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Gore Vidal 1925-2012

En 2005, diminué, fatigué, il déclarait au Monde qu’après une longue vie passionnante, sa seule perspective réjouissante était sa fin. « Penser que cela pourrait continuer cinq cents ans, dans mon cas, serait terrible », disait celui qui, en 2009, résumait son existence ainsi : « such, such fun » – tellement, tellement d’amusement. Il célébrait ainsi à la fois une vie sociale extraordinairement riche, à côtoyer les plus grands et à se mesurer à eux, une vie amoureuse aux mille amants et maîtresses, clamait-il, ainsi qu’une carrière littéraire et intellectuelle nourrie de polémiques, dont il était amateur, mais aussi de succès, dont il n’était pas moins friand. L’écrivain, considéré comme l’un des géants américains à l’image de Norman Mailer et de Truman Capote, avec lesquels il entretint des relations complexes, est mort le 31 juillet, chez lui, à Los Angeles, des suites d’une pneumonie. Il avait 86 ans.

Réputé pour sa plume acerbe, Gore Vidal a parfois dit qu’il avait grandi « dans la maison des Atrides ». Né Eugene Luther Gore Vidal le 3 octobre 1925, il est le fils unique d’un militaire qui servira dans le cabinet Roosevelt et d’une femme issue de l’aristocratie sudiste, mondaine et alcoolique. Il se nourrit de politique auprès de son père, mais aussi de son grand-père maternel, sénateur de l’Oklahoma, et ne cessera jamais de se passionner pour la chose publique, au point de se présenter au Congrès en 1960 sous l’étiquette démocrate – son arbre généalogique le relie, de près ou de loin, à Jackie Kennedy, à Jimmy Carter et à Al Gore. A peine diplômé de la Phillips Exeter Academy, en 1943, il s’engage dans l’armée. Cette expérience lui inspirera en 1946 Ouragan, son premier roman et premier succès. Mais c’est avec son troisième livre que Gore Vidal impose son style et sa personnalité : en 1948, Un garçon près de la rivière, roman d’apprentissage autour d’un personnage homosexuel, hommage à son amour de jeunesse, James Trimble III, mort pendant la guerre, déclenche un immense scandale. Plusieurs journaux, dont le New York Times, refusent de le chroniquer. Le tapage et l’opprobre ne déplaisent pas à Gore Vidal, d’autant que le public achète son livre, appelé à devenir un classique de la littérature homosexuelle. Il choisit cependant d’écrire ses romans suivants, aux allures de polar, sous le pseudo d’Edgar Box.

Tenu au profil bas dans le monde littéraire Gore Vidal se tourne dans les années 1950 vers l’écriture pour Broadway, la télévision, et le cinéma. Appelé à réécrire le scénario de Ben Hur, en 1959, il y glisse, comme il le racontera en 2006, certains des motifs et éléments d’Un garçon près de la rivière. Il n’est pas crédité au générique.

Ses années de pénitence littéraire s’achèvent avec la publication, en 1964, du roman historique Julien, sur l’empereur romain apostat – Gore Vidal clamera toujours son athéisme farouche – puis, un roman politique sur Washington dans les années 1940, ou encore Myra Breckenridge, une comédie ouvertement « gay », qui ne déclenche pas le même scandale, loin s’en faut qu’Un garçon au bord de la rivière. Julien reste aux yeux de nombreux critiques le meilleur roman de Gore Vidal, qui révèle à cette époque-là qu’il est peut-être d’abord un grand essayiste avant d’être un romancier.

Son modèle ? Montaigne, dit-il. Son sujet : l’Amérique (« un bateau qui coule ») son impérialisme et son arrogance. On retrouve sans doute ses tendances d’auteur de fiction dans l’affection qu’il porte aux théories du complot, ses prises de position le faisant passer alternativement pour un homme d’extrême gauche et pour un conservateur, lui-même se définissant parfois comme un « populiste ». L’une de ses thèses est que Roosevelt a poussé le Japon à attaquer Pearl Harbour pour faciliter l’entrée des Etats-Unis dans la guerre. Les années 1960 et 1970 sont une période d’écriture extraordinairement fertile, il devient un personnage incontournable de la vie intellectuelle et culturelle américaine, et se délecte d’être au centre de polémiques. Au cours des décennies suivantes, ses livres et prises de position (sur le conflit israélo-palestinien et les attentats du 11 septembre, notamment, dont il pense que les Etats-Unis les ont attirés sur eux à force d’arrogance et d’interventionnisme) continuent de passionner l’Amérique. Mais lorsque Le Monde lui demandait quel livre il souhaitait que les générations suivantes lisent de lui, il répondait : « Aucun. L’alphabet ».

Source pour l’article: Raphaëlle Leyris, Le Monde, 1/08/12

Source pour les photos: HEDI SLIMANE DIARY 2011-02-15

Site officiel: gorevidalnow.com

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Hollywood, la crise perpétuelle et le présent

Un très bon article de Jacky Goldberg des Inrocks à lire.

Goldberg fait preuve d’un travail journaliste rigoureux, qui manque souvent dans nos médias actuels. Hollywood est-elle en crise? Oui et non. Il y a des nuances. Et il faut voir ce qu’en pensent les gens de l’industrie. La dernière citation, en conclusion, est en soi un morceau d’anthologie, chapeau à l’auteur! (D’ailleurs, qui est cette source anonyme? on veut son nom!)

