Archives de Catégorie: Culture et société

Grève de la faim de Theresa Spence

Les autochtones et la «gastropolitique» du colonialisme

Jean François Bissonnette – Chercheur postdoctoral au King’s College, Londres

C’est une tradition solidement ancrée, en ce temps-ci de l’année, que de se « bourrer la face » en famille. Modalité commensale de ce que Marcel Mauss appelait l’« expression obligatoire des sentiments », cet empiffrage collectif est censé nous rappeler à nos filiations généalogiques et nous rendre le goût du vivre-ensemble. Appelons cela, si l’on veut bien, une gastropolitique des alliances familiales qui se nourrit à l’imaginaire de notre enracinement dans le terroir, à la froidure des « quelques arpents de neige » défrichés par nos vaillants ancêtres les colons.

Or, cette année, entre deux rots bien sentis et satisfaits, certains de nos concitoyens ont peut-être été témoins d’une action gastropolitique dont le contraste avec la forme gargantuesque, dépensière et foncièrement passive qui les alourdit et les tient occupés ne saurait être plus frappant. Depuis le 11 décembre, en effet, à deux pas du parlement fédéral, la chef Theresa Spence mène une grève de la faim.

Ici encore, l’alimentation, ou, dans ce cas, la privation volontaire de nourriture, renvoie à une certaine idée du territoire. Dans sa négativité, le geste de la chef Spence témoigne cependant d’un imaginaire spatial renversé, marqué par la blessure de la dépossession. Cette grève de la faim n’est pas que le reflet douloureux de nos ripailles festives. Elle manifeste aussi le rapport de force sur lequel se fonde notre manière d’habiter le pays, qui s’exerce, depuis des siècles, au détriment de ses premiers occupants.

Résistance

Dans la souffrance de sa chair affamée, la chef Spence exprime celle des Premières Nations, toujours soumises au joug d’un colonialisme qui ne s’avoue même pas. Et qui les broie corps et âme. Dans sa détermination à endurer la faim, elle rend tangible également la résilience des peuples autochtones, trop souvent « invisibles » – comme les a qualifiés Richard Desjardins – et qui refusent pourtant de disparaître. La chef Spence incorpore ainsi une volonté qui transcende largement sa personne. Elle fait de son corps privé, évidé, la caisse de résonance d’un cri qui retentit d’un océan à l’autre : Idle No More !, slogan intraduisible qui évoque à la fois une résistance et une mise en mouvement.

Ce mouvement prend prétexte de certaines dispositions du plus récent fourre-tout législatif concocté par le gouvernement conservateur, qui attentent à la protection du territoire et des milieux aquatiques ainsi qu’à l’autorité des conseils de bande, afin de rappeler la Couronne canadienne à ses obligations. Il fait valoir qu’en vertu des traités conclus jadis, les autochtones conservent une pleine souveraineté sur leurs terres ancestrales, pourtant laminées au nom d’un développement économique effréné dont ils subissent les contrecoups sans jamais en partager les fruits.

En conséquence, ce sursaut politique des premiers peuples vise également à dénoncer les conditions indignes dans lesquelles ils sont sciemment maintenus, ainsi qu’en témoigne éloquemment la misère qui afflige la communauté d’Attawapiskat, dont Theresa Spence est la chef. Logements insalubres et surpeuplés, manque d’accès à l’eau potable, coûts exorbitants des aliments, défaut de soins de santé et carence de moyens éducatifs, ces symptômes d’une pauvreté matérielle criante sont autant de blessures à la fois physiques et morales.

Aussi cette grève de la faim concentre-t-elle sur le corps de la chef Spence la situation politique paradoxale dans laquelle se retrouvent aujourd’hui les autochtones canadiens, eux qui doivent, d’une part, réaffirmer constamment les droits qu’ils détiennent sur les territoires auxquels ils ont toujours dû leur existence et, d’autre part, à défaut de parvenir jamais à une autonomie politique effective, revendiquer que l’État leur alloue ne serait-ce que le minimum décent afin de ne pas crever comme des chiens.

Deux « rationalités politiques »

C’est ainsi qu’ils se trouvent coincés entre deux « rationalités politiques », pour reprendre le concept de Michel Foucault, qui jouent toutes deux à leur détriment, pris qu’ils sont entre le vieux droit du souverain qui pille leurs terres et y prélève de quoi garnir ses trésors et la normativité quasi génocidaire d’un État bureaucratique qui veille tout juste à les maintenir en vie, ce dont maints citoyens repus, indifférents, et convaincus de leur privilège impérial, jugent en toute bonne conscience que c’est déjà trop leur « donner ».

