Manifeste des professeur.e.s pour la protection de la démocratie et du droit de protestation étudiants

«Nous sommes des professeur.e.s au sein d’institutions d’enseignement supérieur. Notre travail est d’ouvrir avec nos étudiant.e.s des horizons critiques qui questionnent la réalité et qui offrent prises sur le monde.

Nous ne nous concevons pas comme de simples  agent.e.s de reproduction de l’ordre social, et surtout pas comme des officiers de la répression avec laquelle le pouvoir d’État québécois a décidé d’attaquer, en la méprisant, la collectivité étudiante. L’inique Loi 12 (anciennement Projet de loi 78), qui criminalise ce qui était encore hier des droits sociaux et des droits civiles, voudrait que les professeur.e.s québécois.es commencent à jouer ces rôles.» Lire le Manifeste ici

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Île d’Anticosti – L’anti-côte ou l’île des naufrages

François-Guy Touchette – Saumonier. Le Devoir, 06/08/12

Dans ces pages, je signai en février 1996 un court article sur le pillage des fossiles sur l’île d’Anticosti qui trouvait son débouché économique dans la vente de ces pièces archéologiques uniques à des collections privées et publiques partout dans le monde. Aujourd’hui, j’estime que sa survie même est en jeu.

Car cette île, la plus grande du Québec, rachetée à la Wayagamack Pulp and Paper Company (qui deviendra en 1931 la Consolidated Bathurst), est un lieu privilégié par la quantité et la qualité de ses témoins du passé de l’histoire de la Terre, se comparant par son importance à ce lieu mythique qu’est Miguasha, en Gaspésie.

Surtout, ce qui caractérise cette île fantastique, c’est son isolement et le fait que l’humain l’a pour le moment peu envahie. Ou encore le caractère exceptionnel de sa flore, qu’un frère Marie-Victorin, le père de la botanique au Québec, a reconnu, au point de consacrer à celle-ci un livre, la Flore de l’Anticosti-Minganie, où il décrit pour les générations futures la richesse de pièces botaniques uniques à ce site.

De plus, on ne peut passer à côté de sa faune, sa vitrine la plus connue du public québécois, qu’un Français, Henri Menier, enrichit en 1895 avec des cerfs de Virginie ainsi que des crapauds (ce qui est moins connu), histoire de contrer les insectes piqueurs sur l’île, etc.

Et, enfin, de ses rivières à saumon. Ces dernières, par contre, eurent malheureusement à subir du braconnage, surtout lors de l’ouverture de l’île au grand public par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ). Vu le nombre de ses rivières et la vastitude du territoire à parcourir, la tâche de surveillance s’avère impossible à réaliser, ce qui explique que bon nombre de rivières d’Anticosti soient aujourd’hui exemptes du roi de nos eaux. Mais ce n’est pas le seul facteur expliquant cette disparition. Il y a la pêche accidentelle, le réchauffement des eaux, le changement de sexe dû aux produits chimiques et aux cosmétiques, etc.

Par ailleurs, deux autres éléments concourent à rendre l’île unique. Ainsi, c’est l’endroit au Québec où l’on trouve le plus grand nombre de cavernes, en raison de son sol calcaire

Et pour terminer cette longue énumération des caractéristiques faisant d’Anticosti un petit paradis, il y a ces canyons incroyables, dignes de westerns étatsuniens, et ces chutes magnifiques, dont la chute Vauréal, la plus célèbre de toutes.

Lieu de naufrages

Anticosti est connue et reconnue depuis des temps immémoriaux pour ses côtes hostiles parsemées de hauts fonds traîtres. C’est même à eux qu’elle doit son nom : Anticosti ou Antiscoste ou Anticosty, ou encore Antiscosty ou Enticosti, et, chez les Micmacs, le nom de Natigôsteg, qui veut dire « terre avancée ». Jacques Cartier, en passant par le détroit de Belle-Isle, disait en 1535 pour la nommer : « ladicte ysle que nous avons nommée l’isle de l’Assumption ». À l’époque, bien entendu, il ne savait rien de ses eaux traîtresses.

Parce que l’île, c’est aussi et surtout un lieu de naufrages. Pas étonnant qu’on l’ait surnommée le cimetière du Saint-Laurent. Pas moins de centaines de navires s’y sont brisé les flancs, entraînant dans la mort des milliers de personnes. Rien que de 1828 à 1899, on compte 138 naufrages. C’est dire combien le site est dangereux.

Lors du rachat de l’île par le gouvernement du Québec, en 1974, le gouvernement fédéral, dont les eaux tombent sous sa juridiction, s’était engagé à « dépaver » tous les navires qui en parsemaient ses côtes, à l’exception de l’épave, devenue touristique depuis lors, du Wilcox, que l’on peut apercevoir ou visiter de l’extérieur de nos jours.

Il existe donc un danger réel de naufrages, et ce, encore aujourd’hui. À preuve, selon les dernières statistiques disponibles, entre 1980 et 1982, malgré des phares encore actifs, on recense trois naufrages.

Et si un pétrolier…

On imagine alors l’impact d’un navire pétrolier venu prendre sa cargaison de pétrole et qui s’échoue ou qui se brise en deux et laisse échapper l’irrémédiable dans une des deux baies accessibles aux navires. Ou encore l’effet d’un bris d’un possible pipeline sur la faune, la côte et les poissons et crustacés qui nagent ou qui vivent présentement dans ces eaux en toute tranquillité, ignorant tout de l’épée de Damoclès que l’humain met au-dessus de leurs têtes.

Ce qui est en jeu ici, c’est tout le capital touristique, faunique, de la flore propre à une île unique face au Grand Capital qui veut développer le potentiel pétrolier et gazier de celle-ci. En somme, c’est toujours la même confrontation entre l’économie à tout prix et les jobs face à une écologie fragile.

