Chronique d’été de libraire

L’été s’en vient et certains d’entre vous ont très probablement des lectures personnelles à rattraper. Toutefois, en tant que libraire, j’aimerais vous part faire de nouveautés qui me sont tombés dans l’œil cette années. Cette année trois titres ont retenu mon attention.

1- Une brève histoire des indiens du Canada, traduction du titre A short history of Indians in Canada : stories. Sortie : février 2014 aux éditions Boréal. 24,95$

 

1Une des dernières œuvres de cet intellectuel autochtone. Sous une plume emplie d’un humour délicieux et d’une perspicacité décapante, Thomas King déconstruit à travers ce recueil de nouvelles l’image traditionnelle que nous avons des amérindiens toute en dénonçant la condition autochtone dans la Canda. En quatrième de couverture :

À Toronto, une volée d’Indiens en pleine migration se frappent contre les gratte-ciel de Bay Street et retombent sur le pavé, comme autant d’oiseaux assommés, pour le plus grand étonnement des hommes d’affaires de passage. Heureusement que deux employés de la ville, Bill et Rudy, sont là pour les étiqueter et les relâcher dans la nature, après les avoir soignés. Un bébé blanc arrivé par erreur par la poste est offert comme premier prix au bingo hebdomadaire dans une réserve indienne, même si la plupart des joueurs préféreraient remporter le deuxième prix, qui est une camionnette. Voici quelques-unes des situations qu’on trouve dans ce recueil de Thomas King, qui y donne libre cours à la mordante ironie caractérisant son œuvre.

2- L’orangeraie, Larry Tremblay. Sortie le 15 octobre 2013 aux éditions Alto. 20,95$

2Récipiendaire du prix des Libraire du Québec de cette année. Larry Tremblay nous présente non pas un autre roman sur la guerre, mais bien un récit touchant et poétique empli à la fois de sensibilité et de sensualité. En quatrième de couverture :

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent. Larry Tremblay frappe encore un grand coup, mais vise cette fois le cœur, laissant au lecteur le soin de départager les âmes pures des fourbes, les fanatiques des héros. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies et le lyrisme des légendes du désert.

3- Apocalypse : la 1ère Guerre Mondiale, Daniel Costelle et Isabelle Clarke. Sortie le 22 avril 2014 aux éditions Flammarion. 54,95$

Pour le centenaire de la première Guerre Mondiale, ceux qui ont aimé Apocalypse : la 2eme Guerre Mondiale ne seront pas déçus. Comme l’œuvre précédente, c’est un livre documentaire basé sur un fond d’archives et d’images époustouflantes digne de son prédécesseur. Les historiens en herbe qui raffole d’histoire militaire en resteront sur leur faim.

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Thomas Asselin

 

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La ‘Pataphysique

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La ‘Pataphysique

La pataphysique, dont l’orthographe réelle est ‘Pataphysique, précédé d’une apostrophe pour éviter les mauvais calembours, est la science de ce qui se surajoute àla métaphysique, soit en elle-même, soit hors d’elle-même, s’étendant aussi loin au-delàde celle-ci que celle-ci au-delàde la physique. L’épiphénomène (qui se surajoute àun phénomène) étant souvent l’accident, la ‘Pataphysique sera surtout la science du particulier, quoiqu’on dise qu’il n’y a de science que du général. Elle étudiera les lois qui régissent les exceptions et expliquera l’univers supplémentaire à celui-ci; ou moins ambitieusement décrira un univers que l’on peut voir et que peut-être l’on doit voir àla place du traditionnel, les lois que l’on a cru découvrir de l’univers traditionnel étant des corrélations d’exceptions aussi, quoique plus fréquentes, en tout cas de faits accidentels qui, se réduisant àdes exceptions peu exceptionnelles, n’ont même pas l’attrait de la singularité.[1]

Définition (un brin plus succincte): La ‘Pataphysique est la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité.[2]

La ‘Pataphysique réconcilie les regards sur le monde: elle réconcilie physique et métaphysique. Ses recherches donnent des solutions imaginaires trouvées pour résoudre des problèmes, tout aussi imaginaires, que donne la compréhension de l’univers.

Mais une question se pose: qui est pataphysicien?

Le vrai pataphysicien, àun moment ou un autre de sa vie, de manière consciente ou pas, sera confrontédans le plus intime de son être aux deux propositions suivantes:

1)    Le vrai pataphysicien ne prend rien au sérieux, sans la ‘Patapysique…qui consiste àne rien prendre au sérieux.

