Archives de Catégorie: Culture et société

Laurence en Asie: Laos (4)

l510991086_836609033044233_8021129573036413965_n

l510614323_836608683044268_7395110467921212547_n

l510922555_836610349710768_3065779377213100090_n

la910993077_627342654077711_5604903327258706552_n

l510013327_836606593044477_5024855690519349487_n

l51378572_836606163044520_7483845071269693348_n

l511008548_836606753044461_1255960568436014080_n

l510983505_836610629710740_7800327097376123867_o

l511007724_836606083044528_8713066226166286412_n

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Histoire et civilisation, Photos

Laurence en Asie: Laos (3)

Je sais que ce n’est plus d’actualité, mais cela m’a étonnée de voir que ça s’est rendu jusqu’au Laos

la charlie10929558_836129996425470_797232922663787936_n

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Philosophie, Photos, Politique, Religion

Laurence en Asie: Laos (2)

Buddha Park, Vientiane

la710978562_626344607510849_1978124585990930239_n

la810991369_626344524177524_5787911210100364233_n

la610615570_626344427510867_2896806726002282939_n

la1010981818_627342104077766_7851182619329182221_n

la1110986859_627342217411088_1895365124341877326_n

la1210407791_627342400744403_462672660079763985_n

la210978618_627600520718591_2272789109987731942_n

Les chutes Tat Quang Si

la310991366_627601380718505_5659479785180497274_n

la410984974_627601537385156_130857486733507473_n

l510363250_836610709710732_1802329730646751050_n

la410993411_627601477385162_4069997954008415079_n

la510338275_627601617385148_7318041376842031636_n

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Photos, Religion

Stand with Priya

delhi_mural

Priya, disciple de Parvati, la déesse hindoue de la fécondité, est violée, rejetée par sa famille, abandonnée de tous. Lorsque la déesse apprend ses malheurs elle s’indigne de l’abus dont sont victimes les femmes. Parvati fera alors don à Priya  du Shakti, la divine puissance de l’énergie féminine. Voilà la trame narrative de Priya’s Shakti, une bande dessinée à grande diffusion destinée à combattre la culture du viol et la violence dont sont victimes les femmes en Inde et partout dans le monde. Ce mythe nouveau qui se greffe à de plus anciens est massivement téléchargé et se propage de façon virale au moyen des médias sociaux et d’une application pour téléphones. Muthos, Logos et Technè se mêlent ici dans la fabrique de l’imaginaire indien.

stand_with_priya3-1024x1019Priyashakti.com

Source: Vice News, Meet Priya, a comic Superhero fighting the social stigma of rape in India

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Féminisme, Histoire, Philosophie, Politique, Religion

Laurence en Asie: Laos

laos 8

laos 7.

laos 6

laos 5

laos 4

laos 1

laos 2

Laurence Gwilliam

 

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos, Uncategorized

Nécessité de résister aux Barbares

rapport_final_chantier_offre_formation_collegiale-page-001

Révision des programmes des Cégeps

De l’hydre chancelante à l’aveuglement d’Héphaïstos

Contre le Rapport Demers et pour la suite du monde

Par Jean-François Fortier, Nouveaux Cahiers du socialisme, 11/02/15

Com­ment un rap­port gou­ver­ne­mental sans cou­leur, sans odeur et sans sa­veur, neu­tra­lisé jusqu’à l’émasculation, peut-il sus­citer une po­si­tion po­li­tique aux ac­cents poé­tiques? Je n’en sais rien, mais c’est plus fort que moi! En route contre le Rap­port Demers…

Les Bar­bares contre la cité

We are under at­tack ! Et les Bar­bares ne sont plus aux portes de la cité, ils sont dé­sor­mais en son centre. Au pou­voir. Contre elle. Contre la cité. Dans leur stra­tégie de choc vi­sant à tout ébranler, l’objectif est par­tout le même et sans am­bi­guïté : rendre ef­fec­tives, dans le concret de la réa­lité, les pré­misses abs­traites à partir des­quelles leur po­si­tion est as­surée; une so­ciété sans passé, sans avenir, tout en­tière ici et main­te­nant en­gagée dans une guerre de tous contre tous – tra­duc­tion so­cio­lo­gique de l’idée éco­no­mique de la concur­rence in­suf­flée dans tous les pores d’une éco­nomie de marché.

