Archives de Catégorie: Histoire

«Ben voyons donc, c’est juste une joke!»

La réplique› Les limites de l’humour

L’humoriste ne peut se soustraire à la critique

Il n’a pas le monopole pour «départager ce qui mérit[e]» d’être sacré de ce qui ne le «mérit[e] pas»

Audrey Simard, Le Devoir, 15/05/14
Le déclencheur « Il serait bien prétentieux, voire dangereux, de croire que nous pouvons faire l’économie du rôle précieux du bouffon. Notre société n’est pas l’aboutissement d’une perfection divine. Elle doit être remise en question comme celles du passé l’ont déjà été. L’espace du bouffon mérite d’être protégé par le citoyen plutôt que cloisonné par les présumées victimes de cette bouffonnerie. Car je peux vous garantir que si chacun appose sa propre petite barrière personnelle dans le but de restreindre le terrain de jeu du clown, il ne restera, en bout de course, qu’assez d’espace pour faire du surplace. »

Guillaume Wagner, « La moquerie ne doit pas être censurée », Le Devoir, 10 mai 2014

Dans son texte, l’humoriste Guillaume Wagner insiste sur le « rôle précieux du bouffon » et de l’« espace du bouffon [qui] mérite d’être protégé ». Bien que l’humour puisse servir de « soupape aux tensions » ainsi qu’à « apaiser les frustrations associées aux bornes sociales », je ne crois pas qu’il doive être protégé à tout prix, c’est-à-dire au détriment des « présumées victimes de cette bouffonnerie », comme les qualifie M. Wagner. L’humour devenant dans la majorité des cas un prétexte pour intimider ou véhiculer/renforcer des stéréotypes sexistes, homophobes, racistes, âgistes, etc., cette égalité « sous le poids du ridicule » dont parle Wagner n’est malheureusement pas réelle puisque ce sont le plus souvent les femmes, les personnes homosexuelles, racisées, handicapées ou dont le corps ne correspond pas aux normes qui sont le plus souvent la cible des humoristes.

Si l’humoriste « est celui qui respecte assez son public pour lui dire la vérité », il s’avère que ses propos ne sont pas que des vérités, mais bien souvent des préjugés, des stéréotypes et des insultes. Un exemple, tiré directement du répertoire de 2012 de M. Wagner, le démontre d’ailleurs : son attaque sur la sexualité et le corps de la chanteuse Marie-Élaine Thibert. Il arrive aussi que « l’humour sexuel, scatologique et violent » dont parle M. Wagner passe de la blague aux actes, comme l’a démontré un certain humoriste nommé Gab Roy, qui a maintes fois mis en pratique ses blagues haineuses envers les femmes. Malheureusement, les paroles de ces clowns de « l’industrie de la blague », prononcées haut et fort sur la place publique, sont trop souvent banalisées à coups de « ben voyons dont, c’est juste une joke », alors qu’elles ont un impact concret sur les mentalités et donc sur le quotidien de personnes, qui, en plus des violences ordinaires qu’elles subissent, se voient confrontées à cette humiliation publique.

Alors que M. Wagner voit un danger dans la censure de la moquerie, le risque me semble davantage résider dans cette volonté de l’humoriste d’être un individu intouchable, revendiquant que sa parole soit à l’abri de toute critique. Tout le pouvoir que la société lui accorde déjà, en lui offrant une tribune rejoignant des milliers de personnes, en fait selon moi un citoyen redevable de ses blagues. Alors oui, certains humoristes devraient se censurer en réfléchissant à l’impact de leurs blagues sur les personnes qui les reçoivent, puisque l’humour contribue à modeler les mentalités. Si la moquerie peut servir à refléter nos travers et à en rire, ce n’est certainement pas sans esprit critique, en récupérant simplement les préjugés ambiants et en les martelant en boucle. Selon moi, tout banaliser sous couvert de l’humour peut devenir un excellent moyen pour se déresponsabiliser de ses paroles. Si, comme le mentionne Wagner, le clown a « le devoir de tout remettre en question », alors son public a certainement le devoir de remettre en question l’humour de ce dernier, sans quoi nous ferons face à un déséquilibre des pouvoirs érigeant le clown en être tout puissant ayant la possibilité de tout dire, en toute impunité. Accorder tout l’espace à l’humoriste sans lui offrir de résistance, comme le souhaite M. Wagner, ne ferait que nourrir cette toute-puissance qui n’a pas lieu d’être.

Alors, à qui revient donc le pouvoir de « départager ce qui mérit[e] » d’être sacré de ce qui ne le « mérit[e] pas » ? L’humoriste ne doit certainement pas avoir le monopole en ce domaine. Et en ce sens, vivement davantage d’humoristes femmes, handicapés, racisés, homosexuels afin de réellement favoriser une diversité de points de vue et une véritable critique sociale par l’humour.

