
Archives de Tag: philosophie
Hypatie d’Alexandrie
Femme philosophe, sauvagement assassinée par les prêtres de l’évêque Cyrille en 415

« Hypatie est à la mode. Cette femme, mathématicienne, philosophe, astronome, pédagogue réputée de l’Alexandrie des années 400 de notre ère connaît depuis la Renaissance une seconde vie. Devenue figure emblématique, elle a été utilisée pour servir des causes aussi diverses que la tolérance religieuse, l’anticléricalisme, l’hellénisme romantique, le positivisme, le féminisme, et jusqu’à la prostitution.
Si nous savons quelque chose de l’Hypatie antique, et si cette figure a pu être si bien récupérée, c’est à sa mort qu’elle le doit. Au printemps 415 de notre ère, Hypatie est enlevée en pleine rue par des moines fanatisés, et écorchée vive dans une église ; son corps est découpé en morceaux, qui sont finalement brûlés. C’est à cette fin sordide plus encore qu’à sa personnalité brillante et à son aura incontestable qu’elle doit d’avoir traversé les siècles. Car des femmes philosophes voire mathématiciennes, l’Antiquité en a connu plus d’une, dont les noms seuls nous sont au mieux parvenus. La mort violente d’Hypatie, les acteurs de cet assassinat et le contexte religieux et politique explosif de l’Alexandrie des années 412-415 ont permis de jeter suffisamment de lumière, mais aussi suffisamment de mystère sur cette figure pour qu’elle soit réinterprétée, au fil des siècles, selon les besoins des uns et des autres.» La suite ici
Source: Anne-Françoise Jaccottet, Hypatie d’Alexandrie : femme antique, figures contemporaines, La vie des idées, 27/12/2021.
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Penser l’encabanement avec 5 grands philosophes
« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre » Pascal
Le patient, peint par Ernst Ludwig Kirchner, 1920 ou 1922.
Comment garder ses distances en compagnie de Pascal, Sénèque, Rousseau, Schopenhauer et Foucault: Penser l’enfermement avec 5 grands philosophes.
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La chouette de Minerve
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Nécessaire clarification
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Une histoire de la philosophie
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Pendant ce temps à Paris
Pour cette année, le sujet du concours de philosophie de l’École Normale Supérieure: «Expliquer».
Le déroutant sujet de philo au concours de Normale sup
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Pour la journée des femmes
Premier chapitre disponible ici en version pdf
1
SABINA LOVIBOND
Feminism in ancient philosophy
The feminist stake in Greek rationalism
Introduction
Despite the internal diversity of extant `ancient philosophy’, it has generally
been agreed that the main intellectual legacy of classical Greece and Rome
to the modern world is the idea of the value of truth and the capacity of
human reason to discover it. This idea, powerfully expressed in the
dialogues of Plato and in the more systematic teaching of Aristotle, has
provided an implicit point of reference ± usually, though not invariably,
positive ± for all subsequent `philosophy’ in the western world, and feminist
thought has been no exception to the rule. What remains unresolved,
however, is the proper ratio of positive to negative in the attitude of
feminism to `reason’. Since the eighteenth century at least, there has been
an effort to rethink the rationalist ethical and political tradition for the
beneÆt of women, and to detach its characteristic themes (legitimate social
order; mutual recognition among citizens; co-operative pursuit of a
common good) from the ideology of male supremacy. But the sexual
egalitarianism which we inherit from the age of Enlightenment is compli-
cated, today, by a rival impulse of solidarity with what the rationalist
tradition symbolically excludes ± that is, with reason’s supposedly feminine
`other’ or complement. It is this tension that sets the scene for our
discussion.
