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Ah, quel bonheur, il neige!

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Contre la hausse: réplique au recteur

L’homme générique (19890, Photo de Jana Sterbak

Professeurs et étudiants du Département de philosophie de l’Université de Montréal répondent à un texte dans lequel Guy Breton, le recteur de leur université, défendait une vision très réductrice, bassement utilitaire, de l’éducation. Leur réponse est parue aujourd’hui dans Le Devoir:

«Dans Le Devoir du 28 janvier, un collectif d’auteurs, dont le recteur de l’Université de Montréal Guy Breton, évoque sa vision de l’université et de l’éducation en général: «Les gens ne veulent pas étudier pour étudier. Ils veulent étudier pour travailler. L’UdeM souhaite former des gens avec des cerveaux mieux alignés sur ce qu’ils veulent faire.»

«Que le recteur Guy Breton et sa suite prennent la peine de préciser, après un tel préambule sur l’importance d’étudier pour travailler, que «cela ne s’applique pas seulement aux entreprises privées, mais aussi aux institutions, aux ministères, […] etc.», ne change pas grand-chose à la vision purement instrumentaliste du savoir qu’il nous présente. Il va de soi que l’université permet, par exemple, d’acquérir des compétences qui seront ensuite reconnues par un ordre professionnel. Il va de soi que la recherche et l’enseignement au sein des universités contribuent au développement économique d’une société. En revanche, il nous apparaît extrêmement réducteur de limiter les objectifs d’une telle institution à ces seules préoccupations.

Travailler pour apprendre

Si ses motivations sont sincèrement pour le bien de l’université, il y a fort à parier que l’avis de Guy Breton ne fait pas l’unanimité au sein de sa propre institution. En premier lieu, un grand nombre d’étudiants fréquentent l’université d’abord et avant tout pour acquérir une culture, un savoir, un bagage intellectuel. Il ne s’agit pas là pour autant d’une conception rétrograde ou romantique de l’université.

En outre, Guy Breton semble avoir oublié tout un pan de la réflexion au sujet du rapport au savoir: nous travaillons pour apprendre, bien avant d’apprendre pour travailler. Même sur le marché du travail, ce que toute personne souhaite est de continuer à apprendre, et non d’effectuer mécaniquement la même tâche sans se poser de questions.

Le théoricien de la physique quantique déploie un arsenal de connaissances pour mieux comprendre des réalités qui n’auront aucune utilité immédiate; il le fait pour lui-même et pour la science. Si nous n’acceptons pas la valeur d’«apprendre pour apprendre», alors l’université n’aura jamais été le porteur d’un patrimoine culturel qu’il fallait protéger pour lui-même. Lorsque Aristote prétendait, au premier livre de sa Métaphysique, que «tous les hommes ont naturellement le désir de savoir», il faudrait croire qu’il s’était trompé: en sommes-nous bien certains?

Le statut de l’université

Depuis le Moyen Âge, l’université est l’endroit par excellence où il est encore possible et même nécessaire de rechercher le savoir de manière désintéressée. Toute quête scientifique instrumentalisée s’appauvrit elle-même dans la mesure où elle s’interdit de regarder là où elle ne voit pas d’intérêt immédiat. Or, la condition de possibilité de la science est son hostilité à toute forme de dogmatisme, y compris celui de l’intérêt particulier.

Pour une certaine partie du milieu de l’éducation, confortée en cela par des conseils d’administration de moins en moins au fait de ce qu’impliquent la recherche et l’enseignement, l’université est désormais un simple acteur économique, en tous points comparable à l’entreprise, qui fournirait au marché du travail des «cerveaux bien alignés» pour des domaines d’emploi en quête de main-d’oeuvre. Une université qui répondrait aux besoins des étudiants serait celle qui leur procure les compétences et le prestige nécessaires pour trouver l’emploi qu’ils recherchent. Mais est-ce la seule chose que nous attendons d’une telle institution?

Il est certain qu’une université qui focalise toute son attention sur la production de «diplômes utiles» délaissera la recherche fondamentale. Si tel est le cas, cela signe l’arrêt de mort d’un nombre effrayant de disciplines: musique, sociologie, philosophie, anthropologie, littérature, linguistique, théologie; mais aussi des sciences expérimentales et fondamentales: physique, mathématique, chimie. Étendue à tout le système scolaire, l’instrumentalisation de l’éducation en réformerait les bases et éliminerait bien des matières ou les appauvrirait de manière dramatique.

Le corollaire de cette vision

Une vision purement instrumentale du savoir au sein de l’université n’est pas sans rapport avec le débat sur la hausse des droits. Voir l’éducation supérieure comme un investissement individuel implique une stricte logique coût-bénéfice. Cette manière de penser nous aveugle sur des aspects essentiels de la situation.

Dans l’aide promise par le gouvernement aux universités, celui-ci prévoit un investissement de 10 à 20 % de la somme totale dans le «positionnement concurrentiel» alors qu’une autre tranche de 5 à 15 % serait consacrée à gonfler son budget de gestion. 265 millions seraient versés aux universités par l’augmentation des droits de scolarité annoncés par le gouvernement Charest (celle qui, avec les frais afférents, ferait passer la facture étudiante à plus de 4700 $ par année), augmentant la part du financement de provenance individuelle de l’université de 12,2 à 16,9 % (5,4 % en 1988).

Le recteur encense cette hausse des droits de scolarité (La Presse, 15 février) parce qu’il estime normal que chacun apporte sa juste contribution. Cette défense à la hausse des droits de scolarité nous apparaît intenable pour au moins deux raisons. S’il est vrai que chacun doit contribuer, alors nous devons reconnaître que les étudiants font ou feront partie des contribuables et paieront en moyenne des impôts élevés pour leur revenu. Ensuite, et plus important encore, parce que le savoir est un bien public et non simplement individuel, et qu’il est donc normal que toute la société contribue au bon fonctionnement des établissements d’éducation postsecondaire.

Pour des études utiles

Nous considérons, tout comme Guy Breton, que des études universitaires devraient être utiles. Cependant, nous divergeons de sa position sur le sens du mot «utilité». Pour nous, il est utile d’en apprendre sur l’astrobiologie ou sur la philosophie comme de mieux connaître les instruments pour bâtir un pont ou pour opérer un patient.

La différence entre les deux est tout simplement que, dans le premier cas, il y a une utilité directe (l’acquisition du savoir permet l’accomplissement personnel ainsi que l’enrichissement du patrimoine scientifique et culturel); dans le second cas, il y a une utilité indirecte (l’acquisition de cette connaissance permet d’exécuter un travail qui, lui, rapportera une satisfaction et un enrichissement collectif). Nous ne devrions déprécier aucune de ces formes de savoir, à plus forte raison dans leur propre demeure, l’université.

***

Collectif de professeurs et étudiants en philosophie à l’Université de Montréal

Ont signé ce texte: Simon-Pierre Chevarie-Cossette, président de l’Association des étudiants en philosophie de l’Université de Montréal; Samuel Lesage, coordonnateur aux affaires étudiantes au Département de philosophie de l’Université de Montréal; Christian Nadeau et Ryoa Chung, professeurs au Département de philosophie de l’Université de Montréal.»

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Contre la hausse: l’appui des profs

Entre 10 000 et 15 000 personnes manifestent à Montréal contre la hausse des frais de scolarité :

Les étudiant-e-s et les enseignant-e-s du cégep Marie-Victorin y étaient !

Répondant à l’appel de la CLASSE, les étudiant-e-s (SECMV)  et les enseignant-e-s (SPCMV) du cégep  ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal hier jeudi, alors que le mouvement de contestation contre la hausse des frais de scolarité prend de l’ampleur.

 Le contingent des étudiant-e-s de notre cégep se distinguait avec une énorme bannière bleue confectionnée par les étudiant-e-s de Design de Mode portant  un slogan qu’on pouvait lire du haut des gratte-ciel du centre-ville !  Une  cinquantaine d’étudiant-e-s de Design de Mode tenaient fièrement la bannière, entouré-e-s de dizaines de leurs camarades provenant de divers autres départements.  Se joignant aux étudiant-e-s, au moins une trentaine  d’enseignant-e-s de notre cégep  ont marché derrière la bannière du SPCMV, qui a été saluée par plusieurs manifestant-e-s, visiblement  content-e-s de voir que les enseignant-e-s les appuyaient concrètement  dans cette lutte qui concerne toute notre société.

Prochaine manifestation : lundi le 27 février dans les rues de Montréal-Nord.    Départ à 13 :00 devant le cégep.

 Et la prochaine après la prochaine : Québec, jeudi le 1er mars. Précisions à venir.

 Soyons solidaires avec les étudiant-e-s !

Charles Lemieux
pour l’exécutif du SPCMV

LA FUSION DES BANNIÈRES

Photos Charles Lemieux

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Manif: la marche des 15 000

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Grève à Marie-Victorin

Au collège mercredi après-midi

Préparatifs pour la manif de jeudi, départ 13h Square Phillips

Le fameux «rouge grève»

De la nécessité de s’approprier un argumentaire solide pour savoir répondre aux fâcheux de ce monde…

Ce soir on a entendu parlé aux nouvelles d’un groupe d’étudiants qui entend militer en faveur de la hausse des frais de scolarité. Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’ils en sont à leur dernière session et que leur mouvement s’appelle «Après moi le déluge». Je plaisante, ils ont peut-être des arguments qui méritent d’être entendus. Mais tandis que je demandais à quoi ils pouvaient bien ressembler, Samuel Landry m’a fait parvenir une image d’eux croquée sur le vif

Pas besoin d’être inscrit en «Science de la gestion» pour comprendre que les arguments invoqués en faveur de la hausse ne font pas preuve d’un bien grand sens de la gestion, pas plus qu’ils ne sont scientifiques. Ce que montre très bien cette brochure préparée par l’IRIS Faut-il vraiment augmenter les frais? 8 arguments trompeurs sur la hausse qu’on peut télécharger ICI. Les arguments de Camille Bouchard présentés il y a quelques mois à Bazzo.tv sont aussi très convaincants.

On m’a dit qu’il y aurait pas mal de monde jeudi à la manif, on va aller voir si c’est vrai…

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Contre la hausse, le ton monte

Héros de l’épopée rouge, sérigraphie H&C 2012

Plutôt que d’expliquer les motifs profonds de l’opposition à la hausse des frais de scolarité, la couverture médiatique du mouvement étudiant a tendance, jusqu’à maintenant du moins, à s’en tenir aux seuls rares débordements de l’action militante; c’est bien connu, quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage…

Il faut assurément préférer le dialogue à la violence et déplorer toutes les formes qu’elle peut prendre, qu’elle soit de nature militante, policière ou encore administrative, comme celle dont a fait preuve la direction du cégep du Vieux-Montréal en décrétant brutalement un lock-out suite au vote de la majorité des étudiants en faveur de la grève générale illimitée. Devenus personæ non gratæ dans leur propre collège, jetés à la rue parce qu’ils défendent une cause légitime, on peut comprendre l’action d’occupation entreprise alors par les étudiants en guise de réponse à cette provocation. Sans vouloir justifier les légers affrontements qui s’ensuivirent, on comprend néanmoins la grogne et la colère qui ont pu les motiver, surtout si on considère que le gouvernement ne demande rien de moins aux étudiants que de s’écraser et de se rendre à l’évidence, à savoir que le dossier de la hausse des frais de scolarité est clos pour de bon, qu’il a même toujours déjà été clos. Mais voilà, quand votre interlocuteur vous fait savoir qu’il avait d’avance mis fin à toutes discussions possibles et que de ce fait il s’estime en droit de bâillonner toute expression dissidente, il ne faudrait pas qu’il s’étonne trop qu’on puisse chercher à attirer son attention par d’autres moyens que ceux de la déférence qu’il vous refuse.  En page éditoriale du très sérieux journal Le Devoir on pouvait lire justement à cet effet que:

«La mobilisation étudiante qui prend forme au Québec autour d’une radicale hausse des droits n’a rien d’un caprice d’enfants-rois. L’appel à la grève générale illimitée n’est pas la reprise d’un classique pour abonnés au farniente. Il s’agit du seul moyen disponible pour ébranler un gouvernement acharné, intraitable et indifférent aux questions d’inégalités sociales.» Lire la suite ICI.

À défaut d’être écoutés, il se pourrait donc que les étudiants n’aient d’autre choix que celui de la grève pour au moins se faire entendre. Mais puisqu’il est question aujourd’hui de dénoncer la brutalité, la violence et le refus de dialoguer, que penser de cet autre coup de force, toujours en provenance de Québec:

«Le bureau de la sous-ministre à l’Éducation a envoyé une lettre aux directeurs des cégeps, rappelant les «droits et devoirs» des établissements et suggérant aux enseignants de continuer à «offrir la formation», même si les étudiants entament un mouvement de grève contre la hausse des droits de scolarité.» Le Devoir

Voyons ça, si vos professeurs devaient être forcés de continuer à «offrir la formation» en dépit de la grève votée par la majorité des étudiants, cela voudrait dire qu’ils trouveraient dans leurs classes des étudiants qui auraient décidé de ne pas respecter le résultat du vote, qui auraient donc forcé les lignes de piquetage dressées par la majorité en faveur de la grève, avec ce que cela peut entraîner de bousculades et de gestes disgracieux. Mais cela supposerait d’abord quelque chose de bien improbable, on imagine mal en effet vos professeurs acceptant de franchir de force ces éventuelles lignes de piquetage, comme s’il allait de soi que la relation pédagogique puisse impliquer un aussi ignoble grabuge. À moins que tout cela se déroule sous escorte policière. Bonjour l’ambiance!

Le député Jean-Martin Aussant, anciennement du PQ, a déposé hier à l’Assemblée une pétition contre la hausse des frais de scolarité. Pour signer la pétition, cliquez ICI.

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Sérigraphies: Édition 2012

Héros de l’épopée

Héros de l’épopée, bleu

Héros de l’épopée, doré

Héros de l’épopée, rouge

Doigt d’honneur

René

Raging pickup

La dame à la spirale

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Passeport, frontières et ravioli

Tandis que je m’impatiente au Bureau des passeports, je lis Éloge des frontières de Régis Debray…

«L’indécence de l’époque ne provient pas d’un excès, mais d’un déficit de frontières. Il n’y a plus de limites à parce qu’il n’y a plus de limites entre. Les affaires publiques et les intérêts privés. Entre le citoyen et l’individu, le nous et le moi-je. Entre l’être et son paraître. Entre la banque et le casino. Entre l’info et la pub. Entre l’école, d’un côté, les croyances et les intérêts, de l’autre. Entre l’État et les lobbies. (…) C’est le moment d’invoquer le dieu Terme, de relever les bornes et de repeindre les lignes jaunes.»

Le Bureau des passeports se situe pas loin du quartier chinois,

où l’on trouve toutes sortes de choses,

comme des ravioli chinois,

préparés à l’ordre et…

vraiment succulents!

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Sarkozy: Président ou candidat?

Nicolas Sarkozy en entrevue

Le président français, Nicolas Sarkozy fut le principal protagoniste d’une grande mise en scène élyséenne dimanche dernier. À moins de 100 jours du premier tour de la présidentielle qui aura lieu le 22 avril prochain Nicolas Sarkozy à profiter de son statut et de son pouvoir de président afin de s’adresser au français de manière très officielle. L’entrevue de près d’une heure et demie a été orientée sur les différentes mesures que le gouvernement désire mettre sur pied suite à la dégradation de la note de crédit de la France, la situation précaire des finances grecques, italiennes et espagnoles, ainsi que face à la crise de l’Euro. Nicolas Sarkozy a longuement parlé des mesures que lui et son gouvernement, dirigé par François Fillon, désirent mettre en place. Tel que la TVA sociale, l’augmentation des constructions dans les régions urbaines de France. Par contre, il s’est bien gardé d’annoncer officiellement qu’il est candidat de son parti pour la présidentielle. Malgré quelques sous-entendus, la nouvelle se fait toujours attendre, même si elle n’est un secret pour personne. Nicolas Sarkozy est-il un président ou un candidat qui se sert du prestige de la fonction?

François Hollande

Cette intervention du président intervient une semaine exactement après le grand rassemblement de François Hollande dans une grande salle de la banlieue parisienne. Près de 20 000 sympathisants de gauche ont assisté a ce rassemblement où, en plus de François Hollande, tous les ténors du parti socialiste étaient présents. Grande démonstration de force pour le principal adversaire de Nicolas Sarkozy, François Hollande put creuser encore un peu plus l’écart entre lui et Sarkozy dans les sondages. Ainsi, suite à l’intervention du chef de l’état sur plus de six chaînes de télévision, les sondages ne lui sont pas favorables. François Hollande du parti socialiste (gauche) récolte 31% des voix au premier tour contre 24,5% pour le président sortant, Nicolas Sarkozy, qui n’a d’ailleurs pas encore officiellement déclaré qu’il se portait candidat UMP (droite européenne) pour la présidentielle de 2012. Marine Le Pen, candidate et présidente du Front national (extrême droite) récolte quant à elle 19% des voix.

Au regard de ces résultats, Nicolas Sarkozy est deuxième dans les intentions de vote. Si la tendance se maintient au-delà du premier tour, François Hollande serait possiblement élu président de la République. Nicolas Sarkozy serait donc le deuxième président de la Ve république à ne pas être reconduit dans ses fonctions de président. Depuis Charles de Gaulle jusqu’à Jacques Chirac, seul George Pompidou et Valery Giscard d’Estaing n’ont pas fait deux mandats. Le premier, car il est mort en fonction, et le deuxième s’est fait battre par François Mitterrand à la présidentielle de 1981. D’ailleurs, si François Hollande est élu président, il sera le deuxième président de gauche de la Ve république, l’autre étant François Mitterrand.

Samuel Landry

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Cervelle d’oiseau?

Dans une ville du Japon, de très ingénieux corbeaux font casse noisette avec la circulation automobile…

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L’art de la citation

Je vous avais déjà présenté dans une entrée des oeuvres très intéressantes qui se servaient de l’art de la citation, c’est-à-dire qui faisait une référence claire à un artiste ou à une oeuvre existante, entre autres avec La Joconde qui doit faire partie des images les plus reprises. Aujourd’hui, je suis tombée de nouveau sur ce genre de production alors que nous parlions à l’université du régime d’historicité selon Hartog (Voir François Hartog, « Ordre du temps. Régimes d’historicité », Régime d’historicité. Présentisme et expérience du temps, Paris, Seuil, 2003.) qui pose la thèse que notre historicité contemporaine est caractérisée par le « présentisme », c’est-à-dire l’omniprésence du présent. Cela se traduit en arts visuels par la reprise du passé que l’on réactualise afin de le ramener dans notre réalité. L’art de la citation est donc un témoignage de cette approche et je partage avec vous deux images qui vous rappelleront peut-être des souvenirs.

Astérix chez les Belges, 1976

Bruegel l’Ancien, Le repas de Noces, 1568

Carolane Bilodeau

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Archives et Traduction

L’interdépendance des archives pour la traduction et l’interprétation des œuvres antiques : l’exemple de Les Essais de Montaigne

 

C’est en me procurant dernièrement une version traduite en français moderne de l’œuvre Les Essais de Montaigne que l’aspect inhérent entre la traduction et « l’archivistique1 » m’est venu à l’esprit, dans la mesure où les spécialistes qui s’aventurent dans la traduction d’une œuvre écrite en langue dite vernaculaire ou en latin datant du XVIe siècle doivent inévitablement avoir recours à plusieurs archives pour ne pas traduire fautivement les mots plurivoques2 ou les idiotismes3. De plus, lorsque l’écrivain lègue des archives manuscrites à ses contemporains (c’est le cas de Montaigne), une étude graphologique est souvent nécessaire pour interpréter plus précisément l’écriture de l’auteur. On remarque également que l’utilisation de plusieurs autres archives manuscrites de l’époque, ou du moins des œuvres qui font mention des procédés calligraphiques de ladite époque, est souvent nécessaire pour la réalisation d’une interprétation éclairée, d’où l’aspect, à mon avis, d’interdépendance des archives pour la traduction et l’interprétation soignée des œuvres antiques.

1 : L’archivistique est la science des archives; les archives étant l’ensemble des documents, quelle que soit leur date ou leur nature, produits ou reçus par une personne ou un organisme pour ses besoins ou l’exercice de ses activités et conservés pour leur valeur d’information générale. (Définition inspirée du Dictionnaire terminologique de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information)

Nota bene : Le mot « archivistique » (XXIe) a été mis entre guillemets pour souligner l’aspect anachronique de l’emploi de ce néologisme contemporain pour définir la discipline à l’époque de la Renaissance française.

2 : Un mot « plurivoque » est simplement un mot ayant plusieurs sens. Le terme « polysémique » est également utilisé pour illustrer cette réalité linguistique.

3 : Un « idiotisme » est une expression propre à une langue donnée qui est impossible de traduire ad litteram. (Exempli gratia : L’expression francophone « j’ai froid » ne semble pas, d’après une discussion dernièrement menée avec Jacynthe Rémy-Fournier, Hugo Vaillancourt-Perreault, Karianne Pilote et Déreck Lévesque, pouvoir se traduire adéquatement, ou du moins sans perte du sens initial et univoque de l’expression, dans la langue berbère; les berbérophones utiliseraient davantage l’expression : « Il ne fait pas chaud »!).

Hugo Vaillancourt C.

Étudiant en Histoire & civilisations 2009-2011                                                                                                                                                                                   Étudiant à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal

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Aurores Polaires

Tom Thompson, Aurore Boréale, 1917, Musée des beaux-arts de Montréal

Les phénomènes naturels ont toujours été une source de fascination pour l’être humain cherchant à comprendre leurs causes dès le quasi début de l’histoire des sciences. Un de ces phénomènes naturels sont les aurores polaires. Ce phénomène a connu une importante quantité de théories différentes et variées pour expliquer son fonctionnement. Par contre, ce n’est que très récemment que le mode de fonctionnement des aurores a été compris.

L’historique des théories

La première hypothèse concernant les aurores polaires viendrait d’Anaximandre qui aurait invoqué la présence de nuages enflammés à l’horizon. La description de ce phénomène s’apparente à une aurore puisqu’une aurore se trouve être un phénomène qui apparaît à l’horizon vers un des pôles magnétiques. Ensuite, pour ce qui est des nuages enflammés, il faut tenir compte du fait qu’Anaximandre fait partie des monistes qui affirment que tous découlent d’un seul élément primordial. Pour Anaximandre, il s’agit de l’air qui se transforme en feu par les nuages qui s’enflamment. Par la suite, d’autre personnages de l’Antiquité ont aussi mentionné un phénomène qu’on identifie aujourd’hui comme des aurores: Aristote et Sénèque qui les ont observés comme des phénomènes de type atmosphérique, les Grecs ayant cherché à éliminer le facteur divin de l’explication de la nature. Cependant, cette tendance à éliminer le coté mythique comme explication de la nature rencontre un recul vers la fin de l’Antiquité et le Moyen-âge.  Il a fallu la Renaissance pour que de nouvelles théories soit élaborées pour chercher à expliquer ces phénomènes. Le nom «aurore boréale» fut pour la première foi utilisé pour désigner ce phénomène par Galilée. Cependant, certaines sources tendent à affirmer que le premier utilisateur du terme fut un mathématicien français contemporain de Galilée du nom de Gassendi (1590-1655). Donc, le phénomène des aurores boréales était depuis longtemps connu. Cependant, c’est à partir de la Renaissance que les théories pour expliquer ce phénomène commencent à devenir considérables.

Plusieurs théories pour expliquer ce phénomène se succédèrent fortes différentes les unes des autres. Cependant, la théorie qui resta la plus longtemps est celle de Mairan (1678-1771). Cette théorie expliquait l’aurore par la présence d’un vapeur lumineuse entre le soleil et la terre et qui s’arrachait par la terre. Cependant, cette théorie fut assez vite remplacée par l’observation de perturbation des compas lors des aurores ce qui implique que le champ magnétique de la terre a une importance. Cette découverte fut faite par Anders Celsius et Johan Carl Wilcke. Au fil du temps plusieurs théories ont été élaborées pour chercher à expliquer le phénomène des aurores boréales jusqu’à ce que James Cook observe un phénomène similaire dans l’hémisphère austral en 1773. C’est finalement au milieu du XIXe siècle, qu’un norvégien du nom d’Olaf Birkeland arriva avec la théorie du fonctionnement des aurores qui est présentée dans le seconde partie.

Fonctionnement :

La première chose qui faut savoir sur le fonctionnement des aurores est qu’il y a trois éléments absolument nécessaires pour ce phénomène : une source d’énergie, un champ magnétique suffisant et une atmosphère. Tout commence avec notre soleil qui constitue la source d’énergie ou plus précisément le vent solaire et les éruptions solaires qui s’en échappent. C’est le vent solaire qui est le plus souvent responsable des aurores polaires puisqu’il s’agit d’un flot plus au moins constant et continu de particules chargées d’énergie. Le vent solaire est émis par la couche extérieur du soleil appelé la couronne solaire (où la température se calcule en millions de Kelvin, pour la comparaison 0°C = 273,15K) dans toutes les directions à une vitesse se situant entre 400 et 800km.

Source : http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=6732

Pour ce qui est des éruptions solaires, il s’agit d’une perturbation du champ magnétique du soleil qui provoque une autre libération d’énergie mais généralisée dans une direction précise et à plus grande vitesse que pour le vent solaire. C’est ce qui provoque les aurores les plus importantes et qui peut causer des dégâts importants sur notre société actuelle. Un exemple des dégâts que peut causer ces phénomènes est la panne complète du réseau électrique du Québec en  1989 qui plongea le Québec pendant plusieurs jours dans le noir à cause d’un des transformateurs principaux  qui a court-circuité à la suite d’une importante éruption solaire qui a déclenché une immense aurore. Il y a aussi le danger que représentent les éruptions solaires pour notre système de télécommunication qui est effectué par des satellites qui peuvent être gravement endommagés et même jusqu’à devenir inutilisables pour l’avenir. Donc, la source d’énergie qui permet les aurores polaires provient soit du vent solaire où du vent solaire combinée avec l’énergie libérée par l’éruption solaire.

Éruption solaire et magnétosphère. Source : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/astronomie/d/solar-b-une-nouvelle-mission-pour-etudier-la-dynamique-du-soleil_9659/

Cette source d’énergie traverse la distance entre la terre et le soleil et entre en collision avec notre magnétosphère qui agit comme un bouclier antiparticule qui bloque les particules chargés (électrons et protons) du vent solaire et les empêche de rentrer dans la haute atmosphère. Cependant,  le champ magnétique de la terre possède la même faiblesse que n’importe quel champ magnétique produit par un aimant droit isolé, faiblesse observable à l’extrémité de ces pôles où le champ magnétique rentre à l’intérieur.

La magnétosphère de la terre sans le vent solaire. Source: ici

L’image ci-dessous montre l’une des ouvertures appelées cornet solaire où les particules chargées du vent solaires peuvent rentrer. Ce sont ces entrées qui sont responsables de l’emplacement des aurores polaires à savoir les zones de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud alentour d’un des pôles magnétiques et non des pôles terrestres. Ces particules chargées qui rentrent dans les cornets solaires ne déclenchent pas nécessairement des aurores puisqu’elles peuvent se trouver piéger dans la ceinture de Van Allen qui fut découverte par les premières sondes spatiales. La ceinture de Van Allen se compose de deux couches concentrées de particules chargées qui circulent en suivant des cercles entre les deux pôles magnétiques de la terre.

Cependant, toutes les particules chargées ne sont pas capturées par la ceinture de Van Allen et certaines réussissent à passer dans l’atmosphère. En rentrant dans l’atmosphère, les particules chargées rentrent en collision avec les molécules qui constituent l’atmosphère. Cela entraîne une réaction en chaîne qui perturbe les atomes des molécules en les rendant à leurs tours chargés. Finalement, quand la vague de particules chargées finit, l’atome chargé retourne à son état d’équilibre quantique en se débarrassant du surplus d’énergie sous forme de lumière qui varie dépendamment de quel élément était l’atome. C’est pourquoi les aurores ont plusieurs couleurs qui dépendent de la présence et de la concentration de chaque type d’atome. Donc, pour obtenir une aurore, il faut avoir une source d’énergie qui fournit des particules chargées, une magnétosphère pour les concentrer dans des zones et une atmosphère pour avoir le spectre lumineux.

Le où et le quand :

Les aurores polaires se produisent à n’importe quel moment et à n’importe quelle heure. Cependant, ce phénomène n’est pas toujours observable puisque le jour la lumière émise par le soleil est beaucoup plus forte que celle qui serait émise par une aurore et, de ce fait, empêche l’œil humain de voir ce phénomène.  L’heure idéale pour observer une aurore est au milieu de la nuit, plus particulièrement en campagne puisque la pollution lumineuse peut suffire pour la rendre inobservable. D’autres conditions peuvent perturber le phénomène comme un ciel nuageux ou la pleine lune. Un autre élément est d’être au plus près des zones d’aurores qui se trouvent être proches des pôles magnétiques appelé zone aurorale. Cependant, cela ne veut pas dire qu’une aurore se présentera puisque même si le vent solaire permet d’avoir des aurores, elles seront de faibles intensités. Le meilleur moment pour voir d’importante aurore est le moment où le soleil rentre dans sa phase importante d’éruption solaire. Cependant, une éruption solaire n’implique pas nécessairement une grosse aurore puisqu’une éruption peut se produire sans que la terre se trouve dans sa trajectoire.

Les couleurs des aurores dépendent des concentrations des gaz présents lors de la rentrée des particules chargées dans l’atmosphère. Chaque élément atomique a un niveau identique et émet une couleurs qui lui est propre comme le vert pour l’oxygène, le bleu pour le mercure. Cependant, la couleur peut changer dépendamment de la quantité d’énergie reçue puisque la production de lumière dépend de l’augmentation de la case quantique de l’électron.

Éric Laflèche

Bibliographie :

ANONYME, «Une éruption solaire risque de perturber les communications », Le Figaro, [En ligne]¸ http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/06/08/01008-20110608ARTFIG00588-une-eruption-solaire-risque-de-perturber-les-communications.php (page consultée le 20 novembre 2011)

BERTHELIER, Jean-Jacques. « Aurore polaire », encyclopaedia Universalis, [En ligne], http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/aurore-polaire/# (page consultée le 1 octobre 2011)

BROUSSEAU, Vicky et Valérie MAHEUX.  Les Aurores Boréales, [En ligne], http://mendeleiev.cyberscol.qc.ca/chimisterie/2002-2003/VBrousseau.html (page consultée le 1 octobre 2011)

EVE, Christian. Aurore polaire, [En ligne], http://www.meteo.org/phenomen/aurore.htm (page consultée le 1 octobre 2011)

JORDA, Serge. Les aurores polaires, [En ligne], http://www.cosmovisions.com/CTaurores.htm (page consultée le 15 octobre 2011)

M. MULLER. « Aurore boréale », Agora, [En ligne]¸ http://agora.qc.ca/dossiers/Aurore_boreale (page consultée le 4 octobre 2011)

PEREDO, Mauricio et David P. STERN. L’exploration de la magnétosphère terrestre, [En ligne], http://www.phy6.org/Education/FIntro.html#ix (page consultée le 1 octobre)

UPSILON. Les aurores boréales, [En ligne], http://wwwassos.utc.fr/orion/physique/Aurores.php#anchor_lemysteredesaurorespolaires(historique) (page consultée le 4 octobre 2011)

 

Image :

http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=6732

http://www.suntrek.org/factary/m.shtml

http://uvs-model.com/UVS%20on%20geometrical%20structure%20of%20magnetosphere.htm

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Opération «BLACKOUT SOPA»

Voici à quoi pourrait ressembler de nombreuses pages web si le projet de loi «Stop Online Piracy Act» devait être adopté à Washington.

Le gouvernement américain s’apprête à voter deux projets de loi particulièrement dangereux pour Internet à l’échelle mondiale. Ces projets se nomment SOPA et PIPA. Sous prétexte de renforcer la lutte contre le « piratage », ces lois offrent en fait des moyens de censure sans précédent qui mettent en péril la neutralité du Net et la liberté d’expression. Instaurant une présomption de culpabilité, elles permettraient notamment de bloquer arbitrairement l’accès à des sites web, de couper leurs revenus et de les faire déréférencer des moteurs de recherche, et ce sans aucune possibilité de recours.

Une opération « blackout » (fermeture temporaire des sites web) prévue pour le 18 janvier a été lancée par Reddit, et de nombreuses organisations américaines ou mondiales, notamment Minecraft, Mozilla, la Free Software Foundation et la Wikimedia Foundation, ainsi que le service libre de microblogage Identi.ca, ont prévu de suivre l’appel : cf. la liste sur SOPAStrike. (Via Parti Pirate).

nosopa.org

Le succès de l’opération «BLACKOUT SOPA» dépendra bien entendu de la participation des plus gros joueurs sur le web, or Google n’y prendra pas part, mais qu’en est-il de Facebook? Voir le blogue d’Alain Brunet.

La plateforme WordPress que nous utilisons offre la possibilité de participer au «BLACKOUT» en affichant demain une alerte en anglais, le présent billet en tiendra lieu, mais en français n’est-ce pas.

BLx

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La Marche des salopes

5 choses que les hommes (et parfois certaines femmes) ont tendance à oublier sur les salopes

Dernièrement, je suis tombée sur un article de Marie-Claude Élie Morin dans le Elle Québec, qui traitait des «slutwalks». Mais qu’est-ce qu’une slutwalk, me direz-vous? Si on le traduit littéralement, cela signifie «marche des salopes». Toute cette histoire a commencé en janvier 2011. Un policier de Toronto a fait une présentation à York University, qui connaissait des problèmes de sécurité à l’époque. Il aurait dit, en gros, que si on désirait éviter le viol, il faudrait éviter de s’habiller en salope. Cela a provoqué un grand mouvement d’indignation, à Toronto comme à Montréal et dans plusieurs grandes villes des États-Unis. Des manifestations ont eu lieu, et elles auront sans doute lieu l’an prochain également.

J’entends déjà d’ici tout le monde s’exclamer que la policier avait raison, qu’on s’attirait des ennuis en s’habillant ainsi, etc. La secte de Gilles Proulx, ça suffit.

M’inspirant d’une chronique du Elle Québec (10 choses que les hommes ne disent généralement pas aux femmes), ici, je décide de faire un article sur les 5 choses qu’on a tendance à oublier sur les salopes.

1. S’habiller sexy ne fait pas de nous des putes.

D’accord, je suis la première à critiquer les filles qui portent des ceintures au lieu de jupes, dont le décolleté ne cache plus grand-chose ou qui portent des vêtements transparents. Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes dans une société où la LIBERTÉ D’EXPRESSION compte. Si une fille veut s’habiller ainsi, elle en a le droit! On peut ne pas approuver, mais elle a le droit. Et si c’est trop dénudé, la police intervient, c’est aussi simple que ça.

Et ceux qui les traiteront de pute, gardez en tête ce détail: de nos jours, on retrouve aussi des agences qui donnent des escortes à des hommes d’affaires riches, donc ils ont les filles qui viennent avec le statut: vêtements griffés, classe, maquillage impec, manières irréprochables… S’habillent-elles en pute? Pas du tout. Pute n’est pas le terme approprié dans le cas qui nous occupe.

De plus, s’habiller sexy et bien s’arranger peut s’avérer être une excellente thérapie. Acheter un ensemble moulant, se maquiller et se coiffer, puis se faire dire qu’on est belles, ça fait du bien les filles, ne dites pas le contraire!

2. «La longueur de ma jupe ne change pas mon non en oui!»

 Cette phrase a été écrite sur une pancarte par une des manifestantes. Et elle a parfaitement raison! Ce n’est pas parce qu’on porte une jupe courte ou une robe courte qu’on désire coucher avec quelqu’un! On peut être à l’aise avec son corps, ne pas avoir honte de mettre des jupes, sans être des nymphomanes qui couchent avec tout ce qui porte pantalon! C’est sûr que si on est habillée sexy, on attire le regard des hommes. Mais ce n’est pas parce qu’on te sourit, qu’on est habillée de façon seyante et qu’on accepte de parler et de danser avec toi qu’on veut finir la soirée avec toi! Et si tu crois que la façon dont on s’habille signifie qu’on te veut, alors TU as un problème.

P.S. D’ailleurs, les gars, ce n’est pas parce qu’une fille porte une jupe/robe dans un club que ça veut dire qu’elle se cherche nécessairement quelqu’un avec qui finir la soirée. Gardez-ça en tête.

3. Si les salopes étaient des mecs, elles seraient les plus cools.

Juste comme ça, les gars… Quand on est plus jeunes, quel genre de mecs est considéré comme étant le type de gars trop cools? C’est, bien entendu, le Don Juan, celui qui se tape le plus de filles possible, qui couche à gauche et à droite, sans trop s’engager. Lui, il est génial. Son «tableau de chasse», si on veut, est impressionnant. Les filles veulent être avec lui, sans jamais lui mettre le grappin dessus, et les mecs veulent être lui, sans jamais y arriver.

Or si on regarde la situation d’un point de vue inverse, alors c’est complètement différent…

La fille à l’aise dans sa sexualité, celle qui a des relations sexuelles protégées quand elle le désire avec qui elle veut, cette fille sûre d’elle que les filles adorent détester et dont les garçons désirent le regard, elle est une salope. Tout cela parce qu’elle couche à gauche et à droite, parfois pas avec le même garçon.  Et pourtant, elle a le même comportement que l’idéal du mec cool cité plus haut. Seulement, comme elle n’est pas un garçon, ça ne passe pas.

Et nous qui croyions avoir réglé la question de l’égalité de sexes et des stéréotypes…

4. Les salopes n’attirent pas les violeurs; ils sont souvent plus proches qu’il n’y paraît.

On a tendance à se dire que la plupart des viols arrivent aux filles qui s’habillent de façon aguichante, dans une rue sombre tard dans la nuit. Pourtant, ce n’est pas le cas. En fait, la plupart des violeurs sont connus de la victime. Ça peut être un ami, un collègue de travail, un membre de la famille…ou même votre copain/conjoint.  En effet,  selon les statistiques de l’article, chez les victimes adultes tout comme chez les moins de 18 ans, plus de 70% des victimes connaissaient l’agresseur. De plus, la plupart des auteurs de crimes sexuels ne se souvenaient pas de ce que leur victime portait lorsqu’ils ont commis leurs crimes. Ces études et chiffres rendent la théorie de la fille s’attirant le crime sans fondements.

5.Il faut toujours garder en tête la force des mots.

Ce point est fort à propos, surtout avec le suicide récent de Marjorie Raymond, victime d’intimidation. Le mot salope, ou slut en anglais, a une connotation très négative. Mot utilisé depuis des siècles pour rabaisser les femmes, les soumises. Ce terme implique beaucoup de choses, notamment qu’elle n’a pas droit au respect ni à la sécurité, tel que mentionné par l’auteure de l’article. De plus, en propageant les stéréotypes selon lesquels seules les salopes se font violer, les victimes ont tendance à culpabiliser, à croire qu’elles l’ont bien cherché et que la police ne pourra pas les aider. Comme si se remettre d’un tel traumatisme était déjà facile en soi, faut-il en plus en rajouter?

Alors, la prochaine fois que vous serez tentés de traiter une fille de salope, de pute ou tout autre synonyme du genre, gardez ça en tête.

Stéphanie Deschênes

Source: ÉLIE MORIN, Marie-Claude. « Les salopes en ont ras le bol!», Elle Québec, octobre 2011, p. 137 à 146.

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