Festival International du Film sur l’Art

Festival International du Film sur l’Art 15-25 mars 2012

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Penthouse avec vue sur smog

«Le sommet des plus hauts édifices de la ville chinoise de Wenling émerge du smog. Selon l’OCDE, la pollution atmosphérique «devrait devenir la principale cause environnementale de décès prématurés», surtout en Asie, où plusieurs villes dépassent les normes de l’Organisation mondiale de la santé.» Le Devoir 16/03/12

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Contre la brutalité policière, une combinaison subversive

Ralph Borland, Suited for subversion (2002)

Salut Bruno,
Avec les récents événements de brutalité policière, j’ai repensé à une oeuvre de Ralph Borland, un artiste africain, que j’avais vu au MOMA lors de mon dernier voyage à New York. Sa création s’intitule « suited for subversion ». Je t’invite à aller voir ça en cliquant sur le lien et surtout, à écouter l’extrait audio au bas de la page… c’est assez trippant! En gros, l’artiste s’est inspiré des mécanismes naturels de défense des animaux pour créer un nouveau type de bouclier qui protègerait les manifestants de la brutalité policière. L’idée la plus innovatrice, c’est d’avoir pensé intégrer un micro et un haut-parleur au niveau de la poitrine pour amplifier les sons du coeur. Ce son pourrait rappeler aux policiers qu’ils ne frappent pas sur de vulgaires objets et donc faire vivre aux policiers l’expérience de l’intersubjectivité pour dire comme Sartre. Imagine un peu l’effet: les policiers approchent les manifestants en cognant leur matraque contre leur bouclier et en retour, les manifestants répondent par le son de leur coeur qui bat plus fort et plus vite. L’image est parfaite! En plus, signe que l’accessoire est tout désigné pour nos étudiants: le prototype porte déjà les couleurs de leur campagne!!!!

http://www.moma.org/audios/embed/285/496

Jean-Philippe Martin

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Contre la hausse, manif… à Paris

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Monty python : Absurde, mais pas n’importe quoi !

Monty python est un groupe d’humoriste britannique qui a œuvré des années 1960 aux années 1990. Cette troupe est formée de John Cleese (1939), Eric Idle (1943), Terry Gilliam (1940), Michael Palin(1943), Terry Jones (1942) et Graham Chapman (1941-1989). L’humour des pythons est bien connu pour son caractère absurde. Or, ce type d’absurde n’est pas dépourvu de sens puisque celui-ci fait de nombreuses références à des questions politiques, historiques, philosophiques et même sociales. Bref, un humour qui rejoint facilement le cursus du programme d’histoire et civilisation ! Ils ont trois films à leur répertoire, Monty python and the holy grail, un film de 1974 qui parodie la quête du roi Arthur pour le saint-graal, Life of Brian paru en 1979 qui jette un regard humoristique sur le messianisme ainsi que la situation des juifs sous l’empire romain et finalement, The meaning of life de 1983 qui comme le titre l’indique s’interroge sur différentes questions sur le sens de la vie. Ils ont également une série télévisée de 45 épisodes intitulée The flying circus. Cette série qui a durée de 1969 à 1974 est un rassemblement de sketches. Voici quelques exemples de sketches faisant références à l’histoire, à la philosophie etc.

Le premier lien est un match de soccer opposant les philosophes allemands et grecs

Le deuxième montre les figures importantes du communisme dans un ‘’ talkshow’’

Le dernier propose qu’Hitler, Himmler et Von Ribbentrop se sont réfugiés en Angleterre après la guerre

Alexandre Martin

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Contre la hausse, les gaz lacrymogènes

Devant l’Assemblée nationale, jeudi dernier

Tandis que le mouvement de grève s’amplifie, 123 000 étudiants en grève à cette date, et que l’on se demande si l’emploi de gaz lacrymogènes contre les étudiants jeudi dernier devant l’Assemblée nationale était vraiment nécessaire, la ministre de l’éducation bien loin d’avoir la larme à l’oeil, se contente de répéter toujours la même chose: «la décision est prise, c’est une décision juste qui demande à chacun de faire sa juste part».