Mais ce qu’il soutient d’emblée (“Hollywood est en crise”) et les propos sur lesquels il s’appuie sont en un sens emblématiques des discours classiques sur les “crises” hollywoodiennes. Règle générale, ceux-ci opposent une Hollywood d’antan plus créative, artistique et souvent idéalisée à une Hollywood actuelle désenchantée, aux prises avec un marché qui la rattrape et de cruels requins de la finance qui la mèneront à sa perte. Ils reviennent périodiquement, comme si Hollywood était constamment au bord de la chute. Sans doute nous intéressent-ils en raison de notre fascination pour ce qui est en déclin.

Les années 1980 par exemple ont souvent été dépeintes comme la “fin” d’une ère de liberté et d’audaces engrangée dans les années 1970 (i.e. la “New Hollywood” de Peter Biskind), au profit de la montée d’une “mauvaise” Hollywood corporatiste marquée par le blockbuster. Mais dans les faits, les succès commerciaux des années 1970 demeurent aussi conventionnels que ceux des années 1980, 1960, 1930 ou 1990 et si on y regarde de près, les années 1980 ont sans doute vu autant de créativité et d’essor artistique que les années 1970 et auparavant (voir David Bordwell sur ce sujet). Idem dans les années 1930: l’arrivée du cinéma sonore aurait marqué une régression par rapport aux années 1920 et l’âge d’or du cinéma muet. L’histoire semble maintenant se répéter: le blockbuster et le succès du cinéma indépendant des années 1990-2000 seraient les produits d’une ère créative faste comparativement aux tentpoles d’aujourd’hui, les “nouveaux méchants” de l’équation, résultats d’un débalancement entre “hommes d’affaires” et “créatifs”, voire véritables saccages commerciaux qui ne visent que la rentabilité au détriment de l’art.

On peut reprocher à ces discours leur manichéisme. L’art et le commerce ne s’opposent pas. Depuis au moins la Renaissance, l’art occidental est par définition commercial. D’ailleurs, le marché de l’Art actuel est sans doute autant lucratif pour les investisseurs et les agents que celui d’Hollywood. Ils n’ont toutefois pas les mêmes moyens et visent des publics opposés (l’élite contre le peuple). Si on revient à Hollywood seulement, depuis les années 1930, les studios dépendent des grandes corporations et des banques. Peut-être pas au même niveau qu’aujourd’hui, mais la finance a toujours été importante, et les hommes d’affaires ont leurs mots à dire sur les aspects artistiques des films comme les créateurs ont leurs mots à dire sur les finances des produits qu’ils fabriquent.

Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse ici, parce que ces discours ne sont pas complètement fautifs non plus. Ils reflètent des réalités historiques, comme des périodes de transitions où l’usine à rêves se transforme, s’adapte et se modifie à de nouvelles réalités, dont elle est quelquefois victime, ou quelquefois qu’elle provoque elle-même. Aujourd’hui par exemple l’industrie hollywoodienne vit une mutation – on n’a qu’à penser à la chute du marché du DVD et de la VOD, à la montée de Netflix, à la projection numérique et au succès déjà quasi avorté de la 3D. Comme le mentionne Goldberg, la crise financière de 2008 et la grève des scénaristes sont des phénomènes qui sont aussi à prendre en compte, qui doivent bien sûr affecter le moral des troupes. Mais Hollywood a un long historique d’adaptation aux nouveautés et aux crises et, comme le mentionne une source anonyme citée par le journaliste, il s’agit peut-être plutôt d’un changement de cycle que d’une crise.

En fait, on ne peut reprocher complètement à certains internes de l’industrie de promouvoir eux-mêmes ces discours de la crise perpétuelle. Ils tentent à leur manière de comprendre ce que Bordwell avait appelé ”le problème du présent” (in 1997. On the History of Film Style, p.9-11 – Bordwell traite ici des historiens du style cinématographique en particulier et de l’art en général). Comment concevoir ce qui a lieu maintenant en regard de ce qui a eu lieu (passé) et de ce qui aura lieu (présent)? Comment inscrire et interpréter les événements et les phénomènes actuels de transformations, de mutations et de modifications dans une histoire qui se tienne?

Parler de crise perpétuelle est donc peut-être un moyen de faire face à l’angoisse du présent. En affirmant que ce qui a lieu est une “rupture” avec le passé, on a l’impression de distinguer clairement ce qui constitue le “maintenant”. Malheureusement, on gomme ainsi ce qui fait la subtilité de cet “insaisissable présent”, toujours mouvant, en continuité et en rupture avec ce qui est advenu et toujours pris face à l’inconnu de ce qui va advenir.

PS: Goldberg répond à mon billet sur Twitter. Rapidement, je précise que mon objectif est de pointer les discours de la crise, pas d’en faire porter le chapeau à Goldberg, qui nuance bien son propos de toute façon. La crise est peut-être réelle ou non, nous le saurons sans doute plus tard. Ce qui est intéressant est de voir qu’une partie de l’industrie elle-même (les propos que rapporte Goldberg) se considère comme perpétuellement au bord du gouffre (et qu’eux aussi font des nuances, comme Joel Silver, qui souligne qu’il n’y a pas de crise mais un statut quo puisque c’est l’essence du business que d’avoir des gagnants et des perdants).

