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Montréal, la ville aux pignons… fixes

Montréal est connue pour ses pignons

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Maisons à pignons

Vélos à pignon fixe

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La lumière penche de plus en plus tard, le printemps s’en vient…

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« La démocratie dans l’enclos »

Littéralement: l’infanterie, la cavalerie, l’anti-émeute et la brigade urbaine!

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Un philosophe qui gagne à être connu

Le vendredi 15 mars à 18h

Lancement du livre de Ciriac Oloum

Max Stirner, Contestataire et affranchi

à la librairie Le Port de Tête

262, av du Mont-Royal E

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Il arrive que, par une curieuse coïncidence, certains ouvrages semblent faire écho aux évènements de l’actualité ou de l’histoire récente. Tel est le cas de l’ouvrage de Ciriac Oloum, intitulé Max Stirner, contestataire et affranchi. Toutefois, celui qui ne verrait derrière sa couverture – rouge, de surcroît – qu’un manuel présentant un auteur anarchiste passerait à côté de la substance du propos de Oloum et, par le fait même, des deux attraits de son livre.

Le premier concerne la reconstitution du contexte intellectuel duquel émane la pensée de Max Stirner (1806-1856) – Johann Caspard Schmidt de son nom de baptême. Le lecteur y découvre la place qu’occupait Stirner au sein du mouvement des jeunes hégéliens. Le projet philosophique de ce mouvement d’intellectuels Allemands de gauche consistait à s’affranchir de l’omniprésence de l’idéalisme de Hegel dans l’Allemagne du XIXe siècle, plus particulièrement, de son exaltation de l’État comme incarnation de l’esprit absolu.

À travers une traque sans merci des « idées fixes », dont la transcendance tient plus à une majuscule qu’à la réalité – la Religion, l’État, le Peuple, l’Ordre ou l’Homme –, Stirner développe une anthropologie marquée par l’égoïsme ontologique de l’individu : unique, irréductible à tout genre et toute transcendance, exclusivement identique à lui-même, le Moi s’échappe de la prison du concept pour se réapproprier le monde matériel, seul objet de jouissance.

Oloum restitue ainsi la pensée d’un philosophe souvent perçu à travers l’image qu’en rend Marx, soit celle d’un idéologue aveuglé par ces mêmes idées qu’il pense combattre et déconnecté de la réalité sur laquelle il estime s’appuyer. Mais au-delà de l’entreprise de réhabilitation, l’auteur met en relief un aspect original de la pensée stirnerienne, en l’occurrence, sa filiation avec l’existentialisme athée : loin de se réduire à être le cheval de trait de l’anarchisme individualiste, le Moi stirnerien préfigure l’individu existentialiste, condamné à la liberté et perpétuel autocréateur. Là se trouve, nous semble-t-il, le point d’orgue de la thèse développée dans Max Stirner, contestataire et affranchi.

Le second attrait réside dans la pertinence pédagogique du travail de Oloum. Professeur de philosophie au collégial, son ouvrage devrait rencontrer un certain écho auprès de ceux qui s’intéressent aux conceptions de l’être humain – que ce soit à titre de professeur ou d’étudiant. Ainsi, on n’aura manqué de remarquer en quoi Max Stirner, contestataire et affranchi s’insèrerait harmonieusement dans un cursus de philosophie, ne serait-ce que pour traiter le problème du déterminisme et du libre-arbitre ou encore du développement de l’existentialisme. Accessibles sans sacrifier quoi que ce soit à la superficialité, érudites sans être obscures, les pages de l’ouvrage de Oloum présentent l’équilibre propre à stimuler la réflexion et la curiosité du lecteur.

Bref, il s’agit d’un volume qui trouvera aussi bien sa place dans une bibliothèque que dans une salle de cours.

Pascal Solignac

OLOUM Ciriac, Max Stirner, contestataire et affranchi, préface de Lucien Ayissi, Paris : L’Harmattan, 2012. 119 p. Éthique, politique et science. ISBN9782296965027.

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Ciriac Oloum

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NYC 9/02/13

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Dimanche matin

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Non mais, n’avez-vous jamais vu de porno?

