Archives de Catégorie: Culture et société

Que reste-t-il du fait français et de la lutte des Métis au XIXè siècle?

Une nouvelle occasion de revenir sur l’histoire de ce pays et ses grandes trahisons.

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Encore se battre

Josée Boileau, Le Devoir, 02/08/14

Si la défense du français s’essouffle au Québec, tout enamouré d’un franglais qui javellise tout et colonise davantage, on trouve encore des résistants, notamment en Alberta où deux francophones viennent d’obtenir leur ticket pour la Cour suprême. Une nouvelle occasion de revenir sur l’histoire de ce pays et ses grandes trahisons.

Il semble bien tortueux le chemin qui mène des luttes des Métis du XIXe siècleà la rédaction d’une contravention en Alberta il y a six ans. Il est pourtant logique, puisque c’est encore la défense du français qui en est le fil conducteur.

Après avoir été balayés du revers de la main par des cours provinciales, les arguments à teneur historique de Gilles Caron et Pierre Boutet, qui contestent des contraventions rédigées en anglais en Alberta, seront entendus en Cour suprême, a annoncé celle-ci jeudi. Les francophones hors Québec saluent cette nouvelle note d’espoir pour faire valoir leurs droits. Mais l’affaire est loin d’être gagnée tant, sous couvert d’articles de lois, elle s’accompagne d’une véritable lecture politique de la construction du Canada que les francophones de tout le pays, au Québec y compris, ont intérêt à connaître.

Pour faire valoir leur cause, les avocats de MM. Caron et Boutet s’appuient sur des ententes d’avant l’entrée de l’Alberta au sein de la Confédération canadienne en 1905, notamment des promesses faites aux Métis, dont les territoires étaient touchés par la création d’une nouvelle province et qui refusaient absolument d’intégrer le Canada. Pour arrêter la rébellion, la reine Victoria avait accepté d’entendre leurs revendications. Au nombre de celles-ci se trouvait clairement la protection du français, notamment le droit à la publication d’ordonnances dans les deux langues. Par la Proclamation royale de 1869, la Couronne britannique avait répondu « que sous l’union avec le Canada, tous vos droits et privilèges civils et religieux seront respectés ».

Qu’en est-il resté une fois les Métis apaisés et leur adhésion acquise ? Rien, a tranché la Cour d’appel de l’Alberta l’an dernier. Rien parce que, a dit un premier juge, il aurait fallu, au-delà des promesses et des engagements, que ladite assurance de préserver le français soit spécifiquement inscrite dans des textes de loi une fois la province créée, ce qui n’a pas été fait.

Vraiment rien, a ajouté un deuxième juge de la même cour, parce que non seulement la protection du français n’a pas été enchâssée dans les lois albertaines, mais en plus les citoyens et les gouvernements ont besoin de « certitude et de prévisibilité » en matière de droit. Or les droits linguistiques sont « susceptibles de susciter la controverse et de semer la discorde ».

Le lecteur en déduira qu’il vaut mieux ne pas trop faire d’histoires et prendre son trou… De fait, le même juge conclut ainsi : « il est incontestable que la période entre 1867 et 1905 est riche d’histoire », mais les politiques publiques changent et la démographie aussi, signale-t-il. Les promesses, les garanties ne valent rien si les lois n’en font pas état : c’est un « obstacle insurmontable », tranche au final la cour dans une relecture historique qui ne tient aucun compte de l’arrière-fond politique qui a présidé à la dégradation de la francophonie au Canada en plus de 100 ans.

Il sera donc intéressant de voir comment la Cour suprême abordera le dossier. En matière de droits autochtones, elle a su dépasser une lecture littérale de la loi pour tenir compte des engagements de la Couronne britannique et donner ainsi prise aux demandes des premiers habitants du territoire canadien.

Pour les droits des francophones, le portrait est plus flou. L’an dernier, la Cour suprême avait rendu une décision d’une grande insensibilité dans une cause qui opposait la Colombie-Britannique au Conseil scolaire francophone de cette province. En s’appuyant sur une loi britannique de 1731, la Cour statuait que tous les documents, même un simple dépliant !, déposés devant les tribunaux de la province devaient être traduits. L’effet était dévastateur pour le Conseil scolaire dont toute la documentation interne, qui devait servir en cour, était en français. De toute évidence la Colombie-Britannique usait d’une manoeuvre dilatoire pour combattre le droit à l’éducation dans sa langue à sa minorité. Mais une vieille loi coloniale l’emportait sur la défense du français, les juges soulignant en plus que, après tout, ce sont les provinces qui décident en matière linguistique.

C’est pourquoi il n’y a rien de gagné dans la bataille de l’Alberta. Mais c’est assurément une autre leçon d’histoire qui doit être suivie de près.

BLx

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40 fruits

L’arbre aux 40 fruits

Un artiste a créé, au moyen de greffes, un hybride où pousse une variété de fruits

Mélanie Loisel, Le Devoir 1/08/14

En pleine ville de New York, un professeur d’art de l’Université de Syracuse, Sam Van Aken, vient de réussir un tour de force en créant un arbre unique capable de produire une variété de fruits à noyau. L’arbre aux 40 fruits, comme il l’appelle, est devenu une véritable curiosité à travers le monde, alors qu’il est possible d’y cueillir à la fois des pêches, des nectarines, des prunes, des abricots, des cerises et peut-être même des amandes, cette année.

