Le transhumanisme en 12 questions
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Caroline Plante – La Presse canadienne, Le Devoir 26/02/18
Le Québec fait avancer les droits de la personne en Chine, en offrant une formation à des juges chinois.
La plus grande université du Québec offre aux juges chinois de venir étudier les fondements du droit québécois, c’est-à-dire la combinaison de common law et de droit civil, et l’administration de la justice. La formation des juges a ainsi permis de rendre les tribunaux en Chine plus transparents.
Le Québec est un « superbe laboratoire », a affirmé d’emblée le vice-recteur aux affaires internationales de l’Université de Montréal, Guy Lefebvre. L’établissement entretient des liens avec la Chine, un pays de tradition civiliste, depuis 20 ans.
Province disposant d’un code civil, fondé sur le Code Napoléon français, et presque exclusivement en relation avec des pays sous la common law, le Québec sert en quelque sorte de modèle pour la Chine, croit-il.
« Quand ils rédigent, par exemple, une loi sur les valeurs mobilières, qui est plus d’origine anglo-saxonne, nous, on est capables de dire comment on réussit à travailler dans ces systèmes-là », a affirmé M. Lefebvre en entrevue téléphonique.
Alors que la Chine procède à une refonte majeure de son système législatif, et pourrait bientôt introduire des procès avec jury, le Québec continue d’initier des juges chinois à son système juridique et leur offre des stages à la cour et en cabinet, « en ne disant pas que [son] modèle est meilleur ».
Selon M. Lefebvre, il y a quelque chose d’admirable dans le modèle millénaire chinois, où « le collectif est plus important que l’individu », et où la recherche de compromis est préférable à l’affrontement au tribunal.
Or, il était nécessaire pour eux d’améliorer leurs règles, notamment en matière d’expropriation et de propriété intellectuelle, ce qu’ils ont fait, et le Québec y a participé, s’est-il félicité.
Évolution de la société
Les familles expropriées en raison d’immenses chantiers de construction sont dorénavant mieux indemnisées. La Chine, championne mondiale de la contrefaçon, se préparerait également à insérer les grands principes de la propriété intellectuelle dans son Code civil.
Elle s’intéresse aussi à l’aide juridique. « Si c’est adopté par la Chine, on dira qu’on aura permis à la société d’évoluer, a expliqué M. Lefebvre. C’est comme ça qu’on contribue lentement, modestement, mais à long terme à changer les choses. »
Lorsque les Chinois viennent étudier au Québec, ajoute le vice-recteur, ils s’intéressent aux questions de mariage gai, de liberté de presse et de lutte contre la corruption. Certains ont suivi les travaux de la commission Charbonneau.
L’Université de Montréal voit aujourd’hui plusieurs de ses diplômés occuper des postes prestigieux en Chine, notamment à l’École nationale de la magistrature.
En janvier dernier, le recteur de l’université, Guy Breton, a été reçu par le président de la Cour suprême de Chine, Zhou Qiang. Ils ont abordé la question de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les tribunaux.
Agir pour le changement
Lors de sa mission en Chine le mois dernier, le premier ministre Philippe Couillard s’était fait critiquer pour ne pas avoir abordé l’enjeu des droits de la personne avec ses interlocuteurs. « Pour les Chinois, c’est beaucoup plus efficace de travailler dans l’action que d’insulter les gens sur la place publique », s’était-il défendu.
Le représentant du Québec en Chine, Jean-François Lépine, avait corroboré les dires du premier ministre, expliquant que « c’est dans l’action que l’on juge ce que l’on fait ».
« Vous posez toujours la question des droits de l’homme en Chine et tout ça, et ce que l’on fait, c’est probablement le plus bel exemple de l’influence que les Québécois ont eue pour faire évoluer la question des droits de l’homme en Chine, a-t-il affirmé plus tard en entrevue téléphonique à La Presse canadienne. On a contribué à rendre les tribunaux mieux formés, plus transparents. »
Les deux hommes ont dit prévoir des bouleversements en Chine grâce à l’émergence de la classe moyenne, qui a un « pouvoir redoutable », selon M. Lépine. « Ici, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, il y a une démocratie par le bas, il y a une pression à laquelle le gouvernement doit répondre de façon extrêmement importante », a-t-il affirmé.
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«Oui, le petit point bleu au milieu de cette photographie est un simple atome ! Une image étonnante qui a permis à son photographe David Nadlinger de remporter le grand prix de la Photographie Scientifique organisé par le Engineering and Physical Sciences Research Council. Pour ce cliché intitulé Single Atom in an Ion Trap, le photographe a réussi à capturer un unique atome de strontium, chargé positivement et maintenu dans des champs électriques entre deux électrodes espacées de moins de 2mm.»
Sources:
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Yves-Marie Abraham – Professeur à HEC Montréal, Le Devoir, 4/1/18
Comment mettre un terme à la destruction de notre habitat avant qu’il ne soit trop tard ? Comment s’attaquer à ces inégalités qui n’ont cessé de se creuser dans nos sociétés ? Comment enfin reprendre un tant soit peu le contrôle de nos vies alors qu’elles semblent plus que jamais soumises aux « lois du marché » et aux sirènes du « progrès technique » ?