« Faire vivre et laisser mourir », disait Foucault, telle est la logique qui, conjuguée à une conception colonialiste de la propriété foncière, fonde le régime politique qu’est le nôtre, et qui pèse comme un destin sur le corps de Theresa Spence et des siens. « Faire vivre », à la lisière de ce que Giorgio Agamben appelle la « vie nue », la vie politiquement réduite à la simple survie biologique, voilà tout ce qu’il leur semble possible d’attendre de l’État à défaut de bouleverser radicalement les bases mêmes de la société canadienne. Et « laisser mourir », a contrario, telle paraît bien être la position de Stephen Harper à l’égard de la chef crie, lui qui ne daigne même pas réagir à sa faiblissante interpellation.
Reconnaissons, dans la disposition sacrificielle de Theresa Spence, dans la douleur qu’elle s’inflige au nom de son peuple, une forme supérieure de la critique, qui radicalise et pousse jusqu’à sa limite ultime la situation politique qui est faite aux Premières Nations. Délibérément, elle fait de son corps une offrande. Il y a en cela quelque chose de spectaculaire, et en même temps d’infiniment modeste. Il faut bien, pour qu’elle porte écho et vienne travailler nos consciences, jusqu’à nuire à notre digestion des restes du festin de Noël, que sa souffrance soit publique. C’est en cela qu’elle nous rend tous imputables de son sort.

Source: Le Devoir, 31/12/12

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Pendant ce temps à Rio

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Un temps des fêtes atypique

Avec le remaniement du calendrier de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal en raison des circonstances du printemps, les étudiants affiliés à cette dernière faculté  peuvent espérer avoir droit pour les fêtes au mieux à quelques présents, mais en aucune circonstance on ne leur concédera un moment d’apaisement.

En effet, les conjonctures entourant cette année universitaire bien particulière font en sorte que les examens finaux et la remise des derniers travaux se tiennent pour le présent trimestre à l’aube de la nouvelle année, alors que les bonnes mœurs prévoient normalement boucler la boucle à la mi- décembre.

En pratique, ce dernier élément vous indique que je devrai pencher à l’écrit mes dissertations entre deux bouchées de tourtière cuisinée par ma belle-mère, que je serai en train de mémoriser mes notes de cours en écoutant distraitement les aléas de mes tantes et surtout que je devrai, pour me permettre de m’avancer dans mes lectures durant les rencontres de famille, prendre siège dans les penderies avec pour seule compagnie les inéluctables sandwichs décadrés.

Mais attendez, il y a pis encore. Faute de pouvoir accorder à mes proches quelques jours en cette période de l’année, je devrai user de tous les artifices possibles afin de réussir à les convaincre du bien-fondé de fêter à la fois Noël, le jour de l’an et l’anniversaire de ma marâtre dans la même soirée, car à tous les autres moments je devrai – bien malgré mes volontés – enfiler la soutane de l’anachorète taciturne.

Au demeurant, en guise de Sainte Couronne sur la coupe glacée, après avoir passé à travers le marathon d’épreuves trimestrielles en mi-janvier, l’Université de Montréal offre à ses préférés des humanités une escale magnanime de 48 heures avant de nous précipiter de nouveau dans la haute mer sans baleinière.

Quelle vie on mène nous les étudiants universitaires!

Hugo Vaillancourt-Chapdelaine

Étudiant en sociologie à l’Université de Montréal

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Street Art 2012

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Street Art 2012, Le Devoir

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Le Massacre de Newton

Chronique d’un massacre annoncé

Anne Sinclair

Après la tuerie d’Aurora au Colorado, en juillet dernier, (avant celle du temple sikh d’Oak Creek dans le Wisconsin en août, et qui ne représentent que deux des treize mass shootings qui ont eu lieu dans la seule année 2012), Barack Obama avait dit avoir « le cœur brisé » et déclaré qu’un « examen de conscience » était nécessaire sur la manière de réduire la violence dans son pays. Une de nos blogueuses, spécialiste des Etats-Unis, Célia Belin, avait dénoncé alors les « larmes de crocodile » que versait l’Amérique à chacune de ces tragédies.

Après l’épouvantable massacre de Newtown dans le Connecticut ce vendredi, l’un des plus atroces commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis, les larmes essuyées par Obama au coin des yeux, loin de m’émouvoir, m’ont indignée, comme la marque de la plus grande hypocrisie qui soit. On savait en effet qu’une tuerie semblable ou pire se reproduirait sur le sol américain.