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Plus tôt cette semaine, alors que nous revenions du Musée des Beaux Arts, nous avions un petit creux. Nous nous sommes donc arrêté dans un Subway du Plateau. Nous y consultâmes le journal Métro. Un article a retenu notre attention. Cet article traitait de la violence sexuelle causée par le visionnement de la pornographie chez les adolescents de notre génération. Ce papier disait grosso modo que nous, les hommes, étions des bêtes avides de sexe et de futurs prédateurs sexuels. Et vous mesdames, n‘avez-vous jamais eu peur de nous?

Il est vrai que dans la vulgaire opinion du commun, la libido masculine est omniprésente comparativement à celle des femmes. Cependant, par expérience, nous pouvons TOUS affirmer que cela est bien faux. Évidemment, certaines personnes sont plus « horny » que d’autres, et cela ne dépend non pas de la quantité abusive de pornographie que l’on visionne, mais bien du type de personne que l’on est. Toute la nature de l’enjeu est là. Selon Kant, l’homme est doté d’une insociable sociabilité, ce qui le pousse, fondamentalement, à s’exclure, seul, bel et bien seul, pour regarder ces vidéos proscrites. Nous avons donc une propension vers la pornographie, une attirance à la chose sexuelle. C’est bien le seul instinct qui nous reste de notre passé bestial. Le philosophe prussien, lui-même devant s’enrouler dans ses couvertures pour ne pas faillir à la tentation, a tout à fait raison lorsqu’il affirme que nous sommes pire que les bêtes. En réalité, nous transformons notre instinct primitif en quelque chose de grand, de puissant, bref, de deinos! En effet, les nombreuses pratiques sexuelles humaines ne sont pas apparues subitement avec sa diffusion facilitée, comme par Internet, elles remontent aux balbutiements de l’homme. Ce qui est « merveilleux », c’est la capacité de l’homme à transformer cet instinct trivial en plaisir. D’un autre côté, ce qui peut en inquiéter quelques-uns, c’est comment l’homme retire son plaisir de la chose. La domination, le bondage (séquestration), l’humiliation, le sadomasochisme sont toutes des pratiques nées du plaisir de l’instinct. Est-ce que cela a un quelconque rapport avec la pornographie? Évidemment! Mais la conception doit en être inversée, dans le sens où la pornographie répond à un besoin. Elle ne crée pas de pratiques sexuelles, elle en est l’image.

« Non mais tsé, c’pas vrai que c’est en 1980 à Los Angeles dans un studio de films de cul qu’on été inventé les Golden showers criss! »

L’homme peut, certes, être influencé par la pornographie, mais ne doit-il pas déjà y avoir une certaine attirance pour les pratiques sexuelles plus radicales afin de s’y adonner? La pornographie n’est que le reflet de nos propres fantasmes, la visionner ne pourrait être que bénéfique, car elle entraîne un effet de catharsis. Au lieu de mettre en pratique nos fantasmes, parfois irréalisables, il nous est permis, grâce à la porno, de les assouvir. À la base, pour consulter des vidéos qui peuvent être, disons le, malaisantes, l’individu doit être interpellé par ce type de visionnement.

En conclusion, nous croyons qu’il est totalement faux de penser que le visionnement de pornographie influence les faits et gestes sexuelles. C’est définitivement plus profond que cela, ça relève de la psychanalyse. « L’idée que la disposition à la perversion n’est pas quelque chose de rare et de particulier, mais une partie de la constitution dite normale ». (Sigmund Freud)

« Bin là côliss! C’est accessible aussi, genre y’a autant de traités philosophiques sur Internet pis l’monde vont pas les voir, l’monde aime ça le cul… » 

Nicolas Handfield et Samuel Landry

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La philosophie à tout venant

