Archives de Catégorie: Religion

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«Le long métrage de fiction, presque entièrement composé d’acteurs non professionnels, a été sélectionné à la 66e Berlinale en janvier dernier, où il était présenté en première mondiale.

L’histoire relatée est celle de Shawnouk, un jeune autochtone qui tue un homme lors d’un vol à main armée puis s’évade en forêt. Le protagoniste revient ensuite dans sa communauté et entame un processus de guérison, un acte de purification, qui va l’amener à reprendre le contrôle sur sa vie. » ici.radio-canada.ca

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Sublimes bibliothèques

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Trinity College, Dublin

bibliothèque nationale

Bibliothèque Nationale, Paris

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George Peabody Library, Baltimore

The Beinecke Rare Book & Manuscript Library, New Haven, USA

The Beinecke Rare Book & Manuscript Library, New Haven, USA

20 de plus ici: http://brightside.me/article/24-libraries-of-the-world-so-magnificent-theyll-take-your-breath-away-24105/

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Le Lai d’Aristote

Le Lai d’Aristote, domination féminine et humiliation

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Avez-vous déjà rencontré cette représentation iconographique d’une sémillante jouvencelle juchée sur un vieillard ? Il rapporte l’épisode du chevauchement d’Aristote, humilié par une belle courtisane.

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Oui, ce personnage avili représente bel et bien l’un des penseurs majeurs de l’Antiquité, surnommé par ses contemporains Aristote le Stagirite (384-322 av. J.-C.), du nom de sa ville de naissance.  C’est ce même Aristote qui a “démontré” que le terre était immobile au centre l’univers… Vous pouvez consulter ici une démonstration enluminée du géocentrisme d’Aristote datant du XIVe siècle. Bon, il arrive à tout le monde de se tromper, pauvre homme !

Ainsi Aristote a été daubé, tourné en ridicule, mais bien avant que n’éclosent à la Renaissance les théories sur l’héliocentrisme de Copernic ou de Galilée. Les premières humiliations commencent dès le XIIIe siècle, dans le cadre des controverses universitaires entre l’Église et la Science. Au Moyen Âge, la Métaphysique d’Aristote commence à peine à être divulguée en Occident au sein des universités naissantes et autres écoles cathédrales, et sa pensée ne fait pas du tout l’unanimité. Ses travaux scientifiques, bouleversant certaines conceptions du dogme chrétien, sont au cœur des débats et subissent des condamnations de la part des autorités cléricales. C’est alors qu’apparaît le thème caricatural du philosophe chevauché, dans un lai qu’on attribue à un trouvère normand dénommé Henri d’Andeli. Un lai est une sorte de fabliau médiéval censé célébrer l’amour courtois, mais le Lai d’Aristote (vers 1330), comme nous l’allons voir, est davantage une farce qu’une ode à l’amour !

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Source: Savoirs d’Histoire

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Le Collège de France

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Le Collège de France, fondé en 1530 par François 1er, est un établissement d’enseignement supérieur de grande renommée dont la particularité, unique au monde, consiste à être un haut lieu de savoir et de recherche tout en étant une place de grande diffusion de ce savoir; c’est-à-dire que le Collège de France dispense un enseignement « non diplômant », gratuit et ouvert à tous en philosophie, en histoire, en art, en littérature, en sciences et, qui plus est, auquel on on peut accéder en ligne!

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Site officiel: Le Collège de France

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Joyeux Noël!

nativitéSandro Botticelli, la Nativité mystique, vers 1500-1501, Huile sur toile 108,5 cm × 74,9 cm, National Gallery, Londres.

