Combats sans merci de… cerfs volants!

Les habitants des favelas de Rio de Janeiro, surtout les enfants, pratiquent un certain art de la guerre, la guerre des cerfs volants. Du haut des toits ils s’affrontent, quartiers contre quartiers, pour la conquête du ciel. Chacun cherche alors à couper la corde de l’autre, corde enduite de cire et de verre concassé, – plaisir enfantin qui laisse du sang sur les mains…

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«Je pense que nous devrions tous avoir des ailes, comme les oiseaux. Mais puisque nous n’avons pas d’ailes, nous faisons voler des cerfs volants.»

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BLx

Via Colossal

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Palestine / Israël / Montréal juillet 2014

 

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Un staut Facebook de Tayahout-Nicolas

Grand reportage

Ce soir, et il faut être à Montréal pour voir ça, une manifestation Palestiniens/Juifs… ensemble pour condamner l’État d’Israël !

Un adulte palestinien portait un enfant juif sur ses épaules et un adulte juif portait, lui, un jeune palestinien !

Belle image !

de votre envoyé spécial Tayaout-Nicolas | Photographe professionnel:

BLx

 

 

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1914-1918: Les noirs dans l’armée canadienne

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L’arrivée du bataillon de construction no 2

L’histoire méconnue de la discrimination envers les Noirs dans l’armée canadienne en 1914-1918

Caroline Montpetit, Le Devoir, 18/07/ 2014

 

Cent ans après le début des hostilités, certains aspects de la Première Guerre mondiale demeurent méconnus. C’est le cas de la discrimination envers les Noirs qui a été pratiquée par les officiers de l’armée qui enrôlaient les soldats.

Cette discrimination était si forte que, sous la pression du lobby noir qui voulait participer à l’effort de guerre, l’arméecanadienne a fini par former un bataillon exclusivement formé de Noirs, le bataillonde construction no 2.

L’histoire a été racontée dans deux livres publiés par feu le sénateur canadien Calvin Ruck, Canada’s Black Battalion : no 2 Construction 1916-1920 et The Black Battalion 1916-1920 : Canada’s Best Kept Military Secret.

M. Ruck y raconte comment les Canadiens noirs qui souhaitaient s’enrôler dès 1914 se faisaient systématiquement rejeter par les officiers, certains de ceux-ci allant jusqu’à dire qu’il s’agissait d’une guerre de Blancs, dont ils n’avaient pas à se mêler.

« En 1914, au début de la guerre, les Noirs ont demandé, comme plusieurs autres Canadiens, à aller défendre leur pays. Mais c’est seulement après qu’il y a eu énormément de pression et de lobby politique qu’on les a finalement laissés partir », raconte Michael Farkas, président de la table ronde du Mois de l’histoire des Noirs de Montréal, qui souhaiterait monter une exposition sur le sujet. Alors que le gouvernement fédéral avait pour politique officielle d’accueillir tous les citoyens dans l’armée, les soldats blancs ne voulaient pas côtoyer des Noirs dans leurs rangs.

Par exemple, en novembre 1915, le lieutenant-colonel George W. Fowler écrit une lettre à un supérieur pour lui demander la permission de ne pas recruter de soldats noirs.

« J’ai eu la chance de trouver une très grande qualité de recrues, et je ne trouvais pas juste pour eux de devoir se mêler à des nègres », écrit-il, tel que cité dans le livre de Calvin Ruck. Certains commandants « ne croyaient pas que les Noirs pouvaient faire de bons soldats », ajoute M. Farkas. Pourtant, les Noirs d’Amérique avaient déjà servi dans plusieurs guerres.

Le bataillon noir est finalement parti en 1918, alors que les troupes canadiennes commençaient à manquer de renfort et que la conscription était désormais obligatoire au pays.

« Ils sont partis le 28 mars 1918. Ils étaient 19 officiers et 605 soldats. Le seul Blanc était le général, le général Sutherland, raconte Michael Farkas. Mais ils ne voyaient pas le combat. Ils étaient dans un bataillon de construction. Ils creusaient les tranchées. Ils érigeaient des camps. Ils déplaçaient du matériel de construction. C’était un travail de manutention. »

Parallèlement, quelques soldats noirs ont été enrôlés dans d’autres bataillons et se sont retrouvés sur la ligne de combat.