« J’avais envie de créer une sorte d’arbre de la vie », lance M. Van Aken lors d’une entrevue téléphonique accordée au Devoir. Cette folle idée lui est venue en 2008, lorsqu’il a appris que le centre d’expérimentation agricole de New York risquait de fermer ses portes. L’artiste contemporain a décidé d’acheter le terrain pour éviter de perdre cette terre fertile et reconnue pour ses cultivars de prunes et d’abricots. « J’ai grandi dans une ferme, la nature a toujours été pour moi une source d’inspiration et ce verger était le plus riche en variétés de fruit à l’Est des Rocheuses américaines », note-t-il.

En fait, il y avait plus de 250 variétés de fruit à noyau, dont certaines variétés autochtones et antiques dataient de plus d’un siècle.

Art floral

M. Van Aken s’est alors mis à imaginer un arbre au feuillage multicolore en s’inspirant notamment des tableaux de Monet. Pour arriver à créer ce spécimen, il s’est mis à élaborer un calendrier en prenant en considération la floraison de toutes les variétés de fruit. Puis, il a pris une première bouture d’arbre de trois ans qu’il a laissé pousser, avant de commencer à greffer aux branches différentes variétés de fruit. Il a utilisé une technique appelée « greffe en écusson ».

« En greffant dans un certain ordre les variétés sur l’arbre, je voulais arriver à créer un arbre qui non seulement produise plusieurs fruits, mais aussi qui ressemble à une sorte d’oeuvre d’art quand il est en floraison », explique-t-il.

Pendant cinq ans, M. Van Aken a ainsi greffé ses variétés de fruit sur son plant d’arbre initial, puis il a dû attendre presque deux ans avant que les premiers fruits n’apparaissent. « C’était vraiment surprenant de voir toutes ces variétés de fruit », s’exclame-t-il, ajoutant qu’il a planté différents cultivars tels que des prunes vertes de France, des prunes asiatiques et même une variété de pêche de l’Ontario.

Et, à l’écouter, les fruits qui ont poussé sont délicieux. « Ça n’a rien à voir avec ce qu’on goûte au supermarché, assure-t-il. Il y a même une variété qu’on n’a jamais vue au marché, ça goûte comme la banane et ça ressemble à une pomme verte. »

Mais, pour le moment, son premier arbre à 40 fruits, situé sur le campus de l’université, n’est pas encore arrivé à maturité. Entretemps, une quinzaine d’arbres similaires ont aussi été plantés près de musées et de centres communautaires au Massachusetts, au New Jersey et en Californie.

Dix ans après leur plantation, M. Van Aken soutient que les arbres aux 40 fruits devraient en faire voir de toutes les couleurs aux passants avec ses teintes de rose, de fuchsia et de blanc lors de sa floraison au printemps. Les fruits qui y seront cueillis seront remis aux fermiers locaux, à moins, bien sûr, que les écureuils et les étudiants ne les récoltent auparavant !

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888, 246 Coquelicots à Londres

«Blood Swept Lands and Seas of Red»

Pour commémorer la Première guerre mondiale, 888, 246 coquelicots de céramique s’écoulant tel un flot de sang de la Tour de Londres, chacun représentant un britannique ou un « sujet » de l’empire colonial mort lors de ce conflit mondial. Une oeuvre de Paul Cummins et Tom Piper.

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Via Colossal

 

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Combats sans merci de… cerfs volants!

Les habitants des favelas de Rio de Janeiro, surtout les enfants, pratiquent un certain art de la guerre, la guerre des cerfs volants. Du haut des toits ils s’affrontent, quartiers contre quartiers, pour la conquête du ciel. Chacun cherche alors à couper la corde de l’autre, corde enduite de cire et de verre concassé, – plaisir enfantin qui laisse du sang sur les mains…

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«Je pense que nous devrions tous avoir des ailes, comme les oiseaux. Mais puisque nous n’avons pas d’ailes, nous faisons voler des cerfs volants.»

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Via Colossal

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Palestine / Israël / Montréal juillet 2014

 

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Un staut Facebook de Tayahout-Nicolas

Grand reportage

Ce soir, et il faut être à Montréal pour voir ça, une manifestation Palestiniens/Juifs… ensemble pour condamner l’État d’Israël !

Un adulte palestinien portait un enfant juif sur ses épaules et un adulte juif portait, lui, un jeune palestinien !

Belle image !

de votre envoyé spécial Tayaout-Nicolas | Photographe professionnel:

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1914-1918: Les noirs dans l’armée canadienne

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L’arrivée du bataillon de construction no 2

L’histoire méconnue de la discrimination envers les Noirs dans l’armée canadienne en 1914-1918

Caroline Montpetit, Le Devoir, 18/07/ 2014

 

Cent ans après le début des hostilités, certains aspects de la Première Guerre mondiale demeurent méconnus. C’est le cas de la discrimination envers les Noirs qui a été pratiquée par les officiers de l’armée qui enrôlaient les soldats.

Cette discrimination était si forte que, sous la pression du lobby noir qui voulait participer à l’effort de guerre, l’arméecanadienne a fini par former un bataillon exclusivement formé de Noirs, le bataillonde construction no 2.

L’histoire a été racontée dans deux livres publiés par feu le sénateur canadien Calvin Ruck, Canada’s Black Battalion : no 2 Construction 1916-1920 et The Black Battalion 1916-1920 : Canada’s Best Kept Military Secret.

