Les 50 ans du New York Review of Books

Une entrevue avec Robert Silvers, 83 ans, fondateur et rédacteur en chef du New York Review of Bookscq5dam.web.1280.1280

Cinquante ans de Review

Un bimensuel exigeant et influent

 Sylvain Cypel, Le Monde, via Le Devoir 16 février 2013
New York – C’est la revue littéraire la plus célèbre du monde. Bimensuelle, la New York Review of Books – la Review tout court – fête son cinquantenaire (son numéro 1 est paru le 1er février 1963). « Littéraire » est à comprendre dans un sens strict et large à la fois. L’exigence d’écriture y est primordiale et rien de ce qui est écrit ne lui est étranger : des relations internationales au roman, de l’art aux neurosciences… Son concept a d’emblée consisté à réinsérer le rapport à l’écriture et à la culture dans leur environnement politico-socio-économique, ensuite à promouvoir la valeur intrinsèque du texte critique.
Poètes et écrivains, historiens, scientifiques… La liste de ceux qui ont publié dans ses colonnes en cinquante ans remplirait un bottin d’une rare qualité. Un bottin qu’un Tom Wolfe a jugé mondain : la Review est « l’organe théorique du chic radical », disait-il en 1970. De fait, celle-ci s’est inscrite dans la mouvance du progressisme, comme nombre de ceux qui y ont contribué. Mais sa qualité et sa notoriété se sont si largement imposées que, d’Isaiah Berlin à George Kennan, ou de Vladimir Nabokov à Saul Bellow, beaucoup y ont trouvé leur place qui auraient récusé une identité « progressiste ». Aucune autre revue n’a eu, en un demi-siècle, autant d’influence sur la vie intellectuelle américaine et internationale.
Rencontre avec Robert Silvers, son rédacteur en chef, qui veille à leur qualité depuis le début. À 83 ans, ce bourreau de travail, insatiable perfectionniste, continue de passer même ses week-ends à relire la moindre ligne à paraître dans le numéro suivant (et à pester contre les manquements qu’il décèle dans celui qui vient de sortir).
En lançant la Review, en février 1963, qu’aviez-vous en tête ?

En 1959, [la critique] Elizabeth Hardwick avait publié dans la revue Harper’s, où je travaillais, un article intitulé « Le déclin de la critique de livres ». Elle y expliquait combien y dominaient l’absence de ton et la tiédeur du fond. Propriétaire d’Harper’s, le patron de la maison d’édition Harper Row a très mal pris la chose. Mais moi, j’adhérais à l’idée de l’affadissement de la critique. Quatre ans plus tard, avec Elizabeth, Jason et Barbara Epstein (décédée en 2006), qui deviendra codirectrice avec moi, nous avons lancé la Review. Notre ambition était de revaloriser l’engagement du critique et la qualité de l’écriture. L’idée neuve consistait à faire appel à de grands auteurs pour parler de livres. La plupart ont immédiatement répondu favorablement. Le premier numéro comprenait des articles sur des oeuvres de James Baldwin, Arthur Schlesinger, Jean Genet, J. D. Salinger, Simone Weil, etc., et des critiques tels Norman Mailer, Mary McCarthy, Gore Vidal, William Styron, Susan Sontag… On en a très vite vendu 100 000 ! À l’évidence, la demande existait. […]

En 2008, dans Les dilemmes d’un rédacteur en chef, vous écrivez : « Dès le début notre inclination a été de prendre le parti des gens ou des groupes souffrant des pouvoirs de l’État. » Ni progressiste ni conservatrice, mais du côté de ceux qui souffrent des abus des puissants : telle serait l’identité de la Review ?

Oui. Cela ne signifie pas être dénué de direction politique ou culturelle. Mais nous avons été les premiers à publier aux États-Unis les écrits de Simon Leys sur la Chine. Nous avons vite perçu l’urgence de la question des droits de l’homme dans les États totalitaires et publié Adam Michnik, Vaclav Havel, Andreï Sakharov. Nous avons aussi diffusé un rapport non public de la Croix-Rouge où elle usait expressément du terme « torture » quand le gouvernement Bush la niait.

En 50 ans, quel a été l’impact de la Review sur le débat intellectuel aux États-Unis ?

Je suis incapable de répondre. Les articles sont des actes de foi dont on ne connaît jamais l’effet à long terme. Cela dit, dès notre première année, le président Kennedy est assassiné. La guerre du Vietnam a commencé. Peu après, nous avons publié l’article de Noam Chomsky sur la « responsabilité des intellectuels » (23 février 1967) devant une guerre injustifiée moralement et politiquement. Cela ne nous a pas empêchés de publier sur le sujet des textes d’auteurs aussi différents que George Kennan, Hannah Arendt ou Hans Morgenthau. Ni celui du prêtre André Gelinas sur les atrocités des Nord-Vietnamiens à Saïgon après leur victoire. La Review s’est beaucoup exprimée sur les droits civiques et la guerre du Vietnam parce que ces thèmes ont marqué une génération d’auteurs américains. En même temps, nous avons publié la critique de Jacques Derrida par [le philosophe américain] John Searle. […]

Nous avons toujours demandé à des esprits critiques de s’engager dans les débats saillants d’une époque. Ce qui me rend fier, c’est que, parmi les opposants à la guerre du Vietnam, beaucoup refusaient de tenir compte de la répression sauvage dans les pays communistes. Or, sans maintenir le cap sur la critique du bloc soviétique ou la révolution culturelle en Chine, nous n’aurions pas subsisté. De même, depuis les années 1990, nous sommes très préoccupés par les conséquences de l’islam politique pour l’avenir. Les sociétés musulmanes toléreront-elles les valeurs fondamentales de toute l’humanité ? Et comme dans le cas des totalitarismes soviétique et chinois, la Review doit tenir compte de la part jouée par le caractère hypermilitarisé de la réaction américaine à ce phénomène.

Pourquoi la Review n’a-t-elle pas essaimé dans des pays non anglophones ?

Nous avons eu beaucoup de contacts, mais il faudrait trouver un partenaire qui défende la même conception de la critique et de l’indépendance que nous. Aux États-Unis, les presses universitaires constituent un cadre de diffusion unique en son genre. Le soutien d’une vie culturelle institutionnelle et d’une communauté universitaire est un élément crucial du succès, que nous n’avons pas trouvé ailleurs.

La qualité de la critique est-elle menacée aujourd’hui ?

L’esprit critique n’est affaire ni de tendance ni d’école. Il n’est pas plus difficile qu’il y a 50 ans de trouver de bons auteurs. La profondeur de la connaissance, la finesse de la perception perdurent.

La révolution Internet jouit d’une « absence quasi totale de critique », avez-vous écrit récemment. Pourtant, des milliers de livres se publient sur ce sujet…

Oui, mais peu s’intéressent à l’influence d’Internet et des nouveaux médias sur la pensée, les sentiments, les relations humaines, la responsabilité politique. Beaucoup de jeunes voient leurs vies guidées par les médias sociaux. Or, pour le moment, l’attractivité des nouveaux moyens de communication résiste à toute approche critique externe qui leur appliquerait des règles d’évaluation. On estime ces évolutions définitivement acquises, ce qui n’est jamais le cas. Certes, nous avons publié Robert Darnton (directeur de la bibliothèque d’Harvard) sur l’avenir du livre. Mais les évolutions actuelles mériteraient de notre part beaucoup plus d’attention. Une bibliothèque numérique universelle serait une percée majeure, mais poserait des problèmes commerciaux et intellectuels énormes. La critique littéraire s’est encore peu penchée sur ces sujets. […]

Avez-vous des inquiétudes pour l’avenir de l’écrit ?

Aucune. En revanche, j’en nourris pour sa qualité. Twitter, c’est 140 caractères maximum. Ça limite les possibilités, même si cela peut aussi susciter des aphorismes inattendus.

« La question consiste à savoir comment peuvent être préservées les fonctions, la connaissance et la culture que la technologie inventée par Gutenberg a permis de diffuser », avez-vous écrit…

C’est essentiel. Parce que, de Platon et Aristote à Marx et Freud en passant par Machiavel et Erasme, il existe une continuité de pensée qui ne peut se perdre sans dommage. Le plaidoyer pour la paix, d’Erasme, a aujourd’hui plus de sens que jamais.

Avez-vous un blogue personnel ?

Certainement pas ! Un rédacteur en chef n’est pas là pour dire ce qu’il pense.

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L’histoire vue de Hollywood

Raconte-moi une Histoire

Les drames historiques hollywoodiens tiennent-ils désormais lieu de cours d’histoire?

François Lévesque, Le Devoir 16/02/13

Entre chroniques historiques et drames biographiques, Hollywood se plaît à revisiter sa grande et sa petite histoire en insistant sur la dimension « véridique » de la démarche. Mais quelle crédibilité faut-il accorder à ce regard-cinéma ? À l’approche de la remise des Oscar le 24 février prochain, on constate que la catégorie du meilleur film regorge de telles propositions. Lire la suite ici.

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Philopolis 2013

logo2011Philopolis est un évènement de réflexion citoyenne regroupant près de 80 activités et conférences gratuites et ouvertes à tous et à toutes. Cette quatrième édition, toujours organisée par la collaboration d’étudiant-e-s provenant des quatre universités montréalaises, se tiendra du 15 au 17 février 2013 à l’Université McGill, à l’UQAM et à l’Université Concordia.

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Le signifiant = le signifié

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Violence répressive au Québec? You bet!

En regardant cette vidéo, une pensée de Pascal à méditer sur la dialectique de la justice et de la force, pour bien comprendre et dénoncer les dérives de l’État du Québec:

«Justice, force. – Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste.»

Pascal, Pensées, Éd. Brunschwicg, #298, p 470.

Pétition: Ensemble, exigeons une commission d’enquête publique sur la violence policière de 2012

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Les idéologies anti-science

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«Remise en cause de la théorie d’Einstein, de celle de Darwin, créationnisme et fondamentalismes, cosmologies païennes, mouvements technofascistes, idéologies radicales anti-science… Pourquoi des personnes formées à la science en viennent-elles à adopter une attitude en opposition virulente à la science de leur époque ? Comment mobilisent-elles leur capacité de raisonnement au service de dogmes et d’idéologies sans rapport avec la science ? Peut-on tirer un fil historique entre ces postures depuis la naissance de la science moderne au XVIe siècle ? De nos jours, quel est l’impact sur les rapports entre science et société de ces attitudes, diffusées et multipliées par le canal de l’Internet ?

Rejet de la science contemporaine, de la spécialisation et de l’abstraction mathématique ; appel au bon sens et à une science globale ; vitupération pouvant aller jusqu’à l’invocation de la théorie du complot ; instrumentalisation de la science à des fins idéologiques ou religieuses : voilà les principales caractéristiques des mouvements ou des individus étudiés dans cet ouvrage.

Alexandre Moatti, ingénieur en chef des Mines, est chercheur associé en histoire des sciences et des idées à l’université Paris-VII-Denis-Diderot. Il est notamment l’auteur deEinstein, un siècle contre lui (2007). »

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Toute l’histoire en deux minutes!

«it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing.»

Shakespeare, Macbeth, Acte 5, scène 5

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La bilinguisation de l’université de Montréal

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Quelle place pour l’anglais à l’UdeM?

par Christophe Perron-Martel

Malgré une politique linguistique garantissant l’utilisation du français, l’anglais s’immisce dans la quatrième université francophone au monde. La communauté universitaire constate que le bilinguisme est devenu un passage obligé.

« Au début, c’était un choc de voir toutes les lectures obligatoires en anglais», admet le président de l’Association des étudiants en science politique et études internationales de l’UdeM (AESPEIUM) et étudiant au baccalauréat en science politique, Nicolas Lavallée. «On comprend assez vite qu’on n’a pas le choix, car la majorité des travaux universitaires en sciences politiques est publiée en anglais.»

Dans le cadre d’un cours portant sur le Moyen-Âge, l’étudiant en histoire Samuel Lapierre a dû analyser un long texte en anglais pour son examen de fin de session. « Je me débrouille bien en anglais, mais il me semble que nous sommes dans une université francophone, affirme-t-il. Certains étudiants ont trouvé comme moi que c’était exagéré.» Et, il n’est pas le seul dans cette situation. «Six étudiants sont déjà venus se plaindre des lectures en anglais pour le travail de session », confirme le professeur en histoire à l’UdeM François Furstenberg. Il affirme que ces étudiants étaient tous d’origine française. « Les Québécois sont généralement plus forts en anglais ou n’avouent pas qu’ils ont de la difficulté», croit le spécialiste de l’histoire des États- Unis.

Une langue omniprésente

Tous les étudiants ne voient pas les lectures en anglais d’un mauvais oeil. «On ne peut pas exclure le monde anglophone, estime l’étudiant en science politique Tom Nasr. L’ouver – ture sur le monde universitaire, c’est aussi l’ouverture sur ce monde-là. La langue anglaise permet de mieux saisir certains concepts.»

Plus l’étudiant avance dans son cursus universitaire, plus les lectures en français se font rares. «Aux cycles supérieurs, où les activités de recherche occupent une place centrale dans le parcours universitaire des étudiants, il est fort possible qu’une large part des lectures données par les professeurs soit en anglais», admet la vice-rectrice aux relations internationales, à la Francophonie et aux partenariats institutionnels de l’UdeM, Hélène David. Cette situation s’observe pourtant au premier cycle selon M. Furstenberg. « En première année, les lectures sont surtout en français, en deuxième année, c’est moitié-moitié et en troisième année, elles sont surtout en anglais.»

Ne recommander que des textes en langue française n’est pas toujours faisable selon la chargée de cours au département de communication de l’UdeM Joëlle Basque. Certaines théories sont parfois surtout abordées par la recherche universitaire anglo-saxonne. «Comme le stipule la politique linguistique de l’UdeM, je donne toujours l’équivalent en français d’un texte anglais si cela est possible», affirme Mme Basque.

Des professeurs en difficulté

Autre problème soulevé par les étudiants : des professeurs non francophones se retrouvent parfois à utiliser des mots anglais ou maîtrisent mal le français ce qui nuit à leur enseignement. « L’accent ne me dérange pas, mais il y a des responsables d’ateliers dont la mauvaise maîtrise du français complique la compréhension du travail», souligne l’étudiant en économie politique Antoine Phaneuf.

Selon Mme David, trois options s’offrent aux étudiants dans ce cas. « La première chose à faire est d’en parler avec l’enseignant concerné et, au besoin, avec le directeur de programme ou de département », explique-t-elle par courriel. Ce dernier pourra alors inciter le professeur à bénéficier du programme de perfectionnement du français offert par l’UdeM. Les étudiants peuvent aussi faire part de leur insatisfaction lorsqu’ils remplissent le questionnaire d’évaluation du cours en fin de session ou déposer une plainte auprès du bureau de Mme David.

Mme Basque juge que la candidature d’un professeur ne devrait pas être refusée même s’il ne maîtrise pas bien le français. «Dans mon département, les enseignants venus de l’étranger s’améliorent assez rapidement en français », dit-elle. Mme David partage cette opinion.« Toutefois, précise-t-elle, le titulaire d’un poste menant à la permanence qui ne connaît pas ou ne maîtrise pas suffisamment le français a […] un délai maximal de trois ans pour se conformer à la règle générale.»

Le président général de la Société Saint-Jean Baptiste, Mario Beaulieu, se montre plus sombre sur la situation du français à l’UdeM. «Tout se bilinguise, se désole celui qui a reçu des plaintes à ce sujet. Alors que le français est menacé à Montréal, on finance de manière disproportionnée des universités anglophones.» Selon une étude du politologue Marc Chevrier, les universités anglophones québécoises recevaient 27 % des subventions normées en 2008, bien que les Québécois de langue maternelle anglaise ne représentaient que 8,2 % de la population. M. Beaulieu estime que ce surfinancement incite les universités francophones à se bilinguiser pour attirer davantage la clientèle internationale et les subventions .

