n’étaient plus les seuls sur le marché, en fait, ils ne retrouvèrent jamais la prédominance qu’ils avaient lors de la commercialisation du genre, après le deuxième conflit mondial.

Le Wargame s’est diversifié depuis ses premières utilisations en tant que simulateur de conflit. Le terme belliludiste désigne, du moins en France, ceux qui s’adonnent aux Wargames les plus divers. Le Wargame avec figurines est une déclinaison du genre qui se veut bien plus ludique que le Wargame classique.

Quant est-il au niveau académique? Qu’en disent les professeurs? En fait le Wargame peut servir et sert d’outil éducationnel à tous les niveaux scolaires, civils comme militaires. Il peut servir comme moyen d’introduction à une période de l’Histoire ou simplement comme supplément éducatif à un cours d’histoire, un moyen d’apprendre en s’amusant, de joindre l’utile à l’agréable. Il suffit de trouver la période qui plait le plus à tous les participants. Le site internet juniorgeneral.com est une référence du milieu en ce qui attrait à l’utilisation du wargame comme outil éducatif chez les jeunes. Le wargame, pour plusieurs experts facilite l’apprentissage de notions historiques (dans le cas des élèves de niveau primaire et secondaire) et de notions de stratégies, de tactiques, d’organisation et de gestion aux étudiants à l’éducation supérieure. Le Wargame en général est connu et joué par des étudiants(tes) et des enseignants(tes) de niveau collégial et universitaire ainsi que des adultes de professions dites libérales ou par les militaires. L’intérêt pour l’Histoire mène souvent les jeunes à, un jour, connaitre ce genre de jeux. La pratique du Wargame est si sérieuse, utile et même parfois renommée qu’à Londres, le King’s College, dans son programme universitaire de War Studies (études de la Guerre), donne un cours, et donc une session entière sur la conception d’un wargame par les étudiants eux-mêmes et l’analyse du genre. Des programmes du genre existent au Canada mais ils sont généralement réservés aux futurs militaires, à moins d’avoir une autorisation spéciale ou un partenariat universitaire qui amènerait l’étudiant sur cette route.

Julian Nouche Laurin 

Documentation utile

Vae Victis

Decision Games

Jours de gloire

James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, 292 p.

Philip Sabin, The continuing merits of manual wargaming, London, King’s college, 41 p.

[1]Georg VON REISSWITZ, The von Reisswitz Kriegsspiel, The prussian army wargame, Freiburg, Militargeschichtliches Forschungsamptes, 1824, p. 4

[2]James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, P. 92 à 106

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Le musicien militaire en Nouvelle-France

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À l’époque de la Nouvelle-France, allant de 1534 à 1763, l’armée de la colonie, s’appelant alors les Compagnies franche de la Marine, sous la responsabilité du Ministère de la Marine, en France, était dirigée par le commandant des troupes. Chaque compagnie était sous la responsabilité d’un capitaine qui était lui-même nommé par le roi. À l’époque, l’armée jouait un rôle très important tant au niveau militaire que politique mais également au niveau social et symbolique. En effet, elle était non seulement défenseur de la colonie et de la société, mais elle était également présente dans la vie quotidienne des gens que ce soit pour faire des défilés ou veiller au bon ordre de la ville ou encore pour communiquer à la population des ordres ou des annonces. Lorsqu’on pense au soldat militaire du 16e et 17e siècle, le son venant à l’esprit est souvent celui du tambour, de la trompette, du hautbois ou encore du fifre.[1] Ces instruments étaient joués par les soldats musiciens de l’armée au même titre que l’église utilisait l’orgue ou les cloches, c’est-à-dire pour annoncer quelque chose, pour affirmer leur pouvoir auprès des citoyens ou pour donner différents commandements aux soldats ou aux citoyens. Dans tous les cas, ces différents sons se faisaient entendre pour attirer l’attention des gens. Le son est beaucoup utilisé dans les villes à cette époque puisque l’oreille humaine est un élément essentiel dans la reconnaissance spatio-temporelle.[2] Il était donc, facile de communiquer une information simplement en reconnaissant un son particulier.

La première importance du musicien militaire est justement de sonner les différents ordres pour les soldats. Lorsqu’il s’agit d’une générale, d’un exercice ou d’une bataille, il est nécessaire que le tambour sonne afin que chacun se mette en position rapidement. Le tambour ayant un son qui projette et qui résonne partout, même en plein milieu d’une bataille, tous les soldats sont en mesure de l’entendre et d’agir rapidement. De plus, le musicien militaire, recevant ses ordres directement de l’autorité la plus haute située sur les lieux, en général du roi lui-même, les ordres sont transmis rapidement et efficacement pour tout le monde.

