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LE PORT DES ARMES À FEU

Pistolet avec «High capacity magazine», un chargeur contenant 31 balles, du même type que celui utilisé par Jared Lee Laughner

L’année 2011 commence plutôt mal aux États-Unis alors que la ville de  Tucson en Arizona a vécu une très grande tragédie suite à la fusillade qui a été perpétrée dans le stationnement d’un centre d’achat. Cette tuerie a fait 6 morts et 12 blessés dont la démocrate américaine Gabrielle Giffords qui était la principal cible du tueur. Le tueur, âgé de 22 ans, Jared Lee Laughner a commis, bien sûr, un acte horrible, mais il ne s’agit pas seulement de juger le tueur, il s’agit de savoir plutôt comment il a pu se procurer son arme. Il ne faut pas oublier que les États-Unis est un pays où le port d’arme à feu est légal, il faut dire aussi qu’acheter une arme à feu aux États-Unis est aussi facile qu’acheter un four micro-onde et surtout que le port d’arme est très ancré dans la culture américaine, il constitue même un droit inscrit dans la Constitution (Deuxième amendement). La question est d’ordre éthique, pourquoi laisser les armes à feu aussi facilement accessible alors que n’importe quel individu peut s’en  procurer une, tel que Jared Lee Laughner. On ne sait jamais ce que la personne peut avoir comme idée derrière la tête et cela peut s’avérer être grave car ce n’est pas tout le monde qui utilise les armes à feu convenablement, même s’ il est assez rare qu’un individu provoque une fusillade. Par contre on ne peut enlever la sécurité aux Américains car on ne sait jamais ce qui peut arriver et on est jamais assez prudent face au danger auquel on peut faire face. Bref, si les États-Unis établissaient une nouvelle loi sur le port d’armes ou modifiaient celle qui existe, on pourrait éviter ce genre de situation qui se termine de manière dramatique. On ne règle rien avec la violence, mais étant donné la mentalité américaine, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour qu’elle change.

Samuel Lapierre

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L’empereur guerrier de Chine

Vous souvenez vous de certaines scènes de La Momie III, lorsque des soldats chinois en terre cuite deviennent vivants pour défendre leur empereur? Eh bien ces soldats en terre cuite ne sont pas des mythes, ils ont déjà existé, bien qu’ils ne soient jamais devenus vivants comme le propose les films américains.  On pourra même les voir du 11 février au 26 juin 2011 au  Musée des beaux-arts de Montréal qui nous propose de plonger dans l’univers de la Chine antique avec l’exposition L’empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite.  L’exposition est le résultat de la découverte du prestigieux ensemble funéraire de l’empereur Ying Zheng. Les archéologues disent même que cette trouvaille archéologique est «la dernière grande découverte archéologique du vingtième siècle, après celle de la tombe de Toutankhamon». L’exposition donne à voir 240 objets remarquables dont certains seront pour la première fois montrés en Amérique du Nord. Certains considèrent que cette exposition est absolument à voir, puisqu’on suppose que ce patrimoine chinois ne circulera pas à travers le monde avant très longtemps. L’exposition nous invite donc à explorer la vie de l’empereur Ying Zheng afin de mieux comprendre les aspects politiques de l’époque. Les artéfacts, pour la plupart, datent de plus de 2 200 ans, et les organisateurs indiquent que ce qui va être le plus spectaculaire durant l’exposition est sans hésitation la présence de dix sculptures de ces soldats en terre cuite ; « cet ensemble comprend deux officiers de haut rang, quatre soldats, un fonctionnaire civil, un acrobate et même deux chevaux, entre autres œuvres, provenant de différentes fosses dégagées depuis cette date qui renferment 2 000 guerriers et chevaux».  Je ne vous en dit pas plus, mais j’espère qu’on aura le plaisir de voir cette exposition dans le cadre de notre programme Histoire et civilisation.

http://vimeo.com/17571539

Hugo Vaillancourt

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Les «Tout inclus»

