Pour voir d’autres films de Nicolas Deveaux: http://www.cube-creative.fr/directors/nicolas-deveaux/
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Pour la suite du monde, un film sublime.
«Documentaire poétique et ethnographique sur la vie des habitants de l’Isle-aux-Coudres rendue d’abord par une langue, verte et dure, toujours éloquente, puis par la légendaire pêche au marsouin, travail en mer gouverné par la lune et les marées. Un véritable chef-d’oeuvre du cinéma direct.»
http://www.onf.ca/film/pour_la_suite_du_monde/
Les autres films de Michel Brault disponibles ici sur le site de l’ONF.
Les Ordres, un autre grand film de Michel Brault et pour lequel il a reçu le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1975, un film qu’il n’a pas tourné pour l’Office National du Film du Canada… Il s’agit en effet d’un film politique qui dénonce l’emprisonnement arbitraire de nombreux citoyens lors des événements d’Octobre en 1970.
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Le projet Art Everywhere accroche 22 000 reproductions dans les rues du pays
Un Francis Bacon au coin de la rue. Un Peter Blake dans le métro londonien. Un Damien Hirst dans l’autobus. L’art se fait viral ces jours-ci en Grande-Bretagne. Dès ce lundi et pendant deux semaines, il s’affichera au coeur du quotidien des Britanniques qui seront plongés – de gré ou de force – dans les tentacules d’Art Everywhere, une grande exposition sans frontières destinée à sortir l’art des livres et des musées.
Pas moins de 22 000 reproductions ont été ainsi accrochées aux quatre coins du pays dans des espaces publics d’ordinaire occupés à plein temps par des affiches publicitaires. Portée par des artistes, des commissaires et des entrepreneurs, l’initiative est parrainée par deux géants, les Tate Galleries et l’ArtFund, mais aussi par le public, qui a participé à son financement, un don à la fois.
« L’idée, c’est de chasser la publicité de nos rues pour la remplacer par des oeuvres d’art qui feront de la Grande-Bretagne la plus grande galerie d’art au monde », explique son idéateur, Richard Reed, un des hommes d’affaires derrière le succès des produits Innocent Drinks.
En juin dernier, les citoyens ont été nombreux à se prononcer en ligne sur les oeuvres à retenir parmi la vaste collection publique britannique. L’exercice a permis d’en retenir 57, pas une de plus, pas une de moins. Au sommet de cette liste en forme de coup de coeur : La dame de Shalott de John William Waterhouse. Daté de 1888, le tableau tire son inspiration du poème du même nom d’Alfred Tennyson.
Tout juste sous la belle dame éthérée, une autre femme éplorée au destin tragique : l’Ophelia (1851-1852) de John Everett Millais, juste avant qu’elle ne se noie. Suivent Tête VI (1949) de Francis Bacon, Grassed (1919) de John Singer Sargent et Tête d’homme (autoportrait I) (1963) de Lucian Freud.
Si tout se passe comme prévu, les organisateurs estiment que l’exposition aura été vue par 90 % de la population adulte au pays « de Banff Buchan en Écosse à Torbay dans le Devon et de Lowestoft dans le Suffolk à Belfast au nord de l’Irlande ».
Pour Marc Sands, à la tête du département des communications des Tate Galleries, l’initiative a le mérite de rappeler « que l’art britannique appartient à la nation britannique ». Mieux, ajoute-t-il dans une vidéo mise en ligne par Art Everywhere, les oeuvres punaisées dans un environnement aussi surprenantauront sans doute un effet positif sur le milieu de l’art en général, et plus spécialement sur les musées. « Certaines des oeuvres exposées restent largement ignorées du public, c’est vraiment une occasion d’élargir ce public. »
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AFP- Hong-Kong – L’homme qui a porté les arts martiaux au cinéma avait aussi jeté des ponts entre l’Est et l’Ouest en pleine guerre froide : Bruce Lee est décédé il y a tout juste 40 ans à Hong-Kong. Touristes, fans de cinéma hongkongais ou de sports de combat, ils sont toujours plus nombreux à se recueillir devant sa statue de bronze érigée sur « l’Avenue des stars », face aux gratte-ciel. Ce monument « honore la mémoire de Bruce Lee et le rêve que nous faisions, enfants, d’un monde débarrassé des forces maléfiques par les défenseurs de la justice », proclame un site de fans. Né à San Francisco, l’acteur sino-américain des films cultes La fureur de vaincre et Opération Dragon est mort en 1973 à l’âge de 32 ans d’un oedème cérébral. À l’occasion des événements prévus pour le 40e anniversaire de sa mort, un « parcours Bruce Lee » emmène les amateurs sur les traces du maître à Hong-Kong : les résidences, son école, ou encore un monastère qui apparaît dans La fureur du dragon. Sa fille, Shannon Lee, a inauguré samedi une grande exposition au Hong-Kong Heritage Museum qui rassemble 600 objets lui ayant appartenu – livres, carnets, tuniques – et organise des projections.