Guillaume Campeau

Source: Film Look, Le blogue de Gui CD, prof de cinéma

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Geneviève L’obstineuse, Libéraux.net et le DGE

«C’est vrai. Le DGE me demande de retirer le site d’ici minuit. Je me retire des réseaux sociaux jusqu’à ce que je trouve une solution. Merci»

Geneviève L’obstineuse

Le Directeur Général des Élections a fait parvenir à Ginette L’obstineuse le message suivant:

«Après avoir pris connaissance de votre site internet Libéraux. net nous avons constaté qu’il défavorise un parti politique et que des coûts semblent avoir été engendrés pour sa conception, sa diffusion et son hébergement. La présente a pour but de vous mettre en garde de cesser toute diffusion de ce site à compter de ce soir minuit . Le site constituera alors une dépense électorale interdite par la loi. Vous pouvez être passible d’une amende de 5,000 à 30,000 dollars pour une première infraction.»

La loi électorale est sévère, elle permet aux partis politiques d’engager des dépenses pendant les campagnes électorales, mais elle l’interdit aux différentes organisations. À juste titre sans doute, car on ne voudrait pas en effet que le Conseil du patronat, par exemple, finance, en pleine campagne, la diffusion de messages publicitaires dont le but serait de discréditer le PQ ou QS.

Je ne connais pas le détail des raisons pour lesquelles le DGE estime que le site Libéraux.net, ouvert pourtant depuis quelques mois déjà, contrevient maintenant à la loi. Quoiqu’il en soit, Ginette L’obstineuse a colligé sur ce site «90 aberrations, scandales, tromperies et mensonges» qui forment le lamentable bilan du Parti Libéral du Québec dirigé depuis 9 ans par Jean Charest. Consultez donc le site avant qu’il ne ferme, sinon vous pouvez télécharger toutes les informations qu’il présentait:

http://liberaux.net/media/upload/indignation_doc.pdf

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Élections: GAPPA au guet!

Sur le plan du discours, rhétorique et politique sont intrinsèquement liées, on peut s’en désoler mais une personne politique honnête et bien intentionnée n’en fera pas moins piètre figure si elle ne maîtrise pas l’art du discours. Par contre ce qui est totalement déplorable c’est que la sophistique, l’art du discours trompeur, soit si souvent le compagnon privilégié du politique, surtout en campagne électorale lorsqu’il ne s’agit pas tant de convaincre en faisant appel à des arguments que de persuader en excitant les sentiments de peur et d’inquiétude. Pour cette distinction entre «convaincre» et «persuader», on se réfèrera avantageusement au Gorgias de Platon (484-c486d) et pour se prémunir contre les abus de langage et les assauts contre la raison qui ne manqueront pas de se multiplier durant la campagne électorale, on aura recours à la vigilance du GAPPA:

«Le Guet des Activités Paralogiques, Propagandistes et Anti-démocratiques (GAPPA) est une tactique de surveillance des médias de masse, des nouveaux médias et des activités de relations publiques en général.»

http://www.facebook.com/GAPPAsquad

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Chris Marker 1921 – 2012

Il appartenait à la race des gentilshommes romantiques, arborant son idéal révolutionnaire à la caméra comme fleur au fusil, témoin planétaire de haute volée. Le cinéaste documentariste Chris Marker, derrière La jetée et Sans soleil, déjà légendaire de son vivant, vient de s’éteindre à Paris le jour même de ses 91 ans.

La mémoire, la mort qui l’aura finalement rattrapé et les injustices à dénoncer furent les grandes inspirations de son oeuvre. Cet immense globe-trotter, à l’écoute des voix et cris planétaires, n’arpentera plus nos routes de poussière.

Fantôme errant, mal connu du grand public, Chris Marker fuyait photographes et entrevues, à l’instar de Terrence Malick, et se plaisait à lancer les médias sur de fausses pistes, s’auréolant de hauts faits imaginaires et de lieux de naissance fictifs (en Mongolie, entre autres). En fait, le très discret cinéaste, qui se considérait comme un artisan, était né, sous le nom de Christian François Bouche-Villeneuve, à Neuilly-sur-Seine, près de Paris. Son oeuvre s’est entamée après le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale, où il avait combattu comme résistant parachutiste de l’armée de l’ombre.

Il nous laisse plus de 50 documentaires, sous le sceau de l’engagement, de la beauté, de la curiosité et de la passion. Marker aura dénoncé les dictatures, appuyé les luttes ouvrières et les révolutions.

Des documentaires comme Lettre de Sibérie en 1958 et Joli mai en 1963 (sur la voix d’Yves Montand), évoquant le Paris d’après la guerre d’Algérie, avaient mis la table pour son oeuvre à la fois sensible et engagée.

Son film expérimental d’anticipation et unique fiction La jetée, sur le temps et le souvenir, avec photographies en noir et blanc, l’avait en 1969 propulsé au rang des cinéastes qui marquent et innovent.

Accroché aux rêves déçus de Mai 1968, son documentaire insoumis Le fond de l’air est rouge (1977), sur la voix de Jorge Semprún, brossait le profil des désenchantements et ancra son auteur dans son rôle de témoin engagé des bouleversements de son époque.

Mais c’est son remarquable et poétique Sans soleil de 1983, tourné aux quatre coins du monde en une fascinante errance de destins tissés, qui, par son lyrisme, constitua son opus magnum.

Influences

Notre cinéma québécois fut certes beaucoup influencé par Chris Marker, de Pierre Perrault à Michel Brault, en passant par Pierre Falardeau, mais l’empreinte de Marker fut internationale.

En 1961, son documentaire Cuba Sí !, désormais mythique, célébrait la révolution des barbudos de Castro, mais Marker s’est ensuite détaché du régime, histoire de préserver sa distance critique. En 1967, il avait participé avec Godard, Varda et Joris Ivens au collectif engagé Loin du Vietnam, contre l’intervention militaire américaine.

