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Que reste-t-il du fait français et de la lutte des Métis au XIXè siècle?

Une nouvelle occasion de revenir sur l’histoire de ce pays et ses grandes trahisons.

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Encore se battre

Josée Boileau, Le Devoir, 02/08/14

Si la défense du français s’essouffle au Québec, tout enamouré d’un franglais qui javellise tout et colonise davantage, on trouve encore des résistants, notamment en Alberta où deux francophones viennent d’obtenir leur ticket pour la Cour suprême. Une nouvelle occasion de revenir sur l’histoire de ce pays et ses grandes trahisons.

Il semble bien tortueux le chemin qui mène des luttes des Métis du XIXe siècleà la rédaction d’une contravention en Alberta il y a six ans. Il est pourtant logique, puisque c’est encore la défense du français qui en est le fil conducteur.

Après avoir été balayés du revers de la main par des cours provinciales, les arguments à teneur historique de Gilles Caron et Pierre Boutet, qui contestent des contraventions rédigées en anglais en Alberta, seront entendus en Cour suprême, a annoncé celle-ci jeudi. Les francophones hors Québec saluent cette nouvelle note d’espoir pour faire valoir leurs droits. Mais l’affaire est loin d’être gagnée tant, sous couvert d’articles de lois, elle s’accompagne d’une véritable lecture politique de la construction du Canada que les francophones de tout le pays, au Québec y compris, ont intérêt à connaître.

Pour faire valoir leur cause, les avocats de MM. Caron et Boutet s’appuient sur des ententes d’avant l’entrée de l’Alberta au sein de la Confédération canadienne en 1905, notamment des promesses faites aux Métis, dont les territoires étaient touchés par la création d’une nouvelle province et qui refusaient absolument d’intégrer le Canada. Pour arrêter la rébellion, la reine Victoria avait accepté d’entendre leurs revendications. Au nombre de celles-ci se trouvait clairement la protection du français, notamment le droit à la publication d’ordonnances dans les deux langues. Par la Proclamation royale de 1869, la Couronne britannique avait répondu « que sous l’union avec le Canada, tous vos droits et privilèges civils et religieux seront respectés ».

Qu’en est-il resté une fois les Métis apaisés et leur adhésion acquise ? Rien, a tranché la Cour d’appel de l’Alberta l’an dernier. Rien parce que, a dit un premier juge, il aurait fallu, au-delà des promesses et des engagements, que ladite assurance de préserver le français soit spécifiquement inscrite dans des textes de loi une fois la province créée, ce qui n’a pas été fait.

Vraiment rien, a ajouté un deuxième juge de la même cour, parce que non seulement la protection du français n’a pas été enchâssée dans les lois albertaines, mais en plus les citoyens et les gouvernements ont besoin de « certitude et de prévisibilité » en matière de droit. Or les droits linguistiques sont « susceptibles de susciter la controverse et de semer la discorde ».

Le lecteur en déduira qu’il vaut mieux ne pas trop faire d’histoires et prendre son trou… De fait, le même juge conclut ainsi : « il est incontestable que la période entre 1867 et 1905 est riche d’histoire », mais les politiques publiques changent et la démographie aussi, signale-t-il. Les promesses, les garanties ne valent rien si les lois n’en font pas état : c’est un « obstacle insurmontable », tranche au final la cour dans une relecture historique qui ne tient aucun compte de l’arrière-fond politique qui a présidé à la dégradation de la francophonie au Canada en plus de 100 ans.

Il sera donc intéressant de voir comment la Cour suprême abordera le dossier. En matière de droits autochtones, elle a su dépasser une lecture littérale de la loi pour tenir compte des engagements de la Couronne britannique et donner ainsi prise aux demandes des premiers habitants du territoire canadien.

Pour les droits des francophones, le portrait est plus flou. L’an dernier, la Cour suprême avait rendu une décision d’une grande insensibilité dans une cause qui opposait la Colombie-Britannique au Conseil scolaire francophone de cette province. En s’appuyant sur une loi britannique de 1731, la Cour statuait que tous les documents, même un simple dépliant !, déposés devant les tribunaux de la province devaient être traduits. L’effet était dévastateur pour le Conseil scolaire dont toute la documentation interne, qui devait servir en cour, était en français. De toute évidence la Colombie-Britannique usait d’une manoeuvre dilatoire pour combattre le droit à l’éducation dans sa langue à sa minorité. Mais une vieille loi coloniale l’emportait sur la défense du français, les juges soulignant en plus que, après tout, ce sont les provinces qui décident en matière linguistique.

C’est pourquoi il n’y a rien de gagné dans la bataille de l’Alberta. Mais c’est assurément une autre leçon d’histoire qui doit être suivie de près.

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ϕ́υσις / τέχνη

40 fruits

L’arbre aux 40 fruits

Un artiste a créé, au moyen de greffes, un hybride où pousse une variété de fruits

Mélanie Loisel, Le Devoir 1/08/14

En pleine ville de New York, un professeur d’art de l’Université de Syracuse, Sam Van Aken, vient de réussir un tour de force en créant un arbre unique capable de produire une variété de fruits à noyau. L’arbre aux 40 fruits, comme il l’appelle, est devenu une véritable curiosité à travers le monde, alors qu’il est possible d’y cueillir à la fois des pêches, des nectarines, des prunes, des abricots, des cerises et peut-être même des amandes, cette année.

« J’avais envie de créer une sorte d’arbre de la vie », lance M. Van Aken lors d’une entrevue téléphonique accordée au Devoir. Cette folle idée lui est venue en 2008, lorsqu’il a appris que le centre d’expérimentation agricole de New York risquait de fermer ses portes. L’artiste contemporain a décidé d’acheter le terrain pour éviter de perdre cette terre fertile et reconnue pour ses cultivars de prunes et d’abricots. « J’ai grandi dans une ferme, la nature a toujours été pour moi une source d’inspiration et ce verger était le plus riche en variétés de fruit à l’Est des Rocheuses américaines », note-t-il.