Au sujet de la tactique gazière, la FNEEQ (la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec ) a cru nécessaire d’émettre un communiqué de presse pour déplorer le caractère disproportionné de l’intervention policière:

« De tous les témoignages que nous avons reçus, il ressort que la réaction des policiers était démesurée », indique Jean Trudelle, président de la FNEEQ. « Des gens qui n’avaient rien à voir avec les débordements mineurs qui ont pu survenir, y compris des membres de nos syndicats venus appuyer leurs étudiantes et leurs étudiants, ont également été victimes de cette décision discutable des forces de l’ordre. On semble assister à une forme de banalisation du recours à ces pratiques policières dans des situations qui ne le justifient pas ; c’est déplorable, mais aussi très inquiétant pour la santé de notre démocratie ».

Quant à la réponse de la ministre, on pourrait lui suggérer bien respectueusement d’en renouveler l’argumentaire, déjà bien mince en regard de tous ceux qu’on peut lui opposer. En fait, la ministre est déjà réfutée! Bien mince aussi celui de ceux qui sont en faveur de la hausse, un argumentaire qui se ramène principalement à dénoncer la force intimidante de l’argument opposé! C’est une tactique bien connue et qui consiste à culpabiliser celui qui a l’argument le plus fort en lui disant qu’il parle trop fort…

Mais quoiqu’il en soit, voici deux textes riches d’enseignement et qui touchent de près les enjeux de la grève actuelle. Le premier est de Robert Laplante et il a pour titre Le chiard ou le Chinese pâté, en réaction à l’annonce faite en grande pompe par le HEC d’un nouveau programme de maîtrise tout en anglais, il nous présente une analyse décapante qui met en lumière la dérive managériale qui entraîne les universités à se considérer comme des business à la recherche de nouveaux marchés. Un aperçu qui donne bien le ton:

«Ces étudiants-là n’échappent pas complètement au français. Ils vont à la cafétéria manger du « pâté chinois » et non du « Chinese pâté ». Ils sont confrontés au français, puisqu’ils baignent dans un environnement en français», a souligné Kathleen Grant, directrice des communications de HEC Montréal (Le Devoir, 22 février 2012).

Rien ne va plus dans les universités. On avait subi le spectacle lamentable de l’UQAM où les parvenus ont fait dérailler les projets immobiliers avant de filer à l’anglaise, peinards. Enquête, commentaires embarrassés, morgue ministérielle et glose de recteurs. Pas de responsables. La tempête parfaite, comme le dira plus tard le portier Rousseau devant la Chambre de commerce à propos d’une autre gabegie. Le marché vous savez…

Le marché, on sait. C’est celui dans lequel se jette une élite de gestionnaires universitaires qui se donnent des airs de grands bussinessmen à brasser du PPP de Rimouski à Saint-Jérôme, à semer les pavillons un peu partout sur le territoire pour se livrer une guerre de clientèle digne des concessionnaires de McDo. Et ça valse à coups de centaines et de centaines de millions jusqu’au CHUM et au MUHC, où le corps médical s’est couché devant l’iniquité anglaise, bordé par une classe politique timorée, morte de trouille à l’idée de s’attaquer aux privilèges rhodésiens.» Lire la suite ICI.

Dans la série «Le Devoir de philo» que le journal Le Devoir publie deux fois par mois, un second article susceptible d’éclairer le débat et de faire comprendre à la ministre que la question de l’accessibilité aux études supérieures ne se décide pas seulement sur la base d’une comparaison à l’échelle canadienne des frais demandés, mais que l’équation est plus complexe si l’on accepte de ne pas faire abstraction du milieu social, ce que la notion d‘habitus empruntée au sociologue français Pierre Bourdieu permet de bien apercevoir:

«Dans l’analyse bourdieusienne, les inégalités que perpétuent les universités commenceraient dès la prime enfance. Tout au long du processus de socialisation, par l’intermédiaire entre autres de l’éducation reçue, les enfants apprennent et maîtrisent un certain nombre de savoir-faire qui marqueront leur façon de penser et d’agir.

