Denis Vanier, Allô-police, La Nuit de la poésie 1970
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Denis Vanier, Allô-police, La Nuit de la poésie 1970
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Reprise de la chanson «On va s’aimer encore» de Vincent Vallières
Deutsche Coverversion des Liedes « On va s’aimer encore » von Vincent Vallières
BLx via Samuel Landry-Beauchamp

Réflexions de Nuccio Ordine sur l’importance des humanités
Ordine encourage avec conviction la lecture des classiques de la philosophie et de la littérature, plaide pour la valorisation de ces disciplines que l’on juge trop souvent inutiles et qui sont pourtant si riches en enseignement. «[…] la prétendue inutilité des classiques peut en réalité se révéler un instrument des plus utiles pour nous rappeler […] que la possession et le profit sont mortels, alors que la recherche déliée de toute obligation utilitariste peut rendre l’humanité plus libre, plus tolérante et plus humaine ». L’auteur propose une sélection d’extraits de philosophes, parmi lesquels on trouve Platon, Aristote, Montaigne, Kant, ou d’écrivains, tels Ovide, Dante, Dickens, Calvino, Ionesco, extraits qui permettent de réfléchir sur cette notion d’« utilité », sur les raisons d’être de ces savoirs ou de ces pratiques artistiques, dont les objectifs vont au-delà de l’atteinte d’un profit monnayable.
Force du futile
Dans ses Quelques pensées sur l’éducation (1693), John Locke reprochait aux parents de cultiver le talent poétique de leurs enfants ; l’air du Parnasse était certes agréable, mais le sol de la montagne mythique, infertile, et il valait mieux chercher ailleurs pour trouver l’or et l’argent. L’image n’est pas sans lien avec la situation actuelle et Ordine pose clairement le problème de l’avenir des humanités, celui de la vocation des établissements scolaires, des universités en particulier, qui se voient de plus en plus contraintes à des exigences de rentabilité, de professionnalisation, au détriment de l’enseignement des savoirs fondamentaux et de la recherche, qui se soustrait à la logique du marché. Par ailleurs, la revendication de la gratuité du savoir devrait pouvoir rallier humanistes et scientifiques si l’on se rappelle que « les découvertes fondamentales qui ont révolutionné l’histoire de l’humanité sont en grande partie le fruit de recherches éloignées de tout objectif utilitaire ».
L’auteur présente dans son « manifeste » un court texte d’Abraham Flexner (1866-1959), penseur de l’éducation, qui, à la fin des années 30, citait en exemple quelques découvertes scientifiques majeures dans les domaines des télécommunications, de l’électricité ou de la bactériologie, rendues possibles grâce à des recherches qui n’avaient a priori aucune finalité pratique : « Flexner nous montre de manière remarquable que la science a beaucoup à nous apprendre sur l’utilité de l’inutile et que, aux côtés des humanistes, les scientifiques ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la bataille qu’il faut mener contre la dictature du profit, pour défendre laliberté et la gratuité de la connaissance et de la recherche. » Soulignons l’heureux succès de cet essai qui a été l’un des livres les plus vendus dans les librairies italiennes en 2013 et qui n’aura certainement pas été inutile.
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Les chefs-d’oeuvre de la préhistoire sont reproduits au Centre des sciences de Montréal
Jérôme Delgado, Le Devoir 18/04/14
Henri Breuil, le premier scientifique à l’avoir étudiée, a qualifié la grotte de Lascaux de « Chapelle Sixtine de la préhistoire ». D’autres ont considéré cet ensemble de peintures comme « un film qui a perdu le son ». La voilà de passage à Montréal, l’exposition itinérante.
On ne déplace peut-être pas des montagnes, mais la grotte de Lascaux, si. Ce trésor de l’humanité, patrimoine légué par les Cro-Magnon il y a 20 000 ans et enfoui sous terre dans le Périgord (sud-ouest de la France), vient d’atterrir à Montréal et sera accessible jusqu’en septembre, au Centre des sciences.