Le tambour est également présent dans le quotidien des gens. Par exemple, lorsqu’il s’agit de faire des annonces à la population ou de leur transmettre quelque information que ce soit, le tambour joue alors le rôle de ce qu’on appelle la criée ce qui permet d’attirer l’attention des gens malgré le bruit souvent fort à la place publique.[3] Ainsi, le roi, ou le gouverneur, rejoint les gens facilement et tout le monde peut s’adapter rapidement. L’importance du tambour est notable aussi dans le domaine politique.

Nous avons vu que lorsqu’il s’agit de transmettre efficacement un ordre ou une information générale, le tambour est tout désigné pour assurer cette tâche. Or, le fifre, la trompette et le hautbois jouent aussi un rôle important au moment d’affirmer l’autorité du roi et, par le fait même, l’autorité politique. À cette époque, l’État et l’Église étaient encore unis en ce qui concerne l’autorité. Les deux administrations se disputaient donc, beaucoup le pouvoir et l’écoute des citoyens. Du côté de l’église, on utilisait les cloches et les grandes orgues non seulement pour affirmer son autorité mais également pour que les gens reconnaissent le son et l’associe à la religion et son pouvoir. Pour l’armée, c’était le tambour, le fifre, la trompette et le hautbois. Lorsqu’il y avait des défilés ou des cérémonies militaire ou politique, les instruments militaires jouaient et personnifiaient ainsi l’autorité politique et militaire à la population qui savait reconnaître ces sons de façon exacte et comprenaient parfaitement ce qu’ils voulaient dire.[4] Ce jeu de pouvoir fut donc très présent sous le régime de la Nouvelle-France et chacune des autorités voulait s’affirmer pour attirer l’attention du citoyen. Un dernier aspect qui fait du musicien militaire une figure importante de l’armée est le symbole qu’il est. En effet, le musicien, par sa personne, est un symbole fort puisque recevant ses ordres directement du roi, il représente l’autorité royale. De plus, contrairement aux soldats normaux qui portaient des habits bleu-gris et blanc, le musicien militaire portait des habits très colorés allant du rouge au bleu foncé en passant par le jaune doré. Cet habit faisait de lui une figure facilement reconnaissable partout où il allait et, ainsi, amenait à la confiance et au respect face à sa personne. De plus, c’est le tambour qui résonne lorsqu’il s’agit de transmettre une information aux citoyens ou de donner des ordres aux soldats. Son rôle s’élève donc en importance puisqu’il n’est pas un simple soldat ni même un officier, mais il entre plutôt dans une catégorie à part qui reste très importante.

En conclusion, le musicien militaire est une figure d’importance dans l’armée au niveau politique, militaire, social et symbolique. Il fait office de messager et d’informateur pour les soldats et la population, il est un élément important pour le prestige du roi et de l’armée et de l’affirmation de son pouvoir et il apporte une symbolique par sa personne et son rôle dans la société et l’armée. Aujourd’hui, les musiciens militaires sont encore présents dans les armées du monde mais ils sont bien plus présents lors de cérémonies ou de défilés que sur le champ de la bataille.

Geneviève Denis

Bibliographie

Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, 294 p.

Jean-Marie FRITZ, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, Honoré Champion, 2000

[1] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 48

[2] Jean-Marie FRITZ, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, Honoré Champion, 2000

[3] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 12

[4] Jean-François PLANTE, Les musiciens militaires dans l’espace sonore, social et rituel de la Nouvelle-France, Québec, Université Laval, 2010, p. 80-81

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Martyrs de Bill Viola

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Retour sur Martyrs de Bill Viola : l’art absolu de Hegel existe-t-il toujours?