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L’impératif catégorique en 8 minutes

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Humani nihil a me alienum

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«La mission de la SÉAQ, depuis sa création, est de promouvoir l’humanisme classique et d’en montrer la pertinence dans le monde contemporain, ce qui est d’ailleurs reflété par sa devise, empruntée au poète latin Térence :  » Humani nihil a me alienum « , c’est-à-dire, « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » (Heautontimorou-menos, 77). Concrètement, la SÉAQ encourage la recherche, l’innovation pédagogique et la publication dans les divers domaines de l’Antiquité grecque et romaine. Elle met aussi à la disposition de tous ses membres, selon ses possibilités, les ressources nécessaires à l’étude, à la promotion et à la défense des études anciennes.»

http://www.laseaq.org/

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« inHuman » Photos de Pawel Bogumil

« L’animal ouvre devant moi une profondeur qui m’attire et m’est familière. Cette profondeur, en un sens, je la connais ; c’est la mienne. Elle est aussi ce qui m’est le plus lointainement dérobé. (…) Je ne sais quoi de doux, de secret, de douloureux, prolonge dans ces ténèbres animales, l’intimité de la lueur qui veille en nous. »

Georges Bataille, Théorie de la religion, Paris 1973, Gallimard, coll. Tel, pp. 30-31

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Source: resourcemagonline.com

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Ibadites de Djerba

Une autre voie en Islam

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Les Ibadites «tiennent à se distinguer de l’islam radical sur plusieurs points : collégialité et esprit d’équité qui animent leurs pratiques religieuses et sociales ; absence d’ostentation de leur mode de vie, perceptible jusque dans l’austérité de leurs mosquées ; ouverture au pluralisme ethnique et religieux. En témoignent les intervenants dans le documentaire d’Agnès De Féo, ainsi que les sites internet des Ibadites et leurs activités culturelles et éditoriales. Cyrille Aillet, l’un des meilleurs connaisseurs de cette famille de l’islam souligne :« Refusant d’être cantonnés dans une périphérie, les Ibadites revendiquent une place à part entière dans l’orthodoxie, et un rôle possible dans la rénovation de l’islam. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/30/en-tunisie-les-ibadites-presentent-un-autre-visage-de-l-islam_4800236_3212.html#G3rd9KSFz76Es13O.99

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Le jeu vidéo: une drogue puissante

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Prisonnier de sa dépendance

La dopamine, la grande responsable de l’euphorie du coureur et de la passion de certains enfants pour les jeux vidéo

Pauline Gravel, Le Devoir 17/10/151
Si votre adolescent passe des journées entières rivé à son écran d’ordinateur pour s’adonner à des jeux vidéo, vous aurez beau l’implorer de sortir jouer dehors, il ne parviendra pas à s’extirper de son poste. Et ce ne sera pas par manque de volonté ou par caprice. « Au fond de lui-même, il sait très bien que ce n’est pas normal, mais il faut comprendre qu’une partie de son cerveau est complètement déchaînée et l’entraîne à jouer encore et encore », explique Salah el-Mestikawy, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, qui a découvert avec des collègues français, espagnols, et suisses un gène de vulnérabilité à la dépendance.

Autant la dépendance aux jeux vidéo que celles au sexe, aux drogues, à l’alcool, au tabac, au poker, à la course à pied, voire au travail impliquent une hyperactivité du circuit de la récompense, un réseau de fibres nerveuses situé dans le cerveau qui a pour but de générer la motivation nécessaire à la réalisation d’actions ou de comportements destinés à assurer la survie de l’individu, et plus largement de l’espèce. « La nature a mis en place un système qui fait que si vous trouvez une récompense, cela provoquera une sensation de plaisir et vous activera au niveau locomoteur pour aller la prendre. Les gens dont le système de récompense est dysfonctionnel sont très handicapés et souvent dépressifs. Nous avons tous besoin d’un système de récompense fonctionnel », souligne M. El-Mestikawy, qui donne en exemple un mammifère ou un chasseur-cueilleur qui rencontre une proie ou un champignon dans la forêt où il se promène.

