Archives mensuelles : août 2012

Garbage Beauty

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«Le groupe fait du street art sous la signature de Garbage Beauty, et chacun s’amuse, seul ou entre copains, à donner la parole aux meubles avant leur départ vers le dépotoir.»

Depuis l’an dernier, les commodes se font poétiques, les oreillers souhaitent une « Bonne nuit » sur l’heure du midi ; les matelas se font lascifs, lançant des « Voulez-vous coucher avec moi ? » ; d’un coup de crayon soigné, une chaise au dossier arraché crie « Debout » et invite à se réveiller, et une valise de velours suggère à prendre le large d’un « Let’s go »celtique.» Lire la suite: Le Devoir, 3/08/12

http://www.facebook.com/garbage.beauty

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Pas d’abstention!

Via Roger Des Roches

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Atterrir ou amarsir le 6 août 2012?

Le 26 novembre 2011 une nouvelle technologie fut envoyée dans l’espace. La fusée Atlas V, fabriquée par la NASA, a propulsé dans l’espace la capsule qui contenait le rover Curiosity. Le voyage de la capsule a duré neuf mois et elle a parcouru 565 millions de kilomètres. Elle traversera l’atmosphère martienne à une vitesse de 21000 km/h et devrait amarsir le lundi 6 août prochain à 1 h 35 à 154 kilomètres au sud de l’équateur, dans le cratère Gale.

L’arrivée sur la planète Mars ne sera pas comme les autres. Au lieu d’être projetée sur le sol, amarsir sur un coussin gonflable et rebondir pour ralentir sa chute,  les scientifiques se sont assurés que cette fois-ci, le robot serait déposé tout en douceur. Quand la sonde Curiosity sera toute proche de Mars, le module de croisière se séparera de la capsule d’entrée atmosphérique, par la suite, un parachute se déploiera afin de freiner la chute de la capsule pendant que sous celle-ci, un bouclier s’ouvrira. Lorsque le parachute se détachera, une grue sera libérée et elle sera dirigée par des rétrofusées afin que l’engin ne tombe pas trop vite et que l’endroit de l’atterrissage soit plus précis. La grue s’arrêtera à précisément 18 mètres de la surface et posera, à l’aide de câbles, le rover Curiosity et coupera ces câbles automatiquement pour ensuite s’envoler et aller se déposer plus loin. Cette grue volante est une nouvelle invention très utile, car elle peut déposer un objet de n’importe quelle grosseur, en douceur. Précisons que le rover Curiosity est plus gros et cinq fois plus lourd que tout ce qui a été envoyé sur la planète rouge à ce jour. Il fait à peu près la taille d’un 4X4 et peut atteindre 143 km/h.

Lors de la dernière mission sur Mars, entre 2003 et 2008, les robots Spirit et Opportunity, qui avaient été envoyé pour faire des analyses du sol et des roches, ont repéré, près du cratère Gale, une montagne composée en partie d’argile et de sulfate, deux minéraux qui se forment lorsque de l’eau est présente sous sa forme liquide. Fort de ces données, les scientifiques de la NASA espèrent maintenant découvrir des preuves d’anciennes formes de vies et d’habitabilité sur Mars avec le rover Curiosity. Ce dernier est équipé de différents outils tels qu’un détecteur de minéraux hydratés, un capteur de radiations, un détecteur de composés organiques, des capteurs météorologiques, des caméras, un spectromètre de composition chimique et une caméra toute spéciale d’identification de minéraux.

Devrions-nous avoir peur de ce que nous allons découvrir cette fois-ci? Ces nouvelles informations sur Mars nous donnera-t-elles un avant-goût amer de ce que la Terre deviendra un jour ou la verrons-nous plutôt comme une nouvelle destination vacance?