On apprenait que Bill Viola et sa conjointe Kira Perov avaient mis en place une installation dans une prestigieuse cathédrale à Londres : la cathédrale Saint-Paul. Deux concepts se voient donc jumelés : l’art et la religion

Hegel affirmait bien que : « Dans de telles circonstances, l’art avec sa haute destination est quelque chose de passé; il a perdu pour nous sa vérité et sa vie.[1]» Il disait ainsi, car avec le temps, l’art n’avait plus une signification digne de l’absolu. C’est-à-dire que l’art ne représentait plus le domaine spirituel, celui de la religion. Pourtant, il doit faire face à une forte réfutation. En effet, l’oeuvre Martyrs est présentée de la façon suivante par l’artiste :

« As the work opens, four individuals are shown in stasis, a pause from their suffering. Gradually there is movement in each scene as an element of nature begins to disturb their stillness. Flames rain down, winds begin to lash, water cascades, and earth flies up. As the elements rage, each martyr’s resolve remains unchanged. In their most violent assault, the elements represent the darkest hour of the martyr’s passage through death into the light.[2]»

Nous pouvons bien constater le monde spirituel qui émane de cette oeuvre. Le simple fait de traiter du concept du martyr en lien, notamment, avec le martyr chez les chrétiens, c’est-à-dire Jésus Christ, témoigne d’un monde religieux révélé dans l’œuvre d’art. De plus, la signification de l’œuvre, du point de vue de l’artiste, est complètement fondamentale. L’artiste dit bien :

« The Greek word for martyr originally meant « witness.” In today’s world, the mass media turns us all into witnesses to the suffering of others. The martyrs’ past lives of action can help illuminate our modern lives of inaction. They also exemplify the human capacity to bear pain, hardship, and even death in order to remain faithful to their values, beliefs, and principles. This piece represents ideas of action, fortitude, perseverance, endurance, and sacrifice.[3]»

Ainsi, j’arrive à la conclusion suivante : l’art absolu de Hegel est toujours bel et bien présent. Il n’est pas chose du passé comme il dit, car après tout ce monde spirituel qu’il nous est possible d’entrevoir par l’œuvre d’art présente le monde spirituel, en nous. En d’autres termes, le monde sacré qui nous fonde.

Pour en savoir plus sur l’installation et l’artiste : http://www.youtube.com/watch?v=EsCx5FU9GnQ

Il s’agit d’une entrevue avec les artistes.

Marc-André Bédard

 

[1] GEORG WILHELM FRIEDRICH Hegel, Esthétique, Tome premier, Classique.uqac.ca, http://classiques.uqac.ca/classiques/hegel/esthetique_1/esthetique_1.html%5BEn ligne] (Consulté le 4juin 2014) p. 20

[2] http://www.stpauls.co.uk/Bill-Viola-Martyrs/Martyrs

[3] Ibidem

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L’OuLiPo

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Raymond Queneau et François Le Lionnais

Qu’est-ce que le l’OuLiPo? Comme le dirait Michèle Audin (entrée àl’OuLiPo en 2009), ce n’est pas une maladie de peau.

Pour reprendre une formule d’HervéLe Tellier (entré à l’OuLiPo en 1992), l’OuLiPo est un groupe oecuménique qui ne fait table rase de rien et qui réutilise tout.

OuLiPo, c’est un acronyme, pour Ouvroir de Littérature Potentielle. Fondéen novembre 1960, c’est de la complicité entre Raymond Queneau, un écrivain passionnéde mathématique et François Le Lionnais, homme de science passionné de littérature, que se rassembleront d’autres personnes, en l’occurrence Jacques Bens, Claude Berge, Jean Lescure, Jean Queval, Albert-Marie Schmidt, Latis et Noël Arnaud.

Le travail de l’OuLiPo, ce groupe de recherche pour ceux qui ne savent pas ce qu’ils cherchent, est simple: c’est de se construire un labyrinthe dont on se propose de sortir, et pour ce faire, les oulipiens ont recours aux contraintes qui peuvent être présentes dans l’écriture littéraire: contraintes formelles, liées à la langue, à la versification, à la construction narrative, contraintes sémantiques, etc. Les oulipiens tentent également de créer de nouvelles contraintes en s’inspirant des mathématiques, des sciences, ou des «plagiaires par anticipation», ces auteurs avant la fondation de l’OuLiPo qui s’adonnaient à ce jeu également.

Impossible d’y entrer; il faut y être coopté par les membres, et impossible d’en sortir; la seule façon de le faire, c’est de se suicider devant huissier en précisant que la cause de son suicide est précisément de quitter l’OuLiPo.

