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Dérives binaires et forclusion du tiers

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Le Devoir de philo

La trinité est apaisante; le dualisme, polarisant

La pensée de Dany-Robert Dufour sur le mystère central du christianisme célébré à Pâques peut éclairer nos débats publics

Marco Veilleux – Diplômé en théologie de l’Université Laval ; délégué aux questions sociales et adjoint aux communications pour les Jésuites du Canada français, Le Devoir, 4/04/15

Pâques est au coeur de la foi des chrétiens. Ils y font mémoire de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. Or cette fête met en scène le mystère central du christianisme : le dogme trinitaire. Les célébrations pascales, en effet, annoncent que Jésus — en qui les croyants reconnaissent le Fils du Dieu — a livré sa vie pour le salut de l’humanité. Ressuscité par le Père, ce Fils a vaincu la mort et répandu l’Esprit dans le monde. Un Esprit qui régénère toute vie et renouvelle la création.

Tout cela est bien joli, me direz-vous, mais en quoi cette « affaire trinitaire » concerne-t-elle encore nos sociétés occidentales largement postchrétiennes ? Pourquoi la pensée séculière et les non-croyants devraient-ils s’y intéresser ? Et, finalement, quel éclairage critique pourrions-nous en tirer sur l’état de nos débats publics et de nos liens sociaux ?

C’est à ces interrogations radicales que s’est attelé le philosophe français contemporain Dany-Robert Dufour (1947-). Dans son livre intitulé Les mystères de la trinité (publié chez Gallimard en 1990), il avance que « l’homme est trinitaire ». L’affirmation est étonnante, car l’ouvrage n’est pas un traité de théologie et son auteur n’est pas un croyant. Dans cette oeuvre dense et fouillée, Dufour parcourt l’histoire de la raison occidentale. Il y discerne une lutte constante entre ce qu’il appelle « trinité » et « binarité ». Cette tension est la source d’un lancinant « malaise dans la civilisation » — auquel les débats québécois actuels n’échappent malheureusement pas.

Une anthropologie du sujet parlant

Le dogme trinitaire est, bien sûr, un des fondements de la tradition chrétienne. Il est, entre autres, au coeur de la théologie réflexive de géants comme Augustin et Thomas d’Aquin. Mais Dufour, en bon philosophe, ne s’aventure pas ici sur le terrain dogmatique ou théologique. Cela ne l’intéresse pas. Il convie plutôt son lecteur à entrer dans ce qu’il appelle « une pensée rationnelle » de la trinité.

Du point de vue de l’anthropologie philosophique et de la philosophie du langage — disciplines qui traversent toute l’oeuvre analytique de Dufour —, force est de constater que « la trinité loge dans notre langue ». De ce fait, elle est antérieure à toute croyance. Il existe une « trinité naturelle », condition même de l’être parlant. Qu’est-ce à dire ?

La trinité, affirme notre philosophe, « chaque être parlant ne cesse d’en faire l’immédiate expérience. Pour la saisir, il suffit d’évoquer l’espace humain le plus banal qui soit, lieu commun de toute l’espèce parlante, celui de la conversation : “je” dit à “tu” des histoires que “je” tient de “il” ». Cette trinité immanente au langage (je/tu/il) est l’essence même du lien social et de la culture.

En effet, pour être un sujet parlant, il faut un interlocuteur, un lieu d’adresse. Mais dès qu’on s’engage dans cet espace du dialogue entre deux personnes, on est déjà trois. Car il n’y a pas de langage possible sans postuler qu’il y ait de l’Autre dont on puisse parler — c’est-à-dire du tiers absent, mais présumé, nous permettant de nous « entretenir » et de mettre de la signification en discours.

Toute la linguistique moderne, au XXe siècle, se penchera sur cette affaire aussi élémentaire qu’insaisissable qu’est la structure ternaire (ou trinitaire) de la parole et du langage. Pour le linguiste Émile Benveniste, par exemple, dans l’interlocution il y a toujours celui qui parle, celui à qui l’on s’adresse et celui qui est absent. Cette triade représente les « postes logiques » nécessaires pour que les discours humains puissent se déployer et générer du sens, de la relation, du lien social, bref de la culture.