2)    La ‘Pataphysique consistant àne rien prendre au sérieux, le vrai pataphysicien ne peut rien prendre au sérieux, même pas la ‘Pataphysique.[3]

Se pose une autre question: est-ce que la ‘Pataphysique est institutionnalisée?

Bien sûr, au Collège de ‘Pataphysique.

Cahiers_du_Collège_de_’Pataphysique

Pour comprendre cette Grande et Magnifique Institution, nous allons nous pencher sur l’Harangue inaugurale de Sa Magnifience le Vice-Curateur-fondateur du Collège de ’Pataphysique, le 1er décervelage LXXVI de l’ère ’Pataphysique (vulg. 29 décembre 1948[4]).[5]

Cette journée, les auditeurs au Collège de ‘Pataphysique, une assemblée très dense, se sont rassemblés. Après une longue gestation, le Collège est venu au Monde comme le Monde est venu àlui-même. L’existence du Collège pourrait être considérée comme un mal àpeine nécessaire. Il en est tout autre. Comme la ‘Pataphysique transcende les frontières de l’être, autant que l’être, l’existence d’un Collège ne peut aucunement être injustifiée, puisque la ‘Pataphysique est illimitation.

«Il n’avait pas besoin de naître pour que la ‘Pataphysique fût. Ontologiquement, si je puis me servir d’un adverbe aussi grossier, la ‘Pataphysique précède l’Etre. A priori, c’est évident puisque l’Être n’a pas plus de raison d’être que la raison n’a d’être. A posteriori, ce l’est tout autant puisque les manifestations de l’être sont aberrantes et leur nécessitétoute contingente.»[6]

Alfred_Jarry

Alfred Jarry

Font partis du Collège de Pataphysique: Raymond Queneau, François Le Lionnais (tout deux fondateur de lOuLiPo, une sous-commission du Collège), Max Ernest, Juan Miró, Jacques Prévert, Boris Vian, Eugène Ionesco, Marcel Duchamp, Umberto Eco, etc.[7]

 

[1]Alfred JARRY. Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Saint-Amand, Gallimard, 2005, p.31-32.

[2]Ibid.

[3]Luc ÉTIENNE (régent de contrepet), Faut-t-il prendre la Pataphysique au sérieux, Oleyres, Publications du Centre de Recherches Périphériscopiques, 1984.

[4]Le calendrier ‘pataphysique, http://www.college-de-pataphysique.org/college/accueil_files/calenpat.pdf (consultée le 18 mai 2014).

[5]http://www.college-de-pataphysique.org/college/harangue.html (consultée le 18 mai 2014).

[6]Ibid.

[7]http://www.fatrazie.com/satrapes.htm (consultée le 18 mai 2014).

Kevin Berger-Soucie

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Eric Clapton chez les Beatles

«So Eric came in, and the other guys were as good as gold–because he was there. Also, it left me free to just play the rhythm and do the vocal. So Eric played that, and I thought it was really good. Then we listened to it back, and he said, “Ah, there’s a problem, though; it’s not Beatley enough”–so we put it through the ADT [automatic double-tracker], to wobble it a bit.»

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La contribution à la guitare de Clapton  sur While my guitar gently weeps:

La pièce accomplie:

Source: Open culture

BLx

 

 

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Lignes de calcul

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Méthode de calcul

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13 leçons sur l’histoire de la poésie par Allen Ginsberg

«… with a kind of « césure » in the middle of the line»

Allen Ginsberg - 1979

13 Lectures from Allen Ginsberg’s “History of Poetry” Course (1975)

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«Ben voyons donc, c’est juste une joke!»

