Archives de Catégorie: Science

Nouvelles technologies à l’école? On se calme le pompon!

en 2000

Numérique et éducation

Un groupe de jeunes éthiciens appelle à la prudence

Fabien Deglise, Le Devoir, 26/08/

Distractions, paresse intellectuelle, dégradation des liens sociaux, banalisation du plagiat, diminution des capacités de mémorisation et possible dépendance à certaines technologies restrictives : l’introduction d’outils numériques dans les écoles du Québec n’est pas sans risques, estime un groupe de jeunes éthiciens qui appellent du coup à une introduction raisonnée de la technologie dans le système d’éducation, avec prudence et esprit critique.

Dans un avis d’une trentaine de pages intitulé L’éthique et les TIC [technologies de l’information et des communications] à l’école : un regard posé par des jeunes et dévoilé au début de la semaine, la section jeunesse de la Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST-Jeunesse) reconnaît que la technologie est désormais ancrée dans le quotidien des jeunes du Québec et qu’elle impose par le fait même sa présence dans le monde de l’éducation. Ces outils ne devraient d’ailleurs pas voir bannir leur usage pédagogique, écrivent les auteurs, puisqu’ils rapprocheraient les jeunes de l’école et offriraient de nouvelles façons de lutter contre le décrochage scolaire. Mais leur entrée dans les salles de classe doit se faire avec précaution, ajoutent-ils, et ce, afin d’éviter les nombreux « effets indésirables » qui peuvent venir avec.

Nombreux écueils

Les écueils ne manquent pas, selon ce groupe de jeunes éthiciens qui craignent, entre autres choses, que la grande quantité d’information à laquelle les TIC donnent accès aux élèves n’encourage à la longue une « certaine paresse intellectuelle ». « Le simple accès facile, rapide et sans effort à l’information pourrait mener à accepter cette information telle quelle, à la retransmettre sans chercher à la comprendre », peut-on lire dans l’avis. Du coup, « l’élève doit apprendre plus que jamais à exercer son esprit critique pour aller au-delà de l’information et acquérir un réel savoir ».

La CEST-Jeunesse s’inquiète également de la déshumanisation des rapports sociaux induite par le numérique et qui, à la longue, pourrait avoir un « effet négatif sur le développement social des élèves » tout en participant à « une dégradation du lien humain entre les élèves et leurs enseignants ». Ces outils et les réseaux sociaux qu’ils animent pourraient également causer la perte d’une « distance nécessaire dans la relation entre enseignants et élèves » et un « recul de l’autorité de l’enseignant », craignent les auteurs du document.

« Cette réflexion sur la place de la technologie dans l’univers de l’éducation est très intéressante, commente à l’autre bout du fil Patrick Plante, chercheur en technologies éducatives et expert-conseil de la CEST-Jeunesse pour l’élaboration de cet avis. On pourrait croire que les jeunes ont une ouverture aveugle et sans limites à la technologie appliquée à l’éducation. Ici, ils sont plutôt capables de critiques et même d’un certain conservatisme en s’inquiétant des valeurs implantées dans le milieu scolaire par ces outils, qui ne sont pas neutres, des effets de cette technologie sur la mission des maisons d’éducation et des conséquences que cela peut avoir sur la société. »

Des recommandations

Dans son avis, la Commission de l’éthique en science et en technologie jeunesse — présidée par Charbel Abi-Saad, étudiant au collège Jean-de-Brébeuf —, à laquelle douze étudiants du Québec ont siégé, recommande d’ailleurs au ministre de l’Éducation de partager le même genre de préoccupation en commandant, à titre d’exemple, des « études rigoureuses permettant de démontrer l’efficacité pédagogique [d’une technologie] avant de procéder à [son] implantation », mais également en laissant entrer dans le monde de l’éducation des outils ne répondant pas à des phénomènes de mode et à des impératifs marchands, mais offrant plutôt une réelle « plus-value » pour l’élève et son accès au savoir.

Le groupe encourage également Québec et les décideurs des milieux scolaires à opter pour des technologies ouvertes, portées entre autres par le logiciel libre, mais également à favoriser le partage de ces technologies entre les établissements scolaires pour « atténuer les inégalités » et stimuler l’accès équitable aux nouveaux outils pédagogiques pour l’ensemble des élèves de la province.

Rendu public discrètement lundi, cet avis est le sixième de la section jeunesse de la CEST, qui, par le passé, s’est penché sur les enjeux éthiques liés au plagiat électronique, au neuromarketing, à la publicité, à la cyberintimidation ou encore aux soins de santé personnalisés. Dans son message introductif, la présidente de la Commission, Édith Deleury, espère que ce regard d’un groupe de jeunes éthiciens va « enrichir le débat qui a cours sur la place des technologies dans l’école de demain ».

L’éthique et les TIC à l’école

***

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Philosophie, Politique, Science

Hey toi! Viens visiter mon cabinet de curiosités!

cabinet cospraumsep

Mélangeant étrangeté et fascination, les cabinets de curiosités qui apparurent aux 16ième et 17ième siècles peu après la Renaissance, pourraient être désignés comme étant l’ancêtre du musée d’histoire naturelle. Ce lieu avait comme principe d’entreposer et d’exposer plusieurs articles en tous genres, souvent de nature rare et étrange. Ces objets de collection pouvaient être  » naturel « , c’est-à-dire qu’ils provenaient du monde animal, végétal ou minéral, mais on pouvait aussi y trouver des objets issus du travail de l’homme comme des œuvres d’art, armes, instruments scientifiques, etc. Ainsi dans les cabinets de curiosités, les collections s’aménageaient très souvent en quatre genres qui sont nommés en latin.

Artificialia: ce sont les objets créés ou modifiés par l’homme.

Naturalia: les objets ici sont centrés sur leur côté naturel, mais on retrouve aussi un intérêt pour les créatures (ce qui inclut les monstres dans une époque où on croyait encore beaucoup à la fantaisie).

Exotica: La catégorie qui s’occupe des plantes et des animaux exotiques.

Scientifiqua: On regroupe les instruments scientifiques.

Les personnes qui contribuaient ou qui possédaient ce genre de lieu sont très diverses, et ces lieux pouvaient être aussi bien être privés que publics: collections, institutions comme des écoles de médecine, vétérinaire ou autres. Les raisons d’entreprendre une telle mission étaient aussi bien motivées par la curiosité intellectuelle (les personnes possédant un tel lieu étaient nommées des curieux aussi) et l’esprit d’exploration, mais l’envie de montrer sa richesse ainsi que ces tendances érudites et ainsi gagner un certain prestige étaient aussi totalement plausibles. Ces lieux étaient donc très souvent consultés par diverses personnes, mais occupaient une place beaucoup plus importante chez la communauté scientifique où on diffusait et présentait souvent le contenu de ce lieu auprès des savants en Europe qui étudient parfois les objets.

Les cabinets de curiosités ont joué un rôle assez important dans le domaine du savoir, le but de ces lieux était souvent de comprendre le monde qui nous entoure, ceci incluant toute sa diversité et son étrangeté en créant un milieu social bizarre qui attire la curiosité et l’étonnement. Car les objets présents dans cet endroit sortaient totalement de l’ordinaire et leurs caractères très divergents et insolites attiraient énormément l’attention. Le côté pédagogique des cabinets de curiosités prend surtout de l’ampleur au Siècle des Lumières, les collections étant d’abord disparates, elles vont au fur et à mesure se rassembler dans des collections beaucoup plus précises ce qui va faciliter le côté  » encyclopédique  » de ce lieu.

Mais au fil des années et particulièrement au 19ième siècle, les cabinets de curiosités ont subi un déclin avec l’apparition des institutions officielles et privées comme les musées gérés par l’État. Mais on retrouve aujourd’hui un nouvel intérêt pour ce lieu qui avait tant fasciné dans le temps, ce lieu se réactualiste et on voit l’engouement des gens à ce sujet par exemple en France où les colloques et expositions se succèdent un peu partout.

Sereffettin Ozturk

Poster un commentaire

Classé dans Art, Culture et société, Histoire, Science

Qu’est-ce que « le code »?

Capture d’écran 2015-06-11 à 23.57.37

Tout sur « le code » ici

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire et civilisation, Lettres, Philosophie, Politique, Science

Qu’est-ce qu’une fractale?

fractaleqil3cq2d1

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Philosophie, Science

L’arbre des langues indo-européennes

indo-euro

The Guardian: A language family tree in pictures

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Histoire, Lettres, Science

L’économie est une religion

maris

Bernard Maris (23/9/46 – 7/1/2015), l’économiste en chef de Charlie Hebdo, à l’humour digne de cette joyeuse maison, prof d’économie rêvé, fait partie des tristes victimes des attentats du 7 janvier. Ses compétences, ses responsabilités dans la vie civile (membre du conseil scientifique d’Attac et membre du conseil général de la Banque de France), n’avaient d’égales que la singularité absolue de ses positions dans le monde uniforme et puissant des économistes : partisan de l’instauration d’un revenu d’existence universel, il militait dernièrement pour la sortie de l’euro et l’effacement d’une partie de la dette privée et publique. Journaliste, professeur, esprit curieux et ouvert, Bernard Maris était une personnalité à part, un style en soi, brillant et mordant, comme dans cette Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles. Extraits en guise d’hommage épistolaire.

Source: des lettres

2003

L’économie est un anesthésique du même tabac que le latin à l’église, et sans doute l’économie a t’elle beaucoup gagné là où la religion a beaucoup perdu. Il y a un côté transique dans la prière commune, que l’on retrouve dans l’incantation économique à la Confiance chantée en canon dans toutes les réunions, du G7 ou d’ailleurs.

N’importe quel esprit un peu ouvert comprenait que le communisme était une « perversion de la rédemption des humbles », une hérésie religieuse, mais une religion tout de même. Point n’est besoin d’être grand clerc pour voir dans l’économie orthodoxe, la loi de l’offre et de la demande et le libéralisme idéalisé une utopie, comme le communisme, et comme lui une religion avec ses fidèles, ses papes, ses inquisiteurs, ses sectes, son rituel, son latin (les maths), ses défroqués, et peut être un jour, rêvons, son Pascal et son Chateaubriand.