Ce tiers qui sous-tend l’interlocution nous échappe donc, par définition. Il représente la « case vide » dans la communication et la production de la signification. Il inscrit ainsi le manque, signe de la finitude et de la mort, au coeur même de l’ordre symbolique de la parole et du langage. L’incapacité ou le refus d’assumer ce manque inhérent au sujet parlant, à cause de la souffrance que cela implique, conduit les humains, depuis toujours et avec plus ou moins d’intensité, sur la voie de diverses pathologies binaires : hystérie, phobie, paranoïa, névrose obsessionnelle ou perversion. En traitant les symptômes de ces pathologies par la cure de la parole, la psychanalyse, rappelle Dany-Robert Dufour, révèle d’ailleurs que « chaque sujet parlant est un officiant qui, sans le savoir, rend un culte à la figure trine ».

Tension entre le ternaire et le binaire

Dans son livre, Dufour montre donc que toute l’histoire de la pensée en Occident est le théâtre d’une éternelle tentation : la volonté de réduire le ternaire au binaire. De ce fait, la structure trinitaire (dont le dogme chrétien représente la sublimation par excellence) a toujours été une écharde au pied de cette raison occidentale.

En effet, la forme ternaire fait trébucher notre rationalité sur ses limites. En posant un « tiers » absent et insaisissable, elle empêche cette dernière de tout enserrer dans un rapport de type sujet-objet. Elle préserve ainsi les humains de l’hybris que représente la négation du manque et de la mort. Elle endigue également leur fantasme démiurgique de contrôle absolu et de toute-puissance. En définitive, on peut dire que la forme ternaire fonde le désir lui-même — c’est-à-dire l’accès des humains à l’ordre symbolique où ils doivent sans cesse recréer la justice, la signification et la vérité de leurs relations et de leurs liens sociaux. C’est pourquoi, comme l’écrira Alexandre Kojève, cité par Dufour : « Il y a droit lorsque intervient un point de vue tiers dans les affaires humaines. »

Mais voilà que notre civilisation, dans la condition actuelle de la modernité avancée, arrive à un point décisif. Avec « la fin des grands récits ternaires » — qu’incarnaient, entre autres, les mythes, les religions, la littérature et les arts —, la pensée dualiste, causale et instrumentale semble en voie de triompher partout et sans réserve. Que ce soit dans le domaine des technosciences et de l’informatique, dans le secteur de l’économie et de la finance, dans le champ social et politique, ou encore dans l’univers des médias traditionnels ou sociaux, la logique binaire impose de plus en plus son règne implacable et fait ses ravages. Car, par définition, la binarité est violente et mortifère puisqu’elle exclut le tiers. Nos récents débats publics, au Québec, me semblent malheureusement trop bien l’illustrer.

Malaise dans les débats publics québécois

Rappelons-nous la stratégie de division avec laquelle le gouvernement libéral de Jean Charest a géré, en 2012, la contestation étudiante et sociale qui a marqué la fin de son mandat. En martelant de manière caricaturale « Vous êtes pour nous ou vous êtes pour la violence ! », ce gouvernement a voulu verrouiller l’espace tiers d’une véritable discussion démocratique. Plus récemment, évoquons aussi la stratégie polarisante adoptée par le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Dans sa volonté de faire adopter sa fameuse charte des valeurs, ce gouvernement a clivé notre société en deux blocs. Ce faisant, il a placé dans une position de tiers exclu toute une partie de la population qui était visée par les mesures discriminatoires contenues dans son projet. En outre, sur la scène fédérale, est-il besoin d’épiloguer sur l’idéologie manichéenne à laquelle carbure le gouvernement conservateur de Stephen Harper ? Et que dire, enfin, des politiques d’austérité et des réformes institutionnelles menées à coups de hache et de bâillon par l’actuel gouvernement libéral de Philippe Couillard ?

Dans tous ces cas de figure, ce sont toujours les tiers qui écopent et passent à la moulinette de l’idéologie binaire : les pauvres, les femmes, les malades, les travailleurs, les assistés sociaux, les immigrants, les minorités religieuses, les sans-voix, les régions, les groupes de défense des droits, les instances de contrôle démocratique, les peuples opprimés, l’environnement exploité, etc.

La binarité fait également son oeuvre dans l’univers médiatique. Elle se manifeste particulièrement dans l’omniprésence actuelle de la figure du chroniqueur, du blogueur ou du journaliste d’opinion qui traite d’enjeux complexes en quelques lignes « punchées ». Le plus souvent, l’argumentaire lui sert en fait de prétexte pour polémiquer contre ses adversaires idéologiques et répéter ses mêmes rengaines. Il suffit de suivre Twitter, Facebook, des blogueurs ou encore plusieurs commentaires de lecteurs au bas des articles du Devoir pour constater jusqu’à quel point « la forclusion du tiers » y règne en maître. Et, surtout, pour réaliser combien l’hystérie, la phobie, la paranoïa, la névrose obsessionnelle ou la perversion s’y déploient allègrement !

