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Le questionnaire auquel Proust, encore adolescent, répondit en 1890 et qui finit par être nommé d’après lui.
Source: Open Culture
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La culture ludique japonaise a été énormément popularisée dans les années 80. La jeunesse occidentale est éprise d’un nouvel univers. Il s’agit du manga/anime, les adeptes se souviennent encore du premier épisode de la série très connu, Pokémon, qui a propulsé ce monde sur les écrans de télévision. À présent l’industrie du manga est un pilier de la culture et de l’économie japonaise. Les produits sont multiples, de la littérature manga, à l’adaptation télévisée, à la mise en production d’un jeu-vidéo, pour enfin être transformé en jeu de carte. L’inspiration des artistes est vaste, ils puisent dans; l’histoire du japon féodal, la philosophie occidentale, la culture punk et steampunk[1], les religions, l’univers arthurien, le schoolife japonais, bref, les sources sont infinies. Un univers ludique aussi riche en concepts ne peut que créer une nouvelle classe de consommateur.
Un terme très spécifique a été inventé pour définir ce phénomène : Otaku. Il décrit toutes personnes ayant liée leur mode de vie à la consommation de ce hobby. Otaku veut initialement dire : votre maison. Le mot est composé de la préposition honorifique « o » et du substantif « taku » signifiant « chez-soi ». À présent, le terme Otaku a pris une toute nouvelle ampleur. Au Japon, on désigne comme Otaku tous ceux qui se cloisonnent dans leur demeure pour vivre leur passion. En Occident, ce serait l’équivalent du « nerd ». Mais il y a, pour autant, différents degrés d’Otaku, en Amérique et en Europe, le terme est employé pour désigner des amateurs du genre. Or, au Japon, le degré est plus élevé et lorsqu’il prend un niveau disproportionné, on emploie l’expression Hikkomori qui est une pathologie psychosociale et familiale. Ce trouble psychologique touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Ces personnes vivent coupées du monde extérieur et ne se sentent à l’aise que dans une pièce. Ils définissent le monde en deux concepts, le 3D qui est la vie réelle et le 2D qui est l’univers du manga/anime, du jeu-vidéo et de l’internet. À leurs yeux, l’univers du 2D prime. Ces personnes ne sont ni autistes, ni grabataires où arriérées, elles ne se sentent juste pas à l’aise pour socialiser et voient dans le 2D un idéal où ils se sentent maître de leur monde.
Les sociologues révèlent que ce phénomène est la pression sociale du pays où les jeunes sont constamment en compétition académique et où le moindre échec scolaire est synonyme d’un échec de vie. En 2011, on comptait au Japon près de 230 000 Hikkomoris. Ce chiffre est à la hausse puisqu’en 2013 les statistiques démontrent que plus de 260 000 jeunes se considèrent comme tel, plus de 70% sont des mâles.
L’anime Welcome to NHK représente fidèlement l’environnement d’un Hikkomori
Certains mangakas[2] ont même exploité ce phénomène dans leurs scénarios, Welcome to NHK est considéré comme la meilleure œuvre traitant du sujet. L’histoire raconte la vie d’un étudiant studieux pouvant être accepté dans les meilleures universités du Japon, mais la perte de son amoureuse l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sa petite amie étant son seul contact social, le protagoniste ne sait plus comment terminer son parcours scolaire. Il abandonne l’école et se réfugie dans un logement. L’auteur ironise avec brio sur la situation du déchu de la société, le personnage prend plaisir à jouer à des Dating Sims ce qui consiste à forger des liens amoureux avec des filles virtuelles.
Ce problème est très tabou au Japon, où les parents des enfants touchés par ce trouble, cachent avec honte ce genre de situation familiale. Ce n’est que très récemment que les psychologues et psychanalystes se sont attardés à ce fléau social. Quelques traitements ont été mis de l’avant pour offrir un soutien psychologique aux jeunes, mais aussi aux parents. La première action des thérapeutes est, avant tout, de sensibiliser les parents et de les rassurer puisque l’attitude des parents envers l’enfant a un impact direct sur sa psychologie. Des traitements médicamenteux sont aussi disponibles, très souvent à effet placebo. Malgré tout, les Hikkomoris et les parents déplorent le manque d’aide et de soutien qui sont très souvent laissés à eux-mêmes.
Mohamed Redha Meddad
[1] Dérivée de la culture punk, le steampunk s’inspire de la Révolution industrielle. Il emploie la technologie de la vapeur et les croquis de Leonardo De Vinci pour présenter un univers futuriste à la sauce rétro.