Je gazouille, donc je suis

Kant ou Nietzsche existent aussi en 140 caractères

Stéphane Baillargeon, Le Devoir, 25/02/13

Emmanuel Kant (1724-1804) a réapparu sur Twitter cette année. Pour l’instant, le compte @KantTweets ne revendique que 23 abonnés et trois gazouillis. @mitsougelinas fait des milliers de fois mieux.
iphilo appmzl.qrflrntb.175x175-75Le premier pépiement néokantien annonce que microbloguer La critique de la raison pure va prendre du temps, ce temps qui n’est que « la condition formelle a priori de tous les phénomènes de l’expérience ». Il faut maîtriser un peu de philosophie transcendantale pour apprécier. Au troisième et dernier tweet, le petit géant prussien de Königsberg (5 pieds avec talonnettes, un pur esprit universel) explique qu’il vient de lire un discours du philosophe français Jacques Derrida et qu’il n’a « pas ri autant depuis 200 ans ».
Friedrich Nietzsche (1844-1900), maître de l’aphorisme, se prête mieux au jeu avec au moins huit comptes consacrés à son œuvre. Un des derniers messages reproduits par @NietzscheQuotes reprend une idée de circonstance : « Mon ambition est de dire en dix phrases ce que les autres prennent tout un livre à raconter. » Le tout en moins de 140 caractères. Ce vieux grand maître du soupçon était fait pour renaître là. Comme le haïku se prête très bien à la petite forme.
Deux genres
La philo existe donc en version techno postmoderne et chacun peut la rencontrer.
L’outil de microblogage propose en fait deux genres de productions liées à la philosophie. Il y a celle des philosophes morts (Hume, Wittgenstein, Aristote, Hobbes, Heidegger, Russell, etc.), ressuscités sur le réseau par un fan ou un critique. Le compte @KarlMarxReader attire à peine 135 abonnés qui sont déjà inondés de 63 000 messages. De la surproduction postindustrielle !
Il y a aussi celle des philosophes actuels et vivants. Carrie Ichikawa Jenkins, professeure de philosophie à l’Université de la Colombie-Britannique de Vancouver, est du lot avec @carriejenkins où elle a déjà posté plus de 7600 messages.
« Je connais beaucoup de philosophes sur le réseau et nous échangeons entre nous, explique-t-elle en entrevue téléphonique. Nous discutons de nos idées. Je peux par exemple renvoyer à un de mes textes et recevoir des commentaires. Les abonnés me posent des questions sur mes travaux. Je réponds parfois de manière très succincte et parfois je poursuis la discussion ailleurs. »
Certaines de ces questions pourraient directement concerner les nouveaux médias et les réseaux sociaux dématérialisés. La mère de toutes les disciplines mène à tout, y compris vers une philosophie de Twitter.
« Pensez à l’éthique de ce réseau, poursuit la philosophe. Des collègues s’inquiètent parce que certains de leurs propos tenus lors de conférences publiques sont relayés en ligne. C’est un problème sérieux qui concerne la tension entre la diffusion d’une information hors contexte vers le plus de gens possible, y compris sans le consentement de la source. Pensez aussi aux problèmes posés par l’extrême synthèse d’une pensée complexe. Personnellement, je crois que toutes les idées ne peuvent pas être comprimées. Je veux dire qu’on ne doit pas tenter de tout réduire à 140 caractères… »
Le plus et le moins
Ceux qui peuvent le plus ne peuvent pas nécessairement le moins. Et ceux qui croient que la philo gazouillante est finalement aussi bête, inutile et insignifiante que la twittlittérature n’ont pas moins raison que celles qui croient le contraire et le démontrent à grands coups de petits textes.
« L’esprit de synthèse est un des moyens par lequel on peut se rendre intéressant, poursuit la professeure Jenkins. Certains d’entre nous ont de très bonnes idées, mais ne sont pas nécessairement capables de les comprimer dans un tweet. »
La médiatisation se nourrit elle-même. Sur le compte @philosophybites, le Britannique Alain de Botton, un intellectuel médiatisé, mène le pointage avec près de 333 000 abonnés. La troisième place appartient à l’éthicien Peter Singer de l’université de Princeton. Sauf erreur, la liste ne comprend que deux penseurs français, François Jourde et Didier Moulinier.
Une plateforme de plus
Au 18 février, Lucretius21c recense 80 comptes de philosophes présents depuis plus de trois ans, gazouillant trois fois par jour et comptant 1716 abonnés en moyenne. La production abonde en anglais, même pour les auteurs francophones comme Michel Foucault, Jacques Derrida, Deleuze et Guattari ou Jean-Paul Sartre.
« Alain de Botton est déjà un intellectuel public très connu et je ne peux donc pas me surprendre de le voir si populaire aussi sur ce nouveau média. Pour lui, Twitter n’est qu’une plateforme de plus, commente la philosophe Carrie Jenkins. J’ai moins de 2000 abonnés, mais ce réseau comprend beaucoup de gens passionnants vraiment intéressés par mon travail. C’est ce qui compte finalement. »***
iPhilo.fr, l’ami de la sagesse en ligne
La jeune Émilie de Cooker, doctorante en philosophie, réfléchit sur le scandale de la viande chevaline qui touche l’Europe en ce moment. Philippe Granarolo, septuagénaire agrégé de la discipline et spécialiste de Nietzsche, propose une réflexion sur l’art de vieillir « qui ne saurait faire partie des beaux-arts ». Des textes semblables, le site iPhilo en a accumulé des dizaines depuis sa fondation il y a un peu plus d’un an.
« Nous proposons une actualité commentée par des philosophes », résume Alexis Feertchak, cofondateur du site. Au départ, lui et trois de ses amis étudiants pensaient proposer des tests philosophiques. L’option du commentaire court à chaud s’est révélée beaucoup plus fructueuse. « Ça demande une concision très intéressante de la part des collaborateurs. C’est aussi très pratique pour les lecteurs et les étudiants en particulier.»
L’app du iPhilo. fr est gratuite. La diffusion et la promotion se font surtout par les réseaux sociaux, Twitter et Facebook. En un an le magazine en ligne a déjà attiré environ 15 000 utilisateurs qui génèrent autour de 500 branchements par jour.
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« Nous allons développer cette communauté », explique encore le philosophe Feertchak. Dès le 1er mars, le site va proposer des captations audiovisuelles et sonores des séminaires philosophiques animés chaque lundi dans une salle du cinéma MK2 Hautefeuille par Charles Pépin, un habitué de Philosophie Magazine. Cette publication, comme la série d’ici Le Devoir de philo, témoigne de la popularité de la très vieille amie de la sagesse.
« Je crois que la philosophie a pris le relais de la psychologie, dit le jeune entrepreneur du Web. La psychanalyse s’est effondrée. La psycho est toujours importante pour les individus, mais cette discipline est moins prégnante pour la société, pour l’explication du monde. La philo est maintenant sur le devant de la scène parce qu’elle donne du sens à ceux qui en réclament. Cette discipline est capable de surplomber toutes les autres. »
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Men at Lunch