Laurie Gagné

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L’art en Nouvelle-France

L’art au temps de la colonie

Une exposition au Musée national des beaux-arts du Québec retrace l’histoire de l’art en Nouvelle-France

Etienne Plamondon-Emond, Le Devoir, 03/08/12

La France apporte la foi aux Hurons, Frère Luc, 1671

Québec – Alors que les Fêtes de la Nouvelle-France battent leur plein à Québec, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) inaugure une exposition dédiée à toutes les formes d’art en vogue de 1608 à 1760 dans la colonie. Une première véritable synthèse sur le sujet, fruit de plusieurs années de recherches et d’une grande collaboration avec des prêteurs.
En entrée d’exposition, la crosse en argent de Mgr Henri-Marie Dubreuil de Pontbriand, à l’orfèvrerie finement ciselée, se tient debout à gauche d’un wampum mohawk fait de perles et de cuir. Le ton est donné : tous les objets, aussi différents soient-ils, sont placés de façon à entrer en conversation et à se répondre. Face à face, côte à côte, ou l’une donnant sur l’autre, les œuvres, qu’elles soient profanes ou religieuses, décoratives ou relevant des beaux-arts, importées de France ou élaborées localement, s’imbriquent pour tracer un portrait complet du foisonnement artistique dans lequel baignait la Nouvelle-France.
Même le thème de la musique est souligné par des livres d’orgue et de chants liturgiques, ainsi que par une viole, provenant de l’Hôpital général de Québec, avec laquelle jouaient des religieuses au xviiie siècle. Bien que les œuvres soient divisées selon leur fonction — soit représenter, décorer ou prier —, la salle s’ouvre continuellement sur les autres volets, donnant à cet ensemble un côté cohérent, voire indissociable.
« Nous avons constaté que l’art n’était pas quelque chose d’hermétique. L’art était présent partout comme il l’est encore aujourd’hui », explique Daniel Drouin, cocommissaire de l’exposition et conservateur de l’art ancien avant 1850 au MNBAQ. « Les résultats des recherches des 40 ou 50 dernières années étaient cloisonnés. C’est-à-dire qu’on a fait quelques découvertes par rapport au mobilier, par rapport à la peinture, à la sculpture… On a avancé dans certains domaines, mais sans les faire dialoguer entre eux. » Cette rencontre se concrétise enfin. Des cartes géographiques aux tabernacles, en passant par des ex-voto, ces peintures où des personnes se sont fait peindre sous un saint pour le remercier d’un miracle ou dans l’espoir de voir leur vœu s’exaucer, tout est rassemblé et tout se tient.
Panorama artistique 

Fruit de plusieurs années de recherches menées par Laurier Lacroix, professeur d’histoire de l’art associé à l’UQAM, Les arts en Nouvelle-France dresse un panorama global sur le sujet comme il ne s’en est pas réalisé depuis les années 1970. Au MNBAQ, il faut remonter à 1984 pour tomber sur une exposition consacrée à cette question. Pour regrouper les 160 œuvres présentées, près d’une quarantaine de prêteurs, que ce soit d’autres musées, des fabriques ou des congrégations religieuses du Québec et de l’Ontario, ont accepté de se départir pour un instant de leurs joyaux. «J’estime que plus de 95 % du patrimoine du Régime français a disparu ; donc, les objets qui subsistent sont extrêmement précieux », dit Laurier Lacroix.
« Je suis très ému d’avoir certaines œuvres dans notre salle, confie Anne Eschapasse, directrice des expositions du MNBAQ, parce qu’elles ont des valeurs historiques, artistiques et sentimentales, qui témoignent à quel point ces objets sont porteurs de symbole, de sens, d’identité pour les différents collectionneurs et les institutions qui les possèdent. »
Entre autres, Les arts en Nouvelle-France donne la chance au grand public de jeter un œil sur la toile La France apportant la foi aux Hurons, « un tableau majeur de l’histoire de l’art du Québec et du Canada, qui est habituellement accroché dans la chapelle des Ursulines de Québec, donc un lieu qui n’est pas accessible à tous », précise M. Drouin.
Une autre pièce maîtresse est le portrait de sainte Marguerite Bourgeoys, peint quelques heures après son décès par Pierre Le Ber. Une relique que le Musée Marguerite-Bourgeoys n’a pas laissé sortir depuis 1974, soit avant la canonisation de la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.
Question d’identité 

