Archives de Catégorie: Philosophie

Admirable Mandela

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«Je ne crois pas, Votre Honneur, que la Cour, en m’infligeant une peine pour le délit que j’ai commis, doive caresser l’espoir que cette menace empêche jamais les hommes résolus de faire ce qu’ils estiment être leur devoir.»

Nelson Mandela

Lorsqu’il fut inculpé en 1962 et en 1964, Nelson Mandela s’est défendu lui-même à ses procès. Ses plaidoiries où il attaque la loi au nom de la loi sont dignes de Socrate. On peut lire la retranscription de ses plaidoiries dans ce livre:

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Présence de la philosophie au Québec

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Philosophie au Québec – Une communauté qui doit consolider son existence

Quelle place pour les femmes au sein de notre discipline? Pourquoi sont-elles encore sous-représentées?

Christian Nadeau et Étienne Brassard-Ferron, Le Devoir 22/11/13
De vendredi soir à dimanche en début d’après-midi, la communauté des philosophes se réunira à l’UQAM pour un événement exceptionnel : l’État des lieux de la philosophie au Québec. Il s’agit d’une grande rencontre ouverte au public où seront discutés des enjeux cruciaux pour l’avenir de notre discipline et de notre profession.
La philosophie est enseignée au Québec depuis la seconde moitié du XVIIe siècle. Peu de disciplines peuvent se vanter d’avoir une telle histoire. Au cours de la seconde moitié du XIXe, les philosophes du Québec ont pris conscience de la nécessité d’une réflexion sur les enjeux institutionnels liés à leur discipline. C’est le début d’un long processus historique qui connaît plusieurs étapes : peu à peu, la communauté philosophique québécoise découvre sa propre existence et constate sa spécificité et sa culture.
Au tout début des années 1960, la philosophie, jusqu’alors compagne par excellence de la théologie, défend son autonomie et se sécularise. En cela, la philosophie suit un mouvement qui est celui de l’ensemble des établissements d’enseignement et de recherche. En 1964, le rapport Parent préconise l’enseignement par problème et insiste sur l’importance de la philosophie contemporaine, peut-être en réaction à l’omniprésence du thomisme. La création des cégeps en 1966 et celle des cours de philosophie obligatoires, la réorganisation de la discipline au sein des universités, tout cela conduit les philosophes à rechercher l’organisation professionnelle de leur milieu, par le biais d’associations, de colloques et de congrès, et la création de revues spécialisées. Il en résulte des instances encore très actives à l’heure actuelle, comme la Société de philosophie du Québec.Notre communauté, à l’intérieur des murs des universités et des cégeps, représente environ un peu plus d’un millier de personnes. Pour plusieurs, ce chiffre signifie peu de choses à l’aune de la population du Québec. Il n’en demeure pas moins que ce nombre nous confère une existence réelle. Les philosophes sont au coeur de notre société, ne serait-ce que par leur présence dans la formation générale et par leur participation aux débats publics.À cela, il faut ajouter les centaines d’étudiantes et d’étudiants qui, chaque année, s’inscrivent en philosophie, soit dans le but de poursuivre aux études supérieures et éventuellement, d’enseigner cette discipline, soit comme étape préparatoire vers d’autres chemins.
Existence de droit
De par le caractère obligatoire des cours de philosophie au collégial, et parce qu’un nombre toujours croissant de disciplines universitaires exigent un passage par la philosophie, notre communauté existe de fait. Reste à consolider notre existence de droit, ce qui commence par une connaissance adéquate de ce que nous sommes, de ce que nous avons accompli, et de ce que nous souhaitons pour notre avenir commun.Nous n’avons pas voulu, pour ces échanges, un colloque philosophique à proprement parler, même s’il est impossible d’écarter une dimension philosophique à toute réflexion sur les enjeux institutionnels associés à la philosophie. L’État des lieux de la philosophie se veut une occasion unique de délibérer au sujet du passé, de l’actualité et du futur de notre discipline au Québec. Elle représente également une opportunité trop rare d’un véritable échange entre tous les membres de notre communauté, des cégeps aux universités, en passant par toutes les instances nécessaires à la diffusion du débat philosophique, au sein des institutions et en dehors de celles-ci.

Nos débats permettront d’éclaircir le rôle spécifique de la philosophie dans notre société. Qui sommes-nous ? Quelle place pour les femmes au sein de notre discipline ? Pourquoi sont-elles encore sous-représentées ? Où sont les philosophes ? Quelles sont leurs tribunes ? Quel rôle jouent-ils dans l’évaluation des politiques publiques, ou encore au sein des comités d’éthique ? La philosophie politique et l’éthique sont-elles les seules avenues possibles pour la contribution des philosophes aux débats de société ? Quelle place accorder à l’épistémologie et à la philosophie des sciences dans l’éducation générale ou dans les controverses sur l’environnement par exemple ?

Table ronde

Une table ronde, qui réunira des responsables des départements des cégeps et des universités, interrogera franchement la place de la philosophie dans la formation des jeunes. Faudrait-il faire plus ? Quels sont les périls possibles ? Quelles sont nos forces et comment mieux défendre notre rôle ? Quelle place pour la recherche au collégial, et inversement, quelle place pour l’enseignement dans un monde universitaire où celui-ci est trop souvent dévalorisé au profit de la recherche ? Un autre atelier nous permettra de comparer notre situation à d’autres endroits du monde, comme la France, où l’enseignement de la philosophie est également obligatoire, et la Grande-Bretagne, où notre discipline a beaucoup souffert de réformes universitaires qui ont mis à mal les sciences humaines en général et la philosophie en particulier. Il nous permettra aussi de connaître la réalité des collèges anglophones, où la philosophie est étroitement associée aux humanités.

Autrefois, l’invention de l’Académie, puis celles du Lycée et de l’École du Portique furent les meilleures réponses de la philosophie à la condamnation à mort de Socrate. Pour le dire autrement, l’institutionnalisation de la philosophie a été la riposte de cette dernière à une tentative en vue de la faire disparaître. D’où l’importance cruciale, pour les philosophes d’aujourd’hui, de réfléchir à leurs institutions, ici comme ailleurs. Dans le sillage des réflexions entamées depuis deux ans sur l’éducation supérieure, l’État des lieux de la philosophie est une rencontre nécessaire : pour comprendre qui nous sommes et, surtout, pour affirmer ce que nous voulons devenir.