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Godard dit Arendt

«Mais demeure aussi cette vérité, que chaque fin dans l’histoire contient nécessairement un nouveau commencement. Ce commencement est la seule promesse…»

Hannah Arendt

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Trois petites notes de musique venues de l’antiquité grecque

 

ancient-greek-music-e1383103912285Open Culture: What Ancient Greek Music Sounded like

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Civilization, Marco Brambilla

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Le Capital au XXIè siècle

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Le Capital au XXIè siècle de Thomas Piketty expliqué par Éric Pineault et Gérald Filion.

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La grotte lumineuse

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La grotte de Lascaux, l’expo

Les chefs-d’oeuvre de la préhistoire sont reproduits au Centre des sciences de Montréal

Jérôme Delgado, Le Devoir 18/04/14

Henri Breuil, le premier scientifique à l’avoir étudiée, a qualifié la grotte de Lascaux de « Chapelle Sixtine de la préhistoire ». D’autres ont considéré cet ensemble de peintures comme « un film qui a perdu le son ». La voilà de passage à Montréal, l’exposition itinérante.

On ne déplace peut-être pas des montagnes, mais la grotte de Lascaux, si. Ce trésor de l’humanité, patrimoine légué par les Cro-Magnon il y a 20 000 ans et enfoui sous terre dans le Périgord (sud-ouest de la France), vient d’atterrir à Montréal et sera accessible jusqu’en septembre, au Centre des sciences.

Accessible en partie : l’exposition La grotte de Lascaux. Chefs-d’oeuvre de la préhistoire permet de zieuter les peintures pariétales de deux sections (sur les six connues), reproduites de la manière la plus réaliste, au millimètre près, reliefs compris, et grandeur nature.

Vous l’aurez compris : le Lascaux qui a traversé l’Atlantique n’est pas l’original, fermé au public depuis un demi-siècle pour des raisons de préservation. Si Lascaux 2 reproduit des fac-similés de deux salles, cette expo, dite Lascaux 3, montée d’abord à Bordeaux puis transformée en structure mobile pour parcourir le globe, en reproduit deux autres, la Nef et le Puits. Ensemble, Lascaux 2 et 3 mèneront à Lascaux 4, musée attendu pour 2016.« En France, deux plus trois font quatre », résume d’un humour bien senti Olivier Retout, directeur du projet Lascaux, exposition internationale. Ce docteur en sciences ne mâche pas ses mots : Montréal verra Lascaux comme jamais vu après Chicago et Houston, avant Bruxelles, Tokyo et combien d’autres villes du monde — l’expo circulera jusqu’en 2017 et fera « autant d’arrêts que possible », selon son instigateur.

Une cueillette au laser

Les peintures reproduites pour la première fois incluent notamment la Frise des cinq cerfs, la Frise de la Vache noire et la seule figure humaine de toute la grotte. Le travail est basé sur une cueillette au laser hyperprécise.

« On a rassemblé une collection iconographique jamais réunie. On a ressorti le film des années 1970 de Mario Ruspoli [documentariste italien, proche de Chris Marker]. On a numérisé 35 calques de l’abbé André Glory jamais montrés, dit un intarissable Olivier Retout. Le Puits, qui est à six mètres de profondeur, il n’y a que très, très, très peu de gens qui l’ont vu. Quand Lascaux était ouvert, on ne pouvait le visiter. Ici, on l’a en face des yeux, à un mètre 50. »

L’exposition se déploie en plusieurs zones, autant instructives qu’étonnantes. Le parcours s’appuie sur des modules interactifs, des maquettes de tout Lascaux, des reproductions d’objets trouvés dans la grotte ainsi que des portraits des principaux artisans de cette possible découverte. Le tout aboutit en l’expérience ultime de la grotte.

Grandeur nature

« On n’a pas voulu recréer l’atmosphère de grotteavec sa température, son humidité, ses vibrations, explique le directeur du projet. Mais on est dans la grandeur nature, dans les proportions. L’idée n’est pas de revivre la descente dans une grotte mais de revivre l’admiration, le spectacle de ce que les Cro-Magnon ont voulu faire. »

Pour Bernard Cazeau, président du Conseil général de la Dordogne et quelque part grand manitou de Lascaux, l’idée derrière cette expo de 60 millions d’euros était d’apporter la grotte à ceux qui n’iraient jamais à elle. « Ce n’est pas quelque chose d’idéalisé. On ne fait pas un Disneyland de la préhistoire », assure le sénateur. Autrement dit, Lascaux 3 sert davantage à la transmission des connaissances qu’à la diversion.