En fait, il y avait plus de 250 variétés de fruit à noyau, dont certaines variétés autochtones et antiques dataient de plus d’un siècle.

Art floral

M. Van Aken s’est alors mis à imaginer un arbre au feuillage multicolore en s’inspirant notamment des tableaux de Monet. Pour arriver à créer ce spécimen, il s’est mis à élaborer un calendrier en prenant en considération la floraison de toutes les variétés de fruit. Puis, il a pris une première bouture d’arbre de trois ans qu’il a laissé pousser, avant de commencer à greffer aux branches différentes variétés de fruit. Il a utilisé une technique appelée « greffe en écusson ».

« En greffant dans un certain ordre les variétés sur l’arbre, je voulais arriver à créer un arbre qui non seulement produise plusieurs fruits, mais aussi qui ressemble à une sorte d’oeuvre d’art quand il est en floraison », explique-t-il.

Pendant cinq ans, M. Van Aken a ainsi greffé ses variétés de fruit sur son plant d’arbre initial, puis il a dû attendre presque deux ans avant que les premiers fruits n’apparaissent. « C’était vraiment surprenant de voir toutes ces variétés de fruit », s’exclame-t-il, ajoutant qu’il a planté différents cultivars tels que des prunes vertes de France, des prunes asiatiques et même une variété de pêche de l’Ontario.

Et, à l’écouter, les fruits qui ont poussé sont délicieux. « Ça n’a rien à voir avec ce qu’on goûte au supermarché, assure-t-il. Il y a même une variété qu’on n’a jamais vue au marché, ça goûte comme la banane et ça ressemble à une pomme verte. »

Mais, pour le moment, son premier arbre à 40 fruits, situé sur le campus de l’université, n’est pas encore arrivé à maturité. Entretemps, une quinzaine d’arbres similaires ont aussi été plantés près de musées et de centres communautaires au Massachusetts, au New Jersey et en Californie.

Dix ans après leur plantation, M. Van Aken soutient que les arbres aux 40 fruits devraient en faire voir de toutes les couleurs aux passants avec ses teintes de rose, de fuchsia et de blanc lors de sa floraison au printemps. Les fruits qui y seront cueillis seront remis aux fermiers locaux, à moins, bien sûr, que les écureuils et les étudiants ne les récoltent auparavant !

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Palestine / Israël / Montréal juillet 2014

 

pour gaza

Un staut Facebook de Tayahout-Nicolas

Grand reportage

Ce soir, et il faut être à Montréal pour voir ça, une manifestation Palestiniens/Juifs… ensemble pour condamner l’État d’Israël !

Un adulte palestinien portait un enfant juif sur ses épaules et un adulte juif portait, lui, un jeune palestinien !

Belle image !

de votre envoyé spécial Tayaout-Nicolas | Photographe professionnel:

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1914-1918: Les noirs dans l’armée canadienne

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L’arrivée du bataillon de construction no 2

L’histoire méconnue de la discrimination envers les Noirs dans l’armée canadienne en 1914-1918

Caroline Montpetit, Le Devoir, 18/07/ 2014

 

Cent ans après le début des hostilités, certains aspects de la Première Guerre mondiale demeurent méconnus. C’est le cas de la discrimination envers les Noirs qui a été pratiquée par les officiers de l’armée qui enrôlaient les soldats.

Cette discrimination était si forte que, sous la pression du lobby noir qui voulait participer à l’effort de guerre, l’arméecanadienne a fini par former un bataillon exclusivement formé de Noirs, le bataillonde construction no 2.

L’histoire a été racontée dans deux livres publiés par feu le sénateur canadien Calvin Ruck, Canada’s Black Battalion : no 2 Construction 1916-1920 et The Black Battalion 1916-1920 : Canada’s Best Kept Military Secret.

M. Ruck y raconte comment les Canadiens noirs qui souhaitaient s’enrôler dès 1914 se faisaient systématiquement rejeter par les officiers, certains de ceux-ci allant jusqu’à dire qu’il s’agissait d’une guerre de Blancs, dont ils n’avaient pas à se mêler.

« En 1914, au début de la guerre, les Noirs ont demandé, comme plusieurs autres Canadiens, à aller défendre leur pays. Mais c’est seulement après qu’il y a eu énormément de pression et de lobby politique qu’on les a finalement laissés partir », raconte Michael Farkas, président de la table ronde du Mois de l’histoire des Noirs de Montréal, qui souhaiterait monter une exposition sur le sujet. Alors que le gouvernement fédéral avait pour politique officielle d’accueillir tous les citoyens dans l’armée, les soldats blancs ne voulaient pas côtoyer des Noirs dans leurs rangs.

Par exemple, en novembre 1915, le lieutenant-colonel George W. Fowler écrit une lettre à un supérieur pour lui demander la permission de ne pas recruter de soldats noirs.

« J’ai eu la chance de trouver une très grande qualité de recrues, et je ne trouvais pas juste pour eux de devoir se mêler à des nègres », écrit-il, tel que cité dans le livre de Calvin Ruck. Certains commandants « ne croyaient pas que les Noirs pouvaient faire de bons soldats », ajoute M. Farkas. Pourtant, les Noirs d’Amérique avaient déjà servi dans plusieurs guerres.

Le bataillon noir est finalement parti en 1918, alors que les troupes canadiennes commençaient à manquer de renfort et que la conscription était désormais obligatoire au pays.