La « main invisible », ruse hégélienne de la raison, raison dominant la raison des hommes, est un avatar du Saint -Esprit. Idem le marché (son autre nom) omnipotent, omniprésent et ubiquitaire, être de raison supérieure, substance immanente et principe des êtres – « vous n’êtes qu’un raisonnement coût-bénéfices » — cause transcendante créant le monde, et qui a tous les attributs de la divinité, y compris le destin : personne ne peut échapper au marché. Il existait avant vous et existera après. Dès lors il est impossible de penser l’après-économie. Voilà pourquoi la fin de l’histoire, la new economics (la fin des cycles, vieille resucée libéralisée des croyances en la croissance optimale en vigueur dans l’après-guerre) sont indissociables du libéralisme. La fin de l’histoire arrange bigrement ceux qui ont le pouvoir. La fin de l’histoire, c’est bien si je suis en haut. L’éternité du marché, qui justifie la domination de quelques dizaines de milliardaires dont la fortune équivaut au PIB cumulé des cinquante pays les plus pauvres, ressortit au principe du droit divin. Le droit du marché est le droit du plus fort. Les dictateurs ont toujours cherché à justifier démocratiquement, par 98% de oui, leur place.

Si l’économie est une religion, ce que pensent, finalement, beaucoup d’économistes ayant pignon sur colloque ou place dans les conseils du Prince (« L’économie politique est la religion de notre temps », Serge Latouche : « L’économie politique est la religion du capitalisme », Michel Aglietta et André Orléan), indiscutablement le marché, sa divinité, a une certaine allure : la Raison, le Progrès, le Bonheur, la Démocratie et autres candidats fort acceptables à l’essence éternelle sont tous contenus en lui.

Les problèmes des religions c’est qu’elles engendrent les fanatismes, les sectes (on disait, à juste titre, dans les salons de Louis XV, la « secte des physiocrates », personnages qui se signalaient par leur arrogance et la complexité de leurs discours), les héterodoxies, les papes, les gourous, l’École de Chicago est une secte, bornée à bouffer du foin, mais dangereuse et convaincante comme toutes les sectes. Les libertariens sont une secte, à peine plus sectaire que la précédente. Les chartistes sont une secte. La société du Mont-Pèlerin est une secte avec ses rites et ses cravates ornées du visage d’un douanier. Les micro-économistes sont une secte. Les théoriciens de l’économie industrielle sont une secte, dont l’obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos. Il n’est pas difficile de repérer le taliban sous l’expert, et le fou de Dieu sous le fou de l’incitation.

Il y a aussi une manière rigoriste ou désinvolte de pratiquer, en trompant son monde et allant à la confesse. Il y a les prêcheurs et les convertis. Les libéraux les plus fanatiques viennent souvent du marxisme, c’est-à-dire ont changé simplement de religion. On voit des abbés de cour, des Trissotin, des pères Duval ou des abbés Dubois, des Talleyrand qui clopinent et des chanteurs en grégorien, des beautés et bontés du marché. Mais le problème de la religion est qu’il est extrêmement difficile, lorsqu’on en a été nourri, de penser hors d’elle. […]

Au fait, les économistes… De quoi parlez-vous ? Savez-vous que lorsqu’on a compris que la « science » économique était une religion, l’économie devient passionnante ? On peut l’aborder sous l’angle de la mathématique pure — rien n’est plus respectable que le plaisir pur du chercheur, détaché des contingences mercantiles, qui produit ses théorèmes de mathématique, mais qu’il ne les baptise lois économiques, par pitié ! Sous l’angle de l’histoire des faits, de la pensée, de la philosophie économique, de la comptabilité, de la statistique descriptive… De la rhétorique — comme il est amusant, alors, d’observer les travaux de couture des uns et des autres pour emmailloter plus ou moins habilement dans de la « science » leur idéologie !

La Révolution avait coupé le cordon religieux. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, avec la coupure du cordon de la religion économique.

Alors, les économistes… De quoi parlez-vous ? Du Saint-Esprit ou de la valeur ?

Bernard Maris, Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles, Le Seuil, 2003.

***

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Histoire et civilisation, Philosophie, Politique, Religion, Science

Robotisation du travail

robotisation

 

Vers une révolution dans le monde du travail?

Nic Ulmi, Le Devoir 29/09/14

Le Pew Research Center a demandé à 2000 experts de se projeter en 2025 et de prédire de quoi sera fait l’avenir quand les machines intelligentes auront investi tous les secteurs de l’économie. Chômage pour tous ? Oisiveté généralisée ? Voyons un peu.
« Mon fils, qui a 10 ans, pense qu’il n’aura pas besoin d’apprendre à conduire et à faire ses courses. Il lui suffira de cliquer, et les choses qu’il désire arriveront d’elles-mêmes. »

C’est ainsi que la Californienne Nilofer Merchant, entrepreneuse en série et essayiste futuriste, décrit la vie quotidienne après l’avènement généralisé de la robotique, prévu pour 2025. Vision naïve, que nous avons tous (non ?) caressée dans notre enfance : un monde où il suffirait d’appuyer sur un bouton.

La différence, c’est qu’aujourd’hui les adultes disent la même chose, et qu’ils ne rêvent pas à voix haute, ils énoncent ce qui adviendra. Dans dix ans, l’intelligence artificielle et les robots seront partout. « Ce sera comparable à la pénétration des téléphones portables aujourd’hui », annonce le futurologue et pédagogue Marc Prensky, directeur de la fondation Global Future Education.

Au secours ? À ce titre, dans son rapport publié en août, le vaste think tank issu de l’ONG états-unienne Pew Charitable Trusts, pose un diagnostic fortement polarisé sur la question centrale de l’avenir de l’emploi.

I Robot ou robot invisible ?

De quoi parle-t-on ? D’un monde qui aurait basculé dans un film de science-fiction à laI Robot ? « La culture populaire a un penchant pour les robots anthropomorphes musclés (Transformers, Terminator) et pour les superordinateurs dotés d’une intelligence de type humain (HAL 9000 dans 2001, l’Odyssée de l’espace) », relève le rapport.