Un film sur une photographie des années 30, présentée comme l’emblème d’une époque qui a fait naître le New York que nous connaissons aujourd’hui.

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Philopolis 2013

logo2011Philopolis est un évènement de réflexion citoyenne regroupant près de 80 activités et conférences gratuites et ouvertes à tous et à toutes. Cette quatrième édition, toujours organisée par la collaboration d’étudiant-e-s provenant des quatre universités montréalaises, se tiendra du 15 au 17 février 2013 à l’Université McGill, à l’UQAM et à l’Université Concordia.

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Le signifiant = le signifié

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Violence répressive au Québec? You bet!

En regardant cette vidéo, une pensée de Pascal à méditer sur la dialectique de la justice et de la force, pour bien comprendre et dénoncer les dérives de l’État du Québec:

«Justice, force. – Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste.»

Pascal, Pensées, Éd. Brunschwicg, #298, p 470.

Pétition: Ensemble, exigeons une commission d’enquête publique sur la violence policière de 2012

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Apologie du cégep

L’art de la faim

David Desjardins, Le Devoir, 26/01/13

La semaine s’est écoulée lentement, presque figée dans le froid. L’actualité a elle aussi ralenti. Elle s’est agglomérée comme le givre dans la barbe du coureur de fond qu’est la commission Charbonneau, me ramenant ainsi au sujet de la semaine dernière dans cette chronique : l’éducation.

Le cégep, disions-nous, est un levier qui permet de s’extraire de sa condition de base. Celle de consommateur, puisqu’il faut la nommer. La philo, le cinéma, l’histoire, la littérature et les choses en apparence inutiles qu’on y apprend permettent de devenir autre chose qu’un travailleur, de participer au monde comme un être qui doute.

Vous avez été nombreux à m’écrire sur le sujet. Quelques-uns ont fait remarquer : oui, d’accord, mais avant ? Qu’est-ce qu’on fait avec le décrochage, qu’est-ce qu’on fait avec les enfants qui cessent de lire à l’adolescence, qu’est qu’on fait avec l’école qui ressemble à un service social plutôt qu’à un milieu d’apprentissage ?