« Ils sont partis le 28 mars 1918. Ils étaient 19 officiers et 605 soldats. Le seul Blanc était le général, le général Sutherland, raconte Michael Farkas. Mais ils ne voyaient pas le combat. Ils étaient dans un bataillon de construction. Ils creusaient les tranchées. Ils érigeaient des camps. Ils déplaçaient du matériel de construction. C’était un travail de manutention. »

Parallèlement, quelques soldats noirs ont été enrôlés dans d’autres bataillons et se sont retrouvés sur la ligne de combat.

C’est le cas du père de Dolores Sandoval, de Montréal, parti à la guerre en 1918 avec un ami, et dont l’ami est mort des suites d’une attaque de gaz moutarde.

« Ils avaient essayé de s’enrôler plus tôt durant la guerre, mais on n’avait pas voulu d’eux », raconte Mme Sandoval, qui vit toujours à Montréal.

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« Créolisation » in the make?

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«J’rape un suicide…»

Christian Rioux, Le Devoir, 18/07/14

Au début des années 1960, longtemps avant les retrouvailles de 1967, Alain Peyrefitte était venu au Québec. Celui qui allait devenir le ministre de Charles de Gaulle était revenu inquiet de son séjour. Il s’était promené dans les quartiers ouvriers de Montréal où il avait entendu parler joual, le joual désignant ici non pas les traits particuliers du français du Québec, mais ce mélange bien spécifique de français et d’anglais qui caractérisait à l’époque les milieux montréalais les plus pauvres et les plus anglicisés. Grand voyageur et diplomate de carrière, Peyrefitte avait aussitôt compris que le français y était menacé de créolisation. Il en revint décidé à convaincre le général qu’il fallait favoriser les échanges culturels par tous les moyens. D’ailleurs, grâce aux efforts collectifs des Québécois, la qualité du français aujourd’hui parlé dans ces milieux est sans commune mesure avec celle d’hier.

Étrangement, nos curés de la langue continuent à pousser de hauts cris chaque fois qu’ils entendent le mot « créole ». Loin de toute connotation morale ou péjorative, celui-ci décrit pourtant une réalité linguistique. Le créole est un système linguistique issu du mélange de plusieurs langues comme on en trouve par exemple dans les Antilles. Au Québec, il désigne une forte interpénétration du français et de l’anglais qui rend la langue de ceux qui la parlent incompréhensible à ceux qui ne sont pas bilingues. Comprenons-nous bien, on ne parle pas créole en disant « passe-moi le ranch », une phrase dont la structure est française à l’exception d’un mot. Il faut pour cela que les deux langues se mélangent au point pratiquement d’en former une nouvelle.

Ce débat a été récemment relancé autour de Dead Obies, un groupe de jeunes rappeurs qui s’amuse justement à pratiquer un créole que presque personne n’est en mesure de comprendre. En voici un exemple : « C’est qui ça Jo Rocka ? / Buddy, y’a juste God qui peut judge, pis y’est pas là / Y’a pas d’mothafucka fresh like us / J’print Dead-O sur un T pis tu veux dress like us / So I’m takin a bath a’ec le yâb’en maillot Prada / Canot-Kayak a’ec Mahée Paiement su’l’Chayo Phraya ».

Il y a plus d’un an, j’avais écrit qu’il fallait « être sourd pour ne pas sentir ce nouvel engouement suicidaire pour l’anglais qu’ont récemment exprimé, dans une langue déjà créolisée, les jeunes francophones du groupe montréalais Dead Obies ». Il ne s’agit pas de reprocher à Dead Obies d’écrire dans une langue ou l’autre. Après tout, Claude Gauvreau n’écrivait-il pas en exploréen ? Or, au lieu de revendiquer un geste purement artistique, nos rappeurs prétendent écrire dans « la langue de la rue », celle de l’avenir prétendument « métissé » de la jeunesse actuelle. Comme si la modernité ne pouvait pas s’exprimer en français.

Les chanteurs poussent d’ailleurs le ridicule jusqu’à donner des entrevues parsemées d’étonnants « whatever » ou « get the fuck of that ». Claude Gauvreau n’a pas demandé au peuple de parler exploréen et Michel Tremblay n’a jamais fait un fou de lui en s’exprimant comme la « grosse femme ». Le joual de Tremblay est une invention littéraire, ce qui n’empêche pas son auteur de s’exprimer dans une langue comprise de Dakar à Bruxelles.

Tel n’est pas le cas des chanteurs de Dead Obies, qui sont convaincus d’être les prophètes d’une nouvelle langue « métissée », « multiculturelle »… mais étrangement anglaise. Qu’on ne s’y trompe pas, le combat de Dead Obies est un combat politique. Selon eux, la défense du français au Québec est dépassée. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à associer les nationalistes et ceux qui défendent le français à des « suprémacistes blancs », comme dans cette entrevue accordée le 6 décembre 2013 à CISM FM.

Or, je le répète, cet éloge d’un créole dominé par l’anglais est proprement suicidaire au Québec. Ces jeunes rappeurs ne semblent pas se douter de la chance qu’ils ont de pouvoir s’exprimer dans une langue parlée par plus de 200 millions de personnes dans le monde. Je me souviens d’avoir interviewé des Catalans et des Néerlandais qui enviaient les Québécois de parler une grande langue internationale qui leur donnait un accès direct à toute la littérature et à toute la cinématographie internationales.

Que le métissage linguistique soit un outil littéraire et enrichisse la langue, qui s’en plaindra ? Il en a toujours été ainsi, de Montaigne à Antonine Maillet. Mais Dead Obies n’intègre pas des mots anglais au français comme l’ont fait avec brio Plume Latraverse ou Luc Plamondon. Dans la langue de Dead Obies, c’est plutôt le français qui se noie dans la langue dominante. Que ce créole soit de plus revendiqué politiquement comme une langue à promouvoir dans un contexte où l’anglais est déjà la langue hégémonique, c’est, oui… un suicide. Les chanteurs de Dead Obies semblent d’ailleurs le confesser lorsqu’ils hurlent : « Do or die, j’rap un suicide ».

Le français est une grande langue de culture. L’anglais l’est tout autant. Mais si, pour passer de la langue de Vigneault à celle de Kérouac, il faut patauger pendant 200 ans dans un créole informe et médiocre, baragouiner une non-langue qui nous coupe de toute littérature, permettez-moi de ne pas être du voyage.

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Les historiens ont-ils les idées courtes ?

Nikolaos Gysis, Allégorie de l'histoire (1892)

Nikolaos Gysis, Allégorie de l’histoire (1892)

Entretien avec David Armitage

par Nicolas Delalande & traduit par Kate McNaughton
L’hyperspécialisation des études historiques n’est pas une fatalité. Pour David Armitage, professeur à Harvard, il est urgent que l’histoire intellectuelle retrouve le sens et le goût de la longue durée. Sous peine de voir les approches naturalistes dominer ce que l’on nomme maintenant la big history.
David Armitage, né en 1965, est un historien britannique, spécialiste d’histoire intellectuelle, internationale et impériale. Professeur à Harvard depuis 2004, il y occupe la chaire Lloyd C. Blankfein. Son premier livre, paru en 2000, portait sur l’histoire intellectuelle de l’impérialisme britannique à l’époque moderne (The Ideological Origins of British Empire, Cambridge University Press). Depuis 2007 et la publication d’un livre consacré à l’histoire globale de la déclaration d’Indépendance américaine (The Declaration of Independence : a Global History, Harvard University Press), il s’efforce, seul ou en collaboration, de promouvoir un élargissement spatio-temporel des cadres habituels de l’histoire intellectuelle. Il a ainsi codirigé, chez Palgrave MacMillan, deux volumes portant sur l’histoire globale des révolutions de la fin du XVIIIe siècle (The Age of Revolutions in Global Context, 2010, en codirection avec Sanjay Subrahmanyam) et sur l’histoire pacifique (Pacific Histories. Ocean, Land, People, en codirection avec Alison Bashford, 2014). Il a également exploré la dimension internationale de la pensée politique d’auteurs classiques comme Locke, Hobbes ou Bentham (Foundations of Modern Intellectual Thought, Cambridge University Press, 2012).Plus récemment, David Armitage plaide en faveur d’une prise en compte renouvelée de la longue durée dans les travaux historiques, en particulier en histoire intellectuelle. Sa réflexion part du constat que si l’on dispose de plus en plus de recherches spécialisées sur des régions ou des périodes circonscrites, l’histoire peine à apporter des réponses aux grandes questions de notre temps. À l’heure où se multiplient, aux États-Unis, les appels à promouvoir la big ou la deep history, Armitage s’inquiète du possible déphasage entre une histoire environnementale, biologique ou génétique, à même de couvrir plusieurs siècles ou millénaires d’histoire, et les approches beaucoup plus micro et réduites dans le temps de l’histoire politique, sociale ou intellectuelle. Ouvrir les horizons chronologiques serait aussi une condition pour resserrer les liens, distendus, entre les historiens et leur lectorat.Ces idées, qu’Armitage a exposées dans un article publié dans la revue History of European Ideas et dans un article à paraître en français dans les Annales. Histoire, Sciences Sociales, sont discutées dans ce bref entretien réalisé à Paris en mai 2014. L’historien répond notamment aux interrogations que son projet soulève sur la possibilité de conjuguer longue durée et prise en compte des expériences, des émotions et des représentations portées par les acteurs historiques, ou bien encore sur les écueils à éviter pour ne pas ressusciter une histoire des idées fortement décontextualisée.

Pour faire apparaître le sous-titrage français, cliquer sur le bouton « cc » en haut à droite de la vidéo, une fois celle-ci lancée:

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Martyrs de Bill Viola

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Retour sur Martyrs de Bill Viola : l’art absolu de Hegel existe-t-il toujours?

On apprenait que Bill Viola et sa conjointe Kira Perov avaient mis en place une installation dans une prestigieuse cathédrale à Londres : la cathédrale Saint-Paul. Deux concepts se voient donc jumelés : l’art et la religion

Hegel affirmait bien que : « Dans de telles circonstances, l’art avec sa haute destination est quelque chose de passé; il a perdu pour nous sa vérité et sa vie.[1]» Il disait ainsi, car avec le temps, l’art n’avait plus une signification digne de l’absolu. C’est-à-dire que l’art ne représentait plus le domaine spirituel, celui de la religion. Pourtant, il doit faire face à une forte réfutation. En effet, l’oeuvre Martyrs est présentée de la façon suivante par l’artiste :

« As the work opens, four individuals are shown in stasis, a pause from their suffering. Gradually there is movement in each scene as an element of nature begins to disturb their stillness. Flames rain down, winds begin to lash, water cascades, and earth flies up. As the elements rage, each martyr’s resolve remains unchanged. In their most violent assault, the elements represent the darkest hour of the martyr’s passage through death into the light.[2]»

Nous pouvons bien constater le monde spirituel qui émane de cette oeuvre. Le simple fait de traiter du concept du martyr en lien, notamment, avec le martyr chez les chrétiens, c’est-à-dire Jésus Christ, témoigne d’un monde religieux révélé dans l’œuvre d’art. De plus, la signification de l’œuvre, du point de vue de l’artiste, est complètement fondamentale. L’artiste dit bien :

« The Greek word for martyr originally meant « witness.” In today’s world, the mass media turns us all into witnesses to the suffering of others. The martyrs’ past lives of action can help illuminate our modern lives of inaction. They also exemplify the human capacity to bear pain, hardship, and even death in order to remain faithful to their values, beliefs, and principles. This piece represents ideas of action, fortitude, perseverance, endurance, and sacrifice.[3]»

Ainsi, j’arrive à la conclusion suivante : l’art absolu de Hegel est toujours bel et bien présent. Il n’est pas chose du passé comme il dit, car après tout ce monde spirituel qu’il nous est possible d’entrevoir par l’œuvre d’art présente le monde spirituel, en nous. En d’autres termes, le monde sacré qui nous fonde.