J’imagine la rivière Jupiter après ce passage de l’économie dans les parages anticostiens, vide de toute truite de mer et de tout saumon, anéantis comme bien d’autres caractéristiques que j’ai énumérées plus haut. Sauf que cette fois, l’île a une chance de s’en sortir à cause de sa barrière naturelle : ses risques énormes de naufrages sur ses hauts fonds.
Est-ce que, dans l’avenir, on assistera à la revanche de la nature ? Je ne nous le souhaite pas !

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Le père Benoît Lacroix, un anarchiste?

« L’âge nous impose une liberté », constate le père Benoît Lacroix, qui aura 97 ans dans un mois.
« J’aime ça quand les étudiants crient. Mais ce qui m’intéresse, c’est l’écho », a confié au Devoir le père Benoît Lacroix, la semaine dernière. Leurs slogans ont retenti sur les pavés, ils résonnent maintenant dans les discours électoraux qui font de l’éducation un enjeu central. Mais attention, dit l’historien : il ne faudrait pas que les jeunes aient à descendre dans la rue pour qu’on les écoute enfin.
Au lendemain du déclenchement d’une campagne électorale estivale qui doit composer avec une crise sociale, c’est avec calme et aplomb que le père Benoît Lacroix, lance, le dos droit et le regard vif, sans hésiter, que « le capitalisme devrait disparaître le plus vite possible. Il n’a pas joué son rôle. Je suis d’accord avec certains jeunes qu’on qualifie de radicaux ».Un « anarchiste », en quelque sorte. Et il aura 97 ans dans un mois. Il a fêté samedi 75 ans de vie religieuse au sein de sa communauté, les frères dominicains. Ce qu’il trouve de merveilleux à cet âge ? « Je me sens libre. Je n’ai pas de réputation à sauver. J’ai envie de dire ce que je pense. L’âge nous impose une liberté. » Auteur de dizaines d’ouvrages, des essais spirituels ou historiques aux contes, il dit se consacrer ces jours-ci à une écriture plus poétique.Au détour de la conversation, dans le calme de son bureau installé dans la bibliothèque de la communauté qui a pignon sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, l’homme est conscient que le poids des mots, en pleine campagne électorale, prend un autre sens. Il pose un regard très philosophique sur les bouleversements actuels. « C’est la vengeance de la vieillesse, dit-il. On peut intégrer toutes les surprises, toutes les crises. »Ce printemps, avec ses amis Gilles Vigneault et Jacques Languirand, à l’invitation de Dominic Champagne, le père Lacroix est sorti dans les rues, à l’occasion de la grande marche pour le jour de la Terre. « Je suis allé au bout de mes forces », confie-t-il, « Trois heures de marche… Je n’ai pas regretté. » Pour garder la forme, il compte d’ailleurs sur la marche, car à 86 ans, il a dû renoncer au tennis.

« Tout est à repenser, croit-il. Les étudiants sont là pour nous le dire, à leur manière. C’est un avertissement qui est donné à tout le monde, et c’est pour ça que les jeunes me fascinent. »

Benoit Lacroix, élevé à la campagne par des parents cultivateurs, plus intéressé à 20 ans par le sport que par les études, dit qu’il a découvert son intelligence quand la communauté l’a poussé sur les bancs de l’université, pour y étudier les fondements de la philosophie et de la théologie. Il enseignera à son tour pendant de nombreuses années.

Aujourd’hui, la terre sur laquelle il a été élevé a elle aussi succombé au capital. Quand il visite les neveux et nièces qui l’ont reprise, il constate que c’est un autre monde, celui de la technique. Une entreprise commerciale. Tout comme sa chère université, l’institution qui « l’a le plus marqué comme adulte ». Ses étudiants, il les a aimés comme on chérit ses enfants, lui qui a choisi de ne pas en avoir. À 20 ans, c’est le désir d’aller voir « ailleurs », d’apprendre, de donner sa vie « à plus qu’une famille » qui lui a fait quitter le 3e rang, à Saint-Michel-de-Bellechasse, pour la grande ville et la vie religieuse. « C’était instinctif. Ce n’était pas un miracle. Je n’ai pas eu d’extase. Je suis encore comme ça. Je vais voir. Je vais d’ailleurs voir ce que c’est avoir 97 ans… » Des regrets ? Non. Dans les années soixante et soixante-dix, quand des confrères quittaient massivement les rangs de la communauté, il est resté. Aujourd’hui, alors que des communautés sont menacées de disparition en même temps que leurs membres s’éteignent, faute de relève, le père Lacroix n’y voit pas de drame. « Ce n’est pas gênant qu’une communauté disparaisse, ce n’est pas un échec. Ils ont tout donné. Ce don leur survit. »

La transformation de l’université

À l’époque où le père Lacroix enseignait, « l’administration était mince, ce n’était pas un pouvoir, c’était un service », constate-t-il. Aujourd’hui, c’est un autre monde. Je comprends le combat des jeunes. En même temps, je comprends les rouages dans lesquels se retrouvent les universités. Nous sommes dans une société marchande, dans laquelle la métaphysique ne se vend pas. Il faut trouver des fonds. Composer avec les grandes compagnies minières et autres. Elles sont aux prises avec le capitalisme mondial et je ne sais pas comment elles vont s’en sortir. »

Sortir d’un capitalisme devenu « vicieux », idéologiquement, ça tient la route, selon le père Lacroix. Mais ça s’inscrit bien mal dans un programme électoral ou même à celui d’un recteur. Avec la mondialisation, le Québec ne peut pas prendre seul un virage, constate l’homme qui cherche des réponses dans la philosophie amérindienne, ces jours-ci.

Quand il était jeune, ses voisins étaient amérindiens. « J’ai fait comme tout le monde, je suis passé à côté d’eux sans les voir, sans me rendre compte qu’il y avait là une immense culture. » Pour lui, le capitalisme a manqué le train. Il menace son cher fleuve, qui a bercé son enfance. « Je comprends ceux qui sont intéressés par le profit qu’ils pourraient tirer des régions vierges, de l’île d’Anticosti par exemple. Mais la nature n’est pas là pour être possédée. Elle est un don. »

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Rentrée: Wake me up when september ends!