Je sais pas trop, en fait. Je disais que m’était revenu ce sujet de l’éducation, et ce n’est pas seulement en raison de mon désintérêt pour les actualités majeures. Par votre abondant courrier, un peu, c’est vrai. Aussi, cette entrevue avec Pierre Moreau qui parlait à nouveau des cégeps à Radio-Canada dans l’émission du matin de Québec.

Mais surtout, il y a ce débat que j’ai écouté attentivement sur France Culture à propos de l’école, et où deux discours s’opposaient. Celui du modèle républicain, et l’autre libéral. C’est-à-dire, d’un côté, une idée de l’école qui serve à fabriquer des citoyens au mépris de tous les particularismes et de toutes les religions, y compris celle du marché. Et de l’autre, au contraire, une école qui s’adapte à tout, mais surtout à la clientèle. Au marché, donc.

Or, le clientélisme, comme le soulignait le premier, c’est le plus gros problème de l’école.

J’ai beaucoup ri quand son adversaire a ensuite comparé l’école à une épicerie, parce que c’est exactement à cela que je pensais. Je me disais : il va ânonner que c’est comme l’épicerie, que le modèle républicain ressemble à un comptoir soviétique qui force tout le monde à manger du lard et des betteraves, que la population peut bien décider si elle veut manger du poulet.

Si j’avais été en studio, j’aurais répondu que, justement, l’école n’a pas pour fonction de se plier aux modes. C’est son drame, l’école souffre d’être une vieille dame un peu ringarde, alors que c’est pourtant ce qu’on devrait attendre d’elle : transmettre un savoir qui n’a pas d’âge et un sens de l’effort qui n’a pas à souffrir des goûts du jour.

Je ne connais pas suffisamment le système scolaire français pour en juger, et ce n’est pas ce qui m’intéresse. Le plus fascinant, ici, c’est la manière de scléroser le débat, de l’arrêter net sur une idée de liberté qui n’en est pas une. C’est une confusion des genres. Une méprise sur la nature de l’éducation devenue un produit comme les autres.

C’est la faute de personne et de tout le monde. Les parents, qui vouent un culte à leurs enfants, se sont mis à s’intéresser à ceux qui les élèvent à leur place. L’école publique, aux prises avec la concurrence du privé et la dénatalité, s’est vue forcée de se farder. De faire un peu la pute. Ou plus poliment, de s’écraser devant les désirs des parents qui voudraient que l’enseignement se moule aux besoins spécifiques de leur petit trésor.

Forcément, le décalage est immense quand t’es le petit trésor en question, que t’arrives au cégep, à l’université, et que tu dois te démerder comme un grand.

Je disais que j’avais entendu Pierre Moreau reparler des cégeps l’autre matin. Il revenait avec sa rengaine du faible taux de diplomation universitaire au Québec comme indice de l’inefficacité du système collégial.

Et si le problème était avant ? À l’école autant que dans l’idée qu’on s’en fait ?

Parce que l’école n’est pas le monde et ne devrait pas s’y conformer. Au contraire. Je rêve ? Évidemment. Ça ne m’empêche pas d’avoir raison quand je dis qu’elle est nulle, votre idée de l’école au service de sa clientèle, et que vos petits amours, si vous les y laissiez souffrir un peu, apprendraient cette patience essentielle à tout, y compris au bonheur, y compris à l’obtention d’un DEC ou d’un bac.

Il faut une école qui soit un monde en marge du monde. Un endroit où le temps ralentit, où le savoir n’est pas au service de la gloutonnerie du monde.

C’est pour cela que je vous disais la semaine dernière que le cégep est essentiel. Parce que c’est le dernier rempart contre l’indigence intellectuelle depuis que l’école a cessé d’enseigner l’essentiel. À commencer par l’art de la faim.

Lire aussi: L’école du désir

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Indignation et dignité

Au mois de novembre dernier, le philosophie québécois Thomas de Koninck, a fait au Cégep de Rosemont une présentation sur le thème de l’indignation et de la dignité qui a fait l’objet d’une captation vidéo que les professeurs Dugal et Thédrel, avec l’accord du philosophe, ont tenu à partager avec l’ensemble du réseau collégial. Nous les en remercions, car nous avons là l’expression d’une parole admirable.

Pour voir la suite de la conférence et la période de question: http://www.concoursphilosopher.qc.ca/

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2012: une rétrospective en photos

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Le Monde, 2012: une rétrospective en photos

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Vue de mon balcon

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