Pour en savoir plus sur l’installation et l’artiste : http://www.youtube.com/watch?v=EsCx5FU9GnQ

Il s’agit d’une entrevue avec les artistes.

Marc-André Bédard

 

[1] GEORG WILHELM FRIEDRICH Hegel, Esthétique, Tome premier, Classique.uqac.ca, http://classiques.uqac.ca/classiques/hegel/esthetique_1/esthetique_1.html%5BEn ligne] (Consulté le 4juin 2014) p. 20

[2] http://www.stpauls.co.uk/Bill-Viola-Martyrs/Martyrs

[3] Ibidem

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L’OuLiPo

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Raymond Queneau et François Le Lionnais

Qu’est-ce que le l’OuLiPo? Comme le dirait Michèle Audin (entrée àl’OuLiPo en 2009), ce n’est pas une maladie de peau.

Pour reprendre une formule d’HervéLe Tellier (entré à l’OuLiPo en 1992), l’OuLiPo est un groupe oecuménique qui ne fait table rase de rien et qui réutilise tout.

OuLiPo, c’est un acronyme, pour Ouvroir de Littérature Potentielle. Fondéen novembre 1960, c’est de la complicité entre Raymond Queneau, un écrivain passionnéde mathématique et François Le Lionnais, homme de science passionné de littérature, que se rassembleront d’autres personnes, en l’occurrence Jacques Bens, Claude Berge, Jean Lescure, Jean Queval, Albert-Marie Schmidt, Latis et Noël Arnaud.

Le travail de l’OuLiPo, ce groupe de recherche pour ceux qui ne savent pas ce qu’ils cherchent, est simple: c’est de se construire un labyrinthe dont on se propose de sortir, et pour ce faire, les oulipiens ont recours aux contraintes qui peuvent être présentes dans l’écriture littéraire: contraintes formelles, liées à la langue, à la versification, à la construction narrative, contraintes sémantiques, etc. Les oulipiens tentent également de créer de nouvelles contraintes en s’inspirant des mathématiques, des sciences, ou des «plagiaires par anticipation», ces auteurs avant la fondation de l’OuLiPo qui s’adonnaient à ce jeu également.

Impossible d’y entrer; il faut y être coopté par les membres, et impossible d’en sortir; la seule façon de le faire, c’est de se suicider devant huissier en précisant que la cause de son suicide est précisément de quitter l’OuLiPo.

Donnons un exemple très simple. Il s’agit de la méthode S + 7, qui consiste àremplacer chaque substantif d’un texte par un autre substantif, le septième après le substantif initial, dans un dictionnaire. L’exemple le plus connu est La cimaise et la fraction de Raymond Queneau, qui dérive de la fable de La Fontaine La cigale et la fourmi:

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Il y a une autre contrainte, que les grecs anciens utilisaient déjà mais que les oulipiens ont remis à la mode, c’est le lipogramme, c’est-à-dire un texte dans lequel l’on se prive d’une lettre. L’exemple le plus célèbre est probablement le roman La disparition, de Georges Pérec, sans doute l’oulipien le plus connu. Tout le roman est écrit sans la lettre «e». Et encore, le sujet même du roman est le fait que cette lettre soit disparue. Un coup de génie.

Un autre exemple davantage mathématique est Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau. Il s’agit de poésie combinatoire, c’est-à-dire que l’ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers. C’est une machine à composer des poèmes. Un sonnet est composé de deux quatrains suivis de deux tercets, pour un total de quatorze vers. Le livre est composé de dix feuilles, séparé en ces 14 vers, et chaque recto porte un vers. Le lecteur-créateur peut donc tourner les bandes horizontales pour choisir les dix vers qu’il veut pour composer un poème. L’ordre grammaticale de même que la scansion et la rime sont garantis. Cent mille milliards de poèmes, c’est le nombre potentiel de poème que l’on peut lire avec cela, ce qui en quelque sorte prouve l’idée même de potentialité de l’OuLiPo. Queneau ajoute même en préface que «en comptant 45s pour lire un sonnet et 15s pour changer les volets à 8 heures par jour, 200 jours par an, on a pour plus d’un million de siècles de lecture, et en lisant toute la journée 365 jours par an, pour 190 258 751 années plus quelques plombes et broquilles (sans tenir compte des années bissextiles et autres détails)».

100 000

Cent mille milliards de poèmes

Font partis de l’OuLiPo, incluant ceux excusés pour mort: Noël Arnaud, Marcel Bénabou, Jacques Bens, Claude Berge, André Blavier, Paul Braffort, Italo Calvino, François Caradec, Bernard Cerquiglini, Ross Chambers, Stanley Chapman, Marcel Duchamp, Jacques Duchateau, Luc Étienne, Paul Fournel, Anne Garréta, Michelle Grangaud, Jacques Jouet, Latis, François Le Lionnais, Jean Lescure, Hervé Le Tellier, Harry Mathews, Michèle Métail, Ian Monk, Oskar Pastior, Georges Perec, Raymond Queneau, Jean Queval, Pierre Rosenstiehl, Jacques Roubaud, Olivier Salon, Albert-Marie Schmidt.