Quant au Gilcrease Museum, situé à Tulsa en Oklahoma, il n’a pas autorisé le voyage dans la Vieille Capitale du Codex canadensis, un inestimable manuscrit dans lequel le jésuite Louis Nicolas a dessiné la faune et la flore du continent entre 1664 et 1675. Qu’à cela ne tienne. Une version numérique prend place à l’intérieur du MNBAQ et peut être patiemment feuilletée grâce à un écran tactile.
Bien que l’ordre chronologique ne soit pas respecté, l’exposition retrace le fil des origines d’un art qui nous est propre. Au départ, « la plupart des dirigeants, qu’on parle du gouverneur, de l’intendant ou des grands officiers vont arriver à Québec, à Montréal ou à Trois-Rivières avec tous leurs biens dans les cales des navires. Ils vont recréer ici un train de vie comme celui qu’ils avaient en France », raconte M. Drouin, comme en fait foi la vaisselle en argent ou en faïence. « Cet art français va côtoyer le début de l’art québécois et, très souvent, les œuvres importées ici par les Français vont servir de modèle. »
Du côté de la sculpture, « comme les demandes sont de plus en plus grandes et comme les pièces sont de plus en plus importantes, il va s’instaurer ici un système de maître et apprenti ». Certains se démarqueront, comme Paul Jourdain dit Labrosse, dont on peut voir l’imposant Christ en croix qui était érigé dans l’église Notre-Dame de Montréal.
Une exposition « identitaire », donc, aux yeux des commissaires. « C’est une occasion unique et exceptionnelle de pouvoir s’approprier son patrimoine historique », insiste M. Drouin. D’ailleurs, le MNBAQ a décidé d’abriter cet ensemble pendant près de neuf mois. « Il faudrait vraiment que cette exposition soit vue par tous les Québécois, dit Anne Eschapasse. On a pris cette décision justement de la prolonger très longtemps pour que le plus grand nombre possible de visiteurs puisse venir la voir. »

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L’appropriation commerciale des jeux olympiques, la suite.

Jeux Olympiques – Les anneaux rouillés

Serge Truffaut   Le Devoir, 3 août 2012

Si Londres est actuellement la capitale des prouesses sportives elle est également le théâtre où se déroule une pièce très amère parce que très policière. En effet, en plus d’avoir balisé les activités commerciales avec une méticulosité fanatique jamais vue dans l’histoire de l’olympisme, voilà que la liberté d’expression a été renvoyée au rayon des embarras. Rien de moins.
Scène 1 : au début de la présente semaine, le correspondant du quotidien The Independent a osé critiquer le travail du producteur responsable de la couverture des jeux pour le réseau NBC dans le cadre d’un message communiqué par le biais de Twitter. Scène 2 : au nom de l’entente commerciale liant Twitter à NBC, le premier a fermé le compte du journaliste sans avoir pris le soin de l’avertir. Cette intervention aux accents éminemment fascisants, c’est le cas de le dire (!), s’avère la mise en relief parfaite des dérives absolutistes, despotiques et souvent tyranniques que le Comité organisateur des Jeux de Londres (LOCOG) ainsi que le Comité international olympique (CIO) ont orchestrée en toute conscience au bénéfice des entreprises privées.
Les satrapes du CIO et du LOCOG ont façonné une loi du cadenas afin de réduire à néant toute initiative commerciale et locale. On ne le répétera jamais assez : ils ont écrit une ode au capitalisme stalinien, soit celui qui ne souffre aucune concurrence. Le gérant d’une succursale de la SAQ située à Montréal décide de faire la promotion de produits en utilisant les anneaux olympiques ? On lui fait savoir qu’il doit enlever ces derniers. À Londres, on est allé jusqu’à obliger le propriétaire de l’Olympic Coffee de gommer «Olympic ». Oui, oui… Cela a été possible grâce à la loi d’exception que tout pays organisateur se doit de faire voter depuis l’an 2000.
Mais cette année, à cause de l’introduction des médias sociaux et de leur succès, la liste des interdits a atteint des proportions qui dépassent l’entendement. On interdit aux athlètes de commenter sur Twitter et Facebook leurs performances ou celles de leurs concurrents, de télécharger des photos, d’évoquer la consommation de tel aliment si l’aliment en question n’est pas fabriqué par un des annonceurs des Jeux. Quoi d’autre ? « Un détenteur de billet ne peut diffuser ni publier sur des sites de réseaux sociaux ou sur Internet des enregistrements audio ou vidéo. »
Depuis peu, on soupçonne des sportifs de s’être prêtés au ambush marketing, ou marketing en embuscade, soit cette technique qui consiste à profiter de l’événement en promouvant des produits qui n’ont pas fait l’objet de contrats avec les organismes concernés. En fait, on croit que tout bien de consommation autre que ceux permis devrait être banni. Bref, au despotisme commercial la paranoïa vient de se greffer.
Voir aussi le premier texte de Serge Truffaut sur cette question: Difformité en jeux