Marker fit ses premières armes en littérature (son roman Le coeur net,en 1949, amorçait déjà sa quête proustienne du temps perdu). Il rédigea plusieurs articles dans la revue Esprit à ses débuts, publia ensuite une biographie du dramaturge Jean Giraudoux. Cet amour du verbe en fit au septième art le chantre de la voix hors champ, plume enroulée brillamment sur images, appelée à faire école. Ses premières études en philosophie avaient aiguisé sa quête de sens. Son âme d’explorateur (il avait travaillé pour l’UNESCO), sa conscience politique aiguë, son doigté d’artiste et son érudition lui permirent de soutenir cette réflexion perpétuelle qui sut nourrir profondément cinéastes, cinéphiles et esprits curieux. « Faire des films seuls, dans un face à face avec soi-même, comme travaille un peintre ou un écrivain, n’est plus une pratique uniquement expérimentale », se félicitait-il en 1996.

Libre

Alain Resnais l’avait décrit comme un homme du xxie siècle avant la lettre. Chris Marker aura été une sorte de prophète de l’image déconstruite. YouTube fut son dernier terrain de jeu, parcouru avec une vraie flamme. Il avait sauté dans le train de la mondialisation et des nouvelles technologies avant tout le monde, fonctionnait en réseau. Le documentariste collabora entre autres avec Alain Resnais, Costa-Gavras et Akira Kurosawa, tissant des liens entre créateurs et technologies, décloisonnant les moyens d’expression, à la fois cinéaste, éditeur, traducteur, poète, essayiste, photographe.

Dès 1968, il avait animé un collectif d’extrême gauche, Iskra, point de rassemblement et outil de production militant poing levé, qu’il délaissera après une douzaine de films pour conserver les mains libres. Ses périples autour de la planète fleurissaient en 1966 dans Si j’avais quatre dromadaires, au titre tiré du Bestiaire d’Apollinaire. Sa cinéphilie lui fit enfanter des films biographiques sur Tarkovski et Kurosawa, dont il admirait les oeuvres sublimes.

Le multimédia lui permit de s’éclater à son aise. Sans soleil s’appuyait déjà sur l’ordinateur. Level Five, en 1996, explorait les virtualités des nouvelles technologies dans les champs du cinéma. Immemory, qui entraînait le spectateur à travers des dédales de souvenirs et de références culturelles et cinéphiliques, est né un an plus tard sur CD-ROM.

Chris Marker PASSENGERS

Son dernier court métrage, Leila Attacks en 2007, mettait en scène son chat chassant un rat, sur fond d’écriture Pop Art. Chris Marker fut, dans le sillage de Baudelaire, un grand ami des félins, auxquels il consacra le documentaire Chats perchés, lui aussi expédié directement sur Internet, la tribune bien-aimée de son âge d’or.

Source pour l’article: Odile Tremblay, Le Devoir, 31/07/12

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Russie – Début du procès des Pussy Riot

Russie . Le procès des punkettes qui avaient entonné une prière anti-Poutine dans une église a débuté hier.

Par VERONIKA DORMAN De notre correspondante à Moscou

Sous le cagnard, les policiers armés jusqu’aux dents qui gardent l’entrée du tribunal ont retroussé leurs cagoules. Ça évite l’embarras. Parce que les militants venus soutenir les punkettes de Pussy Riot en ce premier jour de procès sont cagoulés. Comme l’étaient les jeunes filles le jour de leur prière punk dans l’enceinte de la cathédrale du Christ-Sauveur, aujourd’hui sur le banc des accusés.

Collusion. En détention depuis cinq mois, Maria Alekhina, Ekaterina Samoutsevitch et Nadejda Tolokonnikova vont enfin entendre l’acte d’accusation. Dans des adresses lues par leurs avocats au début de l’audience, les trois jeunes femmes regrettent à l’unisson d’avoir blessé les croyants avec une performance que Tolokonnikova a qualifiée de «faute éthique». Mais elles refusent de plaider coupable. Pour avoir chanté «Marie, mère de Dieu, chasse Poutine» dans la cathédrale, elles sont accusées de «hooliganisme» et encourent sept ans de prison. Pourtant, elles n’ont pas cherché à insulter les croyants ou l’Eglise, mais seulement à protester contre les appels du patriarche Kirill à voter pour Poutine ; leur geste politique ne visait qu’à dénoncer la collusion entre l’Eglise et l’Etat, qui chagrine de nombreux orthodoxes à travers le pays, assurent-elles dans leur déclaration. «L’Eglise doit aimer tous ses enfants, mais elle ne semble aimer que ceux qui aiment Poutine», remarque Maria Alekhina.

«L’Eglise aurait dû prendre une position en vertu du principe du pardon, et ne pas se comporter comme un département du pouvoir», commente Alexandre Lebedev, qui finance le journal d’opposition Novaïa Gazeta et qui s’est porté garant, parmi d’autres personnalités politiques et culturelles, pour les arrêts domiciliaires plutôt que la détention préventive. Hier, il est venu soutenir les jeunes femmes au nom du droit de manifester. «Les juges ne peuvent pas prendre le risque d’absoudre celles qui ont outragé Poutine, tandis que tout le système œuvre à ne pas permettre à l’opposition de se former en tant qu’institution», assure-t-il. Pendant une pause, l’avocate de Samoutsevitch, confirme : «L’affaire est politique.» D’autant que le comité d’enquête n’économise pas ses forces pour entraver le travail de la défense, en empêchant les avocats de préparer le procès avec leurs clientes. «Il est donc absurde de dire que leurs droits sont respectés», conclut la juriste. Comme la plupart des procès contre des «dissidents» au régime, cette audience confine à la farce.