Restaurer notre commune humanité

Ces dérives binaires kidnappent nos débats et nous plongent dans un profond malaise. Pourquoi ? Probablement parce que nous avons l’intuition que nous sommes en train d’y perdre notre humanité.

La binarité est, bien sûr, très efficace pour s’imaginer contrôler la réalité, assujettir l’inquiétante étrangeté, affirmer son pouvoir, étendre son profit, simplifier la complexité, lutter contre l’angoisse, objectiver les personnes, gagner des combats d’idées, croire à sa toute-puissance ou se complaire dans l’autosatisfaction narcissique… Il n’est donc pas facile d’y échapper, et tout nous y pousse dans l’air du temps. Mais cela produit, nous l’avons sous les yeux quotidiennement, une société de plus en plus dure, violente et haineuse, déchirée par les exclusions et les tensions, sans merci pour celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent entrer dans cette logique de guerre — car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Dans ce contexte, si avec Dany-Robert Dufour nous reconnaissons « qu’en regardant la forme trinitaire, nous nous regardons nous-mêmes », alors la fête de Pâques, à travers son exaltation d’un Dieu « trine », nous offre peut-être une issue : assumer humblement la structure ternaire de la parole et du langage qui nous constitue en tant qu’humain.

Cela implique de consentir au manque, à ce qui échappe, à ce qui décentre, à ce qui altère. Une telle éthique de la parole devient alors porteuse d’une éthique sociale. Car cette manière de parler qui fait place à l’Autre et qui s’ouvre au tiers construit du même souffle un autre mode de vivre-ensemble. En restaurant ainsi en nous la pratique d’une parole juste, signifiante et vraie, nous pourrons aussi espérer construire une société animée de ces mêmes qualités.

Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d’histoire, suivez ce lien.

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BLx

 

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Pâques, c’est-à-dire le Printemps

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Pâques. Origine, Signification, Tradition

BLx

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Laurence en Asie: Myanmar

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Laurence Gwilliam

 

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La Manif du Siècle

1000ème article publié sur ce blogue

Il faut se lever tôt pour assister à la manif du siècle, lorsqu’on vient de province. De Metz, le covoiturage jusqu’à Paris prend environ 3 heures. Trois silencieuses heures dans une voiture presque pleine de gens qui n’en ont rien à foutre… Ils vont en Argentine; des Luxembourgeois radins qui ont décidé de faire du covoiturage pour se rendre à Charles de Gaule. La voiture s’arrête à porte de Vincennes.

À la station de métro Nation, les tourniquets sont morts; ils ont été désactivés. Le métro est gratuit, un évènement extraordinaire qui ne se serait produit qu’en cas de cataclysme ou de fusillade dans les locaux d’un Hebdo. Quel drôle de sensation, passer les tourniquets sans entendre le « bip ». Ce n’est pas le fait qu’il n’y a pas de « bip » qui est drôle, c’est plutôt la liberté qu’accompagne l’absence de contrôleurs sur tout le réseau.

La ligne 9 est déjà saturée, c’est comme à l’heure de pointe. Le train souterrain ignore sans remords plusieurs stations. Parmi les victimes, se trouvent,  Rue des boulets, Charonne et Voltaire…

11h40 : La Place de la République est cernée de médias de toutes sortes. Des antennes blanches sur le dessus de fourgonnettes, des caméras, des CANON et des objectifs énormes de la toute dernière technologie chassent sur la place. Des machines qui prennent des centaines de photos et qui les stockent sur une petite carte en plastique.

Cela fait changement du vieil argentique contraint à 36 poses par film et au rembobinage précautionneux de chacun d’eux. Une contrainte excitante qui permet d’avoir un rapport plus intime avec l’évènement et qui rend le partage de celui-ci plus réel. Entre l’œil du journaliste et la situation, le dispositif technique est une chute libre, c’est l’incertitude d’un discours souhaité, une action plus authentique. Un Mamiya ZE entre les mains me permet d’adopter ce rôle particulier qu’est celui du journaliste de l’époque pré numérique.