Il faut que nous sortions de ce que le sociologue Andreu Solé appelle l’« entreprise-monde », c’est-à-dire un monde conçu dans une large mesure par et pour l’entreprise, comme on peut dire du monde médiéval qu’il était conçu par et pour l’Église. Nous ne la voyons plus, tant elle tisse la trame de nos vies, mais l’entreprise est la principale force organisatrice de nos sociétés. Pour le meilleur et surtout pour le pire.
Totalitarisme inédit
Force est de constater que l’entreprise façonne notre milieu de vie et nos conditions d’existence. Gageons que le lecteur aura bien du mal à trouver autour de lui un seul objet qui n’a pas été produit par une entreprise ou au moins acheté à une entreprise. Par ailleurs, ces marchandises que nous consommons tous, bon gré mal gré, nous ne pouvons les acquérir que contre de l’argent obtenu le plus souvent en vendant notre force de travail à des entreprises. Notre temps de vie éveillé est un temps passé dans des entreprises. Un temps qui ne nous appartient plus.
Mais l’entreprise colonise aussi notre espace vital. Cette organisation est implantée désormais sur presque toutes les terres habitées. Aucune autre organisation humaine avant elle n’a exercé une telle hégémonie. Et avec l’entreprise vient la publicité, qui envahit tous les espaces, aussi bien publics que privés. Les dispositifs de propagande mis en place par les plus puissantes dictatures ont quelque chose de dérisoire et de grossier comparativement aux stratégies de « marketing » déployées par nos entreprises aujourd’hui.
Enfin, l’entreprise a désormais colonisé nos esprits. Sans même en prendre conscience, nous nous attendons à ce que toute organisation fonctionne sur le modèle de l’entreprise. Cela fait le succès des écoles de gestion. On y rencontre toutes sortes de gens qui viennent y apprendre les techniques de l’entreprise privée pour les appliquer à des organisations qui n’ont pourtant pas pour raison d’être le profit de quelconques actionnaires. Par la même occasion, nous avons tendance à penser qu’un patron d’entreprise peut diriger n’importe quelle organisation, y compris un État, chose inconcevable il y a encore quelques décennies…
Organisation destructrice
Cette domination qu’exerce l’entreprise est problématique pour trois raisons. Véritable « machine » à produire des marchandises pour accumuler de l’argent, son expansion ne peut qu’être un désastre sur le plan écologique. Comment en effet produire toujours plus de marchandises sans puiser toujours plus dans nos « ressources naturelles » et produire toujours plus de déchets ? Pour l’heure en tout cas, nous ne savons pas dissocier croissance économique et dégradation écologique.
Il faut rappeler par ailleurs que l’entreprise repose sur le salariat, un rapport social structurellement inégal. Celui-ci suppose en effet qu’une minorité d’humains contrôlent les moyens de production, c’est-à-dire les moyens d’existence, ce qui force la majorité à lui vendre sa force de travail pour obtenir de quoi vivre. Et ce n’est pas parce que le chômage de masse nous a habitués à considérer le fait d’obtenir un emploi comme un privilège que ce rapport social est moins injuste !
Enfin, l’entreprise-monde nous contraint à être productifs et rentables. On peut bien sûr décider de ne pas « jouer le jeu ». Il faut être prêt alors à assumer le fait de se retrouver dans une situation très inconfortable, tant sur le plan matériel que sur le plan symbolique. Le problème de nos vies n’est pas qu’elles sont vides de sens. Le problème est qu’elles sont trop pleines d’un sens qui nous est imposé par cette course à l’accumulation d’argent qui est au principe de l’entreprise.
Réinventer les communs
Si nous tenons à la vie, à la justice et à la liberté, il faut en finir avec l’entreprise. À tout le moins, cette forme de vie sociale doit être marginalisée. Pour ce faire, il y a d’abord une reconquête spatiale à mener, notamment sous la forme de luttes contre l’envahissement publicitaire, contre les paradis fiscaux ou plus largement contre la libre circulation des capitaux et des marchandises.
Mais nous devons aussi reconquérir ce temps dont l’entreprise nous dépossède largement — les vacances elles-mêmes n’étant jamais qu’un temps de consommation et de récupération pour le travail. D’où la pertinence de militer pour une réduction significative du temps de travail sans perte de revenu et/ou pour des dispositifs tels que le revenu inconditionnel d’existence.
À plus long terme, il s’agit de reprendre le contrôle de nos moyens de vivre pour que nous ne soyons plus contraints de vendre notre force de travail aux entreprises. Ces moyens pourraient être pris en charge collectivement, de façon équitable, soutenable et démocratique, sur le modèle des « communs », qui représente une voie de sortie prometteuse de l’alternative propriété privée/propriété collective dont nos sociétés sont prisonnières depuis trop longtemps.
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Angela Davis, militante des droits civiques, militante communiste, membre des Black Panthers, recherchée par le F.B.I., emprisonnée, professeur de philosophie…
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