En bonus: https://www.youtube.com/watch?v=J0FeOW_sF3I

Sources

Anthologie de l’OuLiPo, Édition de Marcel Bénabou et Paul Fournel, Poésie Gallimard.

Atlas de littérature potentielle, OuLiPo, Gallimard.

Jacques BENS, L’OuLiPo, génèse de l’OuLiPo (1960-1963), Le Castor Astral.

Jacques JOUET, http://www.universalis.fr/encyclopedie/oulipo/, Encyclopedia Universalis.

OuLiPo mode d’emploi, ARTE France, 58 min. env.

Raymond QUENEAU, Cent mille milliards de poèmes, Gallimard.

Kevin Berger-Soucie

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Une Constitution pour le Québec

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Le débat actuel est centré autour d’une possible Constitution pour le Québec. Partout dans le monde, beaucoup d’États fédérés ont leur constitution. Cette constitution agit comme une loi supérieur qui régit les pouvoirs publics et qui protège les libertés des citoyens. Cependant, le Québec n’est pas dans ce regroupement. Il faut aussi mentionner qu’aucune autre province du Canada n’a de constitution. Cela ne cache pas que le fait d’avoir une Constitution pourrait renforcer l’identité même du Québec. Pour cela, il faut que la Constitution pour le Québec soit républicaine, laïque et très démocratique. Sans cela, il serait impossible de complètement réussir cette démarche. `

D’abord, il est important de comprendre qu’est ce qu’une constitution. Donc, voici la définition selon le site «Perspective Monde» de l’université de Sherbrooke :

«Constitution: aussi appelée «Loi fondamentale». Ensemble des règles écrites et coutumières qui déterminent la structure d’un État politique. Habituellement, une constitution présente successivement les pouvoirs de la branche exécutive, législative et judiciaire. Elle définit aussi les rapports entre ces branches. Elle comprend également une formule d’amendement et des précisions sur les règles entre le gouvernement central et les entités locales ou régionales, en particulier dans le cas d’une fédération. On peut y trouver un préambule déclaratoire sur les objectifs de l’État de même que les droits de base des citoyens.»[1]

Aujourd’hui, il existe quatre constitutions possibles pour le Québec. Premièrement, il y a une constitution provinciale. Il s’agit d’une constitution à forte valeur symbolique et traditionnelle, dans laquelle il est possible de voir une reproduction des lois et limites émises par le Canada dans sa constitution. Donc, le Québec aurait sa propre constitution fixant les limites qu’il s’impose déjà, mais cette fois-ci, avec son accord. Deuxièmement, il y a une constitution autonomiste. Celle-ci pousserait le Québec à remettre en question les lois et limites les plus importantes qui sont inscrites dans la Constitution Canadienne. Malgré cela, le Québec resterait une province du Canada et ne serait pas souverain. Troisièmement, une constitution provisoire du Québec souverain pourrait être envisagée. Elle possèderait le pouvoir de préparer le Québec, tout en facilitant la transition, à l’indépendance. Finalement, la quatrième serait une constitution définitive du Québec souverain. Elle serait absolument nécessaire pour la souveraineté du Québec. De plus, il faut la suivre avec un processus politique plus approfondit et adapté pour le Québec.[2]

Plusieurs acteurs sont importants dans la démarche pour une constitution au Québec, dont Daniel Turp, un professeur d’université et homme politique québécois, ainsi que Pauline Marois, ancienne chef du Parti Québécois. Tous deux ont déjà tenté d’instaurer une constitution québécoise, mais leurs projets sont encore au stade de l’étude. Donc, il est certain qu’une Constitution pour le Québec est encore possible, mais probablement pas d’ici quelques années.

Rémi Lauzon

[1] UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE. Constitution – Définition, http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/

BMDictionnaire?iddictionnaire=1483 [En ligne] (Page consultée le 28 mai 2014)

[2] BINETTE, André. Pourquoi une Constitution du Québec? – Constitution QC, http://constitutionqc.org/                           blog/pourquoi-une-constitution-du-quebec/ [En ligne] (Page consultée le 21 mai 2014)

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Les licornes et les dragons existent!

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Les scientifiques disent que l’univers est en continuelle expansion, ou en d’autres mots, infini. Cela est, bien sûr, purement théorique, mais si on considère cela comme un fait, on peut déduire que tout existe, même Dieu.

En effet, si je vous pose la question suivante : Quelles sont les probabilités qu’il y ait une autre planète comme la nôtre avec des humains qui vivent la même histoire que nous ? Vous me diriez tous que les chances sont minuscules ou quasiment inexistantes, mais vous ne pourriez jamais dire que c’est impossible. Pour quelle raison notre monde ne pourrait pas avoir un jumeau? Absolument aucune. Cependant, c’est comme lancer 5 milliards de 25 cents dans les airs et espérer qu’ils tombent tous du côté face, c’est théoriquement possible, mais les chances sont minces, mais c’est POSSIBLE.

Donc, retournant au sujet, on disait que les chances qu’un monde jumeau existe sont minuscules, mais existantes, et en considérant que l’univers soit infini, on peut donc considérer que ce monde existe assurément puisqu’il y a une infinité d’essais et de conditions dans l’univers. En essayant autant de fois qu’on veut, il serait, en théorie, assuré à 100 % qu’un jour, ce monde jumeau puisse exister. Comment ? Simplement de façon purement mathématique. Sans faire tous les calculs, on peut comprendre le principe par un exemple très simple ; imaginons qu’il y ait 1000 morceaux de papier dans un sac et qu’un seul est de couleur, les chances de piger ce morceau est de 1/1000. Mais si on donne un deuxième essai, les chances augmentent, elles sont rendues à 2/1000. Alors, si on donne un nombre infini d’essais, alors les chances sont infini/1000, donc, c’est assuré qu’un jour, on va piger le morceau recherché. Bref, la théorie des probabilités dit que tout est possible avec un nombre infini d’essais.