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Charest et le plan pour perdre le Nord

Ne perdons pas le Nord

Jacques Dufresne, Encyclopédie de l’Agora

Le Québec n’est encore qu’une province canadienne et pourtant les élections qui vont s’y tenir bientôt devraient intéresser le reste du monde à commencer par les francophones : il y sera question du développement du Nord, c’est-à-dire de biens communs de l’humanité tels que l’eau, l’énergie et le fer, sur un territoire deux fois plus grand que la France.  Jacques Cartier, le découvreur du Canada a utilisé l’expression «Terre de Caïn» pour décrire la côte septentrionale du golfe du Saint-Laurent, quand il l’a aperçue pour la première fois en 1534. Il faisait allusion au chapitre IV de la Genèse, où Caïn, ayant tué son frère, est condamné à labourer une terre stérile. Terre de Caïn, terre deux fois maudite : d’abord par la nature et ensuite par les hommes qui semblent se réjouir d’avoir au Nord un immense territoire qu’ils peuvent impunément transformer en dépotoir après en avoir tiré à la hâte des richesses dont, au rythme actuel de leur exploitation, les générations futures seront privées.

Le mieux que l’on puisse dire du rapport des Québécois à ce territoire est qu’il est ambigu. Tout se passe comme si nous avions nous-mêmes commis la faute de Caïn. Et en réalité nous l’avons commise en cédant sans condition ce jardin nordique à des entreprises qui en exploitèrent les richesses accumulées dans son passé sans aucun souci pour son avenir. Pour la plupart, nous sommes encore indifférents à cet avenir et quand nous échappons à cette indifférence c’est pour éprouver un sentiment de culpabilité aussi stérile que celui de Caïn. Notre terre promise c’est la Floride. Le Nord est notre tombe : Dans sa version de l’histoire de Caïn, Victor Hugo nous dit que même en s’enfermant dans une tombe, Caïn ne parvenait pas à échapper à l’oeil réprobateur de Dieu.

Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Qui donc a dit que celui qui se sent coupable de tout, ne se sent responsable de rien? L’heure est enfin venue pour nous de passer de la culpabilité à la sollicitude, de prendre possession du Nord d’une façon responsable. Nous voulons être maîtres chez nous, plusieurs aspirent à la souveraineté. L’atteinte de l’un ou l’autre de ces buts dépendra largement de la détermination avec laquelle nous transformerons notre terre de Caïn en terre d’Abel.

Si nous reportons au pouvoir le parti libéral, rien ne changera dans notre rapport avec le Nord et, quatre ans plus tard, les décisions les plus importantes, concernant des ressources proches de leur épuisement, auront été prises de façon irréversible dans un climat de corruption à peine interrompu par une commission d’enquête. Le Nord nous apparaît encore comme un territoire annexé à exploiter, en le spoliant si nécessaire; il faut qu’il devienne pour nous un jardin à cultiver, dans un esprit dont plusieurs de nos artistes, de nos poètes ont déjà eu le pressentiment. Pour lire la suite: http://agora.qc.ca/Dossiers/ne_perdons_pas_le_nord

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Gore Vidal 1925-2012

En 2005, diminué, fatigué, il déclarait au Monde qu’après une longue vie passionnante, sa seule perspective réjouissante était sa fin. « Penser que cela pourrait continuer cinq cents ans, dans mon cas, serait terrible », disait celui qui, en 2009, résumait son existence ainsi : « such, such fun » – tellement, tellement d’amusement. Il célébrait ainsi à la fois une vie sociale extraordinairement riche, à côtoyer les plus grands et à se mesurer à eux, une vie amoureuse aux mille amants et maîtresses, clamait-il, ainsi qu’une carrière littéraire et intellectuelle nourrie de polémiques, dont il était amateur, mais aussi de succès, dont il n’était pas moins friand. L’écrivain, considéré comme l’un des géants américains à l’image de Norman Mailer et de Truman Capote, avec lesquels il entretint des relations complexes, est mort le 31 juillet, chez lui, à Los Angeles, des suites d’une pneumonie. Il avait 86 ans.