Les expériences vécues au moment de la construction de leur identité s’accumulent, s’intériorisent et laissent des traces indélébiles. Celles-ci les forment et les transforment.

Et elles finissent par constituer un habitus, que Bourdieu définit comme un ensemble de dispositions intériorisées construisant les agents sociaux et agissant comme schèmes d’appréciation et d’évaluation des situations qui génèrent des façons de faire et des manières d’être.

Ces différentes inculcations conditionnent un rapport au monde déterminant des capacités de perception et de jugement. À partir de celui-ci, une perception des ressources et des capacités de chacun s’installe. Les étudiants définissent leur parcours scolaire selon cet habitus qui traduit leur position dans leur classe sociale.

Autrement dit, le niveau d’études désiré s’élabore selon une logique propre, influencée par un ensemble de facteurs que Bourdieu conceptualise sous les appellations de «capital culturel» (par exemple, le niveau d’étude des parents), de «capital économique» (le revenu des parents, etc.) et de «capital social» (le réseau qui contribue à la socialisation). Les enfants seront donc socialisés selon le volume et le type de capital économique, culturel et social dont disposent les parents. Ils apprendront ainsi à se percevoir aptes ou non à des études universitaires.» Lire la suite de l’article de caroline Dawson et Maxime Marcoux-Moisan ICI.

Bonne lecture à tous, mais surtout à madame la ministre!

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Une histoire qui évacue ceux qui l’ont faite

La pendaison des patriotes, dessin d’Henri Julien

L’enseignement de l’histoire au secondaire a fait l’objet ces dernières années d’une réforme qui semblait prometteuse, ne serait-ce que parce que le nombre d’heures devant y être consacré augmentait considérablement. Mais en raison de la torsion opérée par cette réforme, notamment sur la façon de concevoir l’histoire dans sa dimension nationale, de nombreuses critiques n’ont cessé de surgir pour en contester l’orientation dite «postnationale» et pour réclamer, sinon son abolition, mais au moins sa révision profonde. La plus récente de ces critiques vient de la Coalition pour l’histoire qui, dans une étude intitulée «Une histoire javellisée au service du présent», fait état des résultats d’une enquête menée auprès de professeurs d’histoire au secondaire et de laquelle il ressort qu’en majorité ces enseignants plaident pour un retour de la dimension nationale et politique dans l’enseignement de l’histoire du Québec:

«Le jugeant trop frileux et trop axé sur le présent, près des deux tiers (63 %) des enseignants souhaitent que soit révisé le programme d’histoire de 3e et 4e secondaire pour rendre plus visibles les questions politiques et nationale. «Pour tout dire, avec cette nouvelle conception de l’enseignement de l’histoire qui prône exagérément le pluralisme culturel de la société québécoise, on a pratiquement fait disparaître […] le concept de nation québécoise au profit du concept de société», lit-on dans le rapport d’enquête.» Le Devoir, 1/03/12