Ce Président, qui a tout pour être un grand chef d’Etat, s’honorerait de ne pas se contenter de déplorer ce carnage, ou d’appeler à des « mesures significatives« , alors qu’il n’a pas osé prononcer le mot « armes à feu« , pas plus qu’il n’avait évoqué le sujet lors de sa campagne électorale, en dehors de propos généraux sur le gun control, c’est-à-dire la régulation des ventes d’armes selon les antécédents de l’acquéreur.

Que risque-t-il, lui, homme désormais libre de toute contrainte électorale, à prendre la tête d’une croisade contre le lobbying meurtrier de la NRA, de se battre pour faire voter par le Congrès une loi fédérale interdisant ces armes à feu, bref à modifier ce sacro-saint 2nd Amendement que la Cour Suprême n’a d’ailleurs jamais renoncé à transformer, mais la plupart du temps en le durcissant ?

Cet amendement, incompréhensible pour nous, avait un sens lors de l’indépendance Etats-Unis. En effet, « le droit du peuple [américain] de détenir et de porter des armes » est inscrit dans le second amendement de 1787, qui fait partie du Bill of Rights ratifiés en 1791, appelant à la constitution de milices pour s’opposer à toute tentative des Britanniques pour entraver la Révolution toute neuve : A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed. Traduisez, « une Milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne peut être transgressé. »

Cette interprétation historique avait d’ailleurs été celle de la Cour Suprême en 1939, qui n’a malheureusement pas cessé, depuis, de transformer l’esprit de ce Second Amendement, en en faisant un droit imprescriptible et individuel au port d’arme. On attend avec impatience qu’Obama, alors que la possibilité lui est donnée de nommer deux juges à la Cour Suprême, permette de renverser cette toute puissante juridiction aujourd’hui à majorité conservatrice.

Mais elle n’est pas la seule responsable. Derrière la question des armes à feu se cache en effet un véritable marché, un commerce rentable. Au premier rang, bien sûr la sur-puissante NRA – National Rifle Association qui, à coups de millions de dollars (c’est, aux USA, le lobby le plus puissant – 4,3 millions de membres – et le plus riche – 202 millions de dollars de dons), a fini par imprégner les mentalités. Le Washington Post estimait il y a deux ans que la NRA, qui distribue, à chaque campagne, des soutiens financiers considérables, avait réussi en moyenne à faire élire 4 candidats sur 5 parmi ceux qu’elle avait soutenus lors des élections pour la Chambre des Représentants ! 

Plus profondément, la culture américaine est devenue de plus en plus individualiste; la révolution ultra-conservatrice a gagné du terrain ; la croyance dans le self-reliance – ne compter que sur soi et surtout pas sur l’Etat – est désormais un mantra incontournable dans une société qui cultive le fantasme exacerbé d’une liberté sans limites.

Comment dans la série Desperate housewives peut-on montrer une des héroïnes trouvant un moment de détente en tirant sur des boîtes de conserve au fond de son jardin, entre une tarte aux noix de pecan et une partie de poker avec ses voisines ?

Comment surtout – et cet exemple est authentique – un professeur d’université peut-il raconter sans frémir à ses étudiants qu’il dégomme les lapins qui gambadent à la lisière de son terrain dans une banlieue résidentielle chic de Virginie?

Les assassins ne sont pas pour autant plus nombreux aux USA qu’ailleurs – même si on peut regretter que tous ceux qui auraient besoin de soins psychiatriques très lourds soient moins bien dépistés et suivis – mais ils ont la possibilité de s’équiper facilement de revolvers, de fusils de chasse et même de fusils d’assaut, en vente libre aux comptoirs de la chaine de supermarchés de Walmart !

Pire : après chaque bain de sang, les ventes d’armes augmentent, y compris dans l’Etat même où a été commis l’hécatombe. Ce fut le cas dans l’Arizona après la tuerie de Tucson qui a failli coûter la vie à la Représentante démocrate Gabrielle Giffords. Au nom d’une logique folle : si les gentils Américains avaient des armes, ils pourraient les retourner contre les méchants qui en font usage ! C’est ainsi que des voix osent dire depuis trois jours que si les armes étaient permises dans les écoles, elles auraient permis de se défendre face à Adam Lanza, auteur de l’horreur de Newtown. Autrement dit, encourageons la folie pour répondre à la folie !

On sait qu’aucun président ne sera élu en faisant campagne pour l’interdiction des armes à feu. Aucun gouverneur non plus. Et il est vain de croire, comme le voudrait la presse du monde entier que « le débat va enfin s’ouvrir sur le port d’armes aux Etats-Unis« . Il ne se passera rien… jusqu’au prochain massacre qu’on déplorera avec autant de chagrin que celui-ci, qui a visé principalement des enfants de 6 ans, et a rendu humides les yeux du président américain. Il doit s’exprimer cette nuit. Si c’est pour réclamer un renforcement de plus du gun control si peu efficace, ce sera décevant. On attendrait de lui un courage historique pour aller jusqu’au bout et souhaiter l’interdiction des armes à feu en vente libre sur le territoire américain. Peut-être l’aura-t-il ce soir ?