Christian Nadeau et Étienne Brassard-Ferron – Coordonnateurs de l’État des lieux de la philosophie, qui aura lieu les 22, 23 et 24 novembre à l’UQAM. Pour toutes les informations: http://elphilo.wordpress.com

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Le voile qui divise

Le voile mondial

François Brousseau, Le Devoir, 11/11/13
Dans le monde entier, dans des dizaines de pays — de populations, de traditions, de religions, de philosophies et de systèmes politiques les plus divers —, la question du voile islamique est devenue un sujet central, parfois même obsessionnel, du débat public.En Tunisie, deux ans après l’élection du parti Ennahda, monte un ressac anti-islamique, alors que partis laïques et religieux se regardent en chiens de faïence et que la réforme politique paraît bloquée. Les universités débattent du bien-fondé du voile dans les salles de cours, sur fond de pressions parfois violentes de militants salafistes, et de manifestations d’étudiants qui, leur faisant face, clament : « Résistons à l’islamisation ! »

Un jugement de cour, à Tunis en mai dernier, en faveur d’un directeur d’établissement (l’université La Manouba) qui avait été soumis à un véritable siège — et à des agressions physiques — par des militants islamistes pour autoriser le voile intégral lors des examens, a été de facto annulé, au cours de l’été. Une ordonnance ministérielle laisse les établissements libres de décider, plutôt que d’interdire le voile intégral.

Dans cette affaire, la « liberté de choix » était et reste un élément fondamental de l’argumentaire des partisans du voile pour les femmes.

***
Cette guerre de tranchées se poursuit également en Turquie, où quatre députées du parti islamiste au pouvoir, l’AKP, sont entrées le 31 octobre au parlement d’Ankara, la tête recouverte d’un foulard. Elles y ont célébré « la liberté retrouvée » et « la fin d’une injustice », dans un pays encore naguère « laïque dur » dans ses prescriptions, mais qui peu à peu cède du terrain symbolique aux tenants de l’islam politique.Réplique de Can Dündar, célèbre éditorialiste du journal républicain Cumhuriyet, qui déconstruit la rhétorique de la « liberté » ici invoquée : « Le problème, c’est que ceux qui ouvrent la porte au voile au nom de la “liberté” sont également ceux qui affirment en public, à l’Assemblée nationale et à la télévision, que “le décolleté, la minijupe et les blouses sans manches doivent être interdits”. » Le problème, poursuit Dündar, c’est que ce même gouvernement qui invoque la liberté en faveur du voile est aussi celui qui réprime les manifestants d’opposition dans la rue, ramène les cours de religion à l’école ou restreint la consommation d’alcool dans les lieux publics. Liberté, liberté… que ne te fait-on pas dire !

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Même en Grande-Bretagne, pays par excellence du multiculturalisme, du laisser-faire et du pragmatisme british, supposés moralement supérieurs, la question fait irruption à la une des médias depuis quelques mois, à la suite de diverses affaires.

En septembre, devant un tribunal de Londres, une jeune femme a voulu témoigner entièrement couverte de son niqab… avant de se voir forcée de dévoiler au moins son visage devant le juge. Le juge qui a ensuite déclaré aux médias : « Il faut absolument que les législateurs se penchent sur cette question. »

(La semaine dernière, commentant l’affaire, un ministre sans portefeuille du gouvernement Cameron abondait dans le même sens que le juge, affirmant que cette tenue était incompatible avec l’administration de la justice.)

Dans certaines free schools, peu contrôlées par les pouvoirs publics et parfois sous la coupe d’islamistes, on rapporte des histoires de discriminations garçons-filles. D’autres écoles pensent, elles, à prohiber le voile intégral, qui à leurs étudiantes, qui à leurs enseignantes, devant un phénomène perçu comme croissant. À tel point que, selon un sondage publié fin septembre par le Times de Londres, pas moins de 66 % des Britanniques seraient aujourd’hui en faveur d’une loi pour interdire le voile intégral en public.

By Jove ! On aurait cru une telle « horreur législative » aux antipodes de la pensée british, et exclusive aux pauvres Français, Belges ou autres latins de mentalité républicaine. Mais non ! Et lorsque le premier ministre, David Cameron, a été interrogé sur toutes ces affaires, il s’est certes dit hostile à une législation sur le voile à l’école ou dans la rue… mais en ajoutant que les institutions ont parfaitement le droit d’imposer des uniformes. Et qu’il pourrait, lui, envoyer sa fille dans une institution où l’on aurait proscrit le niqab.

À l’âge des migrations mondiales et de Twitter, la question du voile divise et interpelle. Elle se pose un peu partout, à des degrés divers, dans des lieux immensément différents, sous des régimes autoritaires ou démocratiques. Mener ce débat chez soi, c’est aussi répondre à un écho dont les réverbérations traversent toutes les frontières.

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De l’historicité des dieux

«N’entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui enterrent Dieu ? Ne sentons-nous rien encore de la décomposition divine ? — les dieux, eux aussi, se décomposent ! Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! Comment nous consolerons-nous, nous, les meurtriers des meurtriers ?»

Nietzsche, Le Gai Savoir, #125

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Féminisme islamique?

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Pas de compromis au nom d’un «féminisme islamique» inexistant, prévient Wassyla Tamzali

Isabelle Paré, Le Devoir, 31/10/13

Le « féminisme islamique » est une pure création de l’Occident, affirme la féministe algérienne Wassyla Tamzali. L’auteure de Burqa? s’inquiète de ce que le Québec se dirige vers « la voie du milieu » pour son projet de charte de la laïcité, toute dilution du concept ouvrant la porte « au fanatisme religieux ».

De passage à Montréal, où elle prononcera jeudi et vendredi deux conférences dans le cadre du Festival du monde arabe, Wassyla Tamzali ajoute sa voix vibrante à celles d’autres féministes musulmanes qui affirment que la laïcité « ouverte » donne actuellement lieu à un glissement idéologique sacrifiant les droits fondamentaux des femmes au nom de la tolérance religieuse.

L’ex-directrice du programme de l’UNESCO pour les droits des femmes déplore la solution de « compromis » vers laquelle semble se diriger la charte en devenir du gouvernement du Parti québécois. « En tant qu’intellectuelle, ça me tue que pour des questions aussi fondamentales que les droits des femmes, on prenne la voie du milieu. Sur une loi tellement importante, on ne peut dire : ça sera permis, dans telles ou telles conditions. On ouvre la porte toute grande au fanatisme religieux. Il faudrait qu’on sente l’ambition politique derrière cette charte », insiste l’auteure féministe.

Comme elle l’a martelé lors du débat similaire qui a secoué la France, Mme Tamzali rappelle que la laïcité ne vise ni à « rassembler les religions » ni à « maintenir la paix sociale » comme l’invoquent plusieurs politiciens. La laïcité garantit à tous la pleine liberté de conscience – une notion contraire à l’islam – et à libérer l’État de l’emprise du religieux, dit-elle.

Or, par crainte d’être taxés d’islamophobes ou par culpabilité à l’égard d’anciens colonisés, certains intellectuels mêlent tout. « Si être religieux, c’est pouvoir faire n’importe quoi, aucune loi ou charte ne peut tenir. Toutes les lois et les libertés ont des limites. Quand une femme dit que sa religion l’oblige à se couvrir, de quoi parle-t-on ? Le port du voile n’est pas un choix, mais un consentement à vivre une ségrégation sexuelle », dit-elle.La loi française interdisant la burqa, précédée et basée sur de profondes analyses théologiques et légales, a démontré la notion beaucoup plus culturelle que religieuse du voile et de la burqa, ajoute-t-elle.