Cela peut sembler étrange en effet que l’histoire du Québec, ou que l’histoire de n’importe quel pays, ne soit pas d’emblée comprise comme «histoire nationale». Le fait de préférer ici le concept de société à celui de nation témoigne manifestement d’un certain parti-pris pour le multiculturalisme à la canadienne qui, sous les auspices bienveillants de l’ouverture à l’autre, détourne l’histoire de son objet, le passé, pour en oblitérer les luttes et les conflits, afin d’administrer un présent sans mémoire, la coquille vide d’une citoyenneté sans attache. Sous prétexte que la diversité actuelle de la société québécoise ne justifiait plus que l’on ressasse l’histoire de ce «nous» qui, bien que majoritaire, ne représenterait après tout que l’une des communautés culturelles du Québec actuel, le programme scolaire d’«histoire nationale» est devenu le programme «histoire et éducation à la citoyenneté». Il est difficile de croire que l’oubli de soi puisse jamais être pour un peuple une vertu, fut-elle citoyenne, et surtout pour un peuple dont la devise est «Je me souviens». Mais le plus inquiétant dans tout cela n’est-ce pas le consentement donné par le ministère de l’éducation à un tel enseignement de l’histoire? En fait, la dimension politique n’a nullement été évacuée de l’enseignement de l’histoire du Québec au secondaire, bien au contraire l’évacuation de la dimension nationale est de part en part politique: l’antagonisme originaire et constitutif de l’histoire du Québec, à savoir le conflit entre les Anglais et les Français, doit être oublié; de la Conquête à l’Acte d’union, de la Révolte des Patriotes à la Confédération, du référendum de 1980 au rapatriement de la constitution, de l’échec des Accord du Lac Meech au référendum de 1995, tout cela il faut l’oublier. En s’inspirant d’un proverbe provençal qui dit: «Ne parlons pas de ce qui fâche, parlons de rien!», il suffirait d’ajouter: «Ne parlons pas de nation, parlons de citoyenneté!»

Mais de cette réforme politique de l’enseignement de l’histoire nationale au secondaire, on ne sait encore rien, si on n’en connaît pas les fondements théoriques. Car il y a une éminence grise derrière tout ce travail de sape, l’historien Jocelyn Létourneau. Tout ceux qui s’intéressent à la question du destin politique du Québec liront avec grand intérêt le texte de Charles Courtois, Examen d’un programme d’histoire postnationaliste qui présente de façon détaillée et très critique la pensée de Létourneau. On lira aussi avec profit le texte d’Yvan Lamonde, Réplique à l’ouvrage de Jocelyn Létourneau, Ce que veulent les Québécois… vraiment?

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Contre la hausse et pour la gratuité

Deux chercheurs de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), Oscar Calderon et Jules Bélanger, soutiennent dans un rapport de recherche rendu public en janvier dernier, que la gratuité scolaire est une possibilité qui mérite d’être sérieusement considérée. L’augmentation des coûts que la gratuité représenterait pour le gouvernement serait, d’après les deux chercheurs, largement compensée par les économie qu’elle lui ferait réaliser dans le programmes d’Aide financière aux étudiants et dans les crédits d’impôts consentis :

«Dans le rapport, nous avons associé le concept de gratuité scolaire à l’abolition des droits de scolarité. Ainsi, les étudiants auraient tout de même à payer les frais d’inscription, d’administration et tous les autres frais institutionnels obligatoires. Puisque les besoins de financement des universités ne sont pas bien définis, nous avons dû considérer les coûts que cette mesure pourrait engendrer pour le gouvernement du Québec comme un intervalle. Une borne inférieure était définie à partir des droits de scolarité s’appliquant à l’année 2008-2009, soit 1868 $, situant le manque à gagner à 316 millions de dollars. La borne supérieure, elle, a été établie avec les droits de scolarité que les étudiants paieront à la fin de la période de hausse, soit 3792 $. En soustrayant de ce montant la fraction présentement réservée pour le programme de l’AFE, soit 35% de la hausse, nous trouvons donc un manque à gagner pour la borne supérieure de 545 millions de dollars. Comme la gratuité scolaire aura également des conséquences sur les coûts du programme de l’AFE et les crédits d’impôts accordés pour frais de scolarité et d’examen, des bénéfices en seront dégagés. Nous chiffrons ces bénéfices à 140 millions de dollars. Si ce montant était transféré aux universités, nous pouvons constater que le coût net de la gratuité scolaire pour le gouvernement se situerait entre 176 et 405 millions de dollars. Afin de mettre ce montant en perspective, notons que ceci représente entre 1,2 et 2,7 % du budget du Ministère de l’Éducation, du Sport et du Loisir.» ICI pour lire la suite et pour télécharger le rapport.