La réplique› Les limites de l’humour

L’humoriste ne peut se soustraire à la critique

Il n’a pas le monopole pour «départager ce qui mérit[e]» d’être sacré de ce qui ne le «mérit[e] pas»

Audrey Simard, Le Devoir, 15/05/14
Le déclencheur « Il serait bien prétentieux, voire dangereux, de croire que nous pouvons faire l’économie du rôle précieux du bouffon. Notre société n’est pas l’aboutissement d’une perfection divine. Elle doit être remise en question comme celles du passé l’ont déjà été. L’espace du bouffon mérite d’être protégé par le citoyen plutôt que cloisonné par les présumées victimes de cette bouffonnerie. Car je peux vous garantir que si chacun appose sa propre petite barrière personnelle dans le but de restreindre le terrain de jeu du clown, il ne restera, en bout de course, qu’assez d’espace pour faire du surplace. »

Guillaume Wagner, « La moquerie ne doit pas être censurée », Le Devoir, 10 mai 2014

Dans son texte, l’humoriste Guillaume Wagner insiste sur le « rôle précieux du bouffon » et de l’« espace du bouffon [qui] mérite d’être protégé ». Bien que l’humour puisse servir de « soupape aux tensions » ainsi qu’à « apaiser les frustrations associées aux bornes sociales », je ne crois pas qu’il doive être protégé à tout prix, c’est-à-dire au détriment des « présumées victimes de cette bouffonnerie », comme les qualifie M. Wagner. L’humour devenant dans la majorité des cas un prétexte pour intimider ou véhiculer/renforcer des stéréotypes sexistes, homophobes, racistes, âgistes, etc., cette égalité « sous le poids du ridicule » dont parle Wagner n’est malheureusement pas réelle puisque ce sont le plus souvent les femmes, les personnes homosexuelles, racisées, handicapées ou dont le corps ne correspond pas aux normes qui sont le plus souvent la cible des humoristes.

Si l’humoriste « est celui qui respecte assez son public pour lui dire la vérité », il s’avère que ses propos ne sont pas que des vérités, mais bien souvent des préjugés, des stéréotypes et des insultes. Un exemple, tiré directement du répertoire de 2012 de M. Wagner, le démontre d’ailleurs : son attaque sur la sexualité et le corps de la chanteuse Marie-Élaine Thibert. Il arrive aussi que « l’humour sexuel, scatologique et violent » dont parle M. Wagner passe de la blague aux actes, comme l’a démontré un certain humoriste nommé Gab Roy, qui a maintes fois mis en pratique ses blagues haineuses envers les femmes. Malheureusement, les paroles de ces clowns de « l’industrie de la blague », prononcées haut et fort sur la place publique, sont trop souvent banalisées à coups de « ben voyons dont, c’est juste une joke », alors qu’elles ont un impact concret sur les mentalités et donc sur le quotidien de personnes, qui, en plus des violences ordinaires qu’elles subissent, se voient confrontées à cette humiliation publique.

Alors que M. Wagner voit un danger dans la censure de la moquerie, le risque me semble davantage résider dans cette volonté de l’humoriste d’être un individu intouchable, revendiquant que sa parole soit à l’abri de toute critique. Tout le pouvoir que la société lui accorde déjà, en lui offrant une tribune rejoignant des milliers de personnes, en fait selon moi un citoyen redevable de ses blagues. Alors oui, certains humoristes devraient se censurer en réfléchissant à l’impact de leurs blagues sur les personnes qui les reçoivent, puisque l’humour contribue à modeler les mentalités. Si la moquerie peut servir à refléter nos travers et à en rire, ce n’est certainement pas sans esprit critique, en récupérant simplement les préjugés ambiants et en les martelant en boucle. Selon moi, tout banaliser sous couvert de l’humour peut devenir un excellent moyen pour se déresponsabiliser de ses paroles. Si, comme le mentionne Wagner, le clown a « le devoir de tout remettre en question », alors son public a certainement le devoir de remettre en question l’humour de ce dernier, sans quoi nous ferons face à un déséquilibre des pouvoirs érigeant le clown en être tout puissant ayant la possibilité de tout dire, en toute impunité. Accorder tout l’espace à l’humoriste sans lui offrir de résistance, comme le souhaite M. Wagner, ne ferait que nourrir cette toute-puissance qui n’a pas lieu d’être.

Alors, à qui revient donc le pouvoir de « départager ce qui mérit[e] » d’être sacré de ce qui ne le « mérit[e] pas » ? L’humoriste ne doit certainement pas avoir le monopole en ce domaine. Et en ce sens, vivement davantage d’humoristes femmes, handicapés, racisés, homosexuels afin de réellement favoriser une diversité de points de vue et une véritable critique sociale par l’humour.

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Godard dit Arendt

«Mais demeure aussi cette vérité, que chaque fin dans l’histoire contient nécessairement un nouveau commencement. Ce commencement est la seule promesse…»

Hannah Arendt

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Un Chien Andalou

Un chien andalou (1929) de Luis Bunuel, le film surréaliste par excellence.