«Amoral». La première victime à témoigner, la «dame bougies» préposée aux cierges dans la cathédrale, Lioubov Sokologorskaïa, raconte au procureur les terribles secondes de la «profanation» : «Je ne peux pas décrire leurs gestes, c’étaient des trémoussements démoniaques… Elles portaient des robes aux épaules ouvertes, de toutes les couleurs, et des collants bariolés aussi !» Et de conclure : «Ce genre de comportement est amoral partout, pas seulement dans une église.» Elle reproche aux filles d’avoir «profané [ses] sentiments, [sa] foi, [ses] idéaux, [son] choix de vie», et exige une sentence qui «leur fasse à jamais passer l’envie de recommencer».

La prière anti-Poutine ne cesse d’alimenter le débat, depuis des mois. Si beaucoup d’orthodoxes désapprouvent une performance souvent jugée «idiote» et «sans grand intérêt», ils sont nombreux à manifester leur solidarité avec des jeunes femmes érigées en martyres par un système arbitraire et corrompu, où les tribunaux sont au service du pouvoir.

Libération 30/07/12

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Gerhard Richter Painting

Au Cinéma du Parc  jusqu’au 2 août

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Londres, JO 2012

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L’appropriation commerciale des jeux olympiques

Jeux olympiques – Difformités en jeux

Serge Truffaut   Le Devoir, 27 juillet 2012

Grâce aux Jeux olympiques de Londres, à son organisation et en particulier à ses difformités financières, on comprend comme jamais qu’Adam Smith, le père de l’économie moderne, et George Orwell, le contempteur de la surveillance policière, ne pouvaient qu’être Britanniques. On comprend surtout que c’est en Angleterre et nulle part ailleurs que Karl Marx a pu écrire Le capital. Welcome to London, la capitale du capitalisme stalinien.

De prime abord, on pourra croire que ce qui précède est une énième saillie journalistique logeant à l’enseigne de l’exagération dans le sens le plus obtus qui soit. Et pourtant… On va vous donner un premier exemple illustrant les dérives constatées sur les bords de la Tamise : le site olympique compte 800 restaurants auxquels on a interdit la vente de frites. Comment se fait-il ? McDonald a négocié et obtenu l’exclusivité de cet aliment réputé pour bien accompagner… les moules. Reprenons.

Pour tout ce qui a trait, absolument tout, aux espèces sonnantes, le comité organisateur des Jeux olympiques (LOCOG), les entreprises concernées, les annonceurs et les commanditaires se sont entendus comme larrons en foire. Sur ce flanc, celui de l’argent et du « flicage » que cela commande, les organisateurs des éditions antérieures étaient soit de gentils amateurs, soit des personnes habitées par une certaine retenue, soit des individus crédules parce que respectueux, en partie et non en totalité, de l’idéal défendu par Pierre de Coubertin, père des Jeux modernes.

Toujours est-il que lord Sebastian Coe, le patron du LOCOG, les dirigeants du CIO et ceux de McDo, Coca-Cola, BBC et autres ont cultivé le fétichisme de la marchandise dans des proportions qui dépassent l’entendement. À preuve, ils ont arrêté des mesures propres à bannir l’ombre du petit profit que pourrait faire le commerçant du coin. Ils ont composé une participation financière propre à leur garantir le rapatriement du moindre dollar.

Un boulanger reproduit par bagels interposés les anneaux olympiques ? Un des 280 inspecteurs de l’Olympic Deliverance Committee, qui font penser à ces pompiers de Fahrenheit 451 chargés de brûler les livres, débarque et ordonne la démolition du travail accompli. Une fleuriste compose un bouquet aux couleurs des anneaux ? Idem. Une mamie imprime le sigle olympique sur le chandail qu’elle a confectionné pour un bambin de trois ans et qu’elle entend vendre 4 $ au bénéfice d’un organisme de charité ? Les pompiers éteignent sa bonne action. Le moteur de cet usage des forceps ? Le LOCOG ayant fait main basse sur le sigle olympique, toute référence aux anneaux, à ses couleurs, doit être monnayée. À quel prix ? Le fort.

Le plus fort afin de garantir aux esprits imbibés par l’appât du gain le plus aiguisé qui soit le maximum de profits. Ainsi, on interdit le transport de bouteilles de plus de 100 ml sur le site. La raison évoquée est une caricature de l’euphémisme : la sécurité. Mais bien évidemment, on n’empêche pas Coca-Cola de vendre ses 300 ml sur le site. Parlant de cette dernière, lord Coe a prévenu sur les ondes de la BBC que toute personne portant un t-shirt sur lequel le nom de Pepsi-Cola sera refoulé ! Qu’un lord de Sa Majesté, lui-même ancien médaillé olympique, se soit transformé en stakhanoviste du bien-être de Coca et consorts relève, avouons-le, du prodige. Il y a pire.

En effet, Coe et ses satrapes se sont attelés à raboter le libre arbitre de chacun. Ils ont établi des listes des mots dont l’utilisation écrite est limitée. Toute formule reprenant deux mots de la liste « Jeux, deux mille douze, 2012 » sera considérée comme une infraction. La combinaison de l’un d’eux avec « Londres, médailles, annonceurs, été, or, argent et bronze » sera sanctionnée. On a interdit aux athlètes, à ces jeunes qui suent depuis des années et des années, de télécharger des enregistrements audio et vidéo de leurs participations. À ce jeu de massacre, de négation de l’individualité, Facebook et Twitter vont participer. En effet, le Saint-Graal informatique des jeunes générations va intégrer le bataillon de Fahrenheit 451.