C’est le cas du père de Dolores Sandoval, de Montréal, parti à la guerre en 1918 avec un ami, et dont l’ami est mort des suites d’une attaque de gaz moutarde.

« Ils avaient essayé de s’enrôler plus tôt durant la guerre, mais on n’avait pas voulu d’eux », raconte Mme Sandoval, qui vit toujours à Montréal.

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« Créolisation » in the make?

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«J’rape un suicide…»

Christian Rioux, Le Devoir, 18/07/14

Au début des années 1960, longtemps avant les retrouvailles de 1967, Alain Peyrefitte était venu au Québec. Celui qui allait devenir le ministre de Charles de Gaulle était revenu inquiet de son séjour. Il s’était promené dans les quartiers ouvriers de Montréal où il avait entendu parler joual, le joual désignant ici non pas les traits particuliers du français du Québec, mais ce mélange bien spécifique de français et d’anglais qui caractérisait à l’époque les milieux montréalais les plus pauvres et les plus anglicisés. Grand voyageur et diplomate de carrière, Peyrefitte avait aussitôt compris que le français y était menacé de créolisation. Il en revint décidé à convaincre le général qu’il fallait favoriser les échanges culturels par tous les moyens. D’ailleurs, grâce aux efforts collectifs des Québécois, la qualité du français aujourd’hui parlé dans ces milieux est sans commune mesure avec celle d’hier.

Étrangement, nos curés de la langue continuent à pousser de hauts cris chaque fois qu’ils entendent le mot « créole ». Loin de toute connotation morale ou péjorative, celui-ci décrit pourtant une réalité linguistique. Le créole est un système linguistique issu du mélange de plusieurs langues comme on en trouve par exemple dans les Antilles. Au Québec, il désigne une forte interpénétration du français et de l’anglais qui rend la langue de ceux qui la parlent incompréhensible à ceux qui ne sont pas bilingues. Comprenons-nous bien, on ne parle pas créole en disant « passe-moi le ranch », une phrase dont la structure est française à l’exception d’un mot. Il faut pour cela que les deux langues se mélangent au point pratiquement d’en former une nouvelle.

Ce débat a été récemment relancé autour de Dead Obies, un groupe de jeunes rappeurs qui s’amuse justement à pratiquer un créole que presque personne n’est en mesure de comprendre. En voici un exemple : « C’est qui ça Jo Rocka ? / Buddy, y’a juste God qui peut judge, pis y’est pas là / Y’a pas d’mothafucka fresh like us / J’print Dead-O sur un T pis tu veux dress like us / So I’m takin a bath a’ec le yâb’en maillot Prada / Canot-Kayak a’ec Mahée Paiement su’l’Chayo Phraya ».

Il y a plus d’un an, j’avais écrit qu’il fallait « être sourd pour ne pas sentir ce nouvel engouement suicidaire pour l’anglais qu’ont récemment exprimé, dans une langue déjà créolisée, les jeunes francophones du groupe montréalais Dead Obies ». Il ne s’agit pas de reprocher à Dead Obies d’écrire dans une langue ou l’autre. Après tout, Claude Gauvreau n’écrivait-il pas en exploréen ? Or, au lieu de revendiquer un geste purement artistique, nos rappeurs prétendent écrire dans « la langue de la rue », celle de l’avenir prétendument « métissé » de la jeunesse actuelle. Comme si la modernité ne pouvait pas s’exprimer en français.

Les chanteurs poussent d’ailleurs le ridicule jusqu’à donner des entrevues parsemées d’étonnants « whatever » ou « get the fuck of that ». Claude Gauvreau n’a pas demandé au peuple de parler exploréen et Michel Tremblay n’a jamais fait un fou de lui en s’exprimant comme la « grosse femme ». Le joual de Tremblay est une invention littéraire, ce qui n’empêche pas son auteur de s’exprimer dans une langue comprise de Dakar à Bruxelles.