Un ob­jectif, un seul moyen, aussi : dé­cons­truire les ins­ti­tu­tions. Parce que les ins­ti­tu­tions portent en elles, sé­di­men­tées, comme des traces tou­jours ré­ac­ti­vées, les luttes et les es­poirs du passé. Parce que les ins­ti­tu­tions re­cueillent en elles un projet de so­ciété, le projet de faire so­ciété, d’être une so­ciété, non un strict marché. Parce que les ins­ti­tu­tions in­carnent en elles un idéal de ci­vi­li­sa­tion, une chose à in­venter, à ériger, à… ins­ti­tuer! Les Bar­bares contem­po­rains, cra­vatés et cotés en bourse, n’opposent plus une ins­ti­tu­tion à une ins­ti­tu­tion : ils pro­posent, ils im­posent la des­truc­tion de toutes ins­ti­tu­tions, condi­tions de pos­si­bi­lité d’un « faire-société », d’un projet de so­ciété, d’un idéal de ci­vi­li­sa­tion. Ils ne pro­posent pas la fin d’un monde, ils im­posent la fin du monde.

We are under at­tack, et tant que dans nos quié­tudes feu­trées nous n’aurons pas la conscience claire de cette me­nace, les Bar­bares ga­gne­ront du ter­rain. Et de ce ter­rain miné, ils en ti­re­ront les consé­quences : leurs pré­misses abs­traites étaient justes, la preuve, nous nous entretuons…

Le Cégep, un fa­bu­leux monstre à trois têtes

On nous di­sait na­guère « ins­ti­tu­teurs » et « ins­ti­tu­trices » parce que notre tâche consis­tait pré­ci­sé­ment à ins­ti­tuer, à in­venter, à ériger quelque chose; ériger l’enfant au statut de membre de la col­lec­ti­vité selon l’idéal de ci­vi­li­sa­tion qui la guide. Le Rap­port Pa­rent, socle consti­tu­tionnel de notre sys­tème d’éducation, était em­preint de cette idée : « À l’école, chaque nou­velle gé­né­ra­tion re­cueille l’héritage de connais­sances et de vertus in­tel­lec­tuelles et mo­rales que lui lègue la ci­vi­li­sa­tion hu­maine; l’enfant s’y forme aussi en vue de la so­ciété de de­main. (…) L’éducation doit donc à la fois s’enraciner dans la tra­di­tion et se pro­jeter dans l’avenir », peut-on y lire dans le cha­pitre in­ti­tulé L’humanisme contem­po­rain et l’éducation. Et de là, l’assignation aux ins­ti­tu­tions sco­laires de la mis­sion de faire ad­venir un « type hu­main » à la me­sure des en­jeux de la so­ciété mo­derne. Mais quels enjeux?

Le Rap­port Pa­rent constate : le monde mo­derne est frag­menté en une plu­ra­lité d’univers cultu­rels. À la « culture clas­sique », hu­ma­niste en son sens an­cien, lieu de la phi­lo­so­phie, des arts et des lettres, et à la « culture de masse », po­pu­laire et lar­ge­ment do­minée par l’industrie cultu­relle, s’est ajouté au fil des deux der­niers siècles tout un uni­vers de « culture scien­ti­fique » et de « culture tech­nique ». Ce sont les do­maines de la connais­sance issue des sciences (de la na­ture et hu­maines) et de leurs ap­pli­ca­tions éven­tuelles (tech­niques et tech­no­lo­giques). Chacun de ces uni­vers ren­voie à et sti­mulent des fa­cultés hu­maines par­ti­cu­lières, nous dit en sub­stance le Rap­port Pa­rent. Ce qui nous at­tend pour l’avenir, c’est le projet de les concilier.