Cette dérive tous azimuts a été rendue possible par la mise entre parenthèses, et pour la durée des jeux, de l’État de droit. En effet, depuis Sydney en 2000, le CIO « exige, pour reprendre les mots du journal The Guardian, des pays candidats qu’ils s’engagent à adopter une législation ad hoc pour fournir un train supplémentaire de sanctions légales » au seul bénéfice des entreprises privées. À l’évidence, lord Coe et ses complices ont insulté la mémoire d’un très grand Britannique, John Locke, le concepteur de l’État de droit. No Comment !

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De musique et de peintures

Le Cinéma du Parc propose une rétrospective de films sur de grands artistes

Sur les toiles vierges d’un atelier haut de plafond, un Picasso de chair et d’os trace devant la caméra les lignes noires et les couleurs claires d’oeuvres aujourd’hui disparues. Trois décennies plus tard, dans les rues de Manhattan, Jean-Michel Basquiat marche à grands pas entre deux séries de graffitis, enveloppé dans un trench-coat aussi noir que le fut sa courte vie.

« Voilà deux des seize « tableaux vivants » au programme de la rétrospective De musique et de peintures, qui remet de vieux classiques à l’affiche du petit cinéma de quartier où se croisent depuis des années cinéphiles aguerris et simples curieux du septième art. Ces oeuvres de réalisateurs établis — Milos Forman et Agnieszka Holland sont du lot —, pour certaines rarement diffusées, posent un regard à la fois personnel et biographique sur la vie orageuse, et parfois débridée, de nos icônes des beaux-arts ». Le Devoir, 27/07/12

Cinéma du Parc, De musiques et de peintures du 27 au 2 août: Programmation

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«C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle»

Le fou du roi

Christian Rioux   Le Devoir, 27 juillet 2012

Chaque été, lorsque je débarque à Montréal, je tombe sur le festival Juste pour rire. Et quand j’écris « je tombe », je veux bien dire « tomber », comme dans « tomber de haut ». J’ai chaque fois l’impression que cette foire du rire a privatisé la moitié de la ville. J’imagine le jour où les douaniers m’accueilleront à Dorval avec un nez de clown, un gros rire bien gras et un petit bonhomme vert imprimé sur les formulaires de douane. Je suis toujours surpris de découvrir les centaines de pages que consacre une certaine presse, le plus souvent complaisante, à un événement qui, partout ailleurs, serait traité sur le mode mineur. Et je ne parle pas des heures et des heures de télévision qui sont autant de publicités gratuites destinées à estourbir le consommateur.

Cette année, le festival fête ses 30 ans. Ce pourrait être l’occasion de réfléchir à la place qu’occupe au Québec ce que l’on nomme, le plus souvent à tort, l’« humour ». Introduit par Voltaire dans la langue française, ce mot (venu du français et passé par l’anglais) désignait une plaisanterie fine teintée d’ironie. L’écrivain Chesterton l’associait même à une certaine humilité. Pour ces maîtres de la satire et de l’ironie, parler d’un festival de l’humour à Montréal relèverait du sophisme. La semaine dernière, j’écoutais un reportage sur les 30 ans du festival. Est-ce par crainte de passer pour un mauvais coucheur ou par servilité à l’égard des millions que rapporte l’événement, toujours est-il qu’il semblait plus difficile d’écorcher les grands manitous du rire qu’il ne l’était de critiquer nos évêques à l’époque dite de la « Grande Noirceur ».

Il y aurait pourtant tant à dire. Que l’on songe seulement à la place qu’occupaient il y a 30 ans ceux qui faisaient profession de faire rire. Les rares génies, comme Marc Favreau et Yvon Deschamps, officiaient à la Place des Arts. Des comédiennes exceptionnelles, comme Denise Filiatrault et Dominique Michel, avaient leur émission de télévision. Les autres se contentaient du Théâtre des variétés et des cabarets, ce qui n’était pas une honte. L’école était peut-être dure, mais c’était une école. Aujourd’hui, le premier venu a droit au tapis rouge. L’engeance a tout envahi et les deux tiers des spectacles sont qualifiés d’« humour ». Je me demande si, dans cette cohue, un Devos ou un Guimond arriveraient à exister. Même les émissions d’information ont leur comique de service, quand ce ne sont pas les journalistes qui font les plaisantins aux frais de la princesse. Or il y a une contradiction à prétendre être le fou du roi et à revendiquer la place du souverain. À partir du moment où le fou s’assoit sur le trône, n’y a-t-il pas quelque chose de pourri au royaume du rire ?

On me permettra de souligner deux conséquences actuelles de cette enflure que le Québec a poussées plus loin que partout ailleurs. La première, c’est la vulgarité qui, sans qu’on s’en aperçoive vraiment, est devenue omniprésente. C’est l’excellent satiriste Daniel Lemire qui le disait lui-même dans le reportage cité plus haut. Quand il a commencé, on lui recommandait d’éviter les sacres et les gags vulgaires, disait-il. Et Lemire de conclure : « Aujourd’hui, si t’en a pas, ils t’en rajoutent ! » On peut citer de prétendus comiques qui, dans une course effrénée à la provocation, consacrent des numéros entiers à explorer toutes les ressources humoristiques de la sodomie ou de la pédophilie.

