Archives de Catégorie: Politique

Le 25 avril 1849, l’incendie du Parlement de Montréal

The Burning of the House of Assembly at Montreal, 25 April 1849. The Illustrated London News, 19 May 1849.

«À la demande du journal The Gazette, plus de 1500 personnes se réunissent sur le Champ-de-Mars en ce début de soirée du 25 avril 1849. Le ton employé par les orateurs est menaçant. On parle de trahison du gouverneur Elgin, d’une domination politique canadienne française, de l’abandon de l’Angleterre. On rejette la loi d’indemnisation car, selon les tories, elle vise à aider les assassins d’hier : les Rebels de 1837-1838. Bien qu’une loi semblable ait été votée et adoptée au Haut-Canada quelques années plus tôt dans le calme, la situation à Montréal s’envenime d’heure en heure. Au bout d’un moment, la foule réunie au Champ-de-Mars prend bruyamment la direction du parlement par la rue Saint-Paul. Les résidents effrayés préfèrent la quiétude de leur demeure à la colère des tories qui emplissent les rues. Sitôt arrivés devant le parlement, les tories et leurs sympathisants se joignent aux chahuteurs qui lancent déjà des pierres sur le bâtiment. Plusieurs émeutiers iront jusqu’à entrer dans le parlement pour poursuivre le saccage. Les députés de l’Assemblée tentent de sortir à la dérobée. Peine perdue, on leur lance des œufs pourris (le même traitement a été infligé à Lord Elgin plus tôt cette journée-là), certains seront même pris à partie par les émeutiers.

Et soudainement, l’incendie se déclare : on voit la fumée sortir des fenêtres. L’incendie prend rapidement des proportions inquiétantes. On refuse l’accès aux pompiers et ceux qui parviennent à passer voient leurs boyaux d’arrosage sectionnés. De plus, l’armée n’intervient pas. Le marché Sainte-Anne, qui abrite le Parlement du Canada et ses bibliothèques, est complètement détruit. La journée du 25 avril 1849 se termine sur une note inquiétante : après avoir incendié le parlement, les émeutiers partent à la chasse aux réformistes. On déménage temporairement le Parlement au marché Bonsecours, puis dans un théâtre de la rue Notre-Dame. Début novembre, la capitale est transférée à Toronto.» 1849, Le Parlement brûle

Émeute du 25 avril 1849 : Incendie du Parlement

L’incendie qui a fait perdre à Montréal son statut de capitale 

La véritable histoire de l’incendie du Parlement de Montréal

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700 ans de manuscrits persans

 

Open culture

Manuscrits persans numérisés 

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Histoire Critique

L’exposition Honte et préjugés : une histoire de résilience revisite l’histoire du Canada depuis la signature de la Confédération à travers le regard de Miss Chief Eagle Testickle, le flamboyant alter ego spirituel de l’artiste cri Kent Monkman.

Témoin des moments clés de l’histoire des peuples autochtones, Miss Chief évoque les 150 années d’existence du Canada – marquées par la mise en place de politiques génocidaires dévastatrices – et rend hommage à la résilience des peuples autochtones d’aujourd’hui.

Kent Monkman, Honte et préjugés : une histoire de résilience, Musée McCord jusqu’au 5 mai.

«Honte et préjugés: une histoire de résilience»: Ô Canada, taire nos aïeux, Le Devoir, 6/04/19

Myriam Le Lan, Portrait d’un artiste en tant que chasseur… amérindien et homosexuel

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Je vis! Je meurs!

Les Néo-Zélandais se rassemblent pour se frapper la poitrine, taper du pied et tirer la langue: ils se servent du haka, la danse de guerre maorie, pour montrer leur solidarité avec les musulmans endeuillés par le carnage des mosquées de Christchurch.

Source: AFP via Journal de Montréal

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Plus vivant que jamais!

La tombe de Karl Marx vandalisée à Londres

 

La tombe du philosophe allemand (1818-1883), qui se trouve dans un cimetière londonien, a été vandalisée lors d’une attaque délibérée, ont déclaré à l’AFP les responsables de l’association The Friends of Highgate Cemetery Trust qui s’occupe du cimetière. Les dégâts ont été découverts lundi.