M. Ruck y raconte comment les Canadiens noirs qui souhaitaient s’enrôler dès 1914 se faisaient systématiquement rejeter par les officiers, certains de ceux-ci allant jusqu’à dire qu’il s’agissait d’une guerre de Blancs, dont ils n’avaient pas à se mêler.

« En 1914, au début de la guerre, les Noirs ont demandé, comme plusieurs autres Canadiens, à aller défendre leur pays. Mais c’est seulement après qu’il y a eu énormément de pression et de lobby politique qu’on les a finalement laissés partir », raconte Michael Farkas, président de la table ronde du Mois de l’histoire des Noirs de Montréal, qui souhaiterait monter une exposition sur le sujet. Alors que le gouvernement fédéral avait pour politique officielle d’accueillir tous les citoyens dans l’armée, les soldats blancs ne voulaient pas côtoyer des Noirs dans leurs rangs.

Par exemple, en novembre 1915, le lieutenant-colonel George W. Fowler écrit une lettre à un supérieur pour lui demander la permission de ne pas recruter de soldats noirs.

« J’ai eu la chance de trouver une très grande qualité de recrues, et je ne trouvais pas juste pour eux de devoir se mêler à des nègres », écrit-il, tel que cité dans le livre de Calvin Ruck. Certains commandants « ne croyaient pas que les Noirs pouvaient faire de bons soldats », ajoute M. Farkas. Pourtant, les Noirs d’Amérique avaient déjà servi dans plusieurs guerres.

Le bataillon noir est finalement parti en 1918, alors que les troupes canadiennes commençaient à manquer de renfort et que la conscription était désormais obligatoire au pays.

« Ils sont partis le 28 mars 1918. Ils étaient 19 officiers et 605 soldats. Le seul Blanc était le général, le général Sutherland, raconte Michael Farkas. Mais ils ne voyaient pas le combat. Ils étaient dans un bataillon de construction. Ils creusaient les tranchées. Ils érigeaient des camps. Ils déplaçaient du matériel de construction. C’était un travail de manutention. »

Parallèlement, quelques soldats noirs ont été enrôlés dans d’autres bataillons et se sont retrouvés sur la ligne de combat.

C’est le cas du père de Dolores Sandoval, de Montréal, parti à la guerre en 1918 avec un ami, et dont l’ami est mort des suites d’une attaque de gaz moutarde.

« Ils avaient essayé de s’enrôler plus tôt durant la guerre, mais on n’avait pas voulu d’eux », raconte Mme Sandoval, qui vit toujours à Montréal.

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« Créolisation » in the make?

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«J’rape un suicide…»

Christian Rioux, Le Devoir, 18/07/14

Au début des années 1960, longtemps avant les retrouvailles de 1967, Alain Peyrefitte était venu au Québec. Celui qui allait devenir le ministre de Charles de Gaulle était revenu inquiet de son séjour. Il s’était promené dans les quartiers ouvriers de Montréal où il avait entendu parler joual, le joual désignant ici non pas les traits particuliers du français du Québec, mais ce mélange bien spécifique de français et d’anglais qui caractérisait à l’époque les milieux montréalais les plus pauvres et les plus anglicisés. Grand voyageur et diplomate de carrière, Peyrefitte avait aussitôt compris que le français y était menacé de créolisation. Il en revint décidé à convaincre le général qu’il fallait favoriser les échanges culturels par tous les moyens. D’ailleurs, grâce aux efforts collectifs des Québécois, la qualité du français aujourd’hui parlé dans ces milieux est sans commune mesure avec celle d’hier.

Étrangement, nos curés de la langue continuent à pousser de hauts cris chaque fois qu’ils entendent le mot « créole ». Loin de toute connotation morale ou péjorative, celui-ci décrit pourtant une réalité linguistique. Le créole est un système linguistique issu du mélange de plusieurs langues comme on en trouve par exemple dans les Antilles. Au Québec, il désigne une forte interpénétration du français et de l’anglais qui rend la langue de ceux qui la parlent incompréhensible à ceux qui ne sont pas bilingues. Comprenons-nous bien, on ne parle pas créole en disant « passe-moi le ranch », une phrase dont la structure est française à l’exception d’un mot. Il faut pour cela que les deux langues se mélangent au point pratiquement d’en former une nouvelle.

Ce débat a été récemment relancé autour de Dead Obies, un groupe de jeunes rappeurs qui s’amuse justement à pratiquer un créole que presque personne n’est en mesure de comprendre. En voici un exemple : « C’est qui ça Jo Rocka ? / Buddy, y’a juste God qui peut judge, pis y’est pas là / Y’a pas d’mothafucka fresh like us / J’print Dead-O sur un T pis tu veux dress like us / So I’m takin a bath a’ec le yâb’en maillot Prada / Canot-Kayak a’ec Mahée Paiement su’l’Chayo Phraya ».

Il y a plus d’un an, j’avais écrit qu’il fallait « être sourd pour ne pas sentir ce nouvel engouement suicidaire pour l’anglais qu’ont récemment exprimé, dans une langue déjà créolisée, les jeunes francophones du groupe montréalais Dead Obies ». Il ne s’agit pas de reprocher à Dead Obies d’écrire dans une langue ou l’autre. Après tout, Claude Gauvreau n’écrivait-il pas en exploréen ? Or, au lieu de revendiquer un geste purement artistique, nos rappeurs prétendent écrire dans « la langue de la rue », celle de l’avenir prétendument « métissé » de la jeunesse actuelle. Comme si la modernité ne pouvait pas s’exprimer en français.