PS, Lundi matinObama est resté au bord du chemin : « Nous ne pouvons pas accepter que des tels événements deviennent la routine. Sommes-nous prêts à dire que nous sommes impuissants face à de tels carnages? Que la situation politique est trop difficile? ». Allusion plus que prudente au sujet brûlant. Et pas d’annonce de mesures – fussent-elles de contrôle renforcé. Timide approche. Réelle déception.

Source: Huffington Post 16/12/12

Samuel Landry

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Prévision météo pour la semaine

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Oscar Niemeyer 1907-2012

Oscar Niemeyer, considéré comme l’un des pères de l’architecture moderne, est mort, mercredi 5 décembre, à l’âge de 104 ans dans un hôpital de Rio de Janeiro.

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Amoureux du béton, ennemi de la ligne droire: Oscar Niemeyer

L’architecte, qui aurait eu 105 ans le 15 décembre, était hospitalisé depuis le 2 novembre en raisons de complications rénales et d’hémorragies intestinales. L’hôpital Samaritano avait indiqué mercredi que son état s’était aggravé en raison d’une infection respiratoire.

Né le 15 décembre 1907 à Rio, dans une famille bourgeoise d’origine allemande, portugaise et arabe, Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares, a participé à la réalisation de plus de 600 œuvres en 70 ans de carrière. Une vingtaine sont encore en cours de réalisation dans divers pays.

C’est en 1940 que Niemeyer fait la connaissance du futur président Juscelino Kubitschek, qui lui donnera la « joie » de construire ex nihilo Brasilia, l’actuelle capitale du Brésil, avec l’urbaniste Lucio Costa et le paysagiste Roberto Burle Marx.« On voulait faire des immeubles qui créent une certaine stupeur parce qu’ils étaient différents », avait déclaré ce pionnier de l’utilisation du béton.

"On voulait faire des immeubles qui créent une certaine stupeur parce qu'ils étaient différents", avait déclaré ce pionnier de l'utilisation du béton.

Parmi ses réalisations les plus célèbres, où le verre et le béton blanc sont omniprésents, figurent le secrétariat des Nations unies à New York

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ou le siège du Parti communiste français, place du Colonel-Fabien, à Paris.

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Le prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l’architecture, lui a été décerné en 1988 pour la cathédrale de Brasilia, dont la célèbre coupole en « couronne d’épines » permet à la lumière d’inonder une nef pourtant souterraine. La capitale brésilienne, qui a surgi en 1960 au beau milieu du Cerrado, plateau sauvage du centre du pays, lui doit la plupart de ses édifices publics, précurseurs du style « Space Age ».

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A Rio, où il vivait, Oscar Niemeyer laisse notamment le Sambadrome, haut lieu du carnaval, et la « soucoupe volante » du musée d’art contemporain de Niteroi, qui domine la baie.

a-view-of-copan-latin-america-s-largest_9e4c63b41a363caa1734e3c1c9d1e4acL’immeuble Copan, Sao Paolo

Source pour le texte: Le Monde, 6/12/12

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Il y a 60 ans: The Great Smog

Il y a 60 ans à Londres, 5 jours durant, le nuage de pollution était si dense qu’il faisait nuit en plein jour: images du Great Smog.

Piccadilly Smog

Smog On The Thames

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La réprobation de Damien Hirst

the crown of justiceThe Crown of Justice, 2006, ailes de papillons et peinture enamel

Deux articles parus récemment, l’un dans le Business Insider, l’autre dans le Bloomberg Businessweek, qui s’intéressent à Damien Hirst, pas pour en faire l’éloge, mais pour annoncer que sa carrière serait en perte de vitesse. Ce fléchissement viendrait confirmer que l’artiste par qui le scandale arrive a toujours abusé de la crédulité du public et de la cupidité du marché. Et voilà le roi de l’art contemporain mis à nu par des organes de presse au service des firmes de courtages!

Disons d’abord qu’il se pourrait que dans 10 ans on ne se souvienne plus du nom des auteurs de ces articles qui, tout en dénonçant l’effet de mode, cède à l’effet de mode. Par les temps qui courent Damien Hirst est en effet devenu un objet de réprobation très populaire car, voyez-vous, sa cote est en baisse. Elle se maintient toujours dans les millions, mais au lieu des 6 attendus pour telle oeuvre, on n’en a obtenu que 4. Misère!

Damien Hirst n’est probablement pas aussi important que certains veulent le croire, mais on peut néanmoins lui attribuer quelques oeuvres très fortes qui figureront certainement parmi les plus grandes dans l’histoire des Momento mori.

a thousand yearsA thousand years, 1990

The physical impossibility

The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living, 1991

choleraCholéra, 2003, mouches et résine

for the love of godFor the love of god, 2007

Mais revenons au débat sur la valeur des oeuvres, débat qui dans sa phase ascendante nous élève au niveau transcendental, l’art dans son idée même; mais qui dans sa phase descendante laisse les «essentialistes» dépités car ils constatent alors que les oeuvres d’art ne correspondent pas à leur théorie, aussi sublime soit-elle. Alors quoi? L’art qui existe ne serait pas réellement de l’art? Est-ce le marché et le milieu de l’art qui à la fin décident de tout ou, mieux encore, faut-il s’en remettre au jugement péremptoire du «business insider»? Parlant business, il y a ces temps-ci un collectionneur qui s’appelle Mugrabi qui profite de la relative décote de Damien Hirst pour acheter tout ce qui passe, exactement comme son père et son oncle faisaient dans les années 80 lorsqu’on disait que Warhol était fini, rien de plus qu’une «joke»…

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Corruption et image de soi

L’examen de conscience

Il était particulièrement gênant de voir un juge de la Cour supérieure de l’Ontario ordonner la destitution du maire de Toronto pour une peccadille antérieure à son élection, alors que les magouilleurs ont prospéré impunément pendant des années, voire des décennies, au sein des administrations de Montréal, de Laval ou encore de Mascouche avant que leurs maires soient enfin chassés de l’hôtel de ville.

Dans la même semaine, l’ancien p.-d.g. de SNC-Lavalin, ce fleuron de Québec inc., était arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et devra faire face à une série d’accusations de fraude.

Si détestable que pût être le recours à la corruption pour obtenir des contrats en Libye, il était toujours possible de se donner bonne conscience en se convaincant qu’il s’agissait d’une quasi-obligation à laquelle tout soumissionnaire devait se plier, mais découvrir que c’était aussi une condition pour décrocher le contrat du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est franchement déprimant.

On s’était indigné de la page couverture du magazine Maclean’s sur laquelle le Bonhomme Carnaval portait une valise débordant de billets de banque, mais on se demande maintenant quel sera le prochain objet de fierté nationale à être éclaboussé : le Canadien, le Cirque du Soleil, Céline Dion ? De toute évidence, il y a quelque chose de pourri au royaume du Québec.

Même si elle lui devait une fière chandelle pour avoir contribué à sauver son leadership l’hiver dernier, la première ministre Pauline Marois ne pouvait pas passer l’éponge sur les infractions à répétition de Daniel Breton, sous peine de voir tout son gouvernement s’embourber. Après sa malheureuse visite au BAPE, plusieurs commençaient d’ailleurs à voir en lui un dangereux loose cannon, qu’il aurait fallu placer sous étroite surveillance de façon permanente.

On peut toutefois comprendre la réaction de ceux qui enragent de voir écoper un homme qui, malgré de sérieux problèmes personnels, avait certainement l’Intérêt public à coeur, alors qu’une ploutocratie véreuse s’engraisse scandaleusement aux frais des contribuables.

***

Même si la juge France Charbonneau a expliqué que toutes les pièces du puzzle ne pouvaient pas être mises en place simultanément, plusieurs ont reproché à sa commission d’avoir rendu publiques sans plus d’explication les listes d’invités au club 357c et d’ajourner ensuite les audiences publiques pour une période de deux mois, sans se soucier du tort qui pourrait être fait à la réputation de gens qui n’ont rien à se reprocher.

Mme Charbonneau a cependant trop d’expérience et de sens de la justice pour avoir donné le feu vert aux procureurs de la commission simplement pour faire taire ceux qui lui reprochaient de commencer à manquer de souffle.

Ma collègue Kathleen Lévesque rapporte aujourd’hui dans Le Devoir qu’en levant le secret sur ce lieu de rendez-vous des ploutocrates qu’est devenu le 357c, on a plutôt voulu lancer l’avertissement que leurs réseaux seront mis au jour coûte que coûte et que personne ne sera à l’abri du regard de la commission.

Le mandat officiel de la commission est de mettre au jour la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats publics dans l’industrie et les liens possibles avec le financement des partis politiques, mais c’est en réalité l’éthique de la société québécoise tout entière qui a été placée sous surveillance.