Or la vulgarité est communicative. Vient un moment où l’on ne la voit plus. Vous aurez remarqué qu’une des chansons à succès de l’été se nomme Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde. Il ne s’agit pas de critiquer la grivoiserie, l’utilisation poétique du joual ni une certaine impertinence du langage. Il s’agit de bien autre chose. Loin de la poésie dérangeante d’un Plume Latraverse, capable des plus belles envolées, la vulgarité n’est rien d’autre qu’un désert de la pensée dû à l’indigence du vocabulaire. Pauvreté des mots, pauvreté des sentiments. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit chez nombre de nos comiques. Et comme ils sont partout, leur sabir se répand comme une traînée de poudre dans les médias et les polyvalentes.

Une autre conséquence de cette omniprésence du rire, c’est le cynisme qui traverse aujourd’hui de part en part la société québécoise. Quand les fous sont sur le trône, la frontière s’estompe entre la vie et sa caricature. On en vient à traiter les choses les plus sérieuses sur le mode de la plaisanterie. Rien n’y échappe. Même les ministres et les leaders étudiants doivent se soumettre à l’examen des amuseurs du dernier talk-show à la mode. Et il n’y a pas jusqu’au brillant leader étudiant Léo Bureau-Blouin qui ne doive, pour communier à la médiocrité générale, aller parader avec Gilbert Rozon sur une scène du festival Juste pour rire.

Je ne veux pas passer pour un casseux de party ni pour une dame de Sainte-Anne. Mais, après 30 ans de festival Juste pour rire, ne serait-il pas temps de dire que le rire est en danger dès lors qu’il est pratiquement devenu une obligation et que rien n’y échappe ? Bref, que les comiques sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis ? Comme disait la devise d’un défunt magazine, « c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle » !

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Contestation et répression

De Montréal à Tokyo, des citoyens révoltés, indignés… et bastonnés

«Tout se passe comme si les élites occidentales étaient entrées dans une forme de guerre contre toute revendication générale de partage des ressources, contre toute vraie contestation de la situation d’inégalité.»

Montréal, Madrid, New York, Tokyo… : depuis 2011, les mouvements de révolte de la jeunesse ont essaimé au cœur même de nos démocraties. Par-delà les doléances spécifiques, un même cri : ça ne va pas, nous voulons retrouver une voix, un espace. Et un esprit commun : les manifestants du Printemps érable ou du parc Zuccotti, à New York, n’ont pas fait la révolution, ils ont inventé une contestation souvent festive, démocratique et non violente, faite de concerts de casseroles, d’AG de milliers de personnes sans leader et d’occupations des places publiques… Face à eux, la réponse des gouvernants aura été répressive (409 arrestations à Oakland en janvier 2012, 700 à New York en octobre 2011, durcissement du droit de manifester au Québec, etc.). Comment expliquer cette réaction ? Nos démocraties seraient-elles incapables de gérer de nouveaux types d’exigences démocratiques ? Analyse de la philosophe Sandra Laugier, professeure à Paris I et coauteure d’un essai précieux, Pourquoi désobéir en démocratie ?

Lire la suite: Télérama.fr

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Robot organique

La méduse artificielle pave la voie au stimulateur cardiaque fait de matériaux biologiques

Agence France-Presse   23 juillet 2012  Santé
Des chercheurs américains ont fabriqué un mini-robot organique reproduisant la nage de la méduse

Photo : Agence France-Presse
Des chercheurs américains ont fabriqué un mini-robot organique reproduisant la nage de la méduse

Une poignée de silicone, quelques cellules de coeur de rat et une bonne dose d’ingéniosité : il n’en a pas fallu davantage à des chercheurs américains pour fabriquer un mini-robot organique reproduisant la nage de la méduse.

Pour ces scientifiques spécialisés dans l’ingénierie du vivant, principalement à des fins médicales, la méduse paraissait le sujet d’étude idéal. L’invertébré utilise en effet une technique de natation éminemment simple : une alternance de deux mouvements de l’ombrelle qui propulse l’animal par bonds successifs, très proche des battements d’un coeur humain.

« En 2007, je me suis dit que nous étions peut-être passés à côté de quelque chose en cherchant à comprendre les lois fondamentales des pompes musculaires », raconte Kevin Parker, de l’Université Harvard.

« J’ai commencé à m’intéresser aux organismes marins qui pompent pour survivre. Puis j’ai vu une méduse dans un aquarium et j’ai tout de suite remarqué les similitudes et les différences entre le pompage d’une méduse et celui d’un coeur humain », ajoute-t-il.

Pour fabriquer le corps de leur « médusoïde », les chercheurs ont opté pour une fine membrane de silicone aux propriétés proches de la gelée composant la méduse et dotée de huit bras imitant les appendices de l’animal.

Ils ont ensuite imprimé sur cette membrane de 9 mm de diamètre une structure de protéines reproduisant l’architecture musculaire de leur modèle, où ils ont cultivé et organisé des cellules musculaires cardiaques de rat.

Ces cellules cardiaques ont la particularité de conserver leur capacité à se contracter et de pouvoir ainsi produire des mouvements natatoires contrôlés.

C’est exactement ce qui s’est passé lorsque les chercheurs ont plongé leur création dans un fluide conducteur d’électricité et qu’ils y ont fait passer un courant oscillant entre 0 et 5 volts : comme un coeur réanimé, le médusoïde a nagé, produisant des contractions synchronisées similaires à celles d’une méduse.

Le robot organique avait même en réalité commencé à se contracter légèrement avant de recevoir les stimulations électriques, notent les scientifiques, qui publient leur invention dans la revue britannique Nature Biotechnology.