Les chanteurs poussent d’ailleurs le ridicule jusqu’à donner des entrevues parsemées d’étonnants « whatever » ou « get the fuck of that ». Claude Gauvreau n’a pas demandé au peuple de parler exploréen et Michel Tremblay n’a jamais fait un fou de lui en s’exprimant comme la « grosse femme ». Le joual de Tremblay est une invention littéraire, ce qui n’empêche pas son auteur de s’exprimer dans une langue comprise de Dakar à Bruxelles.

Tel n’est pas le cas des chanteurs de Dead Obies, qui sont convaincus d’être les prophètes d’une nouvelle langue « métissée »« multiculturelle »… mais étrangement anglaise. Qu’on ne s’y trompe pas, le combat de Dead Obies est un combat politique. Selon eux, la défense du français au Québec est dépassée. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à associer les nationalistes et ceux qui défendent le français à des « suprémacistes blancs », comme dans cette entrevue accordée le 6 décembre 2013 à CISM FM.

Or, je le répète, cet éloge d’un créole dominé par l’anglais est proprement suicidaire au Québec. Ces jeunes rappeurs ne semblent pas se douter de la chance qu’ils ont de pouvoir s’exprimer dans une langue parlée par plus de 200 millions de personnes dans le monde. Je me souviens d’avoir interviewé des Catalans et des Néerlandais qui enviaient les Québécois de parler une grande langue internationale qui leur donnait un accès direct à toute la littérature et à toute la cinématographie internationales.

Que le métissage linguistique soit un outil littéraire et enrichisse la langue, qui s’en plaindra ? Il en a toujours été ainsi, de Montaigne à Antonine Maillet. Mais Dead Obies n’intègre pas des mots anglais au français comme l’ont fait avec brio Plume Latraverse ou Luc Plamondon. Dans la langue de Dead Obies, c’est plutôt le français qui se noie dans la langue dominante. Que ce créole soit de plus revendiqué politiquement comme une langue à promouvoir dans un contexte où l’anglais est déjà la langue hégémonique, c’est, oui… un suicide. Les chanteurs de Dead Obies semblent d’ailleurs le confesser lorsqu’ils hurlent : « Do or die, j’rap un suicide ».

Le français est une grande langue de culture. L’anglais l’est tout autant. Mais si, pour passer de la langue de Vigneault à celle de Kérouac, il faut patauger pendant 200 ans dans un créole informe et médiocre, baragouiner une non-langue qui nous coupe de toute littérature, permettez-moi de ne pas être du voyage.

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Ambiancé

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Le film Ambiancé du cinéaste suédois Anders Weberg est le plus long film jamais réalisé: il dure 720 heures, 30 jours. Voici la bande annonce, un vrai teaser de 72 heures…

http://vimeo.com/88864793

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La lecture du journal d’hier

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«La lecture du journal au petit matin est une sorte de prière matinale réaliste. On oriente son attitude à l’égard du monde par rapport à Dieu ou à ce que le monde est. Lecture qui donne la même certitude que la prière pour savoir où l’on est»

Hegel,  Aphorismes 1803-1806, Philosophie n. 13, 1986

Un immense projet! La numérisation et la mise en ligne de 10 millions de pages provenant des journaux européens du passé.

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Mais qui est Vivian Maier?

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June 1953, New York, NY

1955, New York, NY

East 108th Street. September 28, 1959, New York, NY

Undated, Canada

Undated, Canada

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Vivianmaier.com

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Le paléoindien et l’archaïque ancien

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Découverte archéologique surprenante en Estrie

Pauline Gravel, Le Devoir 4/07/14

À East Angus en Estrie, des archéologues viennent d’exhumer sur les rives de la rivière Saint-François unmillier d’artefacts datant vraisemblablement de 8500 à 9500 ans, qui auraient été fabriqués par des descendants des premiers humains à avoir peuplé l’Amérique.

Éric Graillon, aujourd’hui archéologue au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, avait repéré le site en 1998 lors de sondages de prospection. Il y avait alors découvert des artefacts à une profondeur de 40 à 65 cm, alors que la plupart des vestiges retrouvés ailleurs en Estrie se situaient dans les 30 premiers centimètres de sol. De plus, les objets découverts avaient été sculptés dans une pierre absente dans la région, une rhyolite provenant du nord du New Hampshire et du Maine. Ces deux observations ont alors convaincu les archéologues que ces artefacts étaient fort probablement très anciens.

« On sait que des objets qui ont été abandonnés par des groupes humains ont pu s’enfoncer encore plus profondément sous l’action du gel et dégel ainsi que des animaux fouisseurs et des racines des arbres », explique le professeur Claude Chapdelaine, du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, qui a dirigé les fouilles à East Angus. « Dans 98 % des sites québécois, les objets se sont enfoncés ainsi de 30 cm. Mais il n’y a qu’un seul moment où les objets ont bougé de 60 à 80 cm, c’est à la fin de l’âge glaciaire. »

De 2002 à 2012, Claude Chapdelaine a fait des fouilles dans la région de Mégantic sur le site Cliche-Rancourt vieux de 12 500 ans qui est le seul site au Québec de la période du paléoindien ancien et qui renferme les traces des premiers humains à occuper le Québec.
Les Paléoindiens sont arrivés en Amérique en traversant le détroit de Béring, il y a 13 500 ans. Ils se sont d’abord installés dans les grandes plaines de l’Ouest américain, où ils ont inventé la pointe de projectile à cannelures, propre à la culture Clovis. Puis, de là, ils ont propagé cette culture à travers toute l’Amérique en migrant vers l’est.
« Les groupes paléoindiens anciens sont arrivés au sud de notre région il y a 12 800 ans. À cette époque, ils ne pouvaient pas pénétrer au Québec car celui-ci était couvert par la mer de Champlain et le glacier au nord. Mais il y a 12 600 ans, ils ont remonté la rivière Kennebec et l’un de ses petits affluents, la rivière Dead, qui les a menés sur le col de montagne le plus bas de la région. Et c’est ainsi qu’ils ont atteint le site Cliche-Rancourt près de Mégantic », raconte M. Chapdelaine.

L’archaïque ancien

 Aucune pointe à cannelures n’a été trouvée à East Angus à ce jour. Les objets qu’on y a recueillis sont surtout des grattoirs pour travailler les peaux et d’autres matériaux, dont plusieurs sont en rhyolite provenant du nord du Maine et du New Hampshire. Avec le quartz local, les hommes de l’époque ont fait des grattoirs, des racloirs et des couteaux spontanés servant à gratter, couper, scier. On a aussi exhumé « des éclats utilisés et des nucléus » (ces noyaux de roche dure dont on extrayait des éclats, des lames). « Pour avoir une réponse claire et nette [de l’âge de ce site], il nous manque toujours des pointes de projectile à cannelures. Mais il reste encore une bonne partie du site à fouiller », dit avec espoir M. Chapdelaine.

L’équipe de cinq archéologues qui a fouillé sur le site d’East Angus pendant deux semaines a sorti du sol plus de 1000 fragments issus de ce travail de taille. « Ce genre de découverte est assez caractéristique des sites anciens des chasseurs, pêcheurs, cueilleurs », souligne le chercheur.

Au milieu de ces fragments, les archéologues ont également retrouvé des charbons de bois et des pierres chauffées ayant été rougies et éclatées par le feu, qui proviennent vraisemblablement d’un ancien foyer. M. Chapdelaine prévoit d’envoyer certains de ces charbons de bois en Floride pour qu’ils soient datés au carbone 14, ce qui permettrait de confirmer ou d’infirmer son hypothèse. Et au laboratoire du géologue Michel Lamothe de l’UQAM, on déterminera depuis combien de temps les pierres chauffées n’avaient pas été exposées au soleil par la technique de luminescence optique.

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Claude Chapdelaine estime que les traces d’activité humaine découvertes sur le terrain de la papeterie Cascades à East Angus remontent à l’archaïque ancien, la période ayant succédé au paléoindien. « Il s’agirait du premier site de l’archaïque ancien en Estrie », dit-il.

Les humains qui l’ont habité provenaient probablement du sud, croit M. Chapdelaine. « Il s’agissait de montagnards venant du nord du Maine, du Vermont et du New Hampshire, et qui continuaient d’entretenir des relations avec des groupes de ces régions du sud, comme le montrent les objets en rhyolite provenant du nord du Maine et du nord du New Hampshire qui ont été découverts à East Angus, mais aussi à Cliche-Rancourt. »

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Les historiens ont-ils les idées courtes ?

Nikolaos Gysis, Allégorie de l'histoire (1892)

Nikolaos Gysis, Allégorie de l’histoire (1892)

Entretien avec David Armitage

par Nicolas Delalande & traduit par Kate McNaughton
L’hyperspécialisation des études historiques n’est pas une fatalité. Pour David Armitage, professeur à Harvard, il est urgent que l’histoire intellectuelle retrouve le sens et le goût de la longue durée. Sous peine de voir les approches naturalistes dominer ce que l’on nomme maintenant la big history.
David Armitage, né en 1965, est un historien britannique, spécialiste d’histoire intellectuelle, internationale et impériale. Professeur à Harvard depuis 2004, il y occupe la chaire Lloyd C. Blankfein. Son premier livre, paru en 2000, portait sur l’histoire intellectuelle de l’impérialisme britannique à l’époque moderne (The Ideological Origins of British Empire, Cambridge University Press). Depuis 2007 et la publication d’un livre consacré à l’histoire globale de la déclaration d’Indépendance américaine (The Declaration of Independence : a Global History, Harvard University Press), il s’efforce, seul ou en collaboration, de promouvoir un élargissement spatio-temporel des cadres habituels de l’histoire intellectuelle. Il a ainsi codirigé, chez Palgrave MacMillan, deux volumes portant sur l’histoire globale des révolutions de la fin du XVIIIe siècle (The Age of Revolutions in Global Context, 2010, en codirection avec Sanjay Subrahmanyam) et sur l’histoire pacifique (Pacific Histories. Ocean, Land, People, en codirection avec Alison Bashford, 2014). Il a également exploré la dimension internationale de la pensée politique d’auteurs classiques comme Locke, Hobbes ou Bentham (Foundations of Modern Intellectual Thought, Cambridge University Press, 2012).Plus récemment, David Armitage plaide en faveur d’une prise en compte renouvelée de la longue durée dans les travaux historiques, en particulier en histoire intellectuelle. Sa réflexion part du constat que si l’on dispose de plus en plus de recherches spécialisées sur des régions ou des périodes circonscrites, l’histoire peine à apporter des réponses aux grandes questions de notre temps. À l’heure où se multiplient, aux États-Unis, les appels à promouvoir la big ou la deep history, Armitage s’inquiète du possible déphasage entre une histoire environnementale, biologique ou génétique, à même de couvrir plusieurs siècles ou millénaires d’histoire, et les approches beaucoup plus micro et réduites dans le temps de l’histoire politique, sociale ou intellectuelle. Ouvrir les horizons chronologiques serait aussi une condition pour resserrer les liens, distendus, entre les historiens et leur lectorat.Ces idées, qu’Armitage a exposées dans un article publié dans la revue History of European Ideas et dans un article à paraître en français dans les Annales. Histoire, Sciences Sociales, sont discutées dans ce bref entretien réalisé à Paris en mai 2014. L’historien répond notamment aux interrogations que son projet soulève sur la possibilité de conjuguer longue durée et prise en compte des expériences, des émotions et des représentations portées par les acteurs historiques, ou bien encore sur les écueils à éviter pour ne pas ressusciter une histoire des idées fortement décontextualisée.