[2] Auteur de manga/anime
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Retour sur Martyrs de Bill Viola : l’art absolu de Hegel existe-t-il toujours?
On apprenait que Bill Viola et sa conjointe Kira Perov avaient mis en place une installation dans une prestigieuse cathédrale à Londres : la cathédrale Saint-Paul. Deux concepts se voient donc jumelés : l’art et la religion
Hegel affirmait bien que : « Dans de telles circonstances, l’art avec sa haute destination est quelque chose de passé; il a perdu pour nous sa vérité et sa vie.[1]» Il disait ainsi, car avec le temps, l’art n’avait plus une signification digne de l’absolu. C’est-à-dire que l’art ne représentait plus le domaine spirituel, celui de la religion. Pourtant, il doit faire face à une forte réfutation. En effet, l’oeuvre Martyrs est présentée de la façon suivante par l’artiste :
« As the work opens, four individuals are shown in stasis, a pause from their suffering. Gradually there is movement in each scene as an element of nature begins to disturb their stillness. Flames rain down, winds begin to lash, water cascades, and earth flies up. As the elements rage, each martyr’s resolve remains unchanged. In their most violent assault, the elements represent the darkest hour of the martyr’s passage through death into the light.[2]»
Nous pouvons bien constater le monde spirituel qui émane de cette oeuvre. Le simple fait de traiter du concept du martyr en lien, notamment, avec le martyr chez les chrétiens, c’est-à-dire Jésus Christ, témoigne d’un monde religieux révélé dans l’œuvre d’art. De plus, la signification de l’œuvre, du point de vue de l’artiste, est complètement fondamentale. L’artiste dit bien :
« The Greek word for martyr originally meant « witness.” In today’s world, the mass media turns us all into witnesses to the suffering of others. The martyrs’ past lives of action can help illuminate our modern lives of inaction. They also exemplify the human capacity to bear pain, hardship, and even death in order to remain faithful to their values, beliefs, and principles. This piece represents ideas of action, fortitude, perseverance, endurance, and sacrifice.[3]»
Ainsi, j’arrive à la conclusion suivante : l’art absolu de Hegel est toujours bel et bien présent. Il n’est pas chose du passé comme il dit, car après tout ce monde spirituel qu’il nous est possible d’entrevoir par l’œuvre d’art présente le monde spirituel, en nous. En d’autres termes, le monde sacré qui nous fonde.
Pour en savoir plus sur l’installation et l’artiste : http://www.youtube.com/watch?v=EsCx5FU9GnQ
Il s’agit d’une entrevue avec les artistes.
Marc-André Bédard
[1] GEORG WILHELM FRIEDRICH Hegel, Esthétique, Tome premier, Classique.uqac.ca, http://classiques.uqac.ca/classiques/hegel/esthetique_1/esthetique_1.html%5BEn ligne] (Consulté le 4juin 2014) p. 20
[2] http://www.stpauls.co.uk/Bill-Viola-Martyrs/Martyrs
[3] Ibidem
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Raymond Queneau et François Le Lionnais
Qu’est-ce que le l’OuLiPo? Comme le dirait Michèle Audin (entrée àl’OuLiPo en 2009), ce n’est pas une maladie de peau.
Pour reprendre une formule d’HervéLe Tellier (entré à l’OuLiPo en 1992), l’OuLiPo est un groupe oecuménique qui ne fait table rase de rien et qui réutilise tout.
OuLiPo, c’est un acronyme, pour Ouvroir de Littérature Potentielle. Fondéen novembre 1960, c’est de la complicité entre Raymond Queneau, un écrivain passionnéde mathématique et François Le Lionnais, homme de science passionné de littérature, que se rassembleront d’autres personnes, en l’occurrence Jacques Bens, Claude Berge, Jean Lescure, Jean Queval, Albert-Marie Schmidt, Latis et Noël Arnaud.
Le travail de l’OuLiPo, ce groupe de recherche pour ceux qui ne savent pas ce qu’ils cherchent, est simple: c’est de se construire un labyrinthe dont on se propose de sortir, et pour ce faire, les oulipiens ont recours aux contraintes qui peuvent être présentes dans l’écriture littéraire: contraintes formelles, liées à la langue, à la versification, à la construction narrative, contraintes sémantiques, etc. Les oulipiens tentent également de créer de nouvelles contraintes en s’inspirant des mathématiques, des sciences, ou des «plagiaires par anticipation», ces auteurs avant la fondation de l’OuLiPo qui s’adonnaient à ce jeu également.