Or, dans la vraie vie, la technologie évolue « dans la direction opposée, avec une intelligence profondément enfouie dans la mécanique complexe d’appareils et d’interactions digitales en apparence simples, voire invisibles. Les ordinateurs disparaîtront et les objets ordinaires deviendront magiques », avance en sens John Markoff, journaliste scientifique au New York Times. Invisibilité, disparition, magie : mots récurrents dans ce document, où la technologie apparaît fondue « dans le paysage ordinaire ». « Un instantané d’une scène de rue urbaine en 2014 n’a pas l’air si différent d’une photo prise il y a 50 ans… », remarque Seth Finkelstein, programmeur et activiste de la libre expression numérique.

Effacés, engagés avec nous dans des interactions surtout vocales, les robots seront partout. Ils auront semé et récolté nos blés, préfabriqué nos maisons, construit nos voitures — lesquelles seront, elles aussi, des robots. Le sociologue Howard Rheingold balaie, à ce propos, la méfiance que suscite le véhicule sans conducteur : « Comment pourrait-il faire un moins bon travail que les humains égoïstes, ivres, drogués ou distraits qui transforment nos routes en bains de sang ? »

Plus troublant, plus inattendu, on nous annonce que les machines intelligentes auront fait irruption dans les domaines de l’enseignement, des soins personnels et de la santé.« Vos radiographies seront examinées par une batterie d’intelligences artificielles du niveau Watson [le programme d’IBM qui a battu deux champions du jeu téléviséJeopardy ! en 2011] et les humains ne seront appelés à la rescousse que si les machines sont en désaccord entre elles », assure Stowe Boyd, chercheur en chef du site d’information technologique GigaOM. Et ce n’est pas tout : « Dans les cabinets d’avocats, les employés qui préparaient la communication des pièces ont été remplacés par des logiciels » [des algorithmes d’analyse prédictive, précisément], signale Robert Cannon, spécialiste du droit numérique. C’est le noeud de la question : quels effets sur l’emploi, et par là, sur le bien-être général ?

L’avenir des travailleurs évincés

Entre les optimistes (52 %) qui pensent, à l’image du « co-inventeur d’Internet », Vint Cerf, qu’« historiquement la technologie a créé davantage d’emplois qu’elle n’en a détruit », et les pessimistes (48 %) qui craignent le contraire, le match est presque nul. « Les robots seront les nouveaux travailleurs immigrés », note, dans le rang optimiste, J. P. Rangaswami, scientifique en chef de l’éditeur de logiciels Salesforce.com : les automates feront, à bas coût, les travaux dont les humains ne veulent pas, permettant à tout le monde de se consacrer à des tâches plus gratifiantes, dont créer et programmer les robots, justement. On verra aussi « une demande croissante pour des produits artisanaux faits par des humains » et une tendance « vers la relocalisation et la réhumanisation de l’économie », s’enthousiasme, dans une contribution anonyme, un chercheur de la firme high-tech BBN Technologies.

Les meilleurs emplois, nous dit-on, échapperont toujours aux machines. « Les gens vont être surpris de constater à quel point l’intelligence artificielle est limitée », anticipe Michael Glassman, chercheur en sciences de l’éducation à l’Université de l’Ohio. « La semaine de travail a chuté de 70 heures à environ 37, et je m’attends à ce qu’elle continue à baisser. Il y aura donc le même nombre d’emplois », pronostique de son côté Hal Varian, économiste en chef chez Google. Le même bien-être pour moins de travail. Qui dit mieux ?

Les travailleurs supplantés par des machines pourront-ils se requalifier ? Les pessimistes craignent que non. « Il y aura un marché du travail dans le secteur des services pour des tâches non routinières, donc non automatisables, mais qui peuvent être exécutées de façon interchangeable par à peu près n’importe qui, et ces emplois ne rapporteront pas un salaire suffisant pour vivre », prophétise Justin Reich, du Center for Internet Society à l’Université Harvard. « L’écart de revenu entre les travailleurs qualifiés, dont le travail ne peut être automatisé, et tous les autres s’élargira. C’est une recette pour l’instabilité », prévient de son côté Tom Standage, rédacteur en chef de l’édition numérique de The Economist. Érosion des couches moyennes, création d’une « sous-classe » vouée au chômage permanent : « À quoi servent les gens dans un monde qui n’a pas besoin de leur force de travail, et où seule une minorité est nécessaire pour guider une économie fondée sur les robots ? », se demande Stowe Boyd.

Que faire ? Le Pew Research Center ne suggère rien. Les intervenants du rapport dessinent, eux, trois pistes. La première fait froid dans le dos : militarisés, les robots serviront, aussi, à « réprimer les dissensions ou les actions politiques qui viseraient à mieux distribuer les gains dus à l’avancée technologique », met en garde Frank Pasquale, juriste spécialisée dans les nouvelles technologies à l’Université du Maryland. La deuxième voie fait appel à une rationalité économique bien rodée, renvoyant à« Henry Ford, qui avait compris qu’il ne ferait pas de bonnes affaires si ses propres employés ne pouvaient pas se permettre d’acheter une voiture », rappelle Nilofer Merchant. La dernière piste ? Évoquée sur la pointe des pieds, car « idéologiquement risquée » selon les mots du rédacteur en chef de la MIT Technology Review, Jason Pontin, elle réside dans la déconnexion du travail et du revenu, envisageable dans une société où les biens et les services se produisent pour ainsi dire tout seuls. Il s’agit alors d’envisager « un moyen de distribution des richesses », suggère l’entrepreneur Bob Frankston, du secteur numérique.