Pour faire apparaître le sous-titrage français, cliquer sur le bouton « cc » en haut à droite de la vidéo, une fois celle-ci lancée:

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Hikkomori et Otaku

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La culture ludique japonaise a été énormément popularisée dans les années 80. La jeunesse occidentale est éprise d’un nouvel univers. Il s’agit du manga/anime, les adeptes se souviennent encore du premier épisode de la série très connu, Pokémon, qui a propulsé ce monde sur les écrans de télévision. À présent l’industrie du manga est un pilier de la culture et de l’économie japonaise. Les produits sont multiples, de la littérature manga, à l’adaptation télévisée, à la mise en production d’un jeu-vidéo, pour enfin être transformé en jeu de carte. L’inspiration des artistes est vaste, ils puisent dans; l’histoire du japon féodal, la philosophie occidentale, la culture punk et steampunk[1], les religions, l’univers arthurien, le schoolife japonais, bref, les sources sont infinies. Un univers ludique aussi riche en concepts ne peut que créer une nouvelle classe de consommateur.

Un terme très spécifique a été inventé pour définir ce phénomène : Otaku. Il décrit toutes personnes ayant liée leur mode de vie à la consommation de ce hobby. Otaku veut initialement dire : votre maison. Le mot est composé de la préposition honorifique « o » et du substantif « taku » signifiant « chez-soi ». À présent, le terme Otaku a pris une toute nouvelle ampleur. Au Japon, on désigne comme Otaku tous ceux qui se cloisonnent dans leur demeure pour vivre leur passion. En Occident, ce serait l’équivalent du « nerd ». Mais il y a, pour autant, différents degrés d’Otaku, en Amérique et en Europe, le terme est employé pour désigner des amateurs du genre. Or, au Japon, le degré est plus élevé et lorsqu’il prend un niveau disproportionné, on emploie l’expression Hikkomori qui est une pathologie psychosociale et familiale. Ce trouble psychologique touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Ces personnes vivent coupées du monde extérieur et ne se sentent à l’aise que dans une pièce. Ils définissent le monde en deux concepts, le 3D qui est la vie réelle et le 2D qui est l’univers du manga/anime, du jeu-vidéo et de l’internet. À leurs yeux, l’univers du 2D prime. Ces personnes ne sont ni autistes, ni grabataires où arriérées, elles ne se sentent juste pas à l’aise pour socialiser et voient dans le 2D un idéal où ils se sentent maître de leur monde.

Les sociologues révèlent que ce phénomène est la pression sociale du pays où les jeunes sont constamment en compétition académique et où le moindre échec scolaire est synonyme d’un échec de vie. En 2011, on comptait au Japon près de 230 000 Hikkomoris. Ce chiffre est à la hausse puisqu’en 2013 les statistiques démontrent que plus de 260 000 jeunes se considèrent comme tel, plus de 70% sont des mâles.

NeetL’anime Welcome to NHK représente fidèlement l’environnement d’un Hikkomori

Certains mangakas[2] ont même exploité ce phénomène dans leurs scénarios, Welcome to NHK est considéré comme la meilleure œuvre traitant du sujet. L’histoire raconte la vie d’un étudiant studieux pouvant être accepté dans les meilleures universités du Japon, mais la perte de son amoureuse l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sa petite amie étant son seul contact social, le protagoniste ne sait plus comment terminer son parcours scolaire. Il abandonne l’école et se réfugie dans un logement. L’auteur ironise avec brio sur la situation du déchu de la société, le personnage prend plaisir à jouer à des Dating Sims ce qui consiste à forger des liens amoureux avec des filles virtuelles.

Ce problème est très tabou au Japon, où les parents des enfants touchés par ce trouble, cachent avec honte ce genre de situation familiale. Ce n’est que très récemment que les psychologues et psychanalystes se sont attardés à ce fléau social. Quelques traitements ont été mis de l’avant pour offrir un soutien psychologique aux jeunes, mais aussi aux parents. La première action des thérapeutes est, avant tout, de sensibiliser les parents et de les rassurer puisque l’attitude des parents envers l’enfant a un impact direct sur sa psychologie. Des traitements médicamenteux sont aussi disponibles, très souvent à effet placebo. Malgré tout, les Hikkomoris et les parents déplorent le manque d’aide et de soutien qui sont très souvent laissés à eux-mêmes.