La tolérance religieuse des féministes occidentales face au voile, déplore Tamzali, cache une vision « ethniciste » de la réalité qui permet aux féministes de trouver acceptable pour des femmes d’autres pays ce qu’elles refuseraient pour elles-mêmes. « L’islam est le trou noir de la pensée occidentale. On ne connaît pas l’islam. Il y a une faiblesse dans le discours parce qu’on a peur de stigmatiser l’islam. D’où le féministe islamique, qui est une création de l’Occident. L’islam ne libère pas les femmes, il les remet à leur place, les soumet à la charia », dit-elle, déplorant que le discours des salafistes et des wahhabites occupe maintenant tout le champ de l’islam.

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Rallumons Les Lumières!

On peut se le dire? Dieu, s’il existe, hait les femmes

Normand Baillargeon, Voir, 16/10/13

Le fameux bout de tissu prend énormément de place dans le débat sur la laïcité – je n’arrive toujours pas à dire «la Charte des valeurs québécoises»…

De tristes crétins – qui n’ont toujours pas compris qu’il n’est pas question, ici, du port du voile ou de n’importe quel autre signe religieux dans la sphère privée ou sur la place publique, mais seulement de leur port par des employés de l’État quand ils et elles sont en fonction – s’en prennent, verbalement ou pire, à des croyantes et à des croyants.

Disons-leur leur infinie bêtise et revenons au vrai sujet.

On a récemment beaucoup fait valoir que c’est librement que des femmes portent le voile et il n’y a, bien entendu, aucune raison de remettre cela en question. Il ne s’ensuit toutefois pas qu’on devrait en autoriser le port pour les fonctionnaires. Ici, il y a un vrai débat. À l’heure actuelle, il ne semble plus concerner que l’extension de cet interdit, la plupart des gens convenant qu’il doit s’appliquer aux fonctionnaires qui incarnent l’autorité régalienne de l’État (juges ou policiers, par exemple).

Pour les autres (enseignantes et éducatrices, notamment), de bons arguments sont avancés de part et d’autre. Je penche vers l’interdiction, comme je l’ai déjà dit, en particulier parce qu’enseignantes et éducatrices sont en situation d’autorité, cette autorité étant celle de la formation des citoyennes et des citoyens. Mais on peut en discuter.

Je trouve cependant qu’on s’interdit beaucoup, dans ce débat, de rappeler que toutes les religions sont d’un sexisme si affolant qu’il invite à penser que Dieu, s’il existe (ou du moins un de ces innombrables dieux au nom desquels l’humanité n’a cessé de se déchirer), est un sacré misogyne. Et je soupçonne que les crétins susnommés sont pour quelque chose dans cet interdit, qui fait craindre d’être assimilé à eux.

Pourtant, si, au nom de la tolérance, il faut respecter le choix fait sans contrainte d’adhérer à une religion – et le cas échant de porter le voile –, au nom de la même tolérance, les incroyants doivent pouvoir librement rappeler, sans être taxés de racisme ou d’islamophobie, ce que les grandes religions disent des femmes, et qui est souvent si horrible. Et ils doivent ensuite pouvoir demander aux croyantes et croyants si elles sont au courant de tout cela et, dans l’affirmative, ce qu’ils et elles en pensent.

Le cas du catholicisme est connu: l’interdiction de l’avortement, l’accouchement dans la douleur, l’impossibilité d’accéder à la prêtrise, entre autres, signent la subordination des femmes.

L’Église mormone est ouvertement patriarcale et on y pratique encore la polygamie. L’Église baptiste sudiste, elle, prône et pratique un «complémentarisme» qui confine la femme au foyer et en position de subordonnée à son mari.

Pour ce qui est du judaïsme, le Talmud est clair: «Mieux vaut brûler la Torah que la confier à une femme.» Chaque matin, l’homme remercie par prière rituelle de ne pas avoir été fait femme. Et je ne parle même pas du statut de la femme dans le judaïsme ultra-orthodoxe (haredim).

Dans le bouddhisme theravada, l’homme peut être illuminé (sic!) en accédant au statut de moine, mais pas la femme.

Dans certaines interprétations de l’hindouisme, une veuve devrait s’immoler lors des funérailles de son mari. À défaut, la tradition des Satis ne permet pas à une veuve de bien s’alimenter, de porter de bons vêtements ou de dormir dans un lit.

Au Ghana, au nom de croyances religieuses, de très nombreuses femmes, certaines très jeunes, sont aujourd’hui encore tuées parce qu’elles sont présumées être des sorcières.

Mais la palme de la misogynie pourrait bien revenir à l’islam, avec ses crimes d’honneur, ses mutilations génitales, ses mariages forcés, sa polygamie, ses mariages de toutes petites filles, son contrôle obsessionnel de la sexualité des femmes, ses extraordinaires restrictions à la liberté, son code vestimentaire issu du Moyen-Âge et son machisme terrifiant. Le Coran est clair: «Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les.» (Le Coran, 4:34).

Et si Dieu ne hait pas les femmes pour la bonne raison qu’il n’existe pas, voilà en tout cas des exemples de ce que signifie vivre sa vie en se fondant sur des préceptes adoptés par des paysans et des gardiens de troupeaux illettrés ayant vécu il y a des siècles et des siècles, amen.

On devrait pouvoir mettre tout cela dans la conversation démocratique et dire qu’on trouve ces idées absurdes, dangereuses et rétrogrades, sans être taxé de racisme ou d’islamophobie. Et on devrait pouvoir demander aux femmes croyantes, et parfois voilées, ce qu’elles en pensent.

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Laïcité «ouverte» et fanatisme religieux

Taylor et Tremblay, même combat!

Christian Rioux, Le Devoir, 11/10/13

En 2008, le pape Benoît XVI était venu prononcer un important discours au Collège des Bernardins à Paris. Il avait brillamment fait l’exégèse de la « laïcité positive ». Un concept que le président Sarkozy avait aussitôt repris pour le qualifier de « laïcité ouverte ». Les tenants de celle-ci ne le savent probablement pas, mais ils reprennent presque mot pour mot le discours du Vatican.

Avec tout le respect que mérite cette opinion, il importe de savoir que les arguments de ceux qui la critiquent ne se résument pas à plus ou moins de tolérance ou de rigidité, comme le prétend Jean Dorion dans le livre bâclé qu’il vient de publier sur le sujet (Inclure, quelle laïcité pour le Québec ?).

Cela est évident dès qu’on aborde la question de l’école. Parlant de laïcité, l’école est loin d’être un lieu ordinaire. On pourrait même dire qu’elle en est le coeur. En France, l’école laïque apparaît 23 ans avant la séparation définitive de l’Église et de l’État (1905). Elle est aussi fondatrice de la laïcité américaine.