BLx

 

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Histoire et civilisation, Philosophie, Politique, Science

La Fiction Historique, l’Histoire fictive

À lire en ayant présents à l’esprit certains passage de la Poétique d’Aristote…

fabricationscouv

AUTOUR DU RÉCENT ESSAI DE LOUIS HAMELIN

Fabriquer l’Histoire

Jonathan Livernois, Le Devoir, 27/08/14

Faits, fictions, souvenirs, oublis : où est la vérité quand on se met à fabriquer, à récupérer l’Histoire ? L’essayiste Jonathan Livernois et Louis Hamelin en discutent autour du récent essai de ce dernier.

Quand le gouvernement fédéral décide que le Musée canadien des civilisations devient le Musée canadien de l’histoire, on se dit que la connaissance du passé est entre de bonnes mains. Tout dépend, bien sûr, de l’histoire qu’on choisit : Thérèse Casgrain en a récemment fait les frais. À une époque où les politiciens font bien ce qu’ils veulent et où les historiens ne rejoignent que rarement un large public, on souhaite que les romanciers s’y donnent à coeur joie. Pas pour camper un décor nostalgique où « il était une fois des gens heureux ». Mais bien plutôt pour que ça fasse mal. À ce titre, Louis Hamelin en connaît un bon bout, surtout après son roman La constellation du lynx (Boréal, 2010). Son essai qui paraît ces jours-ci aux Presses de l’Université de Montréal, Fabrications, lui permet d’aborder ces questions cruciales que sont notre rapport à la vérité, notre rapport à la fiction, notre rapport à toutes les récupérations officielles ou non de l’histoire, cette bête sensible.

La Crise d’octobre est, comme plusieurs événements de notre histoire nationale, un véritable panier de crabes. La mort de Pierre Laporte est-elle un accident ou un meurtre ? Les autorités policières connaissaient-elles les planques des felquistes à Saint-Hubert et à Montréal-Nord ? Ça prenait un romancier, pas gêné pour deux sous et tenace comme Hamelin, pour s’en mêler. Le roman peut-il dire vrai ? Peut-il viser plus juste que l’histoire des historiens ? Partant de deux interprétations de l’enlèvement par les Brigades rouges du président du Conseil italien, Aldo Moro, en 1978, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Pierre Laporte, l’écrivain révèle crûment l’alternative : ou bien on accepte l’idée que quelqu’un va finir par dire toute la vérité sur la Crise d’octobre ou bien on tient le pari qu’il n’y a que des vérités partielles qui se contredisent et s’entrechoquent.

Fabrications est la démonstration que, dans un contexte où personne n’offre de réponses satisfaisantes, écrire un roman est la seule façon de nettoyer, autant que faire se peut, les écuries d’Augias. L’auteur l’écrit : « J’en suis tranquillement venu à la conclusion que la fiction officielle devait être combattue par la fiction. » Plus encore, il s’agira pour lui d’écrire un roman « heuristique », publié « expressément pour heurter les conceptions bien établies des historiens patentés ». Ses idées sont claires : les autorités policières, sous le couvert d’une soi-disant inefficacité, en savaient beaucoup plus long sur les felquistes qu’elles ne voulaient le dire. Elles les laissèrent manoeuvrer pour mieux se discréditer. La conclusion de l’écrivain sur la mort de Pierre Laporte est lourde de conséquences : « La mort de Laporte fut bien, aucun doute là-dessus, le résultat d’une sorte d’accident… Le noeud de l’affaire, c’est qu’on permit à cet accident d’arriver. » Hamelin est convaincant, malheureusement.

Inventions

Cet essai est lucide, souvent drôle et particulièrement inventif. Il n’empêche qu’une question s’impose : si le roman a été le lieu de toutes ces révélations, pourquoi choisir l’essai pour boucler la boucle ? On a l’impression qu’il existe, chez Hamelin, une différence de degré entre le roman et l’essai, comme si ce dernier genre se rapprochait davantage du « réel ». On ne joue plus ? Hamelin discute avec son alter ego fictif, Samuel Nihilo, qui était au coeur de son roman La constellation du lynx. Nihilo lui rappelle que ce qu’il dit n’est pas nouveau, qu’il tenait des propos semblables dans le roman. Hamelin répond tout de go : « Ouais, mais de le répéter ici, dans un essai, ça me fait drôle. » Comme si le romancier avait tout à coup l’impression de se mettre à nu, de ne plus avoir d’abri littéraire. Mais, pourtant, l’essai n’est-il pas un autre genre tout aussi fictif que le roman ? Hamelin, en entrevue, confie son désaccord : « L’essai est “ construit ”, bien sûr, comme tout texte littéraire, c’est une fabrication, ce qui n’entraîne nullement qu’il doive être considéré comme fictif à l’instar d’un roman. »Pourtant, l’écrivain, inspiré notamment par Norman Mailer, utilise des techniques romanesques pour construire son essai : café partagé avec son alter ego Nihilo, narration à la troisième personne, faux entretien téléphonique avec Réjean Tremblay, en train d’écrire un nouvel épisode de ScoopVIII, et transformation du professeur de littérature Jacques Pelletier en « personnage d’autofiction ». Quoi qu’Hamelin en dise, l’essai est bel et bien traversé de fictions.