Mohamed Redha Meddad

 

[1] Dérivée de la culture punk, le steampunk s’inspire de la Révolution industrielle. Il emploie la technologie de la vapeur et les croquis de Leonardo De Vinci pour présenter un univers futuriste à la sauce rétro.

[2] Auteur de manga/anime

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Le Wargame

kriegspiel

Le wargame, ou «jeu de guerre» trouve son origine dans les premiers jeux de stratégies abstraits que l’humain inventa. Les échecs en sont l’exemple le plus primitif. Dans la pratique, le «jeu de guerre» fut un complément aux manœuvres réelles des différentes armées du monde. Si au Moyen Âge et dans l’Antiquité on utilisait des blocs de bois ou des sculptures représentant des soldats sur des cartes ou à même le sol, il fallut attendre jusqu’en 1824 pour voir une véritable théorisation de la guerre au travers d’un « jeu » appelé « Kriegsspiel ». Ce jeu fut créé par un officier prussien du nom de Georg von Reisswitz afin d’être utilisé par l’état-major de son pays comme simulateur de guerre. C’est un jeu très complexe qui nécessite la participation de trois joueurs au minimum. L’un prend le commandement de l’armée rouge, l’autre le commandement de l’armée bleu et la troisième personne sert d’intermédiaire entre les deux joueurs et gère tous les aspects relatifs au combat et au bon fonctionnement du jeu. La troisième personne est normalement, du moins au 19e siècle, un officier qui avait vu et vécu les combats et donc, qui pouvait représenter de façon juste et précise la réalité de la guerre (réaction des régiments à certains événements, le moral de l’armée, l’ambiance, etc.) sur les cartes déployées autour des différents joueurs. Les joueurs sont normalement des élèves officiers ou des officiers. L’empereur d’Allemagne fit d’ailleurs distribuer ce jeu à tous les quartiers généraux de son armée pour qu’ils l’utilisent pour simuler d’éventuels conflits dans leur région.[1] C’est avec ce jeu que furent planifiées les premières offensives de la première guerre mondiales. Une deuxième version du jeu fut créée pour y inclure les nouveaux aspects de la guerre tels que le train ou le canon à âme raillé. Le wargame fut donc, inventé et utilisé en premier lieu chez les militaires.

Par la suite, plusieurs pays après l’Allemagne créèrent leur propre « Kriegsspiel ». Il fallut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir apparaître les premiers jeux de guerre commerciaux. L’Angleterre et les États-Unis furent le berceau de ce commerce. Les premiers grands wargames aux États-Unis, ceux qui sont le plus connu du grand public, viennent d’une compagnie nommé « Avalon Hill ». En Angleterre, le genre fut appliqué à l’Histoire mais aussi à la fantaisie et à la science-fiction. Avec la commercialisation, le wargame ne fut plus seulement l’apanage des militaires, car de nombreux civils commencèrent à y jouer. Le jeu de guerre n’était plus seulement une simulation de guerres à venir ou présentes, mais donnait au public l’opportunité de revivre les batailles du passé. Toutes les périodes de l’histoire peuvent être représentées dans un wargame malgré que certaines soient plus difficiles à représenter et à modéliser ou encore du fait du manque de popularité de certaines périodes. Les périodes les plus jouées sont celles des guerres napoléoniennes et de la deuxième guerre mondiale. Aux États-Unis, les périodes de la guerre d’indépendance et de la guerre de Sécession sont aussi très populaires. Le Moyen Âge, l’Antiquité et le début de l’époque moderne (avant Napoléon) sont des thèmes peu exploités par les éditeurs de jeu, quoiqu’un intérêt grandissant se fasse de plus en plus sentir.[2]

Le wargame, à ses débuts et jusqu’à la fin des années 80 fut assez populaire. Il existe deux façons de jouer aux wargames, la première étant manuelle avec les bonnes vieilles cartes, les dés, les tableaux et les pions et l’autre de façon automatisée par ordinateur. Avec le développement des ordinateurs personnels, les wargames dit manuels connurent un âge d’or entre 1970 et 1980 mais déclinèrent de plus en plus, surtout du côté des wargames historiques. Le thème le plus populaire par la suite de cet âge d’or fut la fantaisie et la science-fiction. Dans les années 70 et 80, le jeu de rôle fit aussi son apparition, avec le premier Donjon et Dragon. Les jeux de guerres historiques n’étaient plus les seuls sur le marché, en fait, ils ne retrouvèrent jamais la prédominance qu’ils avaient lors de la commercialisation du genre, après le deuxième conflit mondial.

Le Wargame s’est diversifié depuis ses premières utilisations en tant que simulateur de conflit. Le terme belliludiste désigne, du moins en France, ceux qui s’adonnent aux Wargames les plus divers. Le Wargame avec figurines est une déclinaison du genre qui se veut bien plus ludique que le Wargame classique.