Pourquoi elle ? Parce que, dans l’esprit des Lumières qui a inspiré les sociétés démocratiques, on ne naît pas citoyen, on le devient. Or l’école est justement le mécanisme essentiel qu’ont imaginé les nations modernes pour fabriquer des citoyens libres.

Si l’école est le lieu où l’on apprend à penser par soi-même, comment imaginer qu’un professeur ose s’y présenter voilé, portant une kippa, un béret blanc, un carré rouge ou affichant quelque idéologie que ce soit ? Dans l’antre du savoir, il ne saurait y avoir d’a priori, pas même celui de la raison lorsque celle-ci s’érige en dieu. Or, qu’est-ce qu’une kippa, un turban et un voile sinon une adhésion a priori à une vérité révélée et, en ce qui concerne ce dernier, l’affirmation radicale d’une distinction ontologique entre les sexes ?

Dans la lettre qu’ils avaient adressée à Lionel Jospin en 2004 lors du débat sur le voile à l’école, des intellectuels français affirmaient ce qui suit : « Le droit à la différence qui vous est si cher n’est une liberté que si elle est assortie du droit d’être différent de sa différence. Dans le cas contraire, c’est un piège, voire un esclavage. » À moins évidemment de considérer l’école comme un simple supermarché des idéologies.

***

Un supermarché des religions, n’est-ce pas ce à quoi ressemble parfois l’oncle Sam, à qui il arrive trop souvent de renier l’esprit de ses pères ? Pourtant, ce pays fut avec la France un précurseur en matière de laïcité. Contrairement à celles du Canada, ni sa constitution ni sa déclaration des droits ne font référence à Dieu. Pour Jefferson, il fallait ériger un « mur de séparation » entre l’État et les Églises. Ce mur existe toujours, mais il se lézarde parfois. Comment en effet expliquer que les dirigeants d’un État laïque fassent si souvent appel à Dieu ?

Sous l’influence de lobbies religieux, mais aussi d’une bonne conscience libérale, l’État américain semble avoir épousé avec les années une forme de déisme, cette vague croyance dans un dieu qui ne serait ni chrétien, ni juif, ni musulman. C’est pourquoi, dans les années 50 (à la même époque où Duplessis accroche le crucifix au parlement, le Congrès a réintroduit Dieu dans le serment au drapeau (« One nation under God ») et la devise officielle du pays (« In God we trust »). Ce dieu générique est le même que prient le maire Tremblay à Saguenay et les députés des Communes à chaque début de session.

Cette « laïcité à l’américaine », tant vantée par Jean Dorion dans son livre, rassemble donc tout le monde… sauf évidemment les non-croyants ! Une enquête réalisée en 2006 par l’Université du Minnesota révélait d’ailleurs que ni les musulmans, ni les immigrants, ni les homosexuels n’inquiétaient autant les Américains que les athées et les agnostiques. On comprend dès lors pourquoi cette laïcité, d’ailleurs teintée de puritanisme, fait tant l’affaire des intégristes. Et pourquoi Barack Obama est allé reprocher à la France d’avoir interdit le voile islamique à l’école.

Malgré des positions contradictoires parmi les juges de la Cour suprême, les États-Unis en sont venus avec les années à faire de la liberté religieuse « the first freedom », à savoir « une liberté supérieure à toutes les autres », explique la spécialiste française Blandine Chenili-Pont, de l’Institut européen en science des religions. En 2006, sous prétexte d’accommodement, les juges sont allés jusqu’à accepter l’utilisation de drogues illégales (y compris par les enfants) lors d’une liturgie organisée par une secte d’origine brésilienne. Cette vision rejoint celle d’un intellectuel comme Charles Taylor, qui avait accueilli favorablement le rapport Boyd proposant la création en Ontario de tribunaux de conciliation familiale fondés sur la charia.

Au fond, la distance n’est pas si grande entre Charles Taylor et Jean Tremblay. Pour eux, pas question que l’État s’élève au-dessus des religions et des « communautés », créant ainsi un lien entre des citoyens libres de leurs appartenances. La véritable liberté religieuse est pourtant à ce prix. Nombre de croyants l’ont d’ailleurs compris.

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L’histoire sans l’histoire?

Cégeps – Moins d’histoire dans le cours d’histoire, craignent des enseignants

Lisa-Marie Gervais, Le Devoir, 10/10/13

Le cours d’histoire obligatoire que souhaite implanter le gouvernement dans les cégeps en 2014 suscite de nouvelles inquiétudes. Des enseignants d’histoire craignent que son contenu soit trop teinté par les disciplines des sciences humaines et que cela en dilue le caractère historique.

C’est un appel de candidatures pour former le groupe de travail qui élaborera le cours qui a été à l’origine de leur questionnement. Diffusé par le ministère de l’Enseignement supérieur, ce document qui a circulé dans les cégeps, et dont Le Devoir a obtenu copie, vise à recruter sept enseignants provenant de disciplines aussi diverses que « histoire, politique, sociologie, géographie, anthropologie, économie et “humanities”» pour élaborer une proposition de cours sur l’histoire du Québec contemporain.

On y indique que le groupe de travail devra réfléchir à certaines orientations selon « une perspective multidisciplinaire » et tenir compte d’éléments de formation allant des « origines et [des] caractéristiques de la société québécoise contemporaine » jusqu’à « la place du Québec dans le monde », pour ne nommer que ceux-ci.

Déception

Kurt Vignola, enseignant d’histoire au cégep de Rimouski, confie avoir été très déçu à la lecture de l’appel de candidatures. « Le cours d’histoire ? Quel cours d’histoire ? ironise-t-il. Le mot « histoire » n’apparaît même pas dans les mandats du comité. On parle d’institutions démocratiques, de la vie économique et des régions… Quelques points sur les autochtones et la communauté anglophone pour être politically correct, mais je ne vois pas comment, avec de tels paramètres, on peut accoucher d’un cours d’histoire. »

Le président de la Fédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ), Mario Beauchemin, tire les mêmes conclusions. « D’après les comptes rendus que je vois, c’est la lecture que j’en fais. Ça deviendra un cours multidisciplinaire », a dit M. Beauchemin, indiquant qu’il s’est fait confirmer la chose par des conseillers du ministère lors d’une rencontre en juin dernier. « On peut comprendre qu’on songe maintenant à un cours hybride, mais on ne peut pas appeler ça un cours d’histoire. » Il ne croit pas non plus que de faire donner le cours par des enseignants autres que des enseignants en histoire serait une « bonne avenue ».

Même si la volonté du ministre d’implanter un cours d’histoire est ferme, M. Vignola craint que les fonctionnaires du ministère le rappellent à l’ordre, lui faisant valoir des difficultés budgétaires. Mais selon lui, il ne faut pas lésiner sur les moyens pour donner ce cours d’histoire du Québec, qui perd en popularité. « On est 2600 au cégep de Rimouski et 6 personnes seulement suivent le cours d’histoire du Québec. C’est un cours optionnel », a-t-il illustré.