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« ART WEEK-END » À NEW YORK

Bonjour à tous ! Comme moi, les étudiant(e)s de la facultés des arts de l’UQAM en sont déjà à leur troisième semaine de grève. MAIS cela ne nous empêche pas de planifier le voyage à New York organisé par la faculté chaque année durant le « Art week-end » !!! J’ai également su que le groupe de deuxième année de Histoire Civ allait être dans la grande ville à ce même moment ! Quelle chance car « The Big apple » devient complètement art entre le 7 et le 11 mars avec « The Volta show » et « Armory show » qui sont deux évènements internationaux de grande envergure donnant une vitrine à l’art contemporain. Concernant le « Armory Show », le site nous informe : « The Armory Show, a leading international contemporary and modern art fair and one of the most important annual art events in New York, takes place every March on Piers 92 & 94 in Manhattan. Now celebrating its fourteenth year, the Armory Show is re-establishing itself as the most adventurous and dynamic contemporary art fair in New York City. »

Carolane Bilodeau

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L’abc du capitalisme

Une lecture utile par les temps qui courent.

Qu’est-ce que la dette publique ? D’où vient l’inflation ? Le profit est-il source de progrès ? Le chômage est-il un mal nécessaire ? L’État nuit-il à l’investissement ? Mystérieuse et confuse, l’économie est trop souvent mise hors de la portée du citoyen ordinaire, qui n’en paie pas moins les frais de ses crises. Seuls les experts semblent autorisés à répondre à des questions dont dépend pourtant l’avenir de tous.

Le Petit cours d’autodéfense en économie de Jim Stanford arrive à point nommé pour rompre ce déséquilibre. Par l’analyse critique de situations concrètes, auxquelles s’ajoutent des synthèses éclairées par des schémas récapitulatifs, ce livre démystifie avec soin les rouages du capitalisme, montrant que tous peuvent le comprendre.

L’ouvrage est illustré par Charb, dessinateur satirique et directeur du journal Charlie Hebdo, et préfacé par Éric Pineault, professeur de sociologie économique à l’uqam.

« Stanford fait partie d’une espèce rare : celle des professeurs qui marquent votre vie. À la fois pragmatique et idéaliste, son livre a le pouvoir de changer le monde. »
– Naomi Klein

Jim Stanford est un économiste canadien réputé. Diplômé de Cambridge et de la New School for Social Research de New York, il tient une chronique régulière dans le Globe and Mail et exerce sa profession au sein du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA). Fondateur du Progressive Economics Forum (réseau canadien d’économistes progressistes), il a publié plusieurs ouvrages. Lux Editeur

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Et si l’art…

C’est fou ce que l’on peut trouver en marchant dans son quartier.

Thomas Asselin.

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Ah, quel bonheur, il neige!

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Contre la hausse: réplique au recteur

L’homme générique (19890, Photo de Jana Sterbak

Professeurs et étudiants du Département de philosophie de l’Université de Montréal répondent à un texte dans lequel Guy Breton, le recteur de leur université, défendait une vision très réductrice, bassement utilitaire, de l’éducation. Leur réponse est parue aujourd’hui dans Le Devoir:

«Dans Le Devoir du 28 janvier, un collectif d’auteurs, dont le recteur de l’Université de Montréal Guy Breton, évoque sa vision de l’université et de l’éducation en général: «Les gens ne veulent pas étudier pour étudier. Ils veulent étudier pour travailler. L’UdeM souhaite former des gens avec des cerveaux mieux alignés sur ce qu’ils veulent faire.»