Mais mélangeons cette théorie a celle de l’infinité de l’univers, on se rend compte alors que tout est possible. Peu importe les probabilités que quelques choses existent, il est assuré par la rencontre de ces deux théories que cette chose existe. Aussi, étant donné que nous sommes dans l’incapacité de prouver qu’une chose ne peut absolument pas exister, tout ce que nous sommes capables d’imaginer a, va ou existe présentement quelque part dans l’univers. Quelles sont les probabilités que sur une autre planète, il y ait des licornes ? 1/vingt milliards de trillions ? Peu importe, elles existent quelque part dans l’univers à un certain moment. Il en va de même pour tout ce qu’on peut imaginer, même les dragons.

dragon

De plus, avec cette théorie qui est tout à fait légitime et sérieuse, on peut même prouver l’existence de Dieu. Bien évidemment, pas le Dieu chrétien, mais bien celui de sa définition première, c’est-à-dire un être parfait. Génétiquement, on pourrait obtenir la combinaison nous rendant parfaits à tous les points-de-vue, on pourrait avoir un talent exceptionnel dans tous les domaines, mais comme tout le reste, il faudrait beaucoup de chance pour obtenir cette combinaison. Mais comme les licornes et les dragons, la probabilité de l’existence d’un être parfait existe et donc, théoriquement, un être parfait doit exister. À vrai dire, une société d’être parfait existe puisque c’est possible. SI on peut avoir un monde jumeau, pouvons-nous avoir un troisième semblable ? OUI, les chances sont plus minces, mais multipliées par l’infini, il y a 100 % de chance d’existence. Je confirme par cette théorie que quelque part dans cet univers, il y a un être surpuissant qui possède un marteau et qui contrôle la foudre et en prime, il se nomme Thor. Aussi, dans un autre monde proche du nôtre, je suis marié à Emma Watson et dans un autre, Harper est amant avec George W. Bush. Tout ce qui est possible existe, toutes les histoires, les aventures et les romans sont véridiques, mais la seule différence, c’est qu’ils ne se passent pas tous sur notre planète.

Ainsi, cette théorie qui un mélange deux autres permet donc d’affirmer avec raison que tout existe, tout ce qu’on peut imaginer est quelque part dans l’univers et s’il n’existe pas, il va un jour exister ou il a existé par la passé. Mais en fait, ne nous limitions pas à notre imagination, étant donné que tout peut exister, même les choses inimaginables font partie de ce lot. Mais, qu’est-ce qu’une chose inimaginable?

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Alexis Gitto

 

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La ‘Pataphysique

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La ‘Pataphysique

La pataphysique, dont l’orthographe réelle est ‘Pataphysique, précédé d’une apostrophe pour éviter les mauvais calembours, est la science de ce qui se surajoute àla métaphysique, soit en elle-même, soit hors d’elle-même, s’étendant aussi loin au-delàde celle-ci que celle-ci au-delàde la physique. L’épiphénomène (qui se surajoute àun phénomène) étant souvent l’accident, la ‘Pataphysique sera surtout la science du particulier, quoiqu’on dise qu’il n’y a de science que du général. Elle étudiera les lois qui régissent les exceptions et expliquera l’univers supplémentaire à celui-ci; ou moins ambitieusement décrira un univers que l’on peut voir et que peut-être l’on doit voir àla place du traditionnel, les lois que l’on a cru découvrir de l’univers traditionnel étant des corrélations d’exceptions aussi, quoique plus fréquentes, en tout cas de faits accidentels qui, se réduisant àdes exceptions peu exceptionnelles, n’ont même pas l’attrait de la singularité.[1]

Définition (un brin plus succincte): La ‘Pataphysique est la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité.[2]

La ‘Pataphysique réconcilie les regards sur le monde: elle réconcilie physique et métaphysique. Ses recherches donnent des solutions imaginaires trouvées pour résoudre des problèmes, tout aussi imaginaires, que donne la compréhension de l’univers.

Mais une question se pose: qui est pataphysicien?

Le vrai pataphysicien, àun moment ou un autre de sa vie, de manière consciente ou pas, sera confrontédans le plus intime de son être aux deux propositions suivantes:

1)    Le vrai pataphysicien ne prend rien au sérieux, sans la ‘Patapysique…qui consiste àne rien prendre au sérieux.

2)    La ‘Pataphysique consistant àne rien prendre au sérieux, le vrai pataphysicien ne peut rien prendre au sérieux, même pas la ‘Pataphysique.[3]

Se pose une autre question: est-ce que la ‘Pataphysique est institutionnalisée?

Bien sûr, au Collège de ‘Pataphysique.

Cahiers_du_Collège_de_’Pataphysique

Pour comprendre cette Grande et Magnifique Institution, nous allons nous pencher sur l’Harangue inaugurale de Sa Magnifience le Vice-Curateur-fondateur du Collège de ’Pataphysique, le 1er décervelage LXXVI de l’ère ’Pataphysique (vulg. 29 décembre 1948[4]).[5]

Cette journée, les auditeurs au Collège de ‘Pataphysique, une assemblée très dense, se sont rassemblés. Après une longue gestation, le Collège est venu au Monde comme le Monde est venu àlui-même. L’existence du Collège pourrait être considérée comme un mal àpeine nécessaire. Il en est tout autre. Comme la ‘Pataphysique transcende les frontières de l’être, autant que l’être, l’existence d’un Collège ne peut aucunement être injustifiée, puisque la ‘Pataphysique est illimitation.