« On challenge les scientifiques, clame même Olivier Retout. Si les préhistoriens viennent à l’expo, ils en apprendront. Ils peuvent voir des choses qu’ils ne peuvent voir dans la vraie grotte parce qu’il leur est impossible de rester longtemps. »

Élisabeth Daynès, sculpteure mondialement connue pour ses personnages hyperréalistes, est convaincue qu’il faut réhabiliter les Cro-Magnon. Celle qui travaille les corps selon les principes de la médecine légale en a créé quatre pour l’expo. « C’est nous, dit-elle à propos de ceux qui ont vécu l’ère du Magdalénien-Solutréen. Ils nous ressemblent physiquement et intellectuellement. Être qualifié de Cro-Magnon devrait être un compliment, pas une insulte. »

Olivier Retout abonde dans le même sens : l’expo a une âme philosophique. « Elle montre que cet autre, lointain dans le passé, est comme nous. Et s’il est comme nous, ça laisse croire que l’autre lointain dans le présent, dans la géographie, il est aussi proche de nous. Lascaux est porteur d’humanisme. »

Un comité scientifique

Le réalisme et le sérieux de l’entreprise ont été validés par un comité scientifique. Retout et ses collaborateurs au scénario, Nathalie Grenet et Nicolas Saint-Cyr, un Québécois, ne pouvaient tomber dans la fantaisie.

On n’a pas fini d’apprendre de et sur Lascaux, véritable écosystème où cohabitent une multitude d’organismes vivants. La grotte permet certes d’affirmer que l’humanité naît à l’époque de ces peintures. Ces artistes, qui travaillaient déjà le mouvement et la perspective, avaient un langage très avancé. « Ils racontent quelque chose ; le problème, c’est qu’on ne sait pas ce qu’ils racontent », dit un Olivier Retout encore émerveillé.

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Pierre Bourgault, un discours de circonstance

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La peur de la défaite ou la peur de la victoire?

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Un texte de Christian Rioux à lire avec en sous main celui d’Hubert Aquin, L’art de la défaite

La peur  Christian Rioux, Le Devoir, 28/03/14

Je me souviens de cette époque où le chef de l’ADQ, Mario Dumont, de passage à Barcelone, voulait que les Québécois s’inspirent de la Catalogne. J’avais écrit à l’époque qu’il avait tort. Mardi, le tribunal constitutionnel de Madrid a invalidé le projet de référendum catalan, le jugeant illégal. Le 12 décembre dernier, le premier ministre, Artur Mas, à la tête d’une coalition nationaliste, avait en effet annoncé l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination le 9 novembre prochain.

Qu’à cela ne tienne, le premier ministre catalan entend maintenir sa consultation quoi qu’il advienne. Mardi, il a eu ces paroles dignes d’un chef d’État : « À chaque écueil que nous allons rencontrer sur ce chemin, nous trouverons la solution pour l’esquiver et le dépasser. » Selon les plus récents sondages, 60 % des Catalans se disent favorables à un État indépendant, 75 % se prononcent pour la tenue de ce référendum et 87,3 % disent qu’ils en accepteraient le résultat.

À 2000 kilomètres de là, les pronostics sont différents. Le référendum que tiendront les Écossais le 18 septembre prochain n’annonce rien de bon pour le premier ministre Alex Salmond. En Écosse, le soutien à l’indépendance a rarement dépassé 40 %. Là-bas, contrairement à la Catalogne où le débat est d’abord politique, c’est le débat économique qui prime. Malgré une question plus claire (« l’Écosse devrait-elle devenir un pays indépendant ? »), la façon dont le référendum écossais est engagé fait penser au référendum québécois de 1980 tant les arguments économiques occupent toute la place.

Pourtant, au-delà de ces différences, il existe une distinction fondamentale entre la démarche des Écossais et des Catalans, d’un côté, et celle des Québécois de l’autre. Cela doit faire 25 ans que je fréquente la Catalogne et l’Écosse, or je n’y ai jamais senti la peur que je ressens au Québec chaque fois qu’est posée la question de l’indépendance.

« J’ai peur ! J’ai peur ! », chantait Michel Rivard. Regardez ce qui se produit sous nos yeux. Pendant six mois, les Québécois ont tenu un débat admirable d’intelligence et de finesse sur la difficile question de la laïcité. Un débat les opposant de front au multiculturalisme canadien à partir d’un projet largement soutenu par la population même s’il a fait rager nos élites mondialisées. Je ne connais pas de pays où un tel débat se serait déroulé dans plus de calme et avec plus de maturité. Quoi de plus naturel qu’une élection vienne trancher la question ? Or, il a suffi qu’un homme d’affaires influent s’engage dans le combat, geste noble s’il en est un, il a suffi qu’il brandisse le poing en signe de triomphe pour que l’ombre de l’ombre d’une victoire nous fasse soudain rentrer sous terre.