Donnons un exemple très simple. Il s’agit de la méthode S + 7, qui consiste àremplacer chaque substantif d’un texte par un autre substantif, le septième après le substantif initial, dans un dictionnaire. L’exemple le plus connu est La cimaise et la fraction de Raymond Queneau, qui dérive de la fable de La Fontaine La cigale et la fourmi:

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Il y a une autre contrainte, que les grecs anciens utilisaient déjà mais que les oulipiens ont remis à la mode, c’est le lipogramme, c’est-à-dire un texte dans lequel l’on se prive d’une lettre. L’exemple le plus célèbre est probablement le roman La disparition, de Georges Pérec, sans doute l’oulipien le plus connu. Tout le roman est écrit sans la lettre «e». Et encore, le sujet même du roman est le fait que cette lettre soit disparue. Un coup de génie.

Un autre exemple davantage mathématique est Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau. Il s’agit de poésie combinatoire, c’est-à-dire que l’ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers. C’est une machine à composer des poèmes. Un sonnet est composé de deux quatrains suivis de deux tercets, pour un total de quatorze vers. Le livre est composé de dix feuilles, séparé en ces 14 vers, et chaque recto porte un vers. Le lecteur-créateur peut donc tourner les bandes horizontales pour choisir les dix vers qu’il veut pour composer un poème. L’ordre grammaticale de même que la scansion et la rime sont garantis. Cent mille milliards de poèmes, c’est le nombre potentiel de poème que l’on peut lire avec cela, ce qui en quelque sorte prouve l’idée même de potentialité de l’OuLiPo. Queneau ajoute même en préface que «en comptant 45s pour lire un sonnet et 15s pour changer les volets à 8 heures par jour, 200 jours par an, on a pour plus d’un million de siècles de lecture, et en lisant toute la journée 365 jours par an, pour 190 258 751 années plus quelques plombes et broquilles (sans tenir compte des années bissextiles et autres détails)».

100 000

Cent mille milliards de poèmes

Font partis de l’OuLiPo, incluant ceux excusés pour mort: Noël Arnaud, Marcel Bénabou, Jacques Bens, Claude Berge, André Blavier, Paul Braffort, Italo Calvino, François Caradec, Bernard Cerquiglini, Ross Chambers, Stanley Chapman, Marcel Duchamp, Jacques Duchateau, Luc Étienne, Paul Fournel, Anne Garréta, Michelle Grangaud, Jacques Jouet, Latis, François Le Lionnais, Jean Lescure, Hervé Le Tellier, Harry Mathews, Michèle Métail, Ian Monk, Oskar Pastior, Georges Perec, Raymond Queneau, Jean Queval, Pierre Rosenstiehl, Jacques Roubaud, Olivier Salon, Albert-Marie Schmidt.

En bonus: https://www.youtube.com/watch?v=J0FeOW_sF3I

Sources

Anthologie de l’OuLiPo, Édition de Marcel Bénabou et Paul Fournel, Poésie Gallimard.

Atlas de littérature potentielle, OuLiPo, Gallimard.

Jacques BENS, L’OuLiPo, génèse de l’OuLiPo (1960-1963), Le Castor Astral.

Jacques JOUET, http://www.universalis.fr/encyclopedie/oulipo/, Encyclopedia Universalis.

OuLiPo mode d’emploi, ARTE France, 58 min. env.

Raymond QUENEAU, Cent mille milliards de poèmes, Gallimard.

Kevin Berger-Soucie

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Une Constitution pour le Québec

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Le débat actuel est centré autour d’une possible Constitution pour le Québec. Partout dans le monde, beaucoup d’États fédérés ont leur constitution. Cette constitution agit comme une loi supérieur qui régit les pouvoirs publics et qui protège les libertés des citoyens. Cependant, le Québec n’est pas dans ce regroupement. Il faut aussi mentionner qu’aucune autre province du Canada n’a de constitution. Cela ne cache pas que le fait d’avoir une Constitution pourrait renforcer l’identité même du Québec. Pour cela, il faut que la Constitution pour le Québec soit républicaine, laïque et très démocratique. Sans cela, il serait impossible de complètement réussir cette démarche. `

D’abord, il est important de comprendre qu’est ce qu’une constitution. Donc, voici la définition selon le site «Perspective Monde» de l’université de Sherbrooke :

«Constitution: aussi appelée «Loi fondamentale». Ensemble des règles écrites et coutumières qui déterminent la structure d’un État politique. Habituellement, une constitution présente successivement les pouvoirs de la branche exécutive, législative et judiciaire. Elle définit aussi les rapports entre ces branches. Elle comprend également une formule d’amendement et des précisions sur les règles entre le gouvernement central et les entités locales ou régionales, en particulier dans le cas d’une fédération. On peut y trouver un préambule déclaratoire sur les objectifs de l’État de même que les droits de base des citoyens.»[1]