Pas d’inquiétude à avoir

Le président de l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec, Vincent Duhaime, confirme que certains membres ont exprimé leur inquiétude devant la tendance multidisciplinaire que semble prendre le cours. Mais ce n’est pas une raison pour s’en faire, a-t-il soutenu. « C’est un processus très bureaucratique. Que le ministère ait décidé de parler à des experts d’autres disciplines, en soi, ce n’est pas un problème. » Il voit mal comment le ministre Duchesne a pu parler d’un cours d’histoire nationale et élaborer tout autre chose. « On descendrait dans la rue », a-t-il dit.

M. Duhaime dit néanmoins espérer voir beaucoup d’historiens dans ce groupe de travail. Son organisation entend participer activement à la consultation publique qui sera lancée l’hiver prochain après le dépôt d’une proposition de cours.

L’enseignant en histoire au cégep et président du Mouvement national des Québécois, Gilles Laporte, préfère ne pas tirer la sonnette d’alarme trop rapidement. « Je n’ai pas l’impression que les dés sont déjà jetés », a-t-il dit, en convenant toutefois que cet appel de candidatures a pu causer une certaine surprise. Celui-ci aurait été rédigé par des gens qui ne semblent pas nécessairement bien connaître les enjeux, croit-il.

Au cabinet du ministre Duchesne, on soutient que le cap est maintenu sur l’implantation du cours d’histoire nationale et que le groupe de travail sera constitué « majoritairement de professeurs d’histoire ». Le ministre prendra d’abord connaissance des objectifs et standards, prévus pour la fin de l’automne 2013, avant d’annoncer les modalités du cours.

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Le Corps Politique

Le corps-à-corps des Femen

Jeunes féministes soldates contre le patriarcat, amazones d’aujourd’hui, les Femen empruntent au monde militaire la mise en danger de soi et l’usage du spectacle

Martine Delvaux, Le Devoir, 3/10/2013
La peau rougie des manifestantes à la sortie du Salon bleu ne laisse aucun doute sur l’effet des mains des gardes de sécurité sur le corps. C’est une peau qui porte les traces d’un réel corps-à-corps.
Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La peau rougie des manifestantes à la sortie du Salon bleu ne laisse aucun doute sur l’effet des mains des gardes de sécurité sur le corps. C’est une peau qui porte les traces d’un réel corps-à-corps.

Le 1er octobre, trois jeunes femmes, assises dans la tribune du Salon bleu, se sont soudainement redressées, ont dénudé d’un coup le haut de leur corps, et ont scandé le slogan qui y était inscrit à l’encre noire : « Crucifix, décâlisse ! » Ça s’est passé au moment où Pauline Marois prenait la parole. À l’écran, on voit la première ministre, qui vient elle aussi de se lever, le regard porté vers le lieu d’où viennent les cris. Ce lieu, ce sont les corps de trois membres de l’organisation militante Femen Québec. Rapidement entraînées hors de la salle par des gardes de sécurité, forcées de se rhabiller, Stéphanie « Sun Art », Julie-Anne Beaulac et Xenia Chernyshova ont ensuite été escortées à l’extérieur du Parlement.

Les Femen se sont levées à la tribune du Salon bleu au moment où Pauline Marois prononçait les mots « agir maintenant… ». Et c’est bien ce que les trois jeunes femmes ont fait : elles ont agi, théâtralement, pour dénoncer le statu quo gouvernemental concernant la place du crucifix à l’Assemblée nationale. Parce que les Femen agissent, elles sont des actionnistes. Leur objectif est de surprendre, déranger, troubler l’ordre public par des actions pacifistes où les seuls corps qu’elles mettent en jeu et en péril sont les leurs. Le Web nous permettra de lire nombre de commentaires décriant le fait qu’elles se dénudent, tout comme on ramènera sur le tapis les révélations faites lors de la Mostra de Venise concernant le rôle d’un homme, Viktor Svyatski, lors de la fondation du groupe. (Il faut pourtant écouter Inna Shevchenko raconter comment Femen est né d’un collectif de femmes que Svyatski a tenté de mettre sous emprise, une emprise dont elles se sont libérées.) L’essentiel de ce qui est retenu contre les Femen concerne leur usage de la nudité, comme si ce choix constituait d’une part une provocation, d’autre part une reconduction, bien entendu inconsciente, des stéréotypes féminins et de l’instrumentalisation millénaire des femmes. Toutefois, si on s’en tient à cette seule dimension, on passe à côté de l’intérêt que représente le mouvement Femen : on ne saisit pas, justement, le sens de cet emploi de la nudité.

Plus qu’un strip-tease

Dans la tradition du militantisme nu mis à profit, au fil des années, par les féministes (qu’on pense aux manifestations tenues dans les années 70), les Femen dénudent leur poitrine pour dénoncer le sexisme et l’exploitation sexuelle des femmes, en lien (ou non) avec les dictatures et les monothéismes. Ce qu’elles font est bien autre chose qu’un strip-tease ! On peut être en désaccord avec le mode d’action choisi, comme on peut leur reprocher un discours politique parfois brouillon et des positions parfois trop radicales contre l’islam ; reste qu’il est important de chercher à comprendre la teneur de leurs actions plutôt que de les rejeter en bloc.

Jeunes féministes soldates contre le patriarcat, amazones d’aujourd’hui, les Femen empruntent au monde militaire la mise en danger de soi et l’usage du spectacle. La différence, c’est qu’au lieu de revêtir un uniforme, elles se déshabillent. C’est la peau qui est leur uniforme, une armure bien fragile. Leur façon de manifester est un acte de désobéissance civile dans le contexte dominant d’une misogynie globale ; c’est une façon de quitter l’économie libidinale masculine et le monde tel que vu et dès lors créé par (et pour) le regard masculin. Contre l’immobilité de la poupée et des femmes de la publicité, les Femen proposent le mouvement. Quand elles manifestent seins nus, ce sont les panneaux d’affichage qui descendent dans la rue. Procéder ainsi a pour objectif de dénoncer le sexisme en passant par un de ses symboles, tout comme le fait de mener une action à l’intérieur du Salon bleu en criant « Crucifix, décâlisse ! » avait pour objectif de dénoncer la présence d’un symbole religieux au sein même de l’État en le désacralisant.