« Si ces deux organismes n’étaient pas dotés d’un système de récompense qui les pousse à sauter sur la proie ou à ramasser le champignon, ils continueraient leur chemin en remettant cette démarche à plus tard. »

Le circuit de la récompense comprend plusieurs structures, dont l’aire tegmentale ventrale (ATV), qui s’active lorsqu’elle reçoit du cortex sensoriel le signal qu’une récompense a été détectée. L’ATV libère alors de la dopamine dans le noyau accumbens, qui intervient dans l’activation motrice, dans l’amygdale, qui donne une coloration affective à la récompense, et dans le cortex préfrontal, qui joue un rôle dans les processus d’attention et de motivation. « Quand nous gagnons au loto, que nous trouvons un billet de 100 $ par terre, ou que nous apercevons notre fiancé, une bonne dose de dopamine est relâchée dans notre système de récompense, et c’est ce qui nous donne cette sensation d’excitation lorsque nous recevons une récompense », explique M. Mestikawy, dont l’équipe a mis au jour un nouveau chaînon du circuit de la récompense, soit une population d’interneurones cholinergiques situés dans le noyau accumbens.

Interneurones stratégiques

« Contrairement aux autres neurones, ces interneurones utilisent deux neurotransmetteurs — messagers chimiques — au lieu d’un seul, ce sont des neurones bilingues. Ils utilisent l’acétylcholine comme un accélérateur pour activer la sensation de récompense, et le glutamate, comme frein pour l’inhiber. L’un augmente la libération de dopamine, tandis que l’autre la diminue », précise le neuroscientifique qui est également directeur de recherche au CNRS INSERM à Paris.

Les chercheurs ont d’abord confirmé le rôle stratégique de ces interneurones chez des souris ayant subi une modification génétique qui rendait leurs interneurones incapables de libérer le glutamate. En effet, lorsque ces souris avaient la possibilité de s’auto-injecter une dose de cocaïne, elles augmentaient leur consommation de cocaïne beaucoup plus que ne le faisaient les souris sauvages normales servant de contrôles, relate le neuroscientifique. Le circuit de la récompense de ces souris dépourvues du « frein glutaminergique » était beaucoup plus réactif et était inondé par une libération accrue de dopamine, explique-t-il.

À la suite de cette découverte chez la souris, le neuroscientifique a voulu savoir si les humains souffrant de dépendance étaient porteurs d’une mutation sur le gène responsable de la production de glutamate par les interneurones cholinergiques du noyau accumbens. Pour vérifier cette hypothèse, il a sollicité la collaboration de chercheurs en génétique et en psychiatrie qui ont séquencé le génome de 230 toxicomanes et de 213 personnes normales sans antécédent psychiatrique. Ce séquençage a révélé une seule mutation parmi les 213 génomes servant de contrôle — soit une fréquence de mutation d’environ 0,5 % — et une douzaine dans les génomes des 230 consommateurs de cocaïne ou de méthadone — soit une fréquence de mutation de 5 %, qui s’avère dix fois plus élevée que celle observée dans la population normale. « Cela veut donc dire que les personnes qui sont porteuses d’une mutation sur ce gène sont prédisposées à développer une dépendance, et ce, autant à la drogue, au sexe, au jeu, qu’à quelque chose de positif, comme le sport, les maths et la danse classique. En d’autres termes, cela signifie que si une telle personne goûte aux drogues, aux jeux, au sexe, ou à l’alcool, elle risque probablement de sombrer dans une dépendance catastrophique », souligne M. El-Mestikawy qui fait aussi remarquer que « comme cette mutation n’est présente que chez 5 % des personnes victimes d’une dépendance, cela signifie probablement qu’il y a plusieurs autres gènes intervenant dans le circuit de la récompense qui peuvent être altérés ».

En plus d’avoir épinglé un gène de vulnérabilité à la dépendance, Salah El-Mestikawy, qui cosigne un article relatant ces résultats dans la revue Molecular Psychiatry, croit que cette découverte pourrait aussi mener à la mise au point d’une thérapie efficace.« Une substance qui ciblerait et activerait les récepteurs sur lesquels le glutamate va agir normalement constituerait probablement un bon traitement contre la dépendance », indique-t-il.

Mais le chercheur insiste surtout sur l’importance de dépister les jeunes qui sont génétiquement à risque, et dont le circuit de la récompense est hyperréactif, le plus tôt possible afin d’intervenir avant qu’ils ne touchent aux drogues et aux jeux. « Un système de la récompense hyperréactif est un danger, mais aussi un potentiel », souligne-t-il toutefois avant de préciser que les souris génétiquement modifiées — sans glutamate — n’avaient pas que des problèmes de dépendance. « Elles étaient également extrêmement anxieuses. Mais, ce qui nous a surtout surpris, c’est qu’elles étaient plus intelligentes, elles réussissaient beaucoup mieux que les souris normales tous les tests qu’on leur faisait passer. Ce qui veut dire que quand il est muté, ce gène vient avec des inconvénients : la personne est plus anxieuse et son système de la récompense est beaucoup trop explosif, mais par contre, elle est plus perspicace. Cet ensemble donne des gens qui sont très focalisés. Il y a donc un petit message d’espoir dans tout cela : la dépendance, il faut apprendre à s’en servir et à la canaliser dans une bonne direction. » D’où l’importance d’identifier les individus à risque vers 10 à 12 ans, afin de les prévenir qu’ils « sont en danger, mais qu’en même temps, ils ont une chance », qu’ils ont « une grenade dans leur poche et qu’ils ne doivent pas la dégoupiller n’importe comment. Et que s’ils se mettent à faire de la danse, du sport, du violon ou des maths, ils seront beaucoup plus contents que leurs camarades quand ils auront de bons résultats, et leur plus grande motivation leur permettra d’exceller dans leur discipline ».

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Mary Wollstonecraft

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Une féministe du XVIIIè siècle

The original suffragette: the extraordinary Mary Wollstonecraft

Her argument – outrageous at the time – was that women were capable of reason, and deserved to have that recognised. Now it’s our turn to recognise her contribution to women’s rights. The Guardian, 05/10/15
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Pour en savoir plus sur la vie extraordinaire de l’auteure de Réclamation des Droits de la Femme, qui fut aussi la mère de Mary Shelley, l’auteure de Frankenstein: Mary Wollstonecraft
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Japon: l’Humanisme en péril!

Humanities under attack

by Takamitsu Sawa, The Japan Times, 23/08/15

On June 8, all presidents of national universities received a notice from the education minister telling them to either abolish their undergraduate departments and graduate schools devoted to the humanities and social sciences or shift their curricula to fields with greater utilitarian values.

The bad tradition of evaluating academic learning and sciences in terms of their utility, with private-sector enterprises meddling in higher education, is still alive in Japan.

Indeed, policies related to higher education are under the control of the Council on Industrial Competitiveness, which is made up of nine Cabinet ministers, seven corporate managers and two scholars. One of the scholars is from the field of engineering while the other comes from economics.

A member of the education ministry’s panel of learned persons even said that the humanities and social sciences departments should be allowed to remain as they are only at the seven former Imperial universities and Keio University, and that those at other universities should be transformed into vocational training schools.

This person even went so far as to assert that students majoring in the humanities and social sciences at schools other than those eight institutions should be taught the Building Lots and Building Transaction Business Law instead of the Constitution, software programming for bookkeeping and accounting in place of Paul Samuelson’s “Economics,” and the skills of orally translating between Japanese and English rather than reading Shakespeare’s works.

These are outrageous proposals and I cannot tolerate anti-intellectuals distorting the government’s policies related to higher education.

During World War II, students of the natural sciences and engineering at high schools and universities were exempt from conscription and only those who were studying the humanities and social sciences were drafted into military service.

In March 1960, the education minister in Prime Minister Nobusuke Kishi’s Cabinet said that all departments of the humanities and social sciences at national universities should be abolished so that those schools would concentrate on the natural sciences and engineering. He also said that education in the humanities and social sciences should be placed in the hands of private universities.

A certain well-known entrepreneur predicted, meanwhile, that before long a majority of high posts in politics, the bureaucracy and business would be occupied by those with natural science and engineering backgrounds.

One of the principal features of the “income doubling plan,” which Prime Minister Hayato Ikeda announced in December 1960 as his major platform, was to promote education in the natural sciences and engineering at universities.

All of these events still remain clearly in my memory as they came while I was preparing for my university entrance examinations.

Fortunately, the prediction made by the famous entrepreneur proved to be off the mark. A majority of Japanese political, bureaucratic and business leaders today are still those who studied the humanities and social sciences. This is because those who studied these subjects have superior faculties of thinking, judgment and expression, which are required of political, bureaucratic and business leaders. And the foundation for these faculties is a robust critical spirit.

The countries in which the famous entrepreneur’s prediction was on target were socialist. In the Soviet Union, many of those who climbed to the position of general-secretary of the Communist Party had engineering backgrounds. Mikhail Gorbachev did not. Successive Chinese presidents also had engineering backgrounds.

The foundation of democratic and liberal societies is a critical spirit, which is nurtured by knowledge of the humanities. Without exception, totalitarian states invariably reject knowledge in the humanities, and states that reject such knowledge always become totalitarian.

The administration of Prime Minister Shinzo Abe has set an ambitious target of making 10 of the nation’s universities rank among the world’s top 100 within the next decade.

This target appears utterly impossible to achieve because at present only two universities in Japan are among the global top 100 — the University of Tokyo at 23rd and Kyoto University at 59th. Moreover, only three others — the Tokyo Institute of Technology, Osaka University and Tohoku University — are among those ranking between 101st and 200th.

The Abe administration’s target is tantamount to demanding the impossible. Why is it then that Japanese universities rank so low? One big reason is the low levels of education and research in the humanities and social sciences. Schools like the University of Oxford, the University of Cambridge, Stanford University and Harvard University, all of which are among the world’s top 10, are highly reputed in these fields.

The Massachusetts Institute of Technology, which ranks sixth in the world, is often thought to be an institution devoted exclusively to engineering. But the fact is that it offers a wide variety of curricula in the humanities and social sciences, and the standards of its research in these fields are reputed to be among the highest in the world.

The University of Tokyo is the only Japanese university that is among at the global top 100 in the humanities and social sciences. Although it ranks 87th in social sciences, no Japanese universities, including the University of Tokyo, rank among the top 100 in the humanities.

Stanford University ranks first in both the humanities and social sciences, while MIT places second in social sciences. The London School of Economics and Political Science, which specializes in social sciences, ranks 34th overall, which is below the 23rd spot held by the University of Tokyo but far above Kyoto University’s rank of 59th.

I believe that I am not alone in thinking that if Japan is serious about getting 10 of its universities into the world’s top 100, it will be far more cost-effective and advantageous to promote, rather than abolish or curtail, education and research in the humanities and social sciences.

Takamitsu Sawa is the president of Shiga University.

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ISAAC BASHEVIS SINGER OU LA LITTÉRATURE JUIVE ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ

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Créer, c’est vivre deux fois[1].

Albert Camus

Raconter.

Raconter, c’est échapper à la mort. C’est réactiver la mémoire de la communauté et donc permettre à cette dernière d’échapper à l’oubli de soi. Raconter, c’est précisément « vivre deux fois », comme l’affirmait Camus dans Le Mythe de Sisyphe.

C’est pourquoi certaines civilisations ont trouvé ou trouvent un réconfort dans les histoires du passé qui assurent une fonction expiatoire et commémorative. C’est notamment le cas du peuple juif qui, depuis son apparition, a accordé et accorde toujours une importance particulière aux textes religieux, mais aussi aux légendes, histoires ou contes pour enfants qui alimentent leur imaginaire collectif.

De ce fait, l’un des grands représentants de la tradition littéraire juive du 20e siècle, Isaac Bashevis Singer, incarne précisément cette nécessité de la littérature en tant que moyen de survivance dans une ère de grands bouleversements politiques, sociaux et culturels. Ayant fui la Pologne antisémite qui se trouvait, dans les années 1930, sous la domination de l’Allemagne nazie, Singer est ainsi un exemple flagrant du devoir de mémoire, de cette obligation de se raconter le passé à une époque où la civilisation hébraïque est menacée par l’annihilation.

Né en 1902 à Leoncin, en Pologne, Singer est initié très tôt aux textes religieux juifs et entreprend des études rabbiniques. Toutefois, passionné par la littérature dont il a fait très tôt la découverte, il décide jeune de se consacrer entièrement à la rédaction de nouvelles et de romans qu’il écrira en yiddish, langue orale qui situe ainsi Singer dans la tradition presque disparue des conteurs hébraïques. Parmi ses influences importantes, on retrouve, évidemment, les textes religieux, mais également les récits légendaires et folkloriques juifs[2]. Ayant immigré aux États-Unis en 1935 avec son frère afin de fuir l’antisémitisme montant en Pologne, Singer s’intéressera très tôt à cette civilisation nord-américaine différente, industrielle, consumériste. Se sentant en marge de cette société, Singer incarnera donc volontiers ce sentiment d’étrangeté, cette angoisse, cette solitude habitant la population juive américaine[3]. Parmi les thèmes récurrents de ce Prix Nobel de Littérature (1978), on retrouve notamment la foi, la spiritualité, l’individu, l’identité, la sexualité et la souffrance (que cette dernière soit humaine ou animale). En effet, devenu ouvertement végétarien dans les années 1960, Singer se situe ainsi à contre-courant de la pensée religieuse juive et incarne donc cette angoisse de cette communauté écartelée entre tradition et modernité[4]. De ce fait, cette considération du végétarisme dans l’œuvre de Singer fera ici l’objet d’une analyse plus approfondie.

Isaac Bashevis Singer ou le paradoxe du penseur juif végétarien

Ainsi, tel que mentionné précédemment, Singer, dans son choix d’une alimentation végétarienne, rompt avec les textes religieux juifs caractérisés par une considération de l’animal presque inexistante. En effet, l’homme judéo-chrétien, selon Bataille, se trouve « à l’opposé de l’homme archaïque en ce qu’il n’est plus d’intimité entre lui et le monde[5]. » De surcroît, l’homme de Lascaux respecte, admire, mystifie (non sans nostalgie et jalousie) la bête, contrairement à l’homme judéo-chrétien qui s’emploie à affirmer sa supériorité rationnelle sur l’animal.

De ce fait, un mépris de la bête est exprimé très clairement dès les premières lignes du mythe fondateur du judaïsme et du christianisme, celui de la Genèse. Dans ce récit édificateur de la pensée judéo-chrétienne, l’impératif de la subordination de l’animal à l’homme est légitimée par Dieu au cinquième jour de la création originelle du monde, alors qu’il ordonne à l’humanité : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maîtres, et dominez les poissons des mers, les oiseaux du ciel et tous les reptiles et les insectes. » (Genèse I, 28) Cette soumission de l’animal au genre humain sera d’ailleurs justifiée par le Tout-Puissant à de nombreuses autres reprises dans l’Ancien Testament. Par exemple, après le sacrifice à Dieu effectué par Abel (fis d’Adam et Ève et frère de Caïn), le Seigneur autorisera clairement la consommation de viande à l’homme, confirmant, de ce fait, la subordination toujours plus profonde de la bête à l’humanité (Genèse IX, 3)[6].

Toutefois, l’Ancien Testament contient quelques lueurs d’espoir pour les créatures non-humaines comme « Le juste prend soin de la vie des bêtes. » (Proverbes, XII, 10). De plus, aussi paradoxal cela peut sembler, l’importance du sacrifice animal dans la religion juive exprime une forme de respect de la puissance spirituelle de la bête. En effet, le sacrifice constitue, en réalité, un retour au monde sacré et à l’immanence souillés par le monde profane de la transcendance et de l’outil depuis Lascaux. De ce fait, dans ce rituel, l’être sacrifié est toujours un animal domestique (tel le bœuf ou la vache) ayant perdu son immanence à la nature pour être réduit par l’outil au profane[7]. Immoler la bête qui a été préalablement « séparé[e] de sa propre intimité, comme [elle] l’est dans la subordination du travail[8] », c’est ainsi précisément rompre ces liens d’assujettissement de l’animal apprivoisé à l’humanité. C’est donc lui rendre sa pleine immanence sacrée et, par conséquent, sa dignité originelle[9].

Cependant, si subsiste une certaine considération spirituelle de la bête dans le judaïsme via le sacrifice, la pensée juive subordonne également la bête à l’humanité et s’emploie à mépriser la part d’animalité en l’homme (on songe ici aux pulsions sexuelles qui constituent l’instinct naturel).

Il va donc sans dire que se positionner contre cette exploitation de la nature par l’homme en se déclarant ouvertement végétarien (comme le fait Singer), c’est précisément refuser d’obéir à des commandements divins et donc, s’exposer audacieusement aux foudres du Tout-Puissant.

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De ce fait, Singer se positionne d’emblée contre cette dépréciation de la nature par l’homme, position qui s’exprime profondément dans son œuvre. En effet, Singer expose la souffrance animale via la figure récurrente de l’enfant qui, dans sa naïveté, s’interrogera sur la nécessité de la souffrance de la bête subordonnée à l’homme, souffrance que l’auteur osera même comparer à celle qu’ont vécu les Juifs victimes de la Shoah. Cette analogie provocatrice a ainsi été énoncée pour la première fois par Singer dans son roman Ennemies, une histoire d’amour (1972), alors que le personnage principale, Herman, constate avec désarroi la détresse de la bête : « Bien que Herman ait souvent assisté à l’abattage d’animaux et de poissons, il avait toujours la même pensée : dans leur comportement envers les autres créatures, tous les hommes sont des nazis[10]. » Ainsi, un végétarisme militant caractérise l’œuvre de Singer qui, tel que mentionné précédemment, s’interroge sur la souffrance humaine qu’il rapproche volontiers de celle de la bête dont la vie est « un éternel Treblinka[11]. » S’opposant ainsi à la culture traditionnelle juive, Singer ouvre donc la voie à une œuvre littéraire hébraïque écartelée entre conservatisme et modernisation.

Le christianisme ou la honte de l’animalité

Ainsi, entre passé et modernité, l’œuvre de Singer perpétue cette tradition du conteur juif, mais soulève également de nombreux questionnements qui touchent, notamment à l’identité du peuple juif et à son rapport à l’animal. Toutefois, si subsistent des lueurs d’espoir pour les bêtes dans la spiritualité juive, le christianisme, en revanche, s’avère beaucoup plus dépréciateur de la bête. En effet, cette honte généralisée de l’animal s’exprime explicitement dans le Nouveau Testament qui porte principalement sur la figure du Christ et ses actes on ne peut plus révélateurs sur les intentions de Dieu non favorables à l’animal. En effet, selon saint Augustin, qui se réfère ici à un épisode précis de la vie de Jésus, « [l]e Christ lui-même montre que s’abstenir de tuer les animaux ou de détruire les plantes est le comble de la superstition, car, jugeant qu’il n’existe pas de droit commun entre nous et les bêtes ou les arbres, il envoie les démons dans un troupeau de pourceaux et en le maudissant dessèche l’arbre sur lequel il n’a pas trouvé de fruit[12]. » Cette analogie entre la bête et l’élément démoniaque est ainsi posée de manière on ne peut plus flagrante dans cette opposition nette à l’homme qui possède l’immortalité de l’âme et donc, la possibilité du salut divin éternel. Ainsi, malgré quelques penseurs chrétiens favorables à l’animal (on songe à saint Basile, à Jean Chrysostome, à saint Isaac le Syrien[13] et à saint François d’Assise[14]) la plus importante pensée chrétienne qu’est celle de saint Augustin soutient que si « l’Éternel est juste dans toutes ses voies, Et miséricordieux dans toutes ses œuvres » (Psaumes, CXLV, 17), il ne l’est qu’à l’égard d’une humanité davantage près du divin, car faite « à l’image de Dieu. » (Genèse I, 27)