La chienne ! Oui, la chienne ! Il n’y a pas d’autre explication à ce qui s’est produit depuis deux semaines. Contrairement aux Catalans et aux Écossais, les Québécois portent en eux une peur maladive de la victoire. Une peur que je n’ai jamais rencontrée ni à Édimbourg ni à Barcelone. Peut-être parce que les Écossais n’ont jamais été vaincus et qu’ils ont signé librement l’Acte d’union avec la Grande-Bretagne. Même si l’Écosse a connu les rébellions jacobites, jamais cet échec n’a laissé le sentiment de déroute qu’ont laissé chez nous celles de 1837-1838. Sentiment doublement réactualisé par les référendums de 1980 et 1995.

Les Catalans, qui dominent l’Espagne économiquement, n’expriment pas non plus une telle peur. Contrairement aux Québécois qui cachent le plus souvent leur passé — dont celui pourtant héroïque de la Nouvelle-France —, les Catalans évoquent encore avec fierté cette époque où, au XIIIe siècle, ils ont conquis les Baléares, Valence, Majorque, la Sicile et la Sardaigne.

Rien de cela au Québec, où une peur atavique s’empare de nous dès que nous montrons un peu de courage, dès que quelqu’un ose mettre un poing sur la table, dès que nous ne cachons plus notre identité profonde. Car le Québécois est un être qui vit caché. Le débat sur la laïcité l’a bien montré.

Celui qui avait le mieux compris cette peur ancestrale qui loge au fond de chacun de nous, c’était René Lévesque. Par sa façon d’être, d’agir et par tout son art oratoire (à l’époque où cela existait encore), l’homme épousait dans son être profond la posture de celui qui s’affranchit de la peur, surmonte l’anxiété et parvient à accepter ce qu’il est. On cherche aujourd’hui cette aisance et cette pédagogie.

Curieux paradoxe, les Québécois ont beau jouir à bien des égards d’une situation plus enviable que les Écossais et les Catalans, cela ne les empêche pas de cultiver la peur. Évoquant le grand nombre de candidats médecins dans cette campagne, le philosophe Jacques Dufresne écrivait récemment qu’avec bientôt plus de 50 % de ses revenus consacrés à la santé, le Québec ressemblait au pays des Morticoles, « cette île imaginée par Léon Daudet il y a un peu plus d’un siècle où les médecins constituent l’unique caste dirigeante. Qui sont les Morticoles ? Des êtres en proie à la peur “qui ont donné aux docteurs une absolue prééminence” ».

S’inspirer des Catalans pour vaincre la peur ? Peut-être, au fond, que Mario Dumont n’avait pas tort.

BLx

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Agamemnon et Alexandre le Grand à Montréal

En décembre prochain, Montréal accueille la plus grande exposition nord-américaine sur la Grèce antique.

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« Les Grecs, d’Agamemnon à Alexandre le Grand ».

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L’étoffe du diable

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«La rayure et les étoffes rayées sont longtemps restées en Occident des marques d’exclusion ou d’infamie. En furent notamment vêtus tous ceux qui, à un titre ou à un autre, se situaient aux marges de la société chrétienne ou bien en dehors : jongleurs, musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures. Sans faire aucunement disparaître ces rayures très négatives, l’époque romantique voit apparaître une nouvelle forme de rayures, positives et liées aux idées nouvelles de liberté, de jeunesse, de plaisir et de progrès. Dans les sociétés contemporaines, ces deux types de rayures cohabitent : celles des vêtements de prisonniers, de la pègre, des lieux dangereux et mortifères, et celles du jeu, du sport, de l’hygiène, de la mer et de la plage.»

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Le libraire

M. Lefebvre, mon libraire préféré. Section philosophie, je lui dois plus de la moitié de ma bibliothèque. La Librairie Henri-Julien, un lieu infiniment plus poétique que les cabinets de magie de Harry Potter.