À l’âge de 28 ans, en janvier 1969, Bruce Lee s’adressa à lui-même cette lettre dans laquelle il a formulé ses ambitions les plus chères: la célébrité, la gloire et la fortune.
SECRET
My Definite Chief Aim
I, Bruce Lee, will be the first highest paid Oriental super star in the United States. In return I will give the most exciting performances and render the best of quality in the capacity of an actor. Starting 1970 I will achieve world fame and from then onward till the end of 1980 I will have in my possession $10,000,000. I will live the way I please and achieve inner harmony and happiness.
Bruce Lee
Jan. 1969
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Jean-François Nadeau, Le Devoir, 11/07/13
Follement baroque, styliste, il était l’un des écrivains les plus étonnants que le Québec ait connus ces dernières années. Auteur de L’acquittement (1997) et de La petite fille qui aimait trop les allumettes (1998), Gaétan Soucy est décédé chez lui à Montréal d’une crise cardiaque le mardi 9 juillet. Il avait 54 ans.
Né en 1958 dans une famille de sept enfants du quartier populaire Hochelaga-Maisonneuve, Gaétan Soucy sera diplômé de philosophie, passionné par les jeux d’échecs, le cinéma et, bien sûr, par la littérature. Tout à fait fasciné par le Japon, il vivra dans ce pays dont il parlait la langue et appréciait la culture en connaisseur.
En 1994, son premier livre, L’Immaculée Conception, est lancé à l’enseigne de Laterna Magica, une maison d’édition naissante dirigée par Rolf Puls, le responsable de Gallimard pour l’Amérique du Nord. L’essentiel de son oeuvre est rassemblé ensuite aux éditions du Boréal. Publié en France aux éditions du Seuil, Soucy y avait pour éditeur Bertrand Visage, le même qui s’occupait de Nelly Arcan.
Paraissent sous sa plume L’acquittement (1997), La petite fille qui aimait trop les allumettes (1998) et Music-Hall ! (2002). On lui doit aussi une pièce de théâtre, Catoblépas, mise en scène par Denis Marleau. La pièce sera créée en 2001 et jouée à Montréal comme à Paris avec un vif succès. « Un premier essai dramatique dense et prometteur », écrivait alors Le Devoir, tout en évoquant en parallèle la force d’une tragédie de Racine.
L’éditeur du Boréal, Pascal Assathiany, dit avoir « vécu un moment spécial de l’histoire littéraire » avec La petite fille qui aimait trop les allumettes. « Ce texte extraordinaire a explosé mondialement. C’est très rare. Il a été traduit dans vingt langues et s’est trouvé diffusé dans trente pays. » Soucy doit être considéré comme l’auteur québécois le plus traduit dans le monde, comme le rappelait à juste titre le magazine Nouveau Projet dans sa plus récente édition. La plupart des grands journaux du monde ont parlé de ce livre et lui ont assuré une reconnaissance littéraire internationale. Le Times, El Pais, Die Welt et Le Monde saluèrent tous par un concert d’éloges l’immense talent de son auteur. Le soir de la première de Catoblépas à Paris, Soucy était à la une du principal quotidien en Finlande. On ne s’étonnait plus de ses succès tant ils se multipliaient.
Un nouveau roman ?
