SORTIR, une oeuvre d’Aude Moreau présentée dans le cadre de l’exposition ABC: MTL Un autoportrait de Montréal au Centre Canadien d’Architecture, le CCA.
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SORTIR, une oeuvre d’Aude Moreau présentée dans le cadre de l’exposition ABC: MTL Un autoportrait de Montréal au Centre Canadien d’Architecture, le CCA.
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Une très belle série de photos en couleur de Paris prises au début du siècle dernier; ces photos n’ont pas été colorées, elles sont de véritables photos couleur réalisées grâce au procédé « autochrome » inventé en 1903 par les frères Lumière: on y jette un coup d’oeil ici.
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David Desjardins, Le Devoir, 26/01/13
La semaine s’est écoulée lentement, presque figée dans le froid. L’actualité a elle aussi ralenti. Elle s’est agglomérée comme le givre dans la barbe du coureur de fond qu’est la commission Charbonneau, me ramenant ainsi au sujet de la semaine dernière dans cette chronique : l’éducation.
Le cégep, disions-nous, est un levier qui permet de s’extraire de sa condition de base. Celle de consommateur, puisqu’il faut la nommer. La philo, le cinéma, l’histoire, la littérature et les choses en apparence inutiles qu’on y apprend permettent de devenir autre chose qu’un travailleur, de participer au monde comme un être qui doute.
Vous avez été nombreux à m’écrire sur le sujet. Quelques-uns ont fait remarquer : oui, d’accord, mais avant ? Qu’est-ce qu’on fait avec le décrochage, qu’est-ce qu’on fait avec les enfants qui cessent de lire à l’adolescence, qu’est qu’on fait avec l’école qui ressemble à un service social plutôt qu’à un milieu d’apprentissage ?
Je sais pas trop, en fait. Je disais que m’était revenu ce sujet de l’éducation, et ce n’est pas seulement en raison de mon désintérêt pour les actualités majeures. Par votre abondant courrier, un peu, c’est vrai. Aussi, cette entrevue avec Pierre Moreau qui parlait à nouveau des cégeps à Radio-Canada dans l’émission du matin de Québec.
Mais surtout, il y a ce débat que j’ai écouté attentivement sur France Culture à propos de l’école, et où deux discours s’opposaient. Celui du modèle républicain, et l’autre libéral. C’est-à-dire, d’un côté, une idée de l’école qui serve à fabriquer des citoyens au mépris de tous les particularismes et de toutes les religions, y compris celle du marché. Et de l’autre, au contraire, une école qui s’adapte à tout, mais surtout à la clientèle. Au marché, donc.
Or, le clientélisme, comme le soulignait le premier, c’est le plus gros problème de l’école.
J’ai beaucoup ri quand son adversaire a ensuite comparé l’école à une épicerie, parce que c’est exactement à cela que je pensais. Je me disais : il va ânonner que c’est comme l’épicerie, que le modèle républicain ressemble à un comptoir soviétique qui force tout le monde à manger du lard et des betteraves, que la population peut bien décider si elle veut manger du poulet.
Si j’avais été en studio, j’aurais répondu que, justement, l’école n’a pas pour fonction de se plier aux modes. C’est son drame, l’école souffre d’être une vieille dame un peu ringarde, alors que c’est pourtant ce qu’on devrait attendre d’elle : transmettre un savoir qui n’a pas d’âge et un sens de l’effort qui n’a pas à souffrir des goûts du jour.
Je ne connais pas suffisamment le système scolaire français pour en juger, et ce n’est pas ce qui m’intéresse. Le plus fascinant, ici, c’est la manière de scléroser le débat, de l’arrêter net sur une idée de liberté qui n’en est pas une. C’est une confusion des genres. Une méprise sur la nature de l’éducation devenue un produit comme les autres.
C’est la faute de personne et de tout le monde. Les parents, qui vouent un culte à leurs enfants, se sont mis à s’intéresser à ceux qui les élèvent à leur place. L’école publique, aux prises avec la concurrence du privé et la dénatalité, s’est vue forcée de se farder. De faire un peu la pute. Ou plus poliment, de s’écraser devant les désirs des parents qui voudraient que l’enseignement se moule aux besoins spécifiques de leur petit trésor.
Forcément, le décalage est immense quand t’es le petit trésor en question, que t’arrives au cégep, à l’université, et que tu dois te démerder comme un grand.
Je disais que j’avais entendu Pierre Moreau reparler des cégeps l’autre matin. Il revenait avec sa rengaine du faible taux de diplomation universitaire au Québec comme indice de l’inefficacité du système collégial.
Et si le problème était avant ? À l’école autant que dans l’idée qu’on s’en fait ?
Parce que l’école n’est pas le monde et ne devrait pas s’y conformer. Au contraire. Je rêve ? Évidemment. Ça ne m’empêche pas d’avoir raison quand je dis qu’elle est nulle, votre idée de l’école au service de sa clientèle, et que vos petits amours, si vous les y laissiez souffrir un peu, apprendraient cette patience essentielle à tout, y compris au bonheur, y compris à l’obtention d’un DEC ou d’un bac.
Il faut une école qui soit un monde en marge du monde. Un endroit où le temps ralentit, où le savoir n’est pas au service de la gloutonnerie du monde.
C’est pour cela que je vous disais la semaine dernière que le cégep est essentiel. Parce que c’est le dernier rempart contre l’indigence intellectuelle depuis que l’école a cessé d’enseigner l’essentiel. À commencer par l’art de la faim.