Réputé pour sa plume acerbe, Gore Vidal a parfois dit qu’il avait grandi « dans la maison des Atrides ». Né Eugene Luther Gore Vidal le 3 octobre 1925, il est le fils unique d’un militaire qui servira dans le cabinet Roosevelt et d’une femme issue de l’aristocratie sudiste, mondaine et alcoolique. Il se nourrit de politique auprès de son père, mais aussi de son grand-père maternel, sénateur de l’Oklahoma, et ne cessera jamais de se passionner pour la chose publique, au point de se présenter au Congrès en 1960 sous l’étiquette démocrate – son arbre généalogique le relie, de près ou de loin, à Jackie Kennedy, à Jimmy Carter et à Al Gore. A peine diplômé de la Phillips Exeter Academy, en 1943, il s’engage dans l’armée. Cette expérience lui inspirera en 1946 Ouragan, son premier roman et premier succès. Mais c’est avec son troisième livre que Gore Vidal impose son style et sa personnalité : en 1948, Un garçon près de la rivière, roman d’apprentissage autour d’un personnage homosexuel, hommage à son amour de jeunesse, James Trimble III, mort pendant la guerre, déclenche un immense scandale. Plusieurs journaux, dont le New York Times, refusent de le chroniquer. Le tapage et l’opprobre ne déplaisent pas à Gore Vidal, d’autant que le public achète son livre, appelé à devenir un classique de la littérature homosexuelle. Il choisit cependant d’écrire ses romans suivants, aux allures de polar, sous le pseudo d’Edgar Box.

Tenu au profil bas dans le monde littéraire Gore Vidal se tourne dans les années 1950 vers l’écriture pour Broadway, la télévision, et le cinéma. Appelé à réécrire le scénario de Ben Hur, en 1959, il y glisse, comme il le racontera en 2006, certains des motifs et éléments d’Un garçon près de la rivière. Il n’est pas crédité au générique.

Ses années de pénitence littéraire s’achèvent avec la publication, en 1964, du roman historique Julien, sur l’empereur romain apostat – Gore Vidal clamera toujours son athéisme farouche – puis, un roman politique sur Washington dans les années 1940, ou encore Myra Breckenridge, une comédie ouvertement « gay », qui ne déclenche pas le même scandale, loin s’en faut qu’Un garçon au bord de la rivière. Julien reste aux yeux de nombreux critiques le meilleur roman de Gore Vidal, qui révèle à cette époque-là qu’il est peut-être d’abord un grand essayiste avant d’être un romancier.

Son modèle ? Montaigne, dit-il. Son sujet : l’Amérique (« un bateau qui coule ») son impérialisme et son arrogance. On retrouve sans doute ses tendances d’auteur de fiction dans l’affection qu’il porte aux théories du complot, ses prises de position le faisant passer alternativement pour un homme d’extrême gauche et pour un conservateur, lui-même se définissant parfois comme un « populiste ». L’une de ses thèses est que Roosevelt a poussé le Japon à attaquer Pearl Harbour pour faciliter l’entrée des Etats-Unis dans la guerre. Les années 1960 et 1970 sont une période d’écriture extraordinairement fertile, il devient un personnage incontournable de la vie intellectuelle et culturelle américaine, et se délecte d’être au centre de polémiques. Au cours des décennies suivantes, ses livres et prises de position (sur le conflit israélo-palestinien et les attentats du 11 septembre, notamment, dont il pense que les Etats-Unis les ont attirés sur eux à force d’arrogance et d’interventionnisme) continuent de passionner l’Amérique. Mais lorsque Le Monde lui demandait quel livre il souhaitait que les générations suivantes lisent de lui, il répondait : « Aucun. L’alphabet ».

Source pour l’article: Raphaëlle Leyris, Le Monde, 1/08/12

Source pour les photos: HEDI SLIMANE DIARY 2011-02-15

Site officiel: gorevidalnow.com

BLx

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Hollywood, la crise perpétuelle et le présent

Un très bon article de Jacky Goldberg des Inrocks à lire.