Certes, la nature humaine n’est pas spontanément portée vers la vertu, mais la théorie des pommes pourries a quand même ses limites. Il ne s’agit pas seulement de comprendre comment fonctionne un système qui a gangrené nos institutions les plus fondamentales, mais aussi de faire un examen de conscience. Comment, collectivement, en est-on arrivé là ?

***

Personne ne peut être fier de l’état de déliquescence dans lequel sont tombées les administrations publiques. Entendre un fonctionnaire municipal corrompu jusqu’à l’os vanter sans la moindre gêne les manières de gentleman d’un caïd de la mafia avec lequel il a joué au golf dans le Sud est non seulement enrageant, mais honteux.

Pour n’importe quel gouvernement, les milliards que coûte la corruption constituent déjà une excellente raison de s’y attaquer avec la plus grande détermination, mais celui de Mme Marois devrait avoir un incitatif additionnel à faire diligence.

Il y a sans doute de nombreuses raisons qui peuvent expliquer la baisse de la ferveur souverainiste au cours des dernières années. Une chose est cependant certaine : la fierté et la confiance en soi sont des ingrédients indispensables. Ce que nous révèle la commission Charbonneau n’est certainement pas de nature à susciter l’une ou l’autre.

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Défense de la culture générale contre l’éducation marchandise

revueargument.ca

Il faut réhabiliter la «culture générale» et en débattre

Celle-ci nous permet de nous affranchir d’un «nombrilisme contemporain», plaident les artisans de la revue Argument

Patrick Moreau – Rédacteur en chef de la revue Argument et Marie-Andrée Lamontagne – Membre du comité de rédaction, Le Devoir,  27 novembre 2012
En octobre dernier, la revue Argument faisait paraître son numéro 15.1, numéro anniversaire destiné à marquer avec éclat les quinze années d’existence d’une revue d’idées qui entend faire de l’essai, au sens fort, libre et littéraire du terme, le fer de lance de sa réflexion sur la société. Quinze ans : tout un exploit pour une publication comme Argument, qui ne reçoit aucune aide de l’État, même si elle peut compter aujourd’hui sur le soutien des Éditions Liber.
Ce numéro, aux airs de manifeste, a pour titre : « Sous peine d’être ignorant. La culture générale en vingt-cinq essentiels ». Il s’agit de réunir, en vingt-cinq entrées – notions, personnages, événements, lieux, oeuvres ou objets -, le bagage culturel minimal que devrait posséder en 2012 tout jeune homme ou toute jeune femme, « sous peine d’être ignorant ». Chaque entrée, choisie par la rédaction d’Argument, a fait l’objet d’un essai bien senti, commandé à un auteur informé, qui explique de quoi il en retourne et en quoi ce savoir est indispensable aujourd’hui. Il faut croire que ce numéro a touché une corde sensible au Québec, puisque le premier tirage s’est écoulé quasi sur-le-champ et que l’éditeur, aussi enchanté que le comité de rédaction, a dû bientôt commander une réimpression – du jamais-vu dans l’histoire de la revue, voire de la plupart des revues.On entend d’ici les protestations sceptiques, aux accents wikipédiens : l’expression « culture générale » a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? À cette question, et forte de son engagement humaniste, la revue répond par l’affirmative, sans hésitation. Quelle forme doit prendre cette culture générale, comment la définir, comment la transmettre – c’est alors que les interrogations fusent ; certains diront : que les problèmes commencent.C’est que des pans entiers de ce qui apparaissait autrefois comme un bagage culturel minimal sombrent aujourd’hui dans l’oubli, quand ce n’est pas dans une trouble indifférence qui fait en sorte que le présent lui-même, élevé au rang d’idole, devient indéterminé, intemporel, ou – pire encore – ne sont plus connus qu’à travers une disneyisation culturelle qui transforme la guerre de Troie en heroic fantasy sur grand écran, le président Lincoln en chasseur de vampires et la période médiévale en décor pour contes de fées.Il est possible en 2012, nul ne s’en émeut, qu’un jeune homme ou une jeune femme dans la vingtaine, disons âgé de 25 ans (et qui aura passé près de vingt ans sur les bancs de l’école) ignore tout ou presque des époques qui ont précédé celle, bénie, où il est né ; que les noms de Bach ou de Freud n’évoquent rien (ou à peu près rien) à ses yeux ; qu’il ne sache pas trop à quoi renvoie le syntagme « Grande Guerre » ou quelle est l’origine des droits de l’homme qui jouent un rôle si central dans la politique actuelle ; qu’il n’ait pas, enfin, une idée un tant soit peu précise de ce que représente la Conquête dans l’histoire du Canada, pour s’en tenir à ces exemples.Pourquoi ces connaissances (à une époque où l’école elle-même s’en méfie et leur préfère l’acquisition de « compétences » ou une approche permettant, comme on dit, d’« apprendre à apprendre ») paraissent-elles si essentielles ? Autrement dit, quelle est la valeur de la culture dite générale ? À l’appui de ces savoirs partagés, on peut alléguer brièvement au moins trois arguments. Tout d’abord, la culture générale est le socle commun sur lequel se fonde, dans toute société, un dialogue social fécond, socle commun particulièrement important dans une démocratie où la discussion et les débats d’idées, et non l’autorité, sont censés permettre de trancher la plupart des questions ; et cela, faut-il le rappeler, à un moment où les modes et les engouements médiatiques ne sont pas moins déterminants que les diktats de l’Église ou la loi du père d’antan.