Accessible en partie : l’exposition La grotte de Lascaux. Chefs-d’oeuvre de la préhistoire permet de zieuter les peintures pariétales de deux sections (sur les six connues), reproduites de la manière la plus réaliste, au millimètre près, reliefs compris, et grandeur nature.
Vous l’aurez compris : le Lascaux qui a traversé l’Atlantique n’est pas l’original, fermé au public depuis un demi-siècle pour des raisons de préservation. Si Lascaux 2 reproduit des fac-similés de deux salles, cette expo, dite Lascaux 3, montée d’abord à Bordeaux puis transformée en structure mobile pour parcourir le globe, en reproduit deux autres, la Nef et le Puits. Ensemble, Lascaux 2 et 3 mèneront à Lascaux 4, musée attendu pour 2016.« En France, deux plus trois font quatre », résume d’un humour bien senti Olivier Retout, directeur du projet Lascaux, exposition internationale. Ce docteur en sciences ne mâche pas ses mots : Montréal verra Lascaux comme jamais vu après Chicago et Houston, avant Bruxelles, Tokyo et combien d’autres villes du monde — l’expo circulera jusqu’en 2017 et fera « autant d’arrêts que possible », selon son instigateur.
Une cueillette au laser
Les peintures reproduites pour la première fois incluent notamment la Frise des cinq cerfs, la Frise de la Vache noire et la seule figure humaine de toute la grotte. Le travail est basé sur une cueillette au laser hyperprécise.
« On a rassemblé une collection iconographique jamais réunie. On a ressorti le film des années 1970 de Mario Ruspoli [documentariste italien, proche de Chris Marker]. On a numérisé 35 calques de l’abbé André Glory jamais montrés, dit un intarissable Olivier Retout. Le Puits, qui est à six mètres de profondeur, il n’y a que très, très, très peu de gens qui l’ont vu. Quand Lascaux était ouvert, on ne pouvait le visiter. Ici, on l’a en face des yeux, à un mètre 50. »
L’exposition se déploie en plusieurs zones, autant instructives qu’étonnantes. Le parcours s’appuie sur des modules interactifs, des maquettes de tout Lascaux, des reproductions d’objets trouvés dans la grotte ainsi que des portraits des principaux artisans de cette possible découverte. Le tout aboutit en l’expérience ultime de la grotte.
Grandeur nature
« On n’a pas voulu recréer l’atmosphère de grotteavec sa température, son humidité, ses vibrations, explique le directeur du projet. Mais on est dans la grandeur nature, dans les proportions. L’idée n’est pas de revivre la descente dans une grotte mais de revivre l’admiration, le spectacle de ce que les Cro-Magnon ont voulu faire. »
Pour Bernard Cazeau, président du Conseil général de la Dordogne et quelque part grand manitou de Lascaux, l’idée derrière cette expo de 60 millions d’euros était d’apporter la grotte à ceux qui n’iraient jamais à elle. « Ce n’est pas quelque chose d’idéalisé. On ne fait pas un Disneyland de la préhistoire », assure le sénateur. Autrement dit, Lascaux 3 sert davantage à la transmission des connaissances qu’à la diversion.
« On challenge les scientifiques, clame même Olivier Retout. Si les préhistoriens viennent à l’expo, ils en apprendront. Ils peuvent voir des choses qu’ils ne peuvent voir dans la vraie grotte parce qu’il leur est impossible de rester longtemps. »
Élisabeth Daynès, sculpteure mondialement connue pour ses personnages hyperréalistes, est convaincue qu’il faut réhabiliter les Cro-Magnon. Celle qui travaille les corps selon les principes de la médecine légale en a créé quatre pour l’expo. « C’est nous, dit-elle à propos de ceux qui ont vécu l’ère du Magdalénien-Solutréen. Ils nous ressemblent physiquement et intellectuellement. Être qualifié de Cro-Magnon devrait être un compliment, pas une insulte. »
Olivier Retout abonde dans le même sens : l’expo a une âme philosophique. « Elle montre que cet autre, lointain dans le passé, est comme nous. Et s’il est comme nous, ça laisse croire que l’autre lointain dans le présent, dans la géographie, il est aussi proche de nous. Lascaux est porteur d’humanisme. »
Un comité scientifique
Le réalisme et le sérieux de l’entreprise ont été validés par un comité scientifique. Retout et ses collaborateurs au scénario, Nathalie Grenet et Nicolas Saint-Cyr, un Québécois, ne pouvaient tomber dans la fantaisie.