Tel n’est pas le cas des chanteurs de Dead Obies, qui sont convaincus d’être les prophètes d’une nouvelle langue « métissée »« multiculturelle »… mais étrangement anglaise. Qu’on ne s’y trompe pas, le combat de Dead Obies est un combat politique. Selon eux, la défense du français au Québec est dépassée. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à associer les nationalistes et ceux qui défendent le français à des « suprémacistes blancs », comme dans cette entrevue accordée le 6 décembre 2013 à CISM FM.

Or, je le répète, cet éloge d’un créole dominé par l’anglais est proprement suicidaire au Québec. Ces jeunes rappeurs ne semblent pas se douter de la chance qu’ils ont de pouvoir s’exprimer dans une langue parlée par plus de 200 millions de personnes dans le monde. Je me souviens d’avoir interviewé des Catalans et des Néerlandais qui enviaient les Québécois de parler une grande langue internationale qui leur donnait un accès direct à toute la littérature et à toute la cinématographie internationales.

Que le métissage linguistique soit un outil littéraire et enrichisse la langue, qui s’en plaindra ? Il en a toujours été ainsi, de Montaigne à Antonine Maillet. Mais Dead Obies n’intègre pas des mots anglais au français comme l’ont fait avec brio Plume Latraverse ou Luc Plamondon. Dans la langue de Dead Obies, c’est plutôt le français qui se noie dans la langue dominante. Que ce créole soit de plus revendiqué politiquement comme une langue à promouvoir dans un contexte où l’anglais est déjà la langue hégémonique, c’est, oui… un suicide. Les chanteurs de Dead Obies semblent d’ailleurs le confesser lorsqu’ils hurlent : « Do or die, j’rap un suicide ».

Le français est une grande langue de culture. L’anglais l’est tout autant. Mais si, pour passer de la langue de Vigneault à celle de Kérouac, il faut patauger pendant 200 ans dans un créole informe et médiocre, baragouiner une non-langue qui nous coupe de toute littérature, permettez-moi de ne pas être du voyage.

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Ambiancé

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Le film Ambiancé du cinéaste suédois Anders Weberg est le plus long film jamais réalisé: il dure 720 heures, 30 jours. Voici la bande annonce, un vrai teaser de 72 heures…

http://vimeo.com/88864793

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La Nuit Transfigurée, NYC style

 

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Un témoignage qui peut faire penser à La Nuit Transfigurée (Verklärte Nacht, 1899) d’Arnold Schoenberg, une oeuvre musicale inspirée du poème Roman in Romanzen de Richard Dehmel, poème qui «décrit une promenade nocturne d’un couple amoureux dont la femme avoue qu’elle attend un enfant d’un autre. Son amant insiste sur l’importance de sa maternité et lui assure qu’il est disposé à faire sien cet enfant. Ils marchent heureux, sous la lune, dans cette nuit transfigurée.»

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La lecture du journal d’hier

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«La lecture du journal au petit matin est une sorte de prière matinale réaliste. On oriente son attitude à l’égard du monde par rapport à Dieu ou à ce que le monde est. Lecture qui donne la même certitude que la prière pour savoir où l’on est»

Hegel,  Aphorismes 1803-1806, Philosophie n. 13, 1986

Un immense projet! La numérisation et la mise en ligne de 10 millions de pages provenant des journaux européens du passé.

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Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau (1692)

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À la fin du XVIIè siècle, un artiste hollandais du nom de A. Boogert, a fabriqué à la main un livre de plus de 700 pages dans lequel il s’applique à montrer comment mélanger les couleurs et comment obtenir pour chacune d’elle différentes tonalités. Ce faisant il a, ni plus ni moins, procédé à la quasi recension de toutes les couleurs connues… Ce Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau de 1692 est une pure merveille!

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Déposé à la Bibliothèque Méjanes d’Aix en Provence, on peut ici le consulter dans son entièreté. C’est à l’historien hollandais  Erik Kwakkel que l’on doit la redécouverte de cette extraordinaire document.