12h00 : La foule devient de plus en plus dense. Tout à coup, un africain monte sur la statue et se met à gueuler dans un drôle d’accent :    « Zé Vous Zaimes !! ». Des gens marmonnent «  Je vous aime ? », se demandant s’ils ont bien compris le charabia. Puis ils complètent avec un : « CHARLIE Liberté !». L’africain brandit un drapeau français et un ami le rejoint.

Ils se mettent doucement à crier : « Libérez les cités ! ». De vieilles dames passent par-là : « Ha ! Ça y est ! Le débordement commence ! »

12h30 : La statue est maintenant noire de monde et on y a accroché un grand : « Je pense donc je suis ».

Un peu plus loin, là où les branches du trajet se séparent, le silence est total. Rue du Faubourg du Temple et rue Voltaire se remplissent d’un foule dense et silencieuse. Tous sont venus exprimer leur mécontentement, mais cette fois, avec silence et respect.

13h15 : Il n’y a plus moyen de bouger, ils ont bloqués la rue Voltaire à l’attente des chefs d’états. Nous sommes tellement nombreux que même sur une surface immense, nous sommes comme des sardines. Une dame prise dans la foule : « Regarder ma pancarte, je n’aurais jamais pensé faire ce genre de chose, je ne suis qu’une mère de famille… » Plus moyen de rebrousser chemin; La manif du siècle a commencée…

1Place de la république 11h40

2À gauche, un journaliste prépare son discours

2.5Un « Vandale » et les médias

3-2Le jeune africain et son acolyte

3.5Les jeunes prennent d’assaut la statue tandis que les gens mariés brandissent leur journal

4-1Deux jeunes dames et leurs dessins

6Un français pensif

7Elle se noie dans la foule

9Il gesticule en brandissant son drapeau de la république

10Une petite rue s’inonde graduellement de la foule silencieuse

11Certains s’extirpent de la foule pour observer le spectacle

12Un nuage de gendarmes s’impose

13Ils marchent en silence avec la foule

14l’Unesco est de la partie

Caroline Douville

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De la puissance des images

La diffusion massive en 1789 de ces images, connues sous le nom de «The Brooks Diagram», contribua de manière importante à faire tourner le vent en faveur de l’abolition du commerce d’esclaves en Angleterre.

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«When the 1789 version of the Brooks diagram was produced, the burgeoning slave trade stood at its peak in Britain. Surprising as it may seem today, real outrage at the wholesale trafficking in human lives had just begun when the printed image was circulated as part of an aggressively promoted effort to end the slave trade altogether. In fact, its appearance signaled the advent of imagery as a primary means to state the salient points of those opposed to the horrors of the transatlantic passage.»

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Source: How a Look Inside a Slave Ship Turned the Tide Toward Abolition

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Laurence en Asie: Laos (3)

Je sais que ce n’est plus d’actualité, mais cela m’a étonnée de voir que ça s’est rendu jusqu’au Laos

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Laurence Gwilliam

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Laurence en Asie: Laos (2)

Buddha Park, Vientiane

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Les chutes Tat Quang Si

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Laurence Gwilliam

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Stand with Priya

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Priya, disciple de Parvati, la déesse hindoue de la fécondité, est violée, rejetée par sa famille, abandonnée de tous. Lorsque la déesse apprend ses malheurs elle s’indigne de l’abus dont sont victimes les femmes. Parvati fera alors don à Priya  du Shakti, la divine puissance de l’énergie féminine. Voilà la trame narrative de Priya’s Shakti, une bande dessinée à grande diffusion destinée à combattre la culture du viol et la violence dont sont victimes les femmes en Inde et partout dans le monde. Ce mythe nouveau qui se greffe à de plus anciens est massivement téléchargé et se propage de façon virale au moyen des médias sociaux et d’une application pour téléphones. Muthos, Logos et Technè se mêlent ici dans la fabrique de l’imaginaire indien.

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Source: Vice News, Meet Priya, a comic Superhero fighting the social stigma of rape in India

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« Religieux en tous genres, vous commencez à nous casser les couilles! »

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Combo roué de coups pour ce tag

«Mais qu’est-ce que c’est que ces conneries? On m’avait dit que la France c’est « Je pense donc je suis » et je me retrouve dans le pays du « je crois donc j’existe »!» Nicolas Devos.