On retiendra notamment une scène ironique où Hamelin donne à lire un extrait du « scénario » que Réjean Tremblay est en train d’écrire. Scoop VIII – Le Bleuet fait des p’tits : on retrouve le personnage qu’interprétait jadis Roy Dupuis, le journaliste playboy Michel Gagné. Par une étonnante coïncidence, ce Gagné enquête aussi sur la Crise d’octobre. Tout à coup, le faux personnage de Tremblay devient une sorte de double d’Hamelin. Et nous voilà tous plongés dans un pastiche de série B ou un mauvais roman policier. Rien de tout cela n’était donc sérieux ? Du carton-pâte ?Fabrications serait un jeu d’écrivain, en somme.

Il n’y a pas grand-chose de réglé au sortir de Fabrications. Quand on repense à Octobre, ça fait toujours aussi mal. C’est sans doute la principale qualité de cet essai, qui n’en manque pourtant pas. D’ailleurs, il a reçu le prix Études françaises 2014. L’un des premiers lauréats de ce prix fut Gaston Miron, à qui on avait ainsi arraché L’homme rapaillé. C’était en 1970, quelques mois avant son arrestation et celle de 450 personnes, tandis que le gouvernement canadien venait de voter la loi sur les mesures de guerre…

Louis Hamelin, Fabrications: essai sur la fiction et l’histoire, Presses de l’Université de Montréal, 2014

BLx

 

Poster un commentaire

Classé dans Art, Cinema, Culture et société, Histoire, Histoire et civilisation, Lettres, Philosophie, Politique, Science

Abeilles en péril

Abeille1_thumb

BLx via Guillaume Campeau

 

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Science, Uncategorized

ϕ́υσις / τέχνη

40 fruits

L’arbre aux 40 fruits

Un artiste a créé, au moyen de greffes, un hybride où pousse une variété de fruits

Mélanie Loisel, Le Devoir 1/08/14

En pleine ville de New York, un professeur d’art de l’Université de Syracuse, Sam Van Aken, vient de réussir un tour de force en créant un arbre unique capable de produire une variété de fruits à noyau. L’arbre aux 40 fruits, comme il l’appelle, est devenu une véritable curiosité à travers le monde, alors qu’il est possible d’y cueillir à la fois des pêches, des nectarines, des prunes, des abricots, des cerises et peut-être même des amandes, cette année.

« J’avais envie de créer une sorte d’arbre de la vie », lance M. Van Aken lors d’une entrevue téléphonique accordée au Devoir. Cette folle idée lui est venue en 2008, lorsqu’il a appris que le centre d’expérimentation agricole de New York risquait de fermer ses portes. L’artiste contemporain a décidé d’acheter le terrain pour éviter de perdre cette terre fertile et reconnue pour ses cultivars de prunes et d’abricots. « J’ai grandi dans une ferme, la nature a toujours été pour moi une source d’inspiration et ce verger était le plus riche en variétés de fruit à l’Est des Rocheuses américaines », note-t-il.

En fait, il y avait plus de 250 variétés de fruit à noyau, dont certaines variétés autochtones et antiques dataient de plus d’un siècle.

Art floral

M. Van Aken s’est alors mis à imaginer un arbre au feuillage multicolore en s’inspirant notamment des tableaux de Monet. Pour arriver à créer ce spécimen, il s’est mis à élaborer un calendrier en prenant en considération la floraison de toutes les variétés de fruit. Puis, il a pris une première bouture d’arbre de trois ans qu’il a laissé pousser, avant de commencer à greffer aux branches différentes variétés de fruit. Il a utilisé une technique appelée « greffe en écusson ».

« En greffant dans un certain ordre les variétés sur l’arbre, je voulais arriver à créer un arbre qui non seulement produise plusieurs fruits, mais aussi qui ressemble à une sorte d’oeuvre d’art quand il est en floraison », explique-t-il.

Pendant cinq ans, M. Van Aken a ainsi greffé ses variétés de fruit sur son plant d’arbre initial, puis il a dû attendre presque deux ans avant que les premiers fruits n’apparaissent. « C’était vraiment surprenant de voir toutes ces variétés de fruit », s’exclame-t-il, ajoutant qu’il a planté différents cultivars tels que des prunes vertes de France, des prunes asiatiques et même une variété de pêche de l’Ontario.

Et, à l’écouter, les fruits qui ont poussé sont délicieux. « Ça n’a rien à voir avec ce qu’on goûte au supermarché, assure-t-il. Il y a même une variété qu’on n’a jamais vue au marché, ça goûte comme la banane et ça ressemble à une pomme verte. »

Mais, pour le moment, son premier arbre à 40 fruits, situé sur le campus de l’université, n’est pas encore arrivé à maturité. Entretemps, une quinzaine d’arbres similaires ont aussi été plantés près de musées et de centres communautaires au Massachusetts, au New Jersey et en Californie.

Dix ans après leur plantation, M. Van Aken soutient que les arbres aux 40 fruits devraient en faire voir de toutes les couleurs aux passants avec ses teintes de rose, de fuchsia et de blanc lors de sa floraison au printemps. Les fruits qui y seront cueillis seront remis aux fermiers locaux, à moins, bien sûr, que les écureuils et les étudiants ne les récoltent auparavant !