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Socrate
Mon cher ami,
Mon voyage à Athènes se déroule très bien, je visite, je découvre la cité et sa population. J’y ai fait plusieurs rencontres dont une qui ne me laisse pas indifférente. Ce nouvel ami est un homme très surprenant du nom de Socrate. Je l’ai rencontré en assistant à une de ses conversations avec d’autres habitants de la cité. Son comportement m’a intrigué et m’a fait réfléchir. Je pense que cet homme est un sage. Ou plutôt qu’il recherche la sagesse. J’ai écouté toute leur conversation sans dire un mot, et en essayant de voir le point de vue de chacun. Socrate est celui qui m’a le plus laissé perplexe. Il écoutait les autres parler et expliquer leur point de vue avec tant de certitude dans leur propos, puis il tentait de comprendre leur raisonnement en posant des questions et en émettant des théories sur les définitions qui remettaient en cause tout ce qui venait de se dire. Ses interlocuteurs étaient d’abord déstabilisés, puis après réflexion, ils doutaient et enfin ils prenaient conscience de leur ignorance. Certains avaient plus de mal que d’autres à se rendre compte qu’ils avaient tort mais finalement, tous finissaient par l’avouer, et ils cherchaient même à trouver une autre solution. Socrate, lui restait calme et écoutait ce que chacun avait à dire. A la fin de la conversation, la réponse à leur question restait introuvable. Néanmoins, grâce à lui, ils avaient pris conscience de ne pas réellement savoir ce qu’ils pensaient savoir, ce qui me semble déjà être un bon début. Pourtant, la réponse à la question qu’ils se donnaient tant de mal à trouver me parait encore très lointaine, si lointaine que je ne saurais dire si quelqu’un un jour pourrait y répondre. Mon ami, j’aurais tant aimé que tu sois là pour découvrir tout cela avec moi.
Très affectueusement, ton amie de toujours.
Mélodie Prak
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L’utilité de l’inutile
De la nécessité d’enseigner l’inutile
Réflexions de Nuccio Ordine sur l’importance des humanités
Renaud Lussier, Le Devoir, 26/04/14
Dans son dernier essai, Nuccio Ordine, professeur de littérature à l’Université de la Calabre, partage ses réflexions sur l’importance des humanités dans le contexte actuel, qu’il décrit comme un temps de crise, d’obsession à l’égard de l’utilité et de la rentabilité du savoir. L’utilité de l’inutile prend la forme d’une défense du savoir et de la culture dans une perspective humaniste en revenant sur une question fondamentale : comment peut-on rendre l’humanité plus humaine ?
Ordine encourage avec conviction la lecture des classiques de la philosophie et de la littérature, plaide pour la valorisation de ces disciplines que l’on juge trop souvent inutiles et qui sont pourtant si riches en enseignement. «[…] la prétendue inutilité des classiques peut en réalité se révéler un instrument des plus utiles pour nous rappeler […] que la possession et le profit sont mortels, alors que la recherche déliée de toute obligation utilitariste peut rendre l’humanité plus libre, plus tolérante et plus humaine ». L’auteur propose une sélection d’extraits de philosophes, parmi lesquels on trouve Platon, Aristote, Montaigne, Kant, ou d’écrivains, tels Ovide, Dante, Dickens, Calvino, Ionesco, extraits qui permettent de réfléchir sur cette notion d’« utilité », sur les raisons d’être de ces savoirs ou de ces pratiques artistiques, dont les objectifs vont au-delà de l’atteinte d’un profit monnayable.
Force du futile
Dans ses Quelques pensées sur l’éducation (1693), John Locke reprochait aux parents de cultiver le talent poétique de leurs enfants ; l’air du Parnasse était certes agréable, mais le sol de la montagne mythique, infertile, et il valait mieux chercher ailleurs pour trouver l’or et l’argent. L’image n’est pas sans lien avec la situation actuelle et Ordine pose clairement le problème de l’avenir des humanités, celui de la vocation des établissements scolaires, des universités en particulier, qui se voient de plus en plus contraintes à des exigences de rentabilité, de professionnalisation, au détriment de l’enseignement des savoirs fondamentaux et de la recherche, qui se soustrait à la logique du marché. Par ailleurs, la revendication de la gratuité du savoir devrait pouvoir rallier humanistes et scientifiques si l’on se rappelle que « les découvertes fondamentales qui ont révolutionné l’histoire de l’humanité sont en grande partie le fruit de recherches éloignées de tout objectif utilitaire ».