«Que le recteur Guy Breton et sa suite prennent la peine de préciser, après un tel préambule sur l’importance d’étudier pour travailler, que «cela ne s’applique pas seulement aux entreprises privées, mais aussi aux institutions, aux ministères, […] etc.», ne change pas grand-chose à la vision purement instrumentaliste du savoir qu’il nous présente. Il va de soi que l’université permet, par exemple, d’acquérir des compétences qui seront ensuite reconnues par un ordre professionnel. Il va de soi que la recherche et l’enseignement au sein des universités contribuent au développement économique d’une société. En revanche, il nous apparaît extrêmement réducteur de limiter les objectifs d’une telle institution à ces seules préoccupations.

Travailler pour apprendre

Si ses motivations sont sincèrement pour le bien de l’université, il y a fort à parier que l’avis de Guy Breton ne fait pas l’unanimité au sein de sa propre institution. En premier lieu, un grand nombre d’étudiants fréquentent l’université d’abord et avant tout pour acquérir une culture, un savoir, un bagage intellectuel. Il ne s’agit pas là pour autant d’une conception rétrograde ou romantique de l’université.

En outre, Guy Breton semble avoir oublié tout un pan de la réflexion au sujet du rapport au savoir: nous travaillons pour apprendre, bien avant d’apprendre pour travailler. Même sur le marché du travail, ce que toute personne souhaite est de continuer à apprendre, et non d’effectuer mécaniquement la même tâche sans se poser de questions.

Le théoricien de la physique quantique déploie un arsenal de connaissances pour mieux comprendre des réalités qui n’auront aucune utilité immédiate; il le fait pour lui-même et pour la science. Si nous n’acceptons pas la valeur d’«apprendre pour apprendre», alors l’université n’aura jamais été le porteur d’un patrimoine culturel qu’il fallait protéger pour lui-même. Lorsque Aristote prétendait, au premier livre de sa Métaphysique, que «tous les hommes ont naturellement le désir de savoir», il faudrait croire qu’il s’était trompé: en sommes-nous bien certains?

Le statut de l’université

Depuis le Moyen Âge, l’université est l’endroit par excellence où il est encore possible et même nécessaire de rechercher le savoir de manière désintéressée. Toute quête scientifique instrumentalisée s’appauvrit elle-même dans la mesure où elle s’interdit de regarder là où elle ne voit pas d’intérêt immédiat. Or, la condition de possibilité de la science est son hostilité à toute forme de dogmatisme, y compris celui de l’intérêt particulier.

Pour une certaine partie du milieu de l’éducation, confortée en cela par des conseils d’administration de moins en moins au fait de ce qu’impliquent la recherche et l’enseignement, l’université est désormais un simple acteur économique, en tous points comparable à l’entreprise, qui fournirait au marché du travail des «cerveaux bien alignés» pour des domaines d’emploi en quête de main-d’oeuvre. Une université qui répondrait aux besoins des étudiants serait celle qui leur procure les compétences et le prestige nécessaires pour trouver l’emploi qu’ils recherchent. Mais est-ce la seule chose que nous attendons d’une telle institution?

Il est certain qu’une université qui focalise toute son attention sur la production de «diplômes utiles» délaissera la recherche fondamentale. Si tel est le cas, cela signe l’arrêt de mort d’un nombre effrayant de disciplines: musique, sociologie, philosophie, anthropologie, littérature, linguistique, théologie; mais aussi des sciences expérimentales et fondamentales: physique, mathématique, chimie. Étendue à tout le système scolaire, l’instrumentalisation de l’éducation en réformerait les bases et éliminerait bien des matières ou les appauvrirait de manière dramatique.

Le corollaire de cette vision

Une vision purement instrumentale du savoir au sein de l’université n’est pas sans rapport avec le débat sur la hausse des droits. Voir l’éducation supérieure comme un investissement individuel implique une stricte logique coût-bénéfice. Cette manière de penser nous aveugle sur des aspects essentiels de la situation.