BLx

1 commentaire

Classé dans Art, Culture et société, Philosophie, Science

Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau (1692)

tumblr_n4t3i11rYf1soj7s4o4_500

À la fin du XVIIè siècle, un artiste hollandais du nom de A. Boogert, a fabriqué à la main un livre de plus de 700 pages dans lequel il s’applique à montrer comment mélanger les couleurs et comment obtenir pour chacune d’elle différentes tonalités. Ce faisant il a, ni plus ni moins, procédé à la quasi recension de toutes les couleurs connues… Ce Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau de 1692 est une pure merveille!

colors-1

tumblr_n4t3i11rYf1soj7s4o3_500

colors-3

colors-4

colors-2

colors-5

Déposé à la Bibliothèque Méjanes d’Aix en Provence, on peut ici le consulter dans son entièreté. C’est à l’historien hollandais  Erik Kwakkel que l’on doit la redécouverte de cette extraordinaire document.

Sources: Open Culture

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Art, Histoire, Histoire et civilisation, Science

Le paléoindien et l’archaïque ancien

big_316

Découverte archéologique surprenante en Estrie

Pauline Gravel, Le Devoir 4/07/14

À East Angus en Estrie, des archéologues viennent d’exhumer sur les rives de la rivière Saint-François unmillier d’artefacts datant vraisemblablement de 8500 à 9500 ans, qui auraient été fabriqués par des descendants des premiers humains à avoir peuplé l’Amérique.

Éric Graillon, aujourd’hui archéologue au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, avait repéré le site en 1998 lors de sondages de prospection. Il y avait alors découvert des artefacts à une profondeur de 40 à 65 cm, alors que la plupart des vestiges retrouvés ailleurs en Estrie se situaient dans les 30 premiers centimètres de sol. De plus, les objets découverts avaient été sculptés dans une pierre absente dans la région, une rhyolite provenant du nord du New Hampshire et du Maine. Ces deux observations ont alors convaincu les archéologues que ces artefacts étaient fort probablement très anciens.

« On sait que des objets qui ont été abandonnés par des groupes humains ont pu s’enfoncer encore plus profondément sous l’action du gel et dégel ainsi que des animaux fouisseurs et des racines des arbres », explique le professeur Claude Chapdelaine, du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, qui a dirigé les fouilles à East Angus. « Dans 98 % des sites québécois, les objets se sont enfoncés ainsi de 30 cm. Mais il n’y a qu’un seul moment où les objets ont bougé de 60 à 80 cm, c’est à la fin de l’âge glaciaire. »

De 2002 à 2012, Claude Chapdelaine a fait des fouilles dans la région de Mégantic sur le site Cliche-Rancourt vieux de 12 500 ans qui est le seul site au Québec de la période du paléoindien ancien et qui renferme les traces des premiers humains à occuper le Québec.
Les Paléoindiens sont arrivés en Amérique en traversant le détroit de Béring, il y a 13 500 ans. Ils se sont d’abord installés dans les grandes plaines de l’Ouest américain, où ils ont inventé la pointe de projectile à cannelures, propre à la culture Clovis. Puis, de là, ils ont propagé cette culture à travers toute l’Amérique en migrant vers l’est.
« Les groupes paléoindiens anciens sont arrivés au sud de notre région il y a 12 800 ans. À cette époque, ils ne pouvaient pas pénétrer au Québec car celui-ci était couvert par la mer de Champlain et le glacier au nord. Mais il y a 12 600 ans, ils ont remonté la rivière Kennebec et l’un de ses petits affluents, la rivière Dead, qui les a menés sur le col de montagne le plus bas de la région. Et c’est ainsi qu’ils ont atteint le site Cliche-Rancourt près de Mégantic », raconte M. Chapdelaine.

L’archaïque ancien

 Aucune pointe à cannelures n’a été trouvée à East Angus à ce jour. Les objets qu’on y a recueillis sont surtout des grattoirs pour travailler les peaux et d’autres matériaux, dont plusieurs sont en rhyolite provenant du nord du Maine et du New Hampshire. Avec le quartz local, les hommes de l’époque ont fait des grattoirs, des racloirs et des couteaux spontanés servant à gratter, couper, scier. On a aussi exhumé « des éclats utilisés et des nucléus » (ces noyaux de roche dure dont on extrayait des éclats, des lames). « Pour avoir une réponse claire et nette [de l’âge de ce site], il nous manque toujours des pointes de projectile à cannelures. Mais il reste encore une bonne partie du site à fouiller », dit avec espoir M. Chapdelaine.

L’équipe de cinq archéologues qui a fouillé sur le site d’East Angus pendant deux semaines a sorti du sol plus de 1000 fragments issus de ce travail de taille. « Ce genre de découverte est assez caractéristique des sites anciens des chasseurs, pêcheurs, cueilleurs », souligne le chercheur.

Au milieu de ces fragments, les archéologues ont également retrouvé des charbons de bois et des pierres chauffées ayant été rougies et éclatées par le feu, qui proviennent vraisemblablement d’un ancien foyer. M. Chapdelaine prévoit d’envoyer certains de ces charbons de bois en Floride pour qu’ils soient datés au carbone 14, ce qui permettrait de confirmer ou d’infirmer son hypothèse. Et au laboratoire du géologue Michel Lamothe de l’UQAM, on déterminera depuis combien de temps les pierres chauffées n’avaient pas été exposées au soleil par la technique de luminescence optique.

site

Claude Chapdelaine estime que les traces d’activité humaine découvertes sur le terrain de la papeterie Cascades à East Angus remontent à l’archaïque ancien, la période ayant succédé au paléoindien. « Il s’agirait du premier site de l’archaïque ancien en Estrie », dit-il.