Durant l’hiver, beaucoup de québécois profitent du temps des fêtes ou de la semaine de relâche pour aller se réchauffer dans le sud. La République Dominicaine, Cuba et le Mexique sont les trois endroits les plus sollicités par la population québécoise tout d’abord pour leurs magnifiques plages, mais surtout pour «les tout inclus», mieux connu sous l’appellation «all included». Durant mon voyage en République Dominicaine, il m’est arrivé de voir des jeunes québécois boire de l’alcool jusqu’à ne plus se souvenir de leur nuit. Ainsi, j’ai remarqué que les hôtels des Caraïbes offrent la possibilité de payer un prix moyen de cinquante dollars par jour par personne pour manger et boire tout l’alcool désiré. Le problème est le suivant: l’alcool est servi à volonté à n’importe quelle personne qui désire en boire sans aucune limite. Mais l’hôtel ne prend pas la responsabilité d’une personne qui abuse d’alcool et qui sera saoule soit durant la journée, soit durant la nuit. Au contraire, l’hôtel se contente de servir à la personne autant de cocktails qu’elle en demande, même si la personne n’arrive plus à se tenir seule sur ces deux jambes! Ainsi, cette personne qui a bu plus d’une quinzaine, voire même une trentaine, de cocktails peut avoir de sérieux problèmes de déshydratation, ou au niveau du foie qui n‘arrive pas à gérer l’alcool en surplus, etc. Malgré cela, les gens n’arrivent pas à s’arrêter avant qu’il soit trop tard parce qu’ils se disent: « tout est à volonté pourquoi s’arrêter!». En effet, la nourriture et la boisson sont quasiment gratuites comparées au prix à payer à Montréal, il est alors facile et plaisant de boire sans y penser avec ses amis.

Bonnes vacances?

Vanessa Latreille

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La toile de Gênes, la toile de Nîmes

Comme le montre ce tableau peint par le Maestro della tela di Genova, on portait déjà le jeans au XVIIè siècle, c’est-à-dire des vêtements fabriqués avec cette toile bleue tissée à Gênes (= jeans) en Italie. On tissait aussi le même genre de toile en France, elle provenait alors de Nîmes (= denim).

BLx

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Les Rénovations, jour 7

L’ennemi bat en retraite de plus en plus tôt à chaque jour. Je crains une récidive qui me prendra de court. J’essaie de passer le moins de temps possible à la maison malgré l’engagement que j’ai pris avec mes généraux (mes parents), ce qui me détend énormément mais si une attaque plus violentes que celles déjà commises survient, je crains de ne pas y survivre. Les dégâts s’accumulent de jour en jour : partout où on pose les mains la poussière forme une épaisse couche et les débris s’entassent à vue d’œil. Je crois qu’avec toute cette poussière je vais avoir le temps de devenir asthmatique, de faire quelques centaines de crises et d’en mourir deux ou trois fois. Je dois moi-même nettoyer le champ de bataille après le passage de l’ennemi car le terrain est pire que si 5 tribus d’iroquois étaient passées dessus.

J’ai hâte de pouvoir conclure ce journal par «  voilà le résultat est magnifique et ne contient aucune trace de poussière ». Peut-être serait-ce meilleur pour ma santé mentale d’espacer les entrées dans ce journal, peut-être vais-je enfin voir du progrès si je fais un bilan moins fréquent.

Myriam Le Lan

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Winnie l’ourson

Voici le récit merveilleux de Winnie l’ourson, très librement interprété par cette petite fille, Française de surcroît…

It’s the singer not the song, comme diraient les Stones.

BLx

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Les Rénovations, jour 6

Le temps est de plus en plus long dans mon bunker. Je croyais qu’un congé d’une fin de semaine me ferait du bien, mais c’est pire! Maintenant que j’ai gouté à la liberté et à la paix, la vie dans mon bunker me semble de plus en plus déprimante. Harry Potter n’étant plus là pour me tenir compagnie, le temps passe beaucoup trop lentement.

Je me suis réveillée ce matin de façon plutôt ironique. Je sursaute dans mon lit car je ne me suis toujours pas habituée au bruit matinal des scies fendant la céramique. Je flâne un peu, je referme les yeux tranquillement et BOOM! La radio s’allume avec le son dans le tapis et j’entends sur les ondes la chanson de circonstance « Wake me up before you go go ».

L’ennemi est parti tôt aujourd’hui. Le champ de bataille prend forme tranquillement. Je rêve de prendre une douche dans MA salle de bain tout en prenant mon temps.

Myriam Le Lan

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Harry Potter, un kantien?

J.K. Rowling aurait-elle créé un héros kantien? Je lisais tout bonnement Harry Potter et les Reliques de la Mort pour me détendre, alors que BAM! Kant me saute au visage! Pour tous ceux qui ont suivi le cours de philo 3 et qui ont aussi bien compris que moi La Métaphysique des mœurs de Kant (c’est le cas si vous avez eu Myrna Chahine comme enseignante!), trouverons ce lien tout à fait frappant! Voici le passage qui m’a illuminé sur le caractère kantien d’Harry Potter.