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Made in China

lever de soleil beijingLever de soleil, Beijing 16/01/14

Le niveau de pollution est si élevé à Beijing, le smog si dense, que la possibilité d’y voir le soleil se lever n’est plus qu’un souvenir certains matins. Ne reste plus qu’à télédiffuser ce qui fut. Je pense à David Hume qui, dans son Enquête sur l’entendement humain, réfléchissait à la proposition suivante: Le soleil ne se lèvera pas demain…

«Le contraire d’un fait quelconque est toujours possible, car il n’implique pas contradiction et l’esprit le conçoit aussi facilement et distinctement que s’il concordait pleinement avec la réalité. Le soleil ne se lèvera pas demain, cette proposition n’est pas moins intelligible et elle n’implique pas plus contradiction que l’affirmation : il se lèvera

Hume, Enquête sur l’entendement humain (1748), Aubier, pp. 70-71

Mais je pense surtout au péril auquel nous expose la croissance économique sans limite…

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Portrait d’un artiste en tant que chasseur… amérindien et homosexuel

L’histoire de l’art est une matière bien complexe. Il s’agit d’une discipline qui emprunte à beaucoup d’autre : l’anthropologie, l’histoire générale ainsi que la sociologie. Toutes ces disciplines permettent des approches différentes permettant l’écriture d’une histoire et sa constante réécriture. Pour tracer une histoire de l’art efficace et exhaustive, il est judicieux d’en utiliser un judicieux mélange. L’anthropologie pour comprendre les traditions et rituels, l’histoire pour comprendre le contexte politique et les grandes époques puis la sociologie pour comprendre les enjeux sociaux qui font émerger tous les styles, mouvements et courants artistiques à travers les âges. Une étude aussi polyvalente permet également de centrer l’écriture d’une histoire de l’art plus artistique qu’historique. En ce sens où l’artiste en serait le noyau plutôt que l’histoire générale elle-même. En effet, la question de la construction du statut de l’artiste dans la société occidentale est une manière très intéressante d’aborder l’histoire de l’art. Considérer un artiste comme faisant partie d’une catégorie spéciale d’être humain, comme on le fait aujourd’hui en perpétuant le mythe d’un personnage torturé et incompris, est de lui accorder une importance particulière. Ce statut d’être exceptionnel s’est construit à travers les époques, de façon non-linéaire, grâce à deux outils que l’on observe au sein des œuvres de différents artistes. D’une part, l’artiste procède à l’auto-construction de son propre statut en se définissant à travers ses propres œuvres à l’aide de diverses stratégies. D’autre part, il joue un rôle social par le biais de la réception de ses œuvres dans le contexte socio-historique de la communauté à laquelle il appartient. L’une des stratégies qui illustre parfaitement cette construction identitaire à deux volets est celle du portrait et de l’autoportrait. Le meilleur moyen de comprendre le processus de constitution d’un statut d’artiste est bien évidemment l’étude de cas. C’est donc à travers l’étude de l’œuvre Portrait of the Artist as a Hunter par Kent Monkman (2002) que ces notions prendront forme. Il sera donc possible de comprendre comment Monkman se définit dans cette œuvre comme un artiste jouant un rôle dans la déconstruction des tabous et stéréotypes qui perdurent au sujet des Amérindiens, des homosexuels et travestis ainsi que des artistes eux-mêmes. Il s’agit ici de trois groupes sociaux auxquels l’artiste appartient.  C’est grâce à une compréhension du contexte historique de colonisation des Amérindiens, une présentation de l’alter-ego artistique de Monkman, Miss Chief Eagle Testickle ainsi qu’une explication du rôle social que joue l’œuvre en relation avec la trinité portraiturale qu’il sera possible d’en venir à cette conclusion.

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Kent Monkman, Portrait of the Artist as a Hunter, 24″ x 36″ — 2002, Acrylique sur canevas. Appartient à la collection de la National Gallery of Canada

Contexte historique – vision occidentale

k 2Tout d’abord, afin de bien saisir tous les enjeux sociaux abordés dans cette œuvre, il est important d’en connaitre le contexte socio-historique duquel a émergé son inspiration. Il est évident, vu ses origines, que Monkman baigne dans la culture autochtone de l’Amérique du Nord. Pour bien saisir tous les enjeux de la société amérindienne, il faut bien sûr en connaitre l’histoire. Pour débuter, le contexte de colonisation et de christianisation dans lequel s’est fait la rencontre entre les européens (incluant les Anglais d’Amérique) et les aborigènes habitant déjà le territoire est un élément à considérer dans la compréhension de l’œuvre de Monkman. L’essentiel est de savoir que les Amérindiens, aux yeux des occidentaux, ont été, et pour plusieurs sont encore, une masse informe constituée d’être tous pareils avec les mêmes rites, valeurs, traditions, etc. Il faut savoir que peu d’Américains avaient l’opportunité de voir de véritable Amérindiens, la frontière entre ces deux peuples était en fait trop loin pour les moyens de transport de l’époque. k 3Or, ce n’était qu’un petit nombre de voyageur qui pouvaient avoir observé, les Amérindiens dans leur vie de tous les jours. Ils étaient donc les seules ressources de documentation concernant les Amérindiens, leur mode de vie et leur valeurs (MOORE, 2002 : p. 8). En fait, ce qui servait de référence informationnelle à ce sujet étaient en majorité les peintures et croquis de peintres comme George Catlin et Paul Kane (MORRIS, 2011). Leurs œuvres étaient comprises comme des représentations exactes de la société amérindienne de l’époque (MOORE, 2002 : p.8). Or, on sait que ces productions ont fait en sorte que des représentations mythiques et faussée ont perdurée pendant des années voir des siècles comme le mythe du bon sauvage, l’image de l’amérindiens comme viril, terrifiant, bête, presqu’animal (SWANSON, 2005).