De plus, la culture générale, sans cesser bien sûr de se transformer, traverse les siècles et les générations ; elle offre un moyen d’appréhender le monde, non pas comme un espace neutre, géométrique, sans relief et débarrassé de toute dimension historique, mais comme un lieu signifiant, apte à être habité véritablement.

D’un point de vue plus strictement individuel, enfin, la culture dite générale, ou « humaniste », permet de former son jugement. C’est grâce à elle que l’individu peut se repérer dans la réalité complexe et prendre du recul par rapport au présent. La culture générale offre donc un antidote au nombrilisme contemporain. Elle décentre l’individu de lui-même, donnant ainsi un sens plus profond à l’expérience humaine. À l’encontre de tous les conformismes, elle ouvre la question des fins de l’existence.

Il n’empêche qu’au jeu qui consiste à établir une sorte de minimum culturel garanti en 25 entrées, chacun ira de ses préférences, convictions et oublis à corriger. Et la belle assurance affichée par le palmarès de ce numéro ne doit pas faire oublier sa part de doute, même si l’assurance et l’autorité, au sens latin du terme, sont inhérents à l’acte de transmettre, quoi qu’en dise la pédagogie nouvelle. Du coup, la formation des maîtres qui oeuvrent dans nos écoles ne laisse pas d’inquiéter. Comment ceux-là mêmes censés transmettre le savoir peuvent-ils le faire s’ils sont trop souvent en butte à leurs propres lacunes, héritage pervers d’une société paresseuse, insoucieuse, oublieuse, prompte à faire de l’éducation un moyen plutôt qu’une fin ? Et si enseignants, élèves, parents, enfants, professeurs et étudiants ne sont souvent que trop heureux de se noyer dans la cohorte indistincte des « cerveaux disponibles », consommateurs dociles, éternellement insatisfaits – tout en affichant la posture de rébellion et de subversion de mise à notre époque ? On le voit : la question de la culture générale n’engage pas seulement l’école et la famille, mais toute la société.

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Le coup de coeur littéraire de Véro

Samedi de la semaine dernière, dans Le Devoir, Jean-François Nadeau attirait notre attention sur les lectures de la très charmante Véronique Cloutier, -ça ne s’invente pas:

«C’est le Salon du livre de Montréal. Véronique Cloutier, interrogée et filmée par Radio-Canada, parle volontiers cette semaine de son « coup de coeur littéraire ». Elle dit : « Mon coup de coeur littéraire, ça peut sembler un peu drôle parce qu’il a ma face dessus, mais c’est le livre Belles, outils et astuces pour un maquillage réussi. » Elle ajoute : « Des fois, tu passes ta vie à te mettre du mauve sur les yeux pensant que c’est la meilleure chose à faire, mais ça pourrait être mieux avec du brun finalement. Ce livre permet aux femmes d’essayer. »

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Squeegee, Old School, NYC 1972 (avec les Rolling Stones)

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Jean Barbe congédié du Journal de Montréal

Jean Barbe a été congédié du Journal de Montréal; la chose est confirmée sur sa page Facebook.  Son blogue est fermé. Voici le texte responsable de son renvoi:

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Toi moko restitué par le Musée des Beaux Arts

Le MBAM retourne une tête maorie en terres ancestrales

Isabelle Paré, Le Devoir,  22 novembre 2012

Artefacts anthropologiques ou étalage grossier de restes humains ? En 2012, l’exposition d’ossements humains demeure sujet de controverse dans le milieu muséal. Les revendications de minorités culturelles, combinées au simple respect de la dignité humaine, poussent de plus en plus de musées à sortir les squelettes de leurs placards.
À l’issue d’une cérémonie empreinte de dignité et marquée par la richesse d’une culture ancestrale, une tête maorie momifiée et tatouée a été remise mardi aux représentants des peuples néo-zélandais et au musée Te Papa Tongarewa de Nouvelle-Zélande par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).