Aujourd’hui, il existe quatre constitutions possibles pour le Québec. Premièrement, il y a une constitution provinciale. Il s’agit d’une constitution à forte valeur symbolique et traditionnelle, dans laquelle il est possible de voir une reproduction des lois et limites émises par le Canada dans sa constitution. Donc, le Québec aurait sa propre constitution fixant les limites qu’il s’impose déjà, mais cette fois-ci, avec son accord. Deuxièmement, il y a une constitution autonomiste. Celle-ci pousserait le Québec à remettre en question les lois et limites les plus importantes qui sont inscrites dans la Constitution Canadienne. Malgré cela, le Québec resterait une province du Canada et ne serait pas souverain. Troisièmement, une constitution provisoire du Québec souverain pourrait être envisagée. Elle possèderait le pouvoir de préparer le Québec, tout en facilitant la transition, à l’indépendance. Finalement, la quatrième serait une constitution définitive du Québec souverain. Elle serait absolument nécessaire pour la souveraineté du Québec. De plus, il faut la suivre avec un processus politique plus approfondit et adapté pour le Québec.[2]

Plusieurs acteurs sont importants dans la démarche pour une constitution au Québec, dont Daniel Turp, un professeur d’université et homme politique québécois, ainsi que Pauline Marois, ancienne chef du Parti Québécois. Tous deux ont déjà tenté d’instaurer une constitution québécoise, mais leurs projets sont encore au stade de l’étude. Donc, il est certain qu’une Constitution pour le Québec est encore possible, mais probablement pas d’ici quelques années.

Rémi Lauzon

[1] UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE. Constitution – Définition, http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/

BMDictionnaire?iddictionnaire=1483 [En ligne] (Page consultée le 28 mai 2014)

[2] BINETTE, André. Pourquoi une Constitution du Québec? – Constitution QC, http://constitutionqc.org/                           blog/pourquoi-une-constitution-du-quebec/ [En ligne] (Page consultée le 21 mai 2014)

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Japanime: les débuts

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Oira no Yaku, 1931

 Kobu-tori, 1929

Ugokie Kori no Tatehiki, (1931)

Evil Mickey attacks Japan, 1936

Sources: Open Culture, Anime

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Montreal, P.Q.

Anglo-Quebec

Le Canadien de Montréal, les Blue Jays de Toronto et Denis Coderre sont des monuments exemplaires d’unité et de paix montréalaise, suivant la grève étudiante, la corruption et les élections provinciales, selon un article du Montreal Gazette[1]. C’est juste ça qu’il nous faut à Montréal. Une game de baseball au Stade olympique pour ranger les casseroles, calmer les Hells Angels et mettre le débat politique au repos. Surtout lorsque le débat est axé sur la possibilité de discuter d’indépendance.

Nous avons eu la chance de faire l’expérience d’une campagne électorale antinationale de la part du parti libéral, sans que la question nationale de l’indépendance soit réellement soulevée. Le tout est accentué par les médias anglophones qui nous font don d’une analyse éclairée de la politique québécoise, où des Charles Adler nous éduquent sur les similitudes entre la loi 101 et le fascisme de l’Office québécois de la langue française[2]. Il ne faut surtout pas oublier le grand projet de faire l’indépendance de Montréal dans l’éventualité où le Québec deviendrait souverain[3]. Tout ce désordre politique est traduit par le visage vaincu des Franco-québécois au lendemain des élections, comme s’ils avaient perdu un troisième référendum.

La tranquillité est donc revenue s’installer dans les rues de Montréal. Effectivement, le danger de l’indépendance est maintenant perdu de vue. Certes, il y a de cela deux semaines, on a eu La journée nationale des patriotes. Quelques indépendantistes se sont présentés pour une marche commémorative. Mais rien de trop menaçant pour nos chevaliers fédéralistes qui ont remis ces rêveurs à leur place[4]. Il faut rappeler à ces indépendantistes que le Québec est bel et bien une province.

Par ailleurs, les résultats définitifs des élections européennes en France ont été rendus publics il y a quelques jours avec la confirmation de la victoire du Front National[5]. Il est un peu inquiétant de voir le progrès de l’extrême droite en Europe depuis ces dernières années: la English Defence League, l’Aube dorée, etc. En même temps, il en est rassurant de voir que le populisme d’extrême droite n’a jamais réussi à se solidifier dans la politique québécoise.