Miss Chief Eagle Testickle : résurrection du berdache

Tout comme on le ferait pour le portrait d’un roi ou tout autre personnage important, cette œuvre, étant un portrait, nécessite d’abord la présentation du modèle. Ici, le personnage représenté est cette drag-queen qui, du haut de ses talons plate-forme vertigineux, roses bonbon présente des allures de stéréotype de grand chef amérindien, présente dans la majeure partie du corpus de Kent Monkman. Miss Chief Eagle Testickle est en réalité l’alter-ego artistique de l’artiste créé et incarné par nulle autre que lui-même (MORRIS, 2011). Avant même d’en retracer la carrière, il est essentiel d’en faire la généalogie. La généalogie d’un personnage fictif, vraiment? Certainement! En fait, Monkman, en créant le personnage de Miss Chief, opère, en quelque sorte, la résurrection ou enfin la résurgence d’une catégorie d’humain qui existait dans plusieurs communautés autochtone de l’Amérique du Nord et même d’ailleurs. Il s’agit ici du berdache (MORRIS, 2011). Ce terme était employé pour « désigner ceux ou celles qui […] avaient choisi d’être des transvestis. [L]’accent était mis sur une notion de passage d’un statut à un autre, après qu’une vision, des rêves, des révélations ou des signes eurent mis en évidence le caractère irrévocable d’une destinée beaucoup plus que d’une fatalité » (DÉSY, 1978 : p.7). k 4Ce qu’il faut principalement retenir de cette définition est que le fait d’être un être aussi appelé « two-spirit people », en l’honneur de l’existence de l’esprit mâle et femelle dans un seul corps (SWANSON, 2005), était un chemin de vie plutôt qu’une malédiction contre nature, contrairement à une conception courante de la part du monde occidental. Par exemple, George Catlin parlait lui-même, à propos de son œuvre Dance to the Berdash (s.d), de sa fascination pour ces cérémonies mais son espoir que ce genre de pratiques, encourageant ce genre d’identité, soit exterminé (MORRIS, 2011). En fait, cette œuvre de Catlin illustre le fait que les berdaches occupaient une place très importante au sein des communautés amérindiennes. En effet, ils participaient aux cérémonies, les dirigeaient même souvent et jouaient un rôle de protecteur des femmes puisqu’ils possédaient le physique d’un homme mais occupaient des activités de femmes avec les femmes. On considérait même qu’ils portaient chance aux guerriers, chasseurs et amoureux (DÉSY, 1978 : p.26). Il est important de connaître ces êtres transgenres pour bien comprendre l’œuvre de Monkman, du moins, la grande partie de son œuvre représentant Miss Chief. En effet, cette partie de la culture autochtone occupe une grande place dans l’iconographie réinventée de Monkman. Cette catégorie d’humain lui permet de faire tomber toutes les barrières culturelles occidentales par rapport à la culture transgenre, aux amérindiens ainsi qu’aux artistes en général.

k5Portrait of the Artist as a Hunter est le premier tableau à documenter l’existence de Miss Chief. Il est caractéristique de la manière dont Monkman se sert de plusieurs personnages caricaturés au sein de son corpus. En effet, il utilise beaucoup de stéréotypes mythiques comme les indiens, les cowboys, les trappeurs, les pionniers, les missionnaires et les explorateurs. Ces acteurs interagissent d’une manière plutôt inattendue ce qui permet une remise en question de toute cette mythologie occidentale du Nouveau Monde. De plus, elle n’apparait pas que dans les peintures de Monkman, elle figure également dans les performances ainsi que les vidéos et film qu’il réalise. Il est inutile, étant donné qu’il s’agit ici de l’analyse d’une seule œuvre, de faire une biographie complète et chronologique de la carrière de Miss Chief. Ce qui est nécessaire cependant est de bien comprendre l’importance qu’occupe Miss Chief et surtout sa signification dans le corpus de Monkman. L’apparition qui résume bien ce message que tente de passer Monkman à travers Miss Chief est celle de l’installation vidéo portant le même titre que la peinture de Catlin Dance to the Berdash (2008). En effet, dans cette prestation filmée et projetée sur 5 écrans en forme de peaux animales, Miss Chief porte un costume similaire à celui présenté dans la peinture de George Catlin.