Impossible d’y entrer; il faut y être coopté par les membres, et impossible d’en sortir; la seule façon de le faire, c’est de se suicider devant huissier en précisant que la cause de son suicide est précisément de quitter l’OuLiPo.
Donnons un exemple très simple. Il s’agit de la méthode S + 7, qui consiste àremplacer chaque substantif d’un texte par un autre substantif, le septième après le substantif initial, dans un dictionnaire. L’exemple le plus connu est La cimaise et la fraction de Raymond Queneau, qui dérive de la fable de La Fontaine La cigale et la fourmi:
Il y a une autre contrainte, que les grecs anciens utilisaient déjà mais que les oulipiens ont remis à la mode, c’est le lipogramme, c’est-à-dire un texte dans lequel l’on se prive d’une lettre. L’exemple le plus célèbre est probablement le roman La disparition, de Georges Pérec, sans doute l’oulipien le plus connu. Tout le roman est écrit sans la lettre «e». Et encore, le sujet même du roman est le fait que cette lettre soit disparue. Un coup de génie.
Un autre exemple davantage mathématique est Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau. Il s’agit de poésie combinatoire, c’est-à-dire que l’ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers. C’est une machine à composer des poèmes. Un sonnet est composé de deux quatrains suivis de deux tercets, pour un total de quatorze vers. Le livre est composé de dix feuilles, séparé en ces 14 vers, et chaque recto porte un vers. Le lecteur-créateur peut donc tourner les bandes horizontales pour choisir les dix vers qu’il veut pour composer un poème. L’ordre grammaticale de même que la scansion et la rime sont garantis. Cent mille milliards de poèmes, c’est le nombre potentiel de poème que l’on peut lire avec cela, ce qui en quelque sorte prouve l’idée même de potentialité de l’OuLiPo. Queneau ajoute même en préface que «en comptant 45s pour lire un sonnet et 15s pour changer les volets à 8 heures par jour, 200 jours par an, on a pour plus d’un million de siècles de lecture, et en lisant toute la journée 365 jours par an, pour 190 258 751 années plus quelques plombes et broquilles (sans tenir compte des années bissextiles et autres détails)».
Cent mille milliards de poèmes
Font partis de l’OuLiPo, incluant ceux excusés pour mort: Noël Arnaud, Marcel Bénabou, Jacques Bens, Claude Berge, André Blavier, Paul Braffort, Italo Calvino, François Caradec, Bernard Cerquiglini, Ross Chambers, Stanley Chapman, Marcel Duchamp, Jacques Duchateau, Luc Étienne, Paul Fournel, Anne Garréta, Michelle Grangaud, Jacques Jouet, Latis, François Le Lionnais, Jean Lescure, Hervé Le Tellier, Harry Mathews, Michèle Métail, Ian Monk, Oskar Pastior, Georges Perec, Raymond Queneau, Jean Queval, Pierre Rosenstiehl, Jacques Roubaud, Olivier Salon, Albert-Marie Schmidt.
En bonus: https://www.youtube.com/watch?v=J0FeOW_sF3I
Sources
Anthologie de l’OuLiPo, Édition de Marcel Bénabou et Paul Fournel, Poésie Gallimard.
Atlas de littérature potentielle, OuLiPo, Gallimard.
Jacques BENS, L’OuLiPo, génèse de l’OuLiPo (1960-1963), Le Castor Astral.
Jacques JOUET, http://www.universalis.fr/encyclopedie/oulipo/, Encyclopedia Universalis.
OuLiPo mode d’emploi, ARTE France, 58 min. env.
Raymond QUENEAU, Cent mille milliards de poèmes, Gallimard.
Kevin Berger-Soucie
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Les scientifiques disent que l’univers est en continuelle expansion, ou en d’autres mots, infini. Cela est, bien sûr, purement théorique, mais si on considère cela comme un fait, on peut déduire que tout existe, même Dieu.
En effet, si je vous pose la question suivante : Quelles sont les probabilités qu’il y ait une autre planète comme la nôtre avec des humains qui vivent la même histoire que nous ? Vous me diriez tous que les chances sont minuscules ou quasiment inexistantes, mais vous ne pourriez jamais dire que c’est impossible. Pour quelle raison notre monde ne pourrait pas avoir un jumeau? Absolument aucune. Cependant, c’est comme lancer 5 milliards de 25 cents dans les airs et espérer qu’ils tombent tous du côté face, c’est théoriquement possible, mais les chances sont minces, mais c’est POSSIBLE.