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BLx

 

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Auschwitz, 70 ans plus tard

DÉCRYPTAGE

[Cet article a été publié dans Libération en janvier 2005, à l’occasion du soixantième anniversaire de la libération du camp]

Libéré par les Soviétiques le 27 janvier 1945, Auschwitz-Birkenau fut le plus important des camps d’extermination nazis. Dans ce complexe de la mort industrielle installé près de la petite ville polonaise d’Oswiecim furent tuées, selon les calculs de l’historien Franiciszek Piper, 1,1 million de personnes dont 960 000 juifs, 75 000 Polonais, 21 000 Tsiganes et 15 000 prisonniers de guerre soviétiques. Ces chiffres font aujourd’hui consensus parmi les historiens. Comme l’écrit Annette Wievorka : «Auschwitz désigne désormais par métonymie la Shoah.» Le camp représentait le pilier du système de meurtre industriel qui comptait d’autres camps d’extermination (Treblinka, 750 000 victimes, Belzec, 550 000, Sobibor, 200 000, Chelmno, 150 000, Majdanek, 50 000). Ces camps d’extermination étaient différents des camps de concentration où furent déportés par centaines de milliers les ennemis du régime et les résistants. La singularité de la «solution finale», qui tua de 5 à 6 millions de juifs ainsi que 200 000 à 400 000 Tsiganes, fut effacée sinon niée après la guerre et jusque dans les années 60.

Quand les nazis ont-ils décidé d’exterminer les juifs ?

La plupart des historiens estiment que «la solution finale à la question juive» fut officiellement décidée le 20 janvier 1942 lors de la conférence de Wannsee, près de Berlin. C’est peu à peu que le projet d’extermination s’était élaboré. «Il était potentiellement présent dès les années 20 dans l’esprit de Hitler, même s’il ne pouvait être perpétré que dans des circonstances particulières», raconte l’historien Florent Brayard, soulignant que c’est «seulement dans les premiers mois de 1942, après différents arbitrages, que les dirigeants nazis sont passés d’un projet d’extinction politique du judaïsme européen à plus ou moins long terme à un projet d’extermination à l’échéance d’un an». Les nazis avaient d’abord pensé forcer les juifs à émigrer hors d’Europe, mais aucun pays n’acceptait de les accueillir. Ils avaient ensuite étudié la possibilité de déportations forcées à Madagascar. Après l’occupation de la Pologne, ils commencèrent à les parquer dans des «réserves» et des ghettos. Mais ces solutions leur semblaient insuffisantes, notamment après l’invasion en juin 1941 de l’Union soviétique. «1942 a été l’année la plus tragique pour le judaïsme européen, souligne Florent Brayard. Plus de la moitié sans doute des 5 à 6 millions de victimes furent exterminées» dans les camps, les ghettos ou sous les balles.

Comment cette politique fut-elle mise en oeuvre ?

Au moins 1 million de juifs ont été tués de façon «artisanale» par les Einsatzgruppen, les «équipes mobiles de tuerie» qui suivaient l’armée allemande dans sa progression, liquidant systématiquement les populations juives. Mais ces massacres au fusil et à la mitrailleuse posaient des problèmes de «rentabilité». Durant l’été 1941, les nazis commencèrent à convertir des camions en chambre à gaz, en utilisant les gaz d’échappement. Puis ils créèrent en Pologne, dans les camps de Chelmno puis de Belzec, des installations permanentes pour le gazage au monoxyde de carbone. Jusque-là «régional», le génocide devint, après Wannsee, systématique dans tous les territoires contrôlés par le Reich. «La solution finale procéda par étapes échelonnées dont chacune résulta de décisions prises par d’innombrables bureaucrates au sein d’une vaste machine administrative», écrit Raul Hilberg dans sa somme incontournable la Destruction des juifs d’Europe. Pays par pays, il fallut d’abord identifier les juifs, puis les rassembler, les déporter et enfin les assassiner. Le système fonctionna jusqu’au bout, alors même que le Reich s’effondrait.

Quand fut construit le camp d’Auschwitz ?

A l’origine, en juin 1940, il s’agissait d’un petit camp de concentration pour des Polonais, puis, un an plus tard, pour des prisonniers soviétiques. En décembre 1941 fut organisé un premier gazage homicide «test» au Zyklon B (acide cyanhydrique) sur des Russes classés comme «communistes fanatiques» et des malades «irrécupérables». Rudolf Höss, le commandant d’Auschwitz, jugé et pendu après la guerre, raconte dans ses mémoires son entretien au démarrage de la solution finale, avec Himmler, le chef des SS, qui lui explique que «les centres d’extermination déjà existants dans la zone orientale ne sont pas en état de mener jusqu’au bout les grandes actions projetées». Auschwitz fut choisi à la fois pour les bonnes dessertes ferroviaires et le fait qu’«il peut être facilement isolé et camouflé». Les nazis attribuèrent à Auschwitz deux fonctions : l’assassinat pour ceux dont ils n’avaient pas besoin ; la mise au travail jusqu’à l’exténuation mortelle pour les autres. La main-d’oeuvre de déportés du camp I sera utilisée pour construire un deuxième camp à trois kilomètres de là. A la différence du camp de concentration, le camp d’extermination de Birkenau (Auschwitz II), «inauguré» au mois d’octobre 1941, n’avait pas d’autre but que la mise à mort industrielle. Dans un troisième camp, Auschwitz III-Monowitz, était installé une usine d’IG Farben.

Comment se faisait l’extermination ?

Les premières chambres à gaz de Birkenau fonctionnèrent à partir de juillet 1942. Les cadavres étaient alors encore brûlés dans des charniers à ciel ouvert. Le rythme des tueries s’accéléra et, au printemps 1943, quatre nouveaux ensembles de chambres à gaz ­ avec des fours crématoires adjacents ­ furent construits par la société Kopf qui en avait obtenu le marché. Les nouveaux arrivants étaient rapidement triés. Hommes et femmes en état de travailler partaient pour Auschwitz I ou III. Tous les autres, enfants, vieillards, malades, femmes avec enfants, tous ceux qui ne passaient pas la «sélection», étaient tués immédiatement. Les SS «traitaient» parfois jusqu’à 20 000 personnes par jour. Les arrivants se déshabillaient, puis sous les coups fonçaient vers ce qu’on leur disait être des salles de douche. Ils étaient enfermés dans ces pièces hermétiquement closes où étaient déversés des cristaux de Zyklon B qui les asphyxiaient en quelques minutes dans d’atroces souffrances. Les Sonderkommandos, des groupes de déportés juifs forcés à cette besogne et régulièrement éliminés, vidaient les chambres à gaz puis brûlaient les cadavres dans les crématoires, après avoir récupéré les cheveux ainsi que les dents en argent ou en or, métaux précieux qui devaient servir l’effort de guerre du Reich. Certains hommes des Sonderkommandos ­ qui avaient tenté de se révolter avant d’être tués eux aussi ­ ont réussi à tenir des journaux, retrouvés dans les cendres d’Auschwitz.

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BLx

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L’économie est une religion

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Bernard Maris (23/9/46 – 7/1/2015), l’économiste en chef de Charlie Hebdo, à l’humour digne de cette joyeuse maison, prof d’économie rêvé, fait partie des tristes victimes des attentats du 7 janvier. Ses compétences, ses responsabilités dans la vie civile (membre du conseil scientifique d’Attac et membre du conseil général de la Banque de France), n’avaient d’égales que la singularité absolue de ses positions dans le monde uniforme et puissant des économistes : partisan de l’instauration d’un revenu d’existence universel, il militait dernièrement pour la sortie de l’euro et l’effacement d’une partie de la dette privée et publique. Journaliste, professeur, esprit curieux et ouvert, Bernard Maris était une personnalité à part, un style en soi, brillant et mordant, comme dans cette Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles. Extraits en guise d’hommage épistolaire.

Source: des lettres

2003

L’économie est un anesthésique du même tabac que le latin à l’église, et sans doute l’économie a t’elle beaucoup gagné là où la religion a beaucoup perdu. Il y a un côté transique dans la prière commune, que l’on retrouve dans l’incantation économique à la Confiance chantée en canon dans toutes les réunions, du G7 ou d’ailleurs.

N’importe quel esprit un peu ouvert comprenait que le communisme était une « perversion de la rédemption des humbles », une hérésie religieuse, mais une religion tout de même. Point n’est besoin d’être grand clerc pour voir dans l’économie orthodoxe, la loi de l’offre et de la demande et le libéralisme idéalisé une utopie, comme le communisme, et comme lui une religion avec ses fidèles, ses papes, ses inquisiteurs, ses sectes, son rituel, son latin (les maths), ses défroqués, et peut être un jour, rêvons, son Pascal et son Chateaubriand.