L’auteur présente dans son « manifeste » un court texte d’Abraham Flexner (1866-1959), penseur de l’éducation, qui, à la fin des années 30, citait en exemple quelques découvertes scientifiques majeures dans les domaines des télécommunications, de l’électricité ou de la bactériologie, rendues possibles grâce à des recherches qui n’avaient a priori aucune finalité pratique : « Flexner nous montre de manière remarquable que la science a beaucoup à nous apprendre sur l’utilité de l’inutile et que, aux côtés des humanistes, les scientifiques ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la bataille qu’il faut mener contre la dictature du profit, pour défendre laliberté et la gratuité de la connaissance et de la recherche. » Soulignons l’heureux succès de cet essai qui a été l’un des livres les plus vendus dans les librairies italiennes en 2013 et qui n’aura certainement pas été inutile.
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Philopolis 2013
Philopolis est un évènement de réflexion citoyenne regroupant près de 80 activités et conférences gratuites et ouvertes à tous et à toutes. Cette quatrième édition, toujours organisée par la collaboration d’étudiant-e-s provenant des quatre universités montréalaises, se tiendra du 15 au 17 février 2013 à l’Université McGill, à l’UQAM et à l’Université Concordia.
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Raymond Klibansky (1905-2005)
Un homme-livre
Une exposition de BAnQ raconte Raymond Klibansky (1905-2005), titan moral et intellectuel
Stéphane Baillargeon, Le Devoir, 16/11/12
Au milieu des quelque 200 documents assemblés par la Grande Bibliothèque du Québec (GBQ) pour présenter la vie et l’œuvre exceptionnelles du philosophe Raymond Klibansky, mort à tout près de cent ans à Montréal en 2005, à côté des livres de Platon, Nicolas de Cues ou John Locke, donc, il y a deux lettres d’une correspondance avec Albert Einstein. Un autre homme phare du XXe siècle, un autre juif allemand forcé à l’exil par l’arrivée au pouvoir des nazis.
Le physicien répond au philosophe qui lui demande conseil. Einstein, par l’entremise de l’Academic Council qu’il finançait de sa poche, a aidé Klibansky comme beaucoup d’autres exilés allemands à s’installer en Angleterre dans les années 1930. Cette fois, le protégé veut savoir s’il doit accepter le poste prestigieux que lui offre l’université hébraïque de Jérusalem.
Alors, que faire ? Participer à la fondation de l’État hébreu après la Shoah ou demeurer dans la diaspora ? Plus de trente longues missives furent échangées sur ce thème.
« À la fin de la Guerre, Klibansky était désemparé, explique le philosophe Georges Leroux, initiateur et commissaire de l’exposition. Il avait siégé à des commissions de dénazification pour aider des camarades à retrouver leurs jobs. Il avait tellement été dégoûté par ce qui se passait, alors que beaucoup de nazis convaincus retrouvaient leurs fonctions. Il s’est donc replié à Londres, puis il a reçu l’offre d’embauche de l’Université McGill. Il va cependant hésiter à rester à Montréal parce que de trop belles propositions lui arrivaient, dont celle de Jérusalem formulée par Yehuda Magnes. Einstein va finalement lui recommander de ne pas l’accepter. »
Dans ses lettres, le père de la théorie de la relativité explique que l’expérience juive se concentre dans la dispersion. Il conseille de féconder l’espace mondial pour que l’antisémitisme ne se reproduise plus jamais. « Einstein explique aussi à Klibansky que la pire des choses serait de créer un foyer national juif, dit encore le commissaire Leroux. Cette correspondance inédite est d’une richesse et d’une dureté incroyables. »
Ce sont les premiers documents que présente le professeur Leroux dans le cadre d’une généreuse visite guidée. En fouillant, il a pu déterrer les lettres de Klibansky enfouies dans le fonds Einstein de l’Université Princeton. La correspondance fera l’objet d’une édition en préparation sous la direction de Georges Leroux.