Dans l’aide promise par le gouvernement aux universités, celui-ci prévoit un investissement de 10 à 20 % de la somme totale dans le «positionnement concurrentiel» alors qu’une autre tranche de 5 à 15 % serait consacrée à gonfler son budget de gestion. 265 millions seraient versés aux universités par l’augmentation des droits de scolarité annoncés par le gouvernement Charest (celle qui, avec les frais afférents, ferait passer la facture étudiante à plus de 4700 $ par année), augmentant la part du financement de provenance individuelle de l’université de 12,2 à 16,9 % (5,4 % en 1988).

Le recteur encense cette hausse des droits de scolarité (La Presse, 15 février) parce qu’il estime normal que chacun apporte sa juste contribution. Cette défense à la hausse des droits de scolarité nous apparaît intenable pour au moins deux raisons. S’il est vrai que chacun doit contribuer, alors nous devons reconnaître que les étudiants font ou feront partie des contribuables et paieront en moyenne des impôts élevés pour leur revenu. Ensuite, et plus important encore, parce que le savoir est un bien public et non simplement individuel, et qu’il est donc normal que toute la société contribue au bon fonctionnement des établissements d’éducation postsecondaire.

Pour des études utiles

Nous considérons, tout comme Guy Breton, que des études universitaires devraient être utiles. Cependant, nous divergeons de sa position sur le sens du mot «utilité». Pour nous, il est utile d’en apprendre sur l’astrobiologie ou sur la philosophie comme de mieux connaître les instruments pour bâtir un pont ou pour opérer un patient.

La différence entre les deux est tout simplement que, dans le premier cas, il y a une utilité directe (l’acquisition du savoir permet l’accomplissement personnel ainsi que l’enrichissement du patrimoine scientifique et culturel); dans le second cas, il y a une utilité indirecte (l’acquisition de cette connaissance permet d’exécuter un travail qui, lui, rapportera une satisfaction et un enrichissement collectif). Nous ne devrions déprécier aucune de ces formes de savoir, à plus forte raison dans leur propre demeure, l’université.

***

Collectif de professeurs et étudiants en philosophie à l’Université de Montréal

Ont signé ce texte: Simon-Pierre Chevarie-Cossette, président de l’Association des étudiants en philosophie de l’Université de Montréal; Samuel Lesage, coordonnateur aux affaires étudiantes au Département de philosophie de l’Université de Montréal; Christian Nadeau et Ryoa Chung, professeurs au Département de philosophie de l’Université de Montréal.»

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Contre la hausse: l’appui des profs

Entre 10 000 et 15 000 personnes manifestent à Montréal contre la hausse des frais de scolarité :

Les étudiant-e-s et les enseignant-e-s du cégep Marie-Victorin y étaient !

Répondant à l’appel de la CLASSE, les étudiant-e-s (SECMV)  et les enseignant-e-s (SPCMV) du cégep  ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal hier jeudi, alors que le mouvement de contestation contre la hausse des frais de scolarité prend de l’ampleur.

 Le contingent des étudiant-e-s de notre cégep se distinguait avec une énorme bannière bleue confectionnée par les étudiant-e-s de Design de Mode portant  un slogan qu’on pouvait lire du haut des gratte-ciel du centre-ville !  Une  cinquantaine d’étudiant-e-s de Design de Mode tenaient fièrement la bannière, entouré-e-s de dizaines de leurs camarades provenant de divers autres départements.  Se joignant aux étudiant-e-s, au moins une trentaine  d’enseignant-e-s de notre cégep  ont marché derrière la bannière du SPCMV, qui a été saluée par plusieurs manifestant-e-s, visiblement  content-e-s de voir que les enseignant-e-s les appuyaient concrètement  dans cette lutte qui concerne toute notre société.

Prochaine manifestation : lundi le 27 février dans les rues de Montréal-Nord.    Départ à 13 :00 devant le cégep.

 Et la prochaine après la prochaine : Québec, jeudi le 1er mars. Précisions à venir.

 Soyons solidaires avec les étudiant-e-s !

Charles Lemieux
pour l’exécutif du SPCMV

LA FUSION DES BANNIÈRES

Photos Charles Lemieux

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Manif: la marche des 15 000

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