Corps à lire

On pourrait dire qu’en tombant des panneaux d’affichage, les filles nues dévoilent ceux-ci pour ce qu’ils sont : un outil d’objectivation. Ainsi, elles s’en distancient. Le corps des Femen n’est pas un corps qui appelle à jouir ; c’est un corps qu’on est appelé à lire. Leur nudité est un retour du boomerang : les Femen renvoient au visage de l’autre son désir pour la nudité féminine et ce que ce désir signifie politiquement. Mais ce désir, si elles donnent l’impression d’y répondre, c’est pour mieux le refuser. Elles tirent le tapis de sous les pieds ! C’est là un mouvement qu’on trouve chez nombre d’artistes féministes qui se servent des moyens d’oppression et d’expression de la domination masculine pour les retourner, comme un boomerang, là d’où ils viennent. C’est pour cette raison non seulement que les Femen retirent leurs vêtements, mais qu’elles se mettent physiquement en danger. Elles prêtent le flanc, littéralement, pour révéler (dévoiler !) le vrai visage de ceux qui sont en face. Et elles le font en tant que femmes. Leurs corps se dressent contre le corps policier, et elles dénoncent, en faisant mine d’y participer, l’érotisation des femmes dans l’espace public. C’est pour cette raison que les slogans écrits à même la peau sont essentiels : plus qu’un costume, ils sont l’écriture même du corps, un écran contre son érotisation. Les mots sont la peau, sont le vêtement. Il faut se demander, dès lors, ce qui reste vraiment de la nudité ?

Le corps des Femen est collectif et symbolique : il représente, il fait image. Mais il est en même temps singulier et organique : il souffre, il peut être blessé. C’est d’ailleurs ce que captent les caméras à la sortie du Salon bleu : la peau rougie, meurtrie, des manifestantes, une peau qui ne laisse aucun doute sur l’effet des mains des gardes de sécurité sur le corps, une peau qui porte les traces d’un réel corps-à-corps. Et ce corps-à-corps n’est pas sans visage. La poitrine des Femen est toujours associée à un visage, contrairement aux corps de femmes morcelés par les publicités ou la pornographie. Ce visage parle ; il crie. Descendre dans la rue, envahir l’espace public, même ici où on aime penser que de telles actions ne sont pas nécessaires, c’est imposer son corps. Et pas n’importe quel corps : un corps de femme. C’est refuser d’être laissée pour compte, reléguée au statut (inoffensif) d’image. C’est s’imposer comme faisant partie intégrante de cette population que représentent les membres de l’Assemblée nationale.

Martine Delvaux – Professeure de littérature à l’Université du Québec à Montréal, romancière et essayiste, auteure de Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage (Héliotrope, 2012).

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De la discrimination positive

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Cette semaine, assise sur mon banc d’école, une professeure a soufflé l’épais nuage noir qui obscurcissait une certaine notion controversée dont j’aimerais aujourd’hui vous parler : la discrimination positive.

Une entreprise est à la recherche d’un employé sachant taper au minimum 80 mots/minute. Un homme applique à ce poste, sachant taper 90 mots/minute. Une femme applique également à ce poste, celle-ci sachant taper 80 mots/minute. L’entreprise, qui a déjà un très grand nombre d’employés masculins, va privilégier l’embauche de la femme. Cette dernière remplit les qualifications demandées au même titre que l’homme, et l’entreprise accomplit deux choses importantes : De un, elle renvoie une image qui représente plus justement la composition de la société (aprox. 50% d’hommes, 50% de femmes) et de deux, elle permet à un groupe social «subordonné» d’avoir une opportunité qui ne se serait possiblement pas présentée ailleurs.

La discrimination positive parle d’elle-même. En partant de la prémisse qu’il y a un groupe social privilégié (l’homme blanc), il s’agit d’amener ce groupe au même niveau qu’un groupe social dit «subordonné». Cette situation est jugée positive parce que ce faisant, le privilège ancestral de l’homme blanc laisse place à une égalité des biens et des opportunités. Il est important de mentionner que cette discrimination positive n’a lieu (dans l’idéal) que lorsque deux candidats présentent les mêmes compétences. Si la femme de la situation précédente avait tapé 70 mots/minute, je suis d’accord que ça aurait été tant pis pour elle, puisqu’elle ne rencontrait pas les exigences.

Autre exemple donné par ma professeure. 1945, un jeune Américain noir applique dans une université du Texas. Sa candidature est rejetée, non parce que ses qualifications ne sont pas adéquates, mais parce que l’université n’accepte que des Blancs.  Plus récemment, à New York, un jeune Américain blanc applique dans une université, dans un programme contingenté. La place libre dans ce programme est donnée à un autre jeune, qui possède les mêmes qualifications que le premier (De Funis, s’appelait-il). Donc, De Funis poursuit l’université en justice car, scandale, elle a donné SA place à un Noir. Ce jeune, qui avait les mêmes aptitudes et qualifications, eh oui, sa peau était un peu plus foncée. De Funis perdra son procès, car il ne s’agissait pas de SA place dans ce programme. Voilà l’erreur que le Blanc tend à commettre bien trop souvent même encore aujourd’hui. Dans un effort vers une société plus juste, il est important que toutes les institutions tentent de représenter au mieux toute la variété d’individus présents dans la société. Cela, mais aussi de donner une juste opportunité à un membre d’une communauté minoritaire. Car De Funis, lui, ira appliquer dans une autre université du pays, et il sera certainement choisi ailleurs. Certes, il n’a pas eu son premier choix, c’est dommage. Mais, lorsqu’on pense au jeune Noir qui est tout aussi qualifié, il faut réaliser que son risque de refus monte en flèche comparé à un Blanc. L’égalité des chances n’est pas la même. Ailleurs, il court le risque d’être jugé sur la couleur sa peau, sur sa capacité économique, sur sa famille, sur son quartier, sur n’importe quel détail susceptible de titiller les préjugés et stéréotypes qui habitent tel ou tel comité de sélection.

De Funis dira pendant son procès: « On ne m’a pas traité de manière égale.» C’est parce qu’en réalité, il n’y a pas d’égalité. Malgré les efforts passés et  contemporains, le groupe social de l’homme blanc se trouve toujours privilégié, alors que tous les autres se trouvent sous représentés (et je ne commence pas à parler d’une femme de couleur, qui par exemple, se trouve au carrefour de 2 groupes subordonnés, se retrouvant du coup encore plus bas sur notre échelle).

Une injustice n’a pas frappé De Funis. Le droit fondamental d’être traité d’égal à égal avec toute personne a été respecté, au contraire du jeune Noir des années 40. Toutefois, la discrimination positive a agi, et a fait en sorte d’offrir une opportunité supplémentaire à un groupe sous représenté de la société, le ramenant vers le groupe dominant.

Cela peut parfois être choquant, en pensant aux individus. Mais dès qu’on accepte cette réalité, qu’il y a effectivement un groupe en société qui est privilégié par rapport aux autres, je crois que dans l’effort vers une société plus juste et égalitaire, ça se justifie de soi-même.

Jacynthe Fournier-Rémy

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Féminisme et « processus rationnel de sécularisation »

Fragile, la liberté féminine

Boucar Diouf, La Presse 21/09/13

Dans cette saga qui divise profondément la société québécoise, les médias nous montrent régulièrement des figures de jeunes femmes qui, dans leur désir légitime de contestation identitaire, affirment très fort être femme voilée et libre. La dernière que j’ai entendue s’appelait Fatima et elle se disait aussi féministe.

