The Kid, 1921
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À lire en ayant présents à l’esprit certains passage de la Poétique d’Aristote…
AUTOUR DU RÉCENT ESSAI DE LOUIS HAMELIN
Jonathan Livernois, Le Devoir, 27/08/14
Faits, fictions, souvenirs, oublis : où est la vérité quand on se met à fabriquer, à récupérer l’Histoire ? L’essayiste Jonathan Livernois et Louis Hamelin en discutent autour du récent essai de ce dernier.
Quand le gouvernement fédéral décide que le Musée canadien des civilisations devient le Musée canadien de l’histoire, on se dit que la connaissance du passé est entre de bonnes mains. Tout dépend, bien sûr, de l’histoire qu’on choisit : Thérèse Casgrain en a récemment fait les frais. À une époque où les politiciens font bien ce qu’ils veulent et où les historiens ne rejoignent que rarement un large public, on souhaite que les romanciers s’y donnent à coeur joie. Pas pour camper un décor nostalgique où « il était une fois des gens heureux ». Mais bien plutôt pour que ça fasse mal. À ce titre, Louis Hamelin en connaît un bon bout, surtout après son roman La constellation du lynx (Boréal, 2010). Son essai qui paraît ces jours-ci aux Presses de l’Université de Montréal, Fabrications, lui permet d’aborder ces questions cruciales que sont notre rapport à la vérité, notre rapport à la fiction, notre rapport à toutes les récupérations officielles ou non de l’histoire, cette bête sensible.
La Crise d’octobre est, comme plusieurs événements de notre histoire nationale, un véritable panier de crabes. La mort de Pierre Laporte est-elle un accident ou un meurtre ? Les autorités policières connaissaient-elles les planques des felquistes à Saint-Hubert et à Montréal-Nord ? Ça prenait un romancier, pas gêné pour deux sous et tenace comme Hamelin, pour s’en mêler. Le roman peut-il dire vrai ? Peut-il viser plus juste que l’histoire des historiens ? Partant de deux interprétations de l’enlèvement par les Brigades rouges du président du Conseil italien, Aldo Moro, en 1978, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Pierre Laporte, l’écrivain révèle crûment l’alternative : ou bien on accepte l’idée que quelqu’un va finir par dire toute la vérité sur la Crise d’octobre ou bien on tient le pari qu’il n’y a que des vérités partielles qui se contredisent et s’entrechoquent.
Fabrications est la démonstration que, dans un contexte où personne n’offre de réponses satisfaisantes, écrire un roman est la seule façon de nettoyer, autant que faire se peut, les écuries d’Augias. L’auteur l’écrit : « J’en suis tranquillement venu à la conclusion que la fiction officielle devait être combattue par la fiction. » Plus encore, il s’agira pour lui d’écrire un roman « heuristique », publié « expressément pour heurter les conceptions bien établies des historiens patentés ». Ses idées sont claires : les autorités policières, sous le couvert d’une soi-disant inefficacité, en savaient beaucoup plus long sur les felquistes qu’elles ne voulaient le dire. Elles les laissèrent manoeuvrer pour mieux se discréditer. La conclusion de l’écrivain sur la mort de Pierre Laporte est lourde de conséquences : « La mort de Laporte fut bien, aucun doute là-dessus, le résultat d’une sorte d’accident… Le noeud de l’affaire, c’est qu’on permit à cet accident d’arriver. » Hamelin est convaincant, malheureusement.
Inventions
Cet essai est lucide, souvent drôle et particulièrement inventif. Il n’empêche qu’une question s’impose : si le roman a été le lieu de toutes ces révélations, pourquoi choisir l’essai pour boucler la boucle ? On a l’impression qu’il existe, chez Hamelin, une différence de degré entre le roman et l’essai, comme si ce dernier genre se rapprochait davantage du « réel ». On ne joue plus ? Hamelin discute avec son alter ego fictif, Samuel Nihilo, qui était au coeur de son roman La constellation du lynx. Nihilo lui rappelle que ce qu’il dit n’est pas nouveau, qu’il tenait des propos semblables dans le roman. Hamelin répond tout de go : « Ouais, mais de le répéter ici, dans un essai, ça me fait drôle. » Comme si le romancier avait tout à coup l’impression de se mettre à nu, de ne plus avoir d’abri littéraire. Mais, pourtant, l’essai n’est-il pas un autre genre tout aussi fictif que le roman ? Hamelin, en entrevue, confie son désaccord : « L’essai est “ construit ”, bien sûr, comme tout texte littéraire, c’est une fabrication, ce qui n’entraîne nullement qu’il doive être considéré comme fictif à l’instar d’un roman. »Pourtant, l’écrivain, inspiré notamment par Norman Mailer, utilise des techniques romanesques pour construire son essai : café partagé avec son alter ego Nihilo, narration à la troisième personne, faux entretien téléphonique avec Réjean Tremblay, en train d’écrire un nouvel épisode de ScoopVIII, et transformation du professeur de littérature Jacques Pelletier en « personnage d’autofiction ». Quoi qu’Hamelin en dise, l’essai est bel et bien traversé de fictions.