Ces dernières années, Gaétan Soucy se faisait pourtant rare, même s’il continuait semble-t-il à écrire. Pourquoi ne publiait-il plus ou presque ? Pascal Assathiany pose seulement une hypothèse : « Je crois qu’il n’arrivait pas à nous donner le texte qu’il souhaitait. Mais je ne crois pas qu’il avait renoncé. Chaque fois que je le voyais, il me disait qu’il allait nous remettre quelque chose. » L’homme avait son lot de tourments. Il affichait un air d’éternel timide. Ses regards allaient volontiers au plancher lors des entretiens. « On ne choisit pas la vie qu’on va mener. Il y avait chez Soucy un mal de vivre terrible, mais c’était foncièrement un être bon et gentil », conclut l’éditeur de chez Boréal. Des proches confirment que Soucy travaillait bel et bien sérieusement à l’écriture d’un autre roman. Music-Hall !, publié en 2002, sera son dernier titre majeur. Il avait plusieurs fois abandonné puis repris ce texte antérieur à ses autres livres.
Perrine Leblanc, une des écrivaines les plus prometteuses de sa génération, était complètement sous le choc à l’annonce de ce décès. « J’ai rencontré Gaétan en 2004. Je l’ai tout de suite trouvé lumineux ; je l’ai aimé sur-le-champ. Nous avons voyagé ensemble, nous avons vécu ensemble pendant deux ans et nous nous sommes aimés très fort. Le Québec perd un auteur majeur, une voix littéraire puissante, singulière, incomparable. Moi, je perds aussi un homme qui a compté. »
Homme à la fois simple et complexe, Soucy pouvait citer sans affectation Beckett, Montherlant ou Descartes au cours d’un même échange. Sa Petite fille aux allumettes, son oeuvre la plus saluée, est à situer quelque part entre la finesse délicieuse d’un Jacques Ferron, la logique d’un Ludwig Wittgenstein, cité d’ailleurs en ouverture, et le fantastique de l’univers d’Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll. Les critiques ne s’y sont pas trompés en voyant dans ce livre un véritable chef-d’oeuvre. Le passé y est tout proche, mais dans un décor de bout du monde qui pourrait être tout près, dans le poids d’un climat qui peut parfois faire songer à certains textes tourmentés d’Anne Hébert. L’histoire ? Deux enfants qui doivent enterrer leur père, un être à la fois craint et ridiculisé. Ce livre étonnant par sa force annonce avec une grande légèreté qu’il a été écrit en moins d’un mois, soit du 27 janvier au 24 février 1998. Mais on sait depuis qu’il s’agit là aussi de littérature, puisque l’auteur avait donné à lire antérieurement divers fragments de ce manuscrit remarquable.
En 1996, dans une « autobiographie approximative », Gaétan Soucy évoquait, sur deux courtes pages, des moments forts de sa vie. Il fut, dit-il, un enfant sensible et tourmenté ayant appris brutalement, à l’âge de quatre ans, que les êtres sont mortels. À 12 ans, il lit Edgar Poe et Camus, puis bientôt Sartre. La nausée le subjugue et il traverse L’être et le néant le coeur battant. Puis, il plonge dans l’oeuvre de Beckett, et expérimente « comme tout le monde la drogue, le sexe, le rock’n’roll, les sentiments, le mépris des sentiments, les conceptions subversives et le snobisme ».
L’importance de son oeuvre a été soulignée non seulement par la critique, mais aussi par plusieurs prix. Il s’est vu décerner entre autres le Grand Prix du livre de Montréal, le Prix des libraires du Québec, le grand prix du public du Salon du livre de Montréal, le prix France-Québec-Jean-Hamelin, le prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec et le grand prix de littérature française de l’Académie royale de Belgique. Il s’est trouvé en lice au prix Renaudot. Peu d’écrivains ont atteint ce niveau de notoriété chez nous. Sa mort tout à fait inattendue laisse notamment dans le deuil une fille, née d’une union avec une Japonaise, et une immense famille de lecteurs.
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Magritte, Les Vacances de Hegel, 1959
« Comment peindre un verre d’eau d’une manière qui ne soit ni indifférente ni fantaisiste, mais comme qui dirait avec génie ? J’ai alors pensé que Hegel (un autre génie) aurait été très sensible à cet objet qui a deux fonctions opposées en même temps: rejeter l’eau (s’en protéger) et la garder (la contenir). Il aurait été ravi, je pense, ou amusé (comme on cherche à l’être lorsqu’on est en vacances) et j’ai appellé le tableau Les Vacances de Hegel.»
René Magritte
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