Sources: Open Culture

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Une Page de folie

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Une page de folie

Teinosuke Kinugasa, 1926

Le sujet du film et le scénario sont fruit de la collaboration de Kinugasa avec le célèbre écrivain Y. Kawabata. Pendant longtemps, les critiques de cinéma mentionnaient ce film sans l’avoir vu, la copie étant perdue. Ce n’est qu’en 1971 que Kinugasa retrouva la copie que l’on croyait détruite pendant la guerre. Quarante-cinq ans après la réalisation du film, Kinugasa a choisi lui-même le sonore et a fait tirer une copie sonorisée deUne page folle.

Ce film raconte l’histoire d’un marin qui s’engage comme infirmier dans un hôpital psychiatrique où sa femme est internée. Une partie des épisodes est traitée en caméra subjective.

Kinugasa avait, à l’époque, tenté de monter sa propre maison de production. Il était presque en faillite quand il réalisa Une page folle avec des moyens de fortune. Le tournage dura un mois. Le montage impressionniste rappelle celui de l’avant-garde russe et française de l’époque. Mais il faut rappeler que ce fil fut réalisé avant que les films d’avant-garde occidentaux ne soient introduits au Japon. Il est donc intéressant de voir que les mêmes tentatives spontanées se sont développées presque en même temps au Japon et dans les pays occidentaux.

« Je devais me plier aux exigences de la compagnie Nikkatsu dont la conception était comme toutes les autres de faire des films de divertissement. Il en est résulté une profonde frustration que j’ai décidé un jour de résoudre. Pour cela, j’ai dû devenir indépendant. Mais afin de ne pas revenir dans l’ornière habituelle, il me fallait innover totalement. À l’époque, le cinéma était encore muet, ce qui était pour moi un manque par rapport aux autres moyens d’expression. Innover voulait donc dire faire sentir par un moyen autre, la sensibilité sonore, autrement dit utiliser au maximum toutes les ressources visuelles. Il ne faut pas attacher trop d’importance au scénario: le cinéma n’est pas quelque chose d’écrit transposé. Ce que l’on filme n’est qu’une matière servant à la création d’un film, laquelle aura lieu au montage. Quand j’ai fait Une page de folie, cette conception n’était alors qu’inconsciente, juste une réaction à ce que j’avais fait précédemment. En 1928, quand je suis allé en URSS, j’ai pu me rendre compte à quel point mes recherches coïncidaient avec celles d’Eisenstein et de Poudovkine. »
Teinosuke Kinugasa (juillet 1972)

Sources: Université de Genève , Open Culture

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Pierre Soulages

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https://www.perrotin.com/exhibition-pierre_soulages-2408.html

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Mais qui est Vivian Maier?

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June 1953, New York, NY

1955, New York, NY

East 108th Street. September 28, 1959, New York, NY

Undated, Canada

Undated, Canada

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Vivianmaier.com

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Le paléoindien et l’archaïque ancien

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Découverte archéologique surprenante en Estrie

Pauline Gravel, Le Devoir 4/07/14

À East Angus en Estrie, des archéologues viennent d’exhumer sur les rives de la rivière Saint-François unmillier d’artefacts datant vraisemblablement de 8500 à 9500 ans, qui auraient été fabriqués par des descendants des premiers humains à avoir peuplé l’Amérique.

Éric Graillon, aujourd’hui archéologue au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, avait repéré le site en 1998 lors de sondages de prospection. Il y avait alors découvert des artefacts à une profondeur de 40 à 65 cm, alors que la plupart des vestiges retrouvés ailleurs en Estrie se situaient dans les 30 premiers centimètres de sol. De plus, les objets découverts avaient été sculptés dans une pierre absente dans la région, une rhyolite provenant du nord du New Hampshire et du Maine. Ces deux observations ont alors convaincu les archéologues que ces artefacts étaient fort probablement très anciens.

« On sait que des objets qui ont été abandonnés par des groupes humains ont pu s’enfoncer encore plus profondément sous l’action du gel et dégel ainsi que des animaux fouisseurs et des racines des arbres », explique le professeur Claude Chapdelaine, du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, qui a dirigé les fouilles à East Angus. « Dans 98 % des sites québécois, les objets se sont enfoncés ainsi de 30 cm. Mais il n’y a qu’un seul moment où les objets ont bougé de 60 à 80 cm, c’est à la fin de l’âge glaciaire. »

De 2002 à 2012, Claude Chapdelaine a fait des fouilles dans la région de Mégantic sur le site Cliche-Rancourt vieux de 12 500 ans qui est le seul site au Québec de la période du paléoindien ancien et qui renferme les traces des premiers humains à occuper le Québec.
Les Paléoindiens sont arrivés en Amérique en traversant le détroit de Béring, il y a 13 500 ans. Ils se sont d’abord installés dans les grandes plaines de l’Ouest américain, où ils ont inventé la pointe de projectile à cannelures, propre à la culture Clovis. Puis, de là, ils ont propagé cette culture à travers toute l’Amérique en migrant vers l’est.
« Les groupes paléoindiens anciens sont arrivés au sud de notre région il y a 12 800 ans. À cette époque, ils ne pouvaient pas pénétrer au Québec car celui-ci était couvert par la mer de Champlain et le glacier au nord. Mais il y a 12 600 ans, ils ont remonté la rivière Kennebec et l’un de ses petits affluents, la rivière Dead, qui les a menés sur le col de montagne le plus bas de la région. Et c’est ainsi qu’ils ont atteint le site Cliche-Rancourt près de Mégantic », raconte M. Chapdelaine.

L’archaïque ancien

 Aucune pointe à cannelures n’a été trouvée à East Angus à ce jour. Les objets qu’on y a recueillis sont surtout des grattoirs pour travailler les peaux et d’autres matériaux, dont plusieurs sont en rhyolite provenant du nord du Maine et du New Hampshire. Avec le quartz local, les hommes de l’époque ont fait des grattoirs, des racloirs et des couteaux spontanés servant à gratter, couper, scier. On a aussi exhumé « des éclats utilisés et des nucléus » (ces noyaux de roche dure dont on extrayait des éclats, des lames). « Pour avoir une réponse claire et nette [de l’âge de ce site], il nous manque toujours des pointes de projectile à cannelures. Mais il reste encore une bonne partie du site à fouiller », dit avec espoir M. Chapdelaine.

L’équipe de cinq archéologues qui a fouillé sur le site d’East Angus pendant deux semaines a sorti du sol plus de 1000 fragments issus de ce travail de taille. « Ce genre de découverte est assez caractéristique des sites anciens des chasseurs, pêcheurs, cueilleurs », souligne le chercheur.

Au milieu de ces fragments, les archéologues ont également retrouvé des charbons de bois et des pierres chauffées ayant été rougies et éclatées par le feu, qui proviennent vraisemblablement d’un ancien foyer. M. Chapdelaine prévoit d’envoyer certains de ces charbons de bois en Floride pour qu’ils soient datés au carbone 14, ce qui permettrait de confirmer ou d’infirmer son hypothèse. Et au laboratoire du géologue Michel Lamothe de l’UQAM, on déterminera depuis combien de temps les pierres chauffées n’avaient pas été exposées au soleil par la technique de luminescence optique.

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Claude Chapdelaine estime que les traces d’activité humaine découvertes sur le terrain de la papeterie Cascades à East Angus remontent à l’archaïque ancien, la période ayant succédé au paléoindien. « Il s’agirait du premier site de l’archaïque ancien en Estrie », dit-il.

Les humains qui l’ont habité provenaient probablement du sud, croit M. Chapdelaine. « Il s’agissait de montagnards venant du nord du Maine, du Vermont et du New Hampshire, et qui continuaient d’entretenir des relations avec des groupes de ces régions du sud, comme le montrent les objets en rhyolite provenant du nord du Maine et du nord du New Hampshire qui ont été découverts à East Angus, mais aussi à Cliche-Rancourt. »

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Les historiens ont-ils les idées courtes ?

Nikolaos Gysis, Allégorie de l'histoire (1892)

Nikolaos Gysis, Allégorie de l’histoire (1892)

Entretien avec David Armitage

par Nicolas Delalande & traduit par Kate McNaughton
L’hyperspécialisation des études historiques n’est pas une fatalité. Pour David Armitage, professeur à Harvard, il est urgent que l’histoire intellectuelle retrouve le sens et le goût de la longue durée. Sous peine de voir les approches naturalistes dominer ce que l’on nomme maintenant la big history.
David Armitage, né en 1965, est un historien britannique, spécialiste d’histoire intellectuelle, internationale et impériale. Professeur à Harvard depuis 2004, il y occupe la chaire Lloyd C. Blankfein. Son premier livre, paru en 2000, portait sur l’histoire intellectuelle de l’impérialisme britannique à l’époque moderne (The Ideological Origins of British Empire, Cambridge University Press). Depuis 2007 et la publication d’un livre consacré à l’histoire globale de la déclaration d’Indépendance américaine (The Declaration of Independence : a Global History, Harvard University Press), il s’efforce, seul ou en collaboration, de promouvoir un élargissement spatio-temporel des cadres habituels de l’histoire intellectuelle. Il a ainsi codirigé, chez Palgrave MacMillan, deux volumes portant sur l’histoire globale des révolutions de la fin du XVIIIe siècle (The Age of Revolutions in Global Context, 2010, en codirection avec Sanjay Subrahmanyam) et sur l’histoire pacifique (Pacific Histories. Ocean, Land, People, en codirection avec Alison Bashford, 2014). Il a également exploré la dimension internationale de la pensée politique d’auteurs classiques comme Locke, Hobbes ou Bentham (Foundations of Modern Intellectual Thought, Cambridge University Press, 2012).Plus récemment, David Armitage plaide en faveur d’une prise en compte renouvelée de la longue durée dans les travaux historiques, en particulier en histoire intellectuelle. Sa réflexion part du constat que si l’on dispose de plus en plus de recherches spécialisées sur des régions ou des périodes circonscrites, l’histoire peine à apporter des réponses aux grandes questions de notre temps. À l’heure où se multiplient, aux États-Unis, les appels à promouvoir la big ou la deep history, Armitage s’inquiète du possible déphasage entre une histoire environnementale, biologique ou génétique, à même de couvrir plusieurs siècles ou millénaires d’histoire, et les approches beaucoup plus micro et réduites dans le temps de l’histoire politique, sociale ou intellectuelle. Ouvrir les horizons chronologiques serait aussi une condition pour resserrer les liens, distendus, entre les historiens et leur lectorat.Ces idées, qu’Armitage a exposées dans un article publié dans la revue History of European Ideas et dans un article à paraître en français dans les Annales. Histoire, Sciences Sociales, sont discutées dans ce bref entretien réalisé à Paris en mai 2014. L’historien répond notamment aux interrogations que son projet soulève sur la possibilité de conjuguer longue durée et prise en compte des expériences, des émotions et des représentations portées par les acteurs historiques, ou bien encore sur les écueils à éviter pour ne pas ressusciter une histoire des idées fortement décontextualisée.

Pour faire apparaître le sous-titrage français, cliquer sur le bouton « cc » en haut à droite de la vidéo, une fois celle-ci lancée:

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Proust répond au « Questionnaire de Proust »

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Le questionnaire auquel Proust, encore adolescent, répondit en 1890 et qui finit par être nommé d’après lui.

Source: Open Culture

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Hikkomori et Otaku

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La culture ludique japonaise a été énormément popularisée dans les années 80. La jeunesse occidentale est éprise d’un nouvel univers. Il s’agit du manga/anime, les adeptes se souviennent encore du premier épisode de la série très connu, Pokémon, qui a propulsé ce monde sur les écrans de télévision. À présent l’industrie du manga est un pilier de la culture et de l’économie japonaise. Les produits sont multiples, de la littérature manga, à l’adaptation télévisée, à la mise en production d’un jeu-vidéo, pour enfin être transformé en jeu de carte. L’inspiration des artistes est vaste, ils puisent dans; l’histoire du japon féodal, la philosophie occidentale, la culture punk et steampunk[1], les religions, l’univers arthurien, le schoolife japonais, bref, les sources sont infinies. Un univers ludique aussi riche en concepts ne peut que créer une nouvelle classe de consommateur.

Un terme très spécifique a été inventé pour définir ce phénomène : Otaku. Il décrit toutes personnes ayant liée leur mode de vie à la consommation de ce hobby. Otaku veut initialement dire : votre maison. Le mot est composé de la préposition honorifique « o » et du substantif « taku » signifiant « chez-soi ». À présent, le terme Otaku a pris une toute nouvelle ampleur. Au Japon, on désigne comme Otaku tous ceux qui se cloisonnent dans leur demeure pour vivre leur passion. En Occident, ce serait l’équivalent du « nerd ». Mais il y a, pour autant, différents degrés d’Otaku, en Amérique et en Europe, le terme est employé pour désigner des amateurs du genre. Or, au Japon, le degré est plus élevé et lorsqu’il prend un niveau disproportionné, on emploie l’expression Hikkomori qui est une pathologie psychosociale et familiale. Ce trouble psychologique touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Ces personnes vivent coupées du monde extérieur et ne se sentent à l’aise que dans une pièce. Ils définissent le monde en deux concepts, le 3D qui est la vie réelle et le 2D qui est l’univers du manga/anime, du jeu-vidéo et de l’internet. À leurs yeux, l’univers du 2D prime. Ces personnes ne sont ni autistes, ni grabataires où arriérées, elles ne se sentent juste pas à l’aise pour socialiser et voient dans le 2D un idéal où ils se sentent maître de leur monde.

Les sociologues révèlent que ce phénomène est la pression sociale du pays où les jeunes sont constamment en compétition académique et où le moindre échec scolaire est synonyme d’un échec de vie. En 2011, on comptait au Japon près de 230 000 Hikkomoris. Ce chiffre est à la hausse puisqu’en 2013 les statistiques démontrent que plus de 260 000 jeunes se considèrent comme tel, plus de 70% sont des mâles.

NeetL’anime Welcome to NHK représente fidèlement l’environnement d’un Hikkomori

Certains mangakas[2] ont même exploité ce phénomène dans leurs scénarios, Welcome to NHK est considéré comme la meilleure œuvre traitant du sujet. L’histoire raconte la vie d’un étudiant studieux pouvant être accepté dans les meilleures universités du Japon, mais la perte de son amoureuse l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sa petite amie étant son seul contact social, le protagoniste ne sait plus comment terminer son parcours scolaire. Il abandonne l’école et se réfugie dans un logement. L’auteur ironise avec brio sur la situation du déchu de la société, le personnage prend plaisir à jouer à des Dating Sims ce qui consiste à forger des liens amoureux avec des filles virtuelles.

Ce problème est très tabou au Japon, où les parents des enfants touchés par ce trouble, cachent avec honte ce genre de situation familiale. Ce n’est que très récemment que les psychologues et psychanalystes se sont attardés à ce fléau social. Quelques traitements ont été mis de l’avant pour offrir un soutien psychologique aux jeunes, mais aussi aux parents. La première action des thérapeutes est, avant tout, de sensibiliser les parents et de les rassurer puisque l’attitude des parents envers l’enfant a un impact direct sur sa psychologie. Des traitements médicamenteux sont aussi disponibles, très souvent à effet placebo. Malgré tout, les Hikkomoris et les parents déplorent le manque d’aide et de soutien qui sont très souvent laissés à eux-mêmes.

Mohamed Redha Meddad

 

[1] Dérivée de la culture punk, le steampunk s’inspire de la Révolution industrielle. Il emploie la technologie de la vapeur et les croquis de Leonardo De Vinci pour présenter un univers futuriste à la sauce rétro.

[2] Auteur de manga/anime

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