Ainsi, la honte de l’animalité en nous et hors de nous que nous laisse comme héritage le judéo-christianisme et dont notre Modernité cartésienne s’est abreuvée.

L’existence de la bête, ou «  un éternel Treblinka. »

Virginie Simoneau-Gilbert

 

BIBLIOGRAPHIE

Livres en ligne

CAMUS, Albert. Le Mythe de Sisyphe, Chicoutimi, Les classiques des sciences sociales, 2010, 125 p., http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/mythe_de_sisyphe/mythe_de_sisyphe.pdf (Page consultée le 5 mai 2015)

Articles d’un ouvrage de référence en ligne

ROSENZWEIG, Luc. « Isaac Bashevis Singer » , dans Encyclopédie Universalis, Paris, Encyclopédie Universalis, s.d., http://www.universalis.fr/encyclopedie/isaac-bashevis-singer/ (Page consultée le 5 mai 2015)

Livres

BATAILLE, Georges. Théorie de la religion, Paris, Gallimard, 1973, 149 p.

DE FONTENAY, Élisabeth. Le silence des bêtes : La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Paris, Fayard, 1998, 1078 p.

SINGER, Peter. La libération animale, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2012, 477 p.

Sites internet

ANONYME. « Isaac Bashevis Singer », s.d., dans Vegmundo, http://www.vegmundo.com/divers/portraits/isaac-bashevis-singer.html, (Page consultée le 5 mai 2015)

[1] Albert CAMUS. Le Mythe de Sisyphe, Chicoutimi, Les classiques des sciences sociales, 2010, p. 88, http://classiques.uqac.ca/classiques/camus_albert/mythe_de_sisyphe/mythe_de_sisyphe.pdf (Page consultée le 5 mai 2015)

[2] Luc ROSENZWEIG. “ Isaac Bashevis Singer « , dans Encyclopédie Universalis, Paris, Encyclopédie Universalis, s.d., http://www.universalis.fr/encyclopedie/isaac-bashevis-singer/ (Page consultée le 5 mai 2015)

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Georges BATAILLE. Théorie de la religion, Paris, Gallimard, 1973, p. 98

[6] Élisabeth DE FONTENAY. Le silence des bêtes : La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Paris, Fayard, 1998, p. 320

[7] Georges BATAILLE. Théorie de la religion, Paris, Gallimard, 1973, p. 59

[8] Ibid.

[9] Ibid.

[10] ANONYME. « Isaac Bashevis Singer », s.d., dans Vegmundo, http://www.vegmundo.com/divers/portraits/isaac-bashevis-singer.html, (Page consultée le 5 mai 2015)

[11] Ibid.

[12] Cité par Élisabeth DE FONTENAY in Le silence des bêtes : La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Paris, Fayard, 1998, p. 337

[13] Peter SINGER. La libération animale, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2012, p. 348

[14] Ibid., p. 354

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Pendant ce temps, à Varanasi, sur la rive gauche du Gange

 

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Laurence en Asie: Angkor Wat

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Laurence Gwilliam

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