Je ne veux absolument pas philosopher sur le voile, sa symbolique ou son histoire parce qu’il est vrai que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Loin de moi donc, Fatima, l’idée de poser un quelconque jugement sur tes valeurs ou de m’insurger contre tes certitudes.

Ceci dit, je ne peux résister à la tentation de te rappeler qu’être à la fois jeune, femme voilée et libre dans ses choix est un grand privilège qui impose aussi un certain devoir de mémoire à celle qui le scande.

Il est en effet long et laborieux, Fatima, le chemin vers cette liberté féminine aujourd’hui à la portée de toutes. Si on veut comprendre toute l’histoire, disait mon grand-père, mieux vaut avoir lu celle qui précède avant d’écrire celle qui suit.

Elle a commencé en Occident avec les assauts des penseurs des Lumières contre l’obscurantisme et la superstition. Ils étaient philosophes, architectes, intellectuels et humanistes de toutes disciplines à rebondir sur les idées de la Renaissance et à harceler le christianisme pour le rendre plus égalitaire et moins violent. Lorsqu’en 1095, le pape Urbain II a béni les chevaliers à partir de la ville de Clermont, devenue Clermont-Ferrand, le «tu ne tueras point» biblique, aujourd’hui universel, n’incluait pas le camp des infidèles qui avaient le croissant lunaire comme symbole. Au contraire, dans leur désir de libérer Jérusalem, les croisés avaient pour mission de les massacrer.

Il a donc fallu, Fatima, le travail colossal de bien des catalyseurs de changement pour faire basculer la chrétienté du Moyen Âge à la Renaissance et ensuite au Siècle des Lumières. Une lumière qui allait rester très terne pour les femmes, jusqu’à ce que le mouvement féministe déclare une guerre de tranchées aux phallocraties occidentales. Son objectif? En finir avec l’assujettissement, l’infantilisation, la marginalisation et la mise sous tutelle dont les femmes ont toujours été victimes, en grande partie à cause de la religion.

Parce qu’il faut savoir, Fatima, que les trois religions abrahamiques que sont l’islam, le christianisme et le judaïsme n’ont pas été très tendres avec la féminité. Si tu ne me crois pas, je te conseille de retourner dans la Genèse revisiter l’épisode de Sodome et Gomorrhe, où le personnage de Loth offre en pâture ses deux filles vierges à la population pour protéger les anges qui séjournaient chez lui. Ou mieux encore, regarde comment Abraham terrorisé s’est comporté avec sa femme Sarah devant le pharaon!

Cette supposée volonté divine de faire de la femme une servante de son homme sera la principale cible de cette révolution féminine. Une injustice qui amènera Simone de Beauvoir à proclamer que la féminité était plus le fait d’une construction sociale que d’une prédestinée génétique. Dans Le deuxième sexe, cette grande dame écrira d’ailleurs la tirade la plus subversive du féminisme: on ne naît pas femme, on le devient.

Des Simone de Beauvoir, Fatima, il y en a eu dans tous les pays. Au Québec, elles s’appellent Marie Gérin-Lajoie, Thérèse Casgrain, Idola Saint-Jean, Madeleine Parent, Simone Monet-Chartrand, Janette Bertrand… Si tu veux saluer le travail de ces militantes, dont certaines ont consacré leur vie à te préparer le terrain, je te conseille de lire le merveilleux bouquin de Micheline Dumont Le féminisme raconté à Camille. C’est un concentré d’une grande clarté de la longue marche vers cette précieuse, mais ô combien fragile, égalité des sexes dont nous profitons tous aujourd’hui sur cette terre d’accueil.

Fatima, si on peut aujourd’hui, au Québec ou au Canada, choisir sa liberté et son féminisme dans le voile ou à découvert, non seulement on a un devoir de mémoire envers les artisans de cette liberté, mais on a aussi une obligation de solidarité avec ces consoeurs vivant dans des pays où les mêmes dogmes religieux qui les empêchent encore de voter et d’avoir un permis de conduire, les obligent aussi à se couvrir.

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Une laïcité ouverte à tous les intégrismes

Ce texte paru en 2011 est une recension critique du livre de Charles Taylor et de Jocelyn Maclure, Laïcité et liberté de conscience. Par sa remarquable clarté ce texte de Louise Mailloux nous permet de comprendre les présupposés philosophiques auxquels adhèrent ceux qui s’opposent au projet de «Charte des valeurs québécoises» et qui revendiquent plutôt une «laïcité ouverte», quitte à y sacrifier la rationalité des Lumières…

Laïcité: au coeur du débat avec Charles Taylor

Louise Mailloux

Deux ans après la publication du rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, les philosophes Jocelyn Maclure et Charles Taylor nous livrent un ouvrage dans lequel ils développent et approfondissent l’argumentaire en faveur de la laïcité ouverte.

Soulignant d’entrée de jeu le manque d’analyse conceptuelle adéquate quant aux principes constitutifs de la laïcité, les auteurs proposent un découpage dans lequel le respect de l’égalité morale et la protection de la liberté de conscience constituent les deux grandes finalités de la laïcité, alors que la séparation de l’Église et de l’État et la neutralité de ce dernier n’en forment que le mode opératoire. Cette neutralité de l’État n’étant ici qu’un moyen qui, selon les auteurs, a été fétichisé par la conception républicaine.

Une telle analyse a pour effet de limiter les prétentions de l’État, tout en propulsant l’individu au cœur de la problématique laïque. Mais ce raisonnement comporte une grave erreur parce qu’il suppose que la liberté de conscience peut exister avant même qu’il y ait séparation entre le politique et le religieux. Or, et l’histoire en témoigne, c’est justement le fait d’exclure le religieux du politique qui va permettre à la liberté de conscience d’exister ultérieurement. Dans un État où la religion n’a pas été séparée du politique, la liberté de conscience n’existe pas. Il en est d’ailleurs ainsi dans la très grande majorité des pays musulmans où la religion est liée au politique et où la liberté de conscience est inexistante.

Le moment fondateur de la laïcité n’est donc pas l’individu mais l’État. Un État neutre eu égard aux croyances et qui par sa neutralité produit, nous dit Catherine Kintzler, un espace a priori pouvant accueillir toutes les options. C’est cet espace commun qui fait advenir la liberté de conscience et l’égalité des droits qui ne préexistent nullement à la séparation de l’Église et de l’État.

De réduire l’État à n’être qu’un moyen, c’est aussi sous-estimer les raisons historiques qui ont conduit au régime de laïcité, occulter le caractère hégémonique des religions et négliger l’opposition légendaire d’un régime laïque contre toutes formes de cléricalisme. Parce que seule la séparation de l’Église et de l’État peut empêcher qu’une religion impose ses règles de vie à l’ensemble des citoyens. En tenant compte de la conjoncture actuelle où les démocraties subissent les assauts de l’intégrisme religieux, ne pas considérer celle-ci comme étant une finalité à la laïcité relève tout simplement de la bêtise ou de la mauvaise foi.