En fait, pour vous mettre un peu dans le contexte, Harry discute avec Dumbeldore quand celui-ci souligne le désintéressement d’Harry par une phrase qui ne peut pas vous faire penser à autre chose qu’à la morale kantienne! La voici : « J’avais donné la preuve dans mes jeunes années, que le pouvoir était ma faiblesse et ma tentation. C’est une chose curieuse à dire Harry, mais peut-être que les plus aptes à exercer le pouvoir sont ceux qui ne l’ont jamais cherché. Ceux qui, comme toi [Harry], reçoivent la responsabilité du commandement et endossent ce manteau parce qu’ils le doivent, puis s’aperçoivent, à leur grande surprise qu’ils le portent très bien »[1].

« Endossent ce manteau parce qu’ils le doivent », observez attentivement le verbe utilisé, «doivent» vient du verbe «devoir». Prendre le pouvoir pour Harry Potter serait donc une action faite par devoir, selon Dumbeldore bien sûr!

Ce dernier, quelques pages avant, dit également : « toi qui es remarquablement désintéressé »[2]. Personnellement, le lien m’est tout de suite venu en tête lorsque j’ai lu ces passages. Une action désintéressée, faite par devoir, seulement parce qu’on le doit et que cette action est bonne est la définition même d’une action morale selon Kant. Je crois que Dumbeldore pourrait très bien universaliser la maxime selon laquelle « les plus aptes à exercer le pouvoir sont ceux qui ne l’ont jamais cherché ».

Myriam Le Lan


[1] ROWLING, J.K. Harry Potter et les Reliques de la Mort, Éditions Gallimard Jeunesse, 2008, p. 837

[2] IDEM. P.835

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Yeux plissés, yeux bridés, Shangai 2010

BLx

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Inattendu, inespéré

Un ami que je n’ai pas vu depuis… 20 ans, s’est présenté de façon inattendue à l’atelier d’un ami que je vois très souvent, pour lui remettre un livre afin qu’il me le donne. Et quel livre! Un livre inespéré car il s’agit d’un livre aussi rare qu’important, en fait c’est le livre sur Héraclite, le philosophe pré-socratique qui par ailleurs disait justement: «Sans l’espérance, vous ne trouverez pas l’inespéré…».

Voici le début de l’introduction de Héraclite ou l’Homme entre les choses et les mots de Clémence Ramnoux:

«Que l’on prenne la leçon du vieux sage par n’importe quel bout, on est sûr à la fin de revenir au commencement. On la prend ici par une énigme: à la fin l’énigme sera ou ne sera pas résolue. Celle-ci a l’avantage de nommer des entités qui appartiennent à la fois au vocabulaire archaïque de la cosmologie, et au vocabulaire nouveau d’un discours de la «physis». Elle les nomme en les plaçant dans une structure de phrase caractéristique: à savoir Un énoncé comme l’attribut commun de deux contraires.

«Le maître du plus grand nombre, c’est Hésiode. Tous croient qu’Hésiode sait le plus de choses, lui qui n’a même pas connu le Jour et la Nuit! Car Jour et Nuit c’est Un.» (Fragment 57)

Merci Tito!

BLx

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Les Rénovations, jour 5

Conseil no2 : partir à la guerre un lendemain de veille n’est pas une bonne idée. Se coucher à 3h du matin lorsque la situation de guerre exige que vous partiez de l’endroit ou vous êtes à 7h15 pour vous rendre à la maison à 8h pour commencer une nouvelle bataille n’est pas, non plus, une très bonne idée.

Avez-vous déjà vu des soldats faire une sieste pendant une attaque? Non! Vous pensez surement que c’est pour sauver sa peau, défendre sa patrie, ou quelque autre raison honorable n’est-ce pas? Indubitablement faux!

C’est à cause du bruit tout simplement.

Sur ce, une fin de semaine de repos pour retourner fraîche au combat la semaine prochaine!

Myriam Le Lan

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Les Rénovations, jour 4

Ça y est, je suis en guerre!

Les Rénovations sont un ennemi coriace grâce à qui je réalise et j’apprends plein de choses. Je me rends compte de plus en plus que selon l’éducation reçue, la famille, la culture, les gens ne connaissent pas les mêmes expressions populaires. Par exemple, les Italiens de la construction (vivement sur-généralisation!) ne connaissent pas l’expression « limiter les dégâts ». En effet, en me levant ce matin et en voyant l’état des planchers, ayant encore une petite touche d’esprit de Noël, j’ai eu une chanson qui m’est venue à l’esprit. Avec tout mon talent d’auteur, la voici : « Les sentiers, de neige, couvrant [ma maison], ou danse en cortège, [des ‘’bouttes’’ de cartons] ». Les endroits ou les travailleurs marchent le plus souvent sont maintenant de jolis sentiers d’un blanc opaque et poussiéreux! C’est donc suite à cela que j’ai décidé de composer une liste de conseils utiles en temps de guerre (Rénovations).

Premier conseil : Toujours porter des pantoufles ou des bas pour éviter de finir la journée avec une semelle de plâtre collée aux pieds.

Je survis dans mon Bunker. Je réussis à trouver des douches chez les Alliés (amis et famille!). Le prochain conseil de guerre paraîtra sûrement dans les prochains jours. Pour l’instant je m’habitue aux coups de marteau!

Décidemment je suis ce qu’on appelle « une ‘tite nature »!

Myriam Le Lan

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Irruption de l’Etna

Tranquille depuis 1992, le volcan du Mont Etna en Sicile s’est réveillé la nuit dernière.

BLx

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Les Rénovations

C’est en ce troisième jour de rénovations intensives que je me sens l’âme d’une écrivaine. C’est donc à 8h41 (A.M. bien sûr) en ce matin de janvier 2011, armée de ma tasse Thermos© et de mon ordinateur portable que j’entame cette semi-fiction-auto-biographique à saveur post-apocalyptique (si vous aviez vu ma maison vous auriez compris) sous forme de journal.

Je commencerai d’abord par vous mettre un peu dans l’ambiance des Rénovations. Prenez bien note que, tout au long de ce journal, j’écrirai Rénovations avec « a capital R ». Pour cause : la place capitale (Oh ho! Voilà un jeu de mots qui excuse l’utilisation de l’anglais!) que prendront ces Travaux au cours des prochaines semaines.

Tout d’abord, voilà le menu :

–       Changement de la céramique du plancher dans la cuisine, dans le passage de l’entrée à la cuisine ainsi que dans la salle de bain à l’étage. Dans cette dernière pièce, la céramique sur les murs de la douche sera également changée.

–       De plus, dans la salle de bain, tout le Gyproc©[1] des murs de la douche doit être remplacer puisqu’il était pourri dans son entièreté; nous nous en sommes rendu compte cet été lorsque, tentant de me sauver d’une chute fatale[2], j’ai voulu me retenir au mur en y posant délicatement ma main (bon j’y suis allée un peu plus fort que délicatement, disons médium-délicatement), j’ai fait un trou dans le mur et tandis que deux tuiles me tombaient sur la tête, deux autres étaient restées accrochées de peine et de misère au Gyproc© défoncé.

–       Toujours dans le domaine de la douche, notre vieux bain gris aux angles un peu raides sera remplacé par un bain blanc, avec une pente douce pour prendre un bain relaxant sans se mutiler le coccyx, ainsi que de petits accoudoirs pour se reposer les bras. Ah! Que de détente!

–       Dans la cuisine, de nouvelles armoires et nouveaux comptoirs seront posés. Ce qui implique naturellement que les anciennes seront arrachées sans pitié.

–       Le comptoir et l’armoire de salle de bain seront également changés ce qui implique encore une démolition. L’immense miroir au-dessus du comptoir devait aussi être enlevé. Petite anecdote cocasse, ce gros miroir qui ne servira plus, qui repose maintenant dans l’abri Tempo©, paix à son âme, n’a pas du tout été endommagé lorsqu’on l’a remercié après 24 ans de service. Cependant, l’autre immense miroir plein pied, qui lui reste au mur puisqu’il est bien pratique pour se voir de dos vu l’angle qu’il a, qui est aussi la raison pour laquelle ma mère a choisi cette maison entre toutes il y a maintenant 24 ans; bref, ce miroir s’est vu marqué d’une brèche assez importante on ne sait comment.

–       Finalement, lorsque tout sera arraché, détruit, déconstruit et par la suite reposé, remplacé et racolé; le salon, la salle à manger, la cuisine ainsi que la salle de bain seront repeints en partie.

Pour vous aider encore plus à vous mettre dans le bain des Rénovations, avec tout ce qu’elles impliquent, j’enchainerai avec la fin de semaine de préparations que mes parents ont du se taper (je dis mes parents puisque j’étais à l’extérieur). Étant donné que les armoires et les comptoirs devaient être arrachés, le tout devait également être vidé dans de gros bacs en plastique maintenant entreposés dans l’ancienne chambre d’une de mes sœurs, au sous-sol. Dans un coin de la cuisine nous avions un garde-manger quand même assez spacieux, un Club  Med pour les aliments non-réfrigérables. Ce placard à été détruit (porte et murs défoncés et arrachés) donc, son contenu gît également dans les bacs en plastique dans lesquels il faut fouiller pour se trouver une petite collation. À cela je dis : « Vivement les gens qui donnent des sucreries pour Noël, j’ai mes propres réserves dans ma chambre »! Le four a été débranché puisque rien ne doit rester sur le plancher de la cuisine. Il est donc hors d’usage puisque la prise pour le brancher ne se trouve que dans la cuisine. Nos ressources culinaires se trouvent donc à être le four micro-onde, le grille-pain, le congélateur et les restants des fêtes qui ont survécus jusqu’à maintenant. Ma mère, aidée de mon père, a donc confectionné plusieurs petits plats à congeler qui nous évite de rendre riche les restaurant de pizza et de cuisine chinoise des alentours.

Jour 1

Je reviens vers midi de chez mon beau-père. Je reviens d’un trou creux, profond et perdu nommé Saint-Adelphe-de-Champlain. Ma seule envie : une douche avec de la pression pour enlever l’odeur de cigarette qui me colle à la peau. Je rentre chez moi, le plancher est plein de traces de plâtre et de sloche en forme de bottes de construction, le sol du salon est recouvert d’une immense bâche verte avec des établis, des scies de toutes sortes dont je ne connais pas les noms exacts, une grosse radio jaune à l’épreuve de tout qui, je m’en rendrais compte plus tard, fait danser les gars des Rénovations. Bref, la voilà ma saveur post-apocalyptique! Le four et le lave-vaisselle sont entassés dans la salle à manger avec la grande table. Le réfrigérateur, quant à lui, est branché dans le salon. La conclusion était assez imminente : Les Rénovations étaient commencées! Le soir, mon père rentré du travail, nous avons démonté et rangé au sous-sol la grosse table de cuisine et monté une table de cuisine plus petite qu’on gardait dans l’ancienne chambre de mon frère. Nous avons également descendu le four micro-onde, le grille-pain, la cafetière et les quelques assiettes et ustensiles que nous avions gardés sortis des bacs. Résultat : c’est au jour 2 que j’ai trouvé cette comparaison, nous vivons dans notre sous-sol transformé en genre de bunker. Nous faisons tout ici, sauf pour laver la vaisselle, nos cheveux et pour se laver à la mitaine, ce qui se fait dans le minuscule lavabo de la toilette du rez-de-chaussée.

Jour 2

Mes parents m’ont demandé de rester à la maison pour les premières semaines des Rénovations pour les appeler au travail en cas de besoin. Aujourd’hui, je resterai donc dans mon bunker pour la journée. Je me réveille à 8h15 avec la douce musique des bottes lourdes, des outils déposés sur le plancher avec tant de délicatesse et tout ce qui appartient au monde des diaboliques Rénovations. C’est décidé, les Rénovations personnifient un ennemi! Je tente de faire ma petite routine matinale mais impossible : pas de toilette puisque l’eau est coupée, pas de café puisque l’eau est coupée, impossible de me laver les dents, le visage, les cheveux, rincer mon bol de céréales, me faire un thé pour me détendre, RIEN! Puisque-L’eau-Est-COUPÉE! Je descends donc au sous-sol pour lire Harry Potter et les Reliques de la Mort, ayant arrêté ma lecture en mi-session, tout le monde sait pourquoi, à la page 368, je me suis rendue jusqu’à la page 806. Entre temps j’ai fait du vélo stationnaire, des redressements assis, des pompes. Il faut vraiment que je m’emmerde pour faire un effort physique!

Ne pas prendre de douches à la maison est pénible, mais ça a tout de même ses avantages : Ça renforce les liens familiaux trop souvent négligés. Le soir, mon père appelle ma tante pour lui souhaiter un joyeux anniversaire et profite de l’occasion pour lui demander si nous pouvons utiliser sa douche en lui expliquant la situation. Mon père raccroche… suspense… « Myriam ramasse tes affaires, prend toi une serviette, on fait notre sortie de la semaine : on va se laver chez Marie-France ». Réaction : on aurait dit qu’il m’annonçait qu’on partait dans le sud, toutes dépenses payés et « bar open ».

Jour 3

Je commence tranquillement à m’habituer. Je me suis levée plus tôt pour faire ma routine matinale. Pour éviter d’être prise au dépourvue, j’ai fait mon café et mes toasts avant qu’ils arrivent. Angelo et son collègue incompréhensible[3] connaissent maintenant mon nom et me disent bonjour mademoiselle, je leur offre un café, mais comme tout bon travailleur de la construction, ils étaient déjà passés chez leur ami Tim Hortons™. Je m’installe dans mon bunker pour la journée mon déjeuner, mon ordinateur et Harry Potter à mes côtés. C’est en déjeunant que j’ai eu l’idée de faire ce journal en me faisant une blague à moi-même dans ma tête (Eh! On s’occupe comme on peut!) en me disant : on se croirait dans Seul au monde… « Jour 3, je m’adapte tranquillement, j’entends la tribu d’en-haut chanter[4] et tout détruire sur leur passage… »

Myriam Le Lan


[1] Je note-de-bas-de-pagerai toutes les nouvelles informations que j’aurai apprises du domaine de la construction ou encore de l’expérience tirée de ces Rénovations. Gyproc© est en fait une compagnie! Tout comme Kleenex©, ScottTowel© ou Thermos© qui au fil du temps sont devenues les appellations courantes des produits qu’ils représentent.

[2] Note aux ménagères de ce monde : bien rincer sa douche après l’avoir lavée.

[3] Je dis incompréhensible parce que je crois que même en utilisant la phonétique je serais incapable de reproduire les sons qu’il fait quand il veut me parler! Hier j’ai pris beaucoup de temps à comprendre qu’il cherchait l’entrée d’eau de la maison!

[4] Ça ce n’est pas des blagues! C’est vraiment drôle d’entendre ces messieurs chanter du Rihanna ou du Britney Spears.

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«Haïti mon amour»

«When the sky falls and the earth quakes /We gonna put this back together /We wont break…» Tout cela n’était-ce que du «show» ou l’expression d’un engagement sincère? Je ne doute pas de la sincérité de tous ceux qui se sont préoccupés et qui se préoccupent encore d’Haïti, mais un an après le séisme force est de constater que ni la sincérité, ni les bons sentiments (que dire alors de l’appel à dieu…), ni même la présence par milliers d’ONG ne suffisent à l’affaire. Le désordre politique règne, le choléra sévit et l’horizon de la reconstruction attendue est au plus loin. «La situation est pire, un an après le séisme» d’après le journal Le Monde. Et pourtant, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, ne parlait-on l’année dernière de la nécessité de saisir cette «chance historique» et de faire de ce désastre l’occasion de recommencer à zéro? Que faire maintenant? Yélé, yélé, yélé (encore)?

VilajVilaj, Vilajwa

Saisir le moment opportun, le Kairos comme disaient les Grecs, semble bien être ce qui a poussé Luck Merville à fonder l’organisme VilajVilaj dont l’objectif est de «construire des villages autonomes pour assurer l’indépendance économique de ses futurs résidants». VilajVilaj bénéficie de plusieurs appuis comme Air Canada et la firme d’architecte Rayside, mais le soutien moral de l’ancien président Bill Clinton devrait certainement aider à la collecte des 28 millions encore nécessaires au projet, en quoi Merville nous invite tous à devenir un Vilajwa (Rue Frontenac et Radio-Canada). Sans discréditer le travail des ONG, Luck Merville constate cependant que durant les cinquante dernières années leurs efforts ont certes contribué à soulager la misère, mais ces organisations n’ont pas fait grand chose pour l’éradiquer à sa source: «Nous voulons des solutions à la fois économiques et humanistes. Au lieu de panser des blessures, nous voulons les guérir (…) À VilajVilaj nous ne rêvons plus de changer le monde, nous le changeons.  Nous ne pensons pas à agir, nous agissons» peut-on lire sur le site de l’organisme et ici il s’explique en entrevue sur le sens général de son initiative. La construction du premier village commencera donc en février.

BLx

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