Les humains qui l’ont habité provenaient probablement du sud, croit M. Chapdelaine. « Il s’agissait de montagnards venant du nord du Maine, du Vermont et du New Hampshire, et qui continuaient d’entretenir des relations avec des groupes de ces régions du sud, comme le montrent les objets en rhyolite provenant du nord du Maine et du nord du New Hampshire qui ont été découverts à East Angus, mais aussi à Cliche-Rancourt. »

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Culture et société, Histoire, Histoire et civilisation, Science

Les licornes et les dragons existent!

monoceros2G

Les scientifiques disent que l’univers est en continuelle expansion, ou en d’autres mots, infini. Cela est, bien sûr, purement théorique, mais si on considère cela comme un fait, on peut déduire que tout existe, même Dieu.

En effet, si je vous pose la question suivante : Quelles sont les probabilités qu’il y ait une autre planète comme la nôtre avec des humains qui vivent la même histoire que nous ? Vous me diriez tous que les chances sont minuscules ou quasiment inexistantes, mais vous ne pourriez jamais dire que c’est impossible. Pour quelle raison notre monde ne pourrait pas avoir un jumeau? Absolument aucune. Cependant, c’est comme lancer 5 milliards de 25 cents dans les airs et espérer qu’ils tombent tous du côté face, c’est théoriquement possible, mais les chances sont minces, mais c’est POSSIBLE.

Donc, retournant au sujet, on disait que les chances qu’un monde jumeau existe sont minuscules, mais existantes, et en considérant que l’univers soit infini, on peut donc considérer que ce monde existe assurément puisqu’il y a une infinité d’essais et de conditions dans l’univers. En essayant autant de fois qu’on veut, il serait, en théorie, assuré à 100 % qu’un jour, ce monde jumeau puisse exister. Comment ? Simplement de façon purement mathématique. Sans faire tous les calculs, on peut comprendre le principe par un exemple très simple ; imaginons qu’il y ait 1000 morceaux de papier dans un sac et qu’un seul est de couleur, les chances de piger ce morceau est de 1/1000. Mais si on donne un deuxième essai, les chances augmentent, elles sont rendues à 2/1000. Alors, si on donne un nombre infini d’essais, alors les chances sont infini/1000, donc, c’est assuré qu’un jour, on va piger le morceau recherché. Bref, la théorie des probabilités dit que tout est possible avec un nombre infini d’essais.

Mais mélangeons cette théorie a celle de l’infinité de l’univers, on se rend compte alors que tout est possible. Peu importe les probabilités que quelques choses existent, il est assuré par la rencontre de ces deux théories que cette chose existe. Aussi, étant donné que nous sommes dans l’incapacité de prouver qu’une chose ne peut absolument pas exister, tout ce que nous sommes capables d’imaginer a, va ou existe présentement quelque part dans l’univers. Quelles sont les probabilités que sur une autre planète, il y ait des licornes ? 1/vingt milliards de trillions ? Peu importe, elles existent quelque part dans l’univers à un certain moment. Il en va de même pour tout ce qu’on peut imaginer, même les dragons.

dragon

De plus, avec cette théorie qui est tout à fait légitime et sérieuse, on peut même prouver l’existence de Dieu. Bien évidemment, pas le Dieu chrétien, mais bien celui de sa définition première, c’est-à-dire un être parfait. Génétiquement, on pourrait obtenir la combinaison nous rendant parfaits à tous les points-de-vue, on pourrait avoir un talent exceptionnel dans tous les domaines, mais comme tout le reste, il faudrait beaucoup de chance pour obtenir cette combinaison. Mais comme les licornes et les dragons, la probabilité de l’existence d’un être parfait existe et donc, théoriquement, un être parfait doit exister. À vrai dire, une société d’être parfait existe puisque c’est possible. SI on peut avoir un monde jumeau, pouvons-nous avoir un troisième semblable ? OUI, les chances sont plus minces, mais multipliées par l’infini, il y a 100 % de chance d’existence. Je confirme par cette théorie que quelque part dans cet univers, il y a un être surpuissant qui possède un marteau et qui contrôle la foudre et en prime, il se nomme Thor. Aussi, dans un autre monde proche du nôtre, je suis marié à Emma Watson et dans un autre, Harper est amant avec George W. Bush. Tout ce qui est possible existe, toutes les histoires, les aventures et les romans sont véridiques, mais la seule différence, c’est qu’ils ne se passent pas tous sur notre planète.

Ainsi, cette théorie qui un mélange deux autres permet donc d’affirmer avec raison que tout existe, tout ce qu’on peut imaginer est quelque part dans l’univers et s’il n’existe pas, il va un jour exister ou il a existé par la passé. Mais en fait, ne nous limitions pas à notre imagination, étant donné que tout peut exister, même les choses inimaginables font partie de ce lot. Mais, qu’est-ce qu’une chose inimaginable?

maths2bz5

Alexis Gitto

 

2 Commentaires

Classé dans Art, Culture et société, Philosophie, Science

Lignes de calcul

Capture d’écran 2014-05-17 à 11.53.45

Méthode de calcul

BLx

Poster un commentaire

Classé dans Science

Trois petites notes de musique venues de l’antiquité grecque

 

ancient-greek-music-e1383103912285Open Culture: What Ancient Greek Music Sounded like

BLx

 

 

Poster un commentaire

Classé dans Art, Histoire, Histoire et civilisation, Musique, Science