Finalement, en créant le personnage de Miss Chief, Monkman s’assure que le rêve de Catlin, et de tous les autres occidentaux partageant son envie d’exterminer les pratiques de berdaches, ne se réalise jamais. Il est intéressant de confronter la fonction sociale que tente de remplir Miss Chief à la perception des berdaches par les communautés autochtones. En effet, le berdache était « un être auquel on prêt[ait] des vertus surnaturelles, et que la trace de son omniscience et de son pouvoir sacré se retrouv[ait] dans certains des travaux qu’il accomplit » (DÉSY, 1978 : p. 26). Dans ce cas-ci, son omniscience et ses vertus surnaturelles opère en faveur d’un revirement des stéréotypes préétablis face à sa propre communauté.

La trinité portraiturée : l’artiste, le modèle et le spectateur

Tout d’abord, il est pertinent de spécifier que Portrait of the Artist as a Hunter est un type bien spécial de portrait. Effectivement, on peut dire qu’il s’agit d’un autoportrait puisque le personnage de Miss Chief Eagle Testickle, lors de performances, est incarné par Kent Monkman. Cependant, ceci étant la première peinture représentant Miss Chief, nous pouvons dire que ce qui y est représenté est l’image caricaturée d’un mélange des origines de Monkman dans laquelle s’incruste le message qu’il tente de passer. Une fois cette fonctionnalité réglée, il est possible d’analyser le rôle et la fonction sociale de cette œuvre en se basant sur les trois composantes de la trinité portraiturale : l’artiste, le modèle ainsi que de spectateur ou destinataire. Ces trois acteurs interagissent au sein du tableau dans une relation d’interdépendance : le modèle est représenté par l’artiste et regardé (analysé) par le destinataire. L’un ne peut donc exister et remplir sa fonction pleinement que s’il est en relation avec les deux autres.

Pour débuter, dans Portrait of the Artist as a Hunter, comme le titre l’indique, Monkman représente tout d’abord le modèle en tant qu’artiste. Ce détail de vocabulaire est en fait très important puisqu’il permet de véhiculer un message qui s’insère dans la fonction sociale de l’œuvre. En effet, en se représentant en tant qu’artiste, que travesti ainsi qu’Amérindien, Monkman s’affirme en tant qu’être pluridimensionnel. De plus, la présence de ce terme dans le titre de l’œuvre exprime bien l’importance qu’occupe l’artiste. Monkman nous fait donc comprendre qu’il n’est pas seulement un acteur social ou politique mais bien un artiste qui parle socialement.

Puis, il représente l’artiste en tant que chasseur. Il faut faire une nuance dans la compréhension du titre. En analysant toutes les références culturelles et sociales dans le travail de Monkman spécialement à travers le personnage de Miss Chief, on comprend que le modèle est représenté en tant qu’artiste et que l’artiste est représenté comme un chasseur. Pourquoi cette nuance? Puisque par cette utilisation d’un alter-ego dans son travail, Monkman crée un nouveau genre d’artiste : l’artiste-chasseur-social. Que chasse-t-il? Les préjugés! En effet, en se représentant comme artiste, comme chasseur amérindien et comme travesti dans un type de tableau qui fut toujours propice à l’élaboration de standardisation sociale et culturelle, Monkman établi sa propre vision du monde et chasse celle, sur ces trois catégories sociales, qui perdure depuis des siècles. L’artiste n’est pas obligatoirement torturé, isolé, incompris. Au contraire, avec toute cette mise en scène plutôt sarcastique, Monkman fait preuve d’un grand sens de l’humour qu’il met au profit d’un message social et culturel. L’amérindien n’est pas obligatoirement cette représentation totalement erronée du « Bon sauvage » qui chasse les bisons. En fait, dans cette représentation, il chasse un autre stéréotype, le cowboy symbole par excellence de l’occidentalité américaine. Puis, Avec ce que l’on sait maintenant sur les Berdaches, le bison gambadant aux côtés de Miss Chief semble l’accompagner et foncer avec elle sur le cowboy d’un même élan. C’est un peu comme un message anti-homophobe qui fait comprendre que ce sont plutôt les occidentaux qui vont contre la nature plutôt que les transgenres, travesti et autres. Monkman, en faisant référence au travail de peintres comme George Catlin et Paul Kane, défie leur vison du monde et ré-imagine leur monde en y amenant ses propres valeurs et préjugés (TIMM).