«Il n’avait pas besoin de naître pour que la ‘Pataphysique fût. Ontologiquement, si je puis me servir d’un adverbe aussi grossier, la ‘Pataphysique précède l’Etre. A priori, c’est évident puisque l’Être n’a pas plus de raison d’être que la raison n’a d’être. A posteriori, ce l’est tout autant puisque les manifestations de l’être sont aberrantes et leur nécessitétoute contingente.»[6]

Alfred_Jarry

Alfred Jarry

Font partis du Collège de ‘Pataphysique: Raymond Queneau, François Le Lionnais (tout deux fondateur de l’OuLiPo, une sous-commission du Collège), Max Ernest, Juan Miró, Jacques Prévert, Boris Vian, Eugène Ionesco, Marcel Duchamp, Umberto Eco, etc.[7]

 

[1]Alfred JARRY. Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Saint-Amand, Gallimard, 2005, p.31-32.

[2]Ibid.

[3]Luc ÉTIENNE (régent de contrepet), Faut-t-il prendre la ‘Pataphysique au sérieux, Oleyres, Publications du Centre de Recherches Périphériscopiques, 1984.

[4]Le calendrier ‘pataphysique, http://www.college-de-pataphysique.org/college/accueil_files/calenpat.pdf (consultée le 18 mai 2014).

[5]http://www.college-de-pataphysique.org/college/harangue.html (consultée le 18 mai 2014).

[6]Ibid.

[7]http://www.fatrazie.com/satrapes.htm (consultée le 18 mai 2014).

Kevin Berger-Soucie

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13 leçons sur l’histoire de la poésie par Allen Ginsberg

«… with a kind of « césure » in the middle of the line»

Allen Ginsberg - 1979

13 Lectures from Allen Ginsberg’s “History of Poetry” Course (1975)

CelestialHomework1

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Godard dit Arendt

«Mais demeure aussi cette vérité, que chaque fin dans l’histoire contient nécessairement un nouveau commencement. Ce commencement est la seule promesse…»

Hannah Arendt

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Le Capital au XXIè siècle

tp

Le Capital au XXIè siècle de Thomas Piketty expliqué par Éric Pineault et Gérald Filion.

BLx

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L’utilité de l’inutile

utilité

De la nécessité d’enseigner l’inutile

Réflexions de Nuccio Ordine sur l’importance des humanités

Renaud Lussier, Le Devoir, 26/04/14
Dans son dernier essai, Nuccio Ordine, professeur de littérature à l’Université de la Calabre, partage ses réflexions sur l’importance des humanités dans le contexte actuel, qu’il décrit comme un temps de crise, d’obsession à l’égard de l’utilité et de la rentabilité du savoir. L’utilité de l’inutile prend la forme d’une défense du savoir et de la culture dans une perspective humaniste en revenant sur une question fondamentale : comment peut-on rendre l’humanité plus humaine ?

Ordine encourage avec conviction la lecture des classiques de la philosophie et de la littérature, plaide pour la valorisation de ces disciplines que l’on juge trop souvent inutiles et qui sont pourtant si riches en enseignement. «[…] la prétendue inutilité des classiques peut en réalité se révéler un instrument des plus utiles pour nous rappeler […] que la possession et le profit sont mortels, alors que la recherche déliée de toute obligation utilitariste peut rendre l’humanité plus libre, plus tolérante et plus humaine ». L’auteur propose une sélection d’extraits de philosophes, parmi lesquels on trouve Platon, Aristote, Montaigne, Kant, ou d’écrivains, tels Ovide, Dante, Dickens, Calvino, Ionesco, extraits qui permettent de réfléchir sur cette notion d’« utilité », sur les raisons d’être de ces savoirs ou de ces pratiques artistiques, dont les objectifs vont au-delà de l’atteinte d’un profit monnayable.

Force du futile

Dans ses Quelques pensées sur l’éducation (1693), John Locke reprochait aux parents de cultiver le talent poétique de leurs enfants ; l’air du Parnasse était certes agréable, mais le sol de la montagne mythique, infertile, et il valait mieux chercher ailleurs pour trouver l’or et l’argent. L’image n’est pas sans lien avec la situation actuelle et Ordine pose clairement le problème de l’avenir des humanités, celui de la vocation des établissements scolaires, des universités en particulier, qui se voient de plus en plus contraintes à des exigences de rentabilité, de professionnalisation, au détriment de l’enseignement des savoirs fondamentaux et de la recherche, qui se soustrait à la logique du marché. Par ailleurs, la revendication de la gratuité du savoir devrait pouvoir rallier humanistes et scientifiques si l’on se rappelle que « les découvertes fondamentales qui ont révolutionné l’histoire de l’humanité sont en grande partie le fruit de recherches éloignées de tout objectif utilitaire ».

L’auteur présente dans son « manifeste » un court texte d’Abraham Flexner (1866-1959), penseur de l’éducation, qui, à la fin des années 30, citait en exemple quelques découvertes scientifiques majeures dans les domaines des télécommunications, de l’électricité ou de la bactériologie, rendues possibles grâce à des recherches qui n’avaient a priori aucune finalité pratique : « Flexner nous montre de manière remarquable que la science a beaucoup à nous apprendre sur l’utilité de l’inutile et que, aux côtés des humanistes, les scientifiques ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel dans la bataille qu’il faut mener contre la dictature du profit, pour défendre laliberté et la gratuité de la connaissance et de la recherche. » Soulignons l’heureux succès de cet essai qui a été l’un des livres les plus vendus dans les librairies italiennes en 2013 et qui n’aura certainement pas été inutile.

…

BLx

 

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