On n’a pas fini d’apprendre de et sur Lascaux, véritable écosystème où cohabitent une multitude d’organismes vivants. La grotte permet certes d’affirmer que l’humanité naît à l’époque de ces peintures. Ces artistes, qui travaillaient déjà le mouvement et la perspective, avaient un langage très avancé. « Ils racontent quelque chose ; le problème, c’est qu’on ne sait pas ce qu’ils racontent », dit un Olivier Retout encore émerveillé.
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« In my head there are several windows, that I do know, but perhaps it is always the same one, open variously on the parading universe. »
Samuel Beckett, Molloy
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Les photographes/cinéastes Bruce Weber et David Bailey passent une journée à Harlem où ils se font servir une leçon de poésie…
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En décembre prochain, Montréal accueille la plus grande exposition nord-américaine sur la Grèce antique.
« Les Grecs, d’Agamemnon à Alexandre le Grand ».
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Dans son intégralité, À la recherche du temps perdu disponible en ligne avec en prime un moteur de recherche des plus performants. Quel bonheur!
http://www.alarecherchedutempsperdu.org/marcelproust
BLx via Kevin Berger-Soucie
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Hommage!
Yves Bernard, Le Devoir, 27/02/14
Le 25 juin 2011 au Festival international de jazz de Montréal, Paco de Lucía avait offert le moment de grâce. Plus que jamais, il était encore le maestro de l’introspection, des contrastes, des raclements subits et des palos de la déchirure profonde. Il accompagnait aussi la douceur éraillée, l’harmonica aérien et le martèlement du corps qui exulte. C’était grand ! Mercredi, ce fut la consternation. Il est décédé au Mexique à l’âge de 66 ans des suites d’une crise cardiaque selon le maire d’Algésiras, sa ville natale.
Dans le monde du flamenco comme dans celui de la guitare, il y a eu l’avant-Paco et l’après-Paco. Artiste d’exception, il fut le plus grand rénovateur de sa tradition. Durant sa jeunesse, pour le différencier des autres Paco, on lui ajouta le « de Lucía » : le Paco de sa mère Lucía. Puis, après avoir reçu l’encadrement de son père, il accompagnera ses deux frères, inventera un style propre à partir des années 1970, enregistrera une dizaine d’albums avec Camarón de la Isla, s’attaquera au Concierto d’Aranjuez, créera son fameux sextette en 1981 et apprendra l’improvisation jazz avec John McLaughlin et Al Di Meola. Et sa célèbre rumba Entre dos Aguas deviendra l’une des pièces les plus emblématiques de l’ère moderne, toutes catégories confondues.
Un génie
En 2007, Paco Peña, l’autre grand guitariste de sa génération, s’était confié au Devoir lors de son passage à Montréal : « De Lucía est un génie avec une vision merveilleuse pour faire avancer le flamenco. Je pense qu’il est nourri des autres cultures et qu’il profite de ces cultures pour rendre son flamenco plus ample. »
Mais Paco de Lucía, de son vrai nom Francisco Sánchez Gómez, était aussi de la race des humbles, de ceux qui ont appris la musique en famille. « Les gitans sont meilleurs parce qu’ils écoutent de la musique depuis la naissance. Si je n’étais pas né dans la maison de mon père, je ne serais personne aujourd’hui. Je ne crois pas au génie spontané. Mon père m’a obligé à jouer de la guitare quand j’étais petit », écrivait-il dans Paco de Lucía. A New Tradition for the Flamenco Guitar. Hier, plusieurs médias ont repris la citation.