Conclusion

Pour conclure, il est maintenant possible de comprendre, grâce à l’étude du cas de Portrait of the Artist as a Hunter de Kent Monkman, comment le statut de l’artiste se définit au sein de la société par l’auto-construction de sa propre identité ainsi que le rôle que son œuvre et lui-même joue dans cette même société. Dans ce cas-ci, Monkman utilise son alter-ego artistique Miss Chief Eagle Testickle afin de s’affirmer, à travers son œuvre comme étant Amérindien, homosexuel et artiste. Ceci couvre le volet auto-construction du statut. De plus, par ces trois identités auxquelles il s’identifie, Monkman utilise son œuvre et par le fait même Miss Chief, comme véhicule d’un message social concernant les stéréotypes desquels sont affublés ces trois groupes identitaires. Ceci couvre le volet rôle social de l’artiste. Ce rôle ne pouvant s’accomplir sans le regard du public et sans la main de l’artiste.

Finalement, nous avons pu voir se former différents artiste-personnages à travers les époques marquées par la construction identitaire de l’artiste. Il est pertinent de dire que Monkman est le représentant d’un nouveau type d’artiste. En effet, après l’artiste-historien qui glorifie ses confrères, l’artiste courtisan qui se définit à travers la cours de personnages important, il y a maintenant l’artiste-social. Malgré les contraintes financière que peut amener le métier d’artiste, ce dernier se définit maintenant par le message qu’il passe à la société à laquelle il appartient et non plus par les gens qui le finance. Pour terminer, le meilleur exemple de cette inscription dans la société est la tenue d’exposition à thématique sociale plutôt que simplement esthétique ou théorique. Par exemple, Kent Monkman fait partie de l’exposition Beat Nation qui se tient au Musée d’art contemporain de Montréal. Cette exposition « représente une génération d’artistes qui juxtaposent la culture urbaine et l’identité autochtone en vue de produire des œuvres novatrices, inusitées, qui reflètent les réalités actuelles des peuples autochtones » (MACM, 2013).

Myriam Le Lan

Bibliographie

  • DÉSY, Pierrette (1978). « L’homme-femme (Les berdaches en Amérique du Nord », Libre — politique, anthropologie, philosophie, no 78-3, pp. 57-102.
  • MOORE, Robert J. (2002). Les Indiens d’Amérique – Œuvres et voyages de Charles Bird King, George Catlin et Karl Bodmer. Paris : Éditions Place des Victoires.
  • MORRIS, Kate (2011). «Making Miss Chief: Kent Monkman Takes on the West», National Museum of American Indian (NMAI) American Indian magazine, printemps 2011.
  • MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL (2013). Expositions en cours, Beat nation : art, hip hop et culture autochtone, [En ligne], http://www.macm.org/expositions/beat-nation-art-hip-hop-et-culture-autochtone/. Consulté le 13 novembre 2013.
  • SWANSON, Kerry (automne 2005). The Noble Savage Was a Drag Queen: Hybridity and Transformation in Kent Monkman’s Performance and Visual Art Interventions, [En ligne], https://hemi.nyu.edu/journal/2_2/swanson.html. Consulté le 8 novembre 2013.
  • TIMM, Jordan. «Landscape with sexy transvestite», Maclean’s, no. 51/52, Vol. 120, pp. 94-95.

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Sanjay Subrahmanyam, un historien indien au Collège de France

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« Sanjay Subrahmanyam, pionnier de l’Histoire globale, né à New-Dehli, spécialiste de l’Inde du Sud aux XVIème et XVIIème siècles,  cosmopolite et polyglotte, il enseigna pendant 7 ans à l’EHESS en France (au Centre d’études sur l’Inde et l’Asie du Sud), avant  d’accéder à la chaire d’Histoire indienne à l’Institut d’études orientales à Oxford. Depuis 2004, il est engagé à l’Université de Californie à Los-Angeles (UCLA) au département d’Histoire, et a été nommé en juin 2013 Professeur au Collège de France à la Chaire d’Histoire globale de la première modernité. Il a prononcé sa leçon inaugurale en novembre dernier.

Il est l’auteur d’une oeuvre considérable. Plusieurs de ses livres ont été traduits en Français aux Editions du Seuil (Points Seuil – Histoire N° 481) « L’Empire portugais d’Asie 1500-1700 »  et Alma « Comment être un étranger : Goa-Ispahan-Venise – 16ème – 18ème siècles » (mars 2013).»

Sanjay Subrahmanyam Un historien indien au collège de Franceentrevue sur France Culture

Leçon inaugurale au Collège de France: Histoire globale de la première modernité

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4 janvier 1960: Mort d’Albert Camus

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Le 4 janvier 1960 Albert Camus perd la vie dans un accident de voiture

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