On retiendra notamment une scène ironique où Hamelin donne à lire un extrait du « scénario » que Réjean Tremblay est en train d’écrire. Scoop VIII – Le Bleuet fait des p’tits : on retrouve le personnage qu’interprétait jadis Roy Dupuis, le journaliste playboy Michel Gagné. Par une étonnante coïncidence, ce Gagné enquête aussi sur la Crise d’octobre. Tout à coup, le faux personnage de Tremblay devient une sorte de double d’Hamelin. Et nous voilà tous plongés dans un pastiche de série B ou un mauvais roman policier. Rien de tout cela n’était donc sérieux ? Du carton-pâte ?Fabrications serait un jeu d’écrivain, en somme.
Il n’y a pas grand-chose de réglé au sortir de Fabrications. Quand on repense à Octobre, ça fait toujours aussi mal. C’est sans doute la principale qualité de cet essai, qui n’en manque pourtant pas. D’ailleurs, il a reçu le prix Études françaises 2014. L’un des premiers lauréats de ce prix fut Gaston Miron, à qui on avait ainsi arraché L’homme rapaillé. C’était en 1970, quelques mois avant son arrestation et celle de 450 personnes, tandis que le gouvernement canadien venait de voter la loi sur les mesures de guerre…
Louis Hamelin, Fabrications: essai sur la fiction et l’histoire, Presses de l’Université de Montréal, 2014
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«Les jambes poilues de Dieu, Ronald McDonald crucifié, une orgie de squelettes nazis psychotiques et des mannequins KKK en chaussettes rayées arc-en-ciel. Voilà quelques uns des flash-back que pourraient avoir les visiteurs après avoir fait l’expérience de Come and see, la dernière exposition des artistes britanniques Jake et Dino Chapman.»
Cheryl Sim, Commissaire, DHC/ART
Jake & Dino Chapman, Come and see, DHC/ART
Mouvements: Idées clés pour comprendre
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Robin Williams 1951-2014
O Captain! My Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring:
O Captain! My Captain! rise up and hear the bells;
Rise up—for you the flag is flung—for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon’d wreaths—for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning;
My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor’d safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip, the victor ship, comes in with object won;
Walt Withman (1819-1892), poème composé en hommage à Abraham Lincoln, assassiné le 14 avril 1865.
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Mélanie Loisel, Le Devoir, 16/08/14
Ils sont encore nombreux, les amoureux de la lecture, à aimer tenir dans leurs mains un livre en papier qu’ils peuvent serrer, feuilleter et même sentir au besoin. Ces derniers réfractaires aux technologies numériques vont donc être heureux d’apprendre que la lecture d’un texte en papier permet d’avoir une meilleure et plus complète compréhension que la lecture d’un texte numérique. C’est du moins ce que révèle une nouvelle étude de chercheurs norvégiens et canadiens effectuée au Centre de lecture de l’Université de Stavanger en Norvège.
Dans cette étude, les chercheurs précisent que la lecture sur une tablette numérique a l’avantage de se faire beaucoup plus rapidement, mais notre mémoire retient moins longtemps les informations lues sur un écran numérique. Pour en arriver à cette conclusion, une classe de 72 élèves de 4e secondaire a été divisée en deux, où la moitié des élèves ont dû lire un texte en format PDF et l’autre moitié en format papier. Les élèves devaient par la suite répondre à un questionnaire pour évaluer leur compréhension du contenu. Et les résultats ont clairement démontré que la compréhension des textes était beaucoup plus développée chez les élèves ayant lu les versions papier.
Selon les scientifiques, la texture, l’odeur, l’épaisseur, la couverture et la quatrième de couverture d’un livre permettent aux lecteurs d’établir une meilleure « carte mentale du texte »,ce qui facilite leur compréhension. Des recherches précédentes avaient d’ailleurs démontré que plus un texte est long, plus la carte mentale est importante.