Quant est-il au niveau académique? Qu’en disent les professeurs? En fait le Wargame peut servir et sert d’outil éducationnel à tous les niveaux scolaires, civils comme militaires. Il peut servir comme moyen d’introduction à une période de l’Histoire ou simplement comme supplément éducatif à un cours d’histoire, un moyen d’apprendre en s’amusant, de joindre l’utile à l’agréable. Il suffit de trouver la période qui plait le plus à tous les participants. Le site internet juniorgeneral.com est une référence du milieu en ce qui attrait à l’utilisation du wargame comme outil éducatif chez les jeunes. Le wargame, pour plusieurs experts facilite l’apprentissage de notions historiques (dans le cas des élèves de niveau primaire et secondaire) et de notions de stratégies, de tactiques, d’organisation et de gestion aux étudiants à l’éducation supérieure. Le Wargame en général est connu et joué par des étudiants(tes) et des enseignants(tes) de niveau collégial et universitaire ainsi que des adultes de professions dites libérales ou par les militaires. L’intérêt pour l’Histoire mène souvent les jeunes à, un jour, connaitre ce genre de jeux. La pratique du Wargame est si sérieuse, utile et même parfois renommée qu’à Londres, le King’s College, dans son programme universitaire de War Studies (études de la Guerre), donne un cours, et donc une session entière sur la conception d’un wargame par les étudiants eux-mêmes et l’analyse du genre. Des programmes du genre existent au Canada mais ils sont généralement réservés aux futurs militaires, à moins d’avoir une autorisation spéciale ou un partenariat universitaire qui amènerait l’étudiant sur cette route.

Julian Nouche Laurin 

Documentation utile

Vae Victis

Decision Games

Jours de gloire

James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, 292 p.

Philip Sabin, The continuing merits of manual wargaming, London, King’s college, 41 p.

[1]Georg VON REISSWITZ, The von Reisswitz Kriegsspiel, The prussian army wargame, Freiburg, Militargeschichtliches Forschungsamptes, 1824, p. 4

[2]James F. DUNNIGAN, The complete wargames handbook, 2005, P. 92 à 106

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Face à Fesses

japan-toilet

Depuis que je suis jeune lorsque je vais à un endroit, soit en voyage ou chez un ami, une pièce qui me fascine est la salle de bain, c’est tout de même la pièce ou tu montres le plus de toi-même en si peu de temps. On retrouve alors toutes sortes de toilettes dépendant du pays ou l’on te trouve. Les plus étranges que j’ai rencontrées au long de ma jeune vie ont été d’abord celles d’un train, où j’ai compris pourquoi il fallait avoir quitté la gare avant de pouvoir aller aux toilettes à bord du train. En effet, celle-ci ne comprenait que le siège de toilette dans lequel on voyait le chemin de fer passer en-dessous et notre petit présent se rendait directement sur le sol nous laissant entendre le bruit que cela laisse. Il faut dire que ce train et ces toilettes n’étaient pas à la fine pointe de la technologie. Elles doivent avoir évolué, je l’espère.

Il y a aussi en France les fameuses toilettes payantes au milieu du trottoir. Pratiques, sauf quand on n’a pas assez d’argent. Lorsque je suis allée en France avec ma famille, c’est ce qui est arrivé. Ma sœur, ma mère et moi n’avions pas assez d’argent pour aller toutes les trois séparément alors on a fait un trois pour un en y allant en même temps. Sauf que le problème était qu’on ne peut pas sortir quand on a fini il faut attendre après tout le monde et l’horreur qu’on a vécue quand on s’est rendu compte que notre mère décidait de lâcher une bombe dans la toilette qui bien évidemment était loin de sentir la rose. On est finalement passé à travers ce traumatisme.

Ensuite lors d’un voyage au Costa Rica, avec mon école secondaire, nous sommes allées dans une école secondaire, puis comme à mon habitude je suis allée aux toilettes de l’école pour me rendre compte qu’il n’y avait aucun rouleau de papier de toilette à la disposition des usagers. J’étais bien heureuse d’avoir des mouchoirs en ma possession pour ainsi me dépanner. Je ne sais pas comment j’aurais pu m’essuyer sinon c’est un mystère qui reste non résolu à ce jour.

Plus récemment, lors d’un voyage à New York j’ai découvert ce qu’étaient les toilettes japonaises! Il s’agit d’une merveille pour le postérieur. Le siège de toilette était d’abord chauffant, ce qui provoque un choc au début, mais une fois assis confortablement, on se rend compte du confort que cela procure. Il y avait à côté de moi une série de boutons sur lesquels nous pouvions choisir le moyen de se nettoyer hors du traditionnel papier. Il y avait le séchoir, on se laisse alors sécher les fesses avec un agréable vent chaud. Ensuite, il y avait la méthode du bidet. C’est-à-dire un jet d’eau qui étonnamment est assez puissant et surprenant. Il y avait un jet pour l’arrière et un spécialement pour les filles qui nettoyaient l’avant.

Il est possible aujourd’hui d’avoir toutes sortes de toilettes ainsi que les sortes de sièges qui les accompagnent. Par exemple, il y a le siège rembourré comme un coussin ou encore celui muni d’un tapis. Récemment, ma grand-mère s’est acheté un siège transparent rempli de coquillage et d’étoiles de mer à l’intérieur du siège. C’est peu dire que cela fait « style exotique ».

Bref, il est certain que mon postérieur ne cessera pas d’être surpris, amusé ou encore dégouté par les toilettes qu’il rencontrera dans le futur. J’aurai surement un jour, un face à fesses avec les fameuses toilettes turques. Cela reste à suivre.

Laurence Gwilliam

 

 

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