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Lire aussi: L’école du désir
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Au mois de novembre dernier, le philosophie québécois Thomas de Koninck, a fait au Cégep de Rosemont une présentation sur le thème de l’indignation et de la dignité qui a fait l’objet d’une captation vidéo que les professeurs Dugal et Thédrel, avec l’accord du philosophe, ont tenu à partager avec l’ensemble du réseau collégial. Nous les en remercions, car nous avons là l’expression d’une parole admirable.
Pour voir la suite de la conférence et la période de question: http://www.concoursphilosopher.qc.ca/
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Le photographe québécois Benoit Paillé dit ne pas aimer les paysages, d’où cette série de mises en scène: Alternative Landscapes
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«The World Before Her, documentaire de Nisha Pahuja, réalisatrice torontoise, primé en 2012 dans plusieurs festivals (Tribeca, Hot Docs, etc.), se penche sur la condition de jeunes femmes qui suivent, dans une Inde en mutation, des trajectoires opposées. (…)
The World Before Her suit Pooja, une jeune fille qui concourt avec d’autres pour le titre de Miss India ; le pouvoir de la beauté est souvent le seul qui permet à une femme d’acquérir gloire, fortune et indépendance, en étant repêchées par Bollywood, entre autres, mais une seule aura la couronne de Miss India et la notion même de liberté se mord ici la queue.
À l’opposé, se trace le destin de Prachi, fondamentaliste hindou qui enseigne dans un camp féminin les techniques de guerre et la haine des autres : chrétiens et musulmans du pays.» Tragique mosaïque indienne, Le Devoir 18/01/13
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Antoine Robitaille, Le Devoir, 15/01/13
Pitoyable, il faut oser le terme (car « pathétique » serait un anglicisme…). Il faut l’oser pour qualifier nombre de commentaires sur la langue française tenus par des candidats à la direction du Parti libéral, lors de leur premier débat.
Le député de Châteauguay, Pierre Moreau, s’est particulièrement « illustré ». Il a soutenu qu’il fallait être fier des « Hi, bonjour » qu’on nous sert fréquemment dans les commerces de Montréal. Ce « Hi », s’est-il réjoui, traduirait l’aspect « international » de la métropole. Ce « Hi » s’adresse à un « touriste qui vient acheter dans ce commerce-là et participera au développement économique du Québec ». Et le « Bonjour », lui ? Il « s’adressera à tous les Québécois qui souhaitent se faire parler en français. C’est leur responsabilité de [répondre] : oui bonjour, servez-moi en français ».
Tant qu’à y être, accentuons le bilinguisme au centre-ville. Les touristes en seront rassurés. Un simple « bonjour » en omettant le « Hi » correspondrait à une fermeture. Au fait, retirons aux préposés des kiosques touristiques leur macaron « Bonjour », porté depuis des décennies. Ça ne fait pas assez « international ».
Pitoyable, donc, de voir le français de plus en plus souvent réduit, dans les discours libéraux, à la langue de la « tribu » des « Québécois d’ascendance canadienne-française » (selon l’étiquette du sociologue Gérard Bouchard).
Dans la bouche des candidats, le français ne peut jamais être un signe d’ouverture, de progrès. Toujours un « frein ». Dire qu’il y eut un chef du Parti libéral, Georges-Émile Lapalme, qui a déjà écrit (en 1959) que deux éléments permettaient aux Québécois d’avoir accès à l’« universel » : la démocratie et « le fait français ». Toute la Révolution tranquille imaginée par Lapalme passait par une véritable renaissance française. Celle-ci a eu lieu en grande partie.
Pour prendre conscience du pitoyable des échanges de dimanche, on relira le discours d’un autre chef libéral, Robert Bourassa, sur la loi 22, qui faisait de la langue française la seule langue officielle du Québec. Un « progrès », disait-il « pour la majorité francophone ». « Gouverner le Québec, déclarait-il le 15 juillet 1974, c’est s’assurer que l’État soit le gardien de la langue, c’est-à-dire de l’esprit français à tous les niveaux. »
Lapalme a séparé le PLQ du PLC en 1955. En 2013, on dirait qu’un triste rapprochement s’opère. Le site Internet du candidat Pierre Moreau et les communiqués du PLQ sont aussi ridiculement bilingues que la langue de Justin Trudeau. Dans certains discours, les candidats affirment que le français est la « langue commune » au Québec et que les anglophones sont maintenant en grande partie bilingues. Alors, pourquoi bilinguiser, de plus en plus ? Paradoxe. La réponse, Philippe Couillard l’a peut-être donnée, en entrevue au Devoir la semaine dernière : « Il faut faire attention à la tentation de la majorité francophone, qui est nous, d’imposer sa vision aux autres communautés. » Autrement dit, la tribu ne doit pas trop s’affirmer. Pitoyable.
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A Pékin, la pollution de l’air pulvérise les normes de l’OMS, Le Monde, 14/01/13
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«cette petite (H9cm, D 6.7cm) gourde en faïence silicieuse, est inscrite avec un voeu de bonne année, datant du règne du Pharaon Amasis (570-526 av.JC).
Amasis était un plébéien immigré (berbère libyen) qui fut proclamé pharaon par une révolution populaire. Grand bâtisseur et grand réformateur, il invita, dit-on, Thalès et Pythagore à sa cour, et mit fin à l’exemption fiscale du clergé. Pas mal, non ?»
Source: Lunettes rouges
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