Il n’y avait que lui pour diriger l’expo-hommage et en tirer ainsi profit. Professeur de philosophie de l’UQAM, traducteur de Platon et collaborateur bien connu du Devoir, le professeur Leroux a été l’élève de Raymond Klibansky à l’Université de Montréal il y a cinquante ans.
La très belle, touchante et instructive expo Raymond Klibansky, (1905-2005) — La bibliothèque d’un philosophe, inaugurée lundi, se veut le « porte-étendard » de l’année philo de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). L’homme de théâtre Alexis Martin et le scénographe David Gaucher ont aidé à lui donner forme.
La présentation déploie les ouvrages dans une ellipse de verre et de bois qui évoque la configuration de la fameuse bibliothèque de l’Institut Warburg de Hambourg, où Raymond Klibansky a été jeune chercheur durant ses études auprès du philosophe Ernst Cassirer. C’est là aussi qu’il a mené certaines recherches pour son maître ouvrage Saturne ou la mélancolie, réalisé en collaboration avec ses aînés Erwin Panofsky et Fritz Saxl. Quelques semaines après l’arrivée au pouvoir des nazis, Klibansky avait convaincu Saxl, directeur de l’Institut Warburg, de déménager le précieux trésor savant en Angleterre, où il se trouve toujours.
Le parcours agrémenté d’extraits visuels et sonores se divise en plusieurs zones chronologiques. À la Odenwald, une école à la pédagogie alternative, il rencontre Klaus Mann, fils de l’écrivain Thomas Mann. Il apprend le grec et le latin, lit Homère, Pindare, Cicéron et Virgile, Goethe, Hölderlin et Rilke. Sa vocation d’helléniste et de médiéviste se confirme à l’Université d’Heidelberg, puis à Kiel et Hambourg. Lui-même devient un spécialiste de la tradition platonicienne et surtout du dialogue du Timée, capital dans la descendance romaine et médiévale de Platon.
L’expo montre ensuite avec quels ouvrages il se passionne pour les grands penseurs du Moyen Âge, Pétrarque, Maître Eckhart et surtout Nicolas de Cues, son maître de tolérance. Il amorce parallèlement son travail sur la mélancolie, qui n’aboutira que des décennies plus tard après la reconstitution du manuscrit perdu pendant la guerre.
Pendant la guerre, le colonel des services secrets Klibansky rédige des rapports pour Churchill et il prend le temps de traduire les mémoires de Mussolini. Le parcours s’attarde aussi longuement aux travaux postérieurs à 1945 sur les idéaux de paix et de respect (dont la Lettre sur la tolérance de Locke, traduite et éditée dans une vingtaine de langues) et la défense des philosophes menacés par les régimes totalitaires, dont Jan Patocka, mort pendant un interrogatoire, à Prague, en 1977.
Comme l’histoire allemande, la vie de Raymond Klibansky se divise en deux, autour de la catastrophe nazie. La scénographie rappelle cette période en plaçant la période 1933-1945 en retrait du parcours, derrière une installation évoquant un autodafé. Des rayonnages brûlés et des livres entassés font écran pour des images du bûcher de la place de l’Opéra de Berlin du 10 mai 1933.
« Si moi j’avais passé cette vie, j’aurais passé cinquante ans à me plaindre, ou à parler de mon héroïsme, ou à me présenter en victime, commente le professeur Leroux. Lui ne se plaignait jamais. Il ne voulait même pas parler de sa famille. »
Étrangement, de son vivant, le maître ne laissait pas ses élèves fouiller dans sa précieuse bibliothèque personnelle. Après sa mort en 2005, à quelques mois de son centième anniversaire, sa veuve Ethel Groffier Klibansky a légué à l’Université McGill l’ensemble patiemment accumulé, environ 7000 livres et documents divers, dont quelques lettres à Einstein…
Raymond Klibansky (1905-2005) – La bibliothèque d’un philosophe
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Lire aussi l’excellent article de Stéphane Baillargeon paru dans Le Devoir lors de la mort de Raymond Klibansky en 2005: Mort d’un géant.
Enfin, cette très belle entrevue donnée par Klibansky quelques années avant sa mort, il y est question de textes anciens, de philosophie et de mélancolie:
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