Goldberg fait preuve d’un travail journaliste rigoureux, qui manque souvent dans nos médias actuels. Hollywood est-elle en crise? Oui et non. Il y a des nuances. Et il faut voir ce qu’en pensent les gens de l’industrie. La dernière citation, en conclusion, est en soi un morceau d’anthologie, chapeau à l’auteur! (D’ailleurs, qui est cette source anonyme? on veut son nom!)

Mais ce qu’il soutient d’emblée (“Hollywood est en crise”) et les propos sur lesquels il s’appuie sont en un sens emblématiques des discours classiques sur les “crises” hollywoodiennes. Règle générale, ceux-ci opposent une Hollywood d’antan plus créative, artistique et souvent idéalisée à une Hollywood actuelle désenchantée, aux prises avec un marché qui la rattrape et de cruels requins de la finance qui la mèneront à sa perte. Ils reviennent périodiquement, comme si Hollywood était constamment au bord de la chute. Sans doute nous intéressent-ils en raison de notre fascination pour ce qui est en déclin.

Les années 1980 par exemple ont souvent été dépeintes comme la “fin” d’une ère de liberté et d’audaces engrangée dans les années 1970 (i.e. la “New Hollywood” de Peter Biskind), au profit de la montée d’une “mauvaise” Hollywood corporatiste marquée par le blockbuster. Mais dans les faits, les succès commerciaux des années 1970 demeurent aussi conventionnels que ceux des années 1980, 1960, 1930 ou 1990 et si on y regarde de près, les années 1980 ont sans doute vu autant de créativité et d’essor artistique que les années 1970 et auparavant (voir David Bordwell sur ce sujet). Idem dans les années 1930: l’arrivée du cinéma sonore aurait marqué une régression par rapport aux années 1920 et l’âge d’or du cinéma muet. L’histoire semble maintenant se répéter: le blockbuster et le succès du cinéma indépendant des années 1990-2000 seraient les produits d’une ère créative faste comparativement aux tentpoles d’aujourd’hui, les “nouveaux méchants” de l’équation, résultats d’un débalancement entre “hommes d’affaires” et “créatifs”, voire véritables saccages commerciaux qui ne visent que la rentabilité au détriment de l’art.

On peut reprocher à ces discours leur manichéisme. L’art et le commerce ne s’opposent pas. Depuis au moins la Renaissance, l’art occidental est par définition commercial. D’ailleurs, le marché de l’Art actuel est sans doute autant lucratif pour les investisseurs et les agents que celui d’Hollywood. Ils n’ont toutefois pas les mêmes moyens et visent des publics opposés (l’élite contre le peuple). Si on revient à Hollywood seulement, depuis les années 1930, les studios dépendent des grandes corporations et des banques. Peut-être pas au même niveau qu’aujourd’hui, mais la finance a toujours été importante, et les hommes d’affaires ont leurs mots à dire sur les aspects artistiques des films comme les créateurs ont leurs mots à dire sur les finances des produits qu’ils fabriquent.

Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse ici, parce que ces discours ne sont pas complètement fautifs non plus. Ils reflètent des réalités historiques, comme des périodes de transitions où l’usine à rêves se transforme, s’adapte et se modifie à de nouvelles réalités, dont elle est quelquefois victime, ou quelquefois qu’elle provoque elle-même. Aujourd’hui par exemple l’industrie hollywoodienne vit une mutation – on n’a qu’à penser à la chute du marché du DVD et de la VOD, à la montée de Netflix, à la projection numérique et au succès déjà quasi avorté de la 3D. Comme le mentionne Goldberg, la crise financière de 2008 et la grève des scénaristes sont des phénomènes qui sont aussi à prendre en compte, qui doivent bien sûr affecter le moral des troupes. Mais Hollywood a un long historique d’adaptation aux nouveautés et aux crises et, comme le mentionne une source anonyme citée par le journaliste, il s’agit peut-être plutôt d’un changement de cycle que d’une crise.

En fait, on ne peut reprocher complètement à certains internes de l’industrie de promouvoir eux-mêmes ces discours de la crise perpétuelle. Ils tentent à leur manière de comprendre ce que Bordwell avait appelé ”le problème du présent” (in 1997. On the History of Film Style, p.9-11 – Bordwell traite ici des historiens du style cinématographique en particulier et de l’art en général). Comment concevoir ce qui a lieu maintenant en regard de ce qui a eu lieu (passé) et de ce qui aura lieu (présent)? Comment inscrire et interpréter les événements et les phénomènes actuels de transformations, de mutations et de modifications dans une histoire qui se tienne?