******

La politique linguistique de l’UdeM  :

• vise notamment à être conforme à la Charte de la langue française

• spécifie que l’udeM est clairement une université francophone à rayonnement international

• stipule que si un texte équivalent d’un texte anglais existe en français, c’est-à-dire aussi pertinent et de bonne qualité, il doit être priorisé • officialise, conformément à la Charte de la langue française, le droit de pouvoir travailler en français des employés de l’établissement

• précise que tous les employés doivent pouvoir communiquer de façon minimale en français et que l’employé souhaitant accéder à la permanence se doit de maîtriser le français dans un délai maximal de trois ans

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Pour télécharger ce numéro du QUARTIER L!BRE

BLx via Hugo Vaillancourt-Chapdelaine

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Une idée de l’université

Michel Seymour, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, présente son livre Une idée de l’université, qui paraît cette semaine. De quoi nourrir la discussion en vue du Sommet sur l’enseignement supérieur.

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SORTIR

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SORTIR, une oeuvre d’Aude Moreau présentée dans le cadre de l’exposition ABC: MTL Un autoportrait de Montréal au Centre Canadien d’Architecture, le CCA.

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Paris 1914

1914Lj5guCFRue du Faubourg Saint-Denis

Une très belle série de photos en couleur de Paris prises au début du siècle dernier; ces photos n’ont pas été colorées, elles sont de véritables photos couleur réalisées grâce au procédé « autochrome » inventé en 1903 par les frères Lumière: on y jette un coup d’oeil ici.

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Apologie du cégep

L’art de la faim

David Desjardins, Le Devoir, 26/01/13

La semaine s’est écoulée lentement, presque figée dans le froid. L’actualité a elle aussi ralenti. Elle s’est agglomérée comme le givre dans la barbe du coureur de fond qu’est la commission Charbonneau, me ramenant ainsi au sujet de la semaine dernière dans cette chronique : l’éducation.

Le cégep, disions-nous, est un levier qui permet de s’extraire de sa condition de base. Celle de consommateur, puisqu’il faut la nommer. La philo, le cinéma, l’histoire, la littérature et les choses en apparence inutiles qu’on y apprend permettent de devenir autre chose qu’un travailleur, de participer au monde comme un être qui doute.

Vous avez été nombreux à m’écrire sur le sujet. Quelques-uns ont fait remarquer : oui, d’accord, mais avant ? Qu’est-ce qu’on fait avec le décrochage, qu’est-ce qu’on fait avec les enfants qui cessent de lire à l’adolescence, qu’est qu’on fait avec l’école qui ressemble à un service social plutôt qu’à un milieu d’apprentissage ?

Je sais pas trop, en fait. Je disais que m’était revenu ce sujet de l’éducation, et ce n’est pas seulement en raison de mon désintérêt pour les actualités majeures. Par votre abondant courrier, un peu, c’est vrai. Aussi, cette entrevue avec Pierre Moreau qui parlait à nouveau des cégeps à Radio-Canada dans l’émission du matin de Québec.

Mais surtout, il y a ce débat que j’ai écouté attentivement sur France Culture à propos de l’école, et où deux discours s’opposaient. Celui du modèle républicain, et l’autre libéral. C’est-à-dire, d’un côté, une idée de l’école qui serve à fabriquer des citoyens au mépris de tous les particularismes et de toutes les religions, y compris celle du marché. Et de l’autre, au contraire, une école qui s’adapte à tout, mais surtout à la clientèle. Au marché, donc.

Or, le clientélisme, comme le soulignait le premier, c’est le plus gros problème de l’école.

J’ai beaucoup ri quand son adversaire a ensuite comparé l’école à une épicerie, parce que c’est exactement à cela que je pensais. Je me disais : il va ânonner que c’est comme l’épicerie, que le modèle républicain ressemble à un comptoir soviétique qui force tout le monde à manger du lard et des betteraves, que la population peut bien décider si elle veut manger du poulet.