Donc, retournant au sujet, on disait que les chances qu’un monde jumeau existe sont minuscules, mais existantes, et en considérant que l’univers soit infini, on peut donc considérer que ce monde existe assurément puisqu’il y a une infinité d’essais et de conditions dans l’univers. En essayant autant de fois qu’on veut, il serait, en théorie, assuré à 100 % qu’un jour, ce monde jumeau puisse exister. Comment ? Simplement de façon purement mathématique. Sans faire tous les calculs, on peut comprendre le principe par un exemple très simple ; imaginons qu’il y ait 1000 morceaux de papier dans un sac et qu’un seul est de couleur, les chances de piger ce morceau est de 1/1000. Mais si on donne un deuxième essai, les chances augmentent, elles sont rendues à 2/1000. Alors, si on donne un nombre infini d’essais, alors les chances sont infini/1000, donc, c’est assuré qu’un jour, on va piger le morceau recherché. Bref, la théorie des probabilités dit que tout est possible avec un nombre infini d’essais.
Mais mélangeons cette théorie a celle de l’infinité de l’univers, on se rend compte alors que tout est possible. Peu importe les probabilités que quelques choses existent, il est assuré par la rencontre de ces deux théories que cette chose existe. Aussi, étant donné que nous sommes dans l’incapacité de prouver qu’une chose ne peut absolument pas exister, tout ce que nous sommes capables d’imaginer a, va ou existe présentement quelque part dans l’univers. Quelles sont les probabilités que sur une autre planète, il y ait des licornes ? 1/vingt milliards de trillions ? Peu importe, elles existent quelque part dans l’univers à un certain moment. Il en va de même pour tout ce qu’on peut imaginer, même les dragons.
De plus, avec cette théorie qui est tout à fait légitime et sérieuse, on peut même prouver l’existence de Dieu. Bien évidemment, pas le Dieu chrétien, mais bien celui de sa définition première, c’est-à-dire un être parfait. Génétiquement, on pourrait obtenir la combinaison nous rendant parfaits à tous les points-de-vue, on pourrait avoir un talent exceptionnel dans tous les domaines, mais comme tout le reste, il faudrait beaucoup de chance pour obtenir cette combinaison. Mais comme les licornes et les dragons, la probabilité de l’existence d’un être parfait existe et donc, théoriquement, un être parfait doit exister. À vrai dire, une société d’être parfait existe puisque c’est possible. SI on peut avoir un monde jumeau, pouvons-nous avoir un troisième semblable ? OUI, les chances sont plus minces, mais multipliées par l’infini, il y a 100 % de chance d’existence. Je confirme par cette théorie que quelque part dans cet univers, il y a un être surpuissant qui possède un marteau et qui contrôle la foudre et en prime, il se nomme Thor. Aussi, dans un autre monde proche du nôtre, je suis marié à Emma Watson et dans un autre, Harper est amant avec George W. Bush. Tout ce qui est possible existe, toutes les histoires, les aventures et les romans sont véridiques, mais la seule différence, c’est qu’ils ne se passent pas tous sur notre planète.
Ainsi, cette théorie qui un mélange deux autres permet donc d’affirmer avec raison que tout existe, tout ce qu’on peut imaginer est quelque part dans l’univers et s’il n’existe pas, il va un jour exister ou il a existé par la passé. Mais en fait, ne nous limitions pas à notre imagination, étant donné que tout peut exister, même les choses inimaginables font partie de ce lot. Mais, qu’est-ce qu’une chose inimaginable?
Alexis Gitto
Classé dans Art, Culture et société, Philosophie, Science
Oira no Yaku, 1931
Kobu-tori, 1929
Ugokie Kori no Tatehiki, (1931)
Evil Mickey attacks Japan, 1936
Sources: Open Culture, Anime
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Le Metropolitan Museum of Art et le musée Guggenheim offrent gratuitement l’accès en ligne à des centaines de livres d’art et catalogues d’exposition.