En 2011 en entrevue au Devoir, le maître portait un regard lucide sur le grand genre espagnol : « À mes débuts, j’étais confiné à un cercle très restreint et le flamenco risquait de terminer son parcours au musée. Seuls les politiciens le défendaient à cause de son attrait touristique. Maintenant, le flamenco est le bienvenu à travers le monde. J’en suis très fier. Je suis d’abord et je serai toujours d’abord un musicien de flamenco. À un bas âge, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs musiciens internationaux. Cela explique sans doute la raison pour laquelle j’ai introduit le cajon, le saxophone et la basse électrique, des instruments qui n’étaient pas connus dans le monde du flamenco. Aujourd’hui, tu ne peux pas imaginer le flamenco sans cajon. »
De son côté, la guitariste montréalaise Caroline Planté se souvient du maestro. « Avec Camarón de la Isla, il était l’un des deux révolutionnaires des années 1970. C’est une perte incroyable. Paco était encore actif, toujours actuel. Il a créé un mouvement de modernité, mais il a continué d’être moderne et il n’a pas stagné avec sa propre révolution. Mes premiers souvenirs du flamenco sont de lui. Je devais avoir sept ans et je regardais de vieux vidéo chez mon père. Il jouait Entre dos Aguas avec ses pantalons éléphants et six joueurs de bongo. Ce fut ma première influence, puis est arrivé Vincente Amigo. Mais Vincente n’existerait pas de la même façon si Paco ou Manolo Sanlucar n’étaient pas passés avant eux. En fait, aucun guitariste flamenco ne jouerait de la même façon. »
Caroline lui dédit ce jeudi soir le concert qu’elle donne à Halifax. Elle mène une carrière en Espagne et au Québec. Son père, Marcel Planté, dit « El Rubio », fut l’un des principaux pionniers du grand genre espagnol à Montréal : « C’est sûr que c’est un choc, mais je me dis que la musique de Paco va lui survivre. En spectacle, tu regardes ça, tu écoutes, tu es bouche bée, tu ramasses tout dans ta tête. Sa musique a influencé la mienne, de même que celles de tous les excellents guitaristes qu’on a aujourd’hui. Sabicas et Nino Ricardo ont été ses maîtres, mais lui, il est devenu le maître de tout le monde. »
Une oeuvre magistrale
Benoît Bigham, le fondateur du Festival flamenco de Montréal, y allait également de plusieurs superlatifs : « J’ai vu Paco deux fois à Wilfrid-Pelletier. C’est un monstre, un monument. Il s’en va rejoindre Jésus, c’est un Dieu lui aussi. Les jeunes comme Quiquelo et Tomatito ont tous profité du fait qu’il a tracé un chemin très large. Il mettait la barre très haute et n’était jamais satisfait de lui-même. Je l’avais vu dans un documentaire et ce qui m’avait marqué, c’est qu’il avait dit : “ J’aimerais enregistrer juste un album, l’améliorer toute ma vie et le sortir à la fin de ma vie ” ».
Paco passé dans l’au-delà, c’est pourtant l’ensemble d’une oeuvre magistrale qui rayonne.
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«La rayure et les étoffes rayées sont longtemps restées en Occident des marques d’exclusion ou d’infamie. En furent notamment vêtus tous ceux qui, à un titre ou à un autre, se situaient aux marges de la société chrétienne ou bien en dehors : jongleurs, musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures. Sans faire aucunement disparaître ces rayures très négatives, l’époque romantique voit apparaître une nouvelle forme de rayures, positives et liées aux idées nouvelles de liberté, de jeunesse, de plaisir et de progrès. Dans les sociétés contemporaines, ces deux types de rayures cohabitent : celles des vêtements de prisonniers, de la pègre, des lieux dangereux et mortifères, et celles du jeu, du sport, de l’hygiène, de la mer et de la plage.»
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M. Lefebvre, mon libraire préféré. Section philosophie, je lui dois plus de la moitié de ma bibliothèque. La Librairie Henri-Julien, un lieu infiniment plus poétique que les cabinets de magie de Harry Potter.
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Cocksucker Blues, le film de Robert Frank sur les Rolling Stones, film légendaire longtemps interdit de diffusion, en fait toujours encore interdit de diffusion, refait surface au tiff. Vraiment un rare documentaire. Pour avoir un aperçu du «plus célèbre film de l’histoire du rock n’roll que presque personne n’a vu»: extraits.
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