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Trois petites notes de musique venues de l’antiquité grecque

 

ancient-greek-music-e1383103912285Open Culture: What Ancient Greek Music Sounded like

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Civilization, Marco Brambilla

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Le Capital au XXIè siècle

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Le Capital au XXIè siècle de Thomas Piketty expliqué par Éric Pineault et Gérald Filion.

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Mépris pour Boko Haram

 

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Boko Haram, une secte islamiste qui bascule dans la folie meurtrière

 

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«pour l’ultime libération des astres en nous»

Denis Vanier, Allô-police, La Nuit de la poésie 1970

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WIR WERDEN UNS WEITER LIEBEN

Reprise de la chanson «On va s’aimer encore» de Vincent Vallières
Deutsche Coverversion des Liedes « On va s’aimer encore » von Vincent Vallières

BLx via Samuel Landry-Beauchamp

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L’utilité de l’inutile

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De la nécessité d’enseigner l’inutile

Réflexions de Nuccio Ordine sur l’importance des humanités

Renaud Lussier, Le Devoir, 26/04/14
Dans son dernier essai, Nuccio Ordine, professeur de littérature à l’Université de la Calabre, partage ses réflexions sur l’importance des humanités dans le contexte actuel, qu’il décrit comme un temps de crise, d’obsession à l’égard de l’utilité et de la rentabilité du savoir. L’utilité de l’inutile prend la forme d’une défense du savoir et de la culture dans une perspective humaniste en revenant sur une question fondamentale : comment peut-on rendre l’humanité plus humaine ?

Ordine encourage avec conviction la lecture des classiques de la philosophie et de la littérature, plaide pour la valorisation de ces disciplines que l’on juge trop souvent inutiles et qui sont pourtant si riches en enseignement. «[…] la prétendue inutilité des classiques peut en réalité se révéler un instrument des plus utiles pour nous rappeler […] que la possession et le profit sont mortels, alors que la recherche déliée de toute obligation utilitariste peut rendre l’humanité plus libre, plus tolérante et plus humaine ». L’auteur propose une sélection d’extraits de philosophes, parmi lesquels on trouve Platon, Aristote, Montaigne, Kant, ou d’écrivains, tels Ovide, Dante, Dickens, Calvino, Ionesco, extraits qui permettent de réfléchir sur cette notion d’« utilité », sur les raisons d’être de ces savoirs ou de ces pratiques artistiques, dont les objectifs vont au-delà de l’atteinte d’un profit monnayable.

Force du futile

Dans ses Quelques pensées sur l’éducation (1693), John Locke reprochait aux parents de cultiver le talent poétique de leurs enfants ; l’air du Parnasse était certes agréable, mais le sol de la montagne mythique, infertile, et il valait mieux chercher ailleurs pour trouver l’or et l’argent. L’image n’est pas sans lien avec la situation actuelle et Ordine pose clairement le problème de l’avenir des humanités, celui de la vocation des établissements scolaires, des universités en particulier, qui se voient de plus en plus contraintes à des exigences de rentabilité, de professionnalisation, au détriment de l’enseignement des savoirs fondamentaux et de la recherche, qui se soustrait à la logique du marché. Par ailleurs, la revendication de la gratuité du savoir devrait pouvoir rallier humanistes et scientifiques si l’on se rappelle que « les découvertes fondamentales qui ont révolutionné l’histoire de l’humanité sont en grande partie le fruit de recherches éloignées de tout objectif utilitaire ».

L’auteur présente dans son « manifeste » un court texte d’Abraham Flexner (1866-1959), penseur de l’éducation, qui, à la fin des années 30, citait en exemple quelques découvertes scientifiques majeures dans les domaines des télécommunications, de l’électricité ou de la bactériologie, rendues possibles grâce à des recherches qui n’avaient a priori aucune finalité pratique : « Flexner nous montre de manière remarquable que la science a beaucoup à nous apprendre sur l’utilité de l’inutile et que, aux côtés des humanistes, les scientifiques ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la bataille qu’il faut mener contre la dictature du profit, pour défendre laliberté et la gratuité de la connaissance et de la recherche. » Soulignons l’heureux succès de cet essai qui a été l’un des livres les plus vendus dans les librairies italiennes en 2013 et qui n’aura certainement pas été inutile.

BLx

 

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