La « main invisible », ruse hégélienne de la raison, raison dominant la raison des hommes, est un avatar du Saint -Esprit. Idem le marché (son autre nom) omnipotent, omniprésent et ubiquitaire, être de raison supérieure, substance immanente et principe des êtres – « vous n’êtes qu’un raisonnement coût-bénéfices » — cause transcendante créant le monde, et qui a tous les attributs de la divinité, y compris le destin : personne ne peut échapper au marché. Il existait avant vous et existera après. Dès lors il est impossible de penser l’après-économie. Voilà pourquoi la fin de l’histoire, la new economics (la fin des cycles, vieille resucée libéralisée des croyances en la croissance optimale en vigueur dans l’après-guerre) sont indissociables du libéralisme. La fin de l’histoire arrange bigrement ceux qui ont le pouvoir. La fin de l’histoire, c’est bien si je suis en haut. L’éternité du marché, qui justifie la domination de quelques dizaines de milliardaires dont la fortune équivaut au PIB cumulé des cinquante pays les plus pauvres, ressortit au principe du droit divin. Le droit du marché est le droit du plus fort. Les dictateurs ont toujours cherché à justifier démocratiquement, par 98% de oui, leur place.

Si l’économie est une religion, ce que pensent, finalement, beaucoup d’économistes ayant pignon sur colloque ou place dans les conseils du Prince (« L’économie politique est la religion de notre temps », Serge Latouche : « L’économie politique est la religion du capitalisme », Michel Aglietta et André Orléan), indiscutablement le marché, sa divinité, a une certaine allure : la Raison, le Progrès, le Bonheur, la Démocratie et autres candidats fort acceptables à l’essence éternelle sont tous contenus en lui.

Les problèmes des religions c’est qu’elles engendrent les fanatismes, les sectes (on disait, à juste titre, dans les salons de Louis XV, la « secte des physiocrates », personnages qui se signalaient par leur arrogance et la complexité de leurs discours), les héterodoxies, les papes, les gourous, l’École de Chicago est une secte, bornée à bouffer du foin, mais dangereuse et convaincante comme toutes les sectes. Les libertariens sont une secte, à peine plus sectaire que la précédente. Les chartistes sont une secte. La société du Mont-Pèlerin est une secte avec ses rites et ses cravates ornées du visage d’un douanier. Les micro-économistes sont une secte. Les théoriciens de l’économie industrielle sont une secte, dont l’obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos. Il n’est pas difficile de repérer le taliban sous l’expert, et le fou de Dieu sous le fou de l’incitation.

Il y a aussi une manière rigoriste ou désinvolte de pratiquer, en trompant son monde et allant à la confesse. Il y a les prêcheurs et les convertis. Les libéraux les plus fanatiques viennent souvent du marxisme, c’est-à-dire ont changé simplement de religion. On voit des abbés de cour, des Trissotin, des pères Duval ou des abbés Dubois, des Talleyrand qui clopinent et des chanteurs en grégorien, des beautés et bontés du marché. Mais le problème de la religion est qu’il est extrêmement difficile, lorsqu’on en a été nourri, de penser hors d’elle. […]

Au fait, les économistes… De quoi parlez-vous ? Savez-vous que lorsqu’on a compris que la « science » économique était une religion, l’économie devient passionnante ? On peut l’aborder sous l’angle de la mathématique pure — rien n’est plus respectable que le plaisir pur du chercheur, détaché des contingences mercantiles, qui produit ses théorèmes de mathématique, mais qu’il ne les baptise lois économiques, par pitié ! Sous l’angle de l’histoire des faits, de la pensée, de la philosophie économique, de la comptabilité, de la statistique descriptive… De la rhétorique — comme il est amusant, alors, d’observer les travaux de couture des uns et des autres pour emmailloter plus ou moins habilement dans de la « science » leur idéologie !

La Révolution avait coupé le cordon religieux. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, avec la coupure du cordon de la religion économique.

Alors, les économistes… De quoi parlez-vous ? Du Saint-Esprit ou de la valeur ?

Bernard Maris, Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles, Le Seuil, 2003.

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BLx

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Y’a rien de sacré

«Alors que le monde entier est interpellé par le rôle des caricaturistes et la portée de leur travail sur la liberté d’expression, l’ONF désire partager avec vous ce documentaire de Garry Beitel, réalisé en 2003, qui met en vedettes deux sommités canadiennes de la caricature, Serge Chapleau et Aislin. Ils nous expliquent l’impact et l’importance de leur métier dans le paysage moderne.»

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https://www.onf.ca/film/y_a_rien_de_sacre/?utm_campaign=programming&utm_source=facebook&utm_medium=social-media&utm_content=film&utm_term=test-A#temp-share-panel

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BLx

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Charlie Hebdo

Charb, directeur de la publication de «Charlie Hebdo», en décembre 2012
Charb, Directeur de la publication «Charlie Hedo», en décembre 2012

Mort aux dévots incroyants!