« J’ai été surpris du peu de composants nécessaires pour reproduire le comportement de nage qu’on retrouve chez la méduse biologique », déclare John Dabiri, professeur de bioingénierie à l’Institut de technologie de Californie.

« Je suis agréablement surpris que nous ayons pu nous approcher des performances biologiques naturelles, mais aussi du fait que nous allons probablement améliorer ces performances », assure-t-il.

Selon les chercheurs, la méthode utilisée pour fabriquer ce médusoïde pourrait être reprise pour bâtir des organes musculaires humains. En recueillant des cellules de muscle cardiaque d’un organisme et en les réorganisant artificiellement, il serait ainsi possible de construire un stimulateur cardiaque entièrement constitué de matériaux biologiques, estiment-ils.

Les créateurs du médusoïde planchent actuellement sur un système autonome capable de se mouvoir et de détecter des signaux par ses propres moyens, à l’instar du coeur humain.

Ils aimeraient également perfectionner leur création pour lui permettre de nager de manière autonome et de trouver sa propre nourriture.

La voie serait alors ouverte pour fabriquer des systèmes capables de vivre dans le corps humain durant des années sans avoir à se soucier d’en changer les batteries.

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Artiste-voleur ou simple créateur ?

Original :

  • Stott, Greg. – – – -. Double-Decker Bus, Piccadilly Circus, London, England/ VILSHULT — Bus londonien. (140 x 100 cm)

Création :

  • Vaillancourt, Hugo. 2012. This is not a television. (140 x 100 cm)

Méthodologie utilisée :

  1. Achat d’un cadre intitulé « VILSHULT — Bus londonien » (Stott) chez IKEA (2009)
  2. Utilisation d’un rouleau à peinture pour recouvrir l’image d’une couleur blanche – Peinture acrylique d’intérieur BÉTONEL (2012)
  3. Utilisation d’un pinceau 1ʺ pour peindre le quadrilatère et l’énoncé – Peinture noire acrylique BASICS (2012)

Inspirations :

  • Magritte, René. 1935. La Trahison des Images.

  • Malevitch, Kazimir Severinovich. 1915. Quadrangle. (79,5 x 79,5 cm)

Hugo Vaillancourt

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Léo au PQ!

Du point de vue de la philosophie de l’histoire de Hegel, qui de Léo ou de Gabriel est le plus engagé dans « le sérieux des choses »?

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En se portant candidat dans Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin... (Archives PC)

Denis Lessard
La Presse

(Québec) Propulsé sous les feux de la rampe par le conflit étudiant du printemps dernier, Léo Bureau-Blouin se lance en politique.

L’ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) sera candidat péquiste dans la circonscription de Laval-des-Rapides, a appris La Presse.

M. Bureau-Blouin rencontrera dès aujourd’hui des dirigeants du Parti québécois. Le directeur général Sylvain Tanguay a organisé la rencontre hier. Jeudi dernier, il a également rencontré le comité de direction de la circonscription pour s’assurer que l’opération se fera sans heurts.

L’instance nationale met en effet de côté Marc Demers, président de l’association locale et ancien policier de Laval, qui avait accepté, depuis plusieurs élections, de tenir le fort dans la circonscription et de se porter candidat contre le libéral Alain Paquet. M. Demers consentirait toutefois à se désister pour laisser la place à la nouvelle «vedette».

Joint en fin de soirée, M. Bureau-Blouin a confirmé la rencontre avec la direction du PQ aujourd’hui. «Je n’ai jamais caché avoir la volonté de faire avancer les valeurs auxquelles je crois. La politique est un moyen, il y en a d’autres» a-t-il soutenu, tout en affirmant que sa décision n’était pas arrêtée. Il se dit aussi courtisé par Québec solidaire et la Coalition avenir Québec (CAQ), mais il n’a rencontré aucun représentant de ces partis. Il s’était donné l’été pour décider s’il se lancerait en politique, mais il assure que, si les élections sont déclenchées la semaine prochaine, il sera prêt à annoncer sa décision.

Duel entre deux vis-à-vis

Le duel dans Laval-des-Rapides risque d’être intéressant. Léo Bureau-Blouin y affrontera Alain Paquet, qui faisait tandem avec Michelle Courchesne au cours des ultime pourparlers avec les étudiants, en juin. M. Paquet, nommé ministre délégué aux Finances, est une étoile montante du gouvernement Charest.

Le jeune porte-parole des cégépiens s’était fait remarquer par son aplomb et la qualité de ses interventions durant la difficile période des négociations avec la ministre Line Beauchamp et sa successeure, Michelle Courchesne. Tous les partis, hormis les libéraux, l’auraient courtisé en vue de la campagne électorale, qui devrait être lancée mercredi prochain. Sa candidature, après celles des Daniel Breton, Raymond Archambault, Pierre Duchesne et, prochainement, Diane de Courcy et Jean-François Lisée, représente un autre bon coup de filet pour Pauline Marois.

Âgé de 20 ans, l’ex-leader étudiant, qui a grandi à Saint-Hyacinthe, s’était inscrit en droit à l’Université de Montréal. Il fait le pari d’une carrière politique avant d’être diplômé, comme l’avait fait avant lui André Boisclair.

Son nom avait circulé il y a quelques semaines, lorsque des médias avaient soutenu que la direction de l’association péquiste de Trois-Rivières l’avait refusé comme candidat. Or, il semble que le parti n’avait fait aucune démarche pour le faire atterrir à Trois-Rivières.

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