Lorsqu’une personne lit sur une tablette électronique, il lui est donc impossible d’avoir une idée de la longueur d’un texte, alors qu’une ou deux pages peuvent s’afficher sur son écran. De plus, la sensation de toucher un écran du bout de ses doigts n’est pas la même que celle de la texture du papier qui, elle, est beaucoup plus stimulante. La chercheuse en chef Anne Mangen constate que cette expérience a permis de prouver qu’il y a vraiment un lien entre le corps et l’esprit. Dans le fond, elle a démontré que le cerveau apprend beaucoup mieux quand une personne peut à la fois toucher et voir son livre.
Mais comme les technologies sont devenues incontournables, Mme Mangen croit qu’il faudra voir dans l’avenir à développer davantage des outils qui permettront d’augmenter l’expérience sensorielle des lecteurs pour assurer leur compréhension du contenu. D’ici là, le bon vieux livre en papier demeure encore la meilleure chose à se mettre sous la main.
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Un artiste a créé, au moyen de greffes, un hybride où pousse une variété de fruits
En pleine ville de New York, un professeur d’art de l’Université de Syracuse, Sam Van Aken, vient de réussir un tour de force en créant un arbre unique capable de produire une variété de fruits à noyau. L’arbre aux 40 fruits, comme il l’appelle, est devenu une véritable curiosité à travers le monde, alors qu’il est possible d’y cueillir à la fois des pêches, des nectarines, des prunes, des abricots, des cerises et peut-être même des amandes, cette année.
« J’avais envie de créer une sorte d’arbre de la vie », lance M. Van Aken lors d’une entrevue téléphonique accordée au Devoir. Cette folle idée lui est venue en 2008, lorsqu’il a appris que le centre d’expérimentation agricole de New York risquait de fermer ses portes. L’artiste contemporain a décidé d’acheter le terrain pour éviter de perdre cette terre fertile et reconnue pour ses cultivars de prunes et d’abricots. « J’ai grandi dans une ferme, la nature a toujours été pour moi une source d’inspiration et ce verger était le plus riche en variétés de fruit à l’Est des Rocheuses américaines », note-t-il.
En fait, il y avait plus de 250 variétés de fruit à noyau, dont certaines variétés autochtones et antiques dataient de plus d’un siècle.
Art floral
M. Van Aken s’est alors mis à imaginer un arbre au feuillage multicolore en s’inspirant notamment des tableaux de Monet. Pour arriver à créer ce spécimen, il s’est mis à élaborer un calendrier en prenant en considération la floraison de toutes les variétés de fruit. Puis, il a pris une première bouture d’arbre de trois ans qu’il a laissé pousser, avant de commencer à greffer aux branches différentes variétés de fruit. Il a utilisé une technique appelée « greffe en écusson ».
« En greffant dans un certain ordre les variétés sur l’arbre, je voulais arriver à créer un arbre qui non seulement produise plusieurs fruits, mais aussi qui ressemble à une sorte d’oeuvre d’art quand il est en floraison », explique-t-il.
Pendant cinq ans, M. Van Aken a ainsi greffé ses variétés de fruit sur son plant d’arbre initial, puis il a dû attendre presque deux ans avant que les premiers fruits n’apparaissent. « C’était vraiment surprenant de voir toutes ces variétés de fruit », s’exclame-t-il, ajoutant qu’il a planté différents cultivars tels que des prunes vertes de France, des prunes asiatiques et même une variété de pêche de l’Ontario.
Et, à l’écouter, les fruits qui ont poussé sont délicieux. « Ça n’a rien à voir avec ce qu’on goûte au supermarché, assure-t-il. Il y a même une variété qu’on n’a jamais vue au marché, ça goûte comme la banane et ça ressemble à une pomme verte. »
Mais, pour le moment, son premier arbre à 40 fruits, situé sur le campus de l’université, n’est pas encore arrivé à maturité. Entretemps, une quinzaine d’arbres similaires ont aussi été plantés près de musées et de centres communautaires au Massachusetts, au New Jersey et en Californie.
Dix ans après leur plantation, M. Van Aken soutient que les arbres aux 40 fruits devraient en faire voir de toutes les couleurs aux passants avec ses teintes de rose, de fuchsia et de blanc lors de sa floraison au printemps. Les fruits qui y seront cueillis seront remis aux fermiers locaux, à moins, bien sûr, que les écureuils et les étudiants ne les récoltent auparavant !
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Classé dans Art, Culture et société, Philosophie, Science
Pour commémorer la Première guerre mondiale, 888, 246 coquelicots de céramique s’écoulant tel un flot de sang de la Tour de Londres, chacun représentant un britannique ou un « sujet » de l’empire colonial mort lors de ce conflit mondial. Une oeuvre de Paul Cummins et Tom Piper.