Charb – Extrait de «Les fatwas de Charb. Petit traité d’intolérance. Tome II.» Les Échappés Charlie Hebdo, Paris, 2014 (pages 82 à 84). Le Devoir, 8/01/15
En réclamant notre mort, ceux qui se prétendent les meilleurs amis de Dieu l’insultent. Ils insultent Dieu. Leur dieu. D’abord, quel est ce dieu tout-puissant mais irritable qui a besoin d’une fourmi humaine pour prendre sa défense ? Dieu a-t-il besoin qu’un fidèle l’attende à la sortie de l’école parce qu’il a peur qu’un non-croyant lui tire la langue ou lui pique son bonnet ? Bonjour, Dieu, ça s’est bien passé aujourd’hui avec la maîtresse, elle a été gentille avec toi ? Tiens, voilà ton goûter et montre-moi celui qui t’embête dans la cour de récré, je vais l’égorger. Mais après tout, peut-être que Dieu est une grosse larve pleurnicheuse qui n’est pas capable de régler ses comptes lui-même.

Le plus troublant, c’est que quasiment toutes les religions sont capables de nous dépeindre l’enfer. Non seulement l’enfer existe, mais les textes sacrés le décrivent assez bien. On connaît la couleur du papier peint, la chaleur des flammes et la taille des chaînes qui cliquettent lugubrement. La chair des suppliciés n’a pas le temps de cicatriser complètement qu’elle est de nouveau arrachée. Berck !

Les meilleurs amis de Dieu nous promettent très souvent l’enfer. Pour eux, il n’y a pas de doute, on va pleurer notre mère pour l’éternité. Un jour. Un jour qui arrivera forcément puisque nous sommes mortels. Alors pourquoi veulent-ils nous assassiner s’ils sont sûrs que la punition divine s’abattra sur nous dans un laps de temps relativement court ? En effet, même si le mécréant vit quatre-vingt-dix ou cent ans, ça ne représente rien par rapport au temps qu’il passera à rôtir dans les braises.

La vérité, c’est que le fidèle qui rêve de nous découper en rondelles ne croit pas aux textes sacrés. Il ne croit pas à l’enfer, il ne croit pas à la punition divine, il ne croit pas à l’éternité. Bref, il ne croit pas. S’il était sûr de lui, le fou de Dieu laisserait faire le temps et, le moment venu, il nous montrerait du doigt en se foutant de notre gueule. Il est sur l’Escalator qui l’emmène au paradis, nous sommes sur l’Escalator qui nous descend en enfer, et il rit. Nous sommes penauds, voire suppliants. Nous sommes surtout jaloux (maintenant que nous savons que Dieu existe) de toutes les bonnes confitures et des beaux culs dont Dieu va le régaler là-haut. Mais non, le crétin habité par l’idée de Dieu n’est pas sûr que ce soit l’idée de Dieu qui l’habite. Il n’est pas sûr que Dieu, s’il existe, est aussi puissant que ça. Alors, dans le doute, il se propose de faire le boulot. Quelqu’un qui fait le boulot de Dieu n’est ni plus ni moins que quelqu’un qui se prend pour Dieu. Y a-t-il pire blasphème pour un croyant que de se prendre pour Dieu ?

Le fidèle a tort de tuer l’infidèle, non pas parce que Dieu est amour, mais parce qu’il donne raison au mécréant : Dieu n’existe pas. En massacrant l’infidèle, c’est l’idée d’un dieu tout-puissant qu’il massacre, le dévot mégalo. Et qu’est-ce que serait un dieu qui ne serait pas tout-puissant ? Un chef de rayon à la FNAC ? Allons, assez blasphémé.

Je crois que vous en serez d’accord, il faut obliger les fous de Dieu à se regarder dans un miroir jusqu’à ce qu’ils se suicident en réalisant que Dieu, qui est censé avoir fait l’homme à son image, ne peut pas avoir une aussi sale gueule. Amen.

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BLx

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Joyeux Noël!

Riopelle1

Jean-Paul Riopelle, 1951

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Le film à venir (1997) de Raul Ruiz

le film a venir

«Entre temps les prêtres dansaient la danse sacrée et ils écrivaient avec leurs pieds « Panta Rei »…»

Néo-baroque, ésotérique, hermétique, poétique. Mais ne sommes-nous pas tous déjà devenus «partie du fragment du film à venir»?

BLx

 

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