Non mais, n’avez-vous jamais vu de porno?

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Plus tôt cette semaine, alors que nous revenions du Musée des Beaux Arts, nous avions un petit creux. Nous nous sommes donc arrêté dans un Subway du Plateau. Nous y consultâmes le journal Métro. Un article a retenu notre attention. Cet article traitait de la violence sexuelle causée par le visionnement de la pornographie chez les adolescents de notre génération. Ce papier disait grosso modo que nous, les hommes, étions des bêtes avides de sexe et de futurs prédateurs sexuels. Et vous mesdames, n‘avez-vous jamais eu peur de nous?

Il est vrai que dans la vulgaire opinion du commun, la libido masculine est omniprésente comparativement à celle des femmes. Cependant, par expérience, nous pouvons TOUS affirmer que cela est bien faux. Évidemment, certaines personnes sont plus « horny » que d’autres, et cela ne dépend non pas de la quantité abusive de pornographie que l’on visionne, mais bien du type de personne que l’on est. Toute la nature de l’enjeu est là. Selon Kant, l’homme est doté d’une insociable sociabilité, ce qui le pousse, fondamentalement, à s’exclure, seul, bel et bien seul, pour regarder ces vidéos proscrites. Nous avons donc une propension vers la pornographie, une attirance à la chose sexuelle. C’est bien le seul instinct qui nous reste de notre passé bestial. Le philosophe prussien, lui-même devant s’enrouler dans ses couvertures pour ne pas faillir à la tentation, a tout à fait raison lorsqu’il affirme que nous sommes pire que les bêtes. En réalité, nous transformons notre instinct primitif en quelque chose de grand, de puissant, bref, de deinos! En effet, les nombreuses pratiques sexuelles humaines ne sont pas apparues subitement avec sa diffusion facilitée, comme par Internet, elles remontent aux balbutiements de l’homme. Ce qui est « merveilleux », c’est la capacité de l’homme à transformer cet instinct trivial en plaisir. D’un autre côté, ce qui peut en inquiéter quelques-uns, c’est comment l’homme retire son plaisir de la chose. La domination, le bondage (séquestration), l’humiliation, le sadomasochisme sont toutes des pratiques nées du plaisir de l’instinct. Est-ce que cela a un quelconque rapport avec la pornographie? Évidemment! Mais la conception doit en être inversée, dans le sens où la pornographie répond à un besoin. Elle ne crée pas de pratiques sexuelles, elle en est l’image.

« Non mais tsé, c’pas vrai que c’est en 1980 à Los Angeles dans un studio de films de cul qu’on été inventé les Golden showers criss! »

L’homme peut, certes, être influencé par la pornographie, mais ne doit-il pas déjà y avoir une certaine attirance pour les pratiques sexuelles plus radicales afin de s’y adonner? La pornographie n’est que le reflet de nos propres fantasmes, la visionner ne pourrait être que bénéfique, car elle entraîne un effet de catharsis. Au lieu de mettre en pratique nos fantasmes, parfois irréalisables, il nous est permis, grâce à la porno, de les assouvir. À la base, pour consulter des vidéos qui peuvent être, disons le, malaisantes, l’individu doit être interpellé par ce type de visionnement.

En conclusion, nous croyons qu’il est totalement faux de penser que le visionnement de pornographie influence les faits et gestes sexuelles. C’est définitivement plus profond que cela, ça relève de la psychanalyse. « L’idée que la disposition à la perversion n’est pas quelque chose de rare et de particulier, mais une partie de la constitution dite normale ». (Sigmund Freud)

« Bin là côliss! C’est accessible aussi, genre y’a autant de traités philosophiques sur Internet pis l’monde vont pas les voir, l’monde aime ça le cul… » 

Nicolas Handfield et Samuel Landry

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1 commentaire

Classé dans Culture et société, Philosophie, Uncategorized

Une réponse à “Non mais, n’avez-vous jamais vu de porno?

  1. J’ai survolé cet article, et ce que je me rappelle, c’est la partie sur le désir des hommes de venir dans la bouche des femmes ou dans leur cul. En fait, un problème de la consommation de la porno, c’est que le moment réel venu, certains seront portés à projeter leurs fantasmes sur leur partenaire, plutôt que d’en faire un acte d’amour, de création, ou juste de plaisir mutuel. Tout le monde projette ses fantasmes, c’est normal de le faire jusqu’à un certain point, les femmes y compris bien sûr. Toutefois, il y a problème lorsque la personne devant soi, son être, est éclipsé au profit de ce qu’on désire voir, entendre, etc. Et j’imagine que la consommation non réfléchie, non éduquée, de porn entraîne chez certains un comportement où, en effet, le consommateur imite le comportement qu’il voit, c’est-à-dire un comportement d’homme qui soumet, qui manipule, et qui dénigre.
    Toutefois, je me rappelle aussi que l’article semblait dénigrer certains comportements sexuels  »nouvellement tendance »,et ça, j’ai pas aimé du tout. Les fantasmes sont dans la nature, s’ils sont faire avec un consentement mutuel, y a pas de honte à faire ressentir à autrui… pff.

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