Source: Open Culture
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La ‘Pataphysique
La pataphysique, dont l’orthographe réelle est ‘Pataphysique, précédé d’une apostrophe pour éviter les mauvais calembours, est la science de ce qui se surajoute àla métaphysique, soit en elle-même, soit hors d’elle-même, s’étendant aussi loin au-delàde celle-ci que celle-ci au-delàde la physique. L’épiphénomène (qui se surajoute àun phénomène) étant souvent l’accident, la ‘Pataphysique sera surtout la science du particulier, quoiqu’on dise qu’il n’y a de science que du général. Elle étudiera les lois qui régissent les exceptions et expliquera l’univers supplémentaire à celui-ci; ou moins ambitieusement décrira un univers que l’on peut voir et que peut-être l’on doit voir àla place du traditionnel, les lois que l’on a cru découvrir de l’univers traditionnel étant des corrélations d’exceptions aussi, quoique plus fréquentes, en tout cas de faits accidentels qui, se réduisant àdes exceptions peu exceptionnelles, n’ont même pas l’attrait de la singularité.[1]
Définition (un brin plus succincte): La ‘Pataphysique est la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité.[2]
La ‘Pataphysique réconcilie les regards sur le monde: elle réconcilie physique et métaphysique. Ses recherches donnent des solutions imaginaires trouvées pour résoudre des problèmes, tout aussi imaginaires, que donne la compréhension de l’univers.
Mais une question se pose: qui est pataphysicien?
Le vrai pataphysicien, àun moment ou un autre de sa vie, de manière consciente ou pas, sera confrontédans le plus intime de son être aux deux propositions suivantes:
1) Le vrai pataphysicien ne prend rien au sérieux, sans la ‘Patapysique…qui consiste àne rien prendre au sérieux.
2) La ‘Pataphysique consistant àne rien prendre au sérieux, le vrai pataphysicien ne peut rien prendre au sérieux, même pas la ‘Pataphysique.[3]
Se pose une autre question: est-ce que la ‘Pataphysique est institutionnalisée?
Bien sûr, au Collège de ‘Pataphysique.
Pour comprendre cette Grande et Magnifique Institution, nous allons nous pencher sur l’Harangue inaugurale de Sa Magnifience le Vice-Curateur-fondateur du Collège de ’Pataphysique, le 1er décervelage LXXVI de l’ère ’Pataphysique (vulg. 29 décembre 1948[4]).[5]
Cette journée, les auditeurs au Collège de ‘Pataphysique, une assemblée très dense, se sont rassemblés. Après une longue gestation, le Collège est venu au Monde comme le Monde est venu àlui-même. L’existence du Collège pourrait être considérée comme un mal àpeine nécessaire. Il en est tout autre. Comme la ‘Pataphysique transcende les frontières de l’être, autant que l’être, l’existence d’un Collège ne peut aucunement être injustifiée, puisque la ‘Pataphysique est illimitation.
«Il n’avait pas besoin de naître pour que la ‘Pataphysique fût. Ontologiquement, si je puis me servir d’un adverbe aussi grossier, la ‘Pataphysique précède l’Etre. A priori, c’est évident puisque l’Être n’a pas plus de raison d’être que la raison n’a d’être. A posteriori, ce l’est tout autant puisque les manifestations de l’être sont aberrantes et leur nécessitétoute contingente.»[6]
Alfred Jarry
Font partis du Collège de ‘Pataphysique: Raymond Queneau, François Le Lionnais (tout deux fondateur de l’OuLiPo, une sous-commission du Collège), Max Ernest, Juan Miró, Jacques Prévert, Boris Vian, Eugène Ionesco, Marcel Duchamp, Umberto Eco, etc.[7]
[1]Alfred JARRY. Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Saint-Amand, Gallimard, 2005, p.31-32.
[2]Ibid.
[3]Luc ÉTIENNE (régent de contrepet), Faut-t-il prendre la ‘Pataphysique au sérieux, Oleyres, Publications du Centre de Recherches Périphériscopiques, 1984.
[4]Le calendrier ‘pataphysique, http://www.college-de-pataphysique.org/college/accueil_files/calenpat.pdf (consultée le 18 mai 2014).
[5]http://www.college-de-pataphysique.org/college/harangue.html (consultée le 18 mai 2014).
[6]Ibid.
[7]http://www.fatrazie.com/satrapes.htm (consultée le 18 mai 2014).
Kevin Berger-Soucie
Classé dans Art, Culture et société, Lettres, Philosophie, Religion
«… with a kind of « césure » in the middle of the line»
13 Lectures from Allen Ginsberg’s “History of Poetry” Course (1975)
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«Mais demeure aussi cette vérité, que chaque fin dans l’histoire contient nécessairement un nouveau commencement. Ce commencement est la seule promesse…»
Hannah Arendt
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