Le soin méticuleux porté au retour de cette tête humaine – cachée aux caméras – et la beauté des chants maoris qui ont résonné dans le musée montréalais ont signé la fin d’un héritage honteux, issu d’une époque où la curiosité l’emportait sur la sensibilité à l’égard du caractère sacré des restes humains.

Au terme de la cérémonie, Nathalie Bondil, directrice du MBAM et Rahui Papa, maître de ce rituel sacré et spécialiste de la culture maorie, ont échangé un hongi, geste nez à nez symbolisant le respect mutuel et l’échange.

« Cette restitution vient avec la prise de conscience des cultures du monde. La curiosité a autrefois ouvert la porte au pillage et au marchandage d’objets sacrés comme les restes humains. On doit changer notre regard sur ces objets pour des raisons sacrées et spirituelles, mais aussi parce que cela touche des valeurs politiques profondes liées à la reconnaissance des minorités culturelles », a insisté mardi Mme Bondil.

La tête aujourd’hui honnie, exposée entre 1982 et 1984 au MBAM, reposait dans les réserves du musée depuis son acquisition en 1949 à la Galerie Berkeley de Londres par Cleveland Morgan, conservateur bénévole du musée jusqu’en 1962. Depuis les années 70, les peuples indigènes de Nouvelle-Zélande tentent de rapatrier environ 500 restes et crânes humains, appelés Toi Moko, éparpillés dans des dizaines d’institutions muséales à travers le monde. Dans la culture maorie, la tête, considérée comme le siège de l’esprit, était tatouée et momifiée à la mort. Après avoir été honorée, elle était inhumée ou cachée près du village du défunt.

Appuyé par le gouvernement néo-zélandais, le musée Te Papa a multiplié depuis 2004 les demandes de rapatriement auprès des musées occidentaux. « La plupart des Toi moko ont quitté la Nouvelle-Zélande au XIXe siècle. Ils étaient échangés contre toutes sortes de produits. Ces curiosités ont ensuite été données aux musées. Mais ces restes étaient d’abord des gens et le temps de considérer ces têtes comme des objets de musée est dépassé. Elles seront retournées aux tribus qui en disposeront », a indiqué mercredi Mme Michelle Hippolyte, codirectrice du musée Te Papa et chef spirituelle maorie.

D’avis que le corps humain ne peut pas être considéré comme « une propriété », le conseil d’administration du MBAM a consenti au retour de la tête maorie. « On ne fait que rendre ce qui leur appartient déjà », a insisté Mme Bondil. Ce Toi moko, cinquième tête momifiée retournée aux peuples maoris par des musées canadiens, s’ajoutera aux 320 restes rapatriés dans 14 pays par le musée néo-zélandais.

Bisbille au musée

Si le retour des têtes sacrées aux tribus de Nouvelle-Zélande s’est amorcé facilement dans les années 90 en Scandinavie et dans la plupart des pays, il se heurte parfois au refus de certaines institutions américaines. En 2011, la restitution des crânes sacrés a fait couler beaucoup d’encre en France, où la loi confère aux collections nationales un caractère inaliénable. « Il a fallu un vote du Sénat en France pour permettre le retour de plusieurs de ces têtes », explique Michel Côté, directeur du Musée de la civilisation de Québec, où est présentée depuis mardi l’exposition E Tù Ake-Màori debout. Ce plongeon unique dans la culture maorie s’effectue au travers de 155 objets, dont un canot de guerre, des proues de pirogues, des panneaux sculptés, des objets rituels et des oeuvres d’art contemporaines.

Toutefois, la question de l’éthique liée à l’exposition de restes humains dépasse le seul cas des têtes maories. Elle interpelle de plein fouet plusieurs grands musées du monde où les momies égyptiennes, les Tsantzas – nom donné aux têtes réduites par les Jivaros – ou même de nombreuses reliques religieuses (composées d’os), font courir les foules.

Il y a quelques années, la très controversée exposition Bodies, réalisée à partir de cadavres humains soumis à la plastification, a aussi été vertement décriée en raison de la provenance douteuse des corps. Ici, au Québec, l’exposition récente (2009) des os d’Alexis Lapointe, dit Le Trotteur, à Chicoutimi, ou celle du cadavre du géant Beaupré à l’Université de Montréal, se sont toutes deux soldées par l’enterrement de leurs restes en bonne et due forme. « Je suis absolument contre ce type d’exposition de cadavres qui répond à des pulsions voyeuses, a insisté mardi Nathalie Bondil. En France, Bodies a notamment été interdite pour ce type d’arguments. Le corps est “chosifié” et cela n’entre pas dans ma vision de ce qu’un musée doit montrer. »

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