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Via Colossal
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Les habitants des favelas de Rio de Janeiro, surtout les enfants, pratiquent un certain art de la guerre, la guerre des cerfs volants. Du haut des toits ils s’affrontent, quartiers contre quartiers, pour la conquête du ciel. Chacun cherche alors à couper la corde de l’autre, corde enduite de cire et de verre concassé, – plaisir enfantin qui laisse du sang sur les mains…
«Je pense que nous devrions tous avoir des ailes, comme les oiseaux. Mais puisque nous n’avons pas d’ailes, nous faisons voler des cerfs volants.»
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Via Colossal
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Le film Ambiancé du cinéaste suédois Anders Weberg est le plus long film jamais réalisé: il dure 720 heures, 30 jours. Voici la bande annonce, un vrai teaser de 72 heures…
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Un témoignage qui peut faire penser à La Nuit Transfigurée (Verklärte Nacht, 1899) d’Arnold Schoenberg, une oeuvre musicale inspirée du poème Roman in Romanzen de Richard Dehmel, poème qui «décrit une promenade nocturne d’un couple amoureux dont la femme avoue qu’elle attend un enfant d’un autre. Son amant insiste sur l’importance de sa maternité et lui assure qu’il est disposé à faire sien cet enfant. Ils marchent heureux, sous la lune, dans cette nuit transfigurée.»
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À la fin du XVIIè siècle, un artiste hollandais du nom de A. Boogert, a fabriqué à la main un livre de plus de 700 pages dans lequel il s’applique à montrer comment mélanger les couleurs et comment obtenir pour chacune d’elle différentes tonalités. Ce faisant il a, ni plus ni moins, procédé à la quasi recension de toutes les couleurs connues… Ce Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau de 1692 est une pure merveille!
Déposé à la Bibliothèque Méjanes d’Aix en Provence, on peut ici le consulter dans son entièreté. C’est à l’historien hollandais Erik Kwakkel que l’on doit la redécouverte de cette extraordinaire document.
Sources: Open Culture
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Teinosuke Kinugasa, 1926
Le sujet du film et le scénario sont fruit de la collaboration de Kinugasa avec le célèbre écrivain Y. Kawabata. Pendant longtemps, les critiques de cinéma mentionnaient ce film sans l’avoir vu, la copie étant perdue. Ce n’est qu’en 1971 que Kinugasa retrouva la copie que l’on croyait détruite pendant la guerre. Quarante-cinq ans après la réalisation du film, Kinugasa a choisi lui-même le sonore et a fait tirer une copie sonorisée deUne page folle.
Ce film raconte l’histoire d’un marin qui s’engage comme infirmier dans un hôpital psychiatrique où sa femme est internée. Une partie des épisodes est traitée en caméra subjective.
Kinugasa avait, à l’époque, tenté de monter sa propre maison de production. Il était presque en faillite quand il réalisa Une page folle avec des moyens de fortune. Le tournage dura un mois. Le montage impressionniste rappelle celui de l’avant-garde russe et française de l’époque. Mais il faut rappeler que ce fil fut réalisé avant que les films d’avant-garde occidentaux ne soient introduits au Japon. Il est donc intéressant de voir que les mêmes tentatives spontanées se sont développées presque en même temps au Japon et dans les pays occidentaux.
« Je devais me plier aux exigences de la compagnie Nikkatsu dont la conception était comme toutes les autres de faire des films de divertissement. Il en est résulté une profonde frustration que j’ai décidé un jour de résoudre. Pour cela, j’ai dû devenir indépendant. Mais afin de ne pas revenir dans l’ornière habituelle, il me fallait innover totalement. À l’époque, le cinéma était encore muet, ce qui était pour moi un manque par rapport aux autres moyens d’expression. Innover voulait donc dire faire sentir par un moyen autre, la sensibilité sonore, autrement dit utiliser au maximum toutes les ressources visuelles. Il ne faut pas attacher trop d’importance au scénario: le cinéma n’est pas quelque chose d’écrit transposé. Ce que l’on filme n’est qu’une matière servant à la création d’un film, laquelle aura lieu au montage. Quand j’ai fait Une page de folie, cette conception n’était alors qu’inconsciente, juste une réaction à ce que j’avais fait précédemment. En 1928, quand je suis allé en URSS, j’ai pu me rendre compte à quel point mes recherches coïncidaient avec celles d’Eisenstein et de Poudovkine. »
Teinosuke Kinugasa (juillet 1972)
Sources: Université de Genève , Open Culture
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