La partie la plus ancienne et la plus fragile du monument, une plaque de marbre mentionnant les noms des personnes enterrées, a été frappée à plusieurs reprises à l’aide d’un instrument métallique contondant, ont-ils précisé.

L’auteur du Capital est l’un des résidents les plus connus du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres. Ironie de l’histoire, pour venir se recueillir sur la tombe de l’auteur du Manifeste du parti communiste et pourfendeur du capitalisme, il faut payer un billet d’entrée dans ce cimetière où est aussi enterré l’écrivain George Eliot. Karl Marx a déménagé à Londres en 1849 et a vécu dans la capitale britannique jusqu’à sa mort, en 1883.

Il avait déjà été pris pour cible. Le buste avait été enlevé, attaqué à l’aide d’une bombe artisanale dans les années 70 et enduit de peinture et de slogans.

Libération, 05, 02, 19

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I want a dyke for president

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Testament politique de Chevalier de Lorimier

Je ne désirais que le bien de mon pays dans l’insurrection et l’indépendance.

Transcription du testament politique de François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier

Prison de Montréal,14 février 1839, 11 heures PM

Le public et mes amis en particulier attendent peut-être une déclaration sincère de mes sentiments. À l’heure fatale qui doit nous séparer de terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d’impartialité. L’homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions pour se laisser voir en plein jour. L’intérêt et les passions expirent avec son âme. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son Créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense.

Je ne prendrais pas ce parti si je ne craignais qu’on ne représentât mes sentiments sous un faux jour. On sait que le mort ne parle plus et la même raison d’État qui me fait expier sur l’échafaud ma conduite politique pourrait bien forger des contes à mon sujet. J’ai le temps et le désir de prévenir de telles fabrications et je le fais d’une manière vraie et solennelle, à mon heure dernière, non pas sur l’échafaud environné d’une foule insatiable de sang et stupide, mais dans le silence et les réflexions du cachot. Je meurs sans remords. Je ne désirais que le bien de mon pays dans l’insurrection et l’indépendance.

Mes vues et mes actions étaient sincères et n’ont été entachées d’aucun [des] crimes qui déshonorent l’humanité et qui ne sont que trop communs dans l’effervescence des passions déchaînées. Depuis 17 à 18 ans j’ai pris une part active dans presque toutes les mesures populaires, et toujours avec convictions et sincérités. Mes efforts ont été pour l’indépendance de mes compatriotes. Nous avons été malheureux jusqu’à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre de l’exil, avec leurs propriétés détruites et leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d’un hiver canadien. Malgré tant d’infortune, mon coeur entretient encore son courage et des espérances pour l’avenir. Mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l’assurent. Voilà ce qui me remplit de joie lorsque tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront.

Après les malheurs de l’anarchie d’une révolution sanglante, le paisible Canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent. Tout concourt à ce but; les exécutions même. Le sang et les larmes versés sur l’autel de la liberté arrosent aujourd’hui les racines de l’arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas. Je laisse des enfants qui n’ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs. Pauvres orphelins; c’est vous que je plains. C’est vous que la main sanglante et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort. Vous n’aurez pas connu les douceurs et les avantages d’embrasser votre père aux jours d’allégresse, aux jours de fête. Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d’autres hommes plus heureux. Le crime de votre père est dans l’irréussite. Si le succès eût accompagné ses tentatives, on eût honoré ses actions d’une mention respectable. « Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. » Des hommes d’un mérite supérieur au mien m’ont déjà battu la triste carrière qui me reste à courir de la prison obscure au gibet. Pauvres enfants! Vous n’aurez plus qu’une mère tendre et désolée pour soutien [et] si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l’indigence, demandez quelques fois en mon nom, je ne fus pas insensible aux malheurs de l’infortune.

Quant à vous mes compatriotes! Puisse mon exécution et celle de mes compagnons d’échafaud vous être utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais. Je n’ai plus que quelques heures à vivre, mais j’ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes. Pour eux, je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants, de mon épouse, sans autre appui que mon industrie et pour eux je meurs en m’écriant : Vive la Liberté, Vive l’indépendance.

Chevalier de Lorimier

Source: Une copie du testament politique du patriote De Lorimier trouvée à Rimouski, Radio-Canada

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