En effet, La charte des valeurs québécoises nous rappelle qu’il est encore possible de discuter de citoyenneté et d’identité au Québec sans avoir recours à une rhétorique populiste. Cependant, il existe une tendance à peindre le républicanisme québécois comme s’il s’agissait de fascisme ou de xénophobie. Ces accusations se font lourdes sur la conscience du Québécois qui tente de faire valoir sa langue et sa culture.

Donc, sa culture est vue comme réactionnaire vis-à-vis cet « internationalisme angloplanétaire[6] » qui représente la grande culture globale. Ainsi, il faut juste qu’un joueur des Canadiens maîtrise le « bonjour » et l’« au revoir » pour faire jaillir des papillons dans le ventre des Franco-québécois. Moi, ça me donne mal au cœur. C’est un rappel qui nous montre l’abus historique contre le français qu’on voudrait réduire à une « petite » langue parlée dans une « petite » communauté folklorique. C’est peut-être bien le sport qu’il nous faut pour se réveiller. Un Martin St-Louis face au « symbole national » du Québec porté par un Brian Gionta qui ne score pas.

Joé Blanchard

 

[1] Jack TODD, « Jack Todd: Budding optimism drives Montreal’s resurgence », Montreal Gazette, 22 mai 2014, [En ligne], http://www.montrealgazette.com/sports/Jack+Todd+Budding+optimism+drives+Montreal+resurgence/9867750/story.html (page consultée le 27 mai 2013).

[2] Charles ADLER, « Pastagate goes global », Sun News¸ s,d, https://www.youtube.com/watch?v=Ud_A48zcQd8 (page consultée le 27 mai 2013).

[3] Jonathan KAY, « If Quebec seperates, we keep Montreal », National Post, 5 mars 2014, http://ww2.nationalpost.com/m/wp/blog.html?b=fullcomment.nationalpost.com%2F2014%2F03%2F05%2Fjonathan-kay-if-quebec-separates-we-keep-montreal (page consultée le 27 mai 2013).

[4] Laura PELLETIER, « Ferveur souverainiste et accrochages lors de la marche des patriotes », Le Devoir, 20 mai 2014, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/408667/ferveur-souverainiste-et-accrochages-lors-de-la-marche-des-patriotes (page consultée le 27 mai 2013).

[5] Andy DAVID, « Résultat européennes : les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur [OFFICIEL] », Linternaute, 26 mai 2014, [En ligne], http://www.linternaute.com/actualite/politique/resultat-europeennes-les-resultats-definitifs-du-ministere-de-l-interieur-officiel-0514.shtml (page consultée le 27 mai 2013).

[6] Jean LAROSE, La souveraineté rampante, Québec, Boréal, 1994,p. 101.

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Livres d’art gratuits en ligne!

Le Metropolitan Museum of Art et le musée Guggenheim offrent gratuitement l’accès en ligne à des centaines de livres d’art et catalogues d’exposition.

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Ancient Egyptian Calligraphy

Source: Open Culture

BLx

 

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Journée Nationale des Patriotes

1- Pendaison_Patriotes_Montreal_1839

Dessin d’Henri Julien (1852-1908)
Le 15 février 1839, à 9h00 du matin, cinq Patriotes montent sur l’échafaud afin d’y être pendus. Il s’agit de Chevalier DeLorimer, notaire, Charles Hindenlang, militaire français, Pierre-Rémi Narbonne, huissier, Amable Daunais, cultivateur et finalement, de François Nicolas, instituteur. Les Patriotes de 1837@1838

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Eric Clapton chez les Beatles

«So Eric came in, and the other guys were as good as gold–because he was there. Also, it left me free to just play the rhythm and do the vocal. So Eric played that, and I thought it was really good. Then we listened to it back, and he said, “Ah, there’s a problem, though; it’s not Beatley enough”–so we put it through the ADT [automatic double-tracker], to wobble it a bit.»

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La contribution à la guitare de Clapton  sur While my guitar gently weeps:

La pièce accomplie:

Source: Open culture

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13 leçons sur l’histoire de la poésie par Allen Ginsberg

«… with a kind of « césure » in the middle of the line»

Allen Ginsberg - 1979

13 Lectures from Allen Ginsberg’s “History of Poetry” Course (1975)

CelestialHomework1

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