L’approche de Maclure et Taylor s’inscrit dans le cadre du libéralisme politique qui ne reconnaît de légitimité morale qu’à l’individu. Se réclamant de Locke pour attester l’incompétence de l’État en matière spirituelle et de Rawls  pour nous rappeler les limites de la rationalité à pouvoir définir ce qu’est la vie bonne, l’État libéral se voit donc disqualifiée dans sa capacité et son droit d’affirmer des valeurs communes puisqu’il n’y a que l’individu qui jouit d’une telle autonomie morale. Seules la dignité, les droits de la personne et la souveraineté populaire sont considérées par les auteurs comme des valeurs communes légitimes parce qu’indissociables de toute démocratie.

Ils accusent donc l’État républicain de ne pas être neutre puisqu’il défend une conception séculière du bien qu’ils qualifient de «religion civile» et dans laquelle bon nombre de citoyens religieux risquent de ne pas se reconnaître. Ainsi l’universel est transformé en particulier occidental arrogant et le principe d’égalité des sexes en parti-pris particulier occidental. Maclure et Taylor considèrent que le seul fondement légitime de l’État doit se limiter aux valeurs énoncées dans les chartes qui ne reconnaissent que les droits individuels, refusant donc à la nation québécoise le droit à la reconnaissance, la rabaissant, comme ce fut le cas dans le rapport Bouchard-Taylor, au rang d’une majorité ethnique. Cela fait tout de même beaucoup de refus pour un État libéral qui a la prétention de tout accepter sans faire violence à personne…

Toute définition extrinsèque du bien commun étant exclue, ne reste plus à l’État libéral qu’un seul rôle; celui de la prise en charge du pluralisme religieux de nos sociétés modernes, celui d’harmoniser le vivre-ensemble en protégeant l’expression des différentes conceptions du bien même si elles sont parfois opposées. Cette conception de la neutralité de l’État d’inspiration rawlsienne fait penser à la recette du succès du fromage Le P’tit Québec; le moins de saveur possible pour que tout le monde en mange.

Celle-ci servira de toile de fond  pour promouvoir la laïcité ouverte et justifier ses implications, notamment en ce qui concerne le port de signes religieux dans les institutions publiques. L’argument central est bien connu; l’exigence de neutralité s’adresse aux institutions et non aux individus. Ce serait donc porter atteinte à la liberté de conscience que d’interdire le port de tels signes. Fi du symbolisme, fi du prosélytisme, fi de l’intégrisme.

Dans la deuxième partie du livre, les auteurs vont développer un argumentaire visant à justifier l’obligation juridique d’accommodement dans le cas des croyances religieuses en montrant que celles-ci ne sont pas de simples préférences puisqu’elles sont liées au sentiment d’intégrité morale d’une personne et à l’estime qu’elle se porte à elle-même. Ne pas reconnaître ces croyances, disent les auteurs, équivaudrait à nier l’identité de la personne et lui causer un tort moral irréparable qui contreviendrait à son droit à l’égalité. Maclure et Taylor iront même jusqu’à affirmer qu’en raison du rôle joué dans l’identité morale, le statut des croyances religieuses est particulier et qu’elles doivent donc jouir d’une protection juridique spéciale. Ils se réjouissent d’ailleurs du fait que le seul critère retenu par la cour Suprême soit celui de la sincérité du croyant, les tribunaux n’ayant donc pas à juger des dogmes religieux.

Finalement les auteurs concluent en disant : «Ce type de société exige des citoyens qu’ils fassent abstraction des désaccords moraux et philosophiques, parfois profonds, qu’ils ont avec leurs concitoyens au nom de leur intérêt plus fondamental à vivre dans une société suffisamment stable et harmonieuse.» Et d’ajouter : «… le prix à payer pour vivre dans une société qui protège l’exercice des libertés de conscience et d’expression est d’accepter d’être exposé à des croyances et à des pratiques que nous jugerons fausses, ridicules ou blessantes.» Interdit de juger, interdit de penser. Ce serait faire preuve d’outrecuidance et d’ethnocentrisme. Seul l’individu est souverain. Mais les auteurs se défendent bien de tomber dans le relativisme en disant plutôt se fonder sur le droit à l’égalité garanti par les chartes. Du libéralisme pur jus.

Une telle position n’est pas que formelle en ce qu’elle accorde une présomption de valeur à toutes les cultures. Mais comment fonder cette présomption? C’est Charles Taylor lui-même qui nous donne la réponse dans son livre MulticulturalismeDifférence et démocratie : «L’un des fondements proposés est d’ordre religieux. Herder, par exemple, avait une conception de la divine Providence selon laquelle toute variété de culture n’était pas une pure contingence, mais était censée apporter une plus grande harmonie. Je ne saurais écarter une telle conception.» Voilà que Dieu et le sens du sacré sont réintroduits subrepticement dans l’histoire par le biais de cette divine Providence, voulant que tout soit nécessaire, y compris les cultures qui sont l’œuvre de Dieu. Père, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel! Faut-il s’étonner alors d’une défense de la laïcité ouverte aux religions?

Ce romantisme chrétien qui s’oppose au rationalisme des Lumières et à l’universalité de la raison cartésienne ou kantienne, est le sous-entendu capital de cette laïcité ouverte. Il en est son secret le mieux gardé et son parti-pris le mieux dissimulé…

On associe généralement le totalitarisme à l’État qui écrase l’individu et étouffe sa liberté. C’est essentiellement cette vision orwellienne de l’État qui anime la pensée libérale. Mais permettez-moi de souligner qu’avec cette offensive du religieux sur la base des droits individuels, les bienpensants de la laïcité ouverte nous interdisent de penser et de juger en même temps qu’ils se font les alliés des intégristes les plus virulents dont les penchants et les sympathies pour le totalitarisme ne sont plus à démontrer. Mais évidemment, ceci se passe en 2010 dans une autre galaxie. Loin de chez nous…

Laïcité et liberté de conscience

Jocelyn Maclure et Charles Taylor,

Boréal,

Montréal, 2010, 161 pages

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Ciriac, ce vendredi!

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Sans crucifix

assemblée nationale 1887

L’assemblée nationale en 1887, « avec pas » de crucifix. Ce n’est en effet qu’en 1936 qu’il y fut introduit par le gouvernement de Maurice Duplessis.

«Cette décision de Duplessis n’est pas fortuite; elle est réfléchie et correspond au désir du nouveau gouvernement d’effectuer un virage dans les relations entre l’Église et l’État québécois. Duplessis veut montrer qu’il se distingue des gouvernements libéraux antérieurs en étant davantage à l’écoute des principes catholiques.» Lire ici l’article du professeur d’histoire Jacques Rouillard.

BLx via Étienne Lambert-Ertug

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