Si j’avais été en studio, j’aurais répondu que, justement, l’école n’a pas pour fonction de se plier aux modes. C’est son drame, l’école souffre d’être une vieille dame un peu ringarde, alors que c’est pourtant ce qu’on devrait attendre d’elle : transmettre un savoir qui n’a pas d’âge et un sens de l’effort qui n’a pas à souffrir des goûts du jour.

Je ne connais pas suffisamment le système scolaire français pour en juger, et ce n’est pas ce qui m’intéresse. Le plus fascinant, ici, c’est la manière de scléroser le débat, de l’arrêter net sur une idée de liberté qui n’en est pas une. C’est une confusion des genres. Une méprise sur la nature de l’éducation devenue un produit comme les autres.

C’est la faute de personne et de tout le monde. Les parents, qui vouent un culte à leurs enfants, se sont mis à s’intéresser à ceux qui les élèvent à leur place. L’école publique, aux prises avec la concurrence du privé et la dénatalité, s’est vue forcée de se farder. De faire un peu la pute. Ou plus poliment, de s’écraser devant les désirs des parents qui voudraient que l’enseignement se moule aux besoins spécifiques de leur petit trésor.

Forcément, le décalage est immense quand t’es le petit trésor en question, que t’arrives au cégep, à l’université, et que tu dois te démerder comme un grand.

Je disais que j’avais entendu Pierre Moreau reparler des cégeps l’autre matin. Il revenait avec sa rengaine du faible taux de diplomation universitaire au Québec comme indice de l’inefficacité du système collégial.

Et si le problème était avant ? À l’école autant que dans l’idée qu’on s’en fait ?

Parce que l’école n’est pas le monde et ne devrait pas s’y conformer. Au contraire. Je rêve ? Évidemment. Ça ne m’empêche pas d’avoir raison quand je dis qu’elle est nulle, votre idée de l’école au service de sa clientèle, et que vos petits amours, si vous les y laissiez souffrir un peu, apprendraient cette patience essentielle à tout, y compris au bonheur, y compris à l’obtention d’un DEC ou d’un bac.

Il faut une école qui soit un monde en marge du monde. Un endroit où le temps ralentit, où le savoir n’est pas au service de la gloutonnerie du monde.

C’est pour cela que je vous disais la semaine dernière que le cégep est essentiel. Parce que c’est le dernier rempart contre l’indigence intellectuelle depuis que l’école a cessé d’enseigner l’essentiel. À commencer par l’art de la faim.

Lire aussi: L’école du désir

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Indignation et dignité

Au mois de novembre dernier, le philosophie québécois Thomas de Koninck, a fait au Cégep de Rosemont une présentation sur le thème de l’indignation et de la dignité qui a fait l’objet d’une captation vidéo que les professeurs Dugal et Thédrel, avec l’accord du philosophe, ont tenu à partager avec l’ensemble du réseau collégial. Nous les en remercions, car nous avons là l’expression d’une parole admirable.

Pour voir la suite de la conférence et la période de question: http://www.concoursphilosopher.qc.ca/

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«Paysages alternatifs»

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Le photographe québécois Benoit Paillé dit ne pas aimer les paysages, d’où cette série de mises en scène: Alternative Landscapes

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The world before her

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«The World Before Her, documentaire de Nisha Pahuja, réalisatrice torontoise, primé en 2012 dans plusieurs festivals (Tribeca, Hot Docs, etc.), se penche sur la condition de jeunes femmes qui suivent, dans une Inde en mutation, des trajectoires opposées. (…)

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The World Before Her suit Pooja, une jeune fille qui concourt avec d’autres pour le titre de Miss India ; le pouvoir de la beauté est souvent le seul qui permet à une femme d’acquérir gloire, fortune et indépendance, en étant repêchées par Bollywood, entre autres, mais une seule aura la couronne de Miss India et la notion même de liberté se mord ici la queue.

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À l’opposé, se trace le destin de Prachi, fondamentaliste hindou qui enseigne dans un camp féminin les techniques de guerre et la haine des autres : chrétiens et musulmans du pays.» Tragique mosaïque indienne, Le Devoir 18/01/13

Cinéma du Parc

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