Parler de crise perpétuelle est donc peut-être un moyen de faire face à l’angoisse du présent. En affirmant que ce qui a lieu est une “rupture” avec le passé, on a l’impression de distinguer clairement ce qui constitue le “maintenant”. Malheureusement, on gomme ainsi ce qui fait la subtilité de cet “insaisissable présent”, toujours mouvant, en continuité et en rupture avec ce qui est advenu et toujours pris face à l’inconnu de ce qui va advenir.

PS: Goldberg répond à mon billet sur Twitter. Rapidement, je précise que mon objectif est de pointer les discours de la crise, pas d’en faire porter le chapeau à Goldberg, qui nuance bien son propos de toute façon. La crise est peut-être réelle ou non, nous le saurons sans doute plus tard. Ce qui est intéressant est de voir qu’une partie de l’industrie elle-même (les propos que rapporte Goldberg) se considère comme perpétuellement au bord du gouffre (et qu’eux aussi font des nuances, comme Joel Silver, qui souligne qu’il n’y a pas de crise mais un statut quo puisque c’est l’essence du business que d’avoir des gagnants et des perdants).

Guillaume Campeau

Source: Film Look, Le blogue de Gui CD, prof de cinéma

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Geneviève L’obstineuse, Libéraux.net et le DGE

«C’est vrai. Le DGE me demande de retirer le site d’ici minuit. Je me retire des réseaux sociaux jusqu’à ce que je trouve une solution. Merci»

Geneviève L’obstineuse

Le Directeur Général des Élections a fait parvenir à Ginette L’obstineuse le message suivant:

«Après avoir pris connaissance de votre site internet Libéraux. net nous avons constaté qu’il défavorise un parti politique et que des coûts semblent avoir été engendrés pour sa conception, sa diffusion et son hébergement. La présente a pour but de vous mettre en garde de cesser toute diffusion de ce site à compter de ce soir minuit . Le site constituera alors une dépense électorale interdite par la loi. Vous pouvez être passible d’une amende de 5,000 à 30,000 dollars pour une première infraction.»

La loi électorale est sévère, elle permet aux partis politiques d’engager des dépenses pendant les campagnes électorales, mais elle l’interdit aux différentes organisations. À juste titre sans doute, car on ne voudrait pas en effet que le Conseil du patronat, par exemple, finance, en pleine campagne, la diffusion de messages publicitaires dont le but serait de discréditer le PQ ou QS.

Je ne connais pas le détail des raisons pour lesquelles le DGE estime que le site Libéraux.net, ouvert pourtant depuis quelques mois déjà, contrevient maintenant à la loi. Quoiqu’il en soit, Ginette L’obstineuse a colligé sur ce site «90 aberrations, scandales, tromperies et mensonges» qui forment le lamentable bilan du Parti Libéral du Québec dirigé depuis 9 ans par Jean Charest. Consultez donc le site avant qu’il ne ferme, sinon vous pouvez télécharger toutes les informations qu’il présentait:

http://liberaux.net/media/upload/indignation_doc.pdf

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Élections: GAPPA au guet!

Sur le plan du discours, rhétorique et politique sont intrinsèquement liées, on peut s’en désoler mais une personne politique honnête et bien intentionnée n’en fera pas moins piètre figure si elle ne maîtrise pas l’art du discours. Par contre ce qui est totalement déplorable c’est que la sophistique, l’art du discours trompeur, soit si souvent le compagnon privilégié du politique, surtout en campagne électorale lorsqu’il ne s’agit pas tant de convaincre en faisant appel à des arguments que de persuader en excitant les sentiments de peur et d’inquiétude. Pour cette distinction entre «convaincre» et «persuader», on se réfèrera avantageusement au Gorgias de Platon (484-c486d) et pour se prémunir contre les abus de langage et les assauts contre la raison qui ne manqueront pas de se multiplier durant la campagne électorale, on aura recours à la vigilance du GAPPA:

«Le Guet des Activités Paralogiques, Propagandistes et Anti-démocratiques (GAPPA) est une tactique de surveillance des médias de masse, des nouveaux médias et des activités de relations publiques en général.»

http://www.facebook.com/GAPPAsquad

BLx

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