Une « rentrée » anxiogène pour les otages des libéraux

Dominic Desroches – professeur de philosophie / Ahuntsic

« Quand une société ne peut pas enseigner,
c’est que cette société ne peut pas s’enseigner »

Péguy, Pour la rentrée

Dans plusieurs collèges et universités, les cours reprendront exceptionnellement à la mi-août. Ce ne sera pas une « rentrée » au sens habituel du terme. Ce que l’on ne sait pas et qui passe sous le radar des grands médias traditionnels, en effet, c’est que les étudiants devront « avaler » neuf semaines de cours en six et qu’ils devront se soumettre à quatre évaluations en moins d’un mois et demi. Les collèges et les universités, pour affronter la grève historique et le printemps québécois, ont eu l’obligation de proposer des calendriers modifiés au Ministère de l’éducation, du loisir et du sport. Le semestre d’hiver s’achèvera à la fin de septembre et celui d’automne, qui débutera au milieu d’octobre, se terminera extraordinairement en janvier 2013. Pour ceux qui veulent voir, on le voit bien : nous n’avons pas affaire à une session d’automne régulière parce que l’école a été oubliée par les libéraux. Le gouvernement libéral, pour être plus précis, a improvisé une sortie de crise en prenant en otage une partie de la population. Toutes les personnes qui ont été paralysées par la grève historique, une grève qui en vérité continue encore, sont aujourd’hui prises en otage et doivent obéir à de nouvelles consignes provenant d’en haut. Ce texte voudrait mieux faire comprendre la « non-rentrée » 2012 et montrer qu’une gouvernance politique est petite quand elle fait des otages au nom d’une stratégie électoraliste qui boude le bien commun.

Qu’est-ce qu’une politique libérale ?

Le parti libéral, c’est mieux connu désormais, dirige d’abord pour ses amis. Il se sert de l’État, qui est pour lui une entreprise, a des fins particulières. Il a pour politique la privatisation des ressources naturelles et des biens publics. Il parvient en général à son objectif, depuis neuf années en trois mandats, par des modifications aux lois en vigueur, souvent des allégements, des exemptions de taxe sur le capital, l’augmentation des taxes des citoyens et surtout le copinage, lequel conduit piano piano à la collusion et la corruption. Voilà pourquoi son calendrier politique répond impérativement à une question très précise : à qui, parmi les proches du parti, l’ascenseur doit-il revenir ?

Prise d’otages par la loi spéciale

Évidemment, l’un des risques les plus subtils avec les agendas privés est de favoriser indirectement des « prises d’otages », c’est-à-dire de mettre sur pieds des politiques qui utilisent une partie ciblée de la population. On ignore encore trop souvent que, dans le contexte de la grève étudiante, la loi « spéciale » (projet de loi 78), en plus de modifier l’équilibre des saisons d’études, obligera par exemple les professeurs à enseigner plus tôt le matin et à terminer leurs cours plus tard le soir. Les cours seront allongés et tous les calendriers modifiés. Qu’ils auront moins de temps pour écouter leurs étudiants, les évaluer et remettre les notes à la fin du semestre. Les personnels des institutions, les professeurs et les étudiants seront bientôt débordés parce que la crise n’a pas été réglée et que le gouvernement, au lieu de se montrer à la hauteur de ses responsabilités, a tout misé sur la politique de l’autruche. Cette politique veut qu’il ne soit pas grave de remettre à plus tard, de laisser pourrir un conflit et que, finalement, il sera possible d’utiliser les élections pour rester au pouvoir.

Une question simple destinée à tout travailleur

Notre situation pour le moins exceptionnelle nous conduit à poser une question simple : quel travailleur, qui n’a pas fait de grève ou de « boycott », accepterait de voir ses conditions de travail modifiées unilatéralement et sans son consentement ? Qui voudrait voir son emploi transformé sans égard aucun à ses conditions de travail dûment négociées ? La réponse va de soi. Pourtant, c’est ce que de nombreux employés de l’État québécois vivront sous peu. Le gouvernement libéral ne semble pas penser que le petit monde de l’éducation, le cœur de la société, exige un cadre décent et adéquat. Il semble plutôt croire que les étudiants, les professeurs et les employés des institutions scolaires ne sont pas respectables (après tout, ils ont aussi « boycotté » malgré eux les cours) puisque sa loi les instrumentalise à des fins partisanes. Dans les collèges et les universités, au milieu d’août, ce ne sera donc pas l’éduction qui sera la priorité, ni la réussite des étudiants, mais l’urgence et la survie. On voudra certes s’en sortir sans trop souffrir. On se demandera comment travailler correctement lorsque la plupart des étudiants et des employés seront mêlés et perturbés, ailleurs, cherchant des points de repère dans une session perdue.

Un souhait pour septembre

C’est pour toutes ces raisons que nous anticipons une « rentrée » anxiogène. Nous craignons que les calendriers modifiés feront des « otages » et génèreront de nombreuses frustrations dans plusieurs institutions. La loi « spéciale », plus ou moins démocratique, critiquée par nos juges en toge et la Commission des droits de la personne, mais aussi par Amnistie Internationale, fera porter aux étudiants, aux professeurs, aux personnels et aux administrations des collèges et des universités une gouvernance politique douteuse, irresponsable, sans aucun doute électoraliste. À tous ceux qui se demandent si cela est acceptable, nous répondons non. Il est à souhaiter – notre pouvoir à plus de limites que de possibilités de changer les choses – que nous serons, nous les « otages politiques » des libéraux, nombreux à aller voter en septembre.

Article à paraître sur Politicoglobe

Source: Vigile.net

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Ai Weiwei, Never Sorry

Un documentaire sur l’artiste chinois Ai Weiwei, l’une des figures les plus importantes de l’art contemporain

Cineplex Odeon Forum Cinemas

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Garbage Beauty

Photo

«Le groupe fait du street art sous la signature de Garbage Beauty, et chacun s’amuse, seul ou entre copains, à donner la parole aux meubles avant leur départ vers le dépotoir.»