Pour­quoi les conci­lier? Parce que penser d’une ma­nière dis­tincte la spé­cia­li­sa­tion tech­nique et la culture gé­né­rale n’a pas de sens. Parce que, si la culture gé­né­rale est « le garde-fou qui peut pro­téger la culture mo­derne contre les excès de la spé­cia­li­sa­tion », la spé­cia­li­sa­tion elle-même « s’appuie sur la culture gé­né­rale, qu’elle en­ri­chit et ap­pro­fondit en re­tour ». Parce que « la ci­vi­li­sa­tion ne re­pose pas que sur des fon­de­ments éco­no­miques, po­li­tiques et tech­niques, elle dé­pend tout au­tant d’une unité cultu­relle et spi­ri­tuelle à la­quelle doit contri­buer l’enseignement ». Parce que, enfin, il en va de l’élargissement maximal de « l’horizon in­tel­lec­tuel » de l’être hu­main mo­derne : sans une ini­tia­tion aux di­vers do­maines de l’esprit, l’être hu­main n’habite plus que d’une ma­nière par­tielle et par­tiale le monde qui est le sien. Un monde qui lui échappe.

Vé­ri­table monstre à trois têtes, l’institution col­lé­giale est sans doute celle qui a hé­rité avec le plus de clarté de ce projet gran­diose, de cet idéal in­vrai­sem­blable. Monstre à trois têtes, en effet, car elle doit tout à la fois ga­rantir une sco­la­ri­sa­tion me­nant au monde du tra­vail et élargir l’horizon in­tel­lec­tuel en y conci­liant la culture hu­ma­niste, la culture scien­ti­fique et la culture tech­nique. Tout à la fois, per­mettre à la spé­cia­li­sa­tion d’être en­ca­drée par les ac­quis de la ci­vi­li­sa­tion et de se nourrir d’eux pour les ap­pro­fondir. Tout à la fois, s’inscrire dans une so­ciété me­nacée par des forces dés­in­té­gra­trices et ins­ti­tuer un « type hu­main » ca­pable, par ses ac­tions au­to­nomes, de pro­duire les condi­tions de l’intégration so­ciale. C’est là, nous le sa­vons d’expérience, l’effort ti­ta­nesque et quo­ti­dien que nous de­vons dé­ployer pour que les for­ma­tions spé­ci­fique, gé­né­rale et contri­bu­tive se ren­contrent à la croisée d’une mis­sion com­mune : ériger l’étudiant au statut de membre de la col­lec­ti­vité à la­quelle il appartient.

Bien sûr, cet idéal hé­rité du Rap­port Pa­rent n’a pas at­tendu la prise du pou­voir par nos Bar­bares pour com­mencer à s’éroder. A-t-on ou­blié que, dans l’acronyme CÉGEP, par exemple, le G du gé­néral ne ren­voyait pas ini­tia­le­ment aux seules dis­ci­plines de ce que nous nom­mons aujourd’hui la « for­ma­tion gé­né­rale »? Que tout ce qui n’était pas d’emblée pro­fes­sionnel, les dis­ci­plines de la culture scien­ti­fique, tant des sciences de la na­ture que des sciences hu­maines, no­tam­ment, était pensé comme des élé­ments de­venus es­sen­tiels d’une culture gé­né­rale dans une so­ciété mo­derne? Que s’il est juste que la « science sans conscience » ne soit que « ruine de l’âme », selon la for­mule ra­be­lai­sienne bien connue, l’esprit cri­tique mo­derne, dé­sor­mais in­dis­so­ciable du dé­ploie­ment des sciences, no­tam­ment hu­maines, né­ces­site un ef­fort de syn­thèse de ces « deux cultures », selon l’expression de C.P. Snow, en 1959, déjà – l’humaniste et la scien­ti­fique? À voir l’affaiblissement de la for­ma­tion com­plé­men­taire qui de­vait pré­ci­sé­ment ou­vrir à l’univers culturel scien­ti­fique, il semble que nous l’ayons oublié.

Ainsi, le Cégep s’est ré­vélé dans le cours de son his­toire être ce qu’il est vrai­ment : un monstre à trois têtes fa­bu­leux, fa­bulé, peut-être même, et pro­blé­ma­tique; une hydre chan­ce­lante, ti­raillée, os­cil­lant jusqu’à va­ciller, mais néan­moins, et jus­ti­fiée par sa mis­sion de faire ad­venir un « type hu­main » à la me­sure des en­jeux de la so­ciété mo­derne. Nous sommes les hé­ri­tiers de ce projet, les por­teurs de cet idéal. Toute at­taque contre nous est une at­taque contre ce projet, contre cet idéal.

Le Rap­port De­mers ou l’aveuglement d’Héphaïstos

Cette at­taque contre nous a un nou­veau nom. Hier, c’était Ro­billard, qui nous a af­fai­blis. Aujourd’hui, c’est De­mers, qui, entre les lignes de son rap­port en­nuyeux, sous ses mots fades de tech­no­crate, tente d’asséner le coup fatal. Face à notre monstre à trois têtes, fa­bu­leux et pro­blé­ma­tique, et dans le même geste, le Rap­port De­mers tranche les deux pre­mières têtes et crève les yeux de la troi­sième. Voilà Hé­phaïstos, le dieu ar­tisan, déjà clau­di­quant, me­nacé d’aveuglement.

Qu’est-ce qui reste? Le Rap­port De­mers est sans pu­deur : « (…) la for­ma­tion de la fu­ture main-d’œuvre est un enjeu prio­ri­taire de la so­ciété qué­bé­coise à court et à moyen terme » (p. 35). C’est le seul enjeu qui de­meure une fois qu’on a passé sous si­lence tout le reste!

Qu’est-ce qui reste? De l’impudeur à l’indécence, le Rap­port De­mers fran­chit le pas : « Le ré­seau des col­lèges constitue un le­vier in­con­tour­nable per­met­tant aux or­ga­ni­sa­tions et aux en­tre­prises du Québec de pou­voir re­cruter la main-d’œuvre dont elles au­ront be­soin, et à la po­pu­la­tion de pou­voir se doter des com­pé­tences ap­pro­priées en lien avec l’évolution du marché qué­bé­cois de l’emploi » (p. 42). C’est la seule mis­sion qui de­meure une fois qu’on a fait l’impasse sur tout le reste!

Qu’est-ce qui reste? Un marché, ses or­ga­ni­sa­tions et ses im­pé­ra­tifs en lieu et place d’institutions. Des in­di­vidus adaptés aux condi­tions de leur sou­mis­sion aux aléas du marché en lieu et place d’êtres hu­mains à même d’orienter le cours du monde. La confu­sion entre les in­té­rêts (lo­caux, ré­gio­naux, na­tio­naux, in­ter­na­tio­naux, qu’importe) d’une élite éco­no­mique et l’orientation d’ensemble d’une col­lec­ti­vité donnée.

Ce qui reste? Rien. Rien d’une so­ciété. Rien d’un projet de so­ciété. Rien d’un idéal de civilisation.

Tran­cher les deux pre­mières têtes? À preuve, pas un mot sur les dis­ci­plines de la for­ma­tion pré­uni­ver­si­taire et gé­né­rale, en elles-mêmes et pour elles-mêmes. C’est le tout à la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. L’idéal d’une al­liance im­pro­bable de la culture gé­né­rale et de la spé­cia­li­sa­tion est aban­donné : c’est la li­mi­ta­tion au plus strict de l’horizon in­tel­lec­tuel qui agit comme mo­teur de la pro­po­si­tion. Exit la culture clas­sique; exit la culture scien­ti­fique. Ce fai­sant, entre les lignes, c’est exit aussi la cri­tique de la « sé­lec­tion socio-économique des élèves » qui tra­ver­sait l’idéal d’une conci­lia­tion de la culture gé­né­rale et de la spé­cia­li­sa­tion dans le Rap­port Pa­rent. Car les élites contem­po­raines, aussi bar­bares soient-elles, ne se pri­ve­ront pas, elles, d’abreuver leurs en­fants à ces uni­vers cultu­rels. La phy­sique, la phi­lo­so­phie, la lit­té­ra­ture ou la so­cio­logie à Prin­ceton, Har­vard, Ox­ford, Cam­bridge, etc. Et pour les autres, in­vi­ta­tion à l’alternance travail-études.

Tran­cher la pre­mière des têtes? À preuve, l’anthropologie phi­lo­so­phique qui se dé­couvre au dé­tour du rap­port : l’être hu­main n’est pas pensé comme un être qui né­ces­site for­ma­tion. On ne se conçoit pas un être hu­main qui doit, pour être hu­main, le de­venir. On ne se re­pré­sente pas l’être hu­main comme un « type hu­main » à faire ad­venir. Avec ce que cela im­plique d’humilité et d’effort d’appropriation des formes du passé dont il faut s’emparer pour les re­nou­veler. Pour créer l’avenir. Non. Le passé est pé­remp­toi­re­ment dé­claré « dé­phasé » et l’avenir, cor­seté dans les mailles des études pré­vi­sion­nistes d’Emploi Québec. Aussi conçoit-on l’être hu­main comme un être tou­jours déjà là, tout formé, avec ses be­soins, ses dé­sirs, ses dé­lires. Là, déjà, tout formé, avec ses goûts, ses as­pi­ra­tions, ses ap­ti­tudes. Là, déjà, tout formé, en quête de com­pé­tences à ac­quérir et éven­tuel­le­ment à mon­nayer sur le marché. Là, déjà, tout formé, comme hier Dio­nysos sor­tant de la cuisse de Zeus.

Rien d’étonnant. C’est dans l’esprit du temps. Au cœur du Rap­port De­mers, l’individu doté de be­soins, de dé­sirs et de dé­lires, pos­tulat théo­rique abs­trait es­sen­tiel à la mo­dé­li­sa­tion du fonc­tion­ne­ment du marché par les « sciences éco­no­miques », est pensé comme un fait de na­ture, une donnée im­pla­cable à partir de la­quelle orienter l’offre de for­ma­tion. Une so­ciété? Non, des in­di­vidus. Ces individus-marchandises li­vrés en pâ­ture aux « or­ga­ni­sa­tions » et « en­tre­prises » – les « par­te­naires » dans le lan­gage d’un État qui ne veut plus Être –, vé­ri­tables ac­teurs de ce « mi­lieu so­cioé­co­no­mique au­quel ils se des­tinent » (p. 42)! Les ins­ti­tu­tions, dans ce contexte, doivent « re­lever le défi de l’adaptation » (p. 130), c’est-à-dire, comme il se doit, s’« ar­rimer », par « ajus­te­ment continu », au « marché du tra­vail ». D’où le clien­té­lisme dé­gou­li­nant pro­posé comme ho­rizon du sys­tème d’éducation : of­frir des for­ma­tions à la carte selon les vo­lontés des individus-clients. Et sur­tout, selon les vo­lontés de leurs maîtres in­con­testés, les sei­gneurs de la guerre – éco­no­mique, au quo­ti­dien, mi­li­taire, lorsqu’il le faut.

Ré­sultat? Non seule­ment des études non com­plé­tées qui abou­tissent à une at­tes­ta­tion ou à un cer­ti­ficat, mais aussi la mise en concur­rence des pro­grammes et des col­lèges eux-mêmes, pour at­tirer la « clien­tèle étu­diante » et, par-dessus tout, sa­tis­faire le « client final » qu’est l’entreprise ré­gio­nale. Quand le « mi­lieu so­cioé­co­no­mique » se dé­cline sous le mode du « destin »…

Rien d’étonnant, en­core une fois. C’est dans l’esprit du temps. Lorsque, avec l’OCDE, on ré­duit la connais­sance à une com­pé­tence et la com­pé­tence à une « mon­naie » don­nant accès au tra­vail (p. 38), on a tôt fait de se mettre en route vers la réa­li­sa­tion in­té­grale de l’essence de la mon­naie : sa li­qué­fac­tion. On ne compte plus dès lors les oc­cur­rences des termes « sou­plesse », « flexi­bi­lité » et « adap­ta­tion » dans le Rap­port De­mers. Règne en maître, ici, le lexique de la flui­dité. C’est que rien ne doit s’opposer aux flux du ca­pital – fut-il du « ca­pital hu­main ». Cir­culez, il n’y a rien à voir.

Tran­cher les deux pre­mières têtes? Si ce n’était que ça! Non, il faut aussi crever les yeux de la troi­sième. Au cas où il y au­rait en­core quelque chose à voir…

Le Rap­port Pa­rent était clair et nous de­vons l’être à sa suite : pas ques­tion de consi­dérer de haut la for­ma­tion tech­nique sous pré­texte de la gran­deur au­to­pro­clamée de la culture clas­sique ou scien­ti­fique. Mais pas ques­tion, non plus, d’en faire une fi­na­lité en elle-même, comme si le tech­ni­cien ces­sait d’être hu­main aux portes de l’usine, du bu­reau, du ser­vice dont il a la charge.

Le Rap­port De­mers aussi est clair et nous de­vons conti­nuer de l’être à sa suite : ce n’est pas la « for­ma­tion gé­né­rale » qui est me­nacée, c’est le Cégep lui-même. For­ma­tion en en­tre­prise, col­lège tech­nique, ex­ten­sion de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle se­con­daire : la dé­qua­li­fi­ca­tion se pro­file à l’horizon. Quelle sera la « va­leur ajoutée » des for­ma­tions tech­niques, pour user des bor­bo­rygmes de nos Bar­bares, si on leur ar­rache leur sup­plé­ment d’âme qui hisse l’individu-marchandise, voué aux aléas des rap­ports de force éco­no­miques, au statut d’être humain-travailleur, dédié à l’autonomie? Que restera-t-il de l’idéal d’un en­ri­chis­se­ment de la culture gé­né­rale par les ap­ports de la culture tech­nique si on laisse à ceux qui ne pensent pas, mais comptent, le soin de fixer les normes des pro­grammes? Que pourra bien forger Hé­phaïstos si, dans la nuit de son ate­lier, on le prive du feu sacré? Purgée de sa sub­stance, la co­quille vide de l’institution ne tiendra pas sous le poids des my­tho­manes de la fi­nance. Et nous se­rons tous broyés.

Pour la suite du monde

En somme, le Rap­port De­mers ne nous pro­pose rien de ce qui fait un monde. C’est ça, sous ses airs ly­riques, gran­di­lo­quents, in­sou­te­nables pour la prose tech­no­cra­tique, la fin du monde : la fin des condi­tions par les­quelles un monde peut être un monde; un passé, un avenir; une culture, un projet. Du temps, sur­tout, tant sur le plan in­di­vi­duel qu’institutionnel, pour murir. Avec sa rhé­to­rique de l’urgence, de l’adaptation im­mé­diate aux trans­for­ma­tions éco­no­miques an­ti­ci­pées et de la désyn­chro­ni­sa­tion des du­rées de for­ma­tion, du temps, c’est ce que ne nous offre pas le Rap­port De­mers. La fin du monde, sans plus ni moins, parce qu’on nous im­pose la des­truc­tion de l’une des ins­ti­tu­tions dans les­quelles s’était cris­tal­lisé le projet de faire un monde.

En 2012, rappelons-nous, nos étu­diants nous ont servi une leçon de dé­mo­cratie. Alors que le pou­voir ne se di­sait at­tentif qu’à ceux qui se taisent, tout en­tier à l’écoute de la ma­jo­rité dite si­len­cieuse, c’est-à-dire tout en­tier à l’écoute des ven­tri­po­tents ven­tri­loques qui, re­ti­rant le pain, en­combrent de mots la bouche des sans-voix, ils ont osé parler, scander, hurler la dé­fense de leur accès à l’institution. Peut-être est-il temps que nous leur mon­trions que nous avons ap­pris la leçon, cette fois, pour dé­fendre l’institution elle-même. Contre le Rap­port De­mers et pour la suite du monde.

Jean-François For­tier Pro­fes­seur de so­cio­logie, Cégep de Sherbrooke

Fé­vrier 2015

 ***
BLx

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Histoire et civilisation, Lettres, Philosophie, Politique

« Religieux en tous genres, vous commencez à nous casser les couilles! »

combo_coexist_2015

Combo roué de coups pour ce tag

«Mais qu’est-ce que c’est que ces conneries? On m’avait dit que la France c’est « Je pense donc je suis » et je me retrouve dans le pays du « je crois donc j’existe »!» Nicolas Devos.

bedos Capture d’écran 2015-02-08 à 14.22.54

BLx

 

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Philosophie, Politique, Religion

Laurence en Asie: Bangkok (3)

b3-110464173_621907847954525_5563973284814774885_n

b3-210703_621907554621221_9187373826558379482_n

b3-310846269_621907617954548_6588877232691852253_n

b3-510410885_621907651287878_2959213119762945664_n

b3-610426894_621907801287863_5246006760842708338_n

Laurence Gwilliam

 

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos

Laurence en Asie: Bangkok (2)

Voilà quelques exemples des contrastes apparents à Bangkok!

b2 1375957_831039753601161_3478835640498467197_n

b2 10009771_831040026934467_605453082533728871_n

b2 10394139_831040413601095_1847495282423968889_n

b2 10402944_831040106934459_2651251487862358704_n

b2 10424324_831040306934439_1425844631145220069_n

b2 10486199_831040366934433_383910915171489828_n

b2 10806233_831039836934486_5483422044833287308_n

b2 10954518_831039943601142_1628115039926223747_n

B2 10968305_831039946934475_8087285883898266132_n

b2 10968483_831040393601097_3153320172912412846_n

b2 10968576_831040363601100_5755875225589563225_n

b2 10981748_831040313601105_3435556359600478398_n

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos, Politique

Laurence en Asie: Bangkok

Notre amie Laurence Gwilliam explore l’Asie… Tout au long de son périple, qui durera plusieurs mois, elle nous fera parvenir des photos et partagera avec nous quelques unes de ses impressions.

10929163_621403431338300_420718797182295719_n

14378_621403058005004_1023048591817215884_n

934772_621403218004988_5102354452537033785_n

10968587_621402988005011_5689353927151452690_n

boudha + L

1904015_621403148004995_2808969375621841363_n

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos

Laurence en Asie: Tokyo (5)

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos

Laurence en Asie: Tokyo (4)

Pour les Ramens il y a des restos ou faut payer dans une machine à l’entrée, puis on donne le coupon au cuisinier pour qu’il fasse le repas. Haha, c’est leur fast food

10968525_830212340350569_6621314691168369408_n

1505145_619616808183629_4097295937656534186_n

10389696_619616771516966_4479417081817095859_n

10967850_829389160432887_1509568235_n

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos

Laurence en Asie: Tokyo (3)

Laurence Gwilliam

 

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos

Laurence en Asie: Tokyo (2)

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos

Laurence en Asie: Tokyo

Notre amie Laurence Gwilliam explore l’Asie… Tout au long de son périple, qui durera plusieurs mois, elle nous fera parvenir des photos et partagera avec nous quelques unes de ses impressions.

 

Laurence Gwilliam

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Photos