Depuis l’an dernier, les commodes se font poétiques, les oreillers souhaitent une « Bonne nuit » sur l’heure du midi ; les matelas se font lascifs, lançant des « Voulez-vous coucher avec moi ? » ; d’un coup de crayon soigné, une chaise au dossier arraché crie « Debout » et invite à se réveiller, et une valise de velours suggère à prendre le large d’un « Let’s go »celtique.» Lire la suite: Le Devoir, 3/08/12

http://www.facebook.com/garbage.beauty

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Pas d’abstention!

Via Roger Des Roches

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Atterrir ou amarsir le 6 août 2012?

Le 26 novembre 2011 une nouvelle technologie fut envoyée dans l’espace. La fusée Atlas V, fabriquée par la NASA, a propulsé dans l’espace la capsule qui contenait le rover Curiosity. Le voyage de la capsule a duré neuf mois et elle a parcouru 565 millions de kilomètres. Elle traversera l’atmosphère martienne à une vitesse de 21000 km/h et devrait amarsir le lundi 6 août prochain à 1 h 35 à 154 kilomètres au sud de l’équateur, dans le cratère Gale.

L’arrivée sur la planète Mars ne sera pas comme les autres. Au lieu d’être projetée sur le sol, amarsir sur un coussin gonflable et rebondir pour ralentir sa chute,  les scientifiques se sont assurés que cette fois-ci, le robot serait déposé tout en douceur. Quand la sonde Curiosity sera toute proche de Mars, le module de croisière se séparera de la capsule d’entrée atmosphérique, par la suite, un parachute se déploiera afin de freiner la chute de la capsule pendant que sous celle-ci, un bouclier s’ouvrira. Lorsque le parachute se détachera, une grue sera libérée et elle sera dirigée par des rétrofusées afin que l’engin ne tombe pas trop vite et que l’endroit de l’atterrissage soit plus précis. La grue s’arrêtera à précisément 18 mètres de la surface et posera, à l’aide de câbles, le rover Curiosity et coupera ces câbles automatiquement pour ensuite s’envoler et aller se déposer plus loin. Cette grue volante est une nouvelle invention très utile, car elle peut déposer un objet de n’importe quelle grosseur, en douceur. Précisons que le rover Curiosity est plus gros et cinq fois plus lourd que tout ce qui a été envoyé sur la planète rouge à ce jour. Il fait à peu près la taille d’un 4X4 et peut atteindre 143 km/h.

Lors de la dernière mission sur Mars, entre 2003 et 2008, les robots Spirit et Opportunity, qui avaient été envoyé pour faire des analyses du sol et des roches, ont repéré, près du cratère Gale, une montagne composée en partie d’argile et de sulfate, deux minéraux qui se forment lorsque de l’eau est présente sous sa forme liquide. Fort de ces données, les scientifiques de la NASA espèrent maintenant découvrir des preuves d’anciennes formes de vies et d’habitabilité sur Mars avec le rover Curiosity. Ce dernier est équipé de différents outils tels qu’un détecteur de minéraux hydratés, un capteur de radiations, un détecteur de composés organiques, des capteurs météorologiques, des caméras, un spectromètre de composition chimique et une caméra toute spéciale d’identification de minéraux.

Devrions-nous avoir peur de ce que nous allons découvrir cette fois-ci? Ces nouvelles informations sur Mars nous donnera-t-elles un avant-goût amer de ce que la Terre deviendra un jour ou la verrons-nous plutôt comme une nouvelle destination vacance?

Laurie Gagné

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

L’art en Nouvelle-France

L’art au temps de la colonie

Une exposition au Musée national des beaux-arts du Québec retrace l’histoire de l’art en Nouvelle-France

Etienne Plamondon-Emond, Le Devoir, 03/08/12

La France apporte la foi aux Hurons, Frère Luc, 1671

Québec – Alors que les Fêtes de la Nouvelle-France battent leur plein à Québec, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) inaugure une exposition dédiée à toutes les formes d’art en vogue de 1608 à 1760 dans la colonie. Une première véritable synthèse sur le sujet, fruit de plusieurs années de recherches et d’une grande collaboration avec des prêteurs.
En entrée d’exposition, la crosse en argent de Mgr Henri-Marie Dubreuil de Pontbriand, à l’orfèvrerie finement ciselée, se tient debout à gauche d’un wampum mohawk fait de perles et de cuir. Le ton est donné : tous les objets, aussi différents soient-ils, sont placés de façon à entrer en conversation et à se répondre. Face à face, côte à côte, ou l’une donnant sur l’autre, les œuvres, qu’elles soient profanes ou religieuses, décoratives ou relevant des beaux-arts, importées de France ou élaborées localement, s’imbriquent pour tracer un portrait complet du foisonnement artistique dans lequel baignait la Nouvelle-France.
Même le thème de la musique est souligné par des livres d’orgue et de chants liturgiques, ainsi que par une viole, provenant de l’Hôpital général de Québec, avec laquelle jouaient des religieuses au xviiie siècle. Bien que les œuvres soient divisées selon leur fonction — soit représenter, décorer ou prier —, la salle s’ouvre continuellement sur les autres volets, donnant à cet ensemble un côté cohérent, voire indissociable.
« Nous avons constaté que l’art n’était pas quelque chose d’hermétique. L’art était présent partout comme il l’est encore aujourd’hui », explique Daniel Drouin, cocommissaire de l’exposition et conservateur de l’art ancien avant 1850 au MNBAQ. « Les résultats des recherches des 40 ou 50 dernières années étaient cloisonnés. C’est-à-dire qu’on a fait quelques découvertes par rapport au mobilier, par rapport à la peinture, à la sculpture… On a avancé dans certains domaines, mais sans les faire dialoguer entre eux. » Cette rencontre se concrétise enfin. Des cartes géographiques aux tabernacles, en passant par des ex-voto, ces peintures où des personnes se sont fait peindre sous un saint pour le remercier d’un miracle ou dans l’espoir de voir leur vœu s’exaucer, tout est rassemblé et tout se tient.
Panorama artistique 

Fruit de plusieurs années de recherches menées par Laurier Lacroix, professeur d’histoire de l’art associé à l’UQAM, Les arts en Nouvelle-France dresse un panorama global sur le sujet comme il ne s’en est pas réalisé depuis les années 1970. Au MNBAQ, il faut remonter à 1984 pour tomber sur une exposition consacrée à cette question. Pour regrouper les 160 œuvres présentées, près d’une quarantaine de prêteurs, que ce soit d’autres musées, des fabriques ou des congrégations religieuses du Québec et de l’Ontario, ont accepté de se départir pour un instant de leurs joyaux. «J’estime que plus de 95 % du patrimoine du Régime français a disparu ; donc, les objets qui subsistent sont extrêmement précieux », dit Laurier Lacroix.
« Je suis très ému d’avoir certaines œuvres dans notre salle, confie Anne Eschapasse, directrice des expositions du MNBAQ, parce qu’elles ont des valeurs historiques, artistiques et sentimentales, qui témoignent à quel point ces objets sont porteurs de symbole, de sens, d’identité pour les différents collectionneurs et les institutions qui les possèdent. »
Entre autres, Les arts en Nouvelle-France donne la chance au grand public de jeter un œil sur la toile La France apportant la foi aux Hurons, « un tableau majeur de l’histoire de l’art du Québec et du Canada, qui est habituellement accroché dans la chapelle des Ursulines de Québec, donc un lieu qui n’est pas accessible à tous », précise M. Drouin.
Une autre pièce maîtresse est le portrait de sainte Marguerite Bourgeoys, peint quelques heures après son décès par Pierre Le Ber. Une relique que le Musée Marguerite-Bourgeoys n’a pas laissé sortir depuis 1974, soit avant la canonisation de la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.
Question d’identité 

Quant au Gilcrease Museum, situé à Tulsa en Oklahoma, il n’a pas autorisé le voyage dans la Vieille Capitale du Codex canadensis, un inestimable manuscrit dans lequel le jésuite Louis Nicolas a dessiné la faune et la flore du continent entre 1664 et 1675. Qu’à cela ne tienne. Une version numérique prend place à l’intérieur du MNBAQ et peut être patiemment feuilletée grâce à un écran tactile.
Bien que l’ordre chronologique ne soit pas respecté, l’exposition retrace le fil des origines d’un art qui nous est propre. Au départ, « la plupart des dirigeants, qu’on parle du gouverneur, de l’intendant ou des grands officiers vont arriver à Québec, à Montréal ou à Trois-Rivières avec tous leurs biens dans les cales des navires. Ils vont recréer ici un train de vie comme celui qu’ils avaient en France », raconte M. Drouin, comme en fait foi la vaisselle en argent ou en faïence. « Cet art français va côtoyer le début de l’art québécois et, très souvent, les œuvres importées ici par les Français vont servir de modèle. »
Du côté de la sculpture, « comme les demandes sont de plus en plus grandes et comme les pièces sont de plus en plus importantes, il va s’instaurer ici un système de maître et apprenti ». Certains se démarqueront, comme Paul Jourdain dit Labrosse, dont on peut voir l’imposant Christ en croix qui était érigé dans l’église Notre-Dame de Montréal.
Une exposition « identitaire », donc, aux yeux des commissaires. « C’est une occasion unique et exceptionnelle de pouvoir s’approprier son patrimoine historique », insiste M. Drouin. D’ailleurs, le MNBAQ a décidé d’abriter cet ensemble pendant près de neuf mois. « Il faudrait vraiment que cette exposition soit vue par tous les Québécois, dit Anne Eschapasse. On a pris cette décision justement de la prolonger très longtemps pour que le plus grand nombre possible de visiteurs puisse venir la voir. »

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

L’appropriation commerciale des jeux olympiques, la suite.

Jeux Olympiques – Les anneaux rouillés

Serge Truffaut   Le Devoir, 3 août 2012

Si Londres est actuellement la capitale des prouesses sportives elle est également le théâtre où se déroule une pièce très amère parce que très policière. En effet, en plus d’avoir balisé les activités commerciales avec une méticulosité fanatique jamais vue dans l’histoire de l’olympisme, voilà que la liberté d’expression a été renvoyée au rayon des embarras. Rien de moins.
Scène 1 : au début de la présente semaine, le correspondant du quotidien The Independent a osé critiquer le travail du producteur responsable de la couverture des jeux pour le réseau NBC dans le cadre d’un message communiqué par le biais de Twitter. Scène 2 : au nom de l’entente commerciale liant Twitter à NBC, le premier a fermé le compte du journaliste sans avoir pris le soin de l’avertir. Cette intervention aux accents éminemment fascisants, c’est le cas de le dire (!), s’avère la mise en relief parfaite des dérives absolutistes, despotiques et souvent tyranniques que le Comité organisateur des Jeux de Londres (LOCOG) ainsi que le Comité international olympique (CIO) ont orchestrée en toute conscience au bénéfice des entreprises privées.
Les satrapes du CIO et du LOCOG ont façonné une loi du cadenas afin de réduire à néant toute initiative commerciale et locale. On ne le répétera jamais assez : ils ont écrit une ode au capitalisme stalinien, soit celui qui ne souffre aucune concurrence. Le gérant d’une succursale de la SAQ située à Montréal décide de faire la promotion de produits en utilisant les anneaux olympiques ? On lui fait savoir qu’il doit enlever ces derniers. À Londres, on est allé jusqu’à obliger le propriétaire de l’Olympic Coffee de gommer «Olympic ». Oui, oui… Cela a été possible grâce à la loi d’exception que tout pays organisateur se doit de faire voter depuis l’an 2000.
Mais cette année, à cause de l’introduction des médias sociaux et de leur succès, la liste des interdits a atteint des proportions qui dépassent l’entendement. On interdit aux athlètes de commenter sur Twitter et Facebook leurs performances ou celles de leurs concurrents, de télécharger des photos, d’évoquer la consommation de tel aliment si l’aliment en question n’est pas fabriqué par un des annonceurs des Jeux. Quoi d’autre ? « Un détenteur de billet ne peut diffuser ni publier sur des sites de réseaux sociaux ou sur Internet des enregistrements audio ou vidéo. »
Depuis peu, on soupçonne des sportifs de s’être prêtés au ambush marketing, ou marketing en embuscade, soit cette technique qui consiste à profiter de l’événement en promouvant des produits qui n’ont pas fait l’objet de contrats avec les organismes concernés. En fait, on croit que tout bien de consommation autre que ceux permis devrait être banni. Bref, au despotisme commercial la paranoïa vient de se greffer.
Voir aussi le premier texte de Serge Truffaut sur cette question: Difformité en jeux

1 commentaire

Classé dans Uncategorized

Charest et le plan pour perdre le Nord

Ne perdons pas le Nord

Jacques Dufresne, Encyclopédie de l’Agora

Le Québec n’est encore qu’une province canadienne et pourtant les élections qui vont s’y tenir bientôt devraient intéresser le reste du monde à commencer par les francophones : il y sera question du développement du Nord, c’est-à-dire de biens communs de l’humanité tels que l’eau, l’énergie et le fer, sur un territoire deux fois plus grand que la France.  Jacques Cartier, le découvreur du Canada a utilisé l’expression «Terre de Caïn» pour décrire la côte septentrionale du golfe du Saint-Laurent, quand il l’a aperçue pour la première fois en 1534. Il faisait allusion au chapitre IV de la Genèse, où Caïn, ayant tué son frère, est condamné à labourer une terre stérile. Terre de Caïn, terre deux fois maudite : d’abord par la nature et ensuite par les hommes qui semblent se réjouir d’avoir au Nord un immense territoire qu’ils peuvent impunément transformer en dépotoir après en avoir tiré à la hâte des richesses dont, au rythme actuel de leur exploitation, les générations futures seront privées.

Le mieux que l’on puisse dire du rapport des Québécois à ce territoire est qu’il est ambigu. Tout se passe comme si nous avions nous-mêmes commis la faute de Caïn. Et en réalité nous l’avons commise en cédant sans condition ce jardin nordique à des entreprises qui en exploitèrent les richesses accumulées dans son passé sans aucun souci pour son avenir. Pour la plupart, nous sommes encore indifférents à cet avenir et quand nous échappons à cette indifférence c’est pour éprouver un sentiment de culpabilité aussi stérile que celui de Caïn. Notre terre promise c’est la Floride. Le Nord est notre tombe : Dans sa version de l’histoire de Caïn, Victor Hugo nous dit que même en s’enfermant dans une tombe, Caïn ne parvenait pas à échapper à l’oeil réprobateur de Dieu.

Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Qui donc a dit que celui qui se sent coupable de tout, ne se sent responsable de rien? L’heure est enfin venue pour nous de passer de la culpabilité à la sollicitude, de prendre possession du Nord d’une façon responsable. Nous voulons être maîtres chez nous, plusieurs aspirent à la souveraineté. L’atteinte de l’un ou l’autre de ces buts dépendra largement de la détermination avec laquelle nous transformerons notre terre de Caïn en terre d’Abel.

Si nous reportons au pouvoir le parti libéral, rien ne changera dans notre rapport avec le Nord et, quatre ans plus tard, les décisions les plus importantes, concernant des ressources proches de leur épuisement, auront été prises de façon irréversible dans un climat de corruption à peine interrompu par une commission d’enquête. Le Nord nous apparaît encore comme un territoire annexé à exploiter, en le spoliant si nécessaire; il faut qu’il devienne pour nous un jardin à cultiver, dans un esprit dont plusieurs de nos artistes, de nos poètes ont déjà eu le pressentiment. Pour lire la suite: http://agora.qc.ca/Dossiers/ne_perdons_pas_le_nord

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Gore Vidal 1925-2012

En 2005, diminué, fatigué, il déclarait au Monde qu’après une longue vie passionnante, sa seule perspective réjouissante était sa fin. « Penser que cela pourrait continuer cinq cents ans, dans mon cas, serait terrible », disait celui qui, en 2009, résumait son existence ainsi : « such, such fun » – tellement, tellement d’amusement. Il célébrait ainsi à la fois une vie sociale extraordinairement riche, à côtoyer les plus grands et à se mesurer à eux, une vie amoureuse aux mille amants et maîtresses, clamait-il, ainsi qu’une carrière littéraire et intellectuelle nourrie de polémiques, dont il était amateur, mais aussi de succès, dont il n’était pas moins friand. L’écrivain, considéré comme l’un des géants américains à l’image de Norman Mailer et de Truman Capote, avec lesquels il entretint des relations complexes, est mort le 31 juillet, chez lui, à Los Angeles, des suites d’une pneumonie. Il avait 86 ans.

Réputé pour sa plume acerbe, Gore Vidal a parfois dit qu’il avait grandi « dans la maison des Atrides ». Né Eugene Luther Gore Vidal le 3 octobre 1925, il est le fils unique d’un militaire qui servira dans le cabinet Roosevelt et d’une femme issue de l’aristocratie sudiste, mondaine et alcoolique. Il se nourrit de politique auprès de son père, mais aussi de son grand-père maternel, sénateur de l’Oklahoma, et ne cessera jamais de se passionner pour la chose publique, au point de se présenter au Congrès en 1960 sous l’étiquette démocrate – son arbre généalogique le relie, de près ou de loin, à Jackie Kennedy, à Jimmy Carter et à Al Gore. A peine diplômé de la Phillips Exeter Academy, en 1943, il s’engage dans l’armée. Cette expérience lui inspirera en 1946 Ouragan, son premier roman et premier succès. Mais c’est avec son troisième livre que Gore Vidal impose son style et sa personnalité : en 1948, Un garçon près de la rivière, roman d’apprentissage autour d’un personnage homosexuel, hommage à son amour de jeunesse, James Trimble III, mort pendant la guerre, déclenche un immense scandale. Plusieurs journaux, dont le New York Times, refusent de le chroniquer. Le tapage et l’opprobre ne déplaisent pas à Gore Vidal, d’autant que le public achète son livre, appelé à devenir un classique de la littérature homosexuelle. Il choisit cependant d’écrire ses romans suivants, aux allures de polar, sous le pseudo d’Edgar Box.

Tenu au profil bas dans le monde littéraire Gore Vidal se tourne dans les années 1950 vers l’écriture pour Broadway, la télévision, et le cinéma. Appelé à réécrire le scénario de Ben Hur, en 1959, il y glisse, comme il le racontera en 2006, certains des motifs et éléments d’Un garçon près de la rivière. Il n’est pas crédité au générique.

Ses années de pénitence littéraire s’achèvent avec la publication, en 1964, du roman historique Julien, sur l’empereur romain apostat – Gore Vidal clamera toujours son athéisme farouche – puis, un roman politique sur Washington dans les années 1940, ou encore Myra Breckenridge, une comédie ouvertement « gay », qui ne déclenche pas le même scandale, loin s’en faut qu’Un garçon au bord de la rivière. Julien reste aux yeux de nombreux critiques le meilleur roman de Gore Vidal, qui révèle à cette époque-là qu’il est peut-être d’abord un grand essayiste avant d’être un romancier.

Son modèle ? Montaigne, dit-il. Son sujet : l’Amérique (« un bateau qui coule ») son impérialisme et son arrogance. On retrouve sans doute ses tendances d’auteur de fiction dans l’affection qu’il porte aux théories du complot, ses prises de position le faisant passer alternativement pour un homme d’extrême gauche et pour un conservateur, lui-même se définissant parfois comme un « populiste ». L’une de ses thèses est que Roosevelt a poussé le Japon à attaquer Pearl Harbour pour faciliter l’entrée des Etats-Unis dans la guerre. Les années 1960 et 1970 sont une période d’écriture extraordinairement fertile, il devient un personnage incontournable de la vie intellectuelle et culturelle américaine, et se délecte d’être au centre de polémiques. Au cours des décennies suivantes, ses livres et prises de position (sur le conflit israélo-palestinien et les attentats du 11 septembre, notamment, dont il pense que les Etats-Unis les ont attirés sur eux à force d’arrogance et d’interventionnisme) continuent de passionner l’Amérique. Mais lorsque Le Monde lui demandait quel livre il souhaitait que les générations suivantes lisent de lui, il répondait : « Aucun. L’alphabet ».

Source pour l’article: Raphaëlle Leyris, Le Monde, 1/08/12

Source pour les photos: HEDI SLIMANE DIARY 2011-02-15

Site officiel: gorevidalnow.com

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Hollywood, la crise perpétuelle et le présent

Un très bon article de Jacky Goldberg des Inrocks à lire.

Goldberg fait preuve d’un travail journaliste rigoureux, qui manque souvent dans nos médias actuels. Hollywood est-elle en crise? Oui et non. Il y a des nuances. Et il faut voir ce qu’en pensent les gens de l’industrie. La dernière citation, en conclusion, est en soi un morceau d’anthologie, chapeau à l’auteur! (D’ailleurs, qui est cette source anonyme? on veut son nom!)

Mais ce qu’il soutient d’emblée (“Hollywood est en crise”) et les propos sur lesquels il s’appuie sont en un sens emblématiques des discours classiques sur les “crises” hollywoodiennes. Règle générale, ceux-ci opposent une Hollywood d’antan plus créative, artistique et souvent idéalisée à une Hollywood actuelle désenchantée, aux prises avec un marché qui la rattrape et de cruels requins de la finance qui la mèneront à sa perte. Ils reviennent périodiquement, comme si Hollywood était constamment au bord de la chute. Sans doute nous intéressent-ils en raison de notre fascination pour ce qui est en déclin.

Les années 1980 par exemple ont souvent été dépeintes comme la “fin” d’une ère de liberté et d’audaces engrangée dans les années 1970 (i.e. la “New Hollywood” de Peter Biskind), au profit de la montée d’une “mauvaise” Hollywood corporatiste marquée par le blockbuster. Mais dans les faits, les succès commerciaux des années 1970 demeurent aussi conventionnels que ceux des années 1980, 1960, 1930 ou 1990 et si on y regarde de près, les années 1980 ont sans doute vu autant de créativité et d’essor artistique que les années 1970 et auparavant (voir David Bordwell sur ce sujet). Idem dans les années 1930: l’arrivée du cinéma sonore aurait marqué une régression par rapport aux années 1920 et l’âge d’or du cinéma muet. L’histoire semble maintenant se répéter: le blockbuster et le succès du cinéma indépendant des années 1990-2000 seraient les produits d’une ère créative faste comparativement aux tentpoles d’aujourd’hui, les “nouveaux méchants” de l’équation, résultats d’un débalancement entre “hommes d’affaires” et “créatifs”, voire véritables saccages commerciaux qui ne visent que la rentabilité au détriment de l’art.

On peut reprocher à ces discours leur manichéisme. L’art et le commerce ne s’opposent pas. Depuis au moins la Renaissance, l’art occidental est par définition commercial. D’ailleurs, le marché de l’Art actuel est sans doute autant lucratif pour les investisseurs et les agents que celui d’Hollywood. Ils n’ont toutefois pas les mêmes moyens et visent des publics opposés (l’élite contre le peuple). Si on revient à Hollywood seulement, depuis les années 1930, les studios dépendent des grandes corporations et des banques. Peut-être pas au même niveau qu’aujourd’hui, mais la finance a toujours été importante, et les hommes d’affaires ont leurs mots à dire sur les aspects artistiques des films comme les créateurs ont leurs mots à dire sur les finances des produits qu’ils fabriquent.

Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse ici, parce que ces discours ne sont pas complètement fautifs non plus. Ils reflètent des réalités historiques, comme des périodes de transitions où l’usine à rêves se transforme, s’adapte et se modifie à de nouvelles réalités, dont elle est quelquefois victime, ou quelquefois qu’elle provoque elle-même. Aujourd’hui par exemple l’industrie hollywoodienne vit une mutation – on n’a qu’à penser à la chute du marché du DVD et de la VOD, à la montée de Netflix, à la projection numérique et au succès déjà quasi avorté de la 3D. Comme le mentionne Goldberg, la crise financière de 2008 et la grève des scénaristes sont des phénomènes qui sont aussi à prendre en compte, qui doivent bien sûr affecter le moral des troupes. Mais Hollywood a un long historique d’adaptation aux nouveautés et aux crises et, comme le mentionne une source anonyme citée par le journaliste, il s’agit peut-être plutôt d’un changement de cycle que d’une crise.

En fait, on ne peut reprocher complètement à certains internes de l’industrie de promouvoir eux-mêmes ces discours de la crise perpétuelle. Ils tentent à leur manière de comprendre ce que Bordwell avait appelé ”le problème du présent” (in 1997. On the History of Film Style, p.9-11 – Bordwell traite ici des historiens du style cinématographique en particulier et de l’art en général). Comment concevoir ce qui a lieu maintenant en regard de ce qui a eu lieu (passé) et de ce qui aura lieu (présent)? Comment inscrire et interpréter les événements et les phénomènes actuels de transformations, de mutations et de modifications dans une histoire qui se tienne?

Parler de crise perpétuelle est donc peut-être un moyen de faire face à l’angoisse du présent. En affirmant que ce qui a lieu est une “rupture” avec le passé, on a l’impression de distinguer clairement ce qui constitue le “maintenant”. Malheureusement, on gomme ainsi ce qui fait la subtilité de cet “insaisissable présent”, toujours mouvant, en continuité et en rupture avec ce qui est advenu et toujours pris face à l’inconnu de ce qui va advenir.

PS: Goldberg répond à mon billet sur Twitter. Rapidement, je précise que mon objectif est de pointer les discours de la crise, pas d’en faire porter le chapeau à Goldberg, qui nuance bien son propos de toute façon. La crise est peut-être réelle ou non, nous le saurons sans doute plus tard. Ce qui est intéressant est de voir qu’une partie de l’industrie elle-même (les propos que rapporte Goldberg) se considère comme perpétuellement au bord du gouffre (et qu’eux aussi font des nuances, comme Joel Silver, qui souligne qu’il n’y a pas de crise mais un statut quo puisque c’est l’essence du business que d’avoir des gagnants et des perdants).

Guillaume Campeau

Source: Film Look, Le blogue de Gui CD, prof de cinéma

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Geneviève L’obstineuse, Libéraux.net et le DGE

«C’est vrai. Le DGE me demande de retirer le site d’ici minuit. Je me retire des réseaux sociaux jusqu’à ce que je trouve une solution. Merci»

Geneviève L’obstineuse

Le Directeur Général des Élections a fait parvenir à Ginette L’obstineuse le message suivant:

«Après avoir pris connaissance de votre site internet Libéraux. net nous avons constaté qu’il défavorise un parti politique et que des coûts semblent avoir été engendrés pour sa conception, sa diffusion et son hébergement. La présente a pour but de vous mettre en garde de cesser toute diffusion de ce site à compter de ce soir minuit . Le site constituera alors une dépense électorale interdite par la loi. Vous pouvez être passible d’une amende de 5,000 à 30,000 dollars pour une première infraction.»

La loi électorale est sévère, elle permet aux partis politiques d’engager des dépenses pendant les campagnes électorales, mais elle l’interdit aux différentes organisations. À juste titre sans doute, car on ne voudrait pas en effet que le Conseil du patronat, par exemple, finance, en pleine campagne, la diffusion de messages publicitaires dont le but serait de discréditer le PQ ou QS.

Je ne connais pas le détail des raisons pour lesquelles le DGE estime que le site Libéraux.net, ouvert pourtant depuis quelques mois déjà, contrevient maintenant à la loi. Quoiqu’il en soit, Ginette L’obstineuse a colligé sur ce site «90 aberrations, scandales, tromperies et mensonges» qui forment le lamentable bilan du Parti Libéral du Québec dirigé depuis 9 ans par Jean Charest. Consultez donc le site avant qu’il ne ferme, sinon vous pouvez télécharger toutes les informations qu’il présentait:

http://liberaux.net/media/upload/indignation_doc.pdf

BLX

1 commentaire

Classé dans Uncategorized

Élections: GAPPA au guet!

Sur le plan du discours, rhétorique et politique sont intrinsèquement liées, on peut s’en désoler mais une personne politique honnête et bien intentionnée n’en fera pas moins piètre figure si elle ne maîtrise pas l’art du discours. Par contre ce qui est totalement déplorable c’est que la sophistique, l’art du discours trompeur, soit si souvent le compagnon privilégié du politique, surtout en campagne électorale lorsqu’il ne s’agit pas tant de convaincre en faisant appel à des arguments que de persuader en excitant les sentiments de peur et d’inquiétude. Pour cette distinction entre «convaincre» et «persuader», on se réfèrera avantageusement au Gorgias de Platon (484-c486d) et pour se prémunir contre les abus de langage et les assauts contre la raison qui ne manqueront pas de se multiplier durant la campagne électorale, on aura recours à la vigilance du GAPPA:

«Le Guet des Activités Paralogiques, Propagandistes et Anti-démocratiques (GAPPA) est une tactique de surveillance des médias de masse, des nouveaux médias et des activités de relations publiques